Catégorie : Agroalimentaire

  • Eatout : le guide en ligne des restaurants kenyans

    Eatout : le guide en ligne des restaurants kenyans

    Eatout est une initiative du Kenyan MikulShah. De retour à Nairobi après avoir passé 10 ans en Grande Betagne, il s’est rendu compte que ses amis restés aux pays n’étaient pas en mesure de lui indiquer les meilleurs restaurants et plats et de la ville. Il s’associe ainsi à Ami Doshi et lance en 2009, Eatout.

    Eatout est une plateforme web et mobile qui recense la gastronomie kenyane dans toute sa diversité. Les utilisateurs de la plateforme, ont juste qu’à saisir leur préférence dans la barre de recherche et la plateforme leur propose les restaurants avec des photos et commentaires.

    Les utilisateurs de la plateforme bénéficient également des réductions allant jusqu’à 25% sur des réservations.

    En 2017, la startup a levé 500 000 dollars chez Craft Silicon et l’Africa Media Ventures Fun pour accélérer sa croissance.

    Son modèle est différent des autres plateformes puisque Eatout se rémunère à l’abonnement et non à la transaction ou encore via les publicités. Elle permet de présenter une offre plus complète et diversifiée aux consommateurs et un gain de visibilité aux restaurateurs, selon le dernier classement des « 100 startups africaine où investir ».

  • Adama Koudou : le père du thé à base du kinkéliba

    Adama Koudou : le père du thé à base du kinkéliba

    Au Togo, Adama Koudou fait partie des entrepreneurs les plus plébiscités. Le promoteur de Natu Thé, créé à base des feuilles du kinkéliba est une référence pour des milliers de jeunes togolais. Son entreprise compte aujourd’hui une cinquante d’employés et loin de se contenter de ses résultats, le jeune entrepreneur togolais vise le marché international.

    Les feuilles du kinkéliba sont consommées dans plusieurs familles africaines comme tisane mais jamais personne n’a eu l’idée d’en faire un thé. Adama Koudou entrepreneur dans l’âme vendait déjà au campus des compléments alimentaires pour une société américaine. Il crée ensuite une entreprise qui permettait aux ménages de payer le gaz butane en plusieurs mensuialités.

    L’idée de la transformation du kinkéliba en thé lui est venue après une formation au Bénin. « Lors d’une conférence sur l’entreprenariat à Cotonou, le formateur avait exigé que nous proposions une ligne d’entreprise . Quand je suis revenu, j’étais passé à la foire et là j’ai trouvé un stand du ministère du Développement à la Base et j’ y ai laissé mon nom. On m’a appelé après pour déposer un dossier; ce que j’ai fait sans hésiter. Plus tard le FAIEJ m’appelle pour me dire que j’avais un projet viable. Avant, j’étais dans la commercialisation des produits d’extérieur. Mais j’ai compris, grâce à cette formation, qu’il faille valoriser les plantes médicinales de l’Afrique. C’est ce qui m’ a amené à valoriser le Kinkeliba en le transformant en thé, qui est très apprécié par les Togolais », se rappelle-t-il.

    Adama Koudou a bénéficié de l’appui technique et financier du Fonds d’Appui aux Initiatives Économiques des Jeunes (FAIEJ) pour démarrer son entreprise. Ses produits sont bien accueillis par les populations. En effet les communautés africaines reconnaissaient déjà au Kinkeliba des vertus thérapeutiques.

    « Le Kinkeliba aide le foie à éliminer les toxines. Il purifie le foie, les reins et la vésicule biliaire pour les aider à fonctionner à leur niveau optimal, pour éliminer les toxines. Lorsque vous avez des organes vitaux comme les poumons, le foie, les reins et le cœur qui fonctionne correctement, vous empêchez beaucoup de maladies chroniques », explique Adama sur le site d’Africanews.

    Aujourd’hui son entreprise Bio-Afrique produit 20.000 boîtes de thé de Kinkeliba chaque mois. Adama Koudou a multiplié les points de vente de son produits dans plusieurs quartiers de Lomé et à l’intérieur du pays.
    Adama Koudou est diplômé en Marketing à l’université de Lomé.

  • Qui est Phillipine Mtikitiki : la nouvelle DG de Coca Cola Afrique de l’Est et Centrale ?

