Catégorie : Somalie

  • Somalie: les réfugiés se lancent dans la lutte contre les sachets plastiques

    Somalie: les réfugiés se lancent dans la lutte contre les sachets plastiques

    Loin de leurs maisons, les réfugiés du camp de Dadaab à l’Est du Kenya, se lancent dans la vente d’un déchet plastique pour, à la fois protéger l’environnement que de trouver des revenus. Le réfugié somalien Adow Sheikh Aden est devenu célèbre quand il a commencé à ramasser des bouteilles d’eau vides, des seaux cassés et de vieux jerrycans autour de l’un des plus grands camps de réfugiés du monde.

    « Tout le monde avait l’habitude de rire et de dire que je suis fou parce que je ramasse des ordures. Ici, il n’est pas normal de faire de telles choses. Mais ensuite j’ai expliqué que je contribuais à garder notre environnement propre et notre communauté en bonne santé, et que je vendais le plastique pour gagner de l’argent afin de mieux gérer ma vie et ma famille», a déclaré Aden au camp de réfugiés de, dans le comté de Garissa, dans l’est du Kenya, près de la frontière somalienne.

    Des réfugiés entrepreneurs

    Ayant fui la guerre en Somalie, Aden fait partie d’un petit groupe de réfugiés qui ont lutté contre les déchets plastiques générés à Dadaab pour en tirer des revenus. Le projet de recyclage des déchets de Dadaab, mis en place par la société de la Croix-Rouge du Kenya il y a un peu plus d’un an, ne compte que huit employés réfugiés. Mais les premiers résultats sont prometteurs, et le plan est de grandir.

    L’étape suivante consiste à former les réfugiés à l’entrepreneuriat afin qu’ils puissent prendre le contrôle du projet, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis de l’aide. S’il n’y a pas de données précises sur la quantité de déchets plastiques produits à Dadaab, les travailleurs humanitaires estiment que des centaines de milliers de tonnes sont produites chaque année.

    Située à 475 km à l’est de la capitale du Kenya, Nairobi, Dadaab abrite plus de 200 000 réfugiés, en grande partie originaires de Somalie, qui dépendent de l’aide.

     

  • Somalie: la startup SAMS relie directement les agriculteurs aux acheteurs

    Somalie: la startup SAMS relie directement les agriculteurs aux acheteurs

    En Somalie, la start-up SAMS est la première plateforme dans le pays qui relie directement les agriculteurs aux acheteurs, augmentant la portée du marché pour les agriculteurs et réduisant les coûts de transaction.

    Lancé l’année dernière, SAMS fournit aux agriculteurs des conseils sur les cultures et des prix du marché, personnalisés et localisés, tout en connectant les agriculteurs directement avec les acheteurs pour s’assurer qu’ils obtiennent les meilleurs prix pour leurs produits.

    La startup offre également une intervention sur le terrain pour lutter contre les maladies et appliquer des techniques agricoles modernes.

    Du champ à la commercialisation

    « SAMS tient la main des agriculteurs depuis les premières étapes jusqu’à la commercialisation, améliorant la productivité et la sécurité financière des agriculteurs » a déclaré le fondateur et PDG de la startup, Faisal Mohamed.

    Mohamed a fondé SAMS après avoir découvert que la productivité des agriculteurs en Somalie était faible, en raison des conditions météorologiques, des maladies et du manque d’application des techniques agricoles modernes. Il y avait plus de problèmes que cela, cependant.

    « Les intermédiaires ont tendance à tricher les agriculteurs, imposant des taux de commission élevés pour chaque transaction. Ce qui a découragé les agriculteurs. Il y a aussi une asymétrie d’information. Les agriculteurs ne connaissaient pas les prix réels de leurs produits », soutient-il.

    SAMS s’attaque à ces intermédiaires qui, selon Mohamed, exploiteraient les vulnérabilités des agriculteurs en leur offrant du carburant et en vendant des produits pour de très hautes commissions.

    Initialement autofinancée, la startup a participé l’année dernière à l’accélérateur Innovate Ventures en Somalie, au terme duquel elle a réalisé son premier investissement.

    SAMS utilise deux modules pour générer des revenus, le premier un abonnement payé par les agriculteurs, et le second la commission qu’il prend sur les ventes réalisées via sa plateforme.

    Si SAMS opère actuellement seulement dans le pays de la corne d’Afrique, les ambitions de l’équipe sont grandes. La startup qui prévoit conquérir la région va prochainement lancer un service mobile qui envoie les prix du moment et du marché aux agriculteurs par SMS.

