Catégorie : Gouvernance

  • BudgIT : les Tic au service de la bonne gouvernance au Nigéria

    BudgIT : les Tic au service de la bonne gouvernance au Nigéria

    La startup nigériane Budgit créée en 2011 par  Oluseun Onigbinde se présente comme le baromètre de la bonne gouvernance au Nigéria. L’entreprise a développé une plateforme numérique (web et mobile) qui permet aux citoyens  de suivre régulièrement les dépenses publiques du Nigéria. La plateforme a déjà enregistré plus de 5 millions de visiteurs.

    BudgIT  est une initiative du Nigérian Oluseun Onigbinde. L’ancien employé de banque  s’est lancé dans l’aventure des Technologies de l’information et de la communication en participant en 2011 à un hackaton organisé par un incubateur nigérian. Il développe ainsi la première version de la plateforme  BudgIT et rend accessibles aux populations des informations sur les dépenses publiques du Nigéria.

    L’année suivante la startup BudgIT reçoit le prix de la science et de l’innovation technologique. Elle réussit en 2014 à lever 400 000 usd et lance tracker le nouveau service qui permet de suivre plus de 600 projets financier par le budget de l’Etat fédéral nigérian.

    BudgIT  est souvent sollicité par des organisations de la société civile pour mener  des études spécifiques. C’est le cas du Centre pour la Démocratie et le Développement qui a requis les services de la startup  en 2015 pour suivre et analyser les réalisations des promesses électorales du président de la République Buhari, d’où l’appellation « Buharimeter ».

    La startup fut également sollicitée par le gouvernement nigérian notamment le ministère du budget pour faire la lumière sur la gestion des dépenses des industries minières du pays.  Les services de BudgIT sont sollicités en dehors du Nigéria notamment au Ghana et en Sierra-Léone. L’application permet aux Etats africains de lutter contre le manque de transparence et la corruption dans les administrations publiques.

  • Jeanine Mabunda : première femme élue présidente de l’Assemblée Nationale en RDC

    Jeanine Mabunda : première femme élue présidente de l’Assemblée Nationale en RDC

    Avant d’entamer sa carrière politique, Jeannine Mabunda Lioko a passé la majeure partie de sa vie professionnelle dans le monde de la finance. La première femme élue présidente de l’Assemblée Nationale de la RD Congo avait occupé plusieurs postes de responsabilité dans diverses banques au Congo.
    Diplomée en droit et détentrice d’une licence en sciences commerciales de l’Institut catholique des hautes études commerciales (ICHEC), Jeannine Mabunda Lioko a débuté sa carrière à Citibank Congo comme account officer, chargée des relations avec les grands comptes et analyste crédit en 1988.

    En 1997, elle devint conseillère au cabinet du gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC). En 2002, elle fut nommée administratrice-déléguée générale (ADG) du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) avant de faire son entrée au gouvernement le 05 février 2007. Elle occupe le portefeuille du ministre d’Etat, chargée de la réforme des entreprises publiques. L’ancien président Congolais Joseph Kabila avait décidé de faire de Jeannine Mabunda Lioko sa conseillère spéciale en matière de lutte contre les violences sexuelles en 2012. Ce poste qui sortait totalement des compétences de Lioko était sensible car plusieurs organisations dénonçaient régulièrement des actes de violences sexuelles sur les minieurs en RD Congo.

    La député de la circonscription de Bumba depuis 2011 est la première femme élue président de l’Assemblée Nationale. Elle succède depuis le 24 avril 2019 à Aubin Minaku. Elle n’est cependant pas la toute première femme présidente de l’Assemblée Nationale. Avant elle, Philomène Omatuku avait été nommée à ce poste par intérim

  • Boubou Cisse : Nouveau premier ministre du Mali

    Boubou Cisse : Nouveau premier ministre du Mali

    La présidence du Mali vient de rendre officielle, la nomination du nouveau premier ministre, après le la démission de Soumeylou Boubey Maïga et son gouvernement.

    Le nouveau locataire de la primature est l’ancien ministre de l’économie et des finances Boubou Cisse.
    Cisse a commencé sa carrière en tant qu’économiste pour la Banque mondiale à Washington, DC en 2005 . En 2008, il a été promu économiste principal et directeur de projet de la Division du développement humain . Il a ensuite travaillé au Nigeria et au Niger en tant que représentant résident de la Banque mondiale.

    Cisse a été nommé ministre de l’Industrie et des Mines du Mali en 2013 et ministre des Mines en avril 2011. Il est ministre de l’Economie et des Finances depuis janvier 2016.

    Celui-ci aura pour mission la constitution d’un nouveau gouvernement «d ans l’esprit des conclusions de ses consultations avec les forces politiques de la majorité et de l’opposition », précise le communiqué du gouvernement.

  •  Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

     Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

    C’est un rapport accablant et sans complaisance qu’a rendu public, il y a quelques jours, l’ONG Nigériane Paradigm Initiative sur les droits du numérique en Afrique. Le rapport rendu public lors du Forum Mondiale sur la gouvernance de l’Internet à Paris, dresse un tableau sombre de la dégradation de ces droits en Afrique. Parmi les mauvais élèves de ce rapport, on note entre autres les pays comme : l’Ouganda l’Égypte et le Cameroun.

