Catégorie : Angola

  • Appy Saude : 1er répertoire digital des professionnels de la santé en Angola

    Appy Saude : 1er répertoire digital des professionnels de la santé en Angola

    En Angola tout comme dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, les patients n’ont pas un accès facile au répertoire des professionnels de la santé. Pour prendre rendez-vous avec un médecin, il faut se rendre au centre de sante le plus proche.  Deux entrepreneurs angolais Pedro Beirao et Jorge Cohen ont parcouru en 2016, toutes les provinces de l’Angola et on constitué le premier répertoire digital complet  des professionnels de la santé du pays dénommé Appy Saude.

    Appy Saude enregistre plus de 12000 utilisateurs. L’application est disponible sur mobile et le web. Répertoire très simple d’utilisation, les utilisateurs inscrivent dans la barre de recherche le type de prestation recherché et la localisation préférentielle, le moteur de recherche se charge ensuite de trouver le prestataire qui correspond le plus à la demande de l’internaute. Depuis sa création, l’offre d’Appy Saude s’est diversifiée en proposant aussi un répertoire des pharmacies, des promotions sur des produits médicaux ainsi qu’un système de notation, de commentaires des utilisateurs et un système d’appels d’urgence.

    Appy Saude fait partie du dernier classement des « 100 startups africaines où investir en 2019 » sorti en avril dernier.

    Créé en 2015, MyAfricanStartUp est une initiative africaine d’appui au secteur privé ayant pour objectif de soutenir la création et développement de startups, ces jeunes sociétés innovantes à fort potentiel de croissance.

     

  • Fábrica de Sabão, le centre angolais qui promeut l’innovation

    Fábrica de Sabão, le centre angolais qui promeut l’innovation

    Il y a quelques années, les habitants d’un des plus grands établissements informels d’Angola, Luanda, travaillaient dans l’usine de savon locale. Un site de production de masse et de travail manuel, il est devenu un dépotoir suite à la fermeture de l’usine. Puis, en 2015, l’entrepreneur suisse  Jean-Claude Bastos de Morais a insufflé une nouvelle vie à l’espace avec la fondation de  Fábrica de Sabão.

    Fábrica de Sabão, première plaque tournante de l’innovation du pays, est un centre qui permet aux jeunes de poursuivre des idées créatives susceptibles d’avoir un impact sur la situation socioéconomique de l’Angola. Positionné pour offrir des opportunités et un environnement stimulant pour ces créateurs en plein essor, c’est un lieu d’idées, de transfert de connaissances et d’expérimentation créative.

    « Le centre nous permet d’explorer le potentiel qui existe réellement en Angola, car, pour des raisons politiques, nous sommes une société fermée depuis des années», explique Lauretta Geraldo, conseillère en création au sein de la structure.

    À l’intérieur du bâtiment, vous trouverez des bureaux, des espaces d’exposition et un espace de co-working. Le cœur de Fábrica est, cependant, le Makerspace. Entièrement équipé d’imprimantes 3D, de machines à commande numérique, de soudeuses et plus encore, tout en étant accessible au public, son but est de susciter un intérêt pour la pratique de la fabrication urbaine parmi les membres de la communauté locale.

    Axés sur la création pratique, ceux qui veulent apprendre ont accès à des experts qui les guident à travers des processus entiers, créant tout, des meubles et des pièces de décoration, aux carreaux fabriqués entièrement à partir de plastiques jetés. Ils ont également récemment lancé un «laboratoire de bricolage», où les étudiants peuvent passer leurs week-ends à coder ou à apprendre à imprimer en 3D.

    Conscient des difficultés économiques auxquelles font face de nombreuses familles dans les environs, Fábrica n’exige aucun paiement en espèces pour ces opportunités d’apprentissage. Tout ce qu’ils demandent, c’est que ceux qui cherchent à participer apportent toutes les bouteilles en plastique qu’ils peuvent avoir. L’équipe de Fábrica transforme ces bouteilles en polyéthylène téréphtalate – ou PET – qui peut être utilisé dans la fabrication de divers produits.