    En 2017, SAMS a généré des revenus allant jusqu’à 10 000 $ US avec seulement 110 agriculteurs abonnés à leur service, et la transaction moyenne par agriculteur est de 200 $. En 2018, le promoteur espère atteindre 1 000 agriculteurs abonnés avec une transaction moyenne qui atteigne 300 $ afin de  générer des revenus jusqu’à 30 000 $ US.

  • Qui est Dr Hawa Abdi [71 ans], la Mère Teresa de Mogadiscio?

    Qui est Dr Hawa Abdi [71 ans], la Mère Teresa de Mogadiscio?

    En Somalie, le courage a un nom. C’est d’ailleurs une affaire de famille: Dr Hawa Abdi, aux côtés de ses filles, Amina et Deqo Mohamed, se sont investies dans une mission sociale dont leur rôle est partagé à parts égales entre celui de Mère Teresa et d’Hercule.

    Dans ce pays de la corne, la crise humanitaire a atteint son paroxysme. Chaque journée apporte de nouvelles violences alors que des bandes de rebelles partent sans contrôle. Ce territoire reste celui que l’ONU doigte en parlant de l’une des pires crises humanitaires dans le monde. Le système de santé, comme la majeure partie du pays, a été démoli. Il reste très peu d’hôpitaux fonctionnels. Le gouvernement ne contrôle que quelques pâtés de maisons dans cette capitale Mogadiscio déchirée par la guerre.

    Dans cette atmosphère non vivable, émerge une femme qui incarne l’abnégation et essaie tant que faire se peut, de redonner du sourire dans cet abîme de détresse.

    « Je ne peux pas m’enfuir pour me sauver »

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    Elle, c’est la docteure Hawa Abdi Diblaawe, première obstétricienne et gynécologue somalienne. Née en 1947 à Mogadiscio, Hawa est l’aînée d’une famille de cinq frères et sœurs.  Déjà à l’âge de 12 ans, elle a été témoin de la mort de sa mère pendant l’accouchement. Cela l’a conduit à très vite s’émanciper afin de pouvoir prendre soin de ses sœurs. C’est également ce phénomène malheureux qui l’a inspirée à devenir médecin pour, dit-elle, « sauver d’autres mères ».

    Dans les années 1960, à seulement 17 ans, l’adolescente somalienne gagne une bourse soviétique pour étudier la médecine à Kiev, en Ukraine, et devint très jeune obstétricienne. Après avoir obtenu un diplôme en droit à l’Université nationale somalienne, elle ouvre une clinique d’une pièce en 1983 sur les terres agricoles ancestrales de sa famille près de la ville d’Afgooye, à 25 km à l’ouest de Mogadiscio.

    Zone de sécurité

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    Lorsque la guerre civile a éclaté en 1991, la Somalie s’est finalement effondrée pour devenir une terre non gouvernée et frappée par la famine. Mais l’esprit de la Dr Hawa est resté intact. Elle a commencé à héberger des gens sur ses terres agricoles, car c’était une « zone de sécurité », et l’endroit le plus proche de Mogadiscio pour obtenir de l’eau potable.

    Dr Hawa a nourri et soigné les blessés, les malades et les mal-nourris. Sa bonne grâce fait écho au-delà de son territoire. La terre est rapidement devenue un refuge pour des milliers de personnes au milieu de la guerre.

    Près de trois décennies plus tard, les terres agricoles sont un camp de réfugiés qui abritent environ 100 000 personnes déplacées par la guerre civile principalement des femmes et des enfants de toutes les tribus, tandis que la clinique est devenue l’hôpital Hawa Abdi, un centre de 400 lits qui propose des soins gratuits.

    Cette clinique a 3 salles d’opération, une dizaine de médecins, 45 infirmières. À côté, Hawa a construit une école d’environ 1000 élèves et un centre d’éducation des adultes qui apprend aux femmes à cuisiner et à faire des vêtements.

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    Sur son territoire, elle organise des familles pour gérer des fermes et a acheté une petite flotte de bateaux de pêche pour aider à nourrir le camp.

    Alors que le Dr Hawa Abdi a reçu de l’aide, de nombreux organismes de bienfaisance refusent d’entrer en Somalie. « C’est le pays le plus dangereux », déclare Kati Marton, membre du conseil d’administration de Human Rights Watch. « Dr Abdi est à peu près la seule à faire quoi que ce soit », complète Kati Marton.

