Catégorie : Commodities

  • En RDC, le Blockchain pour suivre le cobalt de la mine jusqu’à son utilisation    

    En RDC, le Blockchain pour suivre le cobalt de la mine jusqu’à son utilisation    

    Au Congo et pour la première fois, le Blockchain va être utilisé afin de suivre le parcours du cobalt depuis les mines artisanales jusqu’aux produits utilisés dans les smartphones et les voitures électriques.

    Des sources proches d’un projet pilote qui devrait être lancé cette année indiquent que l’objectif est de donner aux fabricants un moyen de s’assurer que le cobalt contenu dans les batteries lithium-ion pour des produits tels que iPhone et Teslas n’a pas été exploité par des enfants.

    Le projet pilote prévoit de donner à chaque sac scellé de cobalt produit par un mineur artisanal, une étiquette numérique qui entre sur blockchain à l’aide d’un téléphone portable, avec le poids, la date, l’heure et peut-être une photo.

    Le projet impliquera des organisations dans toute la chaîne d’approvisionnement, des observateurs sur le terrain vérifiant que les sites n’utilisent pas enfants, à travers le processus d’affinage pour les utilisateurs finaux, selon les personnes aidant à développer le système.

    En effet, le suivi du cobalt présente de nombreux défis, car il faudrait surveiller un grand nombre de sites miniers informels, tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement devraient adhérer au système, et des données électroniques précises devraient être transmises depuis des régions reculées. Le tout, dans un vaste pays en proie à la corruption.

    Mais les utilisateurs subissent une pression croissante de la part des consommateurs et des investisseurs pour prouver que le cobalt qu’ils utilisent provient de chaînes d’approvisionnement sans abus de droit, tout comme les minéraux utilisés dans l’électronique tels que le tantale, l’étain, le tungstène et l’or.

    Confiance

    La technologie Blockchain est déjà utilisée dans l’industrie du diamant. Les pierres précieuses reçoivent une empreinte numérique qui est ensuite suivie par la blockchain au fur et à mesure que les pierres précieuses sont vendues, ce qui donne un enregistrement infalsifiable de l’origine des pierres.

    Toutefois, la chaîne d’approvisionnement en cobalt est beaucoup plus complexe, mais les développeurs du projet pilote espèrent que la blockchain peut au moins suivre certaines des étapes qui inquiètent les utilisateurs finaux.

    Amnesty International, qui a détaillé l’ampleur du travail des enfants dans les mines de cobalt au Congo dans un rapport publié en 2016, a déclaré qu’elle étudiait la blockchain, en particulier en vue de rechercher les paiements aux intermédiaires.

    « Vous devez vous méfier des solutions technologiques à des problèmes qui sont aussi politiques et économiques, mais la blockchain peut aider. Nous ne sommes pas contre », a déclaré le chercheur d’Amnesty Mark Dummett.

    Il faut noter que la RD Congo détient la moitié des réserves mondiales de cobalt et la demande pour la principale composante minérale des batteries lithium-ion devrait augmenter à mesure que les voitures électriques proliféreront. En 2016, le Congo a extrait 54% des 123 000 tonnes de cobalt produites dans le monde.

     

     

  • Éthiopie: découverte d’un gisement d’or inexploité de 46 tonnes

    Éthiopie: découverte d’un gisement d’or inexploité de 46 tonnes

    Si Hailé Sélassié, empereur d’Éthiopie de 1930 à 1974, pensait que son pays avait le potentiel de devenir un leader mondial de l’or, il n’a peut-être pas tort. Asosa, une zone située à l’ouest de l’Éthiopie, non loin de la frontière soudanaise, pourrait être l’emplacement de la plus ancienne mine d’or au monde. C’est en tout cas ce que présentent les résultats des recherches géologiques dans cette zone.

    La zone d’Asosa est composée de plaines, de vallées accidentées, de crêtes montagneuses, de ruisseaux et de rivières. Densément végétalisée, cette zone qui fait partie de la région de Benishangul-Gumuz en Éthiopie est recouverte de sites archéologiques contenant des indices sur la façon dont les gens y vivaient il y a des milliers d’années, ainsi que de vieilles fosses et tranchées minières.

