Catégorie : Diplomatie

  • Abiy Ahmed Ali : l’homme qui ramena la paix dans la corne de l’Afrique

    Abiy Ahmed Ali : l’homme qui ramena la paix dans la corne de l’Afrique

    La réputation du nouveau premier ministre de la République Fédérale Démocratique d’Ethiopie Abiy Ahmed Ali, dépasse les frontières de l’Afrique. Ses discours et actes en faveur de la pacification de la corne de l’Afrique sont salués par l’Unesco qui lui a délivré début mai, le Prix Félix Houphouët-Boigny 2019 pour la recherche de la Paix.

    Abiy Ahmed Ali a eu le mérite de renouer les relations diplomatiques avec l’Erythrée après 20 ans de tensions. Il a œuvré pour l’ouverture des frontières qui séparent les deux pays et obtenu avec son homologue érythréen, le rétablissement des lignes téléphoniques entre les deux pays. Les deux Etats se sont engagés à rouvrir leurs ambassades fermées aux temps forts de la crise.

    « Nous nous sommes mis d’accord pour que les liaisons aériennes ouvrent prochainement, pour que les ports soient accessibles, pour que les gens puissent circuler entre les deux pays et que nos ambassades ouvrent », avait déclaré Abiy Ahmed Ali.

    Il faut rappeler que  Abiy Ahmed Ali a accepté restituer à l’Erythrée, les territoires qui cristallisent les tensions entre les deux pays frères depuis au moins deux décennies.

    Qui est l’homme ?

    Né en 1976, Abiy Ahmed Ali est le quatrième premier ministre de la République Fédérale Démocratique d’Ethiopie. Titulaire d’un Master en leadership transformationel, d’un Master en administration des affaires et d’un doctorat de l’institut d’études sur la paix et la sécurité de l’université d’Addis-Abeba, Abiy Ahmed Ali a fait son entrée en politique en 2010. De 2015 à 2016, il fut   ministre des Sciences et des Technologies . Le 02 avril 2018, Abiy Ahmed Ali succède à  Haile Mariam Dessalegn au poste de premier ministre.

     

  • L’Afrique, cette ‘merde’ que nous voulons construire…

    L’Afrique, cette ‘merde’ que nous voulons construire…

    Le mois dernier aura enregistré un tollé en Afrique, suscité par une déclaration du président américain Donald Trump, qualifiant les pays africains et le Haïti de « shithole » — qu’on peut interpréter par « ’merde »’. Une déclaration au demeurant non surprenante pour qui a suivi l’homme dans sa première vie d’homme d’affaires et sa métaphore à un politicien en gagnant (et c’est là qu’existe la surprise) des élections présidentielles américaines à travers un mécanisme qui reste encore à s’expliquer.

    S’adresser en ces termes à un vieux contient de plus 1,1 milliard de personnes et la maison future à 40 % de tous les êtres humains pour ne craindre de heurter les égos et le bon sens est, ayons le courage de le dire, malséant. Encore que, l’Afrique est un réservoir de richesse mondiale, ayant construit contre son gré l’Amérique que nous connaissons et que nous pouvons désigner par tout sauf « merde ».

    Disons-le sans faire l’apologie de la nullité et de l’afrophobie. Les croyances de Donald Trump et ses sentiments selon lesquels l’Afrique est un continent de « merde » sont quelque chose qui est porté de façon concise et subconsciente par de nombreuses personnes et institutions occidentales.

    C’est pourquoi nous devons donner raison au proverbe africain qui dit, « aussi longtemps que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur ». Dans cet univers non équilibré où, il est légitime de faire le choix de parler de l’Afrique et d’écrire notre histoire nous-mêmes, africain. Car, il y a un risque presque évident chez les médias étrangers (et les Africains doivent le plus tôt s’en rendre compte) de souvent peindre le contient à l’aune des clichés racistes et autres considérations fort peu reluisantes, plutôt que d’en faire une terre en perpétuelle mutation, ouverte à l’innovation et fertile aux graines de développement. Oui, c’est comme ça qu’il faut désormais d’écrire l’Afrique, parce qu’au-delà des formatages non actualisés, c’est désormais ce qu’est l’Afrique. Et c’est comme cela ce qu’Afrotribune a décidé de raconter ce continent.

    À Afrotribune justement, nous avons parié fort sur le bon côté des choses. Nous voyons l’Afrique sous un spectre à dose élevée de positivisme. Et ce, même s’il est falloir aussi être parfois réaliste et assumer certaines réalités ô combien affligeantes pour nous Africains !

    Le continent traverse, comme un Ovni à destination inconnue, une zone de turbulence marquée par des troubles politiques. Et ce n’est en réalité pas nouveau, des peuples défiants leurs propres dirigeants qu’ils sont sensés élire. De Lomé à Kinshasa, de Pretoria, Johannesburg, à Harare, en passant par Yaoundé pu Brazzaville, les politiques ont redéfini les peuples pour les confronter à des maux qui façonnent les perceptions reçues du continent.

    L’Afrique fait chaque temps face aux politiciens adorateurs du népotisme, qui ont juré trahir l’ordre mondial de gouvernance qui place les gouvernés aux centres des décisions qui les concernent. Sur le continent africain, existent encore des dirigeants apôtre de la dictature déguisée, prêt à en découdre ou à imaginer des subterfuges pour dribler une constitution, la broder, ou éteindre les aspirations légitimes des peuples. Nous n’allons pas le nier. Nos institutions et dirigeants sont corrompus et vicieux. Nous avons une démographie massive de jeunes chômeurs qui continue de croire en en la magie de l’immigration, tant ils sont truffés d’idées préconçues selon lesquelles le bonheur loge au-delà du Gibraltar.