    Comme si cela ne suffisait pas, Fábrica est également sur le point de lancer une station de radio communautaire qui va promouvoir les activités et événements à venir, et partager des informations éducatives. Rui Magalhães, un membre de l’équipe qui supervise le makerspace, voit cela comme un élément vital de leur mission.

  • En Angola, la startup Kamba revendique le premier portefeuille mobile du pays

    En Angola, la startup Kamba revendique le premier portefeuille mobile du pays

    L’espace de paiement en Angola est en train de changer, du fait de l’introduction dans le pays du premier portefeuille mobile complet grâce à la startup locale Kamba.

    Selon la Banque mondiale, 29,3 % seulement des Angolais adultes ont accès à des services bancaires. En outre, aucun service efficace n’est offert aux Angolais pour effectuer des paiements mobiles ou en ligne pour les biens et services : Kamba a trouvé une opportunité pour éclore.

    Lancé en avril de cette année, Kamba permet aux utilisateurs d’envoyer et de recevoir de l’argent à d’autres personnes dans l’application ou via le code QR sans frais, ainsi que de payer pour les services publics et une gamme de services et produits en ligne et en magasin. Selon ses promoteurs, ce service représente un « énorme pas en avant par rapport aux moyens traditionnels ».

    « Les gens ont du mal à avoir accès aux cartes et les services de paiement sur Internet n’existent pas. Actuellement, il n’y a pas de solution efficace pour acheter des biens et services sur Internet en Angola. Kamba apporte donc une expérience innovante, un accès aux services financiers et une manière simple d’acheter des biens et services sur Internet, sans carte » assure Amarildo Lucas, cofondateur.

    Depuis son lancement en avril, Kamba a vu plus de 200 utilisateurs s’enregistrer, ainsi que 23 commerçants partenaires acceptant le paiement via le service. La semaine dernière, les fondateurs ont lancé pour la première fois des recharges mobiles en ligne intégrées aux principaux opérateurs mobiles en Angola.

    D’ici la fin de l’année, la startup prévoit de lancer une API publique pour les développeurs et les commerçants en Angola, leur permettant de recevoir des paiements via le code QR ou en ligne avec une passerelle de paiement.

    Mais pour l’instant, Lucas dit que la priorité est de continuer à intégrer les clients, et de recruter plus de partenaires. Entre autres, des fournisseurs de guichets automatiques aux services de billetterie du cinéma, pour assurer un flux rationalisé entre les transactions.

  • Angola: la startup Manifexto s’arme contre les « Fake news »

    Angola: la startup Manifexto s’arme contre les « Fake news »

    La pénétration de la technologie et d’Internet a révolutionné l’accès aux nouvelles et à l’information. Cependant, la quantité d’informations émanant de diverses sources d’information et circulant sur les médias sociaux peut devenir écrasante. La startup angolaise Manifexto s’est donné pour mission de fournir une plateforme d’accès à des sources d’information fiables et de combattre les «Fake news».

    Lancé en version bêta le 23 août de l’année dernière, le jour de l’élection en Angola, Manifexto propose un agrégateur de nouvelles en ligne qui vise à offrir un guichet unique aux citoyens pour accéder aux nouvelles et aux informations de toute la gamme des services publics, privés et internationaux et des médias locaux.

    La fiabilité est la clé, et la startup veut être partie intégrante en aidant la population à passer au crible la grande quantité de fausses nouvell1es générées, en particulier sur les médias sociaux, et ainsi faciliter la vérification de vraies sources d’information.

    « Nous voulons être un lieu neutre qui offre des informations au public, quel que soit le programme derrière chaque source d’information. De cette façon, une personne peut être informée de ce qui se passe, lire plusieurs perspectives d’un sujet et ensuite faire un choix ou une décision éclairée et personnelle », confie Zedilson Almeida, cofondateur et PDG de Manifexto.

