Catégorie : Éthiopie

  • Ethiopian Airlines: 100 destinations, 95 avions, 70ans sans turbulence!

    Ethiopian Airlines: 100 destinations, 95 avions, 70ans sans turbulence!

    Fondé il y a 70 ans, Ethiopian Airlines s’est taillé une place enviable dans le ciel africain. Explosion de ses bénéfices, doublement de sa flotte et investissements chez ses concurrents : en cette année 2017, la compagnie éthiopienne n’a toujours de concurrentes qu’elle-même.

    Le 787-9 est désormais en Afrique. Boeing a annoncé, le 27 octobre, la première livraison de son appareil long-courrier à une compagnie africaine, en l’occurrence Ethiopian Airlines. L’opérateur national éthiopien continue ainsi son histoire avec le Dreamliner. Dès 2012, il avait déjà été le premier à exploiter le 787-8 sur le continent. Depuis, 18 autres exemplaires sont entrés en service.

    Ethiopian Airlines n’a pas encore détaillé la configuration du nouvel appareil, ni sur quelles routes il sera déployé ; le 787-9 devrait se poser à partir de début décembre une fois par semaine à Toronto-Pearson selon Airlineroute, la ligne passant de trois à cinq vols par semaine (toujours avec escale à Dublin à l’aller).

    Ces Dreamliner « offrent un confort à bord supérieur et inégalé grâce à leurs caractéristiques uniques, telles que les plus grandes fenêtres du ciel, un plafond élevé, moins de bruit, un éclairage distinctif, une humidité de l’air élevée et 20% de consommation en carburant en moins », souligne Ethiopian Airlines dans un communiqué.

    Les investissements de la compagnie dans les avions de dernière génération tels que le 787 et l’Airbus A350, qui font de cette compagnie l’une des rares au monde à exploiter simultanément ces deux avions, font partie intégrante de la stratégie Vision 2025 d’Ethiopian Airline.

    Selon Tewolde Gebremariam, le PDG de la compagnie, Ethiopian Airlines continuera d’investir dans des avions de dernière technologie « afin de proposer aux clients la meilleure expérience de voyage possible ».

    Leader dans les airs

    La situation géographique, climatique et géologique de l’Ethiopie l’a longtemps tenue à l’écart des grands courants de communications. Conscient de cet état de choses, dès son retour à Addis-Abéba en 1942, l’empereur Haïlé Sélassié se mit à étudier tous les moyens qui pourraient briser cet isolement, et il décida de créer un réseau aérien, condition indispensable pour élever son pays au rang de grande nation moderne.

    Depuis son premier vol commercial, le 8 avril 1946, entre Addis-Abeba et Le Caire, Ethiopian Airlines collectionne des succès. Cette compagnie a mis moins de dix ans à distancer la concurrence en reliant le continent au reste du monde.

    Accessoirement, Addis Abeba bénéficie aussi de quelques avantages géographiques et diplomatiques : la capitale éthiopienne accueille le siège de l’Union africaine et une concentration de représentations onusiennes non négligeable. La capitale éthiopienne est un lieu de passage régulier pour les diplomates. La ville est surtout bien située au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, ce qui lui permet de peu à peu damer le pion à son voisin kényan et sa compagnie Kenya Airways.

    En effet, cette compagnie possède l’une des écoles de pilotages les plus performantes en Afrique. Inauguré en 1964, le centre de formation d’Ethiopian compte actuellement environ 1 500 étudiants, de 49 nationalités différentes. Cette école de pilotage est la seule sur le continent disposant du simulateur de vol pour Boeing 787 Dreamliner.

    « Ethiopian Airlines a été la compagnie la plus protégée du continent par son gouvernement », assure un expert aérien. Dans un ciel longtemps fermé à la concurrence et grâce à la manne que représentent les expatriés de l’Union africaine, l’opérateur a bénéficié des meilleures conditions pour décoller, avant d’ouvrir un peu son marché pour mieux s’installer sur celui des autres.

    Parmi les facteurs de son succès, une bonne gestion de son image. Ethiopian Airlines a recruté, en fin 2015, une trentaine de jeunes Chinois pour étoffer l’équipage de ses 28 vols hebdomadaires vers la Chine, sur lesquels « 80 % des passagers ne parlent que le mandarin ». L’opérateur a aussi réussi un joli coup médiatique en faisant voler en novembre, entre Addis-Abeba et Bangkok, un avion dans lequel l’équipage était exclusivement féminin.