    Nos systèmes éducatifs ont encore des décennies de retard et beaucoup de nos mères continuent à périr pendant l’accouchement. En outre, des millions d’Africains vivant dans des villes urbaines demeurent dans des conditions d’insalubrité criarde et souvent horrible. Nous n’allons pas le désavouer aussi.

    Toutefois, l’Afrique n’a pas le monopole sur ces questions. Les Américains représentent 20 % de la population carcérale mondiale. Chaque année, sur le sol américain, plus de 33 000 Américains sont tués par la nouvelle épidémie de violence armée dans ce grand État. Les conflits raciaux et les tensions continuent d’augmenter à un rythme alarmant. Même la puissante démocratie américaine a rétréci et était menacée ces derniers temps. Sur ce continent aussi, la pauvreté continue d’être endémique. Aussi récemment que 2016, les données officielles américaines ont montré que 12,7 % ou 43,1 millions d’Américains vivaient dans la pauvreté.

    Pour autant, pourquoi nous n’avons jamais pensé à la « merde » quand on parle des États-Unis ? Pourquoi les prisons ne sont-elles pas la première chose qui vous vient à l’esprit lorsque les États-Unis sont mentionnés ?

    L’artiste américain d’origine sénégalaise, Akon en a une fois parlé. Chaque pays et continent a en effet ses problèmes. Mais la différence est que l’Amérique sait comment se « ’polir »’ pendant que nous ne le faisons pas. Et cela a de grandes conséquences pour l’Afrique et la vie de nos peuples. Personne ne veut visiter ou investir dans une « merde ». Mais c’est ce défi que nous autres, nous nous sommes lancé. Parce que nous voulons une Afrique positive. Et c’est à cette mission qu’Afrotribune veut dignement participer.

  •  Déçu, Desmond Tutu renonce à son poste d’ambassadeur chez Oxfam

     Déçu, Desmond Tutu renonce à son poste d’ambassadeur chez Oxfam

    Le scandale qui secoue l’organisation humanitaire Oxfam a fait ses échos en Afrique du Sud. Le prix Nobel sud-africain de la paix Desmond Tutu a renoncé à son rôle auprès de l’ONG, après les révélations sur un scandale sexuel impliquant des personnels d’Oxfam en Haïti.

    La démission de Desmond Tutu est survenue au milieu du scandale au sein de l’organisation de charité, qui a admis jeudi passé avoir réembauché un des travailleurs déjà limogés pour inconduite sexuelle à la suite du tremblement de terre en Haïti en 2010.

    Dans un communiqué, l’archevêque a déclaré être « profondément déçu » par le scandale sexuel qui touche l’ONG, et « attristé par l’impact des allégations sur les milliers de bonnes personnes qui ont soutenu le travail juste d’Oxfam ».  Ce communiqué précise que l’archevêque émérite a décidé de démissionner à la suite d’allégations d « immoralité et de criminalité possible » impliquant des travailleurs humanitaires à Oxfam. C’est à la suite de cela qu’il écrit à l’organisme de bienfaisance « pour informer de sa démission en tant qu’ambassadeur mondial. » Lui, qui a soutenu le bon travail d’Oxfam International pendant de nombreuses années, tout récemment en tant qu’un de ses ambassadeurs mondiaux.

    Oxfam, un scandale qui bouleverse

    En effet, le journal The Times a rapporté vendredi dernier que certains membres du personnel d’Oxfam avaient payé pour des relations sexuelles avec des prostituées en Haïti après le tremblement de terre de 2010. Si Oxfam n’a ni confirmé ni infirmé ces accusations spécifiques, cette ONG qui est l’une des plus grandes organisations de charité au monde a déclaré qu’une enquête interne avait confirmé en 2011 une inconduite sexuelle et s’était excusée. Toutefois, l’ancien directeur de l’organisation caritative pour Haïti, a nié certaines des accusations portées contre lui dans une lettre ouverte à une radio dans sa Belgique natale.

    L’atmosphère de chaos autour d’Oxfam s’est également approfondie alors que l’organisation admettait une « grave erreur » en réengageant l’un des accusés d’inconduite sexuelle en tant que consultant en Éthiopie.

    Âgé de 86 ans, le Sud-Africain, considéré comme une figure clé du mouvement antiapartheid, a pris sa retraite en tant que chef d’église et n’est plus dans vie publique en 2010, mais continue à travailler avec les Aînés, un groupe de personnalités internationales, et à représenter Oxfam.

    Avant le Sud-africain, le chanteur sénégalais Baaba Maal et l’actrice britannique Minnie Driver avaient annoncé leur démission de leur rôle d’ambassadeur d’Oxfam.

  • En Afrique, la suppression des visas en perspective

    En Afrique, la suppression des visas en perspective

    En soit, le principe n’est pas nouveau, puisque l’Union européenne a déjà une politique d’exemption de visa pour ses citoyens. En Afrique, saluée par les experts, la suppression de visa pour une libre circulation fait lentement son chemin.

    Il faudra remonter à un quart de siècle pour retrouver la première fois où l’idée d’un passeport africain a été émise. Mais cette idée n’a pas émergé et certains pays se sont montrés méfiants, avec en ligne de mire, une crainte de l’augmentation de la contrebande, de l’immigration clandestine, du terrorisme et de la propagation des maladies.

    Le chemin vers le passeport africain 

    En 2017, l’UA avait lancé un passeport africain, un projet emblématique de l’ex-présidente Nkosazana Dlamini-Zuma. Cependant, le passeport n’est actuellement disponible que pour les hauts diplomates et les hauts fonctionnaires des 55 États membres de l’UA. Et parmi ces États membres, seules les Seychelles offrent un accès sans visa à tous les pays africains.