    Selon Paradigm Initiative, la répression des Droits numériques et les violations à travers le continent ont revêtu une nouvelle dimension juridique et sophistiquée. Les dictateurs et les régimes répressifs avec l’avènement d’internet ont adopté la tactique dite de « l’État de droit » pour faire taire la dissidence, la mobilisation des citoyens et le discours civil en ligne. Cette tactique de « l’État de droit » est une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l’espace pour la liberté d’expression, la vie privée, la liberté de réunion et d’association et d’autres Droits numériques en ligne.

    Le rapport en question explique, dans un premier, que les régimes de Tanzanie, d’Ouganda de Zambie d’Égypte du Maroc du Bénin et du Togo se sont inspirés du registre des dictateurs pour mettre en péril l’avenir des sociétés démocratiques, ouvertes et inclusives à travers le continent. Puis regrette le fait que ces états refusent de donner suite à des appels en faveur de la promulgation de lois protégeant les droits numériques ou retardent tout simplement l’adoption de ces lois et politiques.

    Le rapport Paradigm Initiative indique par ailleurs que seuls 23 pays ont mis en place une législation sur la protection des données sur le continent (15 autres avec un projet de législation), alors que la protection des données est devenue un fondement essentiel de la vie à l’ère numérique et du bon fonctionnement de l’économie numérique. Un nombre insuffisant au regard des réactions des militants des droits de l’homme sur le continent. Lesquels s’inquiètent du fait que plusieurs lois importantes nécessaires à la protection des Droits numériques n’existent pas ou sont à l’état de projet.

    En Afrique, des arrestations de citoyens pour des commentaires anodins faits en ligne, une surveillance illégale des citoyens et même des fermetures d’Internet sont effectuées dans des contextes où la constitution et la législation nationales déclarent de tels actes illégaux. Dans de tels scénarios, il est souvent devenu habituel pour les acteurs étatiques d’extraire littéralement des sections de la législation existante et de les utiliser comme justification légale d’actes illégaux.

    Des coupures d’internet fréquentes.

    Au cours des trois dernières années, les coupures d’Internet ont eu lieu avec une régularité remarquable en Afrique, généralement autour des manifestations de citoyens et d’autres événements politiques. Le rapport de 2016 sur les Droits numériques en Afrique rendu public par Paradigm Initiative a fait état de 11 incidents des fermetures d’Internet sur le continent alors que le rapport de 2017 traitait de 8 incidents. En 2018, des interruptions ou des perturbations de l’Internet ont eu lieu en Éthiopie, au Mali, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, au Cameroun et au Tchad. Dans le monde entier, de nombreuses personnes se souviendront de la fermeture de l’Internet au Cameroun, qui a duré 93 jours.

    Le plus long arrêt d’Internet de l’histoire du continent a montré que le respect des Droits numériques désespérément faible en Afrique était en baisse. En plus de la souffrance humaine, les arrêts d’Internet occasionnés causent également des pertes économiques comme l’ont montré certaines études. Il existe déjà des signes encourageants indiquant que le sujet est abordé dans les principaux forums internationaux. Cependant, il reste encore beaucoup à faire dans le contexte de l’Union africaine pour mettre un terme à la situation entourant les fermetures d’Internet en Afrique.

    Les mauvais élèves

    L’Ouganda a attiré l’attention de la Communauté internationale en raison de sa stricte position juridique et sociale à l’égard de la communauté LGBTQI. L’économie ougandaise a connu une croissance de 4,5 % au cours des deux dernières années. Cependant, la croissance économique a été plus rapide en raison de la forte croissance de l’agriculture et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

    La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie en 2017, cette année a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés, comme le montrent les exemples ci-dessous.

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    Le gouvernement a fermé plusieurs journaux et attaqué plusieurs dirigeants, y compris des groupes minoritaires et des adolescentes enceintes. En avril, deux musiciens tanzaniens ont été arrêtés pour avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux. Le chanteur primé âgé de 28 ans, Nassib Abdul, également connu sous le nom de Diamond Platnumz, a été arrêté le 16 avril pour avoir partagé un clip vidéo avec ses 4,5 millions de followers sur Instagram le montrant en train d’embrasser une fille.

    En outre, Faustina Charles, âgée de 26 ans, connue sous le nom de Nandy, a également été arrêtée le même jour pour avoir publié un clip vidéo d’elle-même et d’un autre musicien via WhatsApp. Les autorités tanzaniennes ont estimé que la vidéo était « indécente ».

    Le Règlement de 2018 sur les communications électroniques et postales (contenu en ligne), entré en vigueur en avril 2018, introduit une série de restrictions radicales à la liberté d’expression, notamment en exigeant : La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie, et 2018 a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés.

    En Afrique blanche, l’Égypte et Maroc se sont illustrés négativement dans ce rapport. Depuis la prise du pouvoir en Égypte par le général Abdel Fattah El-Sisi, le contexte de répression brutale des voix dissidentes s’est accru ; y compris en 2018. L’Égypte dispose par exemple d’un des réseaux de surveillance les plus étendus ciblant les groupes d’opposition, les militants, les organisations de défense des droits humains, les blogueurs et les journalistes. Surtout sur les médias sociaux et autres plateformes de communication, cette réalité a créé un climat de peur au sein de la communauté activiste égyptienne.

    À cet égard, il y a eu un certain nombre d’arrestations et de détentions de voix dissidentes sur des plateformes numériques en Égypte. Le 23 mai 2018, l’éminent blogueur et journaliste égyptien Wael Abbas, l’un des blogueurs les plus populaires du monde arabe, a été arrêté par la police égyptienne, mais pas avant de publier « Je suis en train d’être arrêté » sur sa page Facebook. Wael Abbas a été un blogueur pionnier et influent en Égypte, connu pour ses critiques sur la corruption, les brutalités policières et le recours à la torture en Égypte.

