Catégorie : Racines

  • En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    Croire que le Vaudou en Afrique a perdu ses lettres de noblesse à cause du modernisme, de l’éducation, de la colonisation ou des croyances exotiques est un constat erroné. Et aucun acteur ni politique ni religieux ou d’autre ne peut se permettre d’oublier son influence, ni par hypocrisie, ou par négligence.

    Pourtant, les églises ne cessent de pousser dans les coins de rue à Lomé, à Cotonou ou un peu partout dans la sous-région ouest-africaine. Il est vrai qu’il y a en Afrique, de Dakar à Lubumbashi, de Lomé à Bangui en passant par Cotonou, des forces surnaturelles, détentrices du pouvoir « du mal ». Dans la « basse population », le catholicisme et les autres religions monothéistes ont du mal à exorciser, même avec la plus grande rigueur, l’Afrique du vaudou et de ses religions polythéistes « mal-aimés ». Au Togo précisément, ce n’est pas exagéré : les églises dites de « réveil » ont beau être les endroits les mieux abrités par la population de toute catégorie, nul n’ose jouer avec la face cachée de la raison.


    L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ».


    Au Bénin, lorsqu’on parle de religion, les statistiques indiquent 27 % de chrétiens, 22 % de musulmans et 37 % d’animistes. Mais demandez qui n’a jamais consulté le Vaudou, pour un problème de stérilité, de vol, d’un sort qu’on veut retourner à l’envoyeur ou d’un décès dont on révoque une origine naturelle, et vous vous rendrez compte que les statistiques seront beaucoup plus importantes en faveur de la religion traditionnelle. La question principale n’est plus de savoir si le Vaudou est un mythe ou une réalité, la réponse est évidente. La curiosité c’est de se demander comment cela fonctionne, ou comment cette pratique surmonte l’usure des temps ?

    Toutefois, assimilé à tort ou à raison à la sorcellerie, la présence du Vaudou est souvent redoutée. C’est pourquoi les hiboux « prédateurs » de chairs humaines, les cobras vengeurs, les tortues à doubles carapaces ou les lézards polymorphes à doubles queues sont toujours craints. L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ». Dans ce domaine où les professions de foi sont très rares, il est très difficile de prouver à une tierce personne — en théorie du moins — l’efficacité du mode opératoire, ce ne sont pas que les civils qui s’en emparent.

    Le Vaudou salvateur

    1er septembre 2011. À Iroko, forêt sacrée de Kpassè en lisière de la cité côtière béninoise de Ouidah, jadis funeste fief de la traite négrière au Bénin, une foule pouvait se voir. Surtout, un Blanc dont la main gauche effleure le tronc de l’arbre vénéré. Mais qui est-il ? Le maire de Nantes et futur chef du gouvernement, le très cartésien Jean-Marc Ayrault. Et quelle requête le patron des députés du Parti socialiste, porté en février 2016 à la tête du Quai d’Orsay, soumet-il à la réincarnation végétale d’un monarque mythique du XIVe siècle ? « Que François Hollande détrône Nicolas Sarkozy au printemps suivant. » Mais, il précisera plus tard, « je n’ai formulé aucun vœu pour moi-même ».


    Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou.»


    En effet, le Bénin a vu défiler, en cachette comme au grand jour, des cohortes d’élus, candidats et ministres, exotiques ou non. Car nul politicien de l’ex-Dahomey n’oserait mépriser les forces de l’esprit, même si le politiquement correct demande le contraire. L’ancien premier ministre béninois, candidat à l’élection Lionel Zinsou ne l’ignore pas. Ce Béninois a beau passer sa première vie loin du Bénin natal, il devra s’habituer à ne pas serrer la main à tout le monde, à s’asseoir dans n’importe quelle chaise ou à boire avec n’importe quel verre. Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou. C’est pour cela que quand nos ancêtres, nos parents, nos grands-parents ont été emmenés en esclavage, leurs esprits retournent chez nous ici. »

    Vu de mauvais œil

    Le vaudou, à l’origine, n’a rien à voir avec la sorcellerie ou la magie noire. Dans la cosmogonie de l’aire culturelle Adja-Tado au sud, c’est une pratique religieuse qui consiste au culte d’un Dieu créateur (Mawou) au-dessous duquel se trouvent d’autres dieux inférieurs. Entre autres, Sakpata : dieu de la variole ; Ogoun : dieu du fer ; Mamie Wata : déesse de l’eau, etc. Eux, ils servent d’intercesseurs à l’homme pour atteindre Dieu tout-puissant. « C’est à partir de Ouidah que le vaudou s’est retrouvé partout dans le monde entier. Il faut le reconnaitre, c’est quelque chose qu’il ne faut pas nier. Le vaudou c’est quoi ? C’est la nature, les quatre éléments de la nature, les respecter et connaître et respecter leurs principes. » Explique, initié au culte vaudou.


