Catégorie : Burkina Faso

  • Burkina: la télévision numérique terrestre en 5 points

    Burkina: la télévision numérique terrestre en 5 points

    Le Burkina Faso est devenu le premier pays ouest-africain à lancer officiellement le passage à la télévision numérique terrestre (TNT). La mise en service de cette infrastructure est une grande aubaine pour les médias dans le pays. Le projet en 5 points.

    Périple

    Avant de connaitre une phase d’aboutissement ce 28 décembre 2017, la télévision numérique au Burkina aura fait un long chemin. Lancée sous Blaise Compaoré puis validée en un premier temps sous la Transition, ensuite sous Roch Marc Christian Kabore, la télévision numérique est enfin une réalité au Burkina. Le projet avait raté le délai initial de juin 2015, en partie à cause des difficultés de mobilisation des ressources et surtout à la crise politique qui a secouait encore le pays.

    Investissement

    Le projet mis en service par le haut représentant du chef de l’État Shérif Sy, aura exigé un investissement de 45 milliards de francs CFA (69 millions d’euros). La moitié de cet investissement été apportée par un pool bancaire, dont la branche Burkina de Bank of Africa.

    Travaux

    Actuellement, quatorze chaînes nationales, dont la télévision publique, la RTB ou encore BF1, Burkina Info, 3 TV, Omega TV, sont donc accessibles. Les travaux effectués par l’entreprise espagnole BTesa, sont déjà achevés à 70 %. La mise en service de la TNT couvre au moins vingt villes. Mais selon les prévisions, une trentaine de villes est prise en compte. Le reste sera donc couvert progressivement à partir de février 2018.

    Technique

    Fin mai 2017, l’opérateur public en charge de la TNT au Burkina, la Société burkinabè de télédiffusion (SBT), avait finalisé un accord pluriannuel pour l’utilisation du satellite Eutelsat 3B, en vue d’alimenter 35 émetteurs numériques terrestres et mailler l’ensemble du territoire national. En effet, le signal satellitaire qui comprend une vingtaine de chaînes de télévision est désormais rediffusé par les émetteurs terrestres de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora ou encore Manga, auprès des foyers burkinabè équipés d’un décodeur numérique ou d’un téléviseur adapté.

    Attentes

    Si le paysage audiovisuel burkinabè est composé aujourd’hui, d’une dizaine de chaînes de télévision : Al Houda TV, CVKa, Impact TV, TV Maria, TVZ, Canal3, SMTV, Burkina Info et la Radiotélévision du Burkina (RTB – publique), il faut dire que plusieurs chaînes privées attendaient incessamment l’arrivée de la TNT pour en lancer de nouvelles. Certaines d’entre elles ont des projets déjà avancés dans le domaine. Parmi celles-ci, Omega TV, qui appartient au ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry, patron d’Oméga FM, une chaîne radio très écoutée par les Ouagalais. D’autres médias numériques verront également bientôt le jour.

  • Afrique de l’Ouest: la plus grande centrale solaire aura 129600 panneaux

    Afrique de l’Ouest: la plus grande centrale solaire aura 129600 panneaux

    Le Burkina Faso dispose désormais de la plus grande centrale solaire de l’Afrique de l’Ouest. L’infrastructure devrait permettre au pays de combler son déficit énergétique.

    C’est à Zagtouli au Burkina Faso à plus de vingt kilomètres de Ouagadougou qu’a été construite la plus grande centrale solaire de la sous-région ouest-africaine. La centrale est construite sur une surface de 55 hectares. Elle est constituée de 129600 panneaux qui produisent chacun 260 watts. L’infrastructure dispose d’une capacité énergétique de 33 mégawatts. Depuis la fin des travaux, la centrale a été mise en phase d’essai avec une production de 14 mégawatts. Selon Stéphane Nosserau qui a supervisé les travaux de construction, la centrale solaire devrait sous réserve du niveau d’ensoleillement atteindre durant le mois de décembre une production de 33 Mégawatts.