    Sans turbulence

    Sur un continent où la majorité des compagnies aériennes peine à atteindre l’équilibre financier, Ethiopian Airlines fait figure d’exception. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), le groupe a ainsi réalisé, lors de son dernier exercice, un profit bien plus élevé que ceux de toutes ses concurrentes africaines réunies.  Mieux, la compagnie a déjà atteint la majorité des objectifs de son plan 2010-2025.

    « Alors que la croissance dans cette industrie est très faible, moins de 5 % en moyenne, Ethiopian Airlines progresse de 20 % à 25 % par an, que ce soit en revenus ou en nombre d’avions », se félicite Tewolde Gebremariam, son PDG.

    D’après les dernières données communiquées par ce dernier, le chiffre d’affaires de la compagnie a connu en 2016 une hausse de 10,3% pour s’établir à 2,43 milliards de dollars américains. Le trafic passager a lui grimpé de 18%, atteignant 7,6 millions de personnes sur l’année. En janvier dernier, la compagnie a par ailleurs été classée au 11e rang mondial en matière de ponctualité des vols, d’après FlightStats, ce qui en fait la première compagnie aérienne basée en Afrique et au Moyen-Orient. La compagnie a enregistré +70% de bénéfices nets sur l’exercice 2015-2016… Une progression qui fait aujourd’hui rêver beaucoup de compagnies aériennes.

    Le plan de développement de l’entreprise « Vision 2025 » prévoit de porter la flotte nationale de 77 appareils à 150, et de passer le nombre d’étudiants pilotes, techniciens et hôtesses de l’air qui fréquentent son académie à 4 000 ainsi que d’atteindre en une décennie un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards de dollars.

    Soutenu à hauteur de 159 millions de dollars par la Banque africaine de développement, le plan d’Ethiopian lui permet de multiplier les investissements et les prises de participations dans des compagnies aériennes.  Elle détient par exemple 49% d’Air Malawi et 40% de Asky.

    Ethiopian Airlines dessert actuellement plus de 100 destinations internationales sur les cinq continents, avec une flotte de 95 avions. Unique en Afrique.

  • L’Éthiopie inaugure deux nouveaux parcs industriels

    L’Éthiopie inaugure deux nouveaux parcs industriels

    L’Éthiopie qui envisage se positionner comme un poids lourd industriel en Afrique de l’Est inaugure cette fin d’octobre deux nouveaux parcs industriels. Des infrastructures qui permettront au pays d’augmenter ses recettes économiques et de créer des emplois.

    Les deux nouveaux parcs industriels vont commencer par fonctionner en novembre. Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont être spécialisés dans l’habillement, le textile et l’agroalimentaire. Les travaux de construction de ces infrastructures ont duré plusieurs mois. Leur coût est estimé à 315 millions de dollars US.

    Les travaux de construction ont été effectués par China Civil Engineering Construction Company (CCECC). Selon Dr. Belachew Mekuria, commissaire adjoint en charge des parcs industriels, toutes les dispositions ont été prises pour doter les parcs « de tout ce qu’il faut ».


    Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont faciliter les échanges extérieurs du pays


    La construction stratégique des deux ports qui se situent non loin du port de Djibouti constitue un avantage pour l’Etat éthiopien. En effet les deux infrastructures vont désormais jouer un rôle essentiel dans le commerce extérieur du pays. « Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont faciliter les échanges extérieurs du pays », indique un économiste, spécialiste de la région.

    Améliorer les exportations et créer de l’emploi

    Les deux nouvelles infrastructures devraient aussi permettre à l’Éthiopie de créer de nombreux emplois. A Adama, l’Etat mise sur la création de plus de 15 000 emplois indirects et plus de 15 000 autres indirects, soit 30 000 emplois. Le parc de Dire qui participe aussi à l’amélioration de l’accès à l’emploi va permettre « au gouvernement de créer 10 000 emplois », selon Dr. Belachew Mekuria

    L’Éthiopie qui s’est lancée dans une industrialisation de ses villes dispose désormais de cinq parcs industriels. Ces derniers s’inscrivent dans le cadre d’un projet qui vise à faire du pays « centre de fabrication en Afrique ». Outre les parcs de Hawassa, Mekele, le gouvernement éthiopien avait inauguré récemment le parc industriel de Kombolcha après neuf mois de travaux estimés à 90 millions de dollars.

    « Les usines engagées dans des activités orientées vers l’exportation dans la ville de Kombolcha auront un cadre idéal pour exporter leurs produits via le port de Djibouti à 480 km », avait déclaré Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien.