    Qui est Phillipine Mtikitiki : la nouvelle DG de Coca Cola Afrique de l’Est et Centrale ?

    La sud-africaine Phillipine Mtikitiki sera à partir du 1er juin 2019, la nouvelle Directrice Générale de Coca-Cola Afrique de l’Est et centrale. Elle remplace à ce poste  Ahmed Rady. La première femme à occuper ces hautes fonctions au sein de Coca Cola en Afrique de l’Est et centrale sera basée au Kenya (Nairobi).

    «Je suis très heureux d’annoncer le nouveau rôle de Phillipine. Grâce à l’expertise et aux résultats de Phillipine, je suis confiant que son leadership mènera l’entreprise vers de nouveaux sommets dans cette région riche en opportunités et en croissance « , a déclaré Bruno Pietracci, président de Coca-Cola pour l’Afrique australe et orientale.

    Phillipine Mtikitiki connait bien la maison Coca Cola en Afrique de l’Est et  centrale. Elle a intégré la compagnie en 1998 comme  « Graduate associate » à l’issue d’un programme  universitaire.  Selon le site africanshapers.com, elle  a travaillé au sein de la business unit et des entreprises d’embouteillage en Afrique du Sud dans des fonctions et des rôles à responsabilité.

    Avant sa nomination comme Directrice générale de Coca-Cola Afrique de l’Est et centrale, Phillipine Mtikitiki était directrice de Coca-Cola’s Southern & East Africa Business Unit (SEABU-Afrique australe et orientale). Sa zone d’intervention couvrait  le Mozambique, la Namibie, le Botswana et la  Zambie.

    Diplômée  en administration des affaires (MBA) de la Henley Business School, Phillipine Mtikitiki est également titulaire d’un bachelor en administration des affaires et d’un autre Bachelor spécialisé en économie de l’université de KwaZulu-Natal (Afrique du Sud).

  • Manka Angwafo : Elle augmente le revenu des agriculteurs camerounais de 200%

    Manka Angwafo : Elle augmente le revenu des agriculteurs camerounais de 200%

    Manka Angwafo (33 ans) est la lauréate de Cartier Women’s initiative Awards 2019 (Afrique subsaharienne), l’évènement qui récompense chaque année 21 femmes de toutes les régions du monde. La Camerounaise est la promotrice de « Grassland Cameroon », une entreprise sociale qui aide les petits producteurs céréaliers du Cameroun à améliorer leurs conditions de vie. Les agriculteurs bénéficiaires des appuis de « Grassland Cameroon » ont vu augmenter leurs revenus de 200%.

    Au Cameroun, les femmes font partie des couches les plus vulnérables. Celles qui se retrouvent dans le secteur agricoles n’arrivent pas à vivre de leur métier faute de financement pour moderniser leur production. Les rares structures qui acceptent d’octroyer des prêts le font à des taux d’intérêt avoisinant les 30%.
    Comme solution, Manka Angwafo à travers sa structure « Grassland Cameroon », finance les petits agriculteurs qui la remboursent en céréales. Mieux, « Grassland Cameroon » rachète 70% des récoltes des agriculteurs, permettant à ces derniers de subvenir aux besoins de leurs familles. « Grassland Cameroon » revend après les céréales à d’autres sociétés.

    Pour être efficace, Manka Angwafo a organisé les petits producteurs en groupements. Ils sont donc solidairement responsables des prêts contractés. Et ça marche. Le taux de remboursement des prêts est estimé à 97%.

    En dehors du financement, Manka Angwafo offre aux groupements agricoles, des formations. Elle leur propose également de matériel agricole à louer pour améliorer leurs productions. Près de 400 agriculteurs bénéficient des services de structure « Grassland Cameroon »
    Sa passion pour le secteur agricole, Manka Angwafo l’a découverte en assistant sa grand-mère dans les travaux champêtres. Elle se rend compte des moyens rudimentaires que cette dernières utilise et les manques à gagner qui en résultent.
    «Nous avons cassé beaucoup de noyaux et avons perdu du bon grain. Je savais que cela pouvait être fait différemment », explique la jeune entrepreneure.


