Catégorie : Nigeria

  • Akasemi Ollor : l’avocate nigériane de 29 ans qui fait sensation dans le milieu des affaires

    Akasemi Ollor : l’avocate nigériane de 29 ans qui fait sensation dans le milieu des affaires

    Akasemi Ollor est une avocate nigériane qui intervient dans des affaires complexes généralement réservées aux hommes. Ses domaines d’expertise et ses intérêts incluent le droit de l’énergie et des ressources naturelles, le droit maritime, le commerce international, le financement de projets, le droit commercial des sociétés, les procédures de secrétariat des entreprises, la gouvernance d’entreprise, et l’arbitrage. L’avocate de 29 ans a eu le mérite de négocier avec succès l’acquisition d’un bloc pétrolier auprès du gouvernement ghanéen.

    Issue d’une famille d’intellectuels, Akasemi Ollor est une passionnée de la lecture. Son goût pour les études juridiques, elle l’a acquis également de ses parents. «J’ai moi-même constaté comment ils ont utilisé la loi pour protéger leurs droits en cas de violation de ceux-ci et j’ai aussi aimé et appris à comprendre à quel point la loi était logique en ce qui concerne les droits et obligations des personnes», se rappelle-t-elle.

    En 2012, elle a rejoint le célèbre cabinet d’avocats George Etomi and Partners du Nigéria. Pour éviter d’être sous-estimée dans cet univers fortement masculinisé, elle se donne pour devise le travail bienfait.

    Akasemi Ollor a participé à diverses transactions, notamment en conseillant l’actionnaire majoritaire d’Eko Electricity Distribution Company dans le processus de privatisation de la Power Holding Company of Nigeria (PHCN).
    « Les gens peuvent vous sous-estimer mais il faut leur prouver qu’ils ont tort à chaque fois. Ils ne peuvent jamais contester le travail bien fait car le produit du travail parlerait finalement pour lui-même. Enfin, n’ayez pas peur de posséder vos exploits et d’être fiers de chacun», explique-t-elle aux jeunes femmes qui veulent faire comme elle.

    Après deux ans dans le cabinet George Etomi and Partners Akasemi Ollor obtient une bourse pour se spécialiser en droit maritime en Grande Bretagne. Après sa formation, elle refuse de rester en Europe et rejoint le cabinet où elle fit ses premiers pas.
    « Je n’ai jamais eu l’intention de vivre au Royaume-Uni, car j’ai toujours pensé qu’il y avait beaucoup de travail à faire sur le continent en matière de développement et que l’Afrique était le lieu où je pouvais avoir le plus d’impact», explique-t-elle.
    La jeune avocate Nigériane a négocié, sous les auspices du cabinet George Etomi & Partners, l’acquisition du bloc pétrolier West Cape Three Points Block 2 pour la société Springfield.
    Défenseurs des droits des femmes, Akasemi Ollor conseille ces dernières de ne jamais reculer face aux intimidations des hommes. « La société conditionne les femmes à être des personnes qui plaisent. Si vous cédez à cela, vous constaterez peut-être même que les hommes finissent par se vanter de vos idées, de votre contribution et de votre travail parce que vous sentez le besoin de plaire ou d’éviter un conflit apparent », martèle l’avocate.

  • BudgIT : les Tic au service de la bonne gouvernance au Nigéria

    BudgIT : les Tic au service de la bonne gouvernance au Nigéria

    La startup nigériane Budgit créée en 2011 par  Oluseun Onigbinde se présente comme le baromètre de la bonne gouvernance au Nigéria. L’entreprise a développé une plateforme numérique (web et mobile) qui permet aux citoyens  de suivre régulièrement les dépenses publiques du Nigéria. La plateforme a déjà enregistré plus de 5 millions de visiteurs.

    BudgIT  est une initiative du Nigérian Oluseun Onigbinde. L’ancien employé de banque  s’est lancé dans l’aventure des Technologies de l’information et de la communication en participant en 2011 à un hackaton organisé par un incubateur nigérian. Il développe ainsi la première version de la plateforme  BudgIT et rend accessibles aux populations des informations sur les dépenses publiques du Nigéria.

    L’année suivante la startup BudgIT reçoit le prix de la science et de l’innovation technologique. Elle réussit en 2014 à lever 400 000 usd et lance tracker le nouveau service qui permet de suivre plus de 600 projets financier par le budget de l’Etat fédéral nigérian.