    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse.


    Au Bénin, sous le régime révolutionnaire qui a duré 17 ans, le vaudou a été traité de tous les noms : « pratique rétrograde », « fétichisme » voire, « obscurantisme ». Cela n’a pas pour autant empêché les dépositaires du culte vaudou de continuer à pratiquer leur religion comme si de rien n’était. Un chef religieux du nord du pays, défiant les marxistes-léninistes de l’époque, est allé jusqu’à dire, non sans humour, que « depuis que le monde existe, on n’a jamais vu les bouses de vache se transformer en vache ». Comme pour leur dire que la révolution ne pouvait pas empêcher les gens de pratiquer leur religion.

    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse. Et c’est le président Nicéphore Soglo, chrétien bon teint qui, en son temps, concéda ce droit aux adeptes des religions traditionnelles.


    Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible


    Depuis, le vaudou est une religion au même titre que l’islam et le christianisme. Mieux, elle connaît un engouement et une expansion certains. « Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible », confie un religieux.

    Désormais, chaque année, le 10 janvier, des milliers d’initiés vaudou célèbrent au Bénin les quatre divinités de la nature. Venues d’Afrique, des Antilles, d’Europe ou des États-Unis, c’est sur la plage de la Porte du non-retour à Ouidah que les adeptes du culte se recueillent. Le vaudou est certes un culte ancestral, mais il n’a pas toujours eu bonne réputation, malgré environ ses 50 millions de membres à travers le monde.

    Emmanuel Vitus 

     

  • La tradition érythréenne aux Oscars avec l’actrice Tiffany Haddish

    La tradition érythréenne aux Oscars avec l’actrice Tiffany Haddish

    Tiffany Haddish, l’actrice américaine d’origine érythréenne, avait séduit le public et les médias par sa robe lors de la cérémonie des 90ème Oscars. Celle-ci a honoré le tapis rouge en portant une robe traditionnelle de son pays d’origine, l’Érythrée, connue sous le nom de zuria. La robe crémeuse avait une broderie noire et or avec une cape noire assortie.

    Portée par les femmes Tigrinya en Érythrée et en Éthiopie, le zuria est une robe à capuche, particulière auprès de ces peuples. Cette robe couvre tout le corps, des chevilles jusqu’au niveau du buste.

    Similaire aux crinolines en Occident, le zuria est arboré par les femmes pendant les cérémonies de mariage. La capuche en gaze dont il est pourvu permet de couvrir la tête et les épaules.

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    Lors de la 90e édition des Oscars cette robe portée par Tiffany Haddish a fait objet de curiosité. Lorsqu’elle est interrogée à propos, celle-ci a confié : « mon père vient d’Érythrée et il est décédé l’année dernière. Il a dit qu’un jour je finirais ici, et si jamais je me retrouvais aux Oscars, je devrais honorer mon peuple, alors j’honore mes compatriotes érythréens ». Avant d’ajouter « c’est le paradis pour moi, c’est comme un rêve devenu réalité, je me suis assise et j’ai regardé les Oscars pendant des années, j’ai toujours voulu y aller et maintenant, je suis là ».

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    L’an dernier, l’actrice de 38 ans est devenue la première comédienne noire à animer le Saturday Night Live au cours de ses 43 saisons. Haddish a également obtenu sa chance en 2017 après avoir joué dans la comédie Girls Trip. Bien qu’elle n’ait pas été nominée pour ce rôle, elle a annoncé les nominations aux Oscars aux côtés de l’acteur anglais Andy Serkis, un moment qui a suscité l’admiration de tant de fans.

