Catégorie : Ouganda

  • L’Ouganda et son président pleurent la mort du musicien Mowzey, 34 ans

    L’Ouganda et son président pleurent la mort du musicien Mowzey, 34 ans

    La musique ougandaise est en deuil. Elle pleure le décès du chanteur Mowzey Radio. Considéré comme l’un des chanteurs les plus talentueux de sa génération, Mowzey Radio faisait l’unanimité depuis plusieurs années avec son ami Weasel avec qui il forme un duo. De son vrai nom Moses Sekibogo, l’artiste a rendu l’âme après des blessures subies lors une bagarre dans un bar. Hospitalisé depuis près de deux semaines, il s’est éteint ce 1er février. L’annonce de son décès par les médecins de Case Clinic a suscité sur le web des messages d’hommage de personnalités et d’anonymes.

    Le président ougandais Yoweri Museveni qui fait partie des fans de l’artiste a regretté la mort d’un « jeune talentueux qui avait un bel l’avenir devant lui ». Durant l’état critique du chanteur à l’hôpital, le président de la République a fait don de 8300 $ pour son traitement. Il faut dire que Mowzey Radio fait partie des artistes qui ont soutenu Yoweri Museveni lors de sa dernière élection en 2016.

    Plus de dix ans de carrière

    Mowzey Radio aura été un artiste impressionnant. Avec Weasel, il a composé plusieurs chansons qui lui ont permis d’être reconnu sur la scène nationale, continentale et mondiale. Alors qu’il était étudiant à l’université de Makerere, il s’est fait remarquer en 2004 avec son premier titre solo « Tujja Kuba Wamu ». L’année suivante, il intègre le Leone Island. Son talent éclate. Mowzey Radio sortira par la suite de nombreuses chansons qui ont renforcé son influence sur la scène musicale.

    Avec Weasel il a été distingué durant de grandes occasions comme les MTV Africa Music Awards, les All Africa Music Awards ou encore les Black Entertainment Awards. Issu d’un milieu défavorisé, Mowzey Radio était un exemple de réussite pour la jeunesse de son pays.

    Ses chansons ont été constamment jouées à la fois sur les ondes et dans les boîtes de nuit de l’Ouganda. Malgré quelques critiques sur son mode de vie festif et ses rapports avec la drogue, Mowzey Radio promettait à ses fans il y a quelques mois d’autres surprises pour la suite de sa carrière. Ce ne sera pas le cas. A 33 ans, la mort met fin de façon tragique à sa carrière de plus de dix ans.

  • Fundi Bots, le laboratoire qui libère le génie de la robotique en Ouganda

    Fundi Bots, le laboratoire qui libère le génie de la robotique en Ouganda

    À une époque où la plupart des systèmes éducatifs africains ne répondent plus aux attentes des étudiants « geek », un laboratoire robotique, Fundi Bots, est né en Ouganda. Il a été créé par Solomon King qui a décidé d’arrêter ses études universitaires parce que fatigué d’étudier pour des examens. « Je ne suis pas un rebelle, je suis juste un homme déçu par notre système d’éducation », déclare-t-il.

    Il y a près de vingt ans lorsqu’il a abandonné ses études ce passionné de robotique s’est formé sur internet. Ses réalisations lui ont permis de remporter en 2014 deux prix au plan national (Echoing Green Fellowship et Ashoka fellow). Son laboratoire robotique reçoit de jeunes passionnés d’ingénierie. « Ici, dans ce laboratoire, nous mettons davantage l’accent sur la pratique que sur de longues théories. Nos écoles et universités forment les gens à passer des examens, mais rien de pratique », affirme Solomon King, qui explique que le mot fundi signifie « ingénieux » en swahili.

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    Fundi Bots veut aider des milliers de jeunes à révéler leurs talents. Le laboratoire dispose d’une salle d’apprentissage où tout est démontable et mobile : c’est le cas des murs, du mobilier et du laboratoire. « Tout est mobile ici, nous pouvons personnaliser la salle d’apprentissage en fonction de ce que nous voulons. C’est notre magie », explique Rosebell Nsita, responsable des relations publiques chez Fundi Bots.