    BudgIT  est souvent sollicité par des organisations de la société civile pour mener  des études spécifiques. C’est le cas du Centre pour la Démocratie et le Développement qui a requis les services de la startup  en 2015 pour suivre et analyser les réalisations des promesses électorales du président de la République Buhari, d’où l’appellation « Buharimeter ».

    La startup fut également sollicitée par le gouvernement nigérian notamment le ministère du budget pour faire la lumière sur la gestion des dépenses des industries minières du pays.  Les services de BudgIT sont sollicités en dehors du Nigéria notamment au Ghana et en Sierra-Léone. L’application permet aux Etats africains de lutter contre le manque de transparence et la corruption dans les administrations publiques.

  • Nigéria : « My medecines » pour lutter contre les médicaments d’origines douteuses

    Nigéria : « My medecines » pour lutter contre les médicaments d’origines douteuses

     

    Pour lutter contre les médicaments contrefaits et faciliter l’accès des populations nigérianes aux produits pharmaceutiques de qualité, l’entrepreneure  Abimbola Adebakin a lancé My medecines , une plateforme numérique qui permet de livrer des médicaments d’origines vérifiées aux clients.

    Selon l’organisation mondiale pour la santé (OMS), un médicament sur 10 est de qualité inférieure ou falsifié dans les pays en développement. En  Afrique, malgré les efforts des gouvernements pour lutter contre ces réseaux mafieux, les faux médicaments se vendent encore comme des beignets aux coins de rue dans certaines villes.

    Pour permettre aux populations d’avoir accès à des médicaments de qualité, Advantage Health Africa, spécialisée en conseil dans le domaine sanitaire et pharmaceutique a créé la plateforme digitale My Medecines qui livre aux clients jusqu’à leurs domiciles, des produits de bonne qualité.

    L’avantage avec My Medecines est la possibilité pour les clients de connaitre l’origine des médicaments qu’ils achètent. Les personnes qui vivent en dehors du Nigéria peuvent également s’inscrire sur la plateforme et acheter des médicaments pour leurs proches au pays.

    Avec l’accès facile aux produits pharmaceutiques qu’offre My medecines, les populations nigérianes se détourneront petit à petit des produits douteux.

    Abimbola Adebakin (41 ans) est diplômé en pharmacie et en administration à l’Université de Lagos (Nigéria). Elle est également titulaire d’un doctorat en administration à l’Université de Cranfield, au Royaume-Uni.

    Abimbola Adebakin a travaillé en 2015 et 2016 pour la fondation Tony Elumelu du riche homme d’affaire nigérian. Elle dirigeait les programmes de la fondation et était l’une des pièces maitresses de l’élaboration du très célèbre programme d’entrepreneuriat de la fondation.

    Avant  2015, elle fut Technologue de performance agréée (CPT) de la Société internationale pour l’amélioration de la performance (ISPI), États-Unis  et maître formateur accrédité pour le programme de formation du conseil du Forum mondial / IFC pour les administrateurs et membre du Chartered Institute of Gestion du personnel (CIPM) du Nigéria.

     

  • Nigéria : avec son algorithme, Aella Credit offre des prêts aux exclus des banques

    Nigéria : avec son algorithme, Aella Credit offre des prêts aux exclus des banques

    Dans la majorité des pays francophones d’Afrique, l’obtention d’un prêt bancaire pour développer son affaire demeure un parcours complexe aboutissant souvent à un refus. Au Nigéria, la startup  Aella Credit met en place un algorithme d’évaluation de risque crédit en analysant plusieurs années de données sur le comportement du marché nigérian.  En 2015, l’entreprise a accordé 500 000 dollars de prêts à 1000 personnes.

    Au Nigéria, plus de 90% de la population ne bénéficient pas de prêts bancaires. La quasi-totalité des entrepreneurs se retournent vers des usuriers pour financer leurs projets.  La réticence des banques à financer les entrepreneurs s’expliquent en partie par la non-maitrise des risques crédits.

    Aella Credit avec son algorithme décliné en application mobile permet aux demandeurs de crédits d’avoir accès au financement sans tracasserie.  Pour cela, il suffit d’accéder à l’application et de remplir en quelques minutes, le formulaire de demande de crédit. L’application avec alrgoritme, analyse de votre profil, vous indique le montant auquel vous pouvez avoir accès ainsi que les conditions de remboursement.