    Le ministère en charge de l’Énergie a annoncé que la nouvelle infrastructure va contribuer à l’augmentation de la production de la Société nationale d’électrification (Sonabel). L’apport énergétique de la centrale est estimé à « 56 gigawatts, soit 5 % de la production actuelle, issue des centrales à fioul ». Le Burkina Faso a toujours importé de l’énergie de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Depuis quelques années, le pays exporte près de 30% de son électricité chez les deux pays. Désormais il va diminuer sa demande auprès de ces États voisins.

    Réduction des coûts

    La centrale solaire de Zagtouli a été financée par l’Agence française de développement et l’Union européenne. Les deux institutions ont participé à la réalisation des travaux avec respectivement 22,5 millions d’euros et 25 millions d’euros. Pour Daniel Sermé, « Zagtouli va contribuer à la réduction des coûts de kilowatt pour les populations ». Alors que l’électricité produite par les centrales thermiques coûte 145 francs CFA par kilowatt/heure, celle produite par la centrale solaire reviendrait aux populations à 45 francs CFA le kilowatt/heure. « Cette centrale pilote va permettre aussi à la Sonabel d’avoir de l’expertise en terme de technologie solaire photovoltaïque, de créer des emplois et de jeter les bases pour aller vers les énergies renouvelables, avec une source de production fiable », précise Daniel Sermé.

    Selon les autorités burkinabés, d’autres centrales solaires seront construites, notamment à Koudougou (20 MW) et à Kaya (10 MW). Elles permettront de renforcer l’indépendance énergétique du pays. Il faut préciser que de nombreux Burkinabés n’ont toujours pas accès à l’électricité. Les autorités envisagent avec du solaire couvrir 30% de ce besoin au plus tard en 2030.

  • Réseaux sociaux: sont-ils présents, les chefs d’État francophone?

    Réseaux sociaux: sont-ils présents, les chefs d’État francophone?

    Sur la toile, les leaders d’opinion, les chefs d’entreprise et les stars africains s’imposent. Ils se sont approprié l’outil web. Ils sont présents partout, principalement sur Facebook et Twitter. À coups de messages laconiques, de longs posts et de contenus audiovisuels, ils fidélisent leurs abonnés. C’est aussi le cas pour certains présidents de la République. Mais que dire concrètement de la communication digitale de ces derniers ?


    Très présent…


    Paul Kagamé

    En termes de présence sur la toile, Paul Kagamé reste également un leader incontesté comparé à ses pairs. Son compte Twittter est très actif. Paul Kagamé poste de courts messages sur ses activités, sa vision du monde et parfois des conseils à la jeunesse africaine.

    Il lui arrive surtout d’adresser des messages particuliers à ses compatriotes lors des jours historiques pour le Rwanda. Ne soyez pas surpris de voir des tweets de Paul Kagamé sur des matches du Premier League anglais et sur Arsenal un club qu’il suit particulièrement. Le chef de l’État aime le sport. Il lui arrive aussi de tweeter sur la NBA. Chose importante, Paul Kagamé n’hésite pas à interagir avec les internautes. Ces derniers suivent le président sur Facebook, Google+, Flickr ou encore YouTube.

    Les discours de Paul Kagamé sont très écoutés. Pour faciliter la tâche aux internautes, toutes les interventions du chef de l’État sont mises en ligne sur paulkagame.tv. Mais également sur un site web dédié à l’homme fort du Rwanda. Tous les clichés de Paul Kagamé sont aussi publiés sur Instagram. Au grand bonheur des milliers d’abonnés au compte du président.

     Alassane Ouattara 

    Le chef de l’État se sert comme il faut de la toile. Il 0tweete, informe sur Facebook et est présent sur Hi5 et MySpace. Mais comme ses pairs ses comptes sont à la charge d’une équipe spéciale. Les plus de 274 000 followers peuvent quand même se permettre parfois d’interagir avec ADO. D’autant plus que le chef de l’État dispose d’un site web qui porte sur sa dernière campagne électorale et d’un autre qui évoque son parcours, ses idées et les actions qu’il a réalisées. L’Ivoirien reste malgré tout absent sur Instagram.

