Catégorie : Choix de la Redaction

  • En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    Croire que le Vaudou en Afrique a perdu ses lettres de noblesse à cause du modernisme, de l’éducation, de la colonisation ou des croyances exotiques est un constat erroné. Et aucun acteur ni politique ni religieux ou d’autre ne peut se permettre d’oublier son influence, ni par hypocrisie, ou par négligence.

    Pourtant, les églises ne cessent de pousser dans les coins de rue à Lomé, à Cotonou ou un peu partout dans la sous-région ouest-africaine. Il est vrai qu’il y a en Afrique, de Dakar à Lubumbashi, de Lomé à Bangui en passant par Cotonou, des forces surnaturelles, détentrices du pouvoir « du mal ». Dans la « basse population », le catholicisme et les autres religions monothéistes ont du mal à exorciser, même avec la plus grande rigueur, l’Afrique du vaudou et de ses religions polythéistes « mal-aimés ». Au Togo précisément, ce n’est pas exagéré : les églises dites de « réveil » ont beau être les endroits les mieux abrités par la population de toute catégorie, nul n’ose jouer avec la face cachée de la raison.


    L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ».


    Au Bénin, lorsqu’on parle de religion, les statistiques indiquent 27 % de chrétiens, 22 % de musulmans et 37 % d’animistes. Mais demandez qui n’a jamais consulté le Vaudou, pour un problème de stérilité, de vol, d’un sort qu’on veut retourner à l’envoyeur ou d’un décès dont on révoque une origine naturelle, et vous vous rendrez compte que les statistiques seront beaucoup plus importantes en faveur de la religion traditionnelle. La question principale n’est plus de savoir si le Vaudou est un mythe ou une réalité, la réponse est évidente. La curiosité c’est de se demander comment cela fonctionne, ou comment cette pratique surmonte l’usure des temps ?

    Toutefois, assimilé à tort ou à raison à la sorcellerie, la présence du Vaudou est souvent redoutée. C’est pourquoi les hiboux « prédateurs » de chairs humaines, les cobras vengeurs, les tortues à doubles carapaces ou les lézards polymorphes à doubles queues sont toujours craints. L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ». Dans ce domaine où les professions de foi sont très rares, il est très difficile de prouver à une tierce personne — en théorie du moins — l’efficacité du mode opératoire, ce ne sont pas que les civils qui s’en emparent.

    Le Vaudou salvateur

    1er septembre 2011. À Iroko, forêt sacrée de Kpassè en lisière de la cité côtière béninoise de Ouidah, jadis funeste fief de la traite négrière au Bénin, une foule pouvait se voir. Surtout, un Blanc dont la main gauche effleure le tronc de l’arbre vénéré. Mais qui est-il ? Le maire de Nantes et futur chef du gouvernement, le très cartésien Jean-Marc Ayrault. Et quelle requête le patron des députés du Parti socialiste, porté en février 2016 à la tête du Quai d’Orsay, soumet-il à la réincarnation végétale d’un monarque mythique du XIVe siècle ? « Que François Hollande détrône Nicolas Sarkozy au printemps suivant. » Mais, il précisera plus tard, « je n’ai formulé aucun vœu pour moi-même ».


    Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou.»


    En effet, le Bénin a vu défiler, en cachette comme au grand jour, des cohortes d’élus, candidats et ministres, exotiques ou non. Car nul politicien de l’ex-Dahomey n’oserait mépriser les forces de l’esprit, même si le politiquement correct demande le contraire. L’ancien premier ministre béninois, candidat à l’élection Lionel Zinsou ne l’ignore pas. Ce Béninois a beau passer sa première vie loin du Bénin natal, il devra s’habituer à ne pas serrer la main à tout le monde, à s’asseoir dans n’importe quelle chaise ou à boire avec n’importe quel verre. Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou. C’est pour cela que quand nos ancêtres, nos parents, nos grands-parents ont été emmenés en esclavage, leurs esprits retournent chez nous ici. »

    Vu de mauvais œil

    Le vaudou, à l’origine, n’a rien à voir avec la sorcellerie ou la magie noire. Dans la cosmogonie de l’aire culturelle Adja-Tado au sud, c’est une pratique religieuse qui consiste au culte d’un Dieu créateur (Mawou) au-dessous duquel se trouvent d’autres dieux inférieurs. Entre autres, Sakpata : dieu de la variole ; Ogoun : dieu du fer ; Mamie Wata : déesse de l’eau, etc. Eux, ils servent d’intercesseurs à l’homme pour atteindre Dieu tout-puissant. « C’est à partir de Ouidah que le vaudou s’est retrouvé partout dans le monde entier. Il faut le reconnaitre, c’est quelque chose qu’il ne faut pas nier. Le vaudou c’est quoi ? C’est la nature, les quatre éléments de la nature, les respecter et connaître et respecter leurs principes. » Explique, initié au culte vaudou.


    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse.


    Au Bénin, sous le régime révolutionnaire qui a duré 17 ans, le vaudou a été traité de tous les noms : « pratique rétrograde », « fétichisme » voire, « obscurantisme ». Cela n’a pas pour autant empêché les dépositaires du culte vaudou de continuer à pratiquer leur religion comme si de rien n’était. Un chef religieux du nord du pays, défiant les marxistes-léninistes de l’époque, est allé jusqu’à dire, non sans humour, que « depuis que le monde existe, on n’a jamais vu les bouses de vache se transformer en vache ». Comme pour leur dire que la révolution ne pouvait pas empêcher les gens de pratiquer leur religion.

