Catégorie : Rwanda

  • Le modèle Rwandais ne fonctionnerait pas ailleurs [Gand Angle]

    Le modèle Rwandais ne fonctionnerait pas ailleurs [Gand Angle]

    En Afrique, ce qu’on pourrait appeler par « l’éveil Rwandais » est d’une exception salutaire. Sorti des méandres d’un génocide difficile à oublier, le président Paul Kagame a ressuscité l’économie, réduit la corruption et maintenu la stabilité politique. Un système conçu uniquement par et pour le Rwanda.

    C’est un record dont beaucoup d’autres dirigeants ne peuvent que rêver, et qui a conduit le Rwanda à être cité comme une réussite économique que le reste du continent ferait bien de suivre. Dans des pays comme le Kenya et le Zimbabwe, certains ont soutenu que leurs dirigeants devraient fonctionner plus comme Kagamé. En d’autres termes, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté priment sur des élections libres et équitables, voire l’alternance.

    En réponse, les critiques ont cherché à pourfendre l’image de Kagamé, en soulignant les violations des Droits de l’Homme commises sous son égide. Mais la notion selon laquelle le modèle rwandais devrait être exporté souffre également d’une faille plus fondamentale : elle ne fonctionnerait presque pas ailleurs, car les conditions nécessaires ne s’appliquent pas.

    Le parangon rwandais

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    Un grand nombre des réalisations de Kagamé et de son parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais, impressionnent en Afrique et au-delà. Puisqu’il faut le rappeler, le président Paul Kagamé a en charge une nation profondément divisée, réduite à un besoin pressant et désespéré de la reconstruction économique et politique après 1994. Depuis lors, Kagamé a établi le contrôle personnel ferme sur la politique rwandaise, en générant la stabilité politique nécessaire pour le renouvellement économique.

    En effet, Kagamé n’est pas resté assis pour espérer que les investisseurs étrangers inspirent la croissance. Plutôt, la nouvelle administration qu’il a fondée est intervenue directement dans un processus de développement conçu et dirigé par l’État. Plus particulièrement, son gouvernement a lancé l’activité économique dans des secteurs qui avaient stagné auparavant, en investissant massivement dans des secteurs clés.

    Combinées à une gestion circonspecte de l’agriculture, ces politiques ont généré une croissance économique d’environ 8 % entre 2001 et 2013. En conséquence, le pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est passé de 57 % en 2005 à 45 % en 2010. D’autres indicateurs du développement humain, tels que l’espérance de vie et le taux d’alphabétisation se sont également améliorés.

    Un exemple pour l’Afrique ?

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    Malgré les chiffres impressionnants, le modèle rwandais essuie des critiques de la part de nombre d’observateurs politiques dans la région. De toute évidence, c’est un modèle qui sacrifie les droits humains fondamentaux, tels que la liberté d’expression et la liberté d’association, pour soutenir l’hégémonie politique du parti au pouvoir. De fait, le système rwandais implique une compromission de la démocratie au dam du développement. S’il est vrai que cette décision paraît aisée pour le pouvoir politique rwandais, elle est toutefois souvent rejetée par l’opposition.

    Moins évident, le recours aux entreprises détenues par les partis pour relancer l’activité économique place le parti au pouvoir au cœur de l’économie rwandaise. Autrement, lorsque l’économie se porte bien, le Front patriotique rwandais, déjà dominant, est renforcé. Une approche qui permet à Kagame de déterminer qui est autorisé à accumuler le pouvoir économique, tout en portant atteinte aussi à la capacité des leaders de l’opposition et des critiques de lever des fonds.

    La magie Kagamé

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    L’un des efforts les plus rigoureux pour comprendre les conditions politiques qui ont rendu possible le modèle rwandais a émergé du projet de recherche African Power and Politics mené par David Booth, Tim Kelsall et d’autres. Ceux-ci soutiennent que le gouvernement de Kagamé est un exemple de « patrimonialisme développemental ». En effet, dans ce système, les aspects potentiellement dommageables de la politique patrimoniale sont tenus en échec par un dirigeant qui jouit d’un contrôle étroit sur les réseaux de favoritisme.

    Selon les analyses du professeur Nic Cheeseman, spécialiste de la démocratie et enseignant à l’Université de Birmingham, « une telle autorité doit être établie à l’interne et à l’externe. Un contrôle politique externe est nécessaire, car la menace d’une défaite électorale de la part d’un puissant parti d’opposition pourrait forcer le gouvernement à donner la priorité à la survie à court terme plutôt qu’aux investissements à long terme. Le contrôle interne est nécessaire parce que l’absence de freins et contrepoids sur le parti au pouvoir est susceptible d’exacerber la corruption.