    La startup a de grands projets pour augmenter exponentiellement sa base de lecteurs jusqu’en 2018. D’abord, totalement couvrir l’Angola, mais aussi à d’autres s’ouvrir à d’autres marchés lusophones. L’équipe de Manifexto travaille également à développer une gamme de technologies de vérification.

  • Angosat 1, l’Angola s’invite à la conquête spatiale

    Angosat 1, l’Angola s’invite à la conquête spatiale

     En cette fin d’année, la concurrence en Afrique en matière de technologie spatiale a  produit bien de résultats. L’Angola s’est désormais lui aussi invité dans cette course.

    Fruit d’un partenariat entre l’Angola et la Russie, Angosat 1, premier satellite de ce pays, a été mis en orbite depuis mardi dernier. Le projet conjoint qui a débuté en 2009 a coûté environ 300 millions de dollars et financé par un crédit des banques d’État russes, selon les informations du gouvernement angolais. Pesant 55 kilogrammes, Angosat a été construit par un consortium d’Etat russe et a été lancé avec la fusée ukrainienne Zenit-3SLB, ainsi qu’avec Roscosmo, une compagnie spatiale russe. Il sera placé sur l’équateur à une altitude de 36 000 kilomètres. La Russie supervisera le fonctionnement du satellite à partir d’un centre de contrôle construit près de Luanda.

    En effet, la construction de ce satellite dont le lancement a été retardé plusieurs fois a débuté en 2013. Angosat-1, qui sera dans une période d’essai jusqu’en mars, est destiné à fournir des services de télécommunications, de télévision, d’Internet et de gouvernance électronique à l’Angola et restera en orbite pendant au moins 15 ans. Mais pas que. Spécialement, AngoSat-1 jouera aussi un rôle crucial dans la prolifération de la télémédecine, un moyen de fournir des soins cliniques à distance en utilisant les télécommunications.

    Le ministre des Télécommunications et des Technologies de l’information, Carvalho da Rocha, a déclaré que 40% de la capacité du satellite avait déjà été réservée pour des objectifs commerciaux. Le gouvernement estime qu’il récupérera son investissement en deux ans au minimum.

    La conquête de l’espace en Afrique subsaharienne

    Plus tôt cette année, l’Angola avait rendu public son plan à long terme pour son programme spatial, qui prévoit une expansion régulière dans les années à venir. Avec le lancement ce mardi, l’Angola devient l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne dans la course pour une conquête spatiale.

    Le Nigeria, le Ghana et l’Afrique du Sud ont déjà plusieurs satellites en orbite, allant plus loin que les télécommunications de base. L’Afrique du Sud par exemple, utilise son engin spatial pour collecter des données sur les catastrophes environnementales potentielles telles que les inondations et les incendies. Le Ghana quant à lui utilise le cubesat, un petit satellite construit par l’Université des Nations Unies, pour surveiller son littoral et à des fins éducatives. Pendant ce temps, le Nigeria n’a pas seulement utilisé ses satellites pour surveiller les élections, mais même pour suivre les mouvements de Boko Haram, le groupe armé responsable des attaques meurtrières dans le nord-est du pays.

    Cependant, le Nigeria veut aller encore plus loin. D’ici 2030, il espère pouvoir envoyer son premier astronaute dans l’espace, un plan qui pourrait être à portée de main, grâce à des entreprises privées comme SpaceX et Blue Origin qui ouvriront des espaces dans les années à venir.

    Mais d’autres pays subsahariens regardent également vers le ciel. L’Éthiopie et le Kenya ont leurs propres programmes spatiaux.

    En 2016, l’Union africaine avait élaboré une politique et une stratégie spatiales africaines. Avec ce cadre, l’Union africaine espère œuvrer en faveur d’un programme spatial résilient qui profite à l’ensemble du continent dans les décennies à venir.