    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse. Et c’est le président Nicéphore Soglo, chrétien bon teint qui, en son temps, concéda ce droit aux adeptes des religions traditionnelles.


    Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible


    Depuis, le vaudou est une religion au même titre que l’islam et le christianisme. Mieux, elle connaît un engouement et une expansion certains. « Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible », confie un religieux.

    Désormais, chaque année, le 10 janvier, des milliers d’initiés vaudou célèbrent au Bénin les quatre divinités de la nature. Venues d’Afrique, des Antilles, d’Europe ou des États-Unis, c’est sur la plage de la Porte du non-retour à Ouidah que les adeptes du culte se recueillent. Le vaudou est certes un culte ancestral, mais il n’a pas toujours eu bonne réputation, malgré environ ses 50 millions de membres à travers le monde.

    Emmanuel Vitus 

     

  • Non, l’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit!

    Non, l’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit!

    Pour penser l’Afrique il est nécessaire de changer de discours et de redonner à ce continent la place qu’il mérite. Le fait est que jusqu’à présent elle est considérée à tort comme un continent pauvre. C’est ainsi que l’on assiste régulièrement à des déclarations qui tendent à présenter l’Afrique comme dénuée de richesses. Pour appuyer ses propos erronés, des images et des publications sont brandies. Chaque année, il arrive même que des campagnes de charité, des appels au don soient lancés pour « aider l’Afrique ». Toutes ces actions renforcent les clichés, les suppositions sur l’Afrique. Mais il existe une autre histoire africaine, la vraie, qui mérite d’être contée.

    L’Afrique est riche. Bien sûr sa richesse est volée, mais elle reste un continent riche. C’est une évidence. Savez-vous par exemple que des études montrent que l’Afrique subsaharienne est un créancier pour le reste du monde à hauteur de plus de 41 milliards de dollars ? Si tel est le cas, savez-vous aussi que des rapports expliquent que plus de 200 milliards de dollars quittent le continent chaque année ? Parmi ces fonds qui quittent l’Afrique, on peut évoquer des multinationales étrangères spécialistes de l’optimisation fiscale qui font tout pour ne pas payer suffisamment d’impôts dans les pays. L’année écoulée, cette perte était estimée à plus de 60 milliards de dollars.

    L’Afrique victime

    Des milliards sont également « perdus » dans les secteurs de la pêche, du commerce et de la faune. Toutefois, des discours font croire que l’Afrique reçoit des aides financières suffisantes, qui l’aideraient à se « développer ». Cette conception n’est pas vraie. Rien que les flux financiers illicites représentent environ 6,1 % du produit intérieur brut (PIB) du continent, soit trois fois l’aide que reçoivent les États africains.

    C’est donc clair que l’Afrique constitue une sorte de niche dont d’autres profitent. Le continent se voit aussi contraint de subir les conséquences du changement climatique dont sont responsables en grande partie les grands pays industriels. Bien sûr, le dérèglement climatique cause des dommages pour les sociétés africaines, et les pays sont incapables d’utiliser les combustibles fossiles pour se développer comme d’autres pays européens. Pour être claire, la crise climatique a été causée par des pays occidentaux dits « grands », mais l’Afrique subit durement ses conséquences.

    Nécessité d’un réveil

    Les richesses du continent ne profitent donc pas aux Africains. Même s’il y a des reproches à faire aux dirigeants africains, il faut dire que des actions extérieures n’aident pas aussi l’Afrique. Tout est fait que les situations déplorables perdurent en Afrique. Parlons des prêts que des organismes internationaux et des pays occidentaux font aux pays africains. Ces prêts se révèlent souvent être des pièges dans la mesure où ils se transforment en des dettes difficiles à rembourser. De nombreux Africains sont donc dépouillés de leurs richesses ; cela permet à une infime minorité d’Africains de s’enrichir et de faciliter la fuite des capitaux.

    Il faut que cela change. Pour y arriver, il appartient à la nouvelle génération de décideurs africains de prendre conscience des maux dont souffre l’Afrique. Ces leaders africains ne doivent plus laisser l’économie dans les mains du règne de la privatisation. Il serait également utile que les marchés africains ne soient plus livrés à des concurrences déloyales. Les investissements étrangers ne doivent pas aussi se faire au détriment des pays africains. Il faut que l’installation des entreprises occidentales se fasse dans les règles afin que cela rapporte aux populations. Ce n’est que comme ça que l’Afrique se développera comme il faut. Ce continent est tellement riche. Il faut le faire rayonner !

  • Afro-optimisme: le temps de l’Afrique est venu!

    Afro-optimisme: le temps de l’Afrique est venu!

    Mieux qu’une tendance qui envahirait une génération d’Africains pour pousser les jeunes à l’adhésion sans pour autant faire l’exception de toute mode, c’est-à-dire démoder, l’Afro-optimisme est une valeur, un principe en lequel nous avons foi pour propulser le continent.