    Haddish est née en Californie d’une mère afro-américaine et d’un père érythréen. Son père, Tsihaye, était un réfugié érythréen qui a quitté son pays à l’âge de trois ans.

    Plus tôt cette année, l’actrice a voyagé en Érythrée afin de rencontrer ses proches et enterrer les restes de son père. « Je suis enfin à la maison. Je suis enfin là où je devais être il y a longtemps », et de continuer « j’avais l’impression que mon cœur était guéri. J’ai vécu beaucoup de choses » avait-elle déclaré lorsqu’elle était reçue sur la chaine nationale érythréenne.

  • Zangbeto, Guèlèdè, Egun […], les sociétés secrètes du Bénin

    Zangbeto, Guèlèdè, Egun […], les sociétés secrètes du Bénin

    Attention, zone de turbulence. Dans les communautés béninoises à forte croyance animiste existent une myriade de sociétés secrètes dont la compréhension requiert un affranchissement du scepticisme et du doute cartésien.

    Au Bénin, l’éducation moderne et les cultures occidentales adoptées dans certaines communautés n’auront en rien troublé l’organisation traditionnelle des sociétés. Le Vodou a plus que jamais sa place, cohabitant avec succès les religions chrétiennes, formant un paradoxe qui ne choque qu’au-delà du Bénin. Dans ce pays, elles sont nombreuses, ces sociétés dites secrètes. Entre autres, les Zangbeto, les Oro, les Guèlèdè et les Egun (Kutito).

    Les Zangbeto (fantômes)

    Bénin: le maire Yankoty lève la suspension des manifestations des "Egungun"  - Benin Web TV

    Les Zangbétô où les veilleurs de nuit, connus pour être des fantômes ne se croisent pas à tout bout de champ. Ils sortent en effet plus souvent la nuit entre environ 21 h 22 h. Parfois plus tardivement. La nuit, ils sortent à visage découvert, mais le jour et pour les cérémonies, ils se veulent des « êtres » étranges, portant un masque de raphia.

    Leurs sorties sont toujours précédées de chants et des cris. A chaque sortie, ils se donnent pour mission de dépouiller et de mettre en prison tous ceux qui croisent leur chemin, pour ensuite les relâcher au matin. Selon certaines compréhensions, le but est d’empêcher les voleurs d’opérer.

    D’autres Zangbéto sont moins indulgents. Dans certains quartiers, et selon les versions plus mythiques qui entourent leur organisation, ils obligent tous ceux qu’ils rencontrent dans leur sortie à intégrer leur société, après les avoir chicotés. Ils sortent les jours où les marchés ne sont pas animés afin de pouvoir bloquer la route sans gêner le commerce.

    Selon une définition plus cartésienne, les Zangbétô forment une société ayant dans le fonctionnement une similitude avec le scoutisme. Ils constituent une force de police au service de la collectivité.

    Sociétés exclusivement masculines, les Zangbétô ont leur propre « langage », des codes qui leur permettent de s’identifier.  Dans cette société, les enfants de 10 ans peuvent être initiés, de même qu’un blanc.

    Les Guèlèdè

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    Cette société s’est donné pour mission d’exorciser les communautés dans lesquelles elle est implantée. D’origine Yoruba, les Guèlèdè sont principalement dans les villages de l’Ouémé.

    En effet, dans certaines communautés béninoises, les croyances selon lesquelles les femmes ont des aptitudes pour devenir des sorcières et ainsi causer des morts, des pertes agricoles et autres malheurs sont encore d’évidence.

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    A cet effet, le but des Guèlèdè est de se libérer de l’emprise des sorcières et autres esprits maléfiques, au travers des rituels de libations, de danses avec les masques. L’objectif est non seulement d’écarter ces esprits maléfiques, mais encore plus de les rendre au contraire favorables à toute la population à la fin.

    Toutefois, si les porteurs des masques sont exclusivement des hommes ; il faut noter qu’ils ne sont que des exécutants. Les Gèlèdè sont dirigés au plus haut niveau par des femmes.

    Les Kutito (Egun)

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    Les Kutito sont plus connus pour leur masque, Egun. Ils sont probablement au Bénin, la société la plus spirituellement redoutée. Selon certains observateurs, c’est à eux que s’adressent le culte des morts et tous les sacrifices qui y vont avec.