    Roch Marc Christian Kaboré 

    Très actif sur les réseaux sociaux, ses followers ont par exemple très vite augmenté sur Twitter et le président du Burkina Faso a vu son compte être certifié. Roch Marc Christian Kaboré twette sur toutes ses activités quotidiennes. Également présent sur Facebook ou sur Périscope le chef de l’État entretient une relation particulière avec ses abonnés. Roch Marc Christian Kaboré interagit souvent avec ces derniers. Plusieurs clichés du président du Faso sont également publiés sur Instagram.

    Faure Gnassingbé

    Avec un compte Twitter Facebook pas encore certifié, le président togolais informe ses plus de 24 000 followers sur ses déplacements, ses voyages. Faure Gnassingbé  tweete également à propos des rencontres qu’il préside, de ses audiences et des infrastructures qu’il inaugure. Comme ce 24 où il informe sur « l’inauguration de la nouvelle salle de spectacle Canal Olympia de Vivendi » qu’il inaugure aux côtés de Vincent Bolloré. Faure Gnassingbé est également présent sur Facebook. Le Togolais qui ne publie pas de photos sur Instagram a quand même ses clichés disponibles sur Flickr.

    Ali Bongo

    C’est sur Facebook que le chef de l’État gabonais rassemble le plus ses fans. Celui qui dispose d’un compte certifié sur Twitter n’est pourtant très actif sur « l’oiseau bleu ». Ali Bongo tweete néanmoins quelques messages à ses plus de 71 000 followers. Ali Bongo est aussi présent sur YouTube ou Dailymotion. Il dispose surtout d’un site web personnel qui informe les visiteurs sur les activités du président de la République. Ali Bongo a également un compte Instagram. Depuis mai 2016, le chef de l’État gabonais partage ses photos et de courtes vidéos avec ses abonnés. Chose importante à souligner le numéro 1 gabonais est aussi présent sur le réseau social chinois Weibo.

    Patrice Talon

    Durant sa campagne électorale, Patrice Talon avait créé un compte Twitter. Mais il n’y est pas actif. Le chef de l’État s’est rabattu sur Facebook où il est très présent. Le Béninois publie ses messages à la nation, partage les images de ses déplacements et poste des vidéos dans lesquels il s’adresse directement à ses abonnés. Il pourrait bientôt « débarquer » sur Instagram où il n’a pas encore un compte officiel.

    Macky Sall

    Un compte Twitter certifié et plus de 400 000 followers. Le président sénégalais est présent sur la toile. Comme la plupart de ses pairs africains, c’est essentiellement sur ses activités qu’il informe ses « suiveurs ». Pareil sur Facebook où le successeur d’Abdoulaye Wade informe sur tous ses déplacements, recueille l’avis de ses abonnés et publie le contenu de ses discours. Certains clichés du chef de l’État sont aussi publiés sur un compte Instagram auquel se sont abonnés près de 13 000 followers.


    … Pas très actif


     Paul Biya

    Paul Biya est de son côté présent sur les réseaux sociaux. Celui qui est en Afrique centrale le chef d’État le plus suivi sur Twitter informe ses nombreux followers sur ses activités. Pas toujours régulièrement. Surtout sur Facebook où ses abonnés sont parfois informés des jours après la tenue d’une activité du chef de l’État. Mais depuis quelques mois, tout se régularise. Le président camerounais a même fait son apparition sur Instagram où ses photos sont publiées. Visite de travail à l’étranger, cérémonies d’hommage, rencontres avec des personnalités de ce monde, les clichés de Paul Biya pullulent sur Instagram.

    Pierre Nkurunziza

    Il a son compte certifié sur Twitter. Mais malgré ses plus de 83 000 abonnés, Pierre Nkurunziza tweete rarement. Quand il le fait, c’est pour informer ses followers sur ses déplacements dans le pays, ses audiences et pour féliciter certains de ses pairs africains. Le Burundais publie aussi parfois quelques photos sur Instagram.