    On ne le dira jamais assez, le continent africain fait face de nouveau à un paradoxe existentiel. Alors que cette terre devient objet de concurrence diplomatique, sinon alors commerciale, entre l’Europe, les États-Unis, la Chine ou autres grandes puissances qui misent sur lui et sa population jeune et travailleuse, bien d’entre nous tentent de franchir (en vain) la Méditerranée. Les raisons, elles ont toujours été multiples. Mais le temps où l’Afrique est réduite à une trilogie de famine, guerre, et épidémie est de plus en plus révolu dans nombre de mentalités.

    Du Cap au Caire, de Praia à Mogadiscio, en passant par Harare, Ouagadougou ou Banjul, les sociétés sont éveillées et on appris à réclamer de meilleures formes de gouvernances. Ces nouvelles sociétés à l’avant-garde d’une Afrique en sempiternel perfectionnement, c’est la génération audacieuse et intrépide que peut incarner le martyr Mohammed Bouazizi, qui ira crier à tue-tête « Dégage » à la place Tahrir pour malheureusement s’immoler par le feu. C’est aussi la génération caractérisée par la Révolution à Ouagadougou, sans oublier les rues de Bujumbura, sa révolte contre un ordre politique obscurantiste, dynastique et exterminateur. Ce mouvement de l’Afrique, c’est aussi tomber de vieux autocrates qui se sont crus éternellement inamovibles.

    Loin d’un slogan breton-woodien, l’afro-optimisme est un espace communautaire où les jeunes Africains, issus de tous les milieux et de toutes les professions, peuvent se réunir pour discuter de leur avenir commun et faire quelque chose à ce sujet. C’est, à l’image de la Négritude, une affirmation du potentiel africain ; c’est aussi au-delà de l’affirmation, pour nous, populations issues de ce continent, un engagement, un pacte de renouveau.

    L’afro-optimisme, c’est la génération Aliko Dangote qui enseigne la clé majeure pour réussir en Afrique. Sans légèreté,  ce potentiel dont nous nous sommes permis de rêver n’est plus que la concrétisation des ambitions  de développement. Dans notre histoire commune, les conditions pour relever durablement de nombreux défis n’ont jamais été aussi propices. L’Afrique est en bonne voie, et plus que jamais.

    Au Ghana, en Éthiopie, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, en Tanzanie, ou au Kenya, pour ne citer que ces pays, le taux de croissance a de quoi faire envier l’Europe. La population est jeune, les marchés et les services financiers sont en plein développement, les classes moyennes connaissent une émergence, et les secteurs clés comme l’urbanisation, l’agriculture et l’industrialisation sont de mieux en mieux organisés. On se félicitera aussi de la révolution numérique qui n’est que remarquable, et dont on parle toujours très peu.

    Les génies africains sont en train de se déployer, les talents sont exploités, les esprits débordants de créativités tentent de pallier une multitude d’écueils jadis infranchissables. Bien de jeunes assimilent l’importance de l’entrepreneuriat, et tâchent de contribuer à l’économie de leur pays de par son entremise. Rêvons que 34 sur les 54 pays en Afrique ne figurent plus parmi les pays les moins avancés et que plus que 60 % de la population active jeune chômeuse ait retrouvé un emploi durable.

    Qu’un Africain sur cinq ne soit plus touché par un conflit violent, que l’Afrique pèse plus que 2 % du commerce mondial… Et pour que cela ne tienne, travaillons-y. À Afrotribune, nous avons pris le bon côté des choses, et nous en sommes convaincus. Nous croyons en le génie africain et nous avons décidé d’y investir. Autant que faire se peut, nous voulons être ce pinceau qui dessine au bout de chacun de nos efforts, de nos articles, les nouveaux contours de l’Afrique à l’antipode une terre de malheurs.

    Une Afrique en innovation, en mutation dans presque tous les domaines. Nous nous inscrivons à l’agenda 2063 de l’Union Africaine (l’Afrique que nous voulons) qui est persuadée que ‘’le temps est venu de construire une Afrique intégrée, une Afrique prospère et pacifique, conduit par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale’’. Cette Afrique, nous voulons la construire ensemble. Avec nos lecteurs!

  • Qui est Wendy Appelbaum, la femme la plus riche d’Afrique du Sud?

    Qui est Wendy Appelbaum, la femme la plus riche d’Afrique du Sud?

    En Afrique du Sud cette femme d’affaires est présente dans toutes les actions de développement. Fille de Donald Gordon homme d’affaires et philanthrope sud-africain, Wendy Appelbaum est souvent classée femme la plus riche du pays. Depuis plus de vingt ans, elle pose ses pas dans plusieurs secteurs de développement.

    La riche femme d’affaires a cofondé depuis 1994 WIPHOLD, la première société contrôlée par des femmes à s’inscrire à la bourse de Johannesburg avec des actifs de plus de 1 milliard de rands. Wendy Appelbaum croit que les femmes peuvent jouer un rôle décisif dans l’émergence de la plupart des pays du continent. À cet effet, WIPHOLD travaille dans le but de faire bénéficier ses services à des femmes d’autres pays en voie de développement sur le continent.

    Dans son pays, elle vient en aide à ses compatriotes. Ce qui lui vaut d’être beaucoup appréciée. Chaque année, une clinique mobile permet à des femmes de se faire dépister gratuitement pour le cancer du sein. Wendy Appelbaum est aussi à l’origine de la création de plusieurs écoles privées dans le pays. Ces établissements avec des frais de scolarité réduits contribuent à l’amélioration du niveau de l’éducation des jeunes sud-africains. Elle rappelle qu’une éducation réussie peu est à la base de toute action de développement.