    Les empereurs qui parviennent à honorer leurs engagements dans le délai peuvent bénéficier d’un nouveau prêt avec un montant plus élevé. Pour bénéficier des taux d’intérêt les plus faibles, les bons élèves de la plateforme sont regroupés en réseau et sont encouragés à y inviter leurs contacts.

    En 2015, Aella Credit a réalisé un chiffre d’affaires de  120 000 dollars. Pour son développement, la plateforme a levé 8 millions de dollars auprès d’un consortium américain.

    Aella Credit , est une initiative d’Akin Jones (co-fondateur) et ses partenaires.  Le diplômé d’ Howard University a exercé dans le secteur bancaire pendant une dizaine d’années avec de se consacrer à sa startup.

  • Elizabeth Kperrun : apôtre  de  l’éducation en langue locale et sur mobile

    Elizabeth Kperrun : apôtre de l’éducation en langue locale et sur mobile

    Au Nigéria, la jeune entrepreneure de 32 ans Elizabeth Kperrun apporte l’éducation aux populations démunies avec l’application mobile Zenafri.  L’idée est de simplifier l’éducation en la rendant ludique. Les utilisateurs de la plateforme peuvent faire l’apprentissage aussi bien dans leur langue locale qu’en anglais.

    Le succès de la plateforme numérique  Zenafri dépasse les frontières du Nigéria. L’application est utilisée sur les cinq continents et la promotrice ne cache pas sa joie. « Nous avons des statistiques qui nous révèlent que Notre application a été téléchargée au Nigeria, en Afrique du Sud, au Kenya, en Ouganda, aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie… C’est un accès mondial ! », se réjouit-elle.

    Depuis sa création en 2015, l’entreprise Zenafri  Limited spécialisée dans le développement des jeux et applications à vocation éducationnelle pour les enfants et familles africaines a déjà mis sur le marché trois jeux. Il s’agit de AfroTalez, First Words et Teseem. Ces jeux apprennent essentiellement aux utilisateurs, leur langue maternelle ainsi que l’anglais. Les applications permettent également aux utilisateurs de connaitre les contes traditionnels africains.

    « L’enseignement de qualité est très coûteux au Nigéria et certains enfants n’y ont donc pas accès. L’éducation est très difficile. Ce que nous essayons de faire, c’est d’utiliser des applications mobiles pour les smartphones. Les familles peuvent les télécharger pour apprendre les mots de base dans leur langue locale ainsi que dans la langue anglaise », explique Zenafri.

    Avec sa startup, Elizabeth Kperrun a remporté le programme 54 de  Women In Africa (WIA) Initiative. Elle a également reçu le prix de l’éducation lors du second Sommet mondial de WIA, à Marrakech, en septembre 2018. Elizabeth Kperrun vient de remporter en mai 2019, le « Prix Initiative » lors de la troisième édition de l’AFD Digital Challenge.

    Elizabeth Kperrun (32 ans) est diplômée en communication, en gestion des affaires et en entrepreneuriat.

  • Cosmas Maduka : l’autodidacte, patron d’un des plus grands concessionnaires du Nigéria

    Cosmas Maduka : l’autodidacte, patron d’un des plus grands concessionnaires du Nigéria

    L’histoire de Cosmas Maduka fascine les entrepreneurs. Issu d’une famille nigériane modeste, le PDG de la COSCHARIS a connu une enfance difficile. A l’âge de 4 ans, il perd son père et se retrouve en apprentissage chez oncle. Ce dernier l’autorise à dormir dans le magasin. En contrepartie, il exécute toutes les corvées de l’atelier.
    Sa vie bascule à nouveau le jour où il prend la mauvaise décision de fermer l’atelier de son oncle pour participer à une retraite à l’église. Furieux, l’oncle le chasse de l’atelier et lui remet un dollar.

    Cosmas Maduka s’associe avec son frère et ils investissent dans la vente de pièces détachés. La collaboration a été de courte durée. Les deux personnes ne s’entendent par sur la gestion de leur business. Maduka décide alors de faire cavalier seul toujours dans la vente de pièce détachées. Il rencontre plusieurs difficultés et se retrouve finalement avec une balance à la main entrain de faire le porte à porte pour prendre le poids de ses clients contre quelques pièces.