    Diplômée en économie et en relations internationales à l’université de Tufts Manka Angwafo est également titulaire d’un master en« European business » de l’ESCP Europe à Paris . A l’âge de 23 ans, elle a rejoint la banque mondiale comme analyste de recherche au bureau de l’économiste en chef.

    Les Cartier Women’s Initiative Awards sont un concours international de business plan créé en 2006 par Cartier en partenariat avec l’INSEAD Business School et McKinsey & Company pour identifier, soutenir et promouvoir les femmes entrepreneures et leurs projets. Chaque année, ils récompensent 21 femmes entrepreneures, soit trois finalistes par région : Amérique latine, Amérique du Nord, Europe, Afrique sub-saharienne, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Extrême-Orient et Asie du Sud-Est.

  • Tchad : Parfait DJIMNADE réinvente le secteur agricole avec agro-businesstchad.com

    Tchad : Parfait DJIMNADE réinvente le secteur agricole avec agro-businesstchad.com

    Ingénieur en Génie Mécanique Parfait DJIMNADE a travaillé à  la société nationale de ciment Tchad (SONACIM) avant de découvrir sa passion pour l’entrepreneuriat. Il décide alors de se  faire former à distance à  l’Institut Internationale d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2IE) à Ouagadougou/Burkina Faso en Management des Entreprises et des Organisations. Avec son frère, il crée l’Entreprise des Travaux Agricoles « ENTRAG.SARL »  spécialisée dans la production et la commercialisation des produits agricoles.

    La société intervient également dans assistance et conseil agro-écologique,   appui conseil et formation aux associations et groupement agricole et l’élevage des petits ruminants et des volailles.

    Parfait DJIMNADE s’est démarqué de ses concurrents  au Tchad en lançant www.agro-businesstchad.com, une boutique en ligne qui permet aux agriculteurs de commercialiser facilement leurs produits. En 2017, la plateforme a permis à 3000 petits producteurs et agricoles d’écouler leurs produits.

    www.agro-businesstchad.com  a ainsi permis à ces entrepreneurs agricoles d’augmenter leurs chiffres d’affaire de 300 millions de FCFA (500,000 $). ENTRAG.SARL emploie  huit (8) personnes essentiellement des  composée des ingénieurs agronomes et environnementalistes, un consultant économique et financier et un doctorant en génétique de production.

    Parfait DJIMNADE  a ouvert un centre d’incubateur dénommé «  Agro-Business Tchad Incubator » qui se veut un hub d’innovations agricoles au Tchad. « La révolution agricole tchadienne viendra de la jeunesse, et nous sommes là pour cette jeunesse à travers notre incubateur », explique-t-il.

    Parfait DJIMNADE a été respectivement Lauréat du prix Tchad Talents 2015, Lauréat du programme de financement de la Foundation Tony Elumelu (TEF Alumni2017) et Finaliste du prix de l’Innovation Numérique organisé par ONG Internationale Reach for Change et la Téléphonie mobile Tigo Tchad.

  • Wassa Wassa : le plat traditionnel remis au goût du jour par Wini farms

    Wassa Wassa : le plat traditionnel remis au goût du jour par Wini farms

    Le couscous d’igname communément appelé wassa  wassa est un plat très prisé au nord du Togo et du Bénin. A Lomé, une startup dénommée Wini farms s’est lancée dans la production et la commercialisation de ce mets traditionnel.  Les premiers résultats sont impressionnants.

    Préparé dans des conditions hygiéniques irréprochables et emballé par un film laminé avec une feuille d’aluminium à l’intérieur, le wassa wassa de Wini farms est apprécié dans les grandes villes du Togo et à l’extérieur. En effet ils sont de plus en plus nombreux les Togolais de la diaspora à passer la commande du Wassa wassa.

     

    Facile à transporté, le produit  est disponible en paquet de 250 et 500g. Précuit, il se consomme rapidement selon la préférence de chaque client. Préparé sans additif chimique, Wassa wassa peut être consommé par tout le monde. Il est conseillé aux personnes à fort prévalence du diabète à cause de son  index glycémique bas.

    Actuellement disponible  à Lomé chez  Made in Togo situé à cassablanca, et à Winishop à Agoe Cacaveli, le produit est attendu  bientôt dans les boutiques d’alimentation et les supermarchés du pays.

