Catégorie : Egypte

  • Mohamed Salah, ce pharaon de 25 ans qui veut conquérir l’Europe

    Mohamed Salah, ce pharaon de 25 ans qui veut conquérir l’Europe

    Si les rumeurs associent désormais le nom de Mohamed Salah, l’Égyptien de 25 ans, aux plus grands clubs européens (Real Madrid, FC Barcelone, Manchester City…) c’est à dessein. Rares sont des clubs qui ne voudraient pas Salah dans leur club.

    Samedi dernier, il faisait froid à Anfield, l’antre du club de Liverpool FC. Habituellement, avec trois points confortablement assurés, les supporteurs de ce club d’Angleterre font les premières fléchettes pour la sortie. Cependant, samedi, la situation était différente.

    Anfield avait été témoin de quelque chose hors de l’ordinaire. Un cliché au coup de sifflet final l’a prouvé. Les téléphones portables étaient prêts à saisir le moment pour la postérité. Mohamed Salah venait de produire un spectacle unique. Le ballet de l’égyptien laisse bouche bée, son manager et ses coéquipiers cherchent des superlatifs, et s’assurent que le statisticien du club passe la seconde moitié du temps, la tête embourbée dans les livres d’histoire afin de trouver les dernières références.

    En effet, en Angleterre, ces types d’affichages ne sont pas récurrents. Il est donc difficile de trouver les mots pour rendre justice à ce que Salah a fait à Watford. Le joueur s’en est rendu compte, et voilà pourquoi à la fin de la rencontre il s’est empressé de s’excuser auprès du gardien adverse, pour lui avoir planqué 4 des 5 buts marqués par son équipe, le premier d’un joueur égyptien dans le championnat anglais. Mais cela ne l’a pas empêché d’entrer au panthéon d’Anfield, comparable à John Barnes (contre Queens Park Rangers, octobre 1987), Steven Gerrard (Olympiacos, décembre 2004), Robbie Fowler (Fulham, octobre 1993) et Luis Suarez (Norwich, décembre 2013).

    Le « Mo » Sallah

    Cette nouvelle démonstration confirme que le club de Salah dispose de la 2e meilleure attaque du championnat d’Angleterre avec 73 réalisations. Mais sur le plan personnel, le Pharaon est aussi sur un piédestal, à tout le moins, très élevé. Ses performances lui permettent de prendre la tête du classement des buteurs outre-Manche avec 28 réalisations au compteur, prenant le large sur l’attaquant anglais Harry Kane (Tottenham), qui sera absent sur les pelouses pour quelques semaines. Pour nombre d’observateurs, si le natif de Najrij tient ce rythme particulier, il pourrait sans difficulté faire tomber le record de buts inscrits sur une saison de Premier League. Puisque, toutes compétitions confondues, il culmine actuellement à 36 réalisations. C’est le meilleur total d’un joueur pour sa première saison à Liverpool, Fernando Torres n’en ayant marqué que 33 lors de l’exercice 2007/08.

    Mais Salah ne se contente pas que de marquer. A son actif, 9 passes décisives en championnat. Seuls Kevin De Bruyne et Leroy Sané, tous deux de Manchester City ont fait mieux que lui.

    De sa première saison également, Salah est devenu le neuvième joueur à marquer en 20 matches différents de Premier League dans la même saison, le dernier étant Robin van Persie pour Manchester United en 2012-13.
    Il est, pour emprunter le label du manager de Liverpool Jurgen Klopp, « avide de buts » et il manœuvre efficacement pour faire mieux qu’Ian Rush, le dernier joueur d’Anfield à avoir marqué 40 buts dans une campagne.

    La 8e merveille

    Sa métamorphose, depuis que le joueur a quitté le club italien de Roma pour Liverpool, aura été en effet spectaculaire. Sur les réseaux sociaux, les amateurs des films Manga n’ont pas encore tari d’éloges envers l’homme, le caricaturant comme le personnage fictif Sangokou en mode super guerrier dans la série japonaise Dragon Ball. Et ce n’est pas faux.

    Pour nombre de ses fans d’ailleurs, il n’est pas inconcevable que l’Égyptien puisse atteindre 50 buts en mai et, même si c’est un défi de taille, le fait est qu’il a défié toutes les attentes et la logique jusqu’ici.
    Arrivé cette saison en Angleterre, le pharaon bouscule déjà l’ordre établi des choses, s’offrent gloires et records à l’échelle européenne. Mais ses quatre buts contre Watford samedi ne sont que les derniers d’une campagne qui vise, selon Jurgen Klopp, le coach de Liverpool, à assurer sa place dans le folklore d’Anfield.