    Alpha Condé

    C’est sur Facebook que l’actuel président en exercice de l’Union africaine se plaît le plus. À ses plus de 700 000 abonnés, le professeur Alpha Condé publie entre autres des images de ses visites ou encore les audiences qu’il accorde à ses hôtes. Certains de ses posts sont aimés plus de 5000 fois, commentés et partagés par des centaines d’abonnés. Alpha Condé n’est pourtant pas très actif sur Twitter. Le chef de l’État est également absent sur Instagram.

    Joseph Kabila

    Le président de la RDC n’est pas actif sur la toile. Il n’a pas un compte Twitter officiel. Difficile également de considérer la page Facebook en son nom aux milliers d’abonnées comme officielle. D’autant plus que les abonnés sont informés de façons irrégulières sur les activités du chef de l’État. Pareil sur Instagram où il n’a pas de compte officiel. Sa communication sur le web est peut-être à son image. Discret, taciturne, introverti.

     Mahamadou Issoufou

    Sa présence sur la toile n’est pas si remarquée. Le président nigérien a un compte Twitter avec lequel il twette de temps en temps. S’il n’a pas de compte Instagram, les photos du chef de l’Etat ainsi que ses activités sont néanmoins relayées sur sa page Facebook et celle de la présidence du Niger.

     Denis Sassou Nguesso

    Le président congolais n’est pas actif sur Twitter. Son dernier tweet pour ses followers remonte à janvier 2017. Sur sa page Facebook, les posts sont rares. Le président Sassou Nguesso n’a d’ailleurs pas de compte Instagram officiel.

     

  • Yacouba Sawadogo, le « monsieur écolo » burkinabé

    Yacouba Sawadogo, le « monsieur écolo » burkinabé

    L’homme a une silhouette et des rides qui renseignent aisément sur sa génération. Il a 80 ans. Pourtant il a une réputation qui tend vers le miraculeux : le stoppeur du désert.

    À 184 km de Ouagadougou, une forêt du nom de « Gouga » d’une vingtaine d’hectares s’est faite célèbre par sa végétation dans une zone frappée d’aridité.

    Plus tôt, depuis les années 1970, le Nord du Burkina Faso s’était confronté à une désertisation sans précédente. Dans cette région, les longues sécheresses des années 1970 ont provoqué un désastre écologique sans précédent. Brousse ravagée, animaux décimés, pluies raréfiées. Les résultats étaient inquiétants et selon l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD), en juin 2011, la région est l’une des trois zones du pays où la dégradation des sols était la plus forte, avec un indice de 3,1 sur 5, et le rythme de dégradation des terres y est élevé… Avant qu’un certain Yacouba Sawadogo ne s’invite dans la zone.

    Un messie burkinabé

    « À la fin des années 1960, des prédicateurs ont annoncé que nous ferions face à une sécheresse sans pareille dans notre localité. Face à ce malheur annoncé, j’ai décidé de laisser tomber mon commerce de pièces détachées afin de me mettre à l’agriculture. Afin de comprendre comment la nature se régénère, j’ai mis deux ans à sillonner les terres de mon village, souvent à pied, parfois à cheval » dit-il.

    Le contraste entre sa première vie de commerçant de pièces détachées et cette dernière de héros salvateur d’un territoire hostile à toute vie végétale fait de lui un héros. Yacouba n’est diplômé d’aucune grande école. Il est illettré. « Dès le début, j’étais convaincu que les terrains désertiques deviendraient un jour une forêt. Mais les villageois me traitaient de fou ! », se souvient-il.

    Le cultivateur a utilisé une technique naturelle : la régénération naturelle assistée (RNA). Cette pratique d’agroforesterie vise à protéger les plantules qui poussent naturellement sur un champ, en y appliquant divers paquets technologiques de conservation des eaux et des sols.

    Le Zaï

    Le Zaï consiste à creuser de petits trous de quelques centimètres, dans lesquels on met de la fumure organique avant les semis. Ces petits carrés permettent aussi de retenir l’eau, mais aussi à construire des cordons pierreux, un sytème qui nécessite d’attacher des cailloux à l’aide d’un grillage afin d’empêcher le ruissellement de l’eau. Cette technique permet de ralentir l’érosion des sols et de garder l’humidité pendant les périodes de sécheresse : : voilà comment Yacouba y est arrivé.