    Datant de 6000 ans, Asosa a fourni une source clé d’or à l’empire égyptien antique, dont la grande richesse était mondialement connue. Aujourd’hui, les résultats des recherches relancent les perspectives. Certains habitants locaux vivent déjà de la prospection, et plusieurs sociétés minières ont également été actives dans la région au cours des dernières années.

    Éthiopie, prochain grand exploiteur de l’or ?

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    L’exploitation plus substantielle des richesses de la région remonte à l’invasion italienne des années 1930. Les Italiens ont exploré le district aurifère de Welega et le sud-est d’Asosa. Mais quand le gouvernement révolutionnaire Derg fut plongé dans la guerre civile, l’extraction de l’or a disparu de l’ordre du jour pendant une décennie et demie. Il a fallu attendre le début des années 2000 avant que le gouvernement ne commence à accorder des permis d’exploration.

    En effet, si plusieurs mines sont en activité dans le pays, aucune d’elles n’est à Asosa. Le bénéficiaire des efforts italiens des années 1930 à Welega est la prospection aurifère Tulu Kapi, contenant 48 tonnes d’or. Ce dernier a été acquis en 2013 par le groupe minier chypriote KEFI Minerals pour une valeur d’environ 2,3 milliards de dollars américains.

    Quant à Asosa, la société égyptienne ASCOM a réalisé une importante découverte aurifère dans la zone en 2016. Elle a publié une première déclaration de ressources qui revendiquait la présence de 48 tonnes d’or. Pourtant, cela pourra n’être que le début.

    Explications

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    Selon l’explication technique fournie par les chercheurs, la géologie de la zone d’Asosa est caractérisée par divers types de roches volcaniques et sédimentaires qui ont plus de 600 millions d’années. La région a été intensément déformée par les forces géologiques, ce qui a entraîné des failles de plusieurs kilomètres à de minuscules fissures.

    Certaines de ces veines contiennent du quartz, et c’est principalement là que l’or de la région s’est accumulé. En réalité, l’or provenait de matériaux fondus au plus profond de la Terre qui se frayait un chemin vers le haut au cours d’un processus connu sous le nom de subduction. C’est ce qui explique par exemple les gisements d’or dans les arcs insulaires comme en Indonésie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

    De fait, les chercheurs en sont convaincus : il y a plus d’or de classe mondiale dans cette région. Selon ceux-ci, il n’est pas exagéré de dire que le potentiel aurifère de l’Éthiopie pourrait rivaliser avec celui de l’Afrique du Sud, ce qui placerait le pays dans le top cinq des pays producteurs d’or dans le monde. Cependant, il existe encore des défis importants.

    Faire face à la bureaucratie gouvernementale peut être difficile. Dans une zone comme Asosa, il y a des espèces sauvages à éviter, comme les serpents venimeux, les babouins et même les singes. L’extraction de l’or ayant déjà une très mauvaise réputation internationale pour les dommages environnementaux, Asosa pour se plier aux mêmes conséquences.

  • Après l’or, le diamant et le pétrole, le Ghana va exploiter le lithium

    Après l’or, le diamant et le pétrole, le Ghana va exploiter le lithium

    La Commission en charge des minerais au Ghana a annoncé mi-janvier la découverte de lithium en quantités commerciales dans la Volta, dans l’ouest du pays et dans la région Ashanti. Bien qu’il soit encore impossible de faire des projections, car il est encore tôt de commencer les activités d’exploration globales dans les domaines identifiés, il est clair qu’il existe un potentiel énorme pour le pays et sa population de bénéficier de l’extraction du minerai.

    Le lithium appelé « pétrole blanc » ou « l’or du 21e siècle » est utilisé pour les téléphones électriques, les ordinateurs, les voitures électriques – tout appareil batterie rechargeable – ainsi que des médicaments tels que les médicaments de stabilisation de l’humeur. Il est l’un des 10 minéraux les plus chers de la planète et son prix a triplé pour atteindre un record de 12 000 $ la tonne l’année dernière pendant que la demande était forte.

    Atout

    Le constructeur automobile américain, Telsa, qui s’est donné pour objectif de produire près de 500 000 voitures électroniques d’ici 2020 pourrait avoir besoin de plus de lithium que celui déjà en cours de production. De quoi réjouir le gouvernement ghanéen. Le responsable exécutif de la Commission en charge des minerais, Kwaku Addai Antwi Boasiako, explique que les activités minières commenceront bientôt dans le pays.