    Lorsque ces conditions sont réunies, les éléments du patrimonialisme peuvent être économiquement productifs en générant des ressources qui sont réinjectées dans le système. » Ainsi, dans le cas rwandais, la domination économique et politique du Front patriotique rwandais n’a pas compromis le développement. Car, les fonds générés par les entreprises détenues par les partis ont souvent été réinvestis dans l’économie.

    « N’essayez pas ça chez vous »

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    Le problème est que ces conditions ne tiennent pas dans la plupart des États africains. À quelques exceptions près, comme le Tchad et l’Angola, le parti au pouvoir ne peut pas aspirer au niveau de domination constatée au Rwanda, l’opposition étant assez dynamique et forte pour que ce contrôle politique soit maintenu. Au Kenya et au Zimbabwe, par exemple, l’opposition a toujours remporté une part importante du vote législatif et présidentiel.

    En outre, même certains États qui comptent des partis au pouvoir plus dominants n’ont jamais réussi à imposer une discipline économique à leurs gouvernements. Au lieu de cela, le clientélisme enraciné et le factionnalisme interne ont généralement miné les efforts de lutte contre la corruption. Ce qui nuit aux efforts visant à réduire la pauvreté et à stimuler la croissance économique.

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    Dépouillée du contrôle politique interne et externe nécessaire pour que cela fonctionne, l’application du modèle rwandais ailleurs produirait à en croire plusieurs experts, sans doute des résultats très différents. Car, en effet, l’extension du contrôle du parti au pouvoir sur l’économie a plus de chances d’accroître la corruption et autres fléaux que de stimuler l’activité économique. Et les efforts visant à neutraliser les partis d’opposition sont susceptibles d’être fortement résistés, conduisant à l’instabilité politique et à l’incertitude économique. En clair, il y a de fortes chances de faire l’expérience de tous ses coûts tout en ne réalisant que peu de ses avantages.

  • Elle quitte son emploi chez Nike aux USA pour entreprendre à Kigali

    Elle quitte son emploi chez Nike aux USA pour entreprendre à Kigali

    Arrivé sur le continent en 2012 pour des obligations professionnelles, Lauren Russel a préféré quitter ses fonctions à la Fondation Nike pour entreprendre à Kigali.

    Quand elle a eu l’occasion de connaître l’Afrique, c’est au Rwanda qu’elle s’installe il y a cinq ans avec la Fondation Nike. Pour uniquement faire son métier et observer. « Je pensais que l’Afrique rimait avec la pauvreté, la maladie et la guerre », se rappelle-t-elle.

    Mais c’est toute surprise qu’elle retrouve le Rwanda en pleine transformation économique malgré les douloureuses conséquences du génocide. En 2014, deux ans après son installation à Kigali, elle assiste à l’accélération des changements que subit le pays. De nouvelles routes, de nouveaux bâtiments, de nouvelles entreprises, de nouveaux restaurants ou encore de nouveaux parcs nationaux. Selon elle, le Rwanda lui a fait oublier « ses clichés sur l’Afrique ».

    Lorsque son entreprise lui demande de retourner aux États-Unis, cette jeune entrepreneure décide de démissionner. Elle quitte son emploi et se fixer un objectif : rester au Rwanda et entreprendre. « J’avais un plan depuis mon arrivée en 2012. Créer une entreprise de distribution alimentaire », lâche-t-elle avec assurance.

    Lauren Russel saisit ainsi ce qu’elle appelle « la chance de sa vie ». L’Américaine crée en 2014 l’entreprise GET IT pour des services alimentaires à Kigali. Et c’est avec ses économies qu’elle se lance. Avec 5000 $ US, elle investit dans la réussite de son entreprise.

    Très tôt elle se convainc de la portée de son initiative dans une ville où des entreprises spécialisées dans des services alimentaires se comptaient sur les doigts. « Ce sont mes achats d’épicerie maison simples qui m’ont inspiré. Je devais aller dans cinq magasins pour trouver les ingrédients pour faire quelque chose de simple comme de la lasagne. J’ai pensé que si je ne pouvais pas trouver ce que je voulais, peut-être que d’autres ont aussi ce problème ».

