Catégorie : Guinée

  • Helena Mendès : la Guinéenne créatrice de la marque de cosmétiques de luxe Mawena

    Helena Mendès : la Guinéenne créatrice de la marque de cosmétiques de luxe Mawena

    Française d’origine bissau-guinéenne, Helena Mendès était une diplomate passionnée de la géopolitique et des relations internationales. Sa vie a basculé  en 2013 lors d’une visite chez sa sœur au Mexique. Elle y côtoie les femmes de la communauté Maya. Ces derniers partagent avec elle les secrets de beauté ancestraux méconnus en occident. De retour en France, celle qui n’avait aucune connaissance dans l’univers de la cosmétique crée sa marque de produits 100% naturels dénommée Mawena.

    Mawena ( Je suis vue telle que je suis) est la marque d’une gamme de produits de luxe   utilisant les secrets des femmes du monde. Inspirée par les femmes de la communauté Maya du Mexique, Helena Mendès a organisé ces dernières en coopératives et achète les fruits de leurs récoltes à des prix supérieurs à ceux pratiqués sur le marché. L’objectif pour cette femme engagée est d’assurer des meilleures conditions de vie à ces femmes qui ont bien voulu partager avec elle, leurs rituels secrets.

    « Je découvre des rituels de beauté authentiques qui font écho avec les secrets de beauté que ma grand-mère avait transmis à ma mère et que cette dernière m’avait, à son tour, transmis. Je quitte alors le Mexique en faisant une promesse aux femmes de cette communauté : celle de retourner en France pour faire connaitre leurs secrets de beauté. En échange de la production de plantes, je leur verserai des prix raisonnables, plus élevés que sur le marché, afin de leur permettre de se nourrir et d’instruire leurs enfants. Cette économie sociale et solidaire représente le cœur de Mawena », précise Helena.

    Découragée par son entourage au début de l’aventure à cause de la couleur de sa peau, Helena n’a jamais baissé les bras. Réconfortée par le succès que rencontre Fenty de Rihanna, elle poursuit son projet en mettant en valeur aussi bien les femmes de couleur que les blanches.

    « J’ai décidé de créer Mawena parce que je ne partage pas du tout la vision de la beauté et de la femme que les grandes marques cosmétiques proposent aujourd’hui. Je pense qu’une marque de produits de beauté doit faire beaucoup plus que vendre des produits : elle doit être sincère avec elle-même et avec ses clientes, et surtout accompagner les femmes dans leur épanouissement et non les complexer », ajoute-elle.

    Aujourd’hui la marque dispose de sa propre boutique en ligne et y commercialise plusieurs produits comme Rose Marula (huile-sérum-hydratation-protection-éclat), Rose Bamboo (essence florale hydratante sans rinçage), Rose Moringa ou encore Rose Papaya.

  • Mariam Kourouma : la promotrice d’« O’burger », la chaîne de restauration rapide « made in africa »

    Mariam Kourouma : la promotrice d’« O’burger », la chaîne de restauration rapide « made in africa »

    Mariam Kourouma fait partie des jeunes africains dont le parcours entrepreneurial inspire leurs pairs. La guinéenne de 34 ans est la promotrice de la chaîne de restauration rapide « O’burger » qui ambitionne de conquérir l’Afrique.

    Mariam Kourouma a fait ses études primaires et secondaires en Guinée. En France, elle obtint un Brevet de Technicien Supérieur en assistance de direction puis une formation en communication. Elle travaille dans plusieurs entreprises françaises avant de retourner en Guinée où elle fut Business Segment Supervisor chez l’opérateur de téléphonie mobile MTN.
    « Ma première expérience en tant qu’entrepreneure a été dans l’immobilier où j’étais associée avant de me lancer dans la restauration avec les Fast Food O ‘burger. Plus tard, j’ai créé Innov’services qui est une société de services aux entreprises », explique-t-elle. Les restaurants O’burger existent déjà en France, au Bénin et en Côte d’Ivoire.

    Mariam Kourouma est également propriétaire de la société INNOV’SERVICES, qui fait du facility management. « Nous nous occupons absolument de tout (entretien de locaux, organisation d’évènements, secrétariat, gestion locative etc.), afin que les entreprises se focalisent sur leur métier de base. Soit nous exécutons directement les taches que les entreprises nous confient, soit nous les mettons en contact avec les meilleurs fournisseurs/prestataires locaux, précise la Guinéenne.

