Catégorie : Fintech

  • Alvine Handou Choupo, 28 ans, le visage du e-commerce camerounais

    Alvine Handou Choupo, 28 ans, le visage du e-commerce camerounais

    Du haut de ses 28 ans, Alvine Flora Handou Choupo est l’une de ces rares jeunes entrepreneuses camerounaises à succès.  Née au Cameroun où elle a fait ses études primaires et secondaires, Alvine Flora a poursuivi ses études supérieures en France et en Angleterre à l’issue desquelles elle est sanctionnée d’un diplôme d’ingénieur financier.

    Après quatre années de fonction dans une banque française, la Camerounaise a décidé de « faire autrement ». « J’ai ressenti le besoin de faire quelque chose de significatif et de travailler dans un endroit où mon action aurait du sens et plus d’impact: le Cameroun » confie-t-elle. Ainsi, est-elle rentrée s’installer au Cameroun, après avoir décroché un MBA à l’INSEAD Business School.

    Au Cameroun, la première société qu’Alvine Flora a créée est Vu Sur, « un premier bébé qu’elle a accouché » en juillet 2015 dans le but de permettre aux résidents camerounais et d’Afrique d’acheter sur toutes les plateformes du monde. La startup Vu Sur se proposait ainsi de venir à bout des problèmes de paiement et de livraison auxquels les e-commerçants et les clients étaient confrontés.

    L’initiatrice souhaite « abolir les frontières et mieux intégrer l’Afrique subsaharienne au sein du marché mondial ». « Pour cela, nous permettons à ceux qui souhaitent acheter sur les plateformes comme Amazon, AliBaba, Ebay et autres de payer leurs achats par les moyens de paiement locaux (Mobile Money, Cash, Virement bancaire) et de recevoir leurs achats par notre intermédiaire quelques jours plus tard dans leurs villes de résidence. » Explique-t-elle.

    Mais Vu Sur n’est pas le seul projet à succès de celle-ci. Il y a quelques mois, elle a également lancé une sorte de branche de Vu Sur, du nom d’AfriRelay, « une société dont le but est d’offrir aux résidents d’Afrique Subsaharienne un réseau de proximité pour la livraison de leurs colis. »

    Désormais, vu que le business model de Vu Sur a été implémenté et adapté au Cameroun avec succès, l’entrepreneure souhaite très vite conquérir la plupart des marchés francophones d’Afrique subsaharienne. « La première étape sera le Congo et le Congo RDC en janvier 2018. Puis le Gabon, le Tchad et le Mali en Mars 2018 et enfin la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin en septembre 2018. Nous espérons que Vu Sur aura autant de succès dans ces pays qu’au Cameroun » ambitionne-t-elle.

  • Ghana: À 16 ans, un lycéen devient entrepreneur et roi du Bitcoin

    Ghana: À 16 ans, un lycéen devient entrepreneur et roi du Bitcoin

    Alors que la plupart des Africains luttent encore pour assimiler les principes fondamentaux de la crypto-monnaie et de la technologie blockchain, Elisha Owusu Akyaw, un lycéen de 16 ans, profite déjà des opportunités offertes par ces technologies.

    La fièvre de Bitcoin balaie l’Afrique et beaucoup y investissent. Un rapport de la société de services financiers Citibank a classé le Kenya au cinquième rang des détenteurs de bitcoins par habitant au monde. Le Nigeria s’est classé troisième et l’Afrique du Sud a pris la sixième place. Les observateurs ont blâmé l’intérêt croissant pour le Bitcoin sur le taux de chômage élevé en Afrique. D’autres croient qu’il s’agit de combattre le sentiment de ne pas être laissé pour compte en tant que jeunes.

    Au Ghana, Elisha Akyaw s’illustre aussi dans le domaine. Actuellement, chef de la direction de Token Media, une société de marketing de crypto monnaie qu’il a créée en 2017 pour aider les projets de blockchain à atteindre leur public cible, Elisha est l’un des plus prometteurs entrepreneurs au Ghana. S’il est vrai que son entreprise reste relativement petite, Elisha Akyaw et son équipe ont travaillé avec des sociétés financières locales pour développer leurs projets. Token Media, selon Bitcoinafrica.io, a permis de recueillir plus de 40 millions de dollars en ventes de jetons grâce à ses services marketing.