  • Eduardo do Santos: le lourd passif de 38 ans de règne [Grand Angle]

    Eduardo do Santos: le lourd passif de 38 ans de règne [Grand Angle]

    L’ombre de Jose Eduardo do Santos plane toujours sur l’Angola qu’il a dirigé pendant près de quatre décennies.  Joao Lourenço.

    Le limogeage d’Isabel dos Santos à la tête de la compagnie pétrolière nationale le 15 novembre a surpris plus d’un. Annoncée par le nouveau chef de l’État, le départ de la fille aînée de l’ex-président Eduardo do Santos de la présidence du conseil d’administration de la Sonangol a suscité des commentaires dans les arcanes du pouvoir. « Il a fait partir la princesse, l’intouchable », lâche avec étonnement un étudiant en sciences politiques à Luanda. Accusée de népotisme et de corruption, Isabel do Santos subit la foudre de Joao Lourenço qui avait promis durant les campagnes relancer l’économie du pays à travers des « décisions fortes ». Mais beaucoup ne s’attendait pas à ce que le chef de l’État « touche » à celle qui est considérée comme la femme la plus riche du continent. Le plus surprenant, c’est que Joao Lourenço a nommé à la tête de Sonangol Carlos Saturnino, ancien secrétaire d’État au Pétrole, un personnage pas très aimé dans le cas do Santos.

    La décision était inattendue. D’autant plus que le nouveau chef de l’État est réputé être proche de Jose Eduardo do Santos qui a dirigé le pays pendant près de quarante ans. Général à la retraite, Joao Lourenço a été adoubé par l’ancien chef de l’État. « C’est un fidèle d’Eduardo do Santos. Il a toujours fait partie de ses hommes de confiance », fait savoir un spécialiste du pays. Ce dernier explique que pour cette raison le nouveau président dirige sous l’influence de son mentor. Il lui sera impossible de réaliser le « miracle économique » qu’il a promis et de lutter réellement contre la corruption. Pour Luaty Beirao, rappeur engagé, opposé au pouvoir depuis plusieurs années, « Joao Lourenço gouverne sous tutelle. Il ne peut pas se défaire d’Eduardo do Santos ».

    Mainmise

    Dans la capitale angolaise, les avis se concordent sur l’absence d’une marge de manœuvre pour le nouveau président qui ne peut pas changer les choses. En réalité, malgré le départ de Jose Eduardo do Santos du pouvoir, son ombre plane toujours sur les grandes décisions du pays. Cela vient de ses trente-huit ans de règne. L’ancien chef de l’Etat reste très écouté au sein de l’armée et il est difficile que de grandes décisions se prennent sans son avis. Avant son départ, il a pris le soin de faire voter une loi réduisant les pouvoirs de son successeur. En exemple, ce dernier ne dispose pas de toute la latitude pour désigner les responsables des services de sécurité comme c’était le cas.

    Le parti au pouvoir le MPLA avait voté en juillet dernier au Parlement une loi garantissant le maintien à leur poste des dirigeants de l’armée, de la police et des services de renseignements jusqu’en 2025. Réputés tous proches de Jose Eduardo do Santos, ces derniers ne peuvent pas être inquiétés par le nouveau président. Sauf s’ils sont condamnés pour un crime ou s’ils dépassent la limite d’âge requise pour leur poste. Une autre loi accordant des privilèges à l’ancien chef de l’État a aussi été votée. Eduardo do Santos a depuis septembre droit à un chauffeur, des gardes du corps ainsi qu’une pension équivalente à 90 % de son salaire. La loi votée prévoit aussi que l’ancien président ne peut être poursuivi que pour des actes étrangers à l’exercice de sa fonction. « Il a géré l’Angola de façon opaque. Il s’est ensuite mis l’abri de la justice », regrette un député de l’UNITA, parti d’opposition.