    Mariam Kourouma emploie 30 personnes et espère donner plus de chance aux étudiants en fin de formation qui recherchent leur premier emploi. « Mon objectif c’est d’employer directement ou indirectement 100 jeunes d’ici 2020… ».

  • Domingo Té: ce prêtre qui voue sa vie à la lutte contre la toxicomanie en Guinée-Bissau

    Domingo Té: ce prêtre qui voue sa vie à la lutte contre la toxicomanie en Guinée-Bissau

    Il y a dix ans, les Nations Unies ont qualifié la Guinée-Bissau de premier narco-État africain. Un point d’entrée pratique en Afrique de l’Ouest avec un gouvernement chroniquement instable, le pays est devenu une terre fertile aux cartels de la drogue de l’Amérique latine fournissant le marché européen en pleine croissance. Dans le lot, Domingo Té, un prêtre catholique mène sa bataille.

    Domingo Té, âgé de 51 ans, est fondateur d’un centre de désintoxication. Il est à l’avant-garde de la crise de son pays, alors qu’un flot ininterrompu de drogues traversant l’Afrique de l’Ouest affecte les Guinéens à une échelle sans précédent.

    Si les responsables bissau-guinéens font désormais allusion à une diminution des drogues qui traversent le pays, une quantité significative ne s’en sortira jamais, et la toxicomanie est toujours à la hausse. Pourtant, il n’y a pas d’aide financée par l’État pour les jeunes ayant des problèmes de toxicomanie et le seul hôpital psychiatrique du pays, le centre de la Jeunesse de Quinhamel, ne garde pas les patients pendant plus de trois jours.

    Au cours des 15 dernières années, sur une population totale de 1,8 million d’habitants, plus de 3 800 Bissau-Guinéens sont passés dans ce centre, dont environ les trois quarts luttent contre la toxicomanie.

    De l’urgence

    « C’est une urgence. L’État ne fait rien, alors nous devons le faire », dit Té. L’ampleur du problème lui est apparue dans un « ordre de Dieu ». Fils de cultivateurs de riz et de haricots dans les campagnes bissau-guinéennes, il n’avait pas pu aller à l’université quand il était jeune: il n’y en avait tout simplement pas dans le pays à l’époque. Il a passé trois ans à étudier la toxicomanie et la psychiatrie dans un centre de formation technique au Portugal et obtient en fin de compte un diplôme en travail social dans son pays.

    Depuis, les connaissances de Té lui permettent d’aider avec le conseil et la thérapie de groupe, de jeunes sous dépendance de la drogue. Le travail de groupe aide les patients qui ont souvent été aliénés de leurs familles et de leurs amis à tisser des liens sociaux, premier pas vers la réinsertion dans la société. Le centre met également l’accent sur les enseignements chrétiens, avec l’étude de la Bible, la messe et les chants religieux.

    « Nous adaptons notre modèle de travail à la réalité ici en Guinée-Bissau », dit-il. Cela signifie un budget très serré: chaque patient doit débourser environ 2,50 dollars par jour, ce qui couvre la nourriture, l’hébergement et les déplacements hospitaliers si nécessaire. Cela signifie également plus de soutien de la part des familles » explique le pasteur.

    Mais alors qu’une approche sociale et spirituelle de la réadaptation a aidé beaucoup de gens à trouver leur emploi, Té n’est pas un psychiatre. Il accepte des personnes de tous les milieux et de toutes les religions, mais son but est clair: « Je suis pasteur, donc je dois amener les gens à Dieu.»

    Avec des fonds limités, il se concentre de plus en plus sur la spiritualité, plutôt que de la formation et de l’éducation. Avec plus d’argent, dit Té, il aimerait ouvrir une salle de classe pour offrir une formation professionnelle en charpenterie, en maçonnerie et en TIC afin de permettre à ses patients de commencer une carrière enrichissante et durable. Il aimerait également ouvrir deux ou trois autres centres dans l’est du pays pour répondre à la demande croissante.