    « Le défi et objectif  majeur pour tout entrepreneur  est l’écoulement de son produit et nous  mettons le nécessaire pour pouvoir satisfaire la demande sans cesse croissante », a déclaré Ephrem Koutoumna, le responsable de Wini farm avant de lancer un appel aux « suggestions pour la satisfaction de la demande ».

    Ephrem Koutoumna convie les Togolais à soutenir le projet en opérant un changement de comportement. « c’est mieux de consommer ce qu’on connait et on sait faire », conclut-il.

    Basé à Lomé quartier Cacaveli, Wini farms commercialise en dehors du wassa wassa, des volailles  et produits carnés élevés dans des conditions naturelles.

     

  • Komi Agbokou : le roi du chocolat, le visage du social business au Togo

    Komi Agbokou : le roi du chocolat, le visage du social business au Togo

    Titulaire d’une maitrise en psychologie de la santé (obtenue à l’Université de Lomé), Komi Agbokou a poursuivi ses études en Allemagne avant de s’installer définitivement au Togo . Sans aucune connaissance préalable du secteur agroalimentaire, ce père de deux petites filles est devenu le roi du chocolat au Togo. Il a crée Choco Togo, la première coopérative qui transforme sur place, le cacao des producteurs togolais en chocolat. En avril 2019, Eric Agbokou est élevé au rang des Chevaliers de l’ordre de mérite Agricole par le premier ministre togolais.

    Au Togo, Komi Agbokou est le visage du social business. Cet entrepreneur formé aux techniques de fabrication du chocolat en Italie, place au cœur de ses démarches, le bonheur de l’homme. Intrigué par les conditions de vie misérables des producteurs du cacao de son pays, il a entrepris d’acheter les produits de leurs récoltes à des prix intéressants. Les fèves achetées  sont ensuite transformées sur place pour obtenir du chocolat 100% naturel « made in Togo ».

    « Les Cacaoculteurs sont plus importants que le Cacao! Qu’ils soient honorés, respectés et encouragés à vivre du fruit de leurs labeurs. Faire de la cacaoculture une profession et une Business! Et jamais une fatalité ! Tel est notre combat! Tel est la mission qu’assigne Choco Togo », a-t-il déclaré au lendemain de sa décoration.

    Dans la région des Plateaux où est produite l’amélanodo, une variété de cacao recherchée, Eric Agbokou ne se contente pas de racheter les fèves des producteurs. Il les encourage à consommer eux aussi le fruit de leur travail. Avec des ustensiles de cuisine ordinaires, Eric apprend régulièrement aux producteurs de cacao les techniques traditionnelles de fabrication du chocolat. Pour lui, le chocolat ne doit pas être un luxe pour les producteurs de cacao.

    En effet dans un documentaire dérangeant produit par sa structure, Komi Agbokou a montré aux yeux du monde l’extrême pauvreté des cacaoculteurs du Togo et leur ignorance quasi-totale du chocolat. Sur une dizaine de producteur de cacao interviewés, personne n’ avait auparavant consommé du chocolat.


    « Depuis que la culture du cacao est introduite au Togo, nos grands parents et nos pères ne se sont jamais posé la question de savoir à quoi ce la sert », déplore-t-il.

    Ajourd’hui, Agbokou peut être fier. La qualité de son chocolat est reconnue sur le plan international. En 2016, il fut invité à présenté son produit à la Francophonie des solutions en France.  Sa structure participe régulière au salon mondial du chocolat et son stand attire à chaque fois des milliers de curieux.  Eric a créé une centaine d’emplois directs et des milliers d’emplois indirects.

  • Musa Darboe : le Gambien qui abandonne un poste d’ingénieur aux USA pour la riziculture

    Musa Darboe : le Gambien qui abandonne un poste d’ingénieur aux USA pour la riziculture

    Fils d’un grand fermier gambien, Musa Darboe a passé son enfance dans les rizières de la région Central River. Contrairement aux enfants de la ville qui se livrent à divers activités ludiques, Musa et ses frères passaient leurs journées dans les champs de riz.

    Le Riz occupait une place importante dans sa famille. C’est la principale source de revenu. La riziculture a permis au père de Musa de payer la scolarité de ses enfants ainsi que des autres membres de la grande famille. Les affaires prospéraient pour lui. Propriétaires des plus grandes fermes de la région, c’est chez lui que les autres fermiers venaient louer le matériel agricole. A chaque saison, la famille de Musa constituait une importante réserve de riz.

