Catégorie : Nigeria

  • A 16 ans, un Nigérian construit pour la première fois un réacteur nucléaire

    A 16 ans, un Nigérian construit pour la première fois un réacteur nucléaire

    Steven Udotong est rentré dans l’histoire. À 16 ans, ce Nigérian est devenu le premier étudiant noir à construire un réacteur nucléaire. Steven Udotong, 16 ans, étudie dans le sud du New Jersey aux États-Unis. Le jeune nigérian passionné de science espère améliorer son réacteur. L’objectif est de le rendre complet. Le réacteur sera ainsi capable de conduire des atomes d’hydrogène avec une force formidable dans un orbe en acier, les fusionnant dans l’hélium et produisant une petite quantité d’énergie.

    Le réacteur de fusion nucléaire de Steven Udotong sera une version à petite échelle de la réaction qui se déroulera au soleil. Steven Udotong a déclaré qu’il a eu l’idée de construire un réacteur après qu’il ait appris en classe des leçons sur la production d’énergie nucléaire: « J’ai été curieux après avoir survolé le sujet de l’énergie nucléaire dans mon cours de chimie l’année dernière. J’ai décidé de faire plus de recherches, et j’ai vite appris que je pouvais réellement fabriquer une fusée nucléaire ».

    Soutien

    En plus de sa mère, Nonye Udotong, instructrice de physique à l’Université Rowan qui a encouragé son intérêt et l’a soutenu activement, Steven, Udotong a également bénéficié du soutien de ses quatre frères intelligents, dont l’un a aidé à mettre en place une page GoFundMe pour mobiliser des fonds. Cela lui a permis de construire son réacteur de fusion. Mais surtout de réaliser son rêve de devenir le premier étudiant afro-américain à mener à bien un tel projet.

    Outre son réacteur, Steven Udotong entreprend également d’autres recherches dans le but d’apprendre davantage sur la fusion nucléaire. Le jeune nigérian a déjà dans le cadre de ses recherches rencontré et interagi avec d’autres amateurs de fusion.

     

  • Nigéria: Jamila Malafa devient la première femme Commodore de la marine

    Nigéria: Jamila Malafa devient la première femme Commodore de la marine

    La capitaine Jamila Malafa, de la marine nigériane, est devenue en décembre la première femme du nord du pays à accéder au grade de Commodore. Le poste de Commodore est équivalent à celui de général de brigade dans l’armée. Un commodore est un officier de marine commandé qui se classe au-dessus d’un capitaine et au-dessous d’un contre-amiral; le plus bas grade d’amiral.

    Âgée de 55 ans et originaire du nord-est de l’État d’Adamawa, Jamila Malafa été décorée lors d’un événement à Abuja la capitale nigériane, fin décembre. La cérémonie a eu lieu en présence des plus hautes autorités du pays, notamment le vice-président Yemi Osinbajo. Jamila Malafa s’est dite heureuse d’obtenir cette promotion. Cela va selon elle l’inspirer à être plus fidèle et dévoué dans mes fonctions à la marine et au Nigeria.

    Près de trente ans de service

    Désormais générale, Jamila Malafa a déjà passé près de trente ans dans la marine. C’est en 1988 que cette « femme battante » a rejoint le corps de la marine de son pays, avant d’être promue au rang d’aspirante deux ans plus tard. Prompte à bien assumer ses tâches, Jamila Malafa a depuis gravi différents échelons. Elle a ainsi été promue à plusieurs reprises. Lors de la cérémonie le consacrant au grade de général, un de ses collègues de la marine a indiqué que Jamila Malafa faisait partie des rares femmes à atteindre ce niveau au cours de leur service.

     

  • Olatorera Oniru: elle quitte Wall Street pour entreprendre au Nigéria

    Olatorera Oniru: elle quitte Wall Street pour entreprendre au Nigéria

    En 2015, Olatorera Oniru a quitté son poste dans une grande entreprise nigériane. La cause, elle voulait s’aventurer dans le monde moins prévisible des achats en ligne au Nigeria.

