Catégorie : Success Story

  • Sénégal: une startup s’engage dans la promotion de don du sang

    Sénégal: une startup s’engage dans la promotion de don du sang

    Depuis mars 2016, une équipe de jeunes sensibilise la population sénégalaise sur le don du sang. Comme d’autres pays, le Sénégal fait souvent face à une pénurie de sang dans ses hôpitaux.

    Hope vient d’une initiative d’Evelyne Inès Ntonga et Jean Luc Semedo, diplômés en conception informatique. La plateforme créée en 2015 est soutenue par la start-up sénégalaise Diambars Mobile. Hope promeut depuis plus d’un an le don du sang. Il s’agit pour les concepteurs de la plateforme de répondre à un besoin essentiel auquel font face les structures sanitaires du pays. « Le don du sang n’est toujours pas entré dans les habitudes.

    Nous faisons parfois face à un manque cruel de sang », explique un médecin en chef d’un hôpital de Dakar. Pour trouver une solution, les deux concepteurs de la plateforme ont misé sur le numérique. Hope dispose d’un site web et d’une application mobile. L’idée est de mettre « nos compétences au service du don du sang », justifie Jean Luc Semedo, pour qui il est important que « le taux de mortalité maternelle et infantile lié au manque de sang ».

    Depuis le lancement des activités de la plateforme en mars 2016, les deux entrepreneurs ont pris le soin de l’installer dans de nombreux centres de transfusion sanguine de Dakar. La plateforme sert à sensibiliser la population à travers des messages, des appels vocaux en langues locales. Cela permet de toucher une grande partie de la population. Grâce aux réseaux sociaux, Hope s’est également bien positionné sur le web avec près de 100 000 abonnés sur Facebook et plus de 200 000 followers sur Twitter.

    L’initiative a déjà permis d’enregistrer plusieurs donneurs volontaires. Ces derniers sont remerciés et enregistrés sur la plateforme après leur don. Le but est de rester en contact avec eux et de leur faire appel quand il le faut. Pour Evelyne Inès Ntonga, en cas de besoin d’un groupe sanguin spécifique et rare, des messages sont diffusés en direction des volontaires concernés afin d’avoir des donneurs compatibles.

    Fidéliser les donneurs

    Un fonctionnaire en charge des questions de don du sang au ministère de la Santé se félicite de l’efficacité de l’initiative des deux jeunes entrepreneurs. « Les populations ont compris la nécessité de faire des dons. Cela permet de sauver des vies », ajoute-t-il. La plateforme organise également des journées de sensibilisation et de don du sang. Elle soutient et accompagne certaines organisations qui s’intéressent aussi à la question. Jusqu’à présent, les activités de Hope sont financées grâce à des redevances mensuelles que les centres de don du sang et les hôpitaux payent à la plateforme pour « la gestion et la fidélisation des donneurs », selon Evelyne Inès Ntonga.

    Mais Hope peut aussi compter sur les aides de quelques bonnes volontaires. En plus de l’opérateur de téléphonie mobile Tigo et l’ONG suédoise « Reach For Change » qui soutiennent l’initiative. Jean Luc Semedo évoque par ailleurs la pâtisserie française « La Marquise » grâce à qui Hope peut distribuer des croissants à des personnes lors des journées de don du sang.

    Cependant, les dons ne suffisent pas toujours. Les responsables de la plateforme comptent donc maximiser leurs efforts. Il s’agit d’abord pour eux d’augmenter le nombre de bénévoles répartis dans les régions du pays. « Le but est d’atteindre avant 2020 plus de 140 000 donneurs ». Si la plateforme parvient à enrôler ce nombre de volontaires, elle permettra au Sénégal d’atteindre pour une des rares fois le minimum de donneurs requis pour faire face aux besoins en produits sanguins.

    Pour Assane Tembe, ancien consultant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque pays devrait avoir au moins 10 dons pour un millier d’habitants. « Cela permet au pays d’avoir une autonomie en la matière et de répondre à tous ses besoins en produits sanguins », explique l’expert. Selon lui, l’initiative Hope est une plateforme essentielle qui va permettre aux autorités sanitaires de relever les défis en matière de don du sang. Une campagne de levée de fonds devrait également permettre à l’équipe de Hope de se fixer un autre objectif : étendre ses initiatives dans les autres pays de la sous-région.

     

  • Elle quitte son emploi chez Nike aux USA pour entreprendre à Kigali

    Elle quitte son emploi chez Nike aux USA pour entreprendre à Kigali

    Arrivé sur le continent en 2012 pour des obligations professionnelles, Lauren Russel a préféré quitter ses fonctions à la Fondation Nike pour entreprendre à Kigali.

    Quand elle a eu