    Strictement réservés aux hommes, les Kutito sont considérés, selon les croyances traditionnelles, comme des morts réincarnés pour soit protéger les vivants, se venger, ou corriger certaines choses.

    Certaines versions disent que les morts se manifestent à leurs descendants par l’intermédiaire de ces sociétés. Pouvant opérer en plein jour, ils sont néanmoins toujours cachés de la tête aux pieds sous de beaux pagnes ornés de broderies, de coquillages et accompagnés d’un homme appartenant aussi à ce clan, qui les protège des vivants curieux de les identifier.

    Les Olo

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    Leur mode opératoire est semblable à celui des Zangbéto, sauf que les Olo ont la réputation d’être la société secrète la plus violente.

    Connus pour faire désormais des sorties en début septembre, les membres de cette société se donnent pour mission de poursuivre les voleurs, les malfaiteurs et les femmes adultères. Pour accomplir cette mission, les Olo dansent et chantent dans les rues, munies de coupe-coupe et de chicotte.

    Selon les témoignages, ils battent sans aucune forme de procès leur cible et toutes autres personnes qu’ils rencontrent. Attention à ne jamais les empêcher de fonctionner en touchant à leur chicotte. Quiconque enfreint à cette règle est facilement exposé à un lynchage.

    Pour éviter ce genre d’incident, ils se manifestent la nuit au son lugubre des rhombes, et lors du décès d’un de ses membres. Là, ils opèrent par l’ébranchage total d’un arbre.

    Cette dernière cérémonie est d’une importance particulière dans cette société. Cela consiste à enlever les branches sur le tronc et à en laisser une seule. Quoiqu’elle paraisse facile et ordinaire, elle ne se fait pas sans dose de gri-gri. A la suite de cette cérémonie, un miracle doit se produire, assurent les initiés.

    Par ailleurs, dans cette société qui accepte tant les femmes que les hommes, les membres sont liés par un pacte d’omerta. Tout comme les Zangbeto, briser le mythe sur les secrets de l’organisation est passible des malédictions et de la colère des dieux.

     

     

  • Qui sont-ils les Massai, ce peuple semi-nomade de l’Afrique de l’Est?

    Qui sont-ils les Massai, ce peuple semi-nomade de l’Afrique de l’Est?

    On pourrait dire qu’ils font d’une manière ou d’une autre l’histoire du Kenya. Connus comme un peuple guerrier les Massaï sont aussi des éleveurs semi-nomades. C’est en Afrique de l’Est, notamment au Kenya et en Tanzanie, que ce peuple fait découvrir à ses visiteurs sa culture. Rencontrer les Massai, apprendre de leur culture, s’informer sur leurs habitudes quotidiennes. Ce sont les raisons pour lesquelles le Kenya voit débarquer sur son territoire chaque année de nombreux touristes. Jusqu’à présent, cela a toujours été un atout pour l’économie du pays. Le secteur touristique représente plus de 10% du produit intérieur brut du Kenya.

    Si le pays a compté près de 3 millions de visiteurs en 2017, une bonne partie des touristes a été attirée par le peuple Massaï. Tant les médias occidentaux évoquent l’histoire de ce peuple du Kenya qui aime la couleur rouge. Il faut dire que le ministère du Tourisme a surtout créé un cadre pour faciliter l’arrivée de touristes sur le sol kényan. Une exonération de la redevance d’atterrissage pour les compagnies aériennes a par exemple été instaurée. Les compagnies reçoivent en plus 30 dollars par passager transporté.

    Peuple traditionnel

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    Installés dans la réserve de Massai Marai, les Massaï reçoivent de milliers de visites chaque année. Objet de curiosité pour plusieurs visiteurs, le peuple Massai a su conserver sa culture. Les Massaï sont un peuple de tradition et sont très tôt initiés à l’art du combat et aux secrets des plantes médicinales. Pour apprendre de leur culture, les touristes leur payent. Ces fonds les aident à payer parfois de quoi vivre. Ces semi-nomades vendent également du bétail pour payer du riz, du maïs et d’autres choses que les autres ethnies leur ont appris à manger. Cependant, les Massaï préfèrent vivre entre eux et aiment se retirer du monde moderne. La sécheresse et la création de réserves animalières dans le pays les ont souvent privés de leur terre.