    Comme Solomon King, elle aussi a été déçue par le système éducatif, avant de découvrir ses talents dans les relations humaines dans cette organisation. Rosebell Nsita a été passionnée par l’art depuis qu’elle était très jeune. Mais les leçons théoriques des universités ougandaises ne l’ont pas aidée à poursuivre sa passion. Elle explique que c’est surtout en s’inspirant de son expérience qu’elle a eu le désir d’aider d’autres jeunes à découvrir leur potentiel grâce à Fundi Bots.

    Plus de 3000 apprenants

    A Fundi Bots, les cours sont donnés gratuitement. Les apprenants sont surtout orientés vers les cours de leur choix. Un laboratoire spécial est également ouvert à des étudiants « insatisfaits de ce qu’ils apprennent à l’université ». « Nous leur enseignons les rudiments de l’informatique, de la mécanique et de l’électronique. Nous faisons tout pour qu’ils apprennent de manière amusante », confie un membre du laboratoire.

    Fundi Bots a prouvé ses compétences, au point qu’il est demandé dans les écoles primaires et secondaires en Ouganda pour proposer des cours pratiques en parallèle avec la théorie. Cela génère un revenu pour les dépenses administratives du laboratoire, qui s’ajoute au financement externe déjà collecté par les bailleurs de fonds Fundi. L’apprentissage dans ce laboratoire se fait via des robots. Cette façon d’apprendre à travers la pratique vise à rendre les élèves plus performants et plus rapides.

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    Certains ont de meilleures notes dans leurs universités après leurs stages à Fundi Bots. « Nos méthodes ont récemment aidé un jeune qui, tout au long de sa carrière scolaire, était terrible en physique. Mais après avoir appris de la pratique ici à la maison, ses notes dans cette classe se sont améliorées. Il s’est distingué et fait de la science à l’université », explique Rosebella Henry, formateur chez Fundi Bots. Pour Solomon King, changer ou avoir une incidence sur une vie est déjà un succès — des douzaines d’histoires de vies ont changé positivement depuis la création du bot Fundi.

    « Nous avons déjà eu plus de 3000 apprenants dans nos murs, et nous envisageons nous installer au Rwanda et en Tanzanie avec l’aide de nos partenaires », annonce le responsable du laboratoire pour qui l’Afrique doit rattraper le retard qu’elle accuse dans le domaine de la technologie et créer des conditions pour l’emploi des jeunes.

  • Cette Ougandaise fabrique des serviettes hygiéniques à partir de la canne à sucre

    Cette Ougandaise fabrique des serviettes hygiéniques à partir de la canne à sucre

    Lydia Asiimwe Sabiiti est la fondatrice d’EcoSmart Pads, startup qui fabrique des serviettes à bas prix à partir de la canne à sucre. La jeune entrepreneure s’est lancée dans cette initiative lorsqu’elle a rencontré une jeune fille de 16 ans, Kyomuhendo, qui avait parcouru un long chemin depuis son village de Rwanyamahenbe, dans la partie occidentale de l’Ouganda. Selon elle, Kyomuhendo était escortée par sa mère à la recherche de meilleurs soins de santé à l’hôpital régional de référence de Mbarara.

    Elle avait développé des plaies vaginales qui s’étaient d’abord présentées avec des démangeaisons peu après sa période de menstruation. « J’ai appris que la jeune fille avait utilisé 3 morceaux du même vieux linge au cours des deux dernières années de gestion de son flux menstruel. Elle a appris que le même tissu était partagé entre trois de ses sœurs et deux autres cousines qui vivaient toutes avec elles », explique Lydia Asiimwe Sabiiti. Après cette expérience, Lydia Asiimwe Sabiiti s’est engagée à sensibiliser des étudiantes sur l’hygiène sanitaire. C’était au cours du programme de stages CAMTech Uganda.