    À 71 ans et de plus en plus affaiblie, le plus grand soutien de Hawa reste deux de ses filles, Deqo et Amina,  toutes médecins qui travaillent souvent avec elle. Malgré les conditions sombres, Dr Abdi voit une lueur d’espoir. « Les femmes peuvent construire la stabilité », croit-elle.

  • Sciences: une camerounaise lauréate du prestigieux prix OWSD-Elsevier

    Sciences: une camerounaise lauréate du prestigieux prix OWSD-Elsevier

    Cinq femmes scientifiques des pays en voie de développement ont reçu un prix international pour la recherche qui favorise le développement socio-économique et une meilleure qualité de vie. Parmi elles, la Camerounaise Germaine Djuidje Kenmoe.

    Docteure Germaine Djuidje Kenmoe a été sélectionnée aux côtés de Hasibun Naher du Bangladesh, Silvia González Pérez de l’Équateur, Dawn Iona Fox de la Guyane et Witri Wahyu Lestari de l’Indonésie. Chacune d’elle a reçu un prix en espèces de 5 000 $ US pour leur travail.

    Les prix font partie d’un partenariat de sept ans entre OWSD et la Fondation Elsevier. OWSD préside un panel de scientifiques distingués pour sélectionner les gagnants, et la Fondation Elsevier soutient avec les prix en argent pour chaque gagnant.

    De la simulation du tsunami à l’amélioration de l’efficacité énergétique en passant par la qualité de l’eau potable, ces scientifiques s’attaquent activement à certains des plus grands défis auxquels leurs communautés sont confrontées, a commenté Ylann Schemm, directeur de la Fondation Elsevier.

    Toutes les femmes n’ont pas la possibilité et l’occasion de le faire. En effet, selon les données de 2015 de l’UNESCO, dans une grande partie du monde, les femmes se heurtent à des obstacles sociaux, politiques et économiques pour consacrer leur vie professionnelle à la science.

    Inspirer les jeunes Camerounaises

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    Sur cette courte liste des scientifiques récompensées, on note que la Camerounaise Djuidje Kenmoe est la seule Africaine.

    Djuidje Kenmoe a été sélectionnée pour ses travaux sur la mécanique et l’étude des processus de frottement et d’usure au niveau moléculaire. Une recherche qui a le potentiel d’applications importantes dans le domaine de l’efficacité énergétique.

    « Recevoir le Prix de la Fondation OWSD-Elsevier signifie que ma recherche a un impact dans la communauté scientifique internationale. Cela m’aidera aussi à inspirer les jeunes filles à faire carrière en physique », a-t-elle déclaré.

    Cette Camerounaise qui veut inspirer les jeunes filles à s’intéresser aux domaines scientifiques soutient que pour devenir scientifiques dans un pays en développement, les femmes « doivent être créatives et engagées». Cela, a-t-elle ajouté, c’est parce qu’en plus du travail académique, elle sera souvent « liée à des responsabilités et à des devoirs sociaux et familiaux ». Elle reste en outre convaincue que la science et l’éducation peuvent promouvoir le changement dans sa communauté.

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    C’est pourquoi une partie de son travail consiste à convaincre les familles qu’elles «devraient offrir aux filles les mêmes opportunités qu’elles offrent à un garçon. Les filles doivent savoir que lorsqu’elles ont un emploi, elles peuvent être financièrement indépendantes et avoir un pouvoir important dans les décisions familiales ».

    Cet aspect souligne l’importance d’un prix spécifique aux femmes scientifiques qui vivent et travaillent dans les pays en voie de développement, affirme Hortensia Moreno, chercheuse à l’Université nationale autonome du Mexique et spécialiste des études de genre.

    Selon elle, ce prix fait la lumière sur la nécessité de promouvoir la présence des femmes dans des domaines scientifiques auxquels elles ont été empêchées d’entrer.

  • De Mogadishu à Paris, Haweya vante la Tech africaine en Europe

    De Mogadishu à Paris, Haweya vante la Tech africaine en Europe

    Elle est passionnée de technologie. Mais avant tout, Haweya Mohamed est une Africaine qui aime son continent. La quarantaine, cette Somalienne a toujours résisté face eux discours discriminatoires. « Il paraît que je cumule toutes les tares : je suis une femme, je suis maman, je suis noire, musulmane, et je suis dans le business. Mais je n’y ai jamais vu un handicap… J’avance ! », explique-t-elle.