    Affirmation

    Les détracteurs de Joao Lourenço, général à la retraite, estiment qu’il reste influencé par l’aura de l’ancien président. « Lourenço sait qu’il lui doit beaucoup. Il va souvent le consulter pour de grandes décisions », souligne un chercheur de l’université de Luanda. A ce titre le nouveau président a souvent lui-même rappelé durant les campagnes tout faire pour continuer « l’œuvre d’Agostinho Neto et du président do Santos ». Autre élément de l’influence de l’ancien président, la puissance économique des do Santos. Très fortunée, la famille de l’ancien homme fort de l’Angola contrôle plusieurs sociétés du pays qui brassent des millions. Si Isabel do Santos est limogé de la Sonangol, elle dirige malgré tout des entreprises qu’elle a créées. Son frère José Filomeno contrôle lui une partie des finances angolaises. Il dirige en effet le fonds souverain du pays.

    Depuis sa prise de fonction, des rumeurs ont fait état de mésentente entre Lourenço et do Santos. Elles ont été démenties par des proches du nouveau chef de l’État qui ont évoqué de bonnes relations entre les deux hommes. Mais le limogeage d’Isabel do Santos de la Sonangol peut-il être lu comme une déclaration de guerre de Lourenço à son mentor ? « Pas sûr », coupe court un journaliste de Radio Ecclesia basée à Luanda. Un de ses confrères renchérit : « Lourenço s’affirme, il cherche une légitimité, il veut s’imposer. Mais il connaît ses limites ».

     

     

     

  • Isabel dos Santos: incursion dans l’empire de la femme la plus puissante d’Afrique

    Isabel dos Santos: incursion dans l’empire de la femme la plus puissante d’Afrique

    Quand le père, l’ex-président marxiste Eduardo dos Santos s’était finalement convaincu de quitter le pouvoir en août dernier, après 38 années passées à la tête de l’Angola, c’est la direction de la Sonangol, la compagnie nationale de pétrole, fleuron de l’économie angolaise que celui-ci a pris le soin de laisser à sa fille, Isabel Dos Santos.

    Qu’il le veuille ou non, Joao Lourenço, le successeur d’Edouardo dos Santos devrait gouverner, du moins pour ses premières heures, dans l’imposante ombre du clan dos Santos, y compris celle qui a en main la grande partie de l’économie du pays : la femme la plus riche et la puissante d’Afrique (selon Forbes) : la « princesse Isabel ».

    Isabel dos Santos a été nommée le 2 juin dernier à la tête du conseil d’administration de la Sonangol. En plus d’une fortune estimée, selon le magazine Forbes, à 3,3 milliards de dollars, celle que les Angolais surnomment la « Princesse » se retrouve aux commandes d’une société qui présentait un chiffre d’affaires de 40 milliards de dollars en 2013.

    Pour sa première conférence de presse, la fille du président, âgée de 43 ans, s’est efforcée de rassurer. « Nous sommes très attachés à la transparence et déterminés à améliorer les bénéfices », a déclaré la nouvelle présidente qui souhaite recentrer la firme exclusivement sur les hydrocarbures. Sauf que les Angolais voient les choses autrement.

    Empereur Eduardo & princesse Isabel dos Santos

    On peut aujourd’hui soutenir qu’Isabel a construit sa propre fortune, toujours est-il que les bénédictions du père ont été importantes. Quand son père est arrivé au pouvoir, Isabel avait 6 ans. Désormais, elle n’est pas que la fille d’un président richissime.

    Mariée au riche collectionneur d’art congolais Sindika Dokolo avec qui elle a eu trois enfants, elle a la réputation d’être une « business woman » tenace et exigeante, sous des airs discrets.