    Après sa sensibilisation, Lydia Asiimwe Sabiiti a été rejoint sur son projet par trois étudiants avec qui elle forme désormais l’équipe d’EcoSmart Pads. Depuis, la dynamique équipe s’est lancée dans la fabrication des serviettes hygiéniques à coûts très réduits. L’objectif pour EcoSmart Pads est de garantir l’égalité, le dynamisme et la dignité dans la gestion des « règles chez les filles et les femmes en Ouganda ». Les Eco Smart Pads sont des serviettes hygiéniques fabriquées à partir de résidus recyclés de canne à sucre pour les filles et les femmes d’âge menstruel issues de familles à faible revenu. « Les résidus de canne à sucre dans les usines de fabrication de sucre sont les matières premières de notre produit et sont obtenus à un prix abordable », explique la fondatrice de la startup.

    Lydia Asiimwa Sabiiti est convaincue que cette idée fonctionnera en raison des faibles coûts de production qui permettront de réduire considérablement le prix de ce produit. L’équipe a d’abord mené une expérience dans le laboratoire de microbiologie de l’Université des sciences et de la technologie de Mbarara pour déterminer laquelle des deux entre le maïs et la canne à sucre avait des résidus à fort taux d’absorption. La canne à sucre a émergé avec un pourcentage d’absorbance plus élevé et a été sélectionnée comme plante à considérer comme matière première pour cette innovation.

    Bénéficiaires

    « Nous avons procédé à une évaluation des besoins, nous avons interagi avec nos utilisateurs finaux et nous en avons tiré des conclusions, informant nos estimations de prix et les quantités d’emballages de produits », explique un membre de l’équipe de la startup. EcoSmart Pads distribue ainsi sur le marché des serviettes hygiéniques dans un paquet de 12 pièces à prix de 1500 shilling ougandais (soit 0,34 euro). « Nous ne cherchons pas à générer beaucoup de chiffres d’affaires nous vendons aux personnes à faible revenu. Nous cherchons à travailler avec des philanthropes pour avoir un impact dans notre communauté locale. En ce qui concerne la durabilité de notre entreprise, nous examinons d’autres options génératrices de revenus. », fait savoir Lydia Asiimwa Sabiiti.

    Les principaux bénéficiaires de ce produit sont les filles scolarisées issues de milieux défavorisés et dont la poursuite des études a été affectée par ce défi. D’autres femmes non scolarisées issues de milieux défavorisés comme les femmes en prison, les camps de réfugiés, les hôpitaux publics, sont également les principales bénéficiaires de ce produit. En général, les femmes ougandaises issues de milieux à revenu élevé bénéficieront aussi du faible coût de ce produit, car elles pourront réaliser des économies. EcoSmart Pads envisage mobiliser des fonds pour poursuivre ses activités. En juin 2017, dans le cadre du défi Up Accelerate de l’UNFPA, la startup avait déjà reçu un prix de 10 000 $.

  • Polémique autour du renouvellement de la licence MTN Ouganda

    Polémique autour du renouvellement de la licence MTN Ouganda

    La plus grande compagnie de télécommunication de l’Ouganda, MTN Ouganda est prise dans une lutte pour assurer le renouvellement de sa licence qui expire cette année. Avec 55 % de part de marché des télécommunications ou environ 11,2 millions d’abonnés accumulés sur 20 ans d’exploitation, les enjeux sont élevés pour l’opérateur.

    La lutte s’est intensifiée en décembre après que le régulateur du secteur, Uganda Communications Commission (UCC), a annoncé que les télécoms avaient demandé à prolonger leur licence pour plus de dix ans à partir d’octobre 2017. Dans le cadre de l’annonce, l’UCC a demandé à ceux qui avaient des objections de les présenter en même temps que le rapport d’évaluation de la compagnie qui devait être dévoilé le 13 février avant une audience publique sur le même sujet le 26 février.