    « Femme à tout faire »

    Administratrice du Fonds Mondial pour la Nature en Afrique du Sud, Wendy Appelbaum est également membre du conseil d’administration de Synergos Southern Africa et du conseil consultatif de l’université Harvard. Son intérêt pour d’autres sujets explique sa présence dans d’autres organisations, notamment le Cercle global de philanthropes (GPC). Mais outre le fait qu’elle soit née dans une famille riche, Wendy Appelbaum reste une entrepreneure qui a réussie. « J’ai appris à gérer une entreprise et comment gagner de l’argent », fait-elle savoir.

    Grâce à ses connaissances dans les finances, le marketing et les ressources humaines, elle a créé et dirige depuis une dizaine d’années De Morgenzon Estate, une entreprise viticole et agricole. «J’ai toujours voulu cultiver. J’ai toujours voulu vivre dans la nature », justifie-t-elle. Il faut dire que son entreprise connaît une grande croissance dans ses activités. De Morgenzon Estate fabrique chaque année 750000 bouteilles de vin de qualités. Wendy Appelbaum précise que près de 75% de ces bouteilles sont exportées vers l’Europe et les Etats-Unis.

  • Ne nous perdons pas dans le dédale de notre identité, rêvons l’Afrique!

    Ne nous perdons pas dans le dédale de notre identité, rêvons l’Afrique!

    La semaine passée, l’Afrique a été (encore) marquée par une journée mondiale qui lui est dédiée : 25 mai. Pour de nombreux Afro-optimistes, c’est l’occasion encore de rêver le continent en or.

    Si certains Africains, dont notre rédaction entière, Afrotribune, veulent croire en la potentialité d’une émergence de l’Afrique, c’est que notre continent détient la clé pour se guérir lui-même et rétablir l’équilibre et l’harmonie dont nous avons besoin dans le monde.

    Nous sommes le continent qui a connu tant et tant de maux qui ont forgé un passé particulier au berceau de l’humanité. Au cours des 500 dernières années, l’Afrique a vécu sous l’esclavage, la colonisation. Le continent a connu l’apartheid, un système économique brutal qui considérait notre peuple et ses énormes ressources naturelles et minérales comme des produits à exploiter et à échanger afin de bénéficier à ceux qui sont en dehors de notre continent.

    Mais nous avons donné lieu à certaines des plus grandes civilisations, du Royaume du Monomotapa au Grand Zimbabwe aux civilisations du Dahomey, Tombouctou, Nubienne et Égyptienne. Ces civilisations étaient de grands modèles culturels basés sur des fondements de paix, de cohésion sociale, harmonie et compréhension.

    Mais par la suite, beaucoup de ces systèmes de sagesse naturels et profonds ont été diabolisés et détruits alors que nous étions forcés de nous conformer à ce que voulaient les nouveaux maîtres de l’Afrique. Leur but était d’effacer notre identité, de nous guillotiner de nos racines et de nous faire de pauvres copies de ce qu’elles étaient.

    Aujourd’hui, nous avons une vague de colère croissante d’une jeune génération qui est aliénée du récit politique et économique de l’époque. Un système qui, le plus souvent, nous laisse derrière.

    Aujourd’hui, la question de qui nous sommes est au cœur des défis auxquels nous sommes confrontés. Qu’est-ce que cela signifie d’être africain ?

    Il est désormais clair que nous Africains, nous nous perdons dans le dédale de notre identité. Nous devons débattre de ce que cela signifie d’appartenir, de faire partie de nous, avant de pouvoir parler d’une nation. Nous avons sacrifié notre esprit dans la poursuite aveugle du consumérisme et de l’accumulation matérielle.

    Nous sommes le continent le plus riche sous terre, mais nous sommes les plus pauvres à la surface de la Terre. Au même moment, la moitié de la population de l’Afrique a moins de 25 ans, mais beaucoup de nos dirigeants sont à un âge où ils devraient plutôt partager leurs histoires de vie avec leurs petits-enfants.

    La prochaine révolution en Afrique incombe à la responsabilité des jeunes et des femmes africains, cette masse importante qui ne saurait rester à l’écart du développement. Le prochain cinquantenaire de l’Afrique ne sera pas de tout repos. Puisque, selon les statistiques, un quart de l’Afrique souffre de malnutrition et 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance et de dommages irréversibles au développement physique et mental.

    Alors que la migration urbaine augmente à un rythme phénoménal, trois personnes sur cinq vivront dans des bidonvilles dans quelques décennies. Au même moment, l’Afrique possède 60 % des terres arables non cultivées restantes dans le monde. C‘est dire, l’enjeu est grand. La tâche qui nous revient est plus un engagement. Se dire, « je ne suis pas africain parce que je suis né en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en moi ». Et se battre pour honorer ce continent.

  • Guinée: qui est Abdoulaye Banire Diallo, le ‘Einstein’ Africain?

    Guinée: qui est Abdoulaye Banire Diallo, le ‘Einstein’ Africain?