    « Mais nous voulons attirer des investissements dans la région de la Volta, qui est l’endroit où nous avons le lithium et tous ces minéraux rares. Ce sont les minéraux de l’avenir », renseigne le patron de la Commission en charge des minerais. Le lithium, énergie verte et énergie renouvelable, va permettre au Ghana d’élargir sa base de production minérale. La présence de ce minerai est un atout pour le pays. Son exploitation nécessite tout de même des dépenses.

    Gestion des minéraux

    Certains observateurs ont déjà de leur côté exprimé leur inquiétude. Ils estiment que l’excitation autour de la découverte de lithium rappelle la jubilation autour de la découverte du pétrole et de gaz dans le pays en 2007, et à moins de bien le gérer, la découverte de lithium pourrait conduire à la déception de la population qui espère bénéficier de cette richesse.

    Dans un objectif de bonne gestion, la Commission en charge des minerais envisage publier la carte minérale du pays afin que les cosignataires demandent une exploitation. Ils prendront également la demande de licence en ligne pour prévenir la corruption. Kwaku Addai Antwi Boasiako indique que 14 nouvelles stations satellites sont en train d’être mises en place pour surveiller les sites de découverte et dissuader les mineurs illégaux.

  • Coton: l’Afrique de l’Ouest exporte 95 % de sa production [Gand Angle]

    Coton: l’Afrique de l’Ouest exporte 95 % de sa production [Gand Angle]

    Malgré les hausses régulières de la production cotonnière, l’Afrique de l’Ouest n’arrive pas encore à combler le déficit de transformation au plan local.

    La production du coton augmente dans la sous-région ouest-africaine. Le secteur du coton et du textile concentre d’ailleurs près de 10 millions de producteurs et plus d’un million de salariés. Les pays producteurs rencontrent des difficultés, mais continuent de produire du coton bio. C’est le cas du Burkina Faso et du Mali qui sont les deux premiers producteurs de l’Afrique de l’Ouest. Ils ont enregistré ces deux dernières années une hausse de leur production.

    Cela n’a pas toujours été le cas dans pays. Comme au Bénin où l’on a constaté de faibles rendements. Au cours de la même période, le Sénégal a quant à lui fait face à des problèmes d’accès aux semences, à de faibles précipitations. Les taux de rendement augmentent en Afrique de l’ouest, selon un expert de TextileExchange.

    Durant la campagne 2016/2017, les productions de la sous-région ont encore augmenté avec « une amélioration du rendement de chaque pays », ajoute l’expert. Avec de bonnes précipitations, les deux premiers producteurs ont enregistré des hausses respectives de 25 % et 26 % sur leur production. Mais il se pose un problème de transformation.

    Le Mali par exemple ne transforme que « 2 % de sa production, », admet Mohamed Aly Ag Ibrahim, ministre de l’Industrie. À cela s’ajoutent l’insuffisance d’usines et un déficit énergétique. Le constat est amer. En réalité, l’Afrique de l’Ouest ne compte désormais qu’une dizaine d’unités de transformation. En moins de vingt ans, plus de trente usines ont été fermées.

    Des pertes économiques

    Une étude réalisée par la BOAD avait indiqué que plus de 90 % du volume de production du coton est exporté pour transformation. Pourtant, selon plusieurs spécialistes du secteur, les pays de la région se développeraient s’ils parviennent à transformer au moins 20 % de leur production. Autant dire que l’Afrique de l’Ouest perd beaucoup. Sa faible transformation porte sur le filage, première étape de transformation du coton.

    « Nous ne maîtrisons pas encore le tissage, le tricot ou la confection », déplore un producteur burkinabé. Les États tentent en vain de corriger cette insuffisance. Il y a deux ans, les autorités sénégalaises ont dû rouvrir à Thiès l’usine NSFT-FTT. « Cela nous a coûté plus de 400 millions de FCFA. C’est grâce à une garantie du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) », explique une source du ministère de l’Agriculture.

    D’autres pays comme le Mali ont rouvert leurs usines, mais ont fini par les refermer faute de moyens. Un plan d’action régional de développement des entreprises de la filière coton-textile a d’ailleurs été pensé par les acteurs. Ce plan porte sur la transformation et la commercialisation des produits issus du coton. Le but est de permettre aux populations de la sous-région de bénéficier des retombées de la culture du coton.

