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Togo: la société civile s’active contre la vindicte populaire

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Souvent condamnée, la vindicte populaire est toujours exercée dans certains quartiers de la capitale togolaise. Une situation qui pousse des organisations de défense des Droits de l’Homme à appeler les populations à faire confiance à la justice.    

La poursuite d’un crime de façon privée est toujours présente dans les réflexes. La recrudescence de cette pratique constitue un véritable problème dans certains pays en Afrique de l’ouest. C’est le cas du Togo. Les populations agissent souvent par méconnaissance des Droits humains, des textes juridiques et surtout des conséquences du lynchage public. Elles font le choix de se rentre justice. Approché, un responsable d’Amnesty International Togo déplore que la vindicte populaire soit devenue « un moyen » pour punir les hors-la-loi. Mais ce défenseur des Droits de l’Homme explique que la lenteur de la justice constitue l’une des causes du phénomène.

La police ne dissuade pas suffisamment les voleurs

La crise de confiance entre la police et les citoyens est également indexée. En septembre dernier à Agoè, dans la banlieue nord de Lomé, des habitants ont ainsi justifié leur acte par le « laisser-aller » qu’encouragent les policiers. « La police ne dissuade pas suffisamment les voleurs. Ils deviennent récidiviste », explique un habitant.

Mieux réinsérer les repris de justice

Selon Me Kodzo Possiam, avocat au barreau de Lomé, l’absence des suites pénales et le manque de confiance en la justice peuvent expliquer « les dérives » au sein de la population. Pour Frigence Prince-Agbodjan, psychologue, les personnes qui enlèvent la vie à leur prochain reconnaissent difficilement l’être qui existe en leur victime. Pour lui, le lynchage public peut être compris comme « l’expression d’une colère et d’un sentiment de revanche ».

Pour mettre fin au phénomène, des acteurs de la société civile se mobilisent. Certaines organisations de défense des Droits de l’Homme tentent à travers des formations de « conscientiser les communautés à la base ». Selon un membre de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), il s’agit de faire comprendre aux habitants que nul n’a le droit de se faire justice.

Au ministère de la sécurité et de la protection civile, l’on insiste sur la nécessité pour les populations de laisser les forces de l’ordre faire leur travail. Un membre du cabinet ministériel confie que des actions sont régulièrement menées pour faciliter « une rapide intervention de la police sur le terrain ». Des patrouilles de police devraient également être renforcées à cet effet. Récemment, des défenseurs de Droits de l’Homme ont interpellé le ministère de la Justice sur la remise en liberté de certains condamnés qui deviennent récidivistes. Une manière pour eux d’inviter l’Etat à mieux organiser la réinsertion des repris de justice dans la société.

      

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