    Estimé à près d’un million d’habitants au Kenyan, le peuple Massai est jugé accueillant par les touristes. Ces derniers s’installent parfois dans le village de leur hôte pour assister contre payement aux spectacles de chants et de danses. Les Massai peuvent également les aider à faire des safaris. D’autres touristes ne se rendent pas au Kenyan pour partager la vie du peuple guerrier. Au contraire, ils viennent prendre en photo les Massai. Ces images splendides sont après exposées à de grandes rencontres. Pour ce peuple dont la richesse principale est le bétail, le dérèglement climatique constitue depuis quelques années un risque.

    Menace

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    La nouvelle génération décide parfois de plus en plus d’abandonner le mode de vie traditionnel pour embrasser la modernité. De jeunes Massaï se sédentarisent et émigrent en Europe ou en Amérique pour des études. Malgré leur apport au tourisme et à l’économie, les Massai se sentent désormais menacés par les décisions des autorités. Ils craignent  d’être totalement dépossédés de leur terre. En Tanzanie où la menace est grandissante, les Massaï estiment être en danger et craignent pour la disparition de leur culture.

     

  • Liqueurs, sel, cola, ‘contrôle du drap’: comprendre le mariage au Benin

    Liqueurs, sel, cola, ‘contrôle du drap’: comprendre le mariage au Benin

    Au Bénin, comme dans d’autres communautés africaines fortement attachées aux valeurs culturelles, le mariage reste, malgré les vagues d’innovation et d’éducation nouvelles, « une institution privilégiée ».

    Au Bénin, c’est bien connu. Ne se marrie pas qui veut. Les vents de l’esclavage qui ont fortement touché les communautés béninoises et ceux de la colonisation n’auront pas raison de modes d’unions. Et ce, même si les communautés ont enregistré à la suite de ces périodes une sorte d’ouverture. On continue par exemple la pratique de la dot, même si de plus en plus de voix s’élèvent pour son abolition.

    La dot, contre vents et marées

    Dans la tradition béninoise, la dot porte un sens assez significatif pour les foyers. Si elle est le symbole de l’amour entre les deux partenaires, cet acte est également, gage d’une union entre les familles. Selon nombre d’observateurs, l’acte dotal représente aussi un signe de gratitude de la famille du marié envers celle de la mariée.

    Cette cérémonie assez particulière se déroule en deux étapes. Une première qui se veut celle de la connaissance des parents, et la seconde, la dot proprement dite, qui consiste à apporter à la famille de la fille une liste de biens. Une étape après laquelle la demoiselle devient une épouse légitimement reconnue. De fait, la dot est comme une obligation sociale et morale qui consacre une union. Et c’est bien connu qu’au Bénin, au cas où le mariage n’est pas célébré en respectant préalablement ce rite traditionnel, le couple s’expose à des malédictions.

    Le mariage, une affaire fortement culturelle

    Le mariage, dans les sociétés béninoises, revêt plusieurs formes et des spécificités selon les différents groupes socioculturels. Au sud du pays par exemple chez les communautés yorouba, surtout les chefs de collectivités, les démarches qui amènent à l’union de deux familles sont toujours l’œuvre des parents. Dans cette communauté, il arrive également que le choix des futurs époux soit fait par les parents, plutôt que les concernés.

    Dans cette démarche, la procédure n’est pas aisée. Le chef de la collectivité du jeune homme envoie demander la main de la jeune fille chez le chef de sa collectivité. Après cette première démarche, les parents de la jeune fille donnent un délai de 15 jours pour réfléchir et interroger leur fille. Ils reviennent ensuite avec 4 bouteilles de liqueurs qui sont acceptées ou rejetées selon la réponse de la jeune fille.

    Lors de la première rencontre avec les parents, deux liqueurs importées « Houhan » (littéralement, boisson venue à bord d’un bateau) et « lihan » (boisson venue par la route) en référence aux liqueurs de fabrication locale, en plus du sel et le tabac sont essentiels et suffisent dans la grande partie à sceller l’union des deux familles.

    Déroulement de la dot

    Mariage traditionnel - Crédit photo : kongossa.mondoblog.org

    S’agissant du mariage, c’est aux épouses des cousins et frères du jeune homme que revient la mission d’aller chercher la nouvelle épouse pour une insertion dans la famille. Après discussions, l’épouse est confiée à une de ses tantes, généralement la plus âgée du groupe, chargée de la guider. Avant son entrée dans la maison conjugale, une calebasse d’eau est toujours versée à l’entrée en guise de paix et de fécondité.