    Elisha, entrepreneur dans le sang

    Elisha est entré dans le monde de la technologie et de l’innovation précocement. Déjà à l’âge de 12 ans il a pu créer un site Web tout seul alors qu’il avait à peine accès à Internet. À son début, l’un de ses premiers travaux consistait à créer un blog commercial pour Firefox OS, le système d’exploitation mobile de Mozilla (firefoxcentral.com). À la fin du projet, il se lance dans la technologie de la crypto-monnaie, la technologie blockchain et Bitcoin. « Je me suis retrouvé dans l’espace technologique en 2013. J’ai eu mon deuxième téléphone après avoir utilisé un Nokia 3310, j’ai donc eu accès à Internet et j’ai commencé à explorer les téléphones mobiles, les systèmes d’exploitation et les sites Web », a-t-il confié.

    Pour Elisha, il semble que combiner l’éducation et l’esprit d’entreprise n’est qu’une partie des défis auxquels il est confronté en tant qu’entrepreneur. Son revers majeur a été les difficultés de transfert d’argent, car il y a peu de plateformes en Afrique qui supportent l’intégration de la crypto-monnaie. Mais pour le moment, l’adolescent est en train de mettre sur pied un événement blockchain axé sur la crypto-monnaie afin de susciter des discussions sur la réglementation et l’avenir de la crypto-monnaie en Afrique.

    Pour lui, c’est assez clair : l’avenir des crypto-monnaies en Afrique est prometteur, car il est passé de simples devises à diverses plateformes utiles qui seront essentielles pour le continent africain, croit-il.

    Le Ghana rattrape progressivement la fièvre Bitcoin alors que le pays a accueilli sa première conférence blockchain en novembre dernier.

  • Iyinoluwa Aboyeji, le Nigerian qui va concurrencer PayPal, VISA […]

    Iyinoluwa Aboyeji, le Nigerian qui va concurrencer PayPal, VISA […]

    Si l’Afrique ne manque pas d’entrepreneurs, les ambitions de certains d’entre eux sont souvent entravées par le manque dans de nombreux pays africains de systèmes de paiement numérique fiables et abordables. Pour apporter une solution, Moneywave, de Flutterwave, veut permettre aux commerçants et particuliers d’accepter le paiement quel qu’il soit et de le recevoir instantanément, quel que soit le canal qu’ils choisissent.

    Le problème que l’équipe cherche à résoudre est évident : il n’y a tout simplement pas de système de paiement universellement utilisé et accepté, surtout en Afrique. Les comptes bancaires, bien que communs, ne résolvent pas le problème, et les commerçants souvent informels se heurtent aux formalismes. En conséquence, les transactions par carte aussi restent faibles.

    C’est dans ce contexte que Flutterwave propose son service Moneywave, une API qui permet de traiter les paiements par carte de crédit et autres paiements locaux, tels que l’argent mobile à travers l’Afrique. Cette innovation permet aux commerçants du reste du monde de traiter les paiements comme une entreprise africaine locale.

    Changer la façon dont l’argent circule sur tout un continent

    En effet, l’entreprise fournit aux banques, aux entreprises et aux entrepreneurs la plate-forme technologique sous-jacente pour effectuer et accepter des paiements partout en Afrique. « Quand vous regardez comment les paiements fonctionnent dans le monde en développement, vous commencez à réaliser que c’est beaucoup plus compliqué ici qu’aux États-Unis.

    Il y a un grand nombre d’options de paiement différentes, et différentes raisons pour lesquelles les gens utilisent chacun. En permettant à n’importe quel commerçant, peu importe où il se trouve, de traiter toutes les options de paiement disponibles, Flutterwave change la façon dont l’argent circule sur tout un continent. C’est une énorme idée, et nous avons une équipe incroyable pour l’attaquer » racontons Aboyeji, celui qui connait bien les États-Unis pour y avoir vécu.