    Haweya Mohamed a surtout travaillé dans les domaines de la communication. La Somalienne a notamment fait ses armes à Paris dans le service communication de RTL. C’est alors qu’elle a eu l’idée de se lancer dans son propre projet. Objectif, créer une organisation dans le domaine de la technologie. « J’ai toujours eu dans l’idée de développer une structure autour d’une histoire proche de moi. J’étais aussi consciente que le continent n’était pas raconté comme il devait l’être », confie-t-elle.

    Raconter l’Afrique autrement

    Depuis, Haweya Mohamed est en train de diriger Afrobytes. Ce hub digital qu’elle a cofondé en 2015 avec Ammin Youssouf un collaborateur est à ce jour, le premier dédié à la Tech africaine en Europe. Haweya Mohamed organise ainsi en Europe des rencontres Afrobytes qui voient la participation de plusieurs passionnés de technologie. Les deux premières rencontres ont eu lieu à Paris en 2016 et en 2017. Pour l’organisatrice, il s’agit de faire de cet événement un rendez-vous « d’innovation technologique entre l’Afrique et le reste du monde ». Il nous faut « raconter l’Afrique autrement, et surtout qu’elle soit racontée par des Africains », précise-t-elle.

    Pour cette année 2018, les rencontres Afrobytes ont été organisées en janvier à New York et à San Francisco. En février l’événement s’est même tenu à Hong Kong. Haweya Mohamed prévoit réunir d’autres acteurs en juin à Nairobi et à Paris. Cette entrepreneure a déjà visité plusieurs pays du continent africain. Elle reconnaît l’existence de nombreux talents en Afrique.

    Haweya Mohamed estime surtout qu’il est important de mettre en lumière les initiatives privées de jeunes entrepreneurs africains. La responsable d’Afrobytes insiste sur le soutien et les financements qui peuvent permettre aux entreprises naissantes de se développer. En parallèle, l’entrepreneure est persuadée que le numérique jouera sa partition dans le développement du continent.

  • Somalie: construction du premier mémorial après la guerre

    Somalie: construction du premier mémorial après la guerre

    Deux mois se sont écoulés depuis l’attentat meurtrier qui a fait plus de 500 morts et plus de 300 blessés dans un carrefour achalandé dans la capitale somalienne de Mogadiscio. L’attentat à la bombe du 14 octobre, l’attaque la plus meurtrière de l’histoire de la Somalie a laissé les Somaliens et l’Afrique stupéfaits et frustrés. Le pays envisage maintenant de consacrer son premier mémorial depuis le début de la guerre civile somalienne en 1991 aux victimes de l’attentat.

    La conception proposée par l’architecte somalien d’origine italienne Omar Degan imagine un espace ouvert, rempli de gravier, marqué par de grandes formes rectangulaires représentant chaque victime. Entouré de plantes et de blocs de béton, l’élément central du monument serait deux murs portant les noms des 512 personnes décédées. Un troisième mur au milieu détaillerait ce qui s’est passé le jour de l’attaque. Omar Degan, 27 ans, se spécialise dans l’architecture d’urgence, qui traite de la reconstruction des communautés touchées par les catastrophes, les conflits et la pauvreté. Il a pensé à la conception d’un mémorial immédiatement après l’attaque. À l’époque, il était à Nairobi et sur le point d’entreprendre son premier voyage en Somalie depuis que ses parents ont quitté le pays.

    Reconstruction

    La vision de Omar Degan du mémorial, qu’il a appelé « Oct. 14 » est ancré dans l’apparence de paix qui a enveloppé la Somalie ces dernières années. Alors que les combats ouverts se sont calmés, les Somaliens de la diaspora reviennent, créent des entreprises et participent à de grands projets de développement. Après les attentats du 14 octobre, le secteur technologique naissant du pays est intervenu pour aider aux efforts de recherche et a financé des dizaines de milliers de dollars pour aider les familles des blessés et des morts. Ces efforts sont couronnés par la détermination des autorités de reconstruire le pays et de maintenir un climat de paix sur toute l’étendue du territoire.