    Lauréat au dernier Next Einstein Fellow #NEF de l’Institut Africain des Sciences Mathématiques tenu en fin du mois dernier à Kigali, dans la capitale rwandaise, Abdoulaye Banire Diallo a séduit par la qualité de ses recherches dans le domaine de la bio-informatique. Ce scientifique travaille sur les apports des big data à la génomique, et en particulier sur la prédiction des mutations génétiques des microbes.

    Si en Afrique il est peu connu, le professeur Abdoulaye fait partie d’une génération restreinte de scientifiques, recherché ailleurs pour sa maîtrise de l’informatique et de l’intelligence artificielle.

    Directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ce Guinéen est également cofondateur et scientifique en chef de My Intelligent Machines (MIMs), une start-up intégrant la Génomique, la Bio-informatique et l’Intelligence Artificielle (IA).  La technologie MIMs a été classée 8e sur plus de 250 au Canada en 2017. « L’outil met en contexte toutes les données publiques, y compris celles des bio banques. L’idée est de fournir une plate-forme de données à destination de la santé de précision » explique-t-il.

    Parti étudier l’informatique à Montréal en 2000 avant de poursuivre par une thèse à l’université de McGill, Abdoulaye Banire Diallo pu y développer des techniques d’apprentissage permettant de prédire l’évolution des génomes ancestraux des mammifères. Puis de fil en aiguille, celui du génome humain.

    Il s’intéresse aussi aux plus petits génomes du vivant, celui des virus et des bactéries. « J’ai conçu des modèles statistique permettant de décoder l’évolution du génome des microbes », a confié celui qui est devenu professeur d’université à seulement… 26 ans.

    Vie de chercheur

    Dans un passé récent, Abdoulaye Banire Diallo a occupé un poste de chercheur à l’Université du Québec à Montréal, à l’Université McGill, au Broad Institute du MIT / Harvard et au Laboratoire d’informatique du MIT.

    Le chercheur a la particularité d’exploiter la bio-informatique et l’IA pour accélérer les solutions génomiques éclairées en médecine personnalisée, en biovigilance, en surveillance, etc.

    Avec plus de 60 publications et divulgations d’invention à son actif, Abdoulaye Banire Diallo a donné plus de 30 conférences aux MIT, Oxford, UCSF, Institut Pasteur, IRESSEF…  Il a reçu plus de 20 prix de recherche. En Afrique, il dirige plusieurs projets dont une plateforme des pathogènes en Afrique de l’Ouest, le Acces Omic Sénégal.

    En été dernier, le professeur et son stagiaire postdoctoral, Wajdi Dhifli, avaient remporté le Prix du meilleur article et de la meilleure présentation décernés dans le cadre de la conférence internationale en apprentissage automatique et fouille de données (International Conference on Machine Learning and Data Mining), qui avait lieu à New York.

    En effet, le professeur Diallo et son stagiaire ont proposé un nouvel algorithme de classification, nommé « Galaxy-X », qui solutionne bien de  problèmes. «Contrairement aux algorithmes de classification existants, Galaxy-X se base sur l’hypothèse d’un ‘’ensemble ouvert’’, dans lequel la présence de classes qui n’ont pas été vues durant l’apprentissage est possible. Notre approche représente chaque classe par une hyper sphère. Par conséquent, l’espace de données d’apprentissage se transforme en une galaxie de classes dans un univers ouvert de possibilités, d’où le nom de l’approche » a expliqué le chercheur. Et d’ajouter que « l’’efficacité de Galaxy-X a été démontrée dans plusieurs domaines d’application comme la reconnaissance faciale, l’écriture manuscrite et les classifications fonctionnelles de protéines en bio-informatique », a-t-il conclu.

  • 50 ans après sa mort, que reste de Martin Luther King en Afrique?

    50 ans après sa mort, que reste de Martin Luther King en Afrique?

    Assassiné le 4 avril 1968, à seulement 39 ans, Martin Luther King restera un des plus braves leaders que ce monde aura connus. En Afrique, on célèbre toujours ce militant non violent pour les droits civiques des Noirs, un pasteur afro-américain pétri de ferveur et d’engagement.

    Un pont au Burkina Faso, une école pour les enfants pauvres ayant comme devise, « I have a Dream », empruntant une ligne de l’un des discours les plus célèbres de King…. En Afrique, le nom du révérend Martin Luther King Jr. peut être trouvé à travers tout le continent, une mesure de l’influence mondiale du leader américain des droits civiques qui a été abattu il y a 50 ans après avoir dénoncé les injustices au pays et à l’étranger.

    Dans les régions rurales du Libéria, la nation fondée par des esclaves américains affranchis, Martin Luther King reste un héros dont l’écho résonne à travers ses combats. En effet, les luttes africaines qui reflétaient le propre mouvement de King pour l’égalité raciale en Amérique ont attiré l’attention et le soutien du leader des droits civiques.

    King et l’Afrique : les héros ne meurent pas

    Martin Luther King a mis les pieds sur le continent africain en mars 1957 pour assister aux célébrations marquant l’indépendance du Ghana. Ensuite, en novembre 1960 pour assister à l’investiture de Nnamdi Azikiwe, premier gouverneur nigérian. Martin Luther King avait déclaré lors de cette cérémonie que les dirigeants africains lui avaient dit sans ambiguïté que « le racisme et le colonialisme devaient disparaître », voyant les deux comme basés sur le même principe.