    Avec les économies réalisées, Cosmas Maduka crée COSCHARIS qui au départ était une entreprise de vente de pièce détachées pour moto. Selon Forbes, sa société vend aujourd’hui plus de 400 voitures par mois, dont les prix s’élèvent à environ 150 millions de nairas (420 000 dollars). Son parc de luxe comprend des voitures de marque comme Rolls-Royce, BMW, Jaguar, Range Rover et Ford.

    Sur le marché des TIC Cosmas Maduka a créé COSCHARIS Technologies Limited et se positionne en challenger. Il a développé des partenariats avec HP, Microsoft et Lenovo,
    Cosmas Maduka s’inspire beaucoup de la culture japonaise. « À partir du début des années 80, je me rendais au Japon pour affaires et même après cela, j’y passais un peu plus de temps pour admirer leur culture et leur mode de vie qui m’influencent beaucoup », a-t-il confié à Forbes Afrique.

  • Jumia : Première société  technologique africaine cotée à la bourse de New York

    Jumia : Première société  technologique africaine cotée à la bourse de New York

    Jumia, le numéro1 du e-commerce en Afrique a réalisé une brillante introduction  au  New York Stock Exchange (NYSE). La société créée en 2012 au Nigéria, a réussi à lever 196 millions de dollars.

    «  Nous allons continuer à nous concentrer sur notre mission et à travailler encore plus dur pour aider les consommateurs, les vendeurs, les partenaires et toutes les parties prenantes à tirer profit de cette révolution technologique », peut-on lire dans un communiqué publié par la startup.

    Jumia est aujourd’hui présente dans 14 pays d’Afrique et emploie 5000 salariés.  Selon tribune.fr,  en 2018, le volume des transactions réalisées sur ses plateformes s’est élevé à 828,2 millions d’euros, soit une progression de 63% par rapport 2017.

    Sur un continent où la bancarisation est faible, Jumia arrive à satisfaire ses clients en optant pour des paiements à la livraison.

  • Fibre : la statrup qui  simplifie les procédures de location de logements à Lagos

    Fibre : la statrup qui  simplifie les procédures de location de logements à Lagos

    Louer un appartement au Nigéria tout comme dans plusieurs capitales africaines n’est pas aisée. Non seulement la procédure de location demande du temps, il faut également avoir un budget conséquent. Les propriétaires des appartements exigent généralement deux ans de caution. Le jeune nigérian Obinna Okwodu, propriétaire de la startup Fibre a imaginé une  solution adaptée aux jeunes professionnels et cadres moyens.

    Fibre est une plateforme numérique qui propose à ses clients, des résidences avec des procédures de paiements allégés. La startup ne propose pas des prêts immobiliers mais des plans de paiement adaptés aux bourses des clients.

    «Dans la plupart des cas, nous ne possédons pas les propriétés que nous louons. Nous travaillons en partenariat avec les propriétaires et agissons en tant qu’agent, en les aidant à trouver un occupant approprié de leurs propriétés. Nous recevons et versons également des revenus de location pour le compte de nos partenaires propriétaires », peut-on lire sur le site de la startup.

    Fibre est une initiative d’ Obinna Okwodu. Né aux USA, Obinna a effectué son enfance au Nigéria avant de poursuive ses études universitaires à Cambridge, à l’Université du Massachusetts Institute of Technology. Là il obtient B.Sc. (Baccalauréat universitaire en sciences) en génie civil et en sciences de la gestion. Obinna Okwodu  a travaillé un an chez Morgan Stanley avant de revenir créer son entreprise au Nigéria.

    Sa passion, pour le bâtiment, il la tient de son père. « Mon père est ingénieur civil. Nous passions les samedis après-midi sur ses chantiers de construction à Lagos. Son travail a été l’une des principales raisons pour lesquelles j’ai commencé à me soucier des structures et j’ai décidé d’étudier le génie civil à l’Université. C’est pourquoi j’ai choisi d’en apprendre davantage sur l’immobilier et d’essayer de faire la différence sur le marché immobilier du Nigéria », explique-t-il.

    Fibre fait partie des 30 entrepreneurs les plus prometteurs en 2018. Ses services couvrent essentiellement la grande ville de Lagos.