    « Économiquement, tout provenait du riz. Nous en consommons et nous en vendons aussi. Nous n’avons jamais eu à acheter du riz », se rappelle Musa.

    En 2000 Musa Darboe arrive aux Etats Unis d’Amérique où il vit le rêve américain. Il a un bon boulot d’ingénieur chez Verizon Wireless avec un salaire annuel 85000 dollars, une femme et des enfants. Entre temps, son père décède et la famille a du mal à pérenniser l’héritage.

    La vie de Musa Darboe a basculé le jour où, un de ses frères restés au village, l’appelle pour lui demander de l’argent pour payer du riz.

    « J’ai été choqué. Nous n’avons jamais eu à acheter du riz, alors pourquoi devons-nous en acheter maintenant?  »

    Se sentant interpellé, il décide  dans un premier temps de revenir en Gambie pendant les vacances pour aider les siens.  A son arrivée, il découvre l’état de désespoir dans lequel est resté sa famille et sa communauté depuis la mort de son père.  Musa Darboe prend sur lui, d’abandonner son travail aux USA pour se consacrer à la riziculture en Gambie.

    « Ils ne me croyaient pas. Ils ont pensé qu’en raison des opportunités que j’avais aux États-Unis, il n’était pas idéal pour moi de revenir en Gambie pour devenir agriculteur. Certains disent que je suis fou », se rappelle-t-il.

    Musa Darboe a d’abord contacté les agriculteurs américains chez qui il a appris les meilleurs techniques pour pratiquer une riziculture efficace et efficiente. Il crée Maruo Farms Ltd et modernise le secteur. Actuellement Musa est dans un processus d’expansion de ses fermes mais il est confronté au désintéressement de la jeunesse aux métiers agricoles.

    « Comment pouvons-nous encourager et inciter la population jeune à rejoindre le secteur agricole vieillissant? L’âge moyen d’un agriculteur en Gambie est d’environ 53 ans. Ce n’est pas bon », déplore-t-il.

     

  • Chef Anto : la promotrice du festival de cuisines africaines We Eat Africa

    Chef Anto : la promotrice du festival de cuisines africaines We Eat Africa

    Fille d’un père médecin et d’une mère nutritionniste,la Gabonaise  Chef Anto n’a pas opté pour la voie toute tracée pour elle.  Alors que son père l’imaginait, médecin, Anto Cocagne a préféré  s’orienter vers l’art culinaire.  Il a fallu l’intervention d’un oncle de sa famille pour que son père la laisse s’inscrire au lycée hôtelier Lesdiguières de Grenoble puis le «  Harvard » de la cuisine française : l’École Supérieure de Cuisine française Grégoire Ferrandi, à Paris.

    Titulaire d’un BTS en Arts culinaires à Lesdiguières, une Licence en Management des unités de restauration à l’IUT Pierre Mendès France de Grenoble et un Bachelor Restaurateur option Traiteur Organisateur de Réceptions à Ferrandi,  Anto Cocagne fut dans un premier temps commis avant de gravir les échelons pour devenir chef de cuisine.

    Pour diversifier ses recettes, elle entreprend un voyage aux USA où elle découvre de nouvelles saveurs « et un service différent de celui enseigné dans les écoles de cuisine françaises. »

    De retour en France Chef Anto a travaillé pour  de grandes maisons et des personnalités de renom comme Alain Hascoët, chef de l’hôtel cinq étoiles Le Carlton, à Cannes, ou encore Eric Pras, Meilleur Ouvrier de France en 2004, désormais trois étoiles au guide Michelin.

    Chef Anto s’installe  à son compte  et devient cheffe à domicile et consultante. « A travers mon métier de cheffe à domicile, je fais découvrir à mes clients, à 95% non Africains, une cuisine qui leur était jusque-là étrangère. Ma plus belle gratification est leur enthousiasme face aux recettes que je leur présente et leur désir de découvrir l’Afrique autrement après cette expérience. Organiser We Eat Africa s’inscrit dans cette continuité logique qui me tient à coeur de populariser les cuisines d’Afrique », explique-t-elle sur africavivre.com.