    L’entreprise d’Oniru est Dressmeoutlet.com, une plate-forme de commerce électronique de mode, de beauté et d’articles ménagers qui fait la promotion de produits fabriqués en Afrique. Depuis qu’Oniru s’est servie de ses économies personnelles pour lancer le site en janvier 2016, l’entreprise a connu une belle ascension et compte actuellement une trentaine d’employés à temps plein. Environ 80 % des ventes proviennent actuellement du Nigeria, avec un nombre croissant de clients du côté des États-Unis et d’autres marchés africains. Oniru a également lancé sa propre usine de fabrication locale pour s’assurer qu’un pourcentage plus élevé des produits de sa plate-forme soit vraiment africain.

    « Près de 98 % de la mode dite “made in Africa” ne vient pas vraiment d’Afrique, comme le matériel, les tissus et les perles », explique-t-elle. « Par exemple, j’ai discuté avec une entreprise de matelas qui a une unité de fabrication au Nigeria ; mais 95 % de leurs approvisionnements sont encore importés. Ces approvisionnements pourraient en fait provenir localement, mais ils ne peuvent pas trouver des producteurs qui peuvent fournir les quantités dont ils ont besoin chaque mois. Et ça, c’est un manque à gagner pour l’Afrique » étaye-t-elle.

    Pour Oniru, il est important de comprendre toute la chaîne d’approvisionnement de la mode ; de la culture du coton à un vêtement fini. Et c’est ce sur quoi son unité de fabrication se concentre depuis un moment. En effet, cette entrepreneure voit un potentiel dans la mise à l’échelle de la production à mesure que la demande de matériaux locaux augmente.

    La faiblesse du naira nigérian qui a perdu plus d’un tiers de sa valeur quand il a été libéré du dollar en juin a rendu l’importation plus chère. Toutefois cela n’a pas été un inconvénient de la startup. « Les défis de la devise nous ont aidés à promouvoir davantage l’industrie de la mode “made in Africa”. Cela nous aide à exporter plutôt qu’à importer » confie la promotrice.

    Apprendre du meilleur

    Mme Oniru a fait ses études supérieures aux États-Unis et a obtenu un diplôme avec distinction en administration des affaires et en gestion à la North Carolina A & T State University. Elle est également titulaire d’un MBA de l’Université Emory à Atlanta. De fait, elle croit que la meilleure leçon en entrepreneuriat est venue en travaillant sous des multinationales établies. « Ces expériences sont inestimables. Vous apprenez des entreprises qui ont plus de 200 ans… Elles se sont développées en connaissant aussi le stade de démarrage, le stade de croissance… et elles ont réussi à se classer parmi les entreprises Fortune 500 ».

    La société d’Oniru est dans sa deuxième année et confrontée à de fortes difficultés, avec des statistiques révélant que 80 % des start-ups meurent dans les 18 premiers mois.

    Mais il y a aussi un nombre croissant de start-ups de commerce électronique de mode et de beauté au Nigeria, avec beaucoup de gens qui luttent pour aller au-delà de la petite boutique. Dans un effort pour surmonter les obstacles, Oniru confie qu’elle acquiert constamment de nouvelles compétences afin de maîtriser tous les aspects de l’entreprise. Elle ajoute que la concurrence dans le domaine du commerce électronique entraîne une culture du magasinage en ligne, ce qui est bon pour l’ensemble du secteur.

    « L’industrie est encore à ses balbutiements. Plus il y a d’entrants, mieux c’est. Quand je vois des concurrents sur le terrain, je suis vraiment excité parce que l’Afrique a besoin de compétition. Cela stimule la croissance et le succès… et c’est bon pour nous aider tous à faire de notre mieux, » croit l’entrepreneure.