  • Kofo Akinkugbe : l’unique productrice des cartes certifiées Europay Mastercard Visa de la CEDEAO

    Kofo Akinkugbe : l’unique productrice des cartes certifiées Europay Mastercard Visa de la CEDEAO

    La lauréate du prix du meilleur entrepreneur  2017  de la fondation Fate, Kofo Akinkugbe est une femme d’affaire qui impressionne aussi bien par son parcours professionnel que ses réalisations entrepreneuriales.  La PDG de  la SecureID Group  s’illustre dans le secteur de la haute technologie. Ses entreprises SecureID Limited (créée en 2005) et SecureCard Manufacturing (créée en 2012) sont respectivement spécialisées dans la personnalisation et la création des cartes à puces électroniques.

    Kofo Akinkugbe fait partie du cercle fermé des 8 producteurs des puces électroniques en  polycarbonate  en Afrique. Dans la sous-région ouest-africaine elle est l’unique sur ce marché.  Son groupe est la seule  usine de cartes certifiée EMV (Europay Mastercard Visa) en Afrique de l’Ouest.

    Pour Kofo Akinkugbe les femmes ont bel et bien leur place dans le secteur manufacturier : « Il y a des problèmes de genre dans le secteur manufacturier, mais les choses sont beaucoup plus faciles maintenant, il n’y a plus de place pour les erreurs, le contrôle de la qualité est maintenant essentiel. Ainsi, les femmes sont encouragées à se joindre au secteur manufacturier ».

    Diplômée  en mathématique à l’Université de Lagos (Ngéria), elle a bénéficié de la bourse Chevening du gouvernement britannique pour un MBA à la Strathclyde Graduate Business School, en Écosse. Elle a exercé dans le secteur bancaire chez  International Merchant Bank Plc et Chartered Bank Limited entre autres.

    Aujourd’hui, les entreprises Kofo Akinkugbe fournissent leurs services à 16 pays sur le continent africain. En 2012, Kofo a remporté le prix Africa Business Awards pour l’entrepreneuriat. Mariée et mère de deux enfants, Kofo Akinkugbe est décrite comme une philanthrope par ses proches.

  •  Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

     Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

    C’est un rapport accablant et sans complaisance qu’a rendu public, il y a quelques jours, l’ONG Nigériane Paradigm Initiative sur les droits du numérique en Afrique. Le rapport rendu public lors du Forum Mondiale sur la gouvernance de l’Internet à Paris, dresse un tableau sombre de la dégradation de ces droits en Afrique. Parmi les mauvais élèves de ce rapport, on note entre autres les pays comme : l’Ouganda l’Égypte et le Cameroun.

    Selon Paradigm Initiative, la répression des Droits numériques et les violations à travers le continent ont revêtu une nouvelle dimension juridique et sophistiquée. Les dictateurs et les régimes répressifs avec l’avènement d’internet ont adopté la tactique dite de « l’État de droit » pour faire taire la dissidence, la mobilisation des citoyens et le discours civil en ligne. Cette tactique de « l’État de droit » est une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l’espace pour la liberté d’expression, la vie privée, la liberté de réunion et d’association et d’autres Droits numériques en ligne.

    Le rapport en question explique, dans un premier, que les régimes de Tanzanie, d’Ouganda de Zambie d’Égypte du Maroc du Bénin et du Togo se sont inspirés du registre des dictateurs pour mettre en péril l’avenir des sociétés démocratiques, ouvertes et inclusives à travers le continent. Puis regrette le fait que ces états refusent de donner suite à des appels en faveur de la promulgation de lois protégeant les droits numériques ou retardent tout simplement l’adoption de ces lois et politiques.

    Le rapport Paradigm Initiative indique par ailleurs que seuls 23 pays ont mis en place une législation sur la protection des données sur le continent (15 autres avec un projet de législation), alors que la protection des données est devenue un fondement essentiel de la vie à l’ère numérique et du bon fonctionnement de l’économie numérique. Un nombre insuffisant au regard des réactions des militants des droits de l’homme sur le continent. Lesquels s’inquiètent du fait que plusieurs lois importantes nécessaires à la protection des Droits numériques n’existent pas ou sont à l’état de projet.