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    Selon Daniel Silke, directeur de Political Futures Consultancy, basé en Afrique du Sud, les grandes économies en croissance s’inquiètent de l’impact que les mouvements de population pourraient avoir sur les marchés du travail et les villes. Certaines des économies à croissance rapide de l’Afrique sont la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Guinée, le Sénégal et la Tanzanie. En réalité, avec l’expansion rapide des villes urbaines en Afrique, les institutions gouvernementales sont tendues et les villes qui offrent des opportunités seront soumises à une pression accrue avec cette initiative.

    En novembre 2017, après 15 ans de négociations, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), comprenant le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo, a ratifié le mouvement sans visa de ses citoyens. Dans la logique de cette politique, les États membres adopteront la technologie biométrique, assureront la coordination de la police et des services de sécurité et respecteront les différentes réglementations du travail.

    Initiatives

    La prochaine meilleure initiative à un système sans visa est le visa à l’arrivée, qui peut inclure l’autorisation de rester jusqu’à 90 jours. Le Rwanda a adopté ce protocole en 2013 et a constaté une augmentation du nombre de visiteurs et d’investisseurs africains, a noté Anaclet Kalibata, le directeur général de l’immigration et de l’émigration du pays.

    Selon ce dernier, entre 2013 et 2016, le nombre d’Africains recevant des visas à leur arrivée aux points d’entrée rwandais a augmenté de plus de 100 %, et le Rwanda a accueilli beaucoup plus d’évènements internationaux. A également en croire ses dires, les taux de criminalité dans le pays n’ont pas augmenté, contrairement aux craintes initialement exprimées par les sceptiques.

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    À l’instar du Rwanda, le Ghana également offre désormais un accès sans visa à un tiers des États membres de l’UA et des visas à l’arrivée aux deux tiers restants. Ce faisant, le pays a fait le plus de progrès de tous les États africains vers une Afrique sans visas pour les Africains, selon le Rapport sur l’ouverture des visas en Afrique 2017 de la Banque africaine de développement (BAD).

    Le Sénégal également offre un accès sans visa à 42 pays africains dans le but de redynamiser son secteur touristique. De son côté, le président Uhuru Kenyatta a annoncé que tous les Africains recevront désormais un visa à leur arrivée au Kenya.

    Par ailleurs, une autre alternative qui commence à être explorée porte sur des accords réciproques entre les pays. C’est le cas avec la Namibie où les autorités font des efforts pour finaliser de tels arrangements. Le Rwanda qui offre déjà un visa aux Africains à l’arrivée est aussi preneur des accords réciproques avec d’autres pays. De fait, cet accord sur le passage frontalier entre le Rwanda, la RDC, le Burundi, la Tanzanie et l’Ouganda a favorisé la cohésion sociale régionale, et le commerce transfrontalier dans ces pays contribue désormais à hauteur de 42 % au PIB, selon les chiffres d’Anaclet Kalibata.

    Cependant, l’expérience du Rwanda n’est pas suffisante pour changer la perception des impacts négatifs de la libéralisation des visas d’entrée. Jean-Guy Afrika, principal expert politique de la BAD et contributeur au Africa Visa Openness Report 2017, note : « L’analyse des régimes de visas africains de 2016 a montré qu’en moyenne les Africains avaient besoin de visas au départ pour voyager dans 54 % des autres pays africains (55 % en 2015) ; pourraient obtenir des visas à l’arrivée dans seulement 24 % (contre 25 % en 2015) ; et n’ont pas besoin de visas pour voyager à seulement 22 % (contre 20 % en 2015). »

    Libéralisation des visas

    S’il y a 4 ans seuls cinq pays offraient un visa libéral, d’arrivée ou non, aux citoyens de tous les pays africains, aujourd’hui, ce nombre est porté à 14. L’évolution est certes timide, mais importante. Cette évolution est portée par l’Afrique de l’Est et de l’Ouest. En effet, dans les classements 2017 de l’indice d’ouverture des visas en Afrique, 75 % des pays du top 20 sont dans ces deux régions. Un seul est au nord et aucun en Afrique ne centra.

    La BAD, l’UA et le Conseil du programme d’action du Forum économique mondial sur l’Afrique ont collaboré au Rapport sur l’ouverture des visas en Afrique 2017, le deuxième du genre. Les chercheurs ont recueilli des données auprès de l’Association du transport aérien international et des réponses aux questionnaires administrés aux points focaux nationaux. Les avis sont en effet positifs. Le besoin est en effet existant. L’ouverture des visas peut n’être qu’une partie du puzzle des États africains interconnectés, mais elle est néanmoins très importante.

  • Moyen-Orient : l’Israël va recomposer ses ‘soutiens’ en Afrique

    Moyen-Orient : l’Israël va recomposer ses ‘soutiens’ en Afrique

    Le premier-ministre israélien, Benjamin Netanyahu a créé un fonds pour soutenir les pays en développement. Des pays africains bénéficieront également de cette aide.

    L’État israélien pense récompenser les pays en développement qui le soutiennent sur la scène internationale, à en croire les informations d’un reportage diffusé sur la chaîne Hadashot. Pour cela, le premier ministre, Benjamin Netanyahu, devrait créer un fonds nommé « 50 sur 50 », qui devrait permettre de distribuer 50 millions de dollars de financements gouvernementaux à 50 pays. Cette aide sera dédiée aux secteurs comme la technologie, l’hydraulique, l’agriculture et le développement du leadership. Toutefois, chaque pays recevra une aide basée sur ses besoins individuels, selon ce même reportage.

    Le ministère des Affaires étrangères, ministère occupé également occupé par le chef de gouvernement, a dressé la liste des potentiels pays candidats qui pourraient bénéficier de cette aide. On y note une forte présence des pays africains. À eux s’ajoutent quelques autres pays d’Europe de l’Est et à l’Asie.