    Mais avant Flutterwave, l’entrepreneur Iyinoluwa Aboyeji était l’un des cerveaux d’Andela, une société qui formait des développeurs africains pour les mettre à disposition des sociétés technologiques mondiales ; une entreprise qui avait reçu un investissement du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg.

    « Flutterwave a commencé à cause de certaines des expériences que j’ai eues dans ma dernière compagnie, Andela. Andela recrutait et formait les meilleurs développeurs africains pour travailler à distance pour de grandes entreprises technologiques comme IBM et Microsoft » complète celui-ci.

    Désormais, les premiers succès de l’entreprise d’Aboyeji sont de bon augure pour la conversion d’une grande partie de l’écosystème de paiements numériques fragmenté, mais potentiellement riche en Afrique subsaharienne.

    Mais comme un bon nombre d’entrepreneurs, Chris Folayan a aussi ses défauts. « Je peux être facilement distrait. Et je peux très distrait parce que je suis un penseur très abstrait. J’ai donc tendance à rassembler plusieurs éléments différents d’une même chose et ensuite, cela correspond à une grande image, mais je ne suis pas en mesure de finaliser. Je ne suis pas le meilleur exécuteur ou opérateur » avoue l’entrepreneur.

     

  • Kenya: Julian Kyula, l’homme qui prête l’argent à 350 millions d’abonnés

    Kenya: Julian Kyula, l’homme qui prête l’argent à 350 millions d’abonnés

    Au Kenya et un peu partout dans le monde, Julian Kyula a bâti sa réputation sur une entreprise d’octroi de microcrédit.

    Julian Kyula est un célèbre entrepreneur kenyan. Le fondateur et PDG de la société technologique Mobile Decisioning (MODE), 40 ans, offre un large éventail de solutions de microcrédit pouvant atteindre 100 USD, permettant à plus de 350 millions d’abonnés d’accéder à l’argent liquide. Les utilisateurs peuvent également obtenir un crédit pour régler les factures de services publics, que MODE paie directement au fournisseur de services publics au nom de l’abonné mobile.

    Créé il y a cinq ans, l’ambition du fondateur de l’entreprise au départ était de faire évoluer MODE dans cinq pays d’Afrique de l’Est. Sa motivation était « d’amener les gens à l’inclusion financière ». « Ce que j’ai découvert, c’est que le monde est prêt pour l’innovation. Il ne sait pas que l’innovation est africaine ou européenne. Comme vous commencez à avoir la crédibilité et le muscle financier pour grandir, vous êtes vraiment celui qui détermine jusqu’où vous voulez aller » dit-il.

    Aujourd’hui, la société est présente dans une trentaine pays à travers le monde et est en train de se lancer sur de nouveaux marchés. La bonne santé de l’entreprise lui a permis d’être reconnue internationalement. Elle a reçu des distinctions pour son innovation, tandis que Kyula a raclé de nombreux prix dont le IBM Global Entrepreneur de l’année 2012. « Nous avons maintenant des opérations jusqu’en Afghanistan, au Koweït, en Haïti, à Dubaï et nous avons obtenu des contrats dans des endroits comme l’Indonésie, le Myanmar… », explique Kyula. MODE dispose de sièges à Nairobi, Londres, Delhi, Lagos, Dubaï et Johannesburg. Bien que la gestion des opérations sur plusieurs marchés soit difficile, Kyula pense que cela ne devrait pas être une excuse pour ne pas faire croître son entreprise.

    Le succès de Kyula est inspirant pour bon nombre d’Africains aujourd’hui. Et ce leadership, il dit l’avoir acquis de… Jésus. Parce qu’outre sa vie de dirigeant d’entreprise, le Kényan est également pasteur principal d’une grande église à Nairobi. « Si vous étudiez Jésus en tant que leader, sa gestion d’autres leaders et sa décision de partir pour que les gens qu’il a formés puissent faire ce qu’il leur a enseigné, vous connaitrez alors l’un des plus grands secrets du leadership. Des gens n’ont pas pu puiser là-dedans » croit-il.