    Pour son entraineur, le ballon d’or africain n’est qu’au début de son potentiel. « Salah a joué plus sur l’aile à Roma, où il avait un attaquant très dominant, Edin Dzeko. Personne ne pouvait savoir qu’il pouvait jouer comme attaquant. Nous le lui avons appris étape par étape. Nous ne savions pas exactement qu’il était capable de jouer au centre » confié Klopp, samedi dernier après le match.

    Dans chacune de ses apparitions sous la tunique rouge, Salah prend chaque sprint comme la finale du 100 mètres aux Jeux olympiques. « L’équipe s’adapte aux forces. Personne ne parle et dit: ‘’Mo, mais tu dois …’’ Pour l’instant, personne ne dit autre chose à Salah que ‘’continue’’ » rassure Jurgen Klopp.
    À un moment où l’Afrique revit la nostalgie du ballon d’or George Weah, voir Salah futur ballon d’or du continent est peut-être oser alors que le tandem Cristiano-Messi n’a pas encore connu de déclin, mais reste un rêve parmi.

  • Un camion ‘Made in Egypt’ pour lutter contre les pertes de blés

    Un camion ‘Made in Egypt’ pour lutter contre les pertes de blés

    Au Caire, les ingénieurs ont conçu un camion pour mettre fin aux pertes de blé pendant le transport des champs vers les silos de stockage. L’engin devrait être testé en Égypte cet été.

    Le mal est bien connu des agriculteurs égyptiens. Pendant la saison des récoltes, il n’est pas rare de voir des grains éparpillés sur les routes utilisées par les véhicules de transport. Les pertes sont souvent importantes. Et pour cause, les routes sont cahoteuses, les emballages sont souvent mauvais,  etc.

    À en croire les données du ministère de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur, cette perte représente actuellement le sixième de la récolte locale, soit environ 1,1 million de dollars. C’est dans ce sens que l’ancien détenteur de ce portefeuille a décidé de s’attaquer au problème en demandant à l’Académie de la recherche scientifique de consacrer un fonds à la recherche d’une solution.

    Un camion moderne

    Le fruit de ces recherches a été présenté en décembre dernier, et sera testé pendant la prochaine saison des récoltes en juin.

    Conçu par une équipe égyptienne de l’Institut de recherche en ingénierie agricole (AENRI), sous la direction du vice-président de la recherche de l’institut, Mohamed Al-Kholy, les travaux ont été financés par une subvention d’un million de livres égyptiennes (environ 56 000 $ US) de l’Académie.

    Selon les explications de Mohamed Al-Kholy, le camion est doté d’un système pneumatique qui utilise l’air comprimé pour retenir les grains à l’intérieur du véhicule. Cela garantit que le blé peut être transporté sans aucun dommage, même sur les routes cahoteuses.

    Selon celui-ci, bien que le principal objectif de l’invention soit de faciliter le transport pour éliminer les déchets, ses potentialités vont au-delà. Par exemple, il aborde également l’un des principaux problèmes liés au transport: le fait que les agriculteurs ne peuvent peser le blé avec précision à l’aide d’outils manuels dans les silos de stockage, où les fournitures peuvent être endommagées ou contenir une grande quantité d’impuretés emballage.

    Al-Kholy confie que le camion sépare les impuretés des grains en utilisant la différence entre leurs poids. En travaillant sur le principe de la vitesse critique, l’air à l’intérieur du véhicule retient les grains tout en éliminant les impuretés.

    Mohamed Abdel-Moneim, directeur de la faculté d’agriculture de l’université de Zagazig en Égypte pense que cette innovation pourrait également être utilisée pour transporter des céréales importées, qui sont sujettes à des problèmes similaires. « L’utilisation d’un camion avec ces spécifications nous protégera complètement de ces erreurs en raison de sa capacité à séparer les impuretés des grains », croit-il.

  • L’Égypte lance son Smartphone Nile X pour concurrencer le iPhone X

    L’Égypte lance son Smartphone Nile X pour concurrencer le iPhone X

    Le président Abdel Fattah El Sisi a reçu la semaine dernière le Nile X, le premier smartphone fabriqué localement et conçu pour le consommateur égyptien, lors d’une cérémonie somptueuse.