    Image result for dot pour le mariageEnsuite suivent d’autres étapes. Notamment, celle du « contrôle du drap » pour vérifier si la mariée est arrivée vierge ou pas, de même que celle dite du « balayage », cinq jours après le mariage.

    En outre, le jour de la dot, des liqueurs ont une importance capitale. Principalement,  «Du bonnet» que les Fon appellent, « Assédékon » pour dire, « sous la protection du chat ». À entendre par là que l’époux est le chat qui doit protéger sa femme.  De même, les volailles constituent aussi un symbole clé de la cérémonie de dot. Elles sont équitablement réparties entre les deux grandes lignées de la fille, qui s’arrangent pour que l’offrande aux ancêtres se fasse le même jour.

    Le Cola et le sel… pour la paix

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    Dans différentes régions du Bénin, le sel et la noix de cola sont des éléments d’une grande importance pour le mariage traditionnel. Ils sont exigés par la famille de la mariée lors de la dot.

    Pour Félix Iroko, Professeur d’histoire à l’Université d’Abomey-Calavi, le sel dans les sociétés béninoises entre dans la dot pour la « rehausser l’évènement afin qu’il ne soit pas fade. ». Celui-ci explique que « ce qui est recherché, ce n’est évidemment pas la valeur marchande du sel, valeur tout à fait dérisoire, mais sa valeur symbolique est destinée à rendre heureuse l’union. La sauce sans sel est fade », tente de convaincre le professeur.

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    De même, la noix de cola n’est pas un produit négligeable dans le processus de mariage. Dans le milieu Baatônu, elle est comme un code d’expression pour approuver une union. « Sans cola, les parents ne s’ingèrent pas dans les problèmes à venir. Une fois le présent accepté, aucun des deux concernés ne pourra plus se marier avec un autre partenaire parce que les deux sont désormais considérés comme un couple marié. Il n’y a d’ailleurs pas de divorce chez les Baatônù » explique le professeur Léon Banni Bio Bigou, spécialiste de la culture Baatônù et enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi.

    En dépit de la modernité d’aujourd’hui, ce sont des principes qui continuent largement d’être pérennisés dans la culture béninoise.

    Une pratique évolutive

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    Au Bénin, tout mariage célébré sous la coutume religieuse ne peut avoir d’effets légaux, c’est-à-dire ne peut-être protéger ni bénéficier des avantages de la loi, comme le droit de succession.

    « Vous pouvez prendre 40 femmes si vous voulez, mais sachez que si vous mourez, c’est la femme mariée à l’état civil qui va jouir seul du droit de succession, toutes les autres n’auront rien », explique Rosine Vieyra-Soglo, ex-Première dame du Bénin et députée l’Assemblée nationale.

    En clair, dans le pays, si le code n’interdit pas la polygamie, il accorde aussi tout de même d’autres droits très importants aux femmes, en supprimant notamment le mariage forcé et le lévirat, deux pratiques coutumières dont elles ont été longtemps victimes.

    Le code autorise également la femme à « garder son nom de jeune fille auquel elle ajoute le nom de son mari », ce qui n’était pas le cas auparavant. Les choses ont légèrement évolué.

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  • Qui sont-ils les Mangbetu, ces Africains aux crânes allongés ?

    Qui sont-ils les Mangbetu, ces Africains aux crânes allongés ?

    Présents en Afrique centrale les Mangbetu vivent de nos jours en République démocratique du Congo et en Ouganga.

    Les Mangbetu sont originaires de l’ancienne Nubie. Peuple essentiellement nilosoudanais, c’est sous Nabiembali que s’est construit le royaume Mangbetu qui a connu son apogée au XIXe siècle. Mais le règne de Nabiembali puis celui de Mbunza ont été interrompus par des colons. Les Mangbetu ont été colonisés par les Belges. Peu nombreux, ils sont estimés aujourd’hui estimés à moins d’un million. Ils sont aussi reconnaissables pour leurs traits physiques. « Ce sont généralement des hommes forts avec un physique qui peut intimider », explique un sociologue. Les Mangbetu sont toutefois confondus aux Makéré, terme désignant d’autres clans de la région.