    Dans un autre incident qui témoigne du climat répressif qui règne dans le pays, une touriste libanaise, Mona El-Mazbouh, a été condamnée par un tribunal du Caire le 7 juillet à huit ans d’emprisonnement. Sa peine concernait une vidéo de 10 minutes qu’elle a postée sur Facebook dénonçant le harcèlement sexuel et les conditions de vie en Égypte.

    Toujours en Égypte, depuis le 14 août 2018, les autorités égyptiennes ont ordonné la détention de quatre journalistes dans le cadre d’une affaire où plusieurs journalistes, militants et universitaires étaient accusés d’appartenance à un groupe interdit et de diffusion de fausses informations. Parmi eux, Islam el-Refai, également connu sous le nom de Khorm, un blogueur satirique qui gérait également un compte satirique sur Twitter avec 75 000 abonnés.

    Le 11 mai 2018, Amy Fathy et Mohamed Lotfy, son mari, ont été arrêtés pour avoir publié une vidéo sur Facebook dans laquelle elle parlait de harcèlement sexuel en Égypte et du manque de protection du gouvernement envers les femmes. La police a fait irruption chez elle au Caire et les a conduits au poste de police avec leur enfant de 3 ans. Sa vidéo de 12 minutes a également abordé la dégradation de la situation des droits de l’homme et de la situation socio-économique en Égypte.

    Au Maroc par contre malgré l’existence de l’article 25 de la Constitution marocaine de 2011 garantissant les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes. Plusieurs web journalistes ont été inquiétés. C’est le cas en juin 2018, du web -video-journaliste et éditeur marocain, Mohamed al-Asrihi condamné à 5 ans de prison et à une amende de 2 000 dirhams marocains (environ 210 $), dont le travail porte sur la corruption, les droits de l’homme et la politique, un autre cas plus palpant est celui du journaliste et rédacteur en ligne sur Internet, Hamid al-Mahdaoui, qui couvre la corruption, la politique et les droits de l’homme.

    Il a été arrêté le 20 juillet 2017 par la police marocaine alors qu’il se rendait dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, pour couvrir des manifestations organisées par le Mouvement populaire. Le même mois, il a été condamné par le tribunal pénal à trois mois d’emprisonnement et à une amende de 20 000 dirhams marocains (2 200 dollars) pour « avoir commis des délits par des discours et des cris dans des lieux publics ». À cette liste vient s’ajouter un manifestant du non d’El Mortada Lamrachen ; lui a été arrêté chez lui le 10 juin 2017 après avoir utilisé sa page Face book pour appeler à des manifestations pacifiques lors des troubles qui se sont déroulées dans la région de Hoceima, au Maroc, d’octobre 2016 à juillet 2017. Une situation moins reluisante similaire à la situation qui prévaut en Afrique centrale et de l’ouest.

    Dans cette partie du continent africain les restrictions liées au des Droits numériques ont également été enregistrés dans les pays comme : le Cameroun la République démocratique du Congo, le Nigéria et le bénin.

    Le Cameroun n’a pas encore de loi spécifique sur les médias sociaux et Internet. La loi n ° 2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité est utilisée, le cas échéant, et « régit le cadre de sécurité des réseaux de communication électroniques et des systèmes d’information, définit et sanctionne les infractions liées à l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication au Cameroun ». Bien que cette loi soit appliquée pour contenir la menace croissante de la cybercriminalité, les fausses informations et les discours de haine restent critiqués pour leur manque de précision sur les Droits.

     

    Le pays a enregistré une fermeture d’Internet de 93 jours en 2017 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions en conflit depuis 2016. Le 6 décembre 2017, l’écrivain camerounais Patrice Nganang a été arrêté dans la région du Littoral camerounais avant son voyage au Zimbabwe. L’arrestation a eu lieu après plusieurs publications sur son compte Facebook critiquant le président Paul Biya et son gouvernement.

    Le 20 janvier 2018, une lettre circulaire du ministre de la Justice enjoignait aux magistrats de « s’engager, après identification précise par les services de sécurité, à poursuivre juridiquement toute personne résidant au Cameroun qui utilise les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations ».

    Cette circulaire est considérée par les activistes comme un prétexte pour le contrôle de l’Internet. En 2018, la RD Congo a enregistré plusieurs perturbations et fermetures d’Internet. L’accès aux médias et aux réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype a été interrompu à plusieurs reprises pour entraver la communication entre les manifestants de l’opposition dans plusieurs régions du pays.

    En 2017, la Collaboration sur la Politique internationale relative aux TIC en Afrique Orientale et Australe (CIPESA) estimait que la République Démocratique du Congo perdait 2 millions de dollars par jour à cause de ces perturbations. Le 30 décembre 2017, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Information a demandé par lettre officielle au Directeur général d’Africell Congo de suspendre totalement les fournitures Internet et SMS dans le pays. Cette fermeture de trois jours a eu lieu après le début des manifestations de l’opposition.

