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  • Afrique: 159 startups numériques ont reçu 195 millions de $ en 2017

    Afrique: 159 startups numériques ont reçu 195 millions de $ en 2017

    Les investissements dans les startups africaines de technologie ont atteint les niveaux les plus élevés, avec 159 startups rassemblant plus de 195 millions de dollars, selon Disrupt Africa Tech Startups Funding Report 2017.

    Les résultats de cette recherche révèlent que le financement total des entreprises technologiques africaines en 2017 a augmenté de 51 % par rapport à 2016, tandis que le nombre de startups financées a également augmenté de 8,9 %.

    L’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya sont restés les trois premières destinations d’investissement pour la troisième année consécutive. Pour la première fois, le financement assuré par les startups nigérianes a dépassé l’Afrique du Sud en 2017, bien qu’il y ait beaucoup plus d’entreprises sud-africaines.

    Gabriella Mulligan, cofondatrice de Disrupt Africa, affirme que l’un des principaux enseignements de cette recherche est la mesure dans laquelle le nombre de startups ayant obtenu des fonds et le montant global des investissements recueillis ont considérablement augmenté. « Il ne fait aucun doute que la “révolution technologique” africaine est en train de se produire. De plus en plus d’entreprises de qualité sont en cours de construction, et les investisseurs sont prêts à les soutenir, plus que jamais auparavant », explique Mme Mulligan.

    Autres points intéressants, alors qu’au cours des dernières années presque tous les fonds ont été consacrés à des startups dans les trois premiers pays (Afrique du Sud, Nigeria, Kenya), la part des financements vers ces pays diminue rapidement. Ce qui signifie que de plus en plus de financements vont vers des marchés alternatifs, montrant que les investisseurs ne sont plus confinés à ces hubs traditionnels, mais recherchent des talents et des opportunités d’affaires sur tout le continent.

    Le lead nigérian

    Selon Gabriella Mulligan, l’histoire du Nigeria est intéressante. « Alors que 2017 marque la première année où elle a dépassé l’Afrique du Sud en termes de montant total des fonds collectés, plus les 60 % du financement total du Nigeria vont à une seule entreprise : Andela. Et selon les chiffres du rapport, exempté des fonds collectés par Andela, le Nigeria présente un moins bon bilan que l’Afrique du Sud et le Kenya.

    A en croire Disrupt Africa, des signes d’un intérêt croissant des investisseurs pour les marchés moins développés ont également été observés, le pourcentage total des financements reçus par ces trois principaux écosystèmes passant de 81,7 % à 74,7 % en 2015. Le Ghana, l’Égypte et l’Ouganda apparaissent clairement comme des hotspots.

    Tendances

    Les entreprises Fintech se sont montrées de loin le secteur le plus attractif pour les investisseurs, avec 45 start-ups fintech représentant près d’un tiers du financement total destiné aux entreprises technologiques africaines en 2017. L’intérêt pour le commerce électronique a rebondi, en hausse de 350 % par rapport à l’année précédente. Les start-ups ont levé plus de 16,7 millions de dollars US, tandis que l’agrotechnologie a couru sur le devant de la scène, avec un financement de 203 % en 2016.

    Pour l’avenir, Disrupt Africa s’attend à ce que la reprise générale se poursuive avec des fonds et des financements supplémentaires. La société estime que l’Afrique du Sud retrouvera la première place, tandis que le Kenya continuera de performer fortement. Quant au Ghana, le pays commencera à laisser sa marque.

    Toutefois, l’accès à un financement suffisant pour les startups en dehors des trois premiers marchés reste un défi, tout comme le soutien aux startups qui ne sont pas basées dans les grandes villes.

     

  • FinTech: le nouvel « or noir »  pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

    FinTech: le nouvel « or noir »  pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

    Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le secteur des technologies financières, ou FinTech, arrive à maturité avec les régulateurs et les gouvernements de la région qui réfléchissent plus profondément à l’impact que les entreprises FinTech auront sur l’économie en général.

    Au cours de la dernière décennie, les startups FinTech de la région ont levé plus de 100 millions de dollars de financement, et l’investissement devrait doubler d’ici 2020, selon le rapport State of FinTech. En octobre 2017, les investissements dans les technologies financières ont bondi de 100% à plus de 35 millions de dollars – Paytabs (20 millions de dollars), Soukalmal (10 millions de dollars) et Beehive (5 millions de dollars) – contre 18 millions de dollars l’année dernière. Le nombre de startups fintech est également passé de 46 en 2013 à 105 en 2015. Selon les estimations, il devrait encore plus que doubler pour atteindre 250 d’ici 2020. Il est facile, cependant, de s’enliser dans les statistiques et d’ignorer les forces du marché qui alimentent ces chiffres.

    Outre le fait que le secteur englobe toutes les start-ups technologiques actives dans le secteur des services financiers, au-delà de celles spécialisées dans les paiements en ligne ou les transferts d’argent, le commerce électronique quadruplera jusqu’à la fin de la décennie. En outre, malgré l’omniprésence des smartphones et de la connectivité Internet, 86% de la population adulte de la région est non bancarisée, tandis que trois clients bancaires du GCC sur quatre sont prêts à changer de banque pour une meilleure expérience numérique.