    Lauren Russel parvient d’ailleurs à générer des revenus sans d’autres contributions financières. « Je voulais être sûr qu’avant de prendre l’argent d’autres personnes, j’avais démontré comment cet investissement allait croître et comment ils pourraient obtenir un rendement », affirme-t-elle.

    Quelques mois après la phase initiale du lancement de GET IT, Lauren Russel collecte 1 million de dollars en fonds propres pour soutenir son entreprise. Pour elle, il est plus facile de vendre une entreprise qui fonctionne comme un bon investissement qu’une idée d’entreprise. « Lorsque vous demandez des conseils, on vous offre de l’argent. Mais quand vous demandez de l’argent, on vous offre des conseils », ajoute-t-elle.

    CET IT certifié

    Les clients de GET IT sont de différentes catégories, notamment les ménages, les lodges haut gamme, les hotels et les restaurants. Ces derniers font leur commande par SMS et les reçoivent ensuite. Lauren Russel a surtout étendu son marché. Son entreprise s’est spécialisée dans les cuisines commerciales où il y a selon elle « plus d’opportunités ». Elle fournit et livre une variété de produits frais, congelés et secs — y compris des fruits et légumes, de la viande et des produits laitiers — ainsi que des fournitures de cuisine.

    Trois ans après sa création, GET IT a déjà servis de nombreux clients. Il y a quelques mois, l’entreprise s’est réorganisée. Elle a augmenté ses réserves de fonds de roulement et a même investi dans une grande chambre froide privée hors réseau au Rwanda. Depuis le début de l’année, GET IT a vu son chiffre d’affaires augmenter de 20 à 50 % sur un mois. Comme c’était le cas en septembre dernier où ses revenus ont augmenté de 100 %.

    Les efforts de Lauren Russel et ses employés sont d’ailleurs reconnus. « Nous avons obtenu notre certification de sécurité alimentaire ISO 22000, la première dans la région pour notre type d’activité », se réjouit la présidente de GET IT. Depuis, la base de vente de l’entreprise s’est diversifiée et aucun client ne représente plus de 5 % du chiffre d’affaires. Les clients deviennent nombreux. L’entreprise envisage d’ailleurs s’installer dans les autres régions du pays ainsi que dans les pays de la sous-région tels que l’Ouganda et la République démocratique du Congo.

    GET IT veut également construire des modèles pour « transformer la distribution alimentaire » lors des crises humanitaires. L’entreprise veut en effet incorporer des fruits et des légumes d’origine locale dans l’aide alimentaire dans les camps de réfugiés ou les régions frappées par la famine.

     

  • Nouvelles technologies: le miracle rwandais, 23 ans après le génocide

    Nouvelles technologies: le miracle rwandais, 23 ans après le génocide

    Depuis dix ans le Rwanda connaît un développement remarquable. Et c’est sur le numérique et une génération de jeunes entrepreneurs technophiles que le pays construit sa croissance économique.

    Il est loin l’époque malheureuse où le Rwanda ployait sous le coup du génocide. Plus de vingt ans après, le pays a fait sa mue et suscite la curiosité. Le Rwanda s’est lancé dans une dynamique de développement grâce à différentes politiques de développement. Conséquence, le pays a vu son PIB augmenter considérablement depuis 2001. Aux efforts pour l’amélioration du système éducatif s’est ajouté celui du développement d’un système de santé envié dans la sous-région. A cela s’ajoute l’importante réduction de la pauvreté. Le Rwanda est devenu un terreau fertile pour les affaires et soutenu par une lutte contre la corruption. Autant dire qu’en termes de développement économique, le pays de Paul Kagamé est devenu un exemple sur le continent.

    Les succès du Rwanda sont en effet « considérables », qualifie un fonctionnaire de la Banque mondiale. Pour cet expert, cette réussite repose sur des objectifs bien définis avec une vision claire. Car en réalité, le Rwanda plane atteindre en 2020 le statut de pays à revenu intermédiaire. Pour y arriver, le pays compte occulter l’étape d’industrialisation et se baser sur une économie fondée sur les technologies de l’information et des communications. « Nous avons déjà atteint une croissance à deux chiffres. Bien sûr le numérique y a beaucoup contribué », explique un économiste rwandais.