    Je vendais des œufs de poule quand j’avais 6 ans


    Née à Bakou (en Azerbaïdjan soviétique) d’une mère championne d’échecs, celle qui dit avoir une « vie normale » à Luanda a grandi à Londres, où elle a étudié l’ingénierie mécanique au King’s Collège. Dans l’une des rares interviews qu’elle a accordé, elle raconte au Financial Times en 2013, avoir toujours eu le sens des affaires.

    « Je vendais des œufs de poule quand j’avais 6 ans », confie celle qui voudrait que son histoire soit perçue comme une success-story. C’est en rachetant, à 24 ans, un restaurant de Luanda que la « Princesse » ambitieuse a commencé sa carrière dans les affaires. Elle entame son ascension en 1997, à seulement 24 ans, en créant avec sa mère une société de commercialisation de diamants. La femme d’affaires est depuis à la tête d’un véritable empire.

    Mais c’est en 1999 qu’elle a pris son envol en remportant un appel d’offres lui a permettant de contrôler Unitel, le premier opérateur de téléphonie mobile du pays.

    Très riche, Isabel dos Santos a été classée huitième fortune d’Afrique, selon le magazine Forbes. Son patrimoine, estimé à 3,3 milliards de dollars, serait majoritairement placé au Portugal, ancienne puissance coloniale de l’Angola. Pour en arriver là, la fille du président a investi partout. D’abord dans les télécommunications, avec Unitel, la principale compagnie de téléphonie mobile de l’Angola, et NOS, un opérateur de téléphonie portugais, qu’elle détient à 50%. Puis dans les banques angolaises et portugaises (25 % de la BIC Angola, 42,5% de la BIC Portugal…). La princesse a maintenant jeté son dévolu sur les grandes compagnies d’énergie, en achetant 33,3% du capital de Galp, société pétrolière portugaise.

    Millionnaire par son père ?

    En Angola, les premiers gisements de pétrole sont découverts en 1910. Mais jusqu’à l’indépendance, en 1975, le pays ne produit que 50 000 barils par jour. À cette époque, l’Angola se contentait d’être une puissance agricole, 4e producteur mondial de café et entièrement autosuffisant sur le plan alimentaire.

    Entre l’accession à l’indépendance et l’arrivée au pouvoir de José Eduardo Dos Santos, ingénieur du pétrole et successeur désigné D’Agostino Neto, la production pétrolière double pour atteindre 100 000 barils par jour. En 1980, le produit intérieur brut angolais était de 3,6 milliards de $ avec une contribution significative du secteur pétrolier. Le changement de cap est définitivement acté. L’avenir du pays s’écrira à l’encre du pétrole.


    Ils sont nombreux, dans l’opposition angolaise, à dénoncer l’utilisation du pouvoir présidentiel pour arranger les affaires d’Isabel dos Santos.


    Dans cet environnement où, en effet l’Angola dépend finalement à 70% du pétrole, confier les rênes de la société de gestion des hydrocarbures à la fille du président n’a rien d’anodin, aux yeux de bon nombre d’Angolais.

    Ils sont nombreux, dans l’opposition angolaise, à dénoncer l’utilisation du pouvoir présidentiel pour arranger les affaires d’Isabel dos Santos. Le journaliste angolais Rafael Marques affirme dans son livre Diamants de sang : corruption et torture en Angola, que les entreprises, dont « Isabel, la fille à papa » s’est emparées, comme tais ou Unitel, sont gangrenées par la corruption et le favoritisme.