    Les États membres de l’UEMOA ont même adopté un programme ambitieux qui devrait faciliter la transformation de 25 % de la production de coton de la sous-région. Le programme n’a pas fonctionné comme cela se doit. Sa mise en œuvre a été handicapée par des contraintes institutionnelles et financières. Le Burkina Faso a aussi adopté un document de planification stratégique pour soutenir les producteurs. Un appui a été aussi apporté à la libéralisation de la filière avec surtout la création d’un fonds de lissage et d’un fonds intrant.

    Augmenter la transformation locale

    Pour révolutionner le secteur, les États comptent développer des entreprises industrielles. Ces dernières vont s’occuper de la transformation et développer également des services de commercialisation compétitifs. La réorganisation de la production de l’or blanc passe aussi par le renforcement de la coopération entre les États. Les pays peuvent ainsi bénéficier des « complémentaires industries-artisanat et des économies d’échelle ».

    Il s’agit pour les pays de la sous-région d’avoir accès aux tissus écrus, au coton-fibre, aux fils de coton et d’autres produits textiles. Pour transformer localement de la fibre de coton, les pays producteurs comptent opérer des réformes dans le secteur sans impacter le revenu des producteurs. Cela va de la réduction du déficit de compétitivité à une décote sur le prix de cession du coton aux filatures de la zone UEMOA. « La transformation locale est plus que nécessaire. Les États doivent se donner les moyens », souligne un membre de l’Organisation professionnelle des industries cotonnières et textiles (Opict).

    Les pays de la région misent aussi la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. « Il nous faut former les producteurs, mais également créer des centres de formation aux métiers du textile », concède le directeur d’une filature ivoirienne. Les pays producteurs comptent opérer ces réformes qui doivent développer le secteur et créer de milliers d’emplois. L’Organisation professionnelle des industries cotonnières et textiles prévoit en effet la création de 50 000 postes directs et 500 000 emplois indirects au sein de l’UEMOA.

     

  • Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    L’exploitation du phosphate se fait dans plusieurs localités du pays. Mais les conditions de travail restent à améliorer. Reportage à Kpomé-Akadjamé, localités du sud-est Togo, qui abrite un site d’extraction.
    A une quarantaine de kilomètres au Nord-est de Lomé la capitale, se situe Kpomé, une zone de production de phosphate.

    « Il y a quelques années, une partie de ma famille a déménagé d’ici parce qu’on devait extraire du phosphate sur le sol. Ils étaient obligés de quitter », confie Agbéko, jeune conducteur de taxi moto de la localité. Cette situation, plusieurs familles l’ont vécue. Mais il faut dire qu’une fois déplacée, ces familles sont réinstallées sur d’autres sols. « C’est à Kpomé Tansi qu’ils habitent maintenant avec d’autres familles. On leur à construit une maison, un marché ».

    Mais à Dagbati, Apéyémé et Zéglé, la situation n’a pas été la même. Les populations ont dans certaines de ces localités refusé de quitter leur sol avant de céder. Ceux qui ont voulu résister disent « avoir reçu des menaces ». Ces populations déplacées n’ont pas toujours aussi été mises dans de bonnes conditions. « Elles ont été logées. On leur a fait des promesses qu’on peine toujours à réaliser », selon Agbeko.A Kpomé- Akadjamé, près du site d’extraction de Kpogamé, monsieur Attisso, 73 ans, qui a longtemps travaillé sur le site d’extraction minier confie :


    « Une fois que la décision de l’exploitation de votre sol est prise, l’entreprise vient avec ses géomètres pour les mesures nécessaires. On nous paie en fonction de la superficie de nos sols ».


    Le vieillard qui souffre aujourd’hui de problèmes d’audition avoue recevoir chaque trois mois une somme en contrepartie de son « sol récupéré ». Mais pour lui, de sérieux problèmes persistent.

    Des besoins prioritaires

    A Kpomé Akadjamé, la Société Nouvelle des Phosphates du Togo contribue t-elle au développement de la communauté locale ? « Nous demandons depuis à avoir une pompe d’eau mais ce n’est toujours pas le cas. L’électricité aussi, nous avons souffert avant de l’avoir », déclare monsieur Attisso. Pour lui, aucune raison ne peut expliquer cette situation d’autant plus que leurs besoins sont élémentaires. Un moyen d’approvisionnement en eau de bonne qualité et des WC bien construits. A ce jour, les habitants n’ont à leur disposition qu’un puits pour leur besoin en eau. La localité est électrifiée depuis quelques années avec un CEG et un dispensaire.