    Démocratisation du numérique

    Plus de 60 % des Rwandais ont aujourd’hui accès aux téléphones portables et l’Etat a rendu accessible aux populations une connexion internet de qualité. La capitale rwandaise compte d’ailleurs plusieurs spots WiFi. Dans ce contexte, les activités se développent. Le président Paul Kagamé très présent sur les réseaux sociaux se révèle être le chef de file de la construction d’une « startup nation ». Le Rwanda attire de nombreux start-upeurs étrangers désireux de faire leurs affaires au Rwanda. « Nous n’avons pas de ressources naturelles comme d’autres pays. Il nous fallait miser sur les nouvelles technologies », confie un membre de l’équipe gouvernementale. Le pays a dématérialisé les services de son administration pour la rendre plus efficace.

    Des initiatives privées se créent avec de jeunes entrepreneurs. Le KLab, un espace collaboratif installé à Kigali regroupe de jeunes entrepreneurs qui y développent leurs idées sous la surveillance de mentors. Le laboratoire qui s’est associé avec l’Université Carnegie Mellon, un campus national de recherche, héberge près de 100 entrepreneurs et plusieurs startups qui ont lancé des produits sur le marché. Cela va des applications pour des conseils diététiques à la fabrication de tablettes et smartphones. Plus encore, des partenariats ont été signés entre des sociétés nationales et les géants comme Samsung, Apple ou HP.

    Stratégies de réussite

    Le Rwanda a pu aussi compter sur la société américaine Visa. Depuis près de cinq ans, Visa a lancé un système de paiement mobile utilisé par une grande partie de la population rurale. De la communication sans internet mobile s’est aussi développée dans le pays. L’État a autorisé la société israélienne NFrnds à mettre en place un système qui informe les agriculteurs sur leurs récoltes, les prix du marché et la météo.

    L’autre accélérateur de la croissance économique du pays reste la formation à la base. Dans le secteur de l’éducation, les autorités ont mis à la disposition des jeunes des ordinateurs à bas prix grâce au projet One Laptop per Child. Il s’agit de familiariser les jeunes avec les outils du numérique. Plus de 400 écoles du pays sont bénéficiaires du projet. « Le pays investit dans la technologie. C’est l’une de ses stratégies de réussite », considère un spécialiste des technologies de l’information et de la communication. C’est avec les retombées économiques du high-tech que les autorités comptent accélérer les politiques de développement sur le plan social. Il faut dire que près de 40 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. Il s’agira de leur offrir « l’eau, l’électricité et de l’emploi qui reste des besoins prioritaires », selon Paul Kagamé.

  • Réseaux sociaux: sont-ils présents, les chefs d’État francophone?

    Réseaux sociaux: sont-ils présents, les chefs d’État francophone?

    Sur la toile, les leaders d’opinion, les chefs d’entreprise et les stars africains s’imposent. Ils se sont approprié l’outil web. Ils sont présents partout, principalement sur Facebook et Twitter. À coups de messages laconiques, de longs posts et de contenus audiovisuels, ils fidélisent leurs abonnés. C’est aussi le cas pour certains présidents de la République. Mais que dire concrètement de la communication digitale de ces derniers ?


    Très présent…


    Paul Kagamé

    En termes de présence sur la toile, Paul Kagamé reste également un leader incontesté comparé à ses pairs. Son compte Twittter est très actif. Paul Kagamé poste de courts messages sur ses activités, sa vision du monde et parfois des conseils à la jeunesse africaine.

    Il lui arrive surtout d’adresser des messages particuliers à ses compatriotes lors des jours historiques pour le Rwanda. Ne soyez pas surpris de voir des tweets de Paul Kagamé sur des matches du Premier League anglais et sur Arsenal un club qu’il suit particulièrement. Le chef de l’État aime le sport. Il lui arrive aussi de tweeter sur la NBA. Chose importante, Paul Kagamé n’hésite pas à interagir avec les internautes. Ces derniers suivent le président sur Facebook, Google+, Flickr ou encore YouTube.

    Les discours de Paul Kagamé sont très écoutés. Pour faciliter la tâche aux internautes, toutes les interventions du chef de l’État sont mises en ligne sur paulkagame.tv. Mais également sur un site web dédié à l’homme fort du Rwanda. Tous les clichés de Paul Kagamé sont aussi publiés sur Instagram. Au grand bonheur des milliers d’abonnés au compte du président.

     Alassane Ouattara 

    Le chef de l’État se sert comme il faut de la toile. Il 0tweete, informe sur Facebook et est présent sur Hi5 et MySpace. Mais comme ses pairs ses comptes sont à la charge d’une équipe spéciale. Les plus de 274 000 followers peuvent quand même se permettre parfois d’interagir avec ADO. D’autant plus que le chef de l’État dispose d’un site web qui porte sur sa dernière campagne électorale et d’un autre qui évoque son parcours, ses idées et les actions qu’il a réalisées. L’Ivoirien reste malgré tout absent sur Instagram.