    En Afrique, des arrestations de citoyens pour des commentaires anodins faits en ligne, une surveillance illégale des citoyens et même des fermetures d’Internet sont effectuées dans des contextes où la constitution et la législation nationales déclarent de tels actes illégaux. Dans de tels scénarios, il est souvent devenu habituel pour les acteurs étatiques d’extraire littéralement des sections de la législation existante et de les utiliser comme justification légale d’actes illégaux.

    Des coupures d’internet fréquentes.

    Au cours des trois dernières années, les coupures d’Internet ont eu lieu avec une régularité remarquable en Afrique, généralement autour des manifestations de citoyens et d’autres événements politiques. Le rapport de 2016 sur les Droits numériques en Afrique rendu public par Paradigm Initiative a fait état de 11 incidents des fermetures d’Internet sur le continent alors que le rapport de 2017 traitait de 8 incidents. En 2018, des interruptions ou des perturbations de l’Internet ont eu lieu en Éthiopie, au Mali, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, au Cameroun et au Tchad. Dans le monde entier, de nombreuses personnes se souviendront de la fermeture de l’Internet au Cameroun, qui a duré 93 jours.

    Le plus long arrêt d’Internet de l’histoire du continent a montré que le respect des Droits numériques désespérément faible en Afrique était en baisse. En plus de la souffrance humaine, les arrêts d’Internet occasionnés causent également des pertes économiques comme l’ont montré certaines études. Il existe déjà des signes encourageants indiquant que le sujet est abordé dans les principaux forums internationaux. Cependant, il reste encore beaucoup à faire dans le contexte de l’Union africaine pour mettre un terme à la situation entourant les fermetures d’Internet en Afrique.

    Les mauvais élèves

    L’Ouganda a attiré l’attention de la Communauté internationale en raison de sa stricte position juridique et sociale à l’égard de la communauté LGBTQI. L’économie ougandaise a connu une croissance de 4,5 % au cours des deux dernières années. Cependant, la croissance économique a été plus rapide en raison de la forte croissance de l’agriculture et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

    La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie en 2017, cette année a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés, comme le montrent les exemples ci-dessous.

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    Le gouvernement a fermé plusieurs journaux et attaqué plusieurs dirigeants, y compris des groupes minoritaires et des adolescentes enceintes. En avril, deux musiciens tanzaniens ont été arrêtés pour avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux. Le chanteur primé âgé de 28 ans, Nassib Abdul, également connu sous le nom de Diamond Platnumz, a été arrêté le 16 avril pour avoir partagé un clip vidéo avec ses 4,5 millions de followers sur Instagram le montrant en train d’embrasser une fille.

    En outre, Faustina Charles, âgée de 26 ans, connue sous le nom de Nandy, a également été arrêtée le même jour pour avoir publié un clip vidéo d’elle-même et d’un autre musicien via WhatsApp. Les autorités tanzaniennes ont estimé que la vidéo était « indécente ».

    Le Règlement de 2018 sur les communications électroniques et postales (contenu en ligne), entré en vigueur en avril 2018, introduit une série de restrictions radicales à la liberté d’expression, notamment en exigeant : La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie, et 2018 a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés.

    En Afrique blanche, l’Égypte et Maroc se sont illustrés négativement dans ce rapport. Depuis la prise du pouvoir en Égypte par le général Abdel Fattah El-Sisi, le contexte de répression brutale des voix dissidentes s’est accru ; y compris en 2018. L’Égypte dispose par exemple d’un des réseaux de surveillance les plus étendus ciblant les groupes d’opposition, les militants, les organisations de défense des droits humains, les blogueurs et les journalistes. Surtout sur les médias sociaux et autres plateformes de communication, cette réalité a créé un climat de peur au sein de la communauté activiste égyptienne.

    À cet égard, il y a eu un certain nombre d’arrestations et de détentions de voix dissidentes sur des plateformes numériques en Égypte. Le 23 mai 2018, l’éminent blogueur et journaliste égyptien Wael Abbas, l’un des blogueurs les plus populaires du monde arabe, a été arrêté par la police égyptienne, mais pas avant de publier « Je suis en train d’être arrêté » sur sa page Facebook. Wael Abbas a été un blogueur pionnier et influent en Égypte, connu pour ses critiques sur la corruption, les brutalités policières et le recours à la torture en Égypte.