    Le bureau du premier ministre a déclaré à Hadashot qu’il s’agissait d’un investissement faible qui pourrait néanmoins entraîner un changement majeur dans le soutien à l’Israël au cours de la prochaine décennie.

    Pour cette nouvelle aide, Netanyahu a dévoilé son intention d’inclure le projet dans le prochain budget. Il aurait également chargé le directeur du ministère des Affaires étrangères de commencer la planification du projet sur la base des fonds présents dans les caisses de l’État.

    Netanyahu et la grande conquête

    Benjamin Netanyahu est devenu le premier chef de gouvernement israélien à se rendre en Amérique latine, en Australie et à Singapour et surtout, deux fois en Afrique (au Libéria et au Kenya) en 2017.

    Depuis sa prise de fonction, les actions diplomatiques de Netanyahu vont dans un sens de séduction. Il a pu regarder au-delà des alliés traditionnels comme les États-Unis et quelques pays d’Europe occidentale. Stratège, il a également cultivé des liens avec les pays en développement qui soutiennent traditionnellement les Palestiniens.

    Il a d’ailleurs longtemps vanté les prouesses technologiques et sécuritaires de son pays afin d’attirer de nouveau soutien et faire pression sur les pays qui bénéficient déjà de la coopération avec l’État juif. Et ce, en particulier, lors des votes aux Nations unies.

    En Afrique, de nombreux dirigeants voient en Netanyahu un leader dont le pays a beaucoup à apporter en termes d’innovation technologique et de savoir-faire en matière de sécurité ; ou encore, en aide au développement.

  • Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

    Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

     

    Pour plusieurs personnes, gagner la loterie des visas américains reste le rêve ultime. Au Ghana, le rêve américain est présent dans plusieurs esprits. Plus que tout autre pays dans le monde, les citoyens ghanéens sont ceux qui jouent le plus à la loterie visa. Il y a deux ans, le pays enregistrait 1,73 million de personnes candidates au programme de visa de diversité américain, également connu sous le nom de « loterie verte ». Près de 10% des 25 millions d’habitants que compte le Ghana jouent ainsi à la loterie visa.

    Il faut dire que les pays les plus peuplés comme le Bangladesh et le Nigéria ont généralement représenté le plus grand nombre de candidats à ce programme pendant plusieurs années. Mais les citoyens des deux pays sont devenus inadmissibles en 2013 et 2015 respectivement en raison de l’une des règles du programme. Une fois qu’au moins 50 000 ressortissants de n’importe quel pays ont réussi à immigrer aux États-Unis sur une période de cinq ans, les citoyens de ce pays deviennent inadmissibles au programme.

    Faible croissance

    En 2013 et 2014, le Ghana comptait également le plus grand nombre de candidats derrière le Nigeria. En comparaison, le total du Nigéria en 2014 représentait un peu plus de 1% de sa population. Le nombre de personnes qui cherchent à quitter le Ghana est probablement lié aux luttes économiques du pays ces dernières années. Malgré une stabilité politique relative, l’économie ghanéenne, affectée par l’effondrement des cours mondiaux des produits de base, a connu son plus faible taux de croissance en plus de deux décennies sous l’ancien président John Dramani Mahama.

    Cependant, l’appétit du Ghana pour les visas américains a permis aux entreprises de visa illégal de prospérer. Rappelons qu’une fausse ambassade américaine qui opérait trois fois par semaine pendant dix ans à Accra avait déjà été fermée il y a près d’un an. L’ambassade établissait aux victimes de faux visas, des passeports et autres documents de voyage.

     

  • Afrique: l’offensive diplomatique du Roi Mohammed VI [Décryptage]

    Afrique: l’offensive diplomatique du Roi Mohammed VI [Décryptage]

    L’approche du Maroc sur le continent africain en matière de diplomatie et de coopération est sans précédent. Après sa réintégration au sein de l’Union africaine, le royaume chérifien poursuit sa grande conquête du territoire. Objectif : damer le pion aux grandes puissances européennes et la Chine, pour devenir le partenaire N1 du reste de l’Afrique.

    Lors du Forum Maroco-Ivoirien organisé en 2013 à Abidjan, le roi Mohammed VI du Maroc avait fait une déclaration qui résume aujourd’hui l’essentiel de sa politique et de sa vision sur le continent. « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique, » avait-il soutenu. Dans cette mission de conquête, le Maroc a effectivement de quoi séduire. Le royaume a, après le Nigéria et l’Afrique du Sud, la meilleure économie du continent.

    Depuis l’annonce de sa réintégration en juillet 2016, le Maroc ne fait que multiplier les partenariats et les accords, même avec des pays qui étaient restés jusque-là à l’écart de la politique de Rabat, à cause des alliances avec le front Polisario. Le Roi a signé en moins de deux ans pas moins de 150 accords et le royaume est loin de s’en lasser. Au cœur des offres marocaines, six secteurs prédominent : l’agriculture, la banque, les énergies renouvelables, les mines, le tourisme et la logistique. Au sein de la diplomatie marocaine, le langage tenu est unanime et sans équivoque : l’expérience de ce pays est désormais assez riche pour être reproduite dans d’autres pays africains.

    En Afrique de l’Ouest précisément, la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est réduite à une zone de confort du royaume alaouite. Le roi a foulé un grand nombre de pays, ou rencontré les Chefs d’État dans la communauté. Au Sénégal et en Côte d’Ivoire précisément, le Maroc a même mis en place des Groupes d’impulsion économique (GIE) qui gèrent directement tous les accords entre les patrons d’entreprises.