    Ne trouvant pas de cadre pour exprimer leurs talents en occident, le chef Anto et ses collègues cuisiniers africains ont lancé en 2018 à Paris, la première édition du festival des cuisines africaines « We Eat Africa ».

    « L’Afrique c’est 54 pays, c’est 54 façons de cuisiner. Vous partez d’un produit comme le manioc, suivant les pays chacun le traite de façon différente. Les gens avaient besoin de voir un autre visage de l’Afrique, côté gastronomie », explique-t-elle. Son festival met avant non seulement les chefs africains mais aussi les épices et plats et boisson du continent.

    Cette année, la deuxième édition du festival « We Eat africa » sera spécialement dédiée aux femmes. Elle se tiendra à Dakar du 24 au 28 avril 2019.

  • Ntsiki Biyela : la première sud-africaine noire productrice de vins

    Ntsiki Biyela : la première sud-africaine noire productrice de vins

    En Afrique du sud, elle est une référence pour les noirs et surtout les femmes qui hésitent encore à embrasser le secteur de la viticulture, longtemps chasse gardée des Européens.  Ntsiki Biyela (41 ans) est la propriétaire de la marque de vin Aslina Wines créée en 2017. Diplômée  en viticulture et en œnologie à l’université de Stellenbosch, Ntsiki Biyela maitrise la chaine de production de ses vins ; de la culture des raisins jusqu’à la commercialisation. Et pourtant rien ne la prédestinait à un tel avenir.

    Issue d’une famille modeste (mère ménagère),  elle grandit  à KwaZulu-Natal, une province côtière de l’Afrique du Sud plutôt réputée pour la fabrication de la bière locale. Après l’obtention de son baccalauréat, elle a essayé sans succès de poursuivre ses études en chimie. Bénéficiaire d’une bourse d’étude, elle s’est retrouvée malgré elle à étudier la viticulture, un domaine qui lui était nouveau.

    « C’était une réelle opportunité pour moi d’étudier le vin, mais c’aurait pu être autre chose. J’avais une telle soif d’apprendre que j’aurais tout accepté», se souvient-elle. Dans sa nouvelle université, Ntsiki Biyela goute pour la première fois au vin. «Je n’ai pas trouvé ça très bon. Mais avec le temps, je suis tombée amoureuse de ce breuvage en constante évolution » avoue-t-elle.

    En 2004, Ntsiki Biyela devint la première vigneronne noire d’Afrique du sud et travaille pour Stellekaya  wines. Cinq (5) ans plus tard, elle reçoit la distinction de la « Femme vigneronne de l’année ».

    Après 12 ans d’expérience chez Stellekaya, Ntsiki Biyela quitte ses fonctions de responsable de vigneron et crée en 2017, sa propre marque de vin Aslina Wines. Très vite ses produits sont prisés par les spécialistes du vin. La même année, elle produit 12000 bouteilles exportées aux  USA, en Europe en Asie et au Ghana.

    Faute de moyens, elle ne dispose pas pour le moment de sa propre cave, mais cela ne l’empêche pas d’atteindre ses objectifs. « Je loue plusieurs endroits dans la région pour fabriquer mon vin.J’effectue aussi le mélange des grappes que j’achète à différents viticulteurs de la région. Il faut constamment se déplacer d’un endroit à l’autre. Un jour, j’espère posséder au moins ma propre cave… » a-t-elle indiqué sur  tv5monde.com

    Début avril, Ntsiki Biye était au Japon dans le cadre d’un voyage professionnel au cours duquel elle a croisé d’autres professionnels de son domaine.

    « Les mots ne peuvent pas expliquer, je suis en admiration et plein de gratitude pour l’amour et l’hospitalité que j’ai reçu de la communauté japonaise. De la douane quand j’arrive, aux amis que j’ai rencontrés. Je ne peux même pas compter comme je pourrais manquer pour nommer les personnes que j’ai rencontrées et les endroits que j’ai visités. Le respect des gens est grand au Japon », peut-on lire sur sa page Facebook.

    La Sud-africaine ne se limite pas à l’expansion de son entreprise. Elle partage également son savoir faire avec les jeunes de 18 à 25 ans dans le cadre d’un projet intitulé  « Pinotage Development Youth Academy ».