    Dans un autre incident qui témoigne du climat répressif qui règne dans le pays, une touriste libanaise, Mona El-Mazbouh, a été condamnée par un tribunal du Caire le 7 juillet à huit ans d’emprisonnement. Sa peine concernait une vidéo de 10 minutes qu’elle a postée sur Facebook dénonçant le harcèlement sexuel et les conditions de vie en Égypte.

    Toujours en Égypte, depuis le 14 août 2018, les autorités égyptiennes ont ordonné la détention de quatre journalistes dans le cadre d’une affaire où plusieurs journalistes, militants et universitaires étaient accusés d’appartenance à un groupe interdit et de diffusion de fausses informations. Parmi eux, Islam el-Refai, également connu sous le nom de Khorm, un blogueur satirique qui gérait également un compte satirique sur Twitter avec 75 000 abonnés.

    Le 11 mai 2018, Amy Fathy et Mohamed Lotfy, son mari, ont été arrêtés pour avoir publié une vidéo sur Facebook dans laquelle elle parlait de harcèlement sexuel en Égypte et du manque de protection du gouvernement envers les femmes. La police a fait irruption chez elle au Caire et les a conduits au poste de police avec leur enfant de 3 ans. Sa vidéo de 12 minutes a également abordé la dégradation de la situation des droits de l’homme et de la situation socio-économique en Égypte.

    Au Maroc par contre malgré l’existence de l’article 25 de la Constitution marocaine de 2011 garantissant les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes. Plusieurs web journalistes ont été inquiétés. C’est le cas en juin 2018, du web -video-journaliste et éditeur marocain, Mohamed al-Asrihi condamné à 5 ans de prison et à une amende de 2 000 dirhams marocains (environ 210 $), dont le travail porte sur la corruption, les droits de l’homme et la politique, un autre cas plus palpant est celui du journaliste et rédacteur en ligne sur Internet, Hamid al-Mahdaoui, qui couvre la corruption, la politique et les droits de l’homme.

    Il a été arrêté le 20 juillet 2017 par la police marocaine alors qu’il se rendait dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, pour couvrir des manifestations organisées par le Mouvement populaire. Le même mois, il a été condamné par le tribunal pénal à trois mois d’emprisonnement et à une amende de 20 000 dirhams marocains (2 200 dollars) pour « avoir commis des délits par des discours et des cris dans des lieux publics ». À cette liste vient s’ajouter un manifestant du non d’El Mortada Lamrachen ; lui a été arrêté chez lui le 10 juin 2017 après avoir utilisé sa page Face book pour appeler à des manifestations pacifiques lors des troubles qui se sont déroulées dans la région de Hoceima, au Maroc, d’octobre 2016 à juillet 2017. Une situation moins reluisante similaire à la situation qui prévaut en Afrique centrale et de l’ouest.

    Dans cette partie du continent africain les restrictions liées au des Droits numériques ont également été enregistrés dans les pays comme : le Cameroun la République démocratique du Congo, le Nigéria et le bénin.

    Le Cameroun n’a pas encore de loi spécifique sur les médias sociaux et Internet. La loi n ° 2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité est utilisée, le cas échéant, et « régit le cadre de sécurité des réseaux de communication électroniques et des systèmes d’information, définit et sanctionne les infractions liées à l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication au Cameroun ». Bien que cette loi soit appliquée pour contenir la menace croissante de la cybercriminalité, les fausses informations et les discours de haine restent critiqués pour leur manque de précision sur les Droits.

     

    Le pays a enregistré une fermeture d’Internet de 93 jours en 2017 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions en conflit depuis 2016. Le 6 décembre 2017, l’écrivain camerounais Patrice Nganang a été arrêté dans la région du Littoral camerounais avant son voyage au Zimbabwe. L’arrestation a eu lieu après plusieurs publications sur son compte Facebook critiquant le président Paul Biya et son gouvernement.

    Le 20 janvier 2018, une lettre circulaire du ministre de la Justice enjoignait aux magistrats de « s’engager, après identification précise par les services de sécurité, à poursuivre juridiquement toute personne résidant au Cameroun qui utilise les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations ».

    Cette circulaire est considérée par les activistes comme un prétexte pour le contrôle de l’Internet. En 2018, la RD Congo a enregistré plusieurs perturbations et fermetures d’Internet. L’accès aux médias et aux réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype a été interrompu à plusieurs reprises pour entraver la communication entre les manifestants de l’opposition dans plusieurs régions du pays.