    La République du Bénin a quant à elle maintenu un bilan décent en matière de droits de l’homme au cours de la dernière décennie. Malheureusement, la décision du gouvernement d’imposer une taxe sur les services payants dans le pays a gâché ce record. Le gouvernement, par le décret 218-341 du 25 juillet 2018, a imposé une taxe sur l’utilisation des médias sociaux. Le décret prévoit le paiement d’une redevance de 5 FCFA par mégaoctet utilisé par l’utilisateur des services Over the Top (OTT) tel que Facebook, WhatsApp, Twitter, Viber et Telegram. Cela s’est traduit par une augmentation de 400 % du prix d’un mégaoctet dans le pays.

    Outre cette mesure Le Bénin a un bilan moins que remarquable en matière de liberté de la presse et est actuellement classé 84e sur 180 pays dans un classement de Reporters Sans Frontières. La menace de fermer des publications en ligne non enregistrées dans un pays sans procédure connue d’enregistrement devrait être considérée dans le contexte plus large d’un pays qui a montré une tendance à fermer à volonté les médias.

    Au Nigéria les cas de restrictions et de violations des droits numériques. Depuis l’instauration du nouveau gouvernement au Nigéria en 2015, on a le sentiment que la situation des droits de l’homme s’est détériorée. La liberté d’expression, la liberté d’association et les voix dissidentes ont été mises à rude épreuve, une situation qui a désillusionné des millions de Nigérians qui espéraient une vie meilleure. Les actions, les politiques et les déclarations du gouvernement fédéral et de certains gouvernements d’États ont porté atteinte aux droits de l’homme, y compris les Droits numériques.

    3Le 1er janvier, Daniel Elombah, l’éditeur de elombah.com, a été arrêté à l’aube avec son frère Timothy dans sa résidence dans l’État d’Anambra au Nigéria par des agents de la sécurité, sur un article qu’il avait écrit et jugé offensant pour l’inspecteur général de la police du Nigéria, publié sur le site Web privé Opinion Nigéria. Les deux hommes ont été traduits devant la Haute Cour d’Abuja le 1er mars 2018 et ont plaidé « non coupables » à dix chefs d’accusation de diffamation. Bolouere Opukiri, une employée du bureau de l’amnistie présidentielle, a été relevée de ses fonctions pour avoir critiqué le vice-président et la première dame sur Twitter.

    En réponse à des plaintes de partisans du président ayant une présence en ligne, ses supérieurs au travail ont lancé une enquête qui a abouti à son licenciement. Ibrahim Garba Lawal, communément appelé IG Lawal, a été arrêté par des agents de sécurité pour avoir partagé des détails sur des allégations de corruption, le président de la Commission nigériane du Hadj sur Facebook M. Lawal a été traduit en justice mercredi devant une haute cour d’Abuja à Jabi pour trois chefs d’accusation de diffamation de caractère criminel, d’incitation publique et d’exploitation d’une organisation illégale (CATBAN).

    Au cours des trois dernières années, l’espace des Droits numériques a évolué assez rapidement en Afrique. Cependant, une chose est clairement apparue : la lutte pour le contrôle d’Internet n’a fait que s’intensifier et les acteurs étatiques du continent ont mis au point de nouvelles méthodes pour étouffer les Droits numériques.

    Bien que les coupures d’Internet, les arrestations de citoyens et de blogueurs/journalistes, la surveillance illégale, le déploiement de logiciels malveillants et de logiciels espions sophistiqués demeurent des instruments d’atteinte aux droits numériques, les acteurs étatiques du continent adoptent de plus en plus de voies légales pour promulguer des lois portant atteinte à la vie privée, liberté d’expression, liberté d’association et autres Droits numériques.

  • Un « Internet ouvert et digne de confiance », le Nigeria montre le chemin

    Un « Internet ouvert et digne de confiance », le Nigeria montre le chemin

    À l’heure où de nombreux Africains craignent pour leur liberté en ligne, la société civile nigériane se frotte les mains après l’adoption du code numérique qu’elle a introduit au parlement deux ans plus tôt.

    Entre lobbying classique de la société civile, guerre sempiternelle du secteur privé, prises de position des élus et participation citoyenne inédite, voilà presque huit mois que la loi texte du numérique qu’on disait mort-né a été adoptée à l’unanimité par les deux chambres du parlement nigérian. Retour sur les feuilletons ayant abouti à l’adoption de ce code au Nigeria qui compte aujourd’hui plus de 70 millions d’internautes.

    Aux origines du projet de loi

    C’est au quatrième étage de la très luxueuse Nusaiba Towers sur le boulevard Ahmadu Bellow à Abuja que la société civile sous les auspices de Paradigm Iniativate a posé les jalons de ce qui peut être appelé aujourd’hui, l’avenir des libertés numériques.

    L’ONG Paradigm Initiative a introduit la loi au parlement au lendemain du projet de loi « Contre les pétitions frivoles et l’expression sur les réseaux », proposé par le sénateur Bala Ibn Na’Allah.

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    Le projet de loi su Sénateur avait pour but d’empêcher la diffusion de « fausses informations » sur les réseaux sociaux. Ainsi, le texte stipule que « toute personne qui propage intentionnellement de fausses informations qui pourraient porter atteinte à la sécurité du pays » et toute « déclaration abusive qui voudrait mobiliser le public contre le gouvernement via des messages électroniques » tombera sous le coup de la loi. Les peines prévues pourront aller jusqu’à sept ans de prison, et une amende d’environ 23 000 euros.