  • Le méga-complexe gazier Djibouto-Éthiopien a du financement

    Le méga-complexe gazier Djibouto-Éthiopien a du financement

    En Djibouti, l’Etat vient de signer un protocole d’entente commercial portant sur le méga projet gazier djibouto-éthiopien de Damerjog avec le groupe chinois Poly-GCL.

    Les autorités djiboutiennes ont signé cette semaine avec le géant chinois Poly-GCL, un protocole d’entente commercial permettant aux deux partenaires de tirer profit de grand projet.

    Selon Yonis Ali Guedi, ministre djiboutien de l’Énergie, chargé des ressources naturelles et qui a paraphé les documents avec le vice-président de Poly-GCL, Li Wei, un grand pas vient d’être franchi dans le cadre du projet gazier. Ce financement est un grand pas vers la réalisation de ce projet. D’après les sources gouvernementales, les autorités djiboutiennes et le groupe chinois devront se retrouver dans six mois pour finaliser les contrats juridiques.

    En effet, le protocole fixe les termes clés du partenariat entre la République de Djibouti et Poly-GCL et servira de base pour la rédaction des contrats des concessions afférentes.

    « Le nouveau pipeline et ses installations associées font partie du plan du gouvernement visant à développer l’infrastructure à travers tout le pays et conduira à créer des liens économiques plus étroits avec l’Éthiopie », avait déclaré en mars 2016 Ali Mahmoud Yacoub, quand il était ministre de l’Énergie, lors de la cérémonie de pose de la première pierre du projet. Et d’ajouter que « ce projet renforce la position de Djibouti en tant que centre économique commercial et régional et augmentera la capacité de ses ports. Il est également une excellente occasion de renforcer la politique d’intégration régionale. En effet, à la fois Djibouti et l’Éthiopie cherchent à étendre cette politique au secteur de l’énergie ».

    D’un coût prévisionnel de 4 milliards de dollars, devra être prêt trois ans après le démarrage des travaux.

    En quoi consiste le projet?

    Le projet prévoit un pipeline de gaz naturel, une usine de liquéfaction et un terminal d’exportation qui seront localisés à Damerjog dans la région d’Arta, 30 km au sud-est de la capitale Djibouti.

    Le futur gazoduc, long d’environ 700 km, transportera jusqu’à 12 milliards de mètres cubes de gaz naturel chaque année depuis l’Éthiopie vers Djibouti. Quant à l’usine de liquéfaction, elle aura la capacité de produire jusqu’à 10 millions de tonnes par an de gaz naturel liquéfié (GNL) après la finalisation des phases d’extension du projet.

    A en croire le ministère djiboutien de l’Énergie, si le chantier aboutit, il permettra non seulement au voisin éthiopien d’exporter du gaz vers la Chine et bien d’autres pays, mais aussi de soutenir le développement socio-économique dans le pays.

    Pour rappel, le Djibouti a une position géographique impressionnante. Le pays est au carrefour de l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, reliant l’Europe, l’Extrême-Orient, la Corne de l’Afrique et le Golfe.

     

     

  • Gabeya, à l’école de programmation en Afrique

    Gabeya, à l’école de programmation en Afrique

    Depuis son installation à Addis-Abeba, les services de Gebeya, la startup que Amadou Daffe a créée en 2016 pour aider les entreprises à digitaliser leurs services, sont tombés sur un terrain fertile. La startup procure de l’emploi à des centaines de jeunes codeurs.

    L’aventure démarre déjà dans les années 2000. Après ses études en génie informatique desquelles il sort nanti d’un bachelor en Computer Science et un Masters en Management Information Systems, Amadou Daffe a commencé à travailler pour des entreprises technologiques américaines basées en Pennsylvanie. « J’ai alors été choqué de voir qu’un nombre infime d’Africains travaillaient avec ces entreprises, contrairement aux Asiatiques et en particulier les Indiens, » raconte-t-il. L’idée de former les talents informatiques du continent africain pour les mettre en relation avec les entreprises américaines nait. L’objectif était de construire un réseau de développeurs. Amadou Daffe venait de lancer son premier projet, le Coders4Africa.

    Après 4 ans passés à parcourir le Sénégal, le Mali, le Kenya, l’Éthiopie et même la Tunisie, le jeune entrepreneur a mis en place un modèle de sous-traitance dans lequel il reçoit des contrats des USA pour les exécuter en Afrique. Néanmoins, le modèle n’était pas assez performant. Il manquait parfois suffisamment de développeurs pour certaines commandes. D’où le besoin de former plus de personnes. L’aventure Coders4Africa doit alors très rapidement changer de modèle.