  • Oury Diallo, l’entrepreneur qui vulgarise « l’esprit startup » en Guinée

    Oury Diallo, l’entrepreneur qui vulgarise « l’esprit startup » en Guinée

    À 30 ans, Oury Diallo pose depuis janvier dernier ses premiers pas dans l’entrepreneuriat. Ce Guinéen réfléchit sans cesse à des projets qui peuvent impacter sa communauté.  Diplômé en management et développement commercial, Oury Diallo est également titulaire d’un master 1 en management des entreprises.

    Il explique s’être tôt intéressé à l’idée d’entreprendre qu’il considère comme un moyen d’épanouissement. L’entrepreneur dirige depuis janvier ODK Consulting, une société qu’il a créée. Oury Diallo mise sur son savoir-faire pour conseiller et former des entreprises. ODK Consulting propose en effet des formations en développement commercial en management et en stratégie.

    L’entrepreneur ajoute que le cabinet dispose également des compétences pour conseiller les entreprises dans la gestion des relations avec leur clientèle. « Mes clients sont des PME, des startups et des entrepreneurs. Je les accompagne selon leurs besoins afin qu’ils puissent passer un cap dans leur activité », soutient-il.

    Accompagnement

    Oury Diallo est surtout un entrepreneur qui veut contribuer à l’émergence de nouvelles idées portées par des talents. À cet effet, l’entrepreneur offre à travers son cabinet un accompagnement spécial aux jeunes entrepreneurs qui peuvent passer de « l’idée au projet ».

    Depuis le début de ses activités, l’entrepreneur s’attèle à nouer des relations pour conquérir des clients et développer son business. Oury Diallo finance les activités d’ODK Consulting avec ses propres économies. Mais il négocie avec des organismes dans le but de recevoir des appuis pour renforcer ses activités.

    Sensibilisation

    Oury Diallo compte sur la qualité de ses services pour s’imposer dans un secteur où la concurrence est rude. L’entrepreneur veut sans cesse innover pour faire la différence. Il compte à cet effet s’entourer de ses premiers collaborateurs au cours de l’année. En attendant, Oury Diallo qui est né et a grandi en France travaille sur des thématiques qui peuvent permettre à la jeunesse de son pays d’origine d’évoluer.

    Son objectif est de développer l’esprit entrepreneurial en Guinée. L’entrepreneur confie sa volonté de sensibiliser les jeunes sur l’importance de créer sa propre structure par choix et non par défaut. En Afrique où l’on retrouve la population la plus jeune, le Guinéen estimé que le continent va se développer grâce à ces jeunes. Ces derniers ont un potentiel exceptionnel qu’on doit exploiter, assure-t-il.

  • Madinastores, la Guinée tient désormais son «Amazon»

    Madinastores, la Guinée tient désormais son «Amazon»

     Madinastores est une startup guinéenne spécialisée dans le commerce en ligne. Elle a été créée en 2016 par deux entrepreneurs spécialisés dans les domaines de la data science et du big data. Il s’agit d’Alpha Barry et Thierno Diallo. Ces derniers sont également passionnés par le digital et le développement web. Les deux entrepreneurs confient leur ambition de promouvoir à la fois les technologies et le commerce électronique en Afrique.

    Mais c’est d’abord en Guinée que la startup veut s’imposer. À cet effet, depuis deux ans, le site madinastores.com propose à des clients différents produits. Le site s’est également positionné dans la livraison des commandes aux clients. La startup veut aussi répondre aux besoins croissants des expatriés ou des Guinéens qui veulent des produits aux normes européennes.

    Promouvoir du Guinéen

    Madinastores est dirigée par une équipe de douze personnes, dont un développeur web, un concepteur web, un responsable logistique, un informaticien et quatre commerciaux. Selon Alpha Barry et Thierno Diallo, Madinastores a pour objectif de contrôler le commerce en ligne en Guinée.

    En deux ans, la plateforme en ligne a attiré de nombreux clients parmi lesquels on retrouve des entreprises du secteur privé. La plateforme travaille sur la mise en place d’une logistique efficace pour renforcer son service de livraison dans les villes du pays.