    Dans ce pays où les réseaux sociaux deviennent souvent le canal de nombreuses revendications sociales et politiques, Gbenga Sesan l’un des Web activistes les plus actifs du Nigeria et son ONG ont jugé bon de trouver des contre-mesures notamment un projet de loi sur les droits numériques pouvant protéger les internautes nigérians et réguler le secteur.

    Genga, explique que l’adoption du Code du numérique résulte également du constat selon lequel l’arsenal juridique qui régit le numérique dans ce pays de 170 millions d’habitants est devenu obsolète et inadapté non seulement face aux exigences du développement, mais également face aux dynamiques des échanges et de l’information de l’heure.

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    La grande victoire de la société civile

    Le projet de loi a été introduit au parlement nigérian en avril 2016 après une consultation multi-acteurs. Sénateurs et députés réunis en petit comité ont étudié scrupuleusement le texte censé adapter le Nigeria aux enjeux d’Internet. Après un examen mené tambour battant durant l’été 2017 et des débats (parfois) très houleux, la société civile a gagné son bras de fer contre les élus extrêmes. La dernière version révisée de loi a finalement été votée par les deux chambres du parlement en 2018.

    Le projet de loi apporte un soutien législatif progressif au discours en ligne dans le pays et soutient également la liberté d’expression et le respect de la vie privée. Le Code du numérique modernise les régimes juridiques dans le secteur des télécommunications, améliore le mode de fonctionnement de l’Autorité de régulation des communications électroniques, et clarifie la régulation des sujets de concurrence.

    La Loi constitue une avancée décisive qui permettra au pays de mettre en œuvre son ambition de devenir le leader du continent en matière de libertés numérique. Elle donne le niveau de sécurité juridique requis aux partenaires publics et privés, pour accélérer le développement d’infrastructures très haut débit sur l’ensemble du territoire et déployer des services en ligne pour les citoyens. Le texte insiste également sur l’ouverture et la protection des données, cet or noir de l’économie numérique. En résumé, la nouvelle loi permettra de:


    • Garantir l’application des droits de l’homme qui s’appliquent hors ligne dans l’espace numérique et en ligne.
    • Fournir des garanties contre les abus et fournir des possibilités de réparation en cas d’infraction.
    • Assurer la confidentialité des données et protéger les données sensibles des citoyens détenus par le gouvernement et les institutions de protection de la vie privée.
    • Doter le pouvoir judiciaire du cadre nécessaire pour protéger les droits de l’homme en ligne.
    • Protéger la liberté numérique des Nigérians aujourd’hui et à l’avenir.
    • Garantir l’inviolabilité des communications, sauf par une ordonnance du tribunal obtenue conformément à la loi.

    Lorsque la loi sera finalement approuvée par le président Muhamadu Buhari, elle constituera une avancée dans l’espace CEDEAO puisqu’elle prend en compte l’essentiel des textes communautaires du secteur, a souligné Adeboye Adegoke, chercheur et chef de projets à Paradigm Initiative.

    Selon lui, l’ONG espère encourager et assister d’autres pays africains à emboiter le pas pour un Internet ouvert et digne de confiance. Car, ajoute-t-il, des violations de données à une grande échelle, des incertitudes sur la façon, dont nos données, sont utilisées, la cybercriminalité, la surveillance et les autres menaces en ligne ont impacté la confiance des utilisateurs, la façon dont ils utilisent Internet, et leurs comportements en ligne.

  • Cyril Ramaphosa: 100 jours après, l’espoir renaît en Afrique du Sud

    Cyril Ramaphosa: 100 jours après, l’espoir renaît en Afrique du Sud

    Il y a déjà 100 jours, Cyril Ramaphosa prenait la place de Jacob Zuma comme président de l’Afrique dans une situation de crise au sein de l’ANC. Plus de 3 mois après, comment Cyril Ramaphosa gère le pays?

    L’accession de Cyril Ramaphosa a été l’un de ces grands revirements sud-africains où tout semblait perdu et où, une percée soudaine et dramatique a renforcé le pays avec un espoir renouvelé. Avec comme héritage, une « fracture » des institutions, la corruption et l’effondrement des entreprises d’État, pour ne citer que ceux-là.

    Sans l’espace budgétaire nécessaire pour stimuler une économie stagnante, la confiance était l’ingrédient le plus puissant que le gouvernement avait à offrir. Le sommet des mesures de confiance a été le remplacement rapide de la direction des entreprises publiques. Les changements ont été radicaux.

    La profondeur des problèmes, cependant, ne devrait pas être sous-estimée: South African Airways, la compagnie aérienne sud-africaine est toujours dans une crise de liquidité et Eskom (la compagnie publique d’électricité) est dans ce qui ressemble à une spirale de la mort.

    Début timide

    La nomination d’un conseiller économique fort et indépendant et de plusieurs envoyés économiques spéciaux ainsi que l’annonce d’un objectif d’investissement ambitieux de 100 milliards de dollars font également partie des mesures de confiance. Deux sommets, l’un sur l’emploi et l’autre sur l’investissement, sont prévus.

    À l’exception de la Charte minière, sur laquelle le président et le ministre des Ressources minérales, Gwede Mantashe, ont évolué avec rapidité, force est de constater que l’Afrique du Sud n’est pas mieux placée qu’elle ne l’était avant l’arrivée au pouvoir de Ramaphosa. Du moins, pas encore.

    S’il est peut-être injuste de lui faire porter un bilan juste après 100 jours, il est néanmoins clair que le problème est qu’il y a de sentiment d’urgence en Afrique du Sud, comme il l’avait lui-même fait sentir avant le départ de son prédécesseur.