    Plusieurs acteurs exigent que MTN remplisse certaines conditions avant d’obtenir le renouvellement de sa licence. Un groupe de fournisseurs de services à la tête de la lutte a adressé une pétition au président Yoweri Museveni, au parlement et à l’autorité de régulation du secteur demandant que MTN soit sondé pour plusieurs violations présumées avant le renouvellement de son permis. Le groupe Association des applications sans fil et des fournisseurs de services de l’Ouganda (WASPA-U) a également écrit une lettre au chef de l’État dans laquelle il indique que l’impunité de MTN et le non-respect des règles et les règlements ont désavantagé l’Ouganda. Le WASPA-U accuse MTN d’avoir saisi des ressources des compagnies locales et retenu illégalement leurs revenus.

    Violations des lois

    Une pétition a été lancée. Les initiateurs de la pétition soulèvent des accusations contre MTN allant de la déclaration de revenus, à des pratiques commerciales contraires à l’éthique, à un comportement anticoncurrentiel, à une prise de contrôle illégale de leurs activités, à la violation des lois et paiements aux entreprises locales. Conscients que les dirigeants ougandais pourraient facilement ignorer ces préoccupations et faire pression sur ceux qui ont le pouvoir de renverser ces problèmes, certains membres de WASPA-U ont contacté des actionnaires clés en Afrique du Sud qui ont déjà fait pression sur les dirigeants ougandais avec ces tensions avant qu’elles ne se propagent.

    Un des membres de WASPA-U affirme que le président de MTN Ouganda, Charles Mbiire, les avait rencontrés et s’était engagé à accéder à leur revendication après avoir contacté de hauts responsables en Afrique du Sud. MTN a déjà fait face à des accusations de pratiques de concurrence déloyale, en cours de déclaration et de non-respect de la loi, y compris sur d’autres marchés africains où elle opère. En Ouganda, si les preuves déposées par certains des membres de WASPA-U sont vérifiées, MTN pourrait voir le renouvellement de sa licence être retardé. Pour l’heure, les autorités ougandaises indiquent que les préoccupations des pétitionnaires nécessitaient une enquête.

  • Tech: vers la création d’un Facebook et Twitter ougandais

    Tech: vers la création d’un Facebook et Twitter ougandais

    En Ouganda, le régulateur des télécommunications, l’Ugandan Communications Commission (UCC) lancera au cours de l’année des plateformes locales de médias sociaux dans le but de réduire les coûts de l’internet. Pour le directeur exécutif de l’UCC, Godfrey Mutabazi, il s’agit d’un des projets sur lesquels « nous travaillons. Il y a un investisseur qui apporte nos propres plateformes de médias sociaux, au lieu de Twitter, vous allez avoir quelque chose de local que vous allez utiliser ». Selon l’UCC, l’hébergement de contenu en dehors de l’Ouganda est la raison des coûts Internet prohibitifs. Mais la Commission estime aussi que des versions propres de Facebook et Twitter vont empêcher la propagation haineuse.

    L’UCC est l’agence de régulation des communications du pays. Elle est censée promouvoir et sauvegarder les intérêts des consommateurs et des opérateurs sur la qualité. Godfrey Mutabazi confie que des acteurs du gouvernement et de l’industrie des télécommunications seraient encouragés à utiliser et promouvoir les plateformes de médias sociaux locaux pour attirer davantage de personnes. Dans un pays qui compte environ 40 millions d’habitants, selon Godfrey Mutabazi, 10 millions de personnes peuvent s’abonner aux médias sociaux locaux. Le responsable de l’UCC compare la concurrence du marché à la compétition musicale. Alors que la musique des musiciens occidentaux a dominé, Godfrey Mutabazi affirme que les musiciens locaux ont également prospéré, un signal que les plateformes de médias sociaux locales que l’UCC a l’intention d’introduire peuvent s’épanouir aux côtés de Facebook et Twitter.

    Restriction

    L’UCC continue d’encourager les fabricants de smartphones à apporter des produits de qualité, mais relativement bon marché, afin d’augmenter la consommation d’Internet dans le pays. « Dans quelques années, le prix de l’internet va baisser, car nous allons encourager l’importation de smartphones pour que la majorité des gens puissent utiliser les smartphones. Une des raisons pour lesquelles internet coûte cher, c’est parce que la capacité de télécommunication de Mombasa est utilisée par peu de gens », affirme-t-on à l’UCC.