    Roch Marc Christian Kaboré 

    Très actif sur les réseaux sociaux, ses followers ont par exemple très vite augmenté sur Twitter et le président du Burkina Faso a vu son compte être certifié. Roch Marc Christian Kaboré twette sur toutes ses activités quotidiennes. Également présent sur Facebook ou sur Périscope le chef de l’État entretient une relation particulière avec ses abonnés. Roch Marc Christian Kaboré interagit souvent avec ces derniers. Plusieurs clichés du président du Faso sont également publiés sur Instagram.

    Faure Gnassingbé

    Avec un compte Twitter Facebook pas encore certifié, le président togolais informe ses plus de 24 000 followers sur ses déplacements, ses voyages. Faure Gnassingbé  tweete également à propos des rencontres qu’il préside, de ses audiences et des infrastructures qu’il inaugure. Comme ce 24 où il informe sur « l’inauguration de la nouvelle salle de spectacle Canal Olympia de Vivendi » qu’il inaugure aux côtés de Vincent Bolloré. Faure Gnassingbé est également présent sur Facebook. Le Togolais qui ne publie pas de photos sur Instagram a quand même ses clichés disponibles sur Flickr.

    Ali Bongo

    C’est sur Facebook que le chef de l’État gabonais rassemble le plus ses fans. Celui qui dispose d’un compte certifié sur Twitter n’est pourtant très actif sur « l’oiseau bleu ». Ali Bongo tweete néanmoins quelques messages à ses plus de 71 000 followers. Ali Bongo est aussi présent sur YouTube ou Dailymotion. Il dispose surtout d’un site web personnel qui informe les visiteurs sur les activités du président de la République. Ali Bongo a également un compte Instagram. Depuis mai 2016, le chef de l’État gabonais partage ses photos et de courtes vidéos avec ses abonnés. Chose importante à souligner le numéro 1 gabonais est aussi présent sur le réseau social chinois Weibo.

    Patrice Talon

    Durant sa campagne électorale, Patrice Talon avait créé un compte Twitter. Mais il n’y est pas actif. Le chef de l’État s’est rabattu sur Facebook où il est très présent. Le Béninois publie ses messages à la nation, partage les images de ses déplacements et poste des vidéos dans lesquels il s’adresse directement à ses abonnés. Il pourrait bientôt « débarquer » sur Instagram où il n’a pas encore un compte officiel.

    Macky Sall

    Un compte Twitter certifié et plus de 400 000 followers. Le président sénégalais est présent sur la toile. Comme la plupart de ses pairs africains, c’est essentiellement sur ses activités qu’il informe ses « suiveurs ». Pareil sur Facebook où le successeur d’Abdoulaye Wade informe sur tous ses déplacements, recueille l’avis de ses abonnés et publie le contenu de ses discours. Certains clichés du chef de l’État sont aussi publiés sur un compte Instagram auquel se sont abonnés près de 13 000 followers.


    … Pas très actif


     Paul Biya

    Paul Biya est de son côté présent sur les réseaux sociaux. Celui qui est en Afrique centrale le chef d’État le plus suivi sur Twitter informe ses nombreux followers sur ses activités. Pas toujours régulièrement. Surtout sur Facebook où ses abonnés sont parfois informés des jours après la tenue d’une activité du chef de l’État. Mais depuis quelques mois, tout se régularise. Le président camerounais a même fait son apparition sur Instagram où ses photos sont publiées. Visite de travail à l’étranger, cérémonies d’hommage, rencontres avec des personnalités de ce monde, les clichés de Paul Biya pullulent sur Instagram.

    Pierre Nkurunziza

    Il a son compte certifié sur Twitter. Mais malgré ses plus de 83 000 abonnés, Pierre Nkurunziza tweete rarement. Quand il le fait, c’est pour informer ses followers sur ses déplacements dans le pays, ses audiences et pour féliciter certains de ses pairs africains. Le Burundais publie aussi parfois quelques photos sur Instagram.

