Étiquette : Yaya Jammeh

  • Liberté humaine : l’Ile Maurice et le Cap-Vert champions en Afrique

    Liberté humaine : l’Ile Maurice et le Cap-Vert champions en Afrique

    La publication du dernier indice de liberté humaine révèle que l’Afrique du Nord est la région la moins libre du continent. La Libye, l’Égypte et l’Algérie ont des scores de liberté inférieurs à ceux de n’importe quel pays subsaharien. Les pays africains qui promeuvent le mieux la liberté humaine sont l’Ile Maurice, les Seychelles et le Cap-Vert. Précisons que l’indice de liberté humaine est basé sur des critères qui mesurent la liberté économique et personnelle dans 159 pays du monde.

    Ce nouveau classement ne prend pas en compte l’Érythrée, la Somalie et les deux Soudan, pays dans lesquels les conditions de vie restent difficiles avec des libertés toujours menacées. Selon l’indice, la Libye est l’un des pays les moins libres du monde. Le pays est classé 158e. Depuis 2011 la Libye vit des affrontements entre mouvements armés. L’absence de l’État a renforcé la violation des libertés humaines comme c’était le cas au temps de Mouammar Kadhafi. La Libye est d’ailleurs devenue un marché d’esclaves.

    Dans ce nouveau classement, la République démocratique du Congo est le pays le moins libre de l’Afrique subsaharienne. La RDC traverse une période crise politique marquée par des violations des droits humains. Outre la répression sanglante des marches pacifiques, des acteurs de la société civile sont souvent arrêtés et mis en prison. Le pays voit également certaines de ses régions en proie à des exactions et des viols. La RDC se situe presque dans le même cas que la République centrafricaine et le Burundi, deux autres pays où règne encore un climat d’insécurité et de peur. La RCA et le Burundi sont respectivement classés 150e et 152e. Le Cameroun a perdu 11 places et s’est classé 145e au classement général.

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    Progression

    D’autres pays ont pourtant progressé depuis le dernier classement. Le Botswana a par exemple gagné beaucoup de places et est en voie d’être considéré comme un exemple de promotion des libertés humaines. Pour Tanja Porčnik, spécialiste des questions de liberté humaine, l’espoir de liberté vient de la Gambie, où après plus de deux décennies de règne oppressif du président Yaya Jammeh, responsable des emprisonnements, des tortures et des disparitions des membres de l’opposition, des journalistes et des militants de la société civile, la victoire des élections présidentielles d’Adama Barrow va dans le bon sens. Le gouvernement gambien garantit de plus en plus de libertés à son peuple, y compris en libérant des prisonniers politiques, selon Tanja Porčnik.

    Le Zimbabwe qui a connu pendant plusieurs décennies la fermeture des médias, l’oppression politique et l’absence d’une véritable démocratie figure aussi dans les pays où des efforts doivent être faits pour promouvoir les libertés humaines. Beaucoup estiment que la venue au pouvoir du président Mnangagwa ancien proche de Robert Mugabé peut sonner le déclic.

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  • Liberté de presse en Afrique: une réalité à géométrie variable

    Liberté de presse en Afrique: une réalité à géométrie variable

    Est-on libre quand on est journaliste en Afrique ? Difficile de répondre de façon tranchée à l’heure où la liberté de presse est menacée sur le continent. Acquise de haute lutte dans certains pays, elle constitue un moyen de vitalisation des démocraties. Si plusieurs observateurs s’accordent à reconnaître une « évolution remarquable » pour les pays anglophones, ce n’est pas encore le cas pour certains États francophones.

    Des journalistes sont encore interpellés sur des prises de position. Des organisations de professionnels de presse des pays ouest-africains à l’instar du Bénin, de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal dénoncent parfois les pressions que subissent les journalistes.