    Les parallèles entre les efforts de King et la quête d’indépendance des Africains étaient peut-être plus forts en Afrique du Sud de l’apartheid, où les lois racistes ont opprimé la communauté noire majoritaire pendant des décennies. En décembre 1965, King prononça un discours à New York dénonçant les dirigeants blancs de l’Afrique du Sud comme des « sauvages et des brutes spectaculaires » et appelant les États-Unis et l’Europe à boycotter la nation, une stratégie adoptée par l’Occident.

    Par la suite, King n’a pas pu se rendre en Afrique du Sud après s’être vu refuser un visa. Mais des années plus tard, un buste de King a été glissé secrètement, par une valise diplomatique, dans une Afrique du Sud toujours en proie à l’apartheid.

    Le sculpteur américain Zenos Frudakis a déclaré que le gouvernement américain l’avait approché de la création d’un buste qui serait installé en Afrique du Sud pour « l’impact politique ». Comme le gouvernement de l’Afrique du Sud interdisait de l’exposer dans un espace public, la sculpture a été inaugurée en 1989 à l’ambassade des États-Unis, visible aux personnes extérieures à la clôture de l’ambassade.

    Aujourd’hui, le buste de King reste exposé dans une Afrique du Sud très différente, qui a été transformée après la libération de l’activiste anti-apartheid Nelson Mandela en 1990 et l’élection du premier président noir du pays quatre ans plus tard.

    Mandela était très conscient de la contribution de King à l’égalité des droits et l’a mentionnée en acceptant le prix Nobel de la paix avec le dernier président de l’Afrique du Sud de l’apartheid, Fréderic de Klerk, en 1993. « Que les efforts de nous tous prouvent que Martin Luther King Jr. avait raison quand il a dit que l’humanité ne peut plus être tragiquement liée à la nuit sans étoiles du racisme et de la guerre », avait déclaré Mandela.

    Les discours inspirants de King sur l’amour et la justice, ainsi que son insistance sur la résistance non violente, continuent de résonner parmi certains intellectuels et militants politiques en Afrique, où de nombreux pays sont maintenant gouvernés par des hommes forts ou la démocratie est en déclin. Martin Luther King aura peut-être laissé le plus grand héritage.

  • Afrique: ces femmes multimillionnaires  inconnues du grand public

    Afrique: ces femmes multimillionnaires  inconnues du grand public

    Il y a eu un temps en Afrique, il y a des années, quand les hommes contrôlaient toute la richesse. Les hommes étaient les propriétaires exclusifs de la terre et de la propriété, et les femmes devaient simplement se contenter des miettes que les hommes leur lançaient.

    Plus maintenant. Actuellement, un groupe d’élite de femmes africaines industrielles et entrepreneuriales contrôlent une partie importante de la richesse continentale et booste l’économie. Certains d’entre eux ont construit des entreprises à partir de zéro; d’autres ont hérité des fortunes de parents qui ont réussi.

    Voici 7 femmes africaines multimillionnaires qui ont bâti leurs économies dans l’ombre.

    Hajia Bola Shagaya

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    A la tête d’une fortune estimée à  850 millions de dollars, Hajia Bola Shagaya est fondatrice et PDG de Bolmus Group International, un conglomérat nigérian impliqué dans le pétrole, l’immobilier, la banque, la grande distribution et les communications.

    Réputée travailleuse, elle inspire nombre de jeunes filles au Nigeria. Hajia Bola Shagaya a un sens aigu des affaires et des compétences pointues en réseautage. La combinaison de ces deux attributs a fait d’elle le succès qu’elle est aujourd’hui.

    Wendy Appelbaum

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    Wendy Appelbaum est la fille unique du magnat sud-africain Donald Gordon. Auparavant, elle a été administratrice chez Liberty Investors, une société d’assurances et de services immobiliers fondée par son père, et elle était l’un des plus importants actionnaires individuels de la société. Elle a ensuite vendu ses actions et est devenue riche.

    Avec son mari, elle a acheté DeMorgenzon, un domaine viticole à Stellenbosch. Elle était également cofondatrice et vice-présidente de Women’s Investment Portfolio Limited (Wiphold), une société d’investissement entièrement contrôlée par des femmes. Wiphold a plus de 150 millions de dollars d’actifs.

    Folorunsho Alakija

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    Folorunsho Alakija caracole sur l’une des plus grosses fortunes féminines africaines, estimée  à plus 1,6 milliard de dollars par Forbes. La Nigériane gère Famfa Oil, l’une des plus grandes industries de production du pétrole au Nigéria produisant plus de 200 000 barils par jour. Elle est également propriétaire d’une demeure sur One Hyde Park à Londres estimée à 102 millions de dollars et d’un jet privé Bombardier Global Express 6000 d’une valeur de 46 millions $.

    Mama Ngina Kenyatta

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    Mama Ngina Kenyatta est veuve du premier président du Kenya, Jomo Kenyatta. Au Kenya, cette dame contrôle quelque 500 000 acres de terres, alors que le prix moyen de l’acre est de 1 000 $. Mama Ngina et sa famille possèdent également Brookside Dairies, la plus grande entreprise laitière du Kenya, des actions dans la chaîne de télévision kenyane K24, une société de production de bois et Commercial Bank of Africa.