    Précocité des échecs

    Malgré ce leadership « divin », Kyula ne se considère pas comme un leader parfait. Il admet d’ailleurs avoir commis des erreurs. Il a déjà vécu et travaillé aux États-Unis pendant 11 ans avant de déménager au Kenya en 2005. Pendant qu’il était aux États-Unis, il s’est frotté aux affaires et a échoué. « J’ai essayé des affaires dans le domaine immobilier, mais ça n’a pas marché. J’ai perdu beaucoup d’argent et j’ai perdu beaucoup d’amis », se souvient-il non sans chagrin.

    Et sa première entreprise au Kenya après son retour des États-Unis (une société de gestion des risques financiers et de la dette) « a mal tourné ». « Je l’ai vendue parce que je n’avais pas la force de la restructurer. Ils ont eu un nouveau PDG, et les choses se sont améliorées, donc je suppose que j’étais le mauvais PDG de l’entreprise », se souvient-il. Et d’analyser que la vision venait d’être différente. « C’était aussi une période très difficile parce que le Kenya venait juste de subir des violences postélectorales, il y avait une crise économique mondiale et tout ce que j’essayais de faire était juste très difficile. »

    Mais malgré les échecs, qu’il décrit comme de mauvaises expériences, Kyula savait qu’il donnerait toujours un coup de feu parce que l’entrepreneuriat est dans son ADN.

    Expériences

    Lors de la gestion d’une entreprise à forte croissance ayant une portée géographique étendue, Kyula affirme que le plus gros investissement devrait être consacré aux personnes, aux processus et à la technologie. Mais l’expansion vers différents marchés s’accompagne de défis uniques. « Dans certaines régions, les gens ont des réserves sur les capacités d’une entreprise africaine à fournir certains services de manière efficace. » Quand il rencontre de telles personnes, Kyula dit qu’il ne se laisse pas « offenser ». « Il y a des gens qui ne pensent pas qu’une entreprise africaine peut faire ce que nous faisons – donc parfois vous devez avoir l’air d’avoir un siège différent. » Conseille le monsieur.

     

  • BB Invest: la startup sénégalaise spécialisée dans le FinTech

    BB Invest: la startup sénégalaise spécialisée dans le FinTech

    La startup sénégalaise a bâti un réseau solide, composé de nombreux points de vente dans la capitale Dakar. BB Invest s’est spécialisée dans la FinTech et contribue à l’inclusion financière de différentes entreprises.

    La startup a été créée par de jeunes entrepreneurs sénégalais. Ils se sont rendu compte du faible financement dont bénéficient les jeunes entreprises sur le continent. Cette situation a déjà contraint certaines startups à revoir à la baisse leur ambition. D’autres start-peurs ont même décidé de renoncer à leur projet. Au Sénégal le constat a presque été le même. La création de BB Invest visait donc à soutenir les startups dans l’amélioration de leurs activités financières. Le but était également de proposer de solutions innovantes.

    La création de BB Invest vient combler un vide. Au Sénégal, le taux de bancarisation reste encore faible. Il tourne autour de 21 %. Mais comme dans d’autres pays de la sous-région, les services de transferts d’argent via le mobile sont nombreux. Pour Aissatou Dieng Sarre, responsable communication et marketing, BBS Invest intervient comme intermédiaire en vue de faciliter aux différents points de services de transferts d’argent. Il s’agit pour la startup de proposer sur le marché « des solutions technologiques destinées à ces PME sénégalaises pour une meilleure gestion de leurs activités journalières ».

    Multiples services

    Pour occuper le marché, BB Invest a mis en place la plateforme intelligente et multifonctionnelle SENTOOL. Cette plateforme a déjà permis à de nombreux Sénégalais d’effectuer de transfert d’argent mobile et de monnaie électronique. Aissatou Dieng Sarre explique que SENTOOL permet aussi à des ménages de payer leurs factures d’eau et d’électricité. Mieux, la plateforme propose une interface e-commerce qui permet à ses utilisateurs de faire des achats en ligne. BB Invest offre ses services à plus de 1000 points de vente.