    Cependant, les dernières décisions de l’UCC ne font pas unanimité. Plusieurs observent estiment qu’elle n’a pas le mandat légal de faire certaines choses à la place. Sur la création de réseaux propres à l’Ouganda, les critiques évoquent une volonté de restriction de la liberté de parole. Selon eux, l’UCC veut contrôler la liberté d’expression dans le pays. Le Réseau des droits de l’homme pour les journalistes en Ouganda (HRNJ-U) dénonce régulièrement les décisions de l’UCC. Pour le HRNJ-U, l’UCC a dépassé ses prérogatives pour devenir une agence répressive. Le Réseau des droits de l’homme pour les journalistes a souvent regretté les incidents dans lesquels l’UCC a bloqué l’accès aux médias sociaux, a empêché les médias de couvrir certains événements politiques et a fermé ou menacé de fermer les médias.

     

  • Elle quitte l’UNICEF au Canada pour entreprendre chez elle en Ouganda

    Elle quitte l’UNICEF au Canada pour entreprendre chez elle en Ouganda

    Il y a sept ans, alors qu’elle rendait visite à sa famille dans la ville de Gayaza, dans le centre de l’Ouganda, Lucia Bakulumpagi-Wamala ne pouvait s’empêcher de remarquer les déchets dans les rues. Ayant grandi au Canada, c’était un spectacle inhabituel pour elle.

    Dans une première vie, Lucia Bakulumpagi-Wamala avait été employée chez UNICEF Canada et a également travaillé comme agent dans l’industrie de la mode et du divertissement pendant plusieurs années, avant que l’idée de l’entrepreneuriat ne survienne.

    Bakulu Power a surgi dans l’esprit de l’entrepreneure il y a des années, mais l’idée a pris forme en novembre 2015. « Quand je suis allé en Ouganda il y a sept ans, j’étais enceinte. Il est très commun pour les femmes dans cette condition de regarder les choses différemment. Je pense que cela a également contribué à la création de l’entreprise. »

    En effet, au départ, Lucia voulait se concentrer uniquement sur la production d’énergie à partir de déchets, mais après avoir parlé à un ami, elle a commencé à penser à l’énergie solaire. « Quand j’ai remarqué l’abondance de ces ordures, je suis devenue curieuse. Quelque chose à propos de tous ces déchets m’a vraiment frappé. C’est ainsi que j’ai démarré Bakulu Power », explique Lucia. Bakulu Power qui est une société d’énergie renouvelable basée en Ouganda conçoit, installe et exploite des systèmes pour les clients résidentiels et commerciaux.

    Selon la fondatrice, son entreprise opère pour le moment au niveau micro et macro. « Au niveau micro, nous concevons des systèmes pour les maisons, les hôtels ou les entreprises manufacturières afin de réduire leur dépendance au carburant ou au réseau, ce qui est techniquement peu fiable dans notre pays. Au niveau macro, nous développons des mini-réseaux et vendons l’électricité à l’ensemble de la communauté par unité » explique Lucia.

    Bakulu Power, parce que l’énergie précède le développement

    Bakulu Power développe actuellement trois mini-réseaux solaires dans le district de Buvuma en Ouganda qui apporteront de l’électricité à plus de 8 000 personnes. L’entreprise coopère également avec une usine de production de combustible de cuisine propre (biomasse) dans un camp de réfugiés dans l’ouest du pays.

    Pour démarrer l’entreprise Bakulu Power, Lucia a dû faire dans un premier temps avec ses propres économies et quelques soutiens de la famille. Aujourd’hui, la société n’a pas encore d’investisseurs externes. Selon la fondatrice, la moitié de son temps est désormais consacrée à des actions visant à courtiser ses bailleurs de fonds afin de « croire en son rêve entrepreneurial ».