    Bridgette Radebe                               

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    Radebe, sœur aînée du milliardaire sud-africain Patrice Motsepe, est le fondateur de Mmakau mining, une société minière basée à Johannesburg qui possède des actifs miniers clés dans le charbon, l’or, l’uranium et le platine.

    Bridgette Radebe a débuté dans les années 90 en produisant pour de grandes sociétés minières en Afrique du Sud. Elle est présidente de la South African Mining Development Association et cofondatrice de New Africa Mining Fund, une société de capital-investissement engagée à investir dans des sociétés minières en Afrique subsaharienne.

    Sharon Wapnick

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    Son père, l’homme d’affaires légendaire Alec Wapnick, a fondé Octodec Investments et Premium Properties, deux sociétés par actions de prêt immobilier cotées à la Johannesburg Securities Exchange. Sharon est l’un des cinq plus importants actionnaires de chacune de ces sociétés et ses actions devraient valoir plus de 40 millions de dollars.

    Tabitha Karanja

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    Tabitha Karanja est PDG de Keroche Breweries, une usine de production de bières et de boissons alcoolisées. Avec une fortune estimée à plus de 15 millions de dollars, elle a mené plusieurs batailles afin de transformer son entreprise d’une petite usine en une entreprise commerciale avec de gros revenus. Aujourd’hui, son usine contrôle plus de 20% du marché kenyan.

    Pour son énorme contribution à la libéralisation du marché de la librairie au Kenya, Tabitha a été honorée par le président Mwai Kibaki en 2010 avec la plus grande distinction du Kenya, le Moran de l’Ordre du Burning Spear (M.B.S.).

    Jane Wanjiru Michuki

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    Jane Wanjiru Michuki est une avocate, femme d’affaires et une investisseuse kenyane. Elle est manager de Kimani & Michuki Advocates, un cabinet d’avocats basé à Nairobi dont la liste de clients inclut Equity Group Holdings Limited, l’une des plus grandes holdings bancaires du continent africain avec plus de 10 millions de clients.

    Jane Wanjiru Michuki est la plus importante actionnaire féminine de la Bourse de Nairobi (NSE), avec une valeur nette estimée à environ 50 millions de dollars américains en novembre 2014, ce qui en fait l’une des personnes les plus riches du Kenya.

  • L’Afrique, cette ‘merde’ que nous voulons construire…

    L’Afrique, cette ‘merde’ que nous voulons construire…

    Le mois dernier aura enregistré un tollé en Afrique, suscité par une déclaration du président américain Donald Trump, qualifiant les pays africains et le Haïti de « shithole » — qu’on peut interpréter par « ’merde »’. Une déclaration au demeurant non surprenante pour qui a suivi l’homme dans sa première vie d’homme d’affaires et sa métaphore à un politicien en gagnant (et c’est là qu’existe la surprise) des élections présidentielles américaines à travers un mécanisme qui reste encore à s’expliquer.

    S’adresser en ces termes à un vieux contient de plus 1,1 milliard de personnes et la maison future à 40 % de tous les êtres humains pour ne craindre de heurter les égos et le bon sens est, ayons le courage de le dire, malséant. Encore que, l’Afrique est un réservoir de richesse mondiale, ayant construit contre son gré l’Amérique que nous connaissons et que nous pouvons désigner par tout sauf « merde ».

    Disons-le sans faire l’apologie de la nullité et de l’afrophobie. Les croyances de Donald Trump et ses sentiments selon lesquels l’Afrique est un continent de « merde » sont quelque chose qui est porté de façon concise et subconsciente par de nombreuses personnes et institutions occidentales.

    C’est pourquoi nous devons donner raison au proverbe africain qui dit, « aussi longtemps que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur ». Dans cet univers non équilibré où, il est légitime de faire le choix de parler de l’Afrique et d’écrire notre histoire nous-mêmes, africain. Car, il y a un risque presque évident chez les médias étrangers (et les Africains doivent le plus tôt s’en rendre compte) de souvent peindre le contient à l’aune des clichés racistes et autres considérations fort peu reluisantes, plutôt que d’en faire une terre en perpétuelle mutation, ouverte à l’innovation et fertile aux graines de développement. Oui, c’est comme ça qu’il faut désormais d’écrire l’Afrique, parce qu’au-delà des formatages non actualisés, c’est désormais ce qu’est l’Afrique. Et c’est comme cela ce qu’Afrotribune a décidé de raconter ce continent.

    À Afrotribune justement, nous avons parié fort sur le bon côté des choses. Nous voyons l’Afrique sous un spectre à dose élevée de positivisme. Et ce, même s’il est falloir aussi être parfois réaliste et assumer certaines réalités ô combien affligeantes pour nous Africains !

    Le continent traverse, comme un Ovni à destination inconnue, une zone de turbulence marquée par des troubles politiques. Et ce n’est en réalité pas nouveau, des peuples défiants leurs propres dirigeants qu’ils sont sensés élire. De Lomé à Kinshasa, de Pretoria, Johannesburg, à Harare, en passant par Yaoundé pu Brazzaville, les politiques ont redéfini les peuples pour les confronter à des maux qui façonnent les perceptions reçues du continent.