    Au Sénégal où des startups se créent dans différents secteurs, BB Invest accompagne ces micros entreprises qui s’emploient à développer leurs activités. SENTOOL met à la disposition des entreprises des matériels technologiques capables de les aider dans leurs activités et même dans la définition de méthodes ou stratégies pour faire augmenter leurs chiffres d’affaires. Les startups peuvent également effectuer des transactions sécurisées. En plus, selon la chargée de communication et marketing, les opérateurs économiques peuvent grâce à la place multifonctionnelle suivre en tout temps le déroulement des activités de leurs points de vente.

    Depuis sa création, BB Invest a même installé à des entreprises des outils de Gestion Relation Client pour une bonne gestion de leur clientèle. L’objectif de la startup est désormais d’offrir ses services à des points de vente présents sur toute l’étendue du territoire. BB Invest comptera dans ce cas près de 20 000 points de vente. Avant de s’attaquer au marché sous-régional. La startup espère surtout recourir à une levée de fonds.

  • FinTech: le nouvel « or noir »  pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

    FinTech: le nouvel « or noir »  pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

    Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le secteur des technologies financières, ou FinTech, arrive à maturité avec les régulateurs et les gouvernements de la région qui réfléchissent plus profondément à l’impact que les entreprises FinTech auront sur l’économie en général.

    Au cours de la dernière décennie, les startups FinTech de la région ont levé plus de 100 millions de dollars de financement, et l’investissement devrait doubler d’ici 2020, selon le rapport State of FinTech. En octobre 2017, les investissements dans les technologies financières ont bondi de 100% à plus de 35 millions de dollars – Paytabs (20 millions de dollars), Soukalmal (10 millions de dollars) et Beehive (5 millions de dollars) – contre 18 millions de dollars l’année dernière. Le nombre de startups fintech est également passé de 46 en 2013 à 105 en 2015. Selon les estimations, il devrait encore plus que doubler pour atteindre 250 d’ici 2020. Il est facile, cependant, de s’enliser dans les statistiques et d’ignorer les forces du marché qui alimentent ces chiffres.

    Outre le fait que le secteur englobe toutes les start-ups technologiques actives dans le secteur des services financiers, au-delà de celles spécialisées dans les paiements en ligne ou les transferts d’argent, le commerce électronique quadruplera jusqu’à la fin de la décennie. En outre, malgré l’omniprésence des smartphones et de la connectivité Internet, 86% de la population adulte de la région est non bancarisée, tandis que trois clients bancaires du GCC sur quatre sont prêts à changer de banque pour une meilleure expérience numérique.

    Des services financiers moins couteux

    Renforcer l’inclusion financière est crucial pour la diversité économique et la croissance dans la région. Moussa Beidas, cofondateur de la start-up Bridg basée à Dubaï, qui permet les paiements de smartphone à smartphone en utilisant bluetooth, explique que le FinTech est devenu un moyen novateur de combler le fossé et de fournir des services moins chers aux personnes non bancarisées.

    « Bien qu’il soit difficile de fournir des services financiers dans un écosystème basé sur la trésorerie, parce que les institutions financières traditionnelles exigent que tous les clients soient « bancarisés » afin d’offrir des services financiers légaux, le FinTech ouvre la voie à une réalité moins noire», ajoute Moussa Beidas.

    «Au lieu de forcer les clients à être des clients bancaires, le FinTech se concentre sur l’expérience client en résolvant les défis une étape à la fois, rompant ainsi l’approche « cocktail » que les banques ont tendance à suivre. Il a la capacité de diriger des entreprises axées sur la clientèle et de tirer parti des systèmes de traitement, d’émission et d’acceptation des banques ».

    Bref, les technologies financières sont un secteur énorme qui peut être perturbé et pourrait devenir une force au Moyen-Orient comme le pétrole, selon Abdulaziz Fahad Al Jouf, fondateur et PDG de PayTabs, une start-up saoudienne de traitement des paiements. « Au Moyen-Orient, la technologie financière apparaîtra comme l’un des secteurs les plus porteurs de l’économie », explique Al Jouf. La vision de l’Arabie saoudite à l’horizon 2030 est de réduire la dépendance aux revenus pétroliers et à diversifier l’économie en autonomisant les petites et moyennes entreprises, a ouvert davantage d’opportunités pour les technologies financières.