    En effet, la coopération entre le Maroc et cette partie de l’Afrique se fait à tous les étages de l’administration. Comme pour conclure une longue démarche de charme et de séduction, ce pays du nord de l’Afrique a fait part à la CEDEAO de son ambition d’intégrer la communauté. Et, encore plus d’adopter une éventuelle monnaie unique de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest, si ce projet venait à aboutir. Pour le premier, actuellement, un accord de principe a été trouvé tandis que pour le second, le projet tarde à être effectif.

    Le big 3

    En effet, le Maroc s’est, depuis quelques années fait apôtre de la coopération sud sud. Mohammed VI ne le cache pas ; le roi a fait de cette coopération, un véritable cheval de bataille avec une amplification de ses relations particulièrement avec l’Afrique subsaharienne, avec laquelle il développe d’énormes ambitions commerciales. Dans cette vision portée par les responsables du royaume, le Nigeria et l’Afrique du Sud s’y inscrivent favorablement pour une coopération intra-africaine. Lors de sa récente visite à la nation arc-en-ciel, Mohammed VI et le président sud-africain, Jacob Zuma s’est mis d’accord pour maintenir « un contact direct », dans une perspective, disent-ils, « de se lancer dans un partenariat économique et politique, et de dépasser l’état qui caractérisait les relations bilatérales ».

    Premier résultat de cette rencontre : Rabat va envoyer un ambassadeur de haut niveau à Pretoria, treize ans après l’avoir rappelé suite au soutien du président sud-africain Thabo Mbeki aux indépendantistes du Sahara occidental. « Le Maroc est une nation africaine, il est normal d’avoir des relations diplomatiques avec eux » s’est justifié le président Jacob Zuma. Avec le Nigeria et l’Afrique du Sud, le Maroc souhaite prendre le lead de l’Afrique.

    Sommet UE-UA, la vision marocaine

    Lors du sommet Union Africaine – Union Européenne, le roi a marqué la rencontre de la vision marocaine qu’il a, en fin de compte, imprimée à tout le continent. Dans son discours et en sa qualité de « Leader de l’Union africaine sur la Migration », Mohammed VI s’est appesanti principalement sur la question migratoire, « urgence de l’heure ».

    Pour celui-ci, la politique européenne en matière de migration doit évoluer alors qu’au même moment, les pays africains doivent, dit-il, passer à l’action. « Si nous mesurons les défis que pose l’immigration, nous n’ignorons pas pour autant ses aspects positifs », a-t-il soulevé.

    Mohammed VI a profité pour rappeler l’apport des migrants africains dans la reconstruction de l’Europe d’après-guerre, en interdisant de donner toute tournure « idéologique, passionnelle, voire xénophobe » à cette question. Le roi voudrait qu’aujourd’hui, une nouvelle vision s’impose. « Il s’agit de faire de l’immigration un sujet de débat apaisé et d’échange constructif. Au Nord comme au Sud, nous en tirerons tous des avantages » a affirmé le roi qui a espéré donner le ton d’une coopération nouvelle, en se proposant également après ses leçons, la mission de rapatrier les migrants avec ses avions dans leurs pays respectifs. L’opération charme a bien réussi pour le roi.

  • Françafrique: les leçons d’Akufo-Addo à Emmanuel Macron

    Françafrique: les leçons d’Akufo-Addo à Emmanuel Macron

    Lors de sa toute première tournée en Afrique, Macron a fait au dernier jour, une escale à Accra, dans la capitale ghanéenne, une première pour un chef d’État français. Mais le sol ghanéen n’a pas tout à fait été hospitalier pour le Français. À Accra, le chef de l’État ghanéen a dit tout haut ce que ses homologues francophones pensent tout bas.

    À Accra, Macron ne s’est sans doute pas senti comme dans les capitales francophones, notamment à Ouagadougou. Dans la capitale ghanéenne, le président a été accueilli comme un inconnu, comparé aux honneurs qui sont souvent réservés aux premières autorités françaises en visite en Afrique. Arrivée en provenance de la Côte d’Ivoire, l’hôte du Président ghanéen a tout de même eu l’occasion de faire la connaissance de certains lieux historiques tels que la place de l’indépendance.

    Il faut préciser, le passage de Macron à Accra a été dans la presse ghanéenne, presque un non-évènement, même si les médias étrangers insistent sur le caractère particulier de la visite, en mettant en avant le fait que ce soit la première visite d’un Président français dans ce pays anglophone.

    Macron et Akufo-Addo ont abordé plusieurs sujets, principalement sur l’économie et la démocratie. En matière des Droits de l’homme, le président Akufo-Ado a assuré son soutien à la France pour sa promotion sur le continent.

    De son côté, Macron a salué le leadership de son hôte.

    Ghana, mission échouée

    Au Ghana où Macron était à une mission de séduction, les yeux doux du premier responsable français n’ont pas flatté. Le président Akufo-Addo s’est exprimé devant le président Macron avec une légèreté et une aisance que les adeptes de la rupture franco-africaine reprochent souvent aux dirigeants francophones.


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    Si le président Addo est connu pour sa francophilie, il n’a pas hésité à dire au président français des vérités dont, selon certains observateurs, seul un Anglophone pouvait avoir le courage de faire sortir. Du reste, Addo savait glissant le terrain sur lequel il s’aventurait, même si à l’évidence, le Ghana n’attend rien (ou presque) de la France.

    Cette indépendance de gouvernance propre aux anglophones leur est a été d’une grande utilité pour la démocratie. À cet effet, le Chef d’État ghanéen a prévenu son auditoire d’entrée. « J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle », a-t-il dit, à côté d’Emmanuel Macron. Avant de lâcher sans demi-mot, « nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l’aide de occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas. Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. »


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    Le Ghanéen s’est tout autant montré favorable à une amitié avec la France, en précisant que malgré tout, l’Afrique ne rejettera pas les apports de l’État français, à travers son gouvernement.