    « Dans le monde que nous sommes maintenant, les gens comprennent le besoin d’électrification rurale. Ce n’est pas comme si je proposais quelque chose qui n’existe pas déjà. Mais, c’est toujours un défi quand vous êtes nouveau. Nous sommes tous très jeunes dans mon équipe et nous sommes une entreprise locale. C’est un grand défi pour certains investisseurs » explique Lucia. Pour elle, ce n’est pas aisé de faire affaire avec de grandes sociétés multinationales ou des donateurs qui peuvent considérer la nouveauté comme une lacune.

    Mais toute la difficulté ne se résume pas là. Un autre défi consiste à maintenir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée de l’entrepreneure. « Je suis une mère et mon rôle de PDG et de fondatrice prendra un certain temps pour que je m’y habitue », dit-elle.

    « J’apprends de l’expérience »

    Ayant grandi au Canada, Lucia a été habituée à la façon dont les choses se passent en Occident. Cependant, elle a dû modifier son approche pour l’aligner sur l’environnement opérationnel en Ouganda. « Au début, j’ai essayé de faire les choses comme je le faisais en Occident, mais j’en ai souffert. Maintenant, j’essaie consciemment de ne pas négliger la façon dont les choses sont faites localement », confie-t-elle.

    Lucia pense que cela peut arriver à tous ceux qui ont vécu en dehors du continent pendant une longue période. « Quand nous avons grandi dans le monde occidental, nous supposons que… c’est comme ça que les choses devraient être et que c’est ce que tout le monde veut ».

    Bien que Bakulu Power ait moins de deux ans, l’entreprise attire déjà l’attention. Cette année, Lucia a été sélectionnée comme l’un des 30 entrepreneurs africains à surveiller par le magazine Forbes. Son directeur technique a également été sélectionné pour le programme d’entrepreneuriat de la Fondation Tony Elumelu.

    Pour les entrepreneurs en herbe, Lucia conseille : « suis ton cœur. Apprenez tout ce que vous pouvez et restez ouvert à l’apprentissage. Ne pense jamais que tu sais tout parce que tu ne le sais pas. »

     

  • Ouganda: la technologie réduit la mortalité infantile

    Ouganda: la technologie réduit la mortalité infantile

    En Afrique, la consultation prénatale est un processus souvent négligé par des femmes enceintes, surtout dans les zones rurales. Pour emmener les femmes à s’intéresser à cette pratique médicalement importante, Bridge to Health montre des images d’échographie aux femmes enceintes.

    Dans les zones rurales, certaines femmes ne mesurent pas l’importance de se rendre dans une clinique avant d’accoucher. Beaucoup estiment que la consultation des guérisseurs traditionnels est largement suffisante. Pendant la grossesse, les femmes devraient recevoir en moyenne des soins de santé 8 fois, selon l’OMS.

    Faire entrer les femmes dans les soins médicaux lorsqu’elles ne sont enceintes que de quelques mois est une priorité pour les responsables de la santé publique, car de simples interventions sauvent souvent la vie de la mère et de l’enfant.

    Bridge to Health au front

    Une étude de Bridge to Health Medical et Dental a mis en application le dispositif dans les hautes terres du sud-ouest de l’Ouganda en 2014. Cette étude, publiée par PLOS One cette année, a révélé que quand les médecins installent des cliniques temporaires dans les villages ruraux, six fois plus de femmes enceintes visitent lorsque des échosondeurs gratuits sont annoncés.

    Désormais, un groupe de médecins canadiens est à l’avant-garde de ce qui semble être un moyen très efficace d’inciter les femmes enceintes en zones rurales à visiter des cliniques bien avant leurs dates d’échéance. C’est ainsi que dans le sud-ouest de l’Ouganda, un technicien de Bridge to Health, une organisation caritative médicale canadienne, avec une échographe parcourent les villages.

    Ils offrent aux femmes enceintes des aperçus de leurs fœtus pour les encourager à se faire examiner. « C’est magique de pouvoir regarder votre bébé à naître », a déclaré le Dr Michael S. Silverman, spécialiste des maladies infectieuses à la Western University de London, au Canada, et coauteur de l’étude.