    Éclosion

    Grâce à cette croyance, de nouvelles startups fintech surgissent chaque mois, avec certaines embrassant les technologies émergentes telles que blockchain. C’est le cas de Verify, une startup nouvellement basée à Dubaï. « Il y a un accord unanime sur le fait que blockchain va avoir un impact énorme sur l’espace FinTech. La technologie est fiable et permet des transactions sans aucun risque pour l’une ou l’autre partie », explique Yazin Alirhayim, cofondateur de Verify.

    Dubaï, le 18e plus grand centre financier du monde, a connu un regain d’intérêt de la part des startups FinTech et des actifs bancaires en raison de son emplacement, de l’investissement privé et de l’innovation. Novembre dernier, le Centre financier international de Dubaï (DIFC) a lancé un fonds axé sur les technologies financières de 100 millions de dollars et a signé un accord avec l’Autorité monétaire de Singapour pour la réalisation de projets FinTech communs.

    Déjà en août, la Securities and Futures Commission de Hong Kong avait conclu un accord de coopération avec la Dubai Financial Services Authority (DFSA) pour établir un cadre permettant aux deux régulateurs de s’entraider pour développer l’industrie des technologies financières.

    D’autres villes de la région rattrapent aussi leur retard. L’année dernière, le Caire a lancé deux écoles d’accélérateurs pour encourager les startups et le Abu Dhabi Global Market a créé le premier « bac à sable réglementaire » de la région, permettant de tester de nouveaux produits sans aucune conformité réglementaire. Bahreïn et le Qatar ont également lancé leur propre programme de bac à sable réglementaire et organisé des conférences FinTech.

    Croissance fulgurante des technologies financières

    A ce jour, plus de 80% des grandes institutions financières craignent que leur activité ne soit menacée par de nouveaux acteurs des technologies financières, selon un sondage de PwC. Il est donc essentiel, selon Moussa Beidas, que les entreprises coopèrent et créent un écosystème favorable. « Les banques du Moyen-Orient sont connues pour étouffer la croissance des technologies financières en raison d’un manque de compréhension.

    Maintenant que les régulateurs tels que le DIFC et la DFSA et les gouvernements de la région jouent un rôle plus actif dans l’entretien des infrastructures FinTech, les banques doivent mieux réagir et investir dans l’écosystème, ce qui leur sera bénéfique à long terme », estime le cofondateur de la start-up Bridg basée à Dubaï. Si les banques sont des collaborateurs ou des concurrents des startups fintech, Yazin Alirhayim pense que certaines d’entre elles réalisent qu’il y a un potentiel et un risque pour leur business model fondamental. Le cofondateur de Verify affirme ensuite que les banques qui échouent à collaborer et s’adapter vont périr avec le changement.

    Les banques islamiques sont enthousiastes quant aux perspectives et investissent dans des initiatives numériques, selon un récent rapport d’EY, un cabinet de conseil. « La pénétration de Fintech dans la finance islamique est encore à ses balbutiements, cependant, elle pourrait aider les banques islamiques à devenir plus efficaces et à intensifier leurs opérations », explique Abdulaziz Fahad Al Jouf.

    « Le système bancaire traditionnel tel qu’il est connu aujourd’hui disparaîtra dans quelques années », le fondateur et PDG de PayTabs, une start-up saoudienne de traitement des paiements. Dans ce contexte, les institutions financières de la région sont obligées de se transformer et de suivre l’évolution rapide de l’industrie des technologies financières – un secteur riche en talents, doté d’un financement suffisant, tandis que les entreprises et les consommateurs recherchent des produits innovants.

  • EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    Lauréat de la 2e édition de Digital Africa tenue à Abidjan le 29 novembre dernier, Ethicphone, le premier opérateur de paiement mobile international pour la diaspora africaine créé en 2015, a bien le vent en poupe.