    Des services financiers moins couteux

    Renforcer l’inclusion financière est crucial pour la diversité économique et la croissance dans la région. Moussa Beidas, cofondateur de la start-up Bridg basée à Dubaï, qui permet les paiements de smartphone à smartphone en utilisant bluetooth, explique que le FinTech est devenu un moyen novateur de combler le fossé et de fournir des services moins chers aux personnes non bancarisées.

    « Bien qu’il soit difficile de fournir des services financiers dans un écosystème basé sur la trésorerie, parce que les institutions financières traditionnelles exigent que tous les clients soient « bancarisés » afin d’offrir des services financiers légaux, le FinTech ouvre la voie à une réalité moins noire», ajoute Moussa Beidas.

    «Au lieu de forcer les clients à être des clients bancaires, le FinTech se concentre sur l’expérience client en résolvant les défis une étape à la fois, rompant ainsi l’approche « cocktail » que les banques ont tendance à suivre. Il a la capacité de diriger des entreprises axées sur la clientèle et de tirer parti des systèmes de traitement, d’émission et d’acceptation des banques ».

    Bref, les technologies financières sont un secteur énorme qui peut être perturbé et pourrait devenir une force au Moyen-Orient comme le pétrole, selon Abdulaziz Fahad Al Jouf, fondateur et PDG de PayTabs, une start-up saoudienne de traitement des paiements. « Au Moyen-Orient, la technologie financière apparaîtra comme l’un des secteurs les plus porteurs de l’économie », explique Al Jouf. La vision de l’Arabie saoudite à l’horizon 2030 est de réduire la dépendance aux revenus pétroliers et à diversifier l’économie en autonomisant les petites et moyennes entreprises, a ouvert davantage d’opportunités pour les technologies financières.

    Éclosion

    Grâce à cette croyance, de nouvelles startups fintech surgissent chaque mois, avec certaines embrassant les technologies émergentes telles que blockchain. C’est le cas de Verify, une startup nouvellement basée à Dubaï. « Il y a un accord unanime sur le fait que blockchain va avoir un impact énorme sur l’espace FinTech. La technologie est fiable et permet des transactions sans aucun risque pour l’une ou l’autre partie », explique Yazin Alirhayim, cofondateur de Verify.

    Dubaï, le 18e plus grand centre financier du monde, a connu un regain d’intérêt de la part des startups FinTech et des actifs bancaires en raison de son emplacement, de l’investissement privé et de l’innovation. Novembre dernier, le Centre financier international de Dubaï (DIFC) a lancé un fonds axé sur les technologies financières de 100 millions de dollars et a signé un accord avec l’Autorité monétaire de Singapour pour la réalisation de projets FinTech communs.

    Déjà en août, la Securities and Futures Commission de Hong Kong avait conclu un accord de coopération avec la Dubai Financial Services Authority (DFSA) pour établir un cadre permettant aux deux régulateurs de s’entraider pour développer l’industrie des technologies financières.

    D’autres villes de la région rattrapent aussi leur retard. L’année dernière, le Caire a lancé deux écoles d’accélérateurs pour encourager les startups et le Abu Dhabi Global Market a créé le premier « bac à sable réglementaire » de la région, permettant de tester de nouveaux produits sans aucune conformité réglementaire. Bahreïn et le Qatar ont également lancé leur propre programme de bac à sable réglementaire et organisé des conférences FinTech.

    Croissance fulgurante des technologies financières

    A ce jour, plus de 80% des grandes institutions financières craignent que leur activité ne soit menacée par de nouveaux acteurs des technologies financières, selon un sondage de PwC. Il est donc essentiel, selon Moussa Beidas, que les entreprises coopèrent et créent un écosystème favorable. « Les banques du Moyen-Orient sont connues pour étouffer la croissance des technologies financières en raison d’un manque de compréhension.

    Maintenant que les régulateurs tels que le DIFC et la DFSA et les gouvernements de la région jouent un rôle plus actif dans l’entretien des infrastructures FinTech, les banques doivent mieux réagir et investir dans l’écosystème, ce qui leur sera bénéfique à long terme », estime le cofondateur de la start-up Bridg basée à Dubaï. Si les banques sont des collaborateurs ou des concurrents des startups fintech, Yazin Alirhayim pense que certaines d’entre elles réalisent qu’il y a un potentiel et un risque pour leur business model fondamental. Le cofondateur de Verify affirme ensuite que les banques qui échouent à collaborer et s’adapter vont périr avec le changement.

    Les banques islamiques sont enthousiastes quant aux perspectives et investissent dans des initiatives numériques, selon un récent rapport d’EY, un cabinet de conseil. « La pénétration de Fintech dans la finance islamique est encore à ses balbutiements, cependant, elle pourrait aider les banques islamiques à devenir plus efficaces et à intensifier leurs opérations », explique Abdulaziz Fahad Al Jouf.

    « Le système bancaire traditionnel tel qu’il est connu aujourd’hui disparaîtra dans quelques années », le fondateur et PDG de PayTabs, une start-up saoudienne de traitement des paiements. Dans ce contexte, les institutions financières de la région sont obligées de se transformer et de suivre l’évolution rapide de l’industrie des technologies financières – un secteur riche en talents, doté d’un financement suffisant, tandis que les entreprises et les consommateurs recherchent des produits innovants.