    En ce qui concerne le volet économique, le Président ghanéen a été un peut plus clair devant Macron, pourtant venu séduire un pays qui a actuellement l’une des meilleures croissances économiques sur le continent. Il a signifié à son hôte que le Ghana compte abandonner la vieille méthode économique, caractérisée par une dépendance de la production et de l’exportation des matières premières. Il a souligné que son pays veut « construire une économie industrialisée à valeur ajoutée avec une modernisation de l’agriculture, qui n’est ni victime ni pion de l’ordre économique mondial », alors qu’on le sait, Macron est, au rang international, le nouvel apôtre de la mondialisation.

    Tout autant qu’il a tenu à situer les responsabilités, Akufo Addo a reconnu aussi le rôle des États africains dans le phénomène migratoire. Il a ainsi déclaré que les jeunes qui quittent l’Afrique le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir. Dans cette perspective, le numéro 1 ghanéen a encore taclé la France, en demandant à ses pairs africains de ne pas demander ce que l’ancienne métropole fera pour le continent. « La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, “tant mieux” comme on dira en Français », a-t-il ironisé.

    Pour ne rien lâcher, il continue en affirmant : « notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle. » seule condition, selon celui-ci, de parler d’une indépendance « réelle et effective ». « Nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes », a-t-il finalement lancé envers le Français, non sans ovation de l’assistance.

    Ci-dessous l’intégralité du discours du président ghanéen Akufo-Addo


    J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle. Nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l’aide des Occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas ! 

    Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. Ce n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, 60 ans après son indépendance continue à définir son budget de l’éducation et de la santé sur la base des financements provenant du contribuable européen. Au stade où nous sommes, nous devions être capables de financer nous-mêmes nous besoins de base.

    Nous allons considérer les 60 années à venir comme une période de transition où nous pourrons être capables de voler de nos propres ailes. Notre objectif n’est plus de compter sur ce que le contribuable français pourra nous donner. Nous accepterons cependant tout apport que le contribuable français pourra nous apporter à travers son gouvernement. Nous n’allons pas tout simplement tourner le dos à tout apport de l’autre.

    Cependant, malgré tout ce qu’il a subi, ce continent reste celui qui détient 30 % de toutes les ressources naturelles les plus importantes du monde. C’est le continent qui a de vastes terres fertiles et la plus grande population jeune, qui constitue une Énergie et le dynamisme dont ce continent a besoin. Regardez ces jeunes qui font preuve d’ingéniosité pour traverser le Sahara et la méditerranée.

    Nous avons besoin de cette Énergie et de cette ingéniosité sur notre continent. Et cette énergie-là, nous l’aurons ici sur notre continent si nous implémentons des systèmes politiques qui montrent à ces jeunes qu’ils sont l’espoir, qu’il y a des opportunités ici en Afrique. Les phénomènes de migration ne sont pas nouveaux, c’est aussi vieux que l’humanité et s’expliquent par le le fait que les gens qui quittent le chez eux le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir.

    Ceux d’entre vous qui connaissent l’histoire de l’Europe au 19e siècle savent que les grandes vagues d’immigration en Europe au 19e siècle partaient de l’Italie et de l’Irlande. Des vagues et des vagues d’Italiens et d’irlandais ont migré aux USA à la recherche du rêve américain parce qu’il n’y avait pas d’opportunité de travail en Irlande et en Italie. Aujourd’hui, vous n’entendez plus parler de cette immigration-là. Les jeunes Italiens et Irlandais restent chez eux. Nous voulons que les jeunes Africains restent aussi en Afrique (applaudissements). Pour cela, nous devons refuser cet état d’esprit d’assisté.

    Cet état d’esprit qui consiste à demander ce que la France ferra pour nous (La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, » tant mieux » comme on dira en Français) Mais notre principale responsabilité en tant que leader et en en tant que citoyen c’est de développer nos propres pays, de mettre sur pied des systèmes de gouvernance qui font des leaders des personnes responsables de leurs actes et qui utilisent les moyens mis à leur disposition pour le bien du peuple et non pour leurs propres intérêts.

    Notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle. Quand tu regardes l’Afrique et considérant ses ressources, C’est l’Afrique qui devrait donner de l’argent à d’autres pays (Macron mal à l’aise secoue la tête et se dissimule) Nous avons des ressources énormes sur ce continent.

    Nous devons avoir l’état d’esprit du gagnant, nous dire que si les autres ont réussi, alors nous aussi nous pouvons réussir et une fois que nous aurons cet état d’esprit. Nous nous demanderons chaque fois que comment se fait-il que la Corée Singapour, la Malaisie qui ont, eu leur indépendance au même moment que nous, sont au sommet du classement des pays les plus riches du monde ? On nous a appris qu’à l’époque des indépendances le revenu au Ghana était supérieur à celui de Corée. Que s’est-il passé pour que ces pays réussissent cette transition 60 ans après quand nous sommes où nous sommes (à quémander).

    Sans vouloir offenser le président français, car je suis francophile et je n’ai aucun problème avec la coopération française, mais notre défi majeur, notre part de responsabilité devrait être de créer les conditions nécessaires afin que nos jeunes cessent de braver tous ces dangers pour aller en Europe. Ils n’y vont pas parce qu’ils veulent, mais parce qu’ils ne pensent pas qu’il y a des opportunités dans nos propres pays.

    Ces conditions, nous pouvons les créer si nous changeons cette mentalité de personnes qui dépendent des autres, cette mentalité d’assisté. Et si nous y parvenons, nous verrons que dans une décennie l’Afrique émergera et on aura une nouvelle génération d’Africain et en ce moment, les indépendances dont on a parlé pendant la période dite d’indépendance deviendront réelles et effectives.