    Alors qu’il a décidé de ne pas perturber l’équilibre délicat de l’ANC en licenciant le reste des nominations de l’ancien président Jacob Zuma, sans changements à l’exécutif, il n’y aura pas d’amélioration dans l’administration. Les événements ont démontré que Ramaphosa marche sur une ligne fine dans l’ANC. Il n’a pas encore consolidé son pouvoir et il espère qu’il aura l’occasion de le faire à mesure que les provinces et les régions tiennent des conférences au cours des prochains mois.

    Pour l’instant, le défi interne à lui reste en jeu et il doit prendre soin de s’assurer que sa conduite est strictement dans les limites de la politique de l’ANC. C’est ce qui a fait de la question des terres – qui a dominé la scène politique au cours de ces 100 premiers jours – une question si difficile à aborder. Alors que Ramaphosa, qui a été pied plat au début, semble maintenant avoir un plan de jeu pour la façon de traiter la question des terres, la résolution est loin. Les 100 premiers jours ont été la partie facile, le travail en montée est encore à venir.

  • Nigeria: Our Leaders, une startup pour surveiller les dirigeants politiques

    Nigeria: Our Leaders, une startup pour surveiller les dirigeants politiques

    Au Nigeria, la startup « Our Leaders » a lancé sa plateforme en ligne qui permet aux utilisateurs de suivre les progrès et les performances de leurs dirigeants politiques.

    Our Leaders regroupe les profils détaillés des dirigeants politiques nigérians en vue d’une analyse publique, le public étant capable de voir ces profils, leurs rôles politiques et postes antérieurs, leurs formations et plus encore. Objectif global : créer plus d’interactions entre les dirigeants politiques et le peuple.

    L’idée est née du constat selon lequel les leaders politiques communiquent très peu sur eux, surtout les députés qui deviennent même difficiles à retrouver après leurs élections. L’initiative s’inscrit à cet effet dans le besoin d’une bonne gouvernance.

    « Nous n’avons aucune information sur les personnes responsables du succès de notre pays. Nous savons seulement qu’il y a des gens à la Chambre des représentants, des ministres, des sénateurs et d’autres qui font quelque chose en notre nom. Mais qu’est-ce qu’ils font exactement? En quoi est-ce propice au développement du pays ? Quelle est leur performance? Font-ils des progrès ? », a déclaré Nosa Igbinedion, chef de la direction qui assure qu’Our Leaders veut répondre à toutes ces questions.

    A quelques mois du lancement de la plateforme, Our Leaders a obtenu de très bons retours et suivis sur les réseaux sociaux suite à ses campagnes de sensibilisation.

    Actuellement autofinancé, Our Leaders n’a pas encore adopté un modèle de revenus et se concentre entièrement sous la garantie d’une bonne utilisation en fournissant ce que les utilisateurs veulent.

    Ne couvrant pour le moment rien que le Nigeria, les promoteurs du projet ambitionnent s’installer dans d’autres pays africains à l’avenir. Mais pour le moment, Our Leaders a un exercice d’auto-évaluation : savoir si la vision de « favoriser un meilleur leadership » est réalisable avec cette plateforme ou non…

  • À 30 ans, Bogolo Joy Kenewendo est ministre au Botswana

    À 30 ans, Bogolo Joy Kenewendo est ministre au Botswana

    Au Botswana, la nomination de Bogolo Joy Kenewendo, 30 ans, renouvelle les espoirs auprès des jeunes.

    Mercredi dernier, Mokgweetsi Masisi, le nouveau président du Botswana, a procédé à la prestation de  serment avec son gouvernement de 18 membres, dont la plus jeune, Bogolo Joy Kenewendo.

    Dans son pays, elle n’est pas inconnue. Si la jeune dame se voit confier un portefeuille ministériel aujourd’hui, c’est par mérite. En effet, l’économiste, commentatrice des médias et analyste des politiques, avait déjà rejoint le Parlement en 2016, en tant que députée spécialement élue par l’ancien président Ian Khama alors qu’elle n’avait que 28 ans.

    Dans ce nouveau gouvernement, elle est désormais ministre des Investissements, du Commerce et de l’Industrie. Sa nomination fait par ailleurs d’elle la plus jeune ministre du pays et l’une des rares femmes à avoir un poste politique dans ce pays d’Afrique australe enclavé.

    Cette nomination de cette jeune qui a fait de l’éradication de la pauvreté, de la réduction des inégalités et de l’autonomisation des femmes et des jeunes son leitmotiv apparait comme le fruit des promesses du président Masisi qui s’est engagé dans son discours lors de la cérémonie de prestation de serment à investir dans la jeunesse.

    Cet exploit a suscité beaucoup de réactions de la part de nombreux jeunes Africains sur les médias sociaux qui demandent plus de jeunes au sein des instances de prises de décision dans les pays africains.

    Qui est Bogolo Joy Kenewendo ?

    Kenewendo est née au village de Motopi dans la région de Boteti, au Botswana. Après l’école primaire, elle s’est inscrite au Pitzer College. Elle a ensuite été admise à l’Université du Botswana, où elle a obtenu un baccalauréat ès arts en économie.

    Titulaire d’une maîtrise en économie internationale de l’Université du Sussex au Royaume-Uni et bénéficiaire de la prestigieuse bourse Chevening en 2012, Bogolo Joy Kenewendo est certifiée en gestion de projet.