    En 2017, la Collaboration sur la Politique internationale relative aux TIC en Afrique Orientale et Australe (CIPESA) estimait que la République Démocratique du Congo perdait 2 millions de dollars par jour à cause de ces perturbations. Le 30 décembre 2017, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Information a demandé par lettre officielle au Directeur général d’Africell Congo de suspendre totalement les fournitures Internet et SMS dans le pays. Cette fermeture de trois jours a eu lieu après le début des manifestations de l’opposition.

    La République du Bénin a quant à elle maintenu un bilan décent en matière de droits de l’homme au cours de la dernière décennie. Malheureusement, la décision du gouvernement d’imposer une taxe sur les services payants dans le pays a gâché ce record. Le gouvernement, par le décret 218-341 du 25 juillet 2018, a imposé une taxe sur l’utilisation des médias sociaux. Le décret prévoit le paiement d’une redevance de 5 FCFA par mégaoctet utilisé par l’utilisateur des services Over the Top (OTT) tel que Facebook, WhatsApp, Twitter, Viber et Telegram. Cela s’est traduit par une augmentation de 400 % du prix d’un mégaoctet dans le pays.

    Outre cette mesure Le Bénin a un bilan moins que remarquable en matière de liberté de la presse et est actuellement classé 84e sur 180 pays dans un classement de Reporters Sans Frontières. La menace de fermer des publications en ligne non enregistrées dans un pays sans procédure connue d’enregistrement devrait être considérée dans le contexte plus large d’un pays qui a montré une tendance à fermer à volonté les médias.

    Au Nigéria les cas de restrictions et de violations des droits numériques. Depuis l’instauration du nouveau gouvernement au Nigéria en 2015, on a le sentiment que la situation des droits de l’homme s’est détériorée. La liberté d’expression, la liberté d’association et les voix dissidentes ont été mises à rude épreuve, une situation qui a désillusionné des millions de Nigérians qui espéraient une vie meilleure. Les actions, les politiques et les déclarations du gouvernement fédéral et de certains gouvernements d’États ont porté atteinte aux droits de l’homme, y compris les Droits numériques.

    3Le 1er janvier, Daniel Elombah, l’éditeur de elombah.com, a été arrêté à l’aube avec son frère Timothy dans sa résidence dans l’État d’Anambra au Nigéria par des agents de la sécurité, sur un article qu’il avait écrit et jugé offensant pour l’inspecteur général de la police du Nigéria, publié sur le site Web privé Opinion Nigéria. Les deux hommes ont été traduits devant la Haute Cour d’Abuja le 1er mars 2018 et ont plaidé « non coupables » à dix chefs d’accusation de diffamation. Bolouere Opukiri, une employée du bureau de l’amnistie présidentielle, a été relevée de ses fonctions pour avoir critiqué le vice-président et la première dame sur Twitter.

    En réponse à des plaintes de partisans du président ayant une présence en ligne, ses supérieurs au travail ont lancé une enquête qui a abouti à son licenciement. Ibrahim Garba Lawal, communément appelé IG Lawal, a été arrêté par des agents de sécurité pour avoir partagé des détails sur des allégations de corruption, le président de la Commission nigériane du Hadj sur Facebook M. Lawal a été traduit en justice mercredi devant une haute cour d’Abuja à Jabi pour trois chefs d’accusation de diffamation de caractère criminel, d’incitation publique et d’exploitation d’une organisation illégale (CATBAN).

    Au cours des trois dernières années, l’espace des Droits numériques a évolué assez rapidement en Afrique. Cependant, une chose est clairement apparue : la lutte pour le contrôle d’Internet n’a fait que s’intensifier et les acteurs étatiques du continent ont mis au point de nouvelles méthodes pour étouffer les Droits numériques.

    Bien que les coupures d’Internet, les arrestations de citoyens et de blogueurs/journalistes, la surveillance illégale, le déploiement de logiciels malveillants et de logiciels espions sophistiqués demeurent des instruments d’atteinte aux droits numériques, les acteurs étatiques du continent adoptent de plus en plus de voies légales pour promulguer des lois portant atteinte à la vie privée, liberté d’expression, liberté d’association et autres Droits numériques.