  • Tony Elumelu, le promoteur de 10000 startups africains honoré à New York

    Tony Elumelu, le promoteur de 10000 startups africains honoré à New York

    Le Président du Groupe UBA, M. Tony O. Elumelu, s’est vu décerner, le lundi 04 décembre, le prix mondial de l’entrepreneuriat « Dwight D. Eisenhower Global Entrepreneurship Award » pour reconnaissance de ses efforts dans la promotion de l’entrepreneuriat en Afrique et dans le monde. La cérémonie de remise des prix et le gala ont eu lieu à New York.

    Sur le vaste chantier de l’entrepreneuriat en Afrique, Tony Elumelu n’est pas du tout un inconnu. Certaines jeunes pousses de son programme ne le cachent pas. « Tony, c’est le faiseur des entrepreneurs ». Au sein des alumnats dudit programme dédié aux startups, on s’accorde à dire que le Nigérian a une vision noble et plus pragmatique du développement du continent dont il se fait, sans le clamer, un important artisan.

    Et pour preuve, lui-même serial entrepreneur, Tony Elumelu, à travers sa Fondation qui porte son nom, a déjà financé à ce jour plus de 3 000 entrepreneurs africains. A long terme, les chiffres dont il est ambitieux sont impressionnants.  100 millions de dollars en faveur de 10 000 entrepreneurs sur une période de 10 ans. Ceci, dans le but de permettre à ces entrepreneurs de créer un million de nouveaux emplois et plus de 10 milliards de dollars de revenus.

    Il est à relever en effet que c’est la philosophie d’Africapitalisme d’Elumelu, fondateur du concept, qui stipule que le secteur privé africain doit jouer un rôle de premier plan dans le développement et la croissance du continent africain alors que les gouvernements et le secteur privé se réunissent pour y parvenir.

    Ce 4 décembre, quand le Conseil économique pour l’entente internationale (BCIU), une association commerciale américaine à but non lucratif dédiée à l’établissement de relations et à la promotion du dialogue entre les entreprises et les gouvernements du monde entier, décernait le prix à Tony Elumelu, c’est certes un premier pour un Africain, mais le milliardaire nigérian n’est pas son premier essai.

    Lors du gala, l’ancien président américain George W. Bush a tenu à féliciter le banquier pour son travail. Celui-ci a reconnu les efforts de l’entrepreneur africain en disant : « Je suis impressionné par les initiatives philanthropiques de Tony qui stimulent la création d’emplois et l’entrepreneuriat dans une région [Afrique, ndlr] très chère à Laura et moi. Recevoir un prix fondé par le président Eisenhower, a ajouté un sens. Eisenhower a fourni un exemple de leadership, dont nous pouvons tous tirer des leçons. De plus, sa conviction de promouvoir la compréhension internationale est une responsabilité d’une importance vitale. »

    « Les Africains ont besoin d’un leadership puissant » 

    Le PDG de BCIU, Peter Tichansky, a, de son côté déclaré que « l’approche audacieuse de M. Elumelu et son état d’esprit volontariste sont des caractéristiques exemplaires d’un entrepreneur visionnaire. » Celui-ci ne s’est pas empêché, dans son speech, de donner les raisons pour lesquelles l’entrepreneur africain a été sélectionné comme lauréat du prix. Selon celui-ci, Tony Olumelu incarne l’idée que les entreprises doivent prendre l’initiative de rapprocher les entreprises et la société. « Son plaidoyer prouve que les entreprises, agissant comme des entreprises et non des donateurs charitables, sont la force la plus puissante pour relever les défis sociaux et réaliser le développement économique », a jouté le PDG de BCIU.

    Dans son discours de remerciement, le PDG de la banque UBA a déclaré qu’être reconnu aujourd’hui comme le récipiendaire du prix inaugural de l’entrepreneuriat mondial est un honneur qui trouve écho auprès de tant de personnes en Afrique. « Ce dont nos entrepreneurs africains ont besoin, c’est d’un leadership puissant pour les dynamiser, les encourager et les motiver à transformer le continent ». Et d’ajouter, « j’espère que cela stimulera davantage les autres Africains et amis de l’Afrique, pour s’assurer que nous travaillons ensemble pour une prospérité inclusive ».