    Dans son effort pour investir dans le secteur de la technologie, l’administration de Abdel Fattah Sisi a soutenu une Silicon Valley égyptienne à Assiout, dans la région pauvre du sud du pays, pour relancer la fabrication locale.

    SICO, la société égyptienne derrière le Smartphone 4G, a vu croitre une base de consommateurs égyptiens. Le contexte d’évolution de cette initiative est intéressant. Avec une population de plus de 95 millions d’habitants, les abonnements à la téléphonie mobile ont dépassé les 99 millions. Toutefois, seulement 32 % des Égyptiens ont un téléphone intelligent, ce qui en fait un marché en plein essor que l’entreprise souhaite exploiter grâce à des propositions abordables. Mohamed Abel Azim, directeur marketing de SICO n’a pas caché ses intentions. « Il existe de fortes opportunités pour l’Égypte d’être un centre de production de smartphones abordables en Afrique et nous voulons faire partie de ce changement. Nous voulons une révolution dans le jeu électronique dans la région », a-t-il déclaré. Et d’ajouter, « nous avons la capacité de produire plus de 1,8 million d’unités dans les deux premières semaines dès le lancement ».

    Selon toujours les informations de celui-ci, environ 55 % de l’appareil est assemblé dans son usine à Assiout et le reste est fabriqué en Chine. « Nous avions l’habitude de fabriquer uniquement en Chine et avons travaillé avec des entreprises technologiques telles que Google, Qualcom, Intel et HP. Ce que nous cherchons à faire est d’assembler les cartes mères et les circuits électroniques dans notre usine nouvellement construite », a ajouté Abdel Azim.

    En effet, l’administration Sisi s’est lancée dans de grands projets nationaux ces dernières années, telles que l’agrandissement du canal de Suez et la construction d’une nouvelle capitale administrative. L’assemblage du smartphone local, dont la plupart des composants sont fabriqués en Égypte, s’inscrit dans la même perspective. Le projet est également dans une logique de mise en valeur d’une économie égyptienne active, qui peut continuer à attirer les investisseurs étrangers, en particulier les investissements chinois.

    Pour ne rien envier à Samsung ou iPhone…

    Nile X a des caractéristiques comparables au grandes marques importées. Le téléphone Android dispose de 4 Go de RAM et un appareil photo de 13 mégapixels. Ce modèle-là par exemple, devra coûter environ 112 $ à l’utilisateur. Les autres produits vont d’environ 200 livres égyptiennes (11 dollars) pour un smartphone de base à 4 200 livres égyptiennes (235 dollars) pour des tablettes. Ces produits seront disponibles pour les consommateurs égyptiens à partir du 15 décembre. Et selon les prévisions, la société SICO sortira de nouveaux modèles tous les six mois. Il faut rappeler que cette initiative intervient dans un contexte où, après une dévaluation en novembre 2016, la monnaie nationale égyptienne a perdu la moitié de sa valeur par rapport au dollar américain. Conséquence les prix, en particulier des biens importés, ont considérablement augmenté.

    Le ministère égyptien des Technologies de l’information et de la communication a déjà investi environ 400 millions de livres égyptiennes (22,4 millions de dollars) dans le projet. Si Abdel Azim n’a pas donné de son côté de chiffres concrets pour l’investissement de la société chinoise, il a garanti qu’ils soutenaient l’entreprise sur le plan technologique. En effet, la Chine investit massivement dans la construction du nouveau capital administratif de l’Égypte et devrait injecter plus de 8 milliards de dollars dans l’économie qui se redresse encore.

    Désormais, SICO cherche à s’étendre en Afrique avec des projets de construction d’un hub régional est-africain à Nairobi et d’expansion au Mozambique, au Nigeria et en Afrique du Sud. L’Égypte a un écosystème de démarrage en croissance rapide avec la collecte de fonds pour les entreprises naissantes passant à environ 105 % l’an dernier seulement.

    Dans un communiqué dimanche publié dimanche passé, la présidence égyptienne s’est réjouie de ce nouveau succès. « Nous faisons les premiers pas sur le chemin de la production locale des appareils électroniques », peut-on lire dans le communiqué. À dessein, l’Égypte veut « prendre la place qu’elle mérite dans cette industrie » en exportant ses produits électroniques, a précisé la présidence.