    Les Mangbetu vivent dans une société patriarcale. Ils se distinguent en effet par une pratique qui consiste à donner une forme allongée à la tête de leurs enfants après leur naissance. « Les têtes des enfants sont enveloppées dans des cordelettes après naissance », explique un enseignant chercheur congolais. Ce dernier ajoute que les têtes des enfants peuvent rester enveloppées pendant une année. Après consolidation des os, le crâne prend ainsi une forme allongée. « Cela symbolise l’intelligence. En plus cela rend beau », explique Polycarpe, natif de la province orientale au nord-est de la RDC. Mais cette pratique appelée lipombo est délaissée pour cause d’une forte christianisation de la société.

    Richesses culturelles

    Si la religion chrétienne est désormais ancrée dans la société mangbetu, près de 10 % de ce peuple reste encore attaché à la tradition. En pays Mangbetu les populations parlent une langue soudanaise du groupe des langues nilo-sahariennes appelée Meje. Mais compte tenu du brassage avec d’autres peuples, les Mangbetu parlent également le Lombi comme seconde langue. C’est un peuple d’agriculteurs. Également connus pour la qualité de leur figure en bois, les Mangbetu sont de bons sculpteurs. On retrouve parmi ce peuple des forgerons, mais aussi des gens qui s’adonnent à l’élevage.

    Les hommes mangbetu sont plus habitués à tresser de longues barbiches tandis que les femmes tressent leurs cheveux en fonction de leur rang social. À leurs cheveux tressés sont parfois ajoutés des poils d’éléphants ou du crin de girafe. Une belle coiffure qui repose souvent sur un socle en bois dressé derrière la tête et soutenu par des épingles d’os de singe. « Les femmes au rang social élevé ont souvent plusieurs épingles », reconnaît un ethnologue, auteur d’une étude sur les Mangbetu. Avant d’ajouter : « Certaines de leurs pratiques sont de nos jours abandonnées. Mais c’est un peuple qui garde encore des richesses ».

  • Lévirat: les réalités d’une coutume de mariage décriée en Afrique

    Lévirat: les réalités d’une coutume de mariage décriée en Afrique

    Souvent décrié, le lévirat reste pratiqué et débouche dans la plupart des cas sur des mariages forcés ou consentis.

    Bobo-Dioulasso. Mayi, 35 ans. « Il y a deux ans après la décès de mon mari j’ai épousé son petit frère. Nous venons d’avoir des jumeaux ». Comme elle, d’autres femmes subissent le lévirat sur le continent. Et dans plusieurs sociétés de la sous-région ouest-africaine, la pratique continue en fonction des ethnies. Dans certaines familles, le décès d’un mari polygame voit même des fils se marier aux coépouses de leurs mamans biologiques. Si cette situation peut choquer, elle est pourtant lue comme une manière noble de prendre soin des veuves. Au Burkina Faso en ethnie mossi, la veuve fait d’ailleurs partie de « l’héritage du défunt ». « Elle revient à l’homme que la famille aura désigné », indique Patrice Bahala, anthropologue burkinabé.


    Un moyen pour  ne pas perdre la dot versée par le mari à sa belle-famille


    La femme est donc considérée comme un bien, justifie-t-on dans certaines sociétés. Elle est comptée parmi les « biens du défunt » pour être partagée. En République centrafricaine, le lévirat est expliqué comme un moyen « de ne pas perdre la dot versée par le mari à sa belle-famille ». Les dénonciations sans cesse constatées n’ont pas encore éteint les flammes du phénomène qui se voit encouragé par des personnes, à priori capables d’y mettre fin. « Des hommes instruits s’adonnent aussi à cette pratique », regrette un membre de WILDAF/Togo (Women in Law and Development in Africa), un réseau de femmes togolaises.

    Menaces et spoliations

    Dans la plupart des sociétés concernées où la pauvreté reste présente, le lévirat est un moyen de soutenir une famille endeuillée qu’on ne veut pas laisser dans l’indigence. Il est donc demandé à la veuve de se remarier dans la même famille. Elle et ses fils sont censés désormais être pris en charge par son nouveau mari qui est le frère du défunt. « Mes beaux-parents ont estimé que je ne devrais pas rester seule après la mort de mon mari », relate, dépitée, une Togolaise. Trentenaire, elle s’est enfuie de son village pour s’installer à Lomé avec son enfant de 5 ans. Plus de cinq ans après, même si elle s’est remariée, elle dénonce « la honteuse proposition » de son ancienne belle famille.