    Selon l’organisation Bridge to Health, le traitement précoce du VIH, de la syphilis et de l’hypertension artérielle, ainsi que des vaccins comme le tétanos et des vitamines comme l’acide folique, peuvent faire d’énormes différences dans la survie de la mère et du bébé à la naissance.

    Les dispositifs de l’étude ont coûté entre 2 500 et 10 000 dollars, a déclaré le Dr William Cherniak, directeur exécutif de Bridge to Health et autre co-auteur. Ils sont alimentés par batterie, font 40 balayages par charge. Le groupe espère tester de nouveaux des scanners peu coûteux qui se branchent directement sur les smartphones ; Ainsi, le technicien peut voir le fœtus sur le téléphone et transmettre l’image à un radiologue n’importe où dans le monde, a déclaré le Dr Cherniak. En réalité, jusqu’ici les femmes de l’étude ne pouvaient voir leurs fœtus que sur des moniteurs, mais Bridge to Health a depuis ajouté une imprimante pour que les femmes puissent prendre des photos à la maison.

    « Nous avons même diagnostiqué une appendicite aiguë chez une femme âgée qui est arrivée même si elle n’était pas enceinte », a déclaré le Dr Cherniak. « Ces machines ont beaucoup d’utilisations » se satisfait-il, en espérant ajouter très bientôt des améliorations.

  • Ouganda: la production pétrolière annoncée pour 2020

    Ouganda: la production pétrolière annoncée pour 2020

    Le président Yoweri Museveni a posé le 11 novembre la première pierre d’un pipeline qui va permettre à l’Ouganda de produire du pétrole.

    Le futur pipeline de l’Ouganda sera construit sur plus de 1000 Kilomètres. Le pipeline chauffé sera le plus long du monde à la fin de sa construction. Les travaux vont durer près de trois ans. Si le projet est réalisé, l’Ouganda devrait dès 2020 extraire du pétrole dans le lac Albert dans la région de l’Albertine. Ce sera en collaboration avec la Tanzanie avec lequel l’Ouganda entretient « de bons rapports de coopération », explique un spécialiste de la région.

    C’est le port de Tanga situé en Tanzanie qui va servir de canal pour l’exportation de l’or noir. La production du pétrole va contribuer à l’essor économique de l’Ouganda et de la Tanzanie. Mais pour le moment, c’est à une parfaite réussite du projet que les pays s’attachent. Dans ce cadre, le président Yoweri Museveni et son homologue tanzanien ont indiqué vouloir tout mettre en œuvre. La réalisation du projet rencontre tout de même quelques difficultés. « Nous espérons respecter le calendrier fixé », tempère un membre de l’exécutif ougandais.

    Plus de deux milliards de gain par an

    Même si les deux pays sont décidés à réaliser le projet, il n’en demeure pas moins qu’il existe encore des tâtonnements. A Hoima où des travaux de construction auront lieu, les routes d’accès à la région se trouvent en mauvais état. Un financement devra être consacré à la réhabilitation de plusieurs voies. D’autres infrastructures qui doivent faciliter la production du pétrole vont aussi être construites. « Il se pose aussi un problème de terres », soulève-t-on du côté ougandais. En réponse, l’État compte racheter des terres auprès de la population pour le début des travaux de construction.

    Lors de la pose de la première pierre des travaux de construction du pipeline, le président Yoweri Museveni avait insisté sur l’engagement de l’État à ne lésiner sur aucun aspect de la réalisation du projet. L’État compte d’ailleurs modifier la Constitution pour régler « les différends fonciers » et avoir accès rapidement aux terres. La production du pétrole peut permettre à l’Ouganda « d’intégrer le club des pays aux revenus intermédiaires », selon un économiste de la Banque mondiale. Avant de préciser que le pays pourrait à partir de 2020 gagner plus de 2 milliards par an dans la production pétrolière.

  • Ouganda: vers une modernisation des services de douane

    Ouganda: vers une modernisation des services de douane

    Un projet de modernisation financé par la Chine devrait permettre à l’Ouganda de moderniser ses services de Douane. Le coût de la subvention chinoise est de 30 millions de dollars.