    « La fortune d’Isabel vient des décrets présidentiels de son père qui est un dictateur corrompu jusqu’à la moelle, assène Rafael Marques. Sans la corruption organisée par son père, elle ne posséderait rien… Elle est à craindre, car elle tient à sa disposition l’appareil répressif de l’État, ainsi que le pouvoir institutionnel qui permet d’éliminer ou de punir ceux qui s’opposent à ses démarches. »


    En Angola il n’y a que deux femmes qui sont de grandes entrepreneuses : l’une est la fille du président, l’autre est son épouse


    Pour Didier Péclard, politologue, spécialiste de l’Angola, Isabel dos Santos aurait aussi profité du pouvoir de son père pour faire fructifier Unitel : « Le prix des licences de télécom est très élevé pour les autres opérateurs en Angola. Avec Unitel, Isabel dos Santos a été dans une situation privilégiée. Unitel a pu profiter d’un accès privilégié aux licences de télécom et, de fait, a pu couvrir tout le pays. Elle a probablement bénéficié d’un traitement de faveur. » Toujours pour celui-ci, en Angola, on ne devient pas un entrepreneur important sans avoir de bons relais politiques. « D’ailleurs, il n’y a que deux femmes qui sont de grandes entrepreneuses : l’une est la fille du président, l’autre est son épouse. »

    Cependant, le nouvel homme fort de l’Angola promet d’enrayer les inégalités et de redresser l’économie, même si les embûches sont bien connues par tout le monde. Il devra se libérer du carcan dos Santos : Isabel à la Sonangol et son frère au fonds souverain. Mission difficile.

  • L’Angola lance très bientôt son satellite

    L’Angola lance très bientôt son satellite

    Dans un souci d’indépendance et de contrôle des dépenses de communication, l’Angola va probablement lancer dans en cette fin d’année 2017, son premier satellite dénommé Angosat1.

    Le Satellite en question a été construit par des entreprises russes, et sera géré sur le sol angolais par des citoyens angolais qui ont depuis suivi des formations dans ce sens.

    Avec une durée de vie de 15 ans, le satellite pourrait être utilisé par des pays allant de l’Afrique du Sud au Sud de l’Europe.

    Selon les responsables angolais, le satellite et le centre qui sera dédié à son contrôle sont déjà prêts. « Les 45 techniciens qui seront en charge du décodage des signaux d’Angosat1 sont actuellement en formation. Le centre de contrôle sera basé dans la municipalité de Caruaco» ont-ils déclaré. Ce satellite permettra à l’Angola de le substituer aux autres satellites régionaux pour l’acquisition de la bande passante et de payer ce service en devise locale.

    L’Angola va être ainsi le quatrième pays africain à disposer de son propre satellite, après le Nigéria et l’Egypte et plus récemment le Ghana.

    La RDC est actuellement à l’étude aussi pour acquérir son propre satellite.

  • Angola: une nouvelle brasserie pour briser le monopole

    Angola: une nouvelle brasserie pour briser le monopole

    Grupo Sun Ocean a signé le 16 août dernier un accord de financement avec l’Unité technique d’investissement privé (UTIP). Estimé à 50 millions de dollars, cet accord de financement s’inscrit dans le cadre de la construction d’une usine de boisson.

    Une usine de production de boisson va bientôt émerger à Luanda. C’est dans le cadre d’un projet porté par un groupe de sociétés (Ocean Holding Ltd, Envasadora de Bata S.A et Quantum Global Group) réuni dans le consortium Grupo Sun Ocean.

    Fruit de différentes négociations entre Grupo Sun Ocean et l’Unité technique d’investissement privé (UTIP) du ministère angolais de l’Industrie, ce projet va permettre au pays de produire et de conditionner près de 80 millions de litres de boissons chaque année. Selon Martin Bachma, responsable de Quantum Global Group, société spécialisée dans le private equity, la signature de cet accord avec l’UTIP constitue une étape décisive dans la réalisation du projet. « Nous sommes excités à l’idée d’investir dans un projet qui contribuera significativement au renforcement du secteur des boissons et à la diversification de l’économie angolaise », a-t-il ajouté.

    Précisons que Quantum Global Group qui est situé à Maurice va essentiellement s’occuper du financement des travaux de construction de l’usine de production de boisson. Pour atteindre ces objectifs, l’usine de production devrait employer près 400 personnes, selon les responsables de Grupo Sun Ocean.