    Les femmes subissent également des menaces. Quand elles refusent, les familles leur mettent la pression. Cela débouche souvent sur des situations inimaginables. Originaire du sud du Bénin, Adakou, 45 ans, qui s’est désormais installée à Djougou au nord du pays, a vécu il y a huit ans ce qu’elle qualifie « d’épisode douloureux ». Contrainte d’épouser l’un des fils de son mari que ce dernier a eu avec une autre épouse, cette mère de deux garçons a refusé. « Je ne pouvais pas », confie-t-elle. Mais, poursuit-elle, « j’ai été menacé, ma belle-famille m’a même envoûtée. J’étais tombée malade et mes enfants m’ont été retirées. Mes parents ont dû faire des cérémonies pour me sauver. »


    Derrière l’idée de «prendre soin de l’épouse de son frère »


    Pour Kouadio Houoyi sociologue ivoirien, auteur d’une étude sur la question, il existe une autre face négative de la pratique. Selon l’universitaire, le prétendant de la femme endeuillée est souvent intéressé par l’héritage de son frère défunt. Derrière l’idée de « prendre soin de l’épouse de son frère », l’homme en profite pour contrôler l’héritage du défunt. Conséquence, les veuves et les orphelins vivent souvent de conditions de vie difficiles. Au Ghana où la pratique existe, certaines veuves se sont retrouvées laissées à elle-même après avoir épousé les petits frères de leurs maris. « Les terrains et les deux taxis de mon défunt mari ont été vendus. Mes enfants et moi n’avons rien eu », témoigne l’une d’entre elles. Kouadio Houoyi souligne cependant que toutes les femmes ne sont pas contre la pratique. « Il y a des femmes qui acceptent sans pression le lévirat ».

    Dénonciation et sensibilisation

    Pour combattre la pratique, les associations de défense des droits des femmes organisent des campagnes de sensibilisation. Soutenues par des campagnes médiatiques, ces séances de sensibilisation sont intensifiées à l’endroit des populations analphabètes. Au Sénégal, l’Association pour la promotion de la femme sénégalaise (Aprofes) sensibilise régulièrement les veuves sur les voies dont elles disposent pour « se libérer ». « On leur explique qu’on ne peut pas les forcer à se marier et qu’elles peuvent porter leur affaire en justice », explique un membre de l’Aprofes. Il faut dire que dans les pays de la sous-région, les pressions légales existent et les femmes ont le droit de dire non au mariage forcé. Cependant on note une absence de répression du lévirat dans les législations nationales.

    Sur un autre plan, des associations féministes ont été créées. Elles axent leur lutte sur une violence des droits des femmes et évoquent également le risque pour les victimes de contracter des maladies sexuellement transmissibles comme le VIH/SIDA. Mais « le combat contre le lévirat » se mène aussi sur le terrain économique. Des ONG s’impliquent dans la lutte pour l’élargissement de la couverture sociale dans les États. L’absence d’une inclusion financière dans les pays favorise le phénomène, reconnaît une élue de la sous-région. Propos confirmé par la sociologue Isabelle Gillette-Faye. Selon elle, le lévirat persiste dans les pays où on note une absence de système de sécurité sociale « au sens large du terme ». Lorsque la veuve ne peut plus gagner sa vie après le décès de son mari, elle accepte malgré elle de rester dans le foyer, de peur « de mourir de faim elle et ses enfants ».

    Mais dans les villes, la pratique est moins présente, certaines femmes ne cèdent pas non plus à la peur. A Lomé, une commerçante de 47 ans confie : « Une semaine après le décès de mon mari, mon beau-père m’a informé que je devrais aller vivre avec le petit frère de mon mari. J’étais abattue, quand deux jours après l’enterrement, le frère de mon mari exigeait de coucher avec moi. Nous avons déménagé mes enfants et moi pour louer dans un autre quartier. Pour moi c’était inacceptable. Aujourd’hui je suis libre. »