    En tant que l’un des deux jeunes délégués du Botswana à la 64e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Bogolo a été nommée pour présenter une déclaration de la jeunesse africaine au Secrétaire général des Nations Unies.

    Elle était également une militante pour l’autonomisation des femmes puisqu’elle est cofondatrice du groupe Molaya Kgosi Women Empowerment, suite à sa bourse Mandela Washington en 2011 qui lui a offert l’opportunité de rencontrer l’ancienne première dame américaine Michelle Obama.

    Bogolo Joy Kenewendo a vécu au Ghana après sa maîtrise et a travaillé comme économiste du commerce au ministère du Commerce et de l’Industrie du Ghana après un précédent emploi en tant que consultante économique à Econsult Botswana. Elle a remporté plusieurs prix, dont le prix TOYP (Ten Outstanding Young Persons) décerné par JCI Botswana en 2012.

     

     

     

     

  • Afrique: ces 5 chefs d’États qui ont réduit leurs salaires

    Afrique: ces 5 chefs d’États qui ont réduit leurs salaires

    George Weah, le nouveau président libérien, a récemment annoncé une réduction de 25% son salaire et ses avantages sociaux, et ce, avec effet immédiat.

    Cette réduction intervient à un moment où le nouveau dirigeant du Liberia a constaté une « détérioration rapide de la situation économique » de son pays. « Notre économie est brisée. Notre gouvernement est fauché. Notre monnaie est en chute libre; l’inflation augmente », a regretté Weah. « Le chômage est à un niveau sans précédent et nos réserves de change sont à leur plus bas niveau », a poursuivi l’ancien joueur.

    Cette réduction implique que le président du Libéria gagnera désormais environ 75.000 dollars, alors que son salaire était estimé à environ 100 000 dollars par an avant.

    Mais Weah n’est pas le premier président à le faire. Voici 5 autres qui l’ont fait avant lui :

    John Magufuli- Tanzanie

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    Afin de faire face aux dépenses de l’État, l’année dernière, la Tanzanie a opéré une réforme qui a permis de réduire les salaires des fonctionnaires.  Pour donner l’exemple, le Chef de l’État John Magufuli avait annoncé qu’il avait réduit son salaire mensuel à 4 000 dollars par mois, soit quatre fois moins que son prédécesseur, pour tenter de faire face à la crise.

    « Je ne l’augmenterai pas, parce que mon obligation est de servir les Tanzaniens d’abord. Les citoyens sont fatigués du vol d’argent » avait-il déclaré, en rapport à son salaire.

    Surnommé « le Bulldozer », John Magufuli est l’un des chefs d’État africains les moins payés actuellement.

    Muhammadu Buhari- Nigeria

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    Lorsqu’il venait de prendre le pouvoir en 2015 en remplacement à Goodluck Jonathan, l’actuel chef de l’État nigérian avait réduit son salaire de 50%. Cette réforme a concerné aussi son vice-président, Yemi Osinbajo.

    L’annonce avait a été faite au moment où la première économie d’Afrique faisait face à une situation économique très difficile en raison notamment de la chute des cours mondiaux du pétrole, dont le pays dépend.

    L’ancien chef militaire est connu pour être particulièrement austère, ayant peu de richesse personnelle. Le salaire présidentiel au Nigeria est d’environ 70 000 dollars, indemnités comprises.

    Abdel Fattah al-Sisi – Égypte

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    Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi s’est engagé à abandonner la moitié de son salaire et de ses biens en 2014, lorsque l’économie du pays s’est rétractée après le bouleversement du printemps arabe.

    « Il doit y avoir de vrais sacrifices de la part de chaque homme et femme égyptiens. Je prends le salaire maximum de 42 000 livres égyptiennes (5 200 $ par mois) et personne ne prendra plus que le maximum » avait-il déclaré, avant d’ajouter, « je vais faire deux choses: je ne vais pas prendre la moitié de cette somme et mes biens, même ce que j’ai hérité de mon père, je vais abandonner la moitié pour l’amour de notre pays ».

    Uhuru Kenyatta- Kenya

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    En 2014, lors d’une confrontation publique pour répondre à la masse salariale du secteur public du gouvernement, le président kényan Uhuru Kenyatta a annoncé une réduction de salaire de 20%. Il a réduit les salaires de son ministre de 10% et a exhorté tous les députés à suivre la tendance.

    « Nous devons faire face à ce monstre si nous voulons développer cette nation. Sinon, tôt ou tard, nous deviendrons un pays qui ne percevra que des impôts pour se payer », avait déclaré le président Kenyatta.

    Les politiciens du Kenya sont parmi les mieux payés du continent. Le président a un salaire de base de 14 000 $ par mois (168 000 $ par année).

    Joyce Banda- Malawi

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    L’ex-présidente du Malawi, Joyce Banda, avait également déclaré une réduction de salaire de 30% en 2012. Son salaire à l’époque était d’environ 60 000 $ par année, un chiffre qu’elle disait déjà « très bas ». Elle avait également vendu à 15 millions de dollars le jet présidentiel acquis par son prédécesseur Bingu wa Mutharika, décédé en fonction le 5 avril 2012, afin de lutter contre la malnutrition et relancer une économie à terre.

    Son successeur, Peter Mutharika, n’ayant pas souhaité continuer dans la même logique, est revenu à un salaire normal l’année dernière.