    Au cours d’une récente visite, Omar Degan a déclaré qu’il voyait un pays qui se remettait encore des effets de la guerre avec des postes de contrôle tenus par des agents en détresse. L’architecte évoque avec enthousiasme la pittoresque plage du Lido et la détermination des Somaliens à changer le pays pour le mieux. Omar Degan dit que les fonctionnaires de l’administration régionale de Benadir qui supervise Mogadiscio l’ont approché après avoir vu son design et sont en train de revoir ses croquis. Il a également affiché les rendus du monument sur les médias sociaux afin de mesurer l’intérêt du public et de voir si les gens seraient intéressés par une campagne de financement. « Nous méritons mieux. Nous méritons de bonnes choses en Somalie », lâche-t-il avec détermination.

     

     

     

  • Al-Shabaab: la somalie face à la grande indifférence africaine

    Al-Shabaab: la somalie face à la grande indifférence africaine

    La République de la Somalie a enregistré l’un des attentats les plus meurtriers de son histoire cette semaine. Une situation qui n’affecte visiblement pas le reste de l’Afrique.

    En Somalie, la vie après ce samedi n’est pas facile. Un attentat au camion piégé est survenu en milieu d’après-midi samedi au carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels. Une nouvelle attaque qui a beaucoup choqué les Somaliens, pourtant habitués aux attentats quasi quotidiens. Les effets sont lourds. Les bilans font état d’environ 300 morts et beaucoup plus de blessés. Les bâtiments et véhicules situés à proximité ont été fortement endommagés par la très forte explosion, qui a laissé de nombreux corps brûlés.

    Cette attaque est un coup dur porté au nouveau gouvernement, huit mois après l’élection du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, lequel avait déclaré la guerre aux shebab. Depuis, les autorités appellent à la solidarité internationale pour sauver les survivants de l’attaque… presqu’en vain.

    Abîme

    Le système de santé très fragile du pays qui a connu depuis 1991 des guerres civiles, suite à la chute du régime du président Siad Barre, a rapidement été submergé par la taille du désastre. Contrairement à la communauté africaine qui semble abandonner une Somalie déjà vulnérable et exposée à tant de crises intestines, les partenaires internationaux de ce pays du Golfe d’Aden se sont mobilisés depuis lundi pour envoyer de l’aide médicale d’urgence et des médecins. La diaspora somalienne, quant à elle, fait des dons de sang afin d’aider le pays à mieux prendre en charge les blessés.

    « Nous avons accueilli trois avions transportant de l’équipement médical venant des Etats-Unis, du Qatar et du Kenya. Et mis à part celui envoyé par le gouvernement américain, les deux autres repartiront avec des blessés, environ 35 victimes », a déclaré à la presse le maire de Mogadiscio, Tabid Abdi Mohamed. D’autres pays comme la Turquie avait depuis lundi raccompagné autant de blessés vers Ankara dans un avion qui avait emmené du matériel médical et des médecins. Les Etats-Unis et le Qatar se sont eux-aussi montrés disponibles pour la Somalie qui vit là l’un des pires moments de son histoire.

    De l’indifférence de l’Afrique

    Le constat est clair, cet attentat n’a pas bénéficié du même traitement comparé à ceux intervenus dans d’autres pays –pourtant avec des dégâts moins importants. Bien de pays africains sont restés muets. Certains se sont juste contentés des tweets. Le pays est laissé pour compte. Seuls les pays voisins et la diaspora (d’environ 2 millions de personnes) se sont montrés solidaires. En premier, le Djibouti qui a envoyé une équipe de docteurs spécialisés et de personnel médical dans un avion militaire pour assister les blessés.

    Le Kenya s’est également manifesté en envoyant des aides au voisin. La ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a annoncé mardi que son pays allait évacuer 31 blessés pour qu’ils soient traités dans une unité spécialisée à Nairobi, et envoyer 11 tonnes de produits médicaux. En outre, la Croix-Rouge kényane a lancé une campagne de collecte de fonds en faveur des victimes.

    En effet, sur les 55 pays frères de la Somalie sur le continent africain, seule une dizaine d’Etats ont manifesté un quelconque soutien moral, même si le président de la Commission de l’Union africaine a présenté ses condoléances à la Somalie au nom de la grande famille africaine, et engagé quelques actions au nom de l’institution qu’il dirige.

    Depuis dimanche, des internautes notamment sur Twitter ont décrié l’indifférence du monde face à la tragédie que vit la Somalie. Ces internautes pointent les dirigeants des grands médias internationaux qui parlent très peu de ce drame.

    Pour rappel, au moins 723 personnes ont été tuées et 1.116 blessées dans des attaques à la bombe en Somalie en 2016, selon le centre de réflexion Sahan, basé à Nairobi.