    Nous n’avons jamais été inquiétés pour notre ligne éditoriale et les traitements que nous faisons des sujets


    Parmi les pays anglophones, la Namibie reste un exemple. Le pays a réalisé des progrès en quelques années. Pour expliquer cette avancée du pays, Naita Hishoono, directrice de l’Institut namibien de la démocratie, évoque la solidité du cadre constitutionnel.

    Le dernier classement de Reporter sans frontières le prouve. Classée premier pays africain en matière de liberté de la presse, la Namibie peut se targuer d’offrir à ses journalistes une bonne protection. « Nous n’avons jamais été inquiétés pour notre ligne éditoriale et les traitements que nous faisons des sujets », confirme un rédacteur en chef d’un quotidien.

    Agressions et lois liberticides

    Dans des pays comme l’Ouganda, les journalistes continuent de travailler dans « des conditions difficiles », selon l’Association des journalistes ougandais. Pareil en République démocratique du Congo et au Burundi où des journalistes sont parfois portés disparus et des radios privées fermées.

    En Guinée, des journalistes ont même été tabassés fin octobre par des forces de l’ordre dans un poste de police. Les syndicats ont condamné un acte malheureux qui montre la « fragilité de la liberté de presse au Guinée ». Au Niger, le climat est favorable pour les journalistes. Sauf que parfois, les règles sont contournées pour nuire, explique un présentateur de journal télévisé.


    Nous ne pouvons plus vivre un autre Norbert Zongo


    Contrairement à la Tunisie où des lois liberticides et des agressions sur les journalistes sont dénoncées par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), le délit de presse a même été dépénalisé dans certains pays. Le Burkina Faso qui s’est basé sur cet acquis majeur a fait de la liberté de la presse une réalité.

    « Nous ne pouvons plus vivre un autre Norbert Zongo », glisse un patron de presse en faisant allusion à l’assassinat du journaliste d’investigation. Au pluralisme s’est ajoutée une liberté de ton pour les journalistes qui profitent aussi, confie un éditorialiste, de la révolution d’octobre 2014 qui a mis fin à presque trente ans de gouvernance de Blaise Compaoré.

    Soulagement en Gambie

    Le constat est tout autre au Togo où la dépénalisation du délit de presse est pourtant une réalité. Même si les journalistes ne peuvent plus être emprisonnés, ils subissent régulièrement des pressions et même des menaces. Depuis 2005, plusieurs médias ont d’ailleurs été fermés dans le pays pour « des traitements tendancieux de l’information ».

    Alors que le pays traverse une crise politique depuis fin août, des journalistes ont été agressés dans l’exercice de leur travail. Une situation que dénonce la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) qui appelle « à la protection des journalistes ».


    C’est difficile de traiter ces sujets. Vous n’avez pas accès aux données. Mais on peut même vous demander d’arrêter votre enquête ou de modifier votre angle


    En début d’année, Reporters sans frontières a classé le pays 80e  sur 180 pays au plan mondial. En Gambie par contre, la chute de Yaya Jammeh a mis fin à de longues années de terreur pour les journalistes. Au moins sur la forme, l’étau s’est desserré, reconnaît l’un d’entre eux. Des acteurs travaillent cependant à l’adoption de nouvelles lois qui doivent encadrer la liberté de la presse dans le pays.

    La liberté de la presse fait face à de nouveaux défis. Outre la résistance qu’opposent les journalistes aux pressions, ils doivent désormais composer dans un univers médiatique avec des sujets portant sur le terrorisme. Dans les pays d’Afrique subsaharienne, les gouvernements sont de ce fait tentés d’influencer les traitements que réservent les rédactions aux questions de terrorisme.

    « C’est difficile de traiter ces sujets. Vous n’avez pas accès aux données. Mais on peut même vous demander d’arrêter votre enquête ou de modifier votre angle », affirme un journaliste malien. Au ministère burkinabé de la Communication, l’on estime que les sujets de terrorisme doivent être traités avec tact. « C’est presque normal de rappeler un journaliste à l’ordre. Il y va de la sécurité du pays », ajoute un membre du cabinet.