    Le contexte africain, surtout dans la zone subsaharienne, est en effet difficile à l’éclosion de la bancarisation. Une situation qui est plutôt favorable au mobile Monet, moyen de transfert d’argent de plus en plus utilisé sur le continent. C’est en effet le succès de cette technologie qui a inspiré le projet Ethicphone.

    En 2015, en créant sa startup, Mouhamed Diakité avait une idée en tête : proposer une solution qui permet d’appeler, de transférer de l’argent vers l’Afrique et de réaliser des achats à partir du mobile. Pari réussi. Ethicphone a été créée afin de simplifier les échanges entre l’Europe et l’Afrique par l’entrepreneur d’origine ivoirienne, au vu de la forte diaspora africaine en Europe.

    En effet, en 2014, selon les chiffres du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), la diaspora africaine en France aurait transféré 10,5 milliards de dollars vers l’Afrique, et environ 45 % de ce montant aurait été envoyé en passant par une tierce personne, et donc de manière « informelle ».

    Mouhamed Diakité veut donc rendre l’informel, formel, pour, dit-il, offrir un service moins cher et capable d’atteindre, grâce au mobile, les zones rurales les plus reculées.

    Cet opérateur de téléphonie mobile virtuel est le premier en France qui offre les services de transfert d’argent international et de téléphonie mobile. La cible première : les diasporas africaines, mais pas que. L’application est aussi disponible pour toutes les populations non bancarisées d’Europe qui représentent 30 millions de personnes ; et 1 milliard de personnes dans le monde.

    Genèse

    Mouhamed Diakité mise sur la bancarisation du continent grâce au mobile, tout comme bien de services de téléphonie l’a compris aujourd’hui en Afrique. L’application disponible sur IOS et Android a été inspirée, selon le porteur du projet, par une « l’économie solidaire » qui, croit-il, oscille entre le souhait de remplir une mission d’intérêt général par les pouvoirs publics et le fait qu’elle doive devenir rapidement rentable, dans des secteurs très concurrentiels comme la téléphonie mobile et le transfert d’argent.

    Le concepteur raconte ses débuts. « C’est à mon arrivée en France en 1994 que j’ai été confronté pour la première fois au transfert d’argent international. Trois mois après mon arrivée, j’ai fait un transfert d’argent à ma famille en Côte d’Ivoire. Depuis cette date, chaque mois en fonction de mes moyens, je fais des transferts d’argent et toujours selon le même parcours client avec une commission très élevée, 12 % du montant transféré. Et pourtant, depuis 1994, l’Afrique est devenue le continent le plus doté en téléphonie mobile et chaque personne en Côte d’Ivoire peut facilement et gratuitement ouvrir un compte mobile qu’elle soit en zone urbaine ou rurale. »

    D’abord, c’est au sein de l’incubateur Nord/Sud Bond’innov à Bondy (Seine-Saint-Denis) que Mohamed a choisi de développer son projet. Pour lancer l’application sur smartphone, il a fallu d’abord la tester. Cette phase d’expérimentation financée par BpiFrance et la Région Ile de France avait duré un an.

    Aujourd’hui, 500 personnes utilisent EthicPhone Money en partenariat avec Moov Côte d’Ivoire. L’entreprise a récemment lancé sa Carte de paiement Multi devises (dollar américain, livre sterling, euro et Francs CFA).

    Pour rentabiliser son projet, le diplômé d’un double Master en stratégie d’intelligence économique et en finance compte facturer à de 2 euros de commission pour chaque transfert inférieur à 100 euros et 3 euros au-delà.

    Aujourd’hui lauréat de Startup of Africa 2017, Ethicphone a un certes un cours passé, mais déjà riche. En 2016 déjà, le projet a été primé au BpiFrance 2016 et de Scientipôle en 2015. Présent dans plus de 40 pays, Ethicphone a déjà levé plus de 300.000 euros de fonds. Il a également intégré la Station F, réputé pour être le plus grand campus de Startup au monde.