    « Nous avons transformé ce réseau en une opportunité professionnelle. »

    Gebeya est aujourd’hui un écosystème autosuffisant qui repose sur trois piliers : le programme de formation payant, la plateforme de sous-traitance et l’incubateur.

    La startup est actuellement installée en Éthiopie et au Kenya. Un choix qui s’explique par le très vaste marché de potentialités des deux pays qui font à eux deux, près de 150 millions d’habitants, avec environ 60 % de la population jeune et des économies galopantes. « Depuis que je vis en Éthiopie, on a eu plus de succès en 8 mois qu’en 4 ans ! », a confié le CEO de Gabeya. Un succès qui s’explique par le fait que cette startup est très attachée au marché africain.

    Au sein de cette startup, la question de parité est également de mise. 30 % des professionnels sont des femmes, et l’entreprise prévoie d’atteindre 50 % de femmes dans le programme l’année prochaine. « Ce que les gens ne comprennent pas, sans être sexiste, c’est que les femmes ont de meilleures aptitudes pour la programmation », aime dire Amadou Daffe qui ne perd pas d’une seconde son plus grand défi : « devenir leader sur le marché du digital en Afrique. »

  • CHAN 2018: qui pour une meilleure organisation?

    CHAN 2018: qui pour une meilleure organisation?

    Suite au retrait de l’organisation du Championnat d’Afrique des nations de football (CHAN) 2018 au Kenya par la Confédération africaine de football (CAF), l’instance africaine de football, à travers un communiqué du 1 octobre, a annoncé les 3 nouvelles candidatures reçues : il s’agit du Maroc, de l’Ethiopie et de la Guinée Equatoriale.

    Officiel : le Kenya n’accueillera pas le CHAN 2018. « À une écrasante majorité, il a été décidé du retrait de la compétition au Kenya au regard des retards accumulés et de différents rapports des missions d’inspection conduites dans le pays », stipule le communiqué sorti après la réunion du 23 septembre à Accra du Comité exécutif de la CAF. Le nouvel hôte de l’édition 2018 du CHAN sera connu la semaine prochaine. Le CHAN, l’équivalent de la CAN pour les joueurs locaux, devra débuter le 12 janvier prochain.

    Pronostics

    Samedi passé, le Maroc a officialisé sa candidature dans un communiqué.  Selon le royaume chérifien, la décision d’accueillir cette compétition continentale s’inscrit dans la politique d’ouverture vers les pays africains, politique guidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, explique-t-on dans un communiqué. De ce fait, ce positionnement du Maroc répond à une logique bien précise, orientée par les ambitions politico-diplomatiques du Roi. Ce qui s’explique par le fait que le pays soit sur divers front au même moment. On sait depuis quelques temps que le royaume peut être sollicité pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019 qui risque (toujours) d’être retirée au Cameroun pour des raisons d’infrastructures. Par ailleurs, l’Union africaine (UA) a sollicité le Maroc pour l’édition des Jeux africains de 2019.

    En 2015, le pays s’était activé pour accueillir la CAN avant de finalement désister après moult disputes avec la CAF. Cause, le ministère marocain de la santé craignait l’épidémie  Ebola qui sévissait encore en Afrique sub-saharienne.

    De fait, si le Maroc, déjà candidat pour l’organisation d’une deuxième coupe du monde en Afrique en 2026, est sans doute, du point de vue logistique, prêt, la Guinée équatoriale ne sera pas à son coup d’essai en organisation d’événement continental de football. Le pays disposant de 4 stades nouvellement rénovés (Boto, Malabo, Mongomo, Ebibiyin) a déjà organisé la CAN en 2015, alors même qu’elle a co-organisé l’édition de 2012 avec le Gabon, sachant que le CHAN ne demande pas plus de 4 stades. Malabo peut compter sur une chose : une grande expérience en organisation à la hâte.

    L’Ethiopie de son côté n’est pas du reste en matière d’organisation de compétition africaine de football. Néanmoins, il faut préciser que sa dernière organisation d’un tel évènement remonte à 1976 où elle accueillait déjà la compétition pour la troisième fois. Pour certains observateurs, ce pays est le moins lourd dans la balance des pronostics.

    Pour rappel, l’idée du CHAN est née en septembre 2007 à Johannesburg en Afrique du Sud et répond à l’objectif de créer une belle vitrine pour les footballeurs des championnats africains. Le CHAN veut également donner aux joueurs locaux une chance de s’exprimer au niveau international.