    J’espère qu’en disant cela, je n’offense pas l’intervieweur ou certains de mes amis dans l’assistance. Ceci est ce à quoi je crois fermement. C’est pourquoi le slogan de mandat est : nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes. Monsieur le president, voilà contribution que je peux apporter.


     

  • Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Diplomatie: retour sur les périples des présidents français en Afrique

    Après s’être rendu au Burkina Faso le 28 novembre pour rencontrer son homologue et s’adresser aux étudiants de l’université de Ouagadougou, Emmanuel Macron a participé au sommet UA-UE à Abidjan pour finalement chuter à Accra, dans la capitale ghanéenne. Si cet exercice presque inévitable pour les Chefs d’État français a été accompli par Macron avec aisance, cela n’a toujours pas été le cas pour ses prédécesseurs.

    C’est n’est pas la première fois que Macron donne le ton de sa vision franco-africaine. Mais son passage en Afrique, continent qui a avec la France un cordon difficile à couper, reste une étape importante aux yeux des Africains. En effet, sur le continent noir, depuis le soir de son élection les Africains ont attendu l’opportunité de le voir dire des « vérités ». En quelque sorte, l’Afrique a été servie.

    D’abord, dans son discours de 1 h 40 min tenu à Ouagadougou suivi d’un échange avec des étudiants burkinabés dans la salle Kadhafi de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Macron avait déjà abordé l’essentiel de ses ambitions pour le continent. Il s’était agi avant tout d’une opération séduction, où les phrases étaient bien pensées. « Ce public n’a pas forcément une bonne image de la France », reconnaît-il, en faisant allusion à la chute de Blaise Compaoré que la France a exfiltré vers la Côte d’Ivoire après son départ du pouvoir en 2014. Mais le pays des hommes intègres attend aussi de l’ancienne métropole, l’extradition du frère de l’ex-président, François Compaoré, objet d’un mandat d’arrêt international pour l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

    La France, malgré tout partenaire naturel de l’Afrique, s’est vue réduits ses échanges avec le continent où sa part s’est considérablement cassée ces quinze dernières années, ne représentant plus que 4 %. Au même moment, la Chine qui a grimpé à 22 %, a le vent en poupe. À cet effet, la visite du président s’est inscrite aussi dans un contexte très économique. Ce qui justifie son passage au Ghana, pays anglophone, mais dont l’économie est de plus en plus florissante dans la sous-région. Mais pas que. La politique était bien évidemment au rendez-vous.

    À Ouagadougou, Macron a axé son discours sur le leadership de la jeunesse africaine. Dans la capitale burkinabè où l’esprit sankariste est le mieux partagé, et où il y a trois ans la population a dû reprendre son destin longtemps confisqué par Blaise Compaoré, Macron a dû tailler ses mots entre éloges et appel à vigilance. Le jeune Chef d’État n’a pas caché son hostilité envers les régimes politiques qui s’opposent à l’alternance en Afrique. Mais la question libyenne fut également abordée, de long en large.

    Interrogé à Ouagadougou, Macron a fait la précision selon laquelle ceux qui organisent les trafics humains en Libye sont aussi des Africains. Néanmoins, il avait annoncé que des mesures urgentes devraient être prises. À Abidjan, Jupiter s’est entretenu avec ses homologues africains, notamment le professeur Alpha Condé, Chef d’État guinéen et président en exercice de l’Union africaine. Il a été décidé de mener des opérations d’évacuation d’urgence dans les prochaines semaines des migrants en Libye. De même, l’UE, l’UA et les Nations unies ont décidé d’un soutien à l’Office international des migrations pour aider au retour des Africains qui le souhaitent vers leur pays d’origine.

    Sur la question portant sur le franc CFA, Macron aura laissé une impression presque neutre, pour ceux qui attendaient de cette tournée un signal fort pour l’avenir de cette monnaie « coloniale » de laquelle certaines populations veulent se libérer. Selon celui-ci, le franc CFA, c’est un choix des États membres de la zone CFA. « Si le président burkinabé décide de ne plus y être, il n’y est plus.

    Ce sont les États africains qui sont les maîtres de leur destin. N’ayez pas ce discours de revendication postcolonial, il n’y a pas de joug, il n’y a pas de Français qui utilise l’or du Burkina Faso. » Et d’ajouter ensuite, « j’accompagnerai la solution portée par l’ensemble des pays de la zone franc. Je suis favorable au changement de périmètre et au changement de nom. C’est les pays qui décident. C’est pour la France un non-sujet, mais pour vos dirigeants un vrai sujet. »

    Mais il ne s’est pas empêché de revenir sur la question à polémique en Afrique concernant le nombre d’enfants pas femmes. « Partout où vous avez 7-8-9 enfants par femme, êtes-vous bien sûr que c’est le choix de ces jeunes filles ? » s’était-il interrogé, en précisant que c’était une conviction profonde qui l’a poussé à faire de l’égalité femmes-hommes « la grande cause » de son mandat.

     Afrique, la grande épreuve des présidents français

    En Afrique où les chefs d’États français sont jugés à défaut afrophobes, c’est lors de l’inévitable passage sur le continent que bien d’acteurs leur collent les vraies étiquettes. Macron, lors de sa campagne électorale, imprimait déjà sa marque devant une candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen qui n’a pas une bonne cote sur le continent. Si le président français a fait l’effort de garder une neutralité et de chercher une grande familiarité avec les étudiants burkinabés, il a beau le ressasser ne pas venir donner de leçons aux Africains, mais le ton parfois autoritaire et condescendant sur certaines questions, du reste peu réfléchies, lui donne tort. Pour beaucoup, Macron est venu donner une leçon aux Africains, comme l’ont souvent fait ses prédécesseurs, notamment Nicolas Sarkozy, sans son discours à Dakar en juillet 2007.