    Selon les deux entrepreneurs, la startup va désormais s’atteler à la formation des jeunes guinéens sur le numérique et le commerce en ligne. Madinastores veut participer à la croissance économique et à la valorisation des jeunes entrepreneurs. Madinastores envisage aussi s’installer dans d’autres pays de la sous-région. Cela permettra à la startup d’assurer la promotion des produits guinéens dans ces pays.

     

  • Guinée: qui est Abdoulaye Banire Diallo, le ‘Einstein’ Africain?

    Guinée: qui est Abdoulaye Banire Diallo, le ‘Einstein’ Africain?

    Lauréat au dernier Next Einstein Fellow #NEF de l’Institut Africain des Sciences Mathématiques tenu en fin du mois dernier à Kigali, dans la capitale rwandaise, Abdoulaye Banire Diallo a séduit par la qualité de ses recherches dans le domaine de la bio-informatique. Ce scientifique travaille sur les apports des big data à la génomique, et en particulier sur la prédiction des mutations génétiques des microbes.

    Si en Afrique il est peu connu, le professeur Abdoulaye fait partie d’une génération restreinte de scientifiques, recherché ailleurs pour sa maîtrise de l’informatique et de l’intelligence artificielle.

    Directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ce Guinéen est également cofondateur et scientifique en chef de My Intelligent Machines (MIMs), une start-up intégrant la Génomique, la Bio-informatique et l’Intelligence Artificielle (IA).  La technologie MIMs a été classée 8e sur plus de 250 au Canada en 2017. « L’outil met en contexte toutes les données publiques, y compris celles des bio banques. L’idée est de fournir une plate-forme de données à destination de la santé de précision » explique-t-il.

    Parti étudier l’informatique à Montréal en 2000 avant de poursuivre par une thèse à l’université de McGill, Abdoulaye Banire Diallo pu y développer des techniques d’apprentissage permettant de prédire l’évolution des génomes ancestraux des mammifères. Puis de fil en aiguille, celui du génome humain.

    Il s’intéresse aussi aux plus petits génomes du vivant, celui des virus et des bactéries. « J’ai conçu des modèles statistique permettant de décoder l’évolution du génome des microbes », a confié celui qui est devenu professeur d’université à seulement… 26 ans.

    Vie de chercheur

    Dans un passé récent, Abdoulaye Banire Diallo a occupé un poste de chercheur à l’Université du Québec à Montréal, à l’Université McGill, au Broad Institute du MIT / Harvard et au Laboratoire d’informatique du MIT.

    Le chercheur a la particularité d’exploiter la bio-informatique et l’IA pour accélérer les solutions génomiques éclairées en médecine personnalisée, en biovigilance, en surveillance, etc.

    Avec plus de 60 publications et divulgations d’invention à son actif, Abdoulaye Banire Diallo a donné plus de 30 conférences aux MIT, Oxford, UCSF, Institut Pasteur, IRESSEF…  Il a reçu plus de 20 prix de recherche. En Afrique, il dirige plusieurs projets dont une plateforme des pathogènes en Afrique de l’Ouest, le Acces Omic Sénégal.

    En été dernier, le professeur et son stagiaire postdoctoral, Wajdi Dhifli, avaient remporté le Prix du meilleur article et de la meilleure présentation décernés dans le cadre de la conférence internationale en apprentissage automatique et fouille de données (International Conference on Machine Learning and Data Mining), qui avait lieu à New York.

    En effet, le professeur Diallo et son stagiaire ont proposé un nouvel algorithme de classification, nommé « Galaxy-X », qui solutionne bien de  problèmes. «Contrairement aux algorithmes de classification existants, Galaxy-X se base sur l’hypothèse d’un ‘’ensemble ouvert’’, dans lequel la présence de classes qui n’ont pas été vues durant l’apprentissage est possible. Notre approche représente chaque classe par une hyper sphère. Par conséquent, l’espace de données d’apprentissage se transforme en une galaxie de classes dans un univers ouvert de possibilités, d’où le nom de l’approche » a expliqué le chercheur. Et d’ajouter que « l’’efficacité de Galaxy-X a été démontrée dans plusieurs domaines d’application comme la reconnaissance faciale, l’écriture manuscrite et les classifications fonctionnelles de protéines en bio-informatique », a-t-il conclu.