    Après une quarantaine d’années de travail de récupération et d’ensemencement de graines d’arbre et d’herbe, Yacouba Sawadogo a créé une véritable forêt au milieu d’une brousse éparse. « C’est un travail passionnant », explique le cultivateur. Si aujourd’hui, il déclare modestement ne pas être l’inventeur de la RNA, il a fortement contribué à sa mise en valeur.

    Yacouba Sawadogo travaille ainsi tout au long de l’année, en saison pluvieuse comme en saison sèche. La forêt créée par « l’homme qui arrête le désert » constitue, par ailleurs, un véritable patrimoine écologique, utile sur le plan de la médecine traditionnelle. Elle permet aussi de pratiquer l’agriculture… tout en gardant les arbres.

  • Burkina-Faso: qui était  le ‘faiseur de rois’ Salif Diallo?

    Burkina-Faso: qui était le ‘faiseur de rois’ Salif Diallo?

    Salif Diallo, le président de l’Assemblée nationale burkinabè, est décédé dans un hôpital de la banlieue parisienne en France ce samedi des suites d’une longue maladie. Il s’était rendu récemment à Tunis pour se soigner, avant de rejoindre la capitale française pour un « repos médical », selon ses proches. Retour sur la vie de celui qui était surnommé « Gorba ».

    A 60 ans, le président de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso s’en est allé ce jour. A Ouagadougou, le charisme de cet homme politique et diplomate fait sa popularité, mais pas que. Son engagement politique, d’une part aux côtés de l’ancien président Blaise Compaoré, ensuite de Roch Kaboré font de sa personne, un politicien qui reste pour le moins historique.

    Né le 9 mai 1957 à Ouahigouya, dans la province du Yatenga, Salif Diallo, dans sa première vie, a été un étudiant expulsé de l’université de Ouagadougou pour avoir participé à des grèves et des manifestations avec le Parti communiste révolutionnaire voltaïque (PCRV). Il était déjà une figure connue dans pays, un enfant terrible, un orateur effroyable dans son université.

    Passé ensuite par l’université Cheik Anta-Diop de Dakar où il obtint une maîtrise en Droit à l’université de Dakar, et finalement nanti d’un doctorat en droit public sur « Les transformations de l’État en Afrique » à l’université de Perpignan dans le sud de la France, l’homme revenu au pays, a croisé les chemins de Blaise Compaoré. Considéré comme le plus fidèle « élément » de l’ancien président Burkinabé depuis les années 1990, Diallo a été le directeur de cabinet de Blaise Compaoré alors ministre sous la révolution « sankariste » (1983-1987).

    Il a été plusieurs fois nommé dans divers gouvernements de Compaoré lorsque ce dernier est devenu président, avant de tomber en disgrâce. Le 6 janvier 2014, il démissionne du CDP s’illustre comme opposant à la réélection de Compaoré. Il fonde alors avec Roch Marc Christian Kaboré et Simon Compaoré le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) avec lequel ils ont remporté les élections présidentielle et législatives fin novembre 2015, alors qu’il était Vice-Président du parti. Depuis, il est devenu président de l’Assemblée nationale burkinabè.

    Aujourd’hui, Blaise Compaoré le considère plus que jamais comme le principal responsable de sa chute. Celui qui était désigné comme étant le bras droit de l’ancien Président Blaise Compaoré, au temps de la pluie et du beau temps de leurs relations, est cité dans plusieurs témoignages du livre de Valère Somé, Les nuits froides de décembre, l’exil ou… la mort, où il est présenté comme le tortionnaire en chef.

    « Salif Diallo, à l’époque, Directeur de cabinet du Président Blaise Compaoré, dirigeait personnellement les séances de tortures, y prenant même une part active ; lui un civil», peut-on lire dans ce livre. Pour d’autres, cela est une évidence : il a joué un rôle important dans la mort de Sankara.