    Alpha Condé

    C’est sur Facebook que l’actuel président en exercice de l’Union africaine se plaît le plus. À ses plus de 700 000 abonnés, le professeur Alpha Condé publie entre autres des images de ses visites ou encore les audiences qu’il accorde à ses hôtes. Certains de ses posts sont aimés plus de 5000 fois, commentés et partagés par des centaines d’abonnés. Alpha Condé n’est pourtant pas très actif sur Twitter. Le chef de l’État est également absent sur Instagram.

    Joseph Kabila

    Le président de la RDC n’est pas actif sur la toile. Il n’a pas un compte Twitter officiel. Difficile également de considérer la page Facebook en son nom aux milliers d’abonnées comme officielle. D’autant plus que les abonnés sont informés de façons irrégulières sur les activités du chef de l’État. Pareil sur Instagram où il n’a pas de compte officiel. Sa communication sur le web est peut-être à son image. Discret, taciturne, introverti.

     Mahamadou Issoufou

    Sa présence sur la toile n’est pas si remarquée. Le président nigérien a un compte Twitter avec lequel il twette de temps en temps. S’il n’a pas de compte Instagram, les photos du chef de l’Etat ainsi que ses activités sont néanmoins relayées sur sa page Facebook et celle de la présidence du Niger.

     Denis Sassou Nguesso

    Le président congolais n’est pas actif sur Twitter. Son dernier tweet pour ses followers remonte à janvier 2017. Sur sa page Facebook, les posts sont rares. Le président Sassou Nguesso n’a d’ailleurs pas de compte Instagram officiel.

     

  • Paul Kagamé ou l’histoire controversée de la renaissance du Rwanda

    Paul Kagamé ou l’histoire controversée de la renaissance du Rwanda

    Au Rwanda, après prestation de serment ce 18 août, le président réélu Paul Kagamé, président depuis 2000, amorce en toute tranquillité un nouveau mandat.

    Réélu avec plus de 98% des voix lors de l’élection du 4 août passée, c’est devant un parterre de Chefs d’Etats africains et environ 30.000 Rwandais que Paul Kagamé a prêté serment ce 18 août, au stade Amaro. Le Rwandais peut s’enorgueillir, rares sont les prestations de serments qui connaissent un tel ballet de Chefs d’Etats.

    Pour celui qui est connu pour avoir redressé l’économie du Rwanda et d’être l’homme fort de son développement, sa mission ne fait que commencer. « Le Rwanda revient de loin, très loin et veut aller loin, très loin », a prononcé la ministre rwandaise des Affaires Etrangères, Louise Mushikiwabo, lors de cette cérémonie.
    Paul Kagamé pour le meilleur et pour le pire

    La Banque Africaine de Développement et le FMI considèrent le Rwanda comme un des pays les plus prometteurs sur le plan économique du continent africain. Avec une croissance de 7,9 % de 2010 à 2015, le pays a considérablement réduit le taux de pauvreté, de 56 % en 2005 à 39 % en 2014. De fait, l’impressionnant redressement du Rwanda après le génocide de 1994 fait du pays un modèle en Afrique. Et Paul Kagamé est devenu une référence en ce domaine, chéri par les Occidentaux. Tony Blair, ancien Premier-Ministre du Royaume-Uni n’avait pas du mal à le décrire comme « un visionnaire » et Bill Clinton, comme « l’un des meilleurs dirigeants de notre époque ».

    Un homme  indétrônable malgré tout 

    Cependant, si les Rwandais se montrent visiblement favorables à un nouveau mandat de Kagamé, nombre sont les critiques qui lui sont adressées. Taxé d’autoritaire et de diriger le pays de main de fer, l’homme ne se voit pas lui-même comme tel. Un bilan beaucoup moins positif dans le domaine de la liberté de la presse, où le Rwanda arrive au 159e rang sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse (RSF, 2017).

    Aussi, de nombreuses ONG déplorent-ils les assassinats politiques et une situation « inquiétante » des droits de l’Homme.
    Cependant, dans son discours d’allocution avant de prendre officiellement fonction, le président Paul Kagame a critiqué des tentatives d’ingérence dans la politique de son pays. Le président s’en est également pris aux critiques qui dénoncent l’absence de liberté d’expression dans son pays.

    « Chaque pays africain doit faire face aux efforts destinés à nous faire vivre en des termes fixés par d’autres. Ils demandent que nous remplacions des systèmes qui fonctionnent bien pour nous par des dogmes dans lesquels leurs propres peuples perdent rapidement foi », a déclaré le chef de l’Etat, âgé de 59 ans.
    En 2015, Kagamé réécrit la Constitution, approuvée par référendum, qui lui permet de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034.