     Nicolas Sarkozy s’était toujours attribué ce qu’on peut appeler l’abolition de la FranceAfrique… sans jamais réussir ni dans le fond ni dans la forme. Son intervention en Libye est un exemple, une erreur que Macron a avant tout, regretté devant les étudiants burkinabés. En 2007 deux éléments principaux ont écorné l’image de Sarkozy, et par ricochet celle de la France : la politique d’immigration du président et la « reconnaissance » en 2005 du rôle positif de la colonisation.

    Dans son discours de Dakar précisément, écrit par Henri Guaino, dans lequel il avance que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire… Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance… » Sarkozy aura commis une erreur fatale aux yeux du parterre d’intellectuels africains présents au sein de l’Université Cheik Anta Diop ce 24 juillet 2007. Henri Guaino, auteur du discours fera ensuite l’effort de préciser tirer son inspiration de Sedar Senghor, qui avait écrit : « Laissez les peuples noirs entrer sur la grande scène de l’Histoire », mais c’était déjà trop tard. L’image Sarkozy est déjà maculée.

    En 1990, alors que le Mur de Berlin venait de tomber il y a juste 1 an, Mitterrand s’était déterminé à participer à la construction de la démocratie sur le continent. Pour celui-ci, plus question de soutenir économiquement des dictatures, a-t-il affirmé lors du 16e sommet franco-africain. Mitterrand s’était déclaré froid à ces régimes qui abondent le continent. Mais celui-ci s’était également entaché dans l’assassinat de Sankara au Burkina Faso en 1987.

    En août 1958, alors que la plupart des pays se battaient pour une indépendance, de Gaulle n’était arrivé au pouvoir que 3 mois qu’il a amorcé son périple de 20.000 kilomètres en Afrique. En réalité, il était en réalité question d’une tournée électorale dont l’objectif est de convaincre les peuples de l’Union de voter oui au référendum sur la nouvelle Constitution. Cette constitution prévoyait, entre autres, le remplacement de l’Union par une « Communauté » où chaque pays jouira d’une autonomie politique. « Il est naturel et légitime que les peuples africains accèdent à ce degré politique où ils auront la responsabilité entière de leurs affaires intérieures, où il leur appartiendra d’en décider eux-mêmes. » En fin de compte, seule la Guinée de Sekou Touré votera non, exigeant une souveraineté immédiate. Quatorze autres pays suivront plus tard. L’indépendance envers la France venait d’être acquise. Peut-être, juste dans la forme.

  • Macron veut créer 450 millions d’emplois en Afrique

    Macron veut créer 450 millions d’emplois en Afrique

    Le Chef d’Etat français, Emmanuel Macron, en tournée africaine, a prononcé un discours devant des étudiants burkinabés ce mardi. De la situation libyenne à aux questions sur l’éducation des jeunes filles, Macron n’a pas oublié l’un des piliers considérés comme fondamental pour le développement de l’Afrique : l’entrepreneuriat.

    C’est face à quelque 800 étudiants burkinabés issus de différentes universités que Emmanuel Macron a prononcé son premier discours à l’endroit des Africains. Pour une allocution de plus de 1 h 40 min, les sujets abordés ont été divers. Si le discours du président français a évidemment été axé sur la jeunesse africaine, principalement celle Burkinabé qu’il a saluée pour ses luttes pour la démocratie, en faisant cas de la révolution de 2014, Emmanuel Macron a aussi parlé de l’entrepreneuriat.

    « Le changement, le renouveau générationnel sur un continent dont 70 % a moins de 30 ans. C’est n’est pas une option, c’est une loi mathématique » a déclamé le jeune Président français.

    « Je serai au côté de ceux qui font le choix de la responsabilité et pas celui du déni » a laissé entendre le président français, et d’ajouter ensuite « partout où j’aurais de tels partenaires, je travaillerai avec eux sans calcul. La France ne se privera pas d’un lien avec la jeunesse. »

    450 millions d’emplois

    En effet, Emmanuel Macron a annoncé, pour dit-il faciliter l’innovation en Afrique, la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour aider le continent à créer 450 millions d’emplois d’ici 2025.

    « Ce fonds que nous allons créer permettra de faire même plus qu’un milliard d’euros, multiplier par dix cet objectif pour avoir une enveloppe qui permettra de financer des projets, des entrepreneurs africains dans les domaines du numérique, de l’agriculture » a principalement exprimé celui qui a eu par après des échanges directs avec les étudiants.

    Mais le Chef d’Etat français qui croit que la croissance du monde se jouera en Afrique ne s’est pas arrêté sur ce volet. Il a également fait d’autres annonces bien accueillies par l’auditoire. Pour le président Macron, la France n’investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement. « Elle n’investira plus pour que des grands groupes participent à des opérations de corruption organisée ». Selon celui, les investissements qui seront désormais faits en Afrique devraient directement bénéficier à la jeunesse.

    Macron a aussi informé d’une saison des cultures africaines en France en 2020 pour, dit-il, aider au parachèvement d’une histoire d’Afrique écrite par les Africains.

    Aussi, a-t-il dit, en vue des Jeux olympiques de 2024 qui se tiendront à Paris, un plan d’envergure européenne sera en mis en œuvre pour permettre « aux sportifs africains de venir s’installer en France et avoir les meilleures installations ». Avant d’ajouter, « j’aimerais que les sportifs africains disposent aussi d’installations durables.

    Toutefois, Macron a aussi émis le vœu de voir les Africains diplômés en France de revenir pour relever les défis du continent. Le président a aussi annoncé des investissements dans le domaine de l’éducation en Afrique, tout comme des bourses d’études qu’il a promises, avec un accent particulier sur les jeunes filles. Une annonce longuement applaudie par les étudiants.