    L’Afrique fait chaque temps face aux politiciens adorateurs du népotisme, qui ont juré trahir l’ordre mondial de gouvernance qui place les gouvernés aux centres des décisions qui les concernent. Sur le continent africain, existent encore des dirigeants apôtre de la dictature déguisée, prêt à en découdre ou à imaginer des subterfuges pour dribler une constitution, la broder, ou éteindre les aspirations légitimes des peuples. Nous n’allons pas le nier. Nos institutions et dirigeants sont corrompus et vicieux. Nous avons une démographie massive de jeunes chômeurs qui continue de croire en en la magie de l’immigration, tant ils sont truffés d’idées préconçues selon lesquelles le bonheur loge au-delà du Gibraltar.

    Nos systèmes éducatifs ont encore des décennies de retard et beaucoup de nos mères continuent à périr pendant l’accouchement. En outre, des millions d’Africains vivant dans des villes urbaines demeurent dans des conditions d’insalubrité criarde et souvent horrible. Nous n’allons pas le désavouer aussi.

    Toutefois, l’Afrique n’a pas le monopole sur ces questions. Les Américains représentent 20 % de la population carcérale mondiale. Chaque année, sur le sol américain, plus de 33 000 Américains sont tués par la nouvelle épidémie de violence armée dans ce grand État. Les conflits raciaux et les tensions continuent d’augmenter à un rythme alarmant. Même la puissante démocratie américaine a rétréci et était menacée ces derniers temps. Sur ce continent aussi, la pauvreté continue d’être endémique. Aussi récemment que 2016, les données officielles américaines ont montré que 12,7 % ou 43,1 millions d’Américains vivaient dans la pauvreté.

    Pour autant, pourquoi nous n’avons jamais pensé à la « merde » quand on parle des États-Unis ? Pourquoi les prisons ne sont-elles pas la première chose qui vous vient à l’esprit lorsque les États-Unis sont mentionnés ?

    L’artiste américain d’origine sénégalaise, Akon en a une fois parlé. Chaque pays et continent a en effet ses problèmes. Mais la différence est que l’Amérique sait comment se « ’polir »’ pendant que nous ne le faisons pas. Et cela a de grandes conséquences pour l’Afrique et la vie de nos peuples. Personne ne veut visiter ou investir dans une « merde ». Mais c’est ce défi que nous autres, nous nous sommes lancé. Parce que nous voulons une Afrique positive. Et c’est à cette mission qu’Afrotribune veut dignement participer.

  • Liberté humaine : l’Ile Maurice et le Cap-Vert champions en Afrique

    Liberté humaine : l’Ile Maurice et le Cap-Vert champions en Afrique

    La publication du dernier indice de liberté humaine révèle que l’Afrique du Nord est la région la moins libre du continent. La Libye, l’Égypte et l’Algérie ont des scores de liberté inférieurs à ceux de n’importe quel pays subsaharien. Les pays africains qui promeuvent le mieux la liberté humaine sont l’Ile Maurice, les Seychelles et le Cap-Vert. Précisons que l’indice de liberté humaine est basé sur des critères qui mesurent la liberté économique et personnelle dans 159 pays du monde.

    Ce nouveau classement ne prend pas en compte l’Érythrée, la Somalie et les deux Soudan, pays dans lesquels les conditions de vie restent difficiles avec des libertés toujours menacées. Selon l’indice, la Libye est l’un des pays les moins libres du monde. Le pays est classé 158e. Depuis 2011 la Libye vit des affrontements entre mouvements armés. L’absence de l’État a renforcé la violation des libertés humaines comme c’était le cas au temps de Mouammar Kadhafi. La Libye est d’ailleurs devenue un marché d’esclaves.

    Dans ce nouveau classement, la République démocratique du Congo est le pays le moins libre de l’Afrique subsaharienne. La RDC traverse une période crise politique marquée par des violations des droits humains. Outre la répression sanglante des marches pacifiques, des acteurs de la société civile sont souvent arrêtés et mis en prison. Le pays voit également certaines de ses régions en proie à des exactions et des viols. La RDC se situe presque dans le même cas que la République centrafricaine et le Burundi, deux autres pays où règne encore un climat d’insécurité et de peur. La RCA et le Burundi sont respectivement classés 150e et 152e. Le Cameroun a perdu 11 places et s’est classé 145e au classement général.

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    Progression

    D’autres pays ont pourtant progressé depuis le dernier classement. Le Botswana a par exemple gagné beaucoup de places et est en voie d’être considéré comme un exemple de promotion des libertés humaines. Pour Tanja Porčnik, spécialiste des questions de liberté humaine, l’espoir de liberté vient de la Gambie, où après plus de deux décennies de règne oppressif du président Yaya Jammeh, responsable des emprisonnements, des tortures et des disparitions des membres de l’opposition, des journalistes et des militants de la société civile, la victoire des élections présidentielles d’Adama Barrow va dans le bon sens. Le gouvernement gambien garantit de plus en plus de libertés à son peuple, y compris en libérant des prisonniers politiques, selon Tanja Porčnik.

    Le Zimbabwe qui a connu pendant plusieurs décennies la fermeture des médias, l’oppression politique et l’absence d’une véritable démocratie figure aussi dans les pays où des efforts doivent être faits pour promouvoir les libertés humaines. Beaucoup estiment que la venue au pouvoir du président Mnangagwa ancien proche de Robert Mugabé peut sonner le déclic.

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