    Mis à part ces besoins urgents que sentent les habitants d’Akadjamé, ces derniers pensent surtout à leur progéniture. Mme Atama, revendeuse, s’interroge sur ce qui restera comme héritage aux futures générations. « On nous déplace de nos sols quand on veut, qu’aurons-nous à laisser à nos enfants ?». A Akadjamé, l’on a surtout l’impression de dilapider tout un héritage quand on « loue son sol pour l’extraction du phosphate ». Le fait est que ces sols pour la plupart, ne sont pas restaurés après l’extraction du minerai. Résultat, de grands trous béants restent présents sur les sites. Des collines de sables et même des déchets peuvent être perçus près des lieux d’extraction. « C’est incompréhensible. Sur le site de Hahotoé, ils ont l’habitude de remblayer les trous. Ici ils ont commencé par le faire. Mais entre temps, ils ont cessé », confirme Henri, ouvrier habitant à Akadjamé.

    Difficiles conditions de travail

    Pour le déplacement de ses ouvriers, la SNPT a mis à leur disposition ses pick-up et aussi des bus loués. Des moyens de transport qui « ne sont pas toujours en bon état », selon les ouvriers. Tout près du site d’extraction, des bruits assourdissants de machines se font ressentir. « C’est comme ça tous les jours. Cela dérange beaucoup. Mais nous ne pouvons rien », confie Monsieur Mensah, délégué des ouvriers. Avant de relever un autre problème sur le lieu de travail : la poussière.

    « C’est parce qu’il a plu cette semaine qu’elle a un peu diminué. La poussière rend parfois la vision floue sur le site. Il arrive même qu’à une dizaine de mètres, tu ne vois pas ton prochain. La poussière agit beaucoup sur notre santé. Avant, je ne portais pas des verres. Ce n’est plus le cas maintenant puisque ma vue à depuis un bon bout de temps, quelques problèmes ». Ce dernier poursuit : « par exemple, il y a risque qu’un engin vous renverse quand la vision sur le site n’est pas au top ou que des accidents de travail soient fréquents. Nous travaillons beaucoup. Nous méritons de meilleures conditions.»

    Les conditions de sécurité sur le site ne seraient-ils pas bien réunies ? Pour le délégué des ouvriers, « un effort reste à faire ». « L’entreprise a quand même fait un pas positif en nous assurant à 80%», laisse-t-il entendre.

    Une lutte organisée ?

    Au nombre de 1581, les ouvriers de Kpogamé déplorent le manque de tenue de travail, de chaussures de sécurité. « Nos textes le disent. Après chaque 18 mois, notre employeur devrait nous doter de tous ces matériels », affirme Fréderic, ouvrier compteur-pelle depuis plus de dix ans. Pour ce quadragénaire, les conditions de travail sont « difficiles ». « Les conditions que nous vivons nous tuent peu à peu. Quand je suis au travail, je me sens inquiet. C’est quand je suis au repos ou en congé chez moi à la maison que je me sens à l’aise ». Les ouvriers ont, en effet, chaque semaine un jour de repos et dans l’année, un mois de congé. Frédéric évoque même certains de ses amis ouvriers qui ont abandonné. « Ils ont raccroché. Certains, parce qu’ils ne pouvaient plus. D’autres, parce qu’ils avaient trouvé mieux ailleurs. »

    En 2003, quand Henri a commencé par travailler comme ouvrier occasionnel sur le site minier, il recevait 15000 francs CFA comme salaire à chaque fin de mois. Actuellement, il touche moins de 200000 francs CFA. Un salaire qu’il estime infime, comparé au travail qu’il fournit tous les jours. Des ouvriers qui pensent la même chose que lui sont légion. Pour eux, leurs responsables de syndicat « ne défendent pas bien leurs droits auprès des autorités». Un avis que ne partage pas le délégué Mensah qui affirme faire avec ses autres collègues le maximum d’effort qu’il faut.

    En octobre dernier, le syndicat des travailleurs a observé une grève de 48 heures pour différentes revendications. Il estime ne plus avoir confiance en la direction générale de la SNPT.