    L’annonce de cet appui financier de la Chine a été faite à Beijing. C’était lors de la deuxième session de la Commission mixte sur le commerce, l’économie, les investissements et la coopération technique entre les deux pays. Cette Commission mixte voit des représentants des deux pays se réunir pour échanger sur différents sujets de coopération bilatérale.

    L’Ouganda envisage améliorer la qualité de son système douanier qui occupe une place importante dans ses choix économiques. Le projet de modernisation indirectement contribuera au renforcement du secteur privé. L’efficacité des services de la douane va contribuer à la compétitivité des chaînes logistiques. Les importations et les exportations du pays pourront aussi être renforcées.

    Réduire les pertes de recettes

    Pour Matia Kasaija, ministre ougandais des Finances, l’appui financier de la Chine se révèle être une grande aide. La subvention devrait en effet permettre à l’Uganda Revenue Authority de se mettre à la pointe. Le fisc ougandais prévoit payer des appareils technologiques, des scanners non intrusifs, de systèmes modernes de gestion des risques douaniers, de supervision et de communication, de services douaniers et d’application de la loi. C’est aussi un moyen propice pour l’Ouganda de « réduire les pertes de recettes et de faciliter la gestion du commerce et des frontières », a indiqué Matia Kasaija.

    À travers cet accompagnement dans l’amélioration des services de douane, la Chine prévoit renforcer sa coopération économique avec l’Ouganda. Les secteurs du commerce, des investissements et des infrastructures sont concernés. L’Ouganda va œuvrer de son côté pour avoir accès au marché chinois, renforcer son attraction touristique et développer l’industrie locale.

     

     

  • L’Ouganda inaugure sa première centrale photovoltaïque

    L’Ouganda inaugure sa première centrale photovoltaïque

    L’Ouganda a inauguré mi-octobre sa première centrale solaire photovoltaïque. L’infrastructure dispose d’une capacité de 10 mégawatts.

    C’est à coup sûr une avancée sur le plan énergétique pour l’Ouganda. Le pays a mis en place sa première centrale solaire photovoltaïque capable d’alimenter près de 40 000 personnes. Les travaux de construction et la mise en service de cette centrale située à Tororo ont été effectués par la multinationale Building Energy spécialisée dans le secteur de l’énergie renouvelable.

    Les travaux ont été financés par FMO, banque de développement des Pays-Bas. Les coûts s’élèvent à près de 20 millions $. Près de 15 millions $ ont été obtenus sous forme de facilité de prêt grâce à FMO. Il est à noter que 50 % du financement ont été syndiqués auprès de l’Emerging Africa Infrastructure Fund (EAIF) alors que la contribution globale de capitaux des actionnaires s’est élevée à 4,9 millions $. Selon Matteo Brambilla, directeur général de Building Energy pour l’Afrique et le Moyen-Orient, va générer près de 16 GWh par an. L’avantage est que cette infrastructure énergétique permet au pays de ne pas émettre par an plus de 70000 tonnes de CO2.

    Un contrat de rachat

    Le parc solaire ougandais est développé grâce au Global Energy Transfer Feed in Tariff (GET FiT). Il s’agit d’une initiative gérée par la banque allemande Kfw et qui porte sur les projets d’énergie renouvelable. Dans le cadre du parc solaire ougandais, le GET FiT a été géré par le Kfw et l’Electricity Regulatory Agency (ERA) de l’Ouganda. Le financement a été pris en charge par le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures, les gouvernements de Norvège, d’Allemagne et du Royaume-Uni

    Précisons que Bulding Energy et l’Uganda Electricity Transmission Company Limited (UETCL) ont signé un contrat de rachat sur une durée de 20 ans. Pour Attilio Pacifici, ambassadeur de l’UE et chef de la délégation européenne en Ouganda, le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures va aider le pays de combler le gap entre le tarif de rachat de l’électricité produite et le coût de production de l’énergie. Ceci grâce à une facilité de financement.