  • Zimbabwe: bilan des 100 jours de l’après-Mugabe [Grand Angle]

    Zimbabwe: bilan des 100 jours de l’après-Mugabe [Grand Angle]

    Porté par un peuple lassé d’un patriarche  nonagénaire qui a du mal à rester éveiller pendant une conférence de plus de 2 heures, et soutenu par Amai Auxilia Mnangagwa, une Première Dame bien informée et énergique, c’est avec un air serein que l’actuel chef d’État zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, s’est livré volontairement à un exercice assez rare sur le continent africain, et pourtant démocratique : le bilan de ses 100 premiers jours.

    Rêver néanmoins d’une émergence du Zimbabwe en 100 jours est utopique, mais s’attendre à des signaux progressistes et des amorces de changements n’est pas de trop. Sur ce coup, Emmerson Mnangagwa semble séduire et se dit confiant, même si sa population ne se montre pas encore rassurée de la nouvelle gouvernance. Il a d’ailleurs, dans un mini vidéo publié sur sa page Facebook, plaidé pour un « réalisme » dans son bilan.

    En effet, beaucoup s’attendaient à le pourfendre à l’aune des fébrilités de gouvernance de son prédécesseur et mentor Roger Mugabé. Mais aussi impressionnant (mais prévisible) que cela puisse paraitre, l’homme s’en sort avec un résultat au demeurant passable, avec une perspective positive pour cet État.

    Dans son auto-évaluation, le président affirme que les 100 premiers jours avaient été une « période d’action » dans la réalisation des objectifs fixés.

    Emmerson et l’après-Mugabe

    À la chute de Mugabe, qui coïncidé avec une fin d’année, le Zimbabwe a adopté un budget audacieux qui a permis, selon certains observateurs, de réduire la loi sur l’indigénisation pour ouvrir l’économie à l’investissement.

    Si à moins de 3 mois de l’adoption de ce budget, il est risqué de le juger, l’actuel gouvernement reste optimiste. Le chef de l’État voit déjà lui, des signes positifs pour redresser une économie si s’effondrait lentement cette dernière décennie sous le regard impavide de Mugabe.

    Mais ce n’est pas la seule entreprise sur laquelle compte le gouvernement zimbabwéen pour redresser son économie. En décembre dernier, Mnangagwa avait accordé une amnistie de trois mois à tous ceux qui sont accusés de corruption pour renvoyer les fonds détournés. Selon les chiffres communiqués par le nouveau président, au moins 250 millions de dollars sur 1,3 milliard de fonds externalisés ont été rapatriés depuis le début de cette mesure.

    Contrairement à Mugabe, Mnangagwa ne s’est pas donné de garde-fou dans sa diplomatie. Le président zimbabwéen s’est engagé avec toute puissante capable d’aider son pays à travers le monde, ce qui constitue un énorme changement par rapport à la politique d’exclusion de Mugabe, qui consiste à faire dos aux puissances européennes et de dépendre de la Chine sans moindre réciprocité du géant économique asiatique.

    Jusqu’ici, le pays a obtenu des engagements d’investissement de 3 milliards de dollars de la part de certaines des plus grandes entreprises du monde.

    Sur le plan sanitaire, le gouvernement zimbabwéen a ordonné à tous les établissements de santé publique d’éliminer les frais de traitement pour les groupes vulnérables, y compris les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes âgées de plus de 65 ans.

    Branle-bas

    Mnangagwa, cependant, a reconnu les frustrations de nombreux Zimbabwéens à la lenteur des progrès au cours de la période. Ces frustrations proviennent principalement de l’incapacité du gouvernement à faire face au manque de liquidités au cours des 100 premiers jours, réduisant ainsi les espoirs que les citoyens du pays avaient dans la nouvelle administration quand elle a été instaurée.

    Et ce, même si le gouvernement avait également facilité une plus grande utilisation de l’argent mobile pour lutter contre la crise de la trésorerie et réduire les droits d’accise sur l’essence. Une initiative qui a entraîné la réduction des prix du carburant.

    Sans négliger le ton revanchard, le leader du MDC-T et le principal adversaire probable de Mnangagwa à l’élection présidentielle, Nelson Chamisa, a déclaré que les 100 jours du président ont été marqués par une sous-performance et un échec à répondre aux attentes de la population.

    Selon celui-ci, la nouvelle administration n’a pas réussi à articuler les repères des 100 premiers jours. « Il y a eu une énorme déception dans la conduite de l’administration parce que dans le domaine économique, en particulier sur les files d’attente de trésoreries, les problèmes sont toujours là, les pénuries de liquidités sont encore abondantes. Les réformes économiques qui ont été indiquées ne se sont pas déroulées dans leur intégralité, en particulier dans le contexte d’ouverture du Zimbabwe » ajoute celui-ci.

    Mnangagwa est également tancé d’avoir négligé de traiter des questions à portée de main telle que l’alignement des lois et le passage du radiodiffuseur d’État du porte-parole du Zanu PF à celui qui représente les opinions d’autres acteurs tels que les partis d’opposition et la société civile.

    Le combat de Mnangagwa contre la corruption a été largement considéré comme partisan, car il ne vise que ceux qui faisaient partie de la faction qui avait fusionné autour de l’ancienne première dame, Grace Mugabe, connue sous le nom de G40.

    En attendant l’élection présidentielle de septembre prochain comme promis, Mnangagwa a encore une mission : séduire une population désillusionnée de toute notion de condescendance et de lèse-majesté.