    Il faut dire que Tony est un grand visionnaire. Il l’a toujours dit haut et fort, et même devant moult palais présidentiels qu’il a déjà parcourus : « personne ne va développer l’Afrique à notre place ». Et celui croit dure comme fer dans une prophétie selon laquelle le XXIe siècle sera celui de l’Afrique. Sans doute, l’Africapitalisme aidant.

  • Nigeria: vers la construction du musée de l’horreur

    Nigeria: vers la construction du musée de l’horreur

    Au Nigéria, la décision du gouvernement de Borno de transformer la maison de Yusuf Mohammed, l’ancien leader et fondateur de la secte Boko Haram en musée est décriée par bien d’observateurs.

    C’est en marge du 9e Conseil national de la culture, du tourisme et de l’orientation nationale qui s’est tenu à Dutse dont le thème est « le tourisme et la culture comme panacée pour la relance économique du Nigeria » que le Commissaire d’État aux affaires intérieures, à l’information et à la culture, Mohammed Bulama, a révélé l’information. Le commissaire a affirmé que, transformer la maison de Mohammed en musée, celle-ci aiderait à archiver tous les faits liés à l’insurrection de Boko Haram et ainsi attirer les touristes.

    « Nous allons transformer la maison du leader de la secte de Boko Haram, Mohammed Yusuf, d’où l’insurrection a commencé, en un musée. L’endroit s’appelle Maarcas ; nous voulons construire un musée là où toutes les choses se sont passées, concernant l’insurrection » a-t-il déclaré. En effet, les autorités affirment vouloir documenter et archiver tout ce qui s’est passé afin que « la future génération puisse avoir des informations de première main ».

    C’est ainsi que le commissaire a indiqué que l’État prévoyait également de transformer la forêt de Sambisa, qui était autrefois le refuge des insurgés, en centre de tourisme. « Ce que nous avons l’intention de faire lorsque la stabilité sera pleinement atteinte, c’est de transformer la forêt en une attraction touristique afin de montrer au monde ce qui s’est passé », a confié celui-ci.

    Bonne idée?

    Le Nigeria n’a en général pas une grande réputation pour préserver son histoire. Et pour preuve, le musée national de Lagos a encore besoin de réparations, les bâtiments patrimoniaux centenaires ont été démolis par le gouvernement et l’histoire n’est plus enseignée dans les écoles.

    Yusuf Mohammed a créé la secte Boko Haram en 2002 en colportant des opinions radicales sur l’opposition à l’éducation occidentale, mais les opérations du groupe sont devenues plus violentes en 2009 après que Mohammed soit mort en garde à vue dans des circonstances controversées. Après une mort que les partisans de Mahomet ont qualifiée de meurtre extrajudiciaire, la crise s’est intensifiée sous Abubakar Shekau, successeur de Mahomed. Shekau s’est montré plus menaçant envers le gouvernement malgré plusieurs affirmations selon lesquelles il a été tué.

    Depuis 2009, Boko Haram a mené une insurrection dévastatrice qui a ravagé la majeure partie du nord-est du Nigeria et fait plus de 20 000 morts. Des millions d’autres ont été déplacés et sont désormais logés dans des camps gouvernementaux encombrés.

    Toutefois, selon certains observateurs, malgré ses meilleures intentions surtout pour des fins économiques de transformer la maison de Mahomed en musée, le gouvernement risque de l’immortaliser. Sa maison préservée pourrait devenir un sanctuaire pour les adeptes de la secte radicale.

    A cet égard, le Nigeria peut se tourner vers les États-Unis pour une leçon. Après avoir tué Oussama ben Laden lors d’un raid en mai 2011, les forces américaines ont choisi d’enterrer son corps en mer pour empêcher les partisans du terroriste de transformer sa tombe en sanctuaire. Les détails de l’enterrement restent jalousement gardés.

    En Autriche, après l’avoir baillée depuis 1972 pour éviter les abus, le gouvernement a repris la maison d’enfance d’Adolf Hitler l’année dernière parmi les plans pour le démolir. La raison : l’empêcher d’être un sanctuaire pour la vague croissante de groupes néonazis. Alors que les groupes antifascistes manifestent souvent à la maison, on pense également qu’il a attiré des visites de sympathisants nazis.

    Depuis son entrée en fonction, l’administration du président Muhammadu Buhari a redoublé d’efforts pour écraser Boko Haram et a réussi à récupérer des pans de territoire précédemment occupé par la secte. Mais sans doute, la moindre erreur sera fatale à ce vaste pays dont le terrorisme est un véritable mal.

  • Musique: le style Afrobeats  fait des millionnaires à Lagos

    Musique: le style Afrobeats  fait des millionnaires à Lagos

    Le Nigeria représente ces dernières années, le pays le plus attirant du point de vue musical. Sur la scène continentale, elles sont nombreuses, ces stars de musique nigériane à exporter leurs musiques aux quatre coins de l’Afrique et partout dans le monde. La musique a fabriqué plusieurs millionnaires dans le pays, avec une méthode de distribution des produits musicaux assez rare : les téléchargements mobiles.

    La musique, c’est l’un des business qui fait des millionnaires au Nigeria. Pour l’année 2015 par exemple, les revenus provenant des ventes de chansons dans ce pays ont atteint les 56 millions de dollars, selon Pricewaterhouse Coopers, un cabinet d’audit. Ce cabinet prévoit même une évolution atteignant le pic de 88 millions de dollars au cours des 3 prochaines années. Ce succès est imputable selon certains, à la montée du style Afrobeats devenu la marque culturelle du pays et porté par des artistes qui assure la « révolution » comme Yemi Alade. L’afrobeat, genre musical initié dans les années 1970 par Fela Kuti, se retrouve ainsi mêlé à la musique électronique, au rap, à la trap, pour un résultat que le Nigéria exporte sur tout le contient.

    Asa, l’artiste internationale d’origine nigériane s’est exprimée sur la production de son pays. Cette artiste reste convaincue que l’industrie musicale nigériane doit être beaucoup plus au service du développement du Nigéria. « Les artistes peuvent payer des impôts. Les taxes serviraient à aider à la construction de routes, la création de l‘électricité. Vous savez que vous devez établir une société de gestion collective, de sorte que lorsque les stations de radio jouent les chansons, elles paient. Lorsque les produits, les marques, utilisent votre musique pour leurs pubs, elles peuvent payer l’artiste, tout comme le gouvernement, pour aider à construire un bon pays, » a-t-elle déclaré.

    En effet, tout comme l’industrie cinématographie nigériane qui s’est finalement démocratisée pour devenir la deuxième plus grande production mondiale, la musique nigériane fait des exploits sur un continent où, en règle générale la vie des artistes ne ressemble en rien d’enviable. Au Nigéria, c’est le contraire. Et le pays s’invite même aux États-Unis, auprès des stars mondiales. En exemple, le chanteur Wizkid a collaboré sur le titre « One Dance » du Canadien Drake. Mais pas que. Il travaille aussi avec Tyga, l’un des patrons du gansta rap west coast. Tout comme, le duo de hip-hop P-Square qui s’est associé au rappeur Rick Ross, ou encore D’banj à Kanye West, alors que Davido s’est associé quant à lui à Meek Mill.

    Au-delà de la piraterie

    Au Nigéria, un problème persiste. Le manque de structures pose un réel problème de protection des œuvres. Comme dans la grande majorité des pays africains, les artistes sont depuis longtemps livrés à eux-mêmes faute de marché structuré, fébrile face à l’affluence des piratages devenus la mode. A Abuja ou à Lagos, les copies de CD piratés ne sont pas rares. Dans cette situation, les artistes nigérians se sont frayé des méthodes pour assurer des revenus de façon particulière : les revenus de l’industrie musicale proviennent beaucoup plus des téléchargements en ligne, des opérateurs de téléphonie, de la publicité de marque. Au Nigéria, les revenus issus de la musique sont dépendants des sonneries et des tonalités d’attente.

    En effet, les opérateurs de téléphonie donc principalement le géant sud-africain MTN, se sont intéressés au potentiel du Nigeria, pays de 190 millions d’habitants. Avec ses 60 millions d’abonnés dans le pays, l’opérateur MTN se veut le plus grand distributeur de musique au Nigeria, à travers la vente de sonneries (à 50 nairas, 0,25 dollar l’unité), et via sa plateforme de téléchargement MTN Music Plus, plateforme, même si elle n’est pas très réputée en dehors du pays, se présente comme un concurrent des leaders mondiaux de la musique en ligne comme iTunes en terme de nombre de téléchargements. « Il y a beaucoup de musiciens talentueux sur le marché — (…) qui peinaient à vendre leur musique. Nous leur avons permis de rentabiliser leur travail », a déclaré Richard Iweanoge, directeur général du marketing de MTN Nigeria.

    Aussi original et particulier que ça puisse paraître, cette méthode n’est pas utilisée que par des artistes en herbes. Au contraire. D’immenses stars de l’afropop au Nigeria ont largement profité de ce nouveau marché comme D’banj, ou encore Davido. Ce ne sont pas des miettes que les Nigérians tirent de cette nouvelle forme de distribution de leurs produits. Selon les chiffres de PWC, le seul téléchargement de sonneries peut leur rapporter jusqu’à 350.000 dollars par an. De quoi rêver faire des riches en quelques années.

  • Nigéria: voici les artistes les plus riches de l’année 2017

    Nigéria: voici les artistes les plus riches de l’année 2017

    En Afrique, l’hégémonie nigériane va au-delà de l’économie. En production cinématographie, le pays se positionne comme une masse mondiale et depuis quelques années, le Nigeria exporte sa musique sur tout le reste du continent, aux États unis et en Europe.

    Le Nigéria, ce n’est plus un secret : il est l’un des pays les plus dynamiques en matière de musiques urbaines sur le continent africain. De ce pays, émane une myriade de musiciens aussi concurrents entre eux, et dont les chansons font le tour du continent. Une industrie musicale assez importante, qui, à l’image de celle américaine, fabrique des millionnaires, dont voici le top 5 des plus riches.

    Don Jazzy

    De son vrai nom Michael Collins Ajereh, Don Jazzy mélange judicieusement sa carrière d’artiste avec la production, et ce statut presque particulier a fait de lui l’acteur musical le plus riche du Nigéria de l’année en cours. Don Jazzy est le patron de MAVIN, la maison de disques qui compte des vedettes comme Tiwa Savage, Korede Bello ou encore Iyanya. Pour l’année 2017, Don Jazzy devrait valoir 6,5 milliards de nairas.

    Jidenna

    Bien qu’étant un musicien très talentueux, Jidenna est beaucoup moins connu au Nigeria, encore moins en Afrique qu’aux États-Unis. Jidenna Theodore Mobinson Al Amin est un Nigérian né aux Etats-Unis. Tout comme Don Jazzy, il combine de façon habille son rôle d’artiste avec la production musicale. Depuis qu’il s’est mis dans le domaine musical en 2012, ses chansons connaissent beaucoup de succès aux États-Unis.

    Wizkid

    Ayodeji Ibrahim Balogoum, connu sous le nom de Wizkid, est un jeune homme aux potentiels musicaux inspirants. Consacré meilleur artiste africain de l’année 2017 au festival AFRIMA, sa réputation lui a donné sans aucun doute une position honorable à l’intérieur et à l’extérieur du Nigéria. En plus de son étiquette de meilleur artiste de la maison Starboy, Wizkid a raclé ces dernières années beaucoup de récompenses internationales. Selon les estimations, sa valeur actuelle se situe autour de 2,8 milliards de nairas.

    Davido

    David Adedeji Adeleke est le quatrième artiste le plus riche du Nigéria. Lui, il est l’exemple des rares artistes qui ont bâti leurs succès sur un temps relativement court. Fils de milliardaire et filleul du plus riche homme d’Afrique – Aliko Dangote —, Davido a réussi à s’imposer au Nigéria et même à exporter sa musique hors du continent. Au point où, l’artiste a publié en juillet dernier une vidéo sur les réseaux sociaux, en train de jubiler du fait que le joueur portugais Cristiano Ronaldo s’était abonné à son compte Instagram, après une chanson composée pour celui-ci. La super star a actuellement un contrat avec la maison Sony.

    P-Square :

    De manière fascinante, la combinaison de talents des jumeaux Peter et Paul Okoye a séduit toute l’Afrique et même les États-Unis. Après avoir remporté de nombreux prix de leurs albums les plus vendus au Nigéria et à l’étranger, les deux frères ont une base de fans assez considérable sur le continent. Ils détiennent également d’importants contrats.

     

  • Nigéria: qui est Nnamdi Kanu le leader du Biafra

    Nigéria: qui est Nnamdi Kanu le leader du Biafra

    Leader incontesté du Biafra, l’indépendantiste qui a été libéré en avril dernier après plus d’un an de prison est poursuivi par la justice nigériane pour trahison et atteinte à la sécurité de l’État. Mais depuis un mois Nnamdi Kanu n’est plus apparu en public.

    Leader de l’IPOB

    Âgé de 50 ans, Nnmadi Kanu est né à Asiama Afara. Activiste peu connu au départ, c’est grâce à Radio Biafra qu’il a lancé en 2009 qu’il tient ses premiers discours sur le Biafra. Mais ce diplômé du London Metroplitan University (LMU) est devenu depuis 2015 un leader charismatique. Son objectif, obtenir l’indépendance du Biafra. Il dirige à cet effet l’Indigenous People of Bifra (IPOB), un mouvement sécessionniste.

    Radical

    Son discours à l’endroit du pouvoir du président s’est radicalisé depuis 2015. Le leader indépendantiste a déjà déclaré que sans la création du Biafra « tout le monde devra mourir ». L’actuel chef d’État qu’il a souvent accusé de vouloir sa mort n’a pas hésité de le jeter en prison. Le gouvernement nigérian considère son mouvement l’IPOB comme « une organisation terroriste ». Arrêté en octobre 2015 à Lagos, Nnamdi Kanu a passé plus d’un an en prison sans jugement. Depuis sa libération, il a interdiction de s’exprimer dans les médias. Une interdiction qu’il a violée à plusieurs reprises.

    Adulé

    En trois ans, sa popularité a augmenté. Son emprisonnement par le pouvoir d’Abuja a fait de lui « le leader charismatique » de la cause biafraise. Très écouté, il se considère comme un chef spirituel. Nnamdi Kanu se dit juif et affirmé que le Biafra est « la terre promise ». Da revendication d’un referendum sur l’indépendance du Biafra reçoit auprès de la population un assentiment.

    Le 17 octobre dernier, le leader de l’IPOB n’a pas comparu devant les juges à Abuja. Introuvable, son avocat a d’ailleurs indiqué que l’armée seule sait om se trouve son client. Même si les autorités nigérianes ont rejeté les déclarations de l’avocat, dans la plupart des États au sud du Nigéria, les populations accusent l’armée d’avoir fait disparaître leur leader. Au point où beaucoup craignent une nouvelle montée de violences. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont appelé le gouvernement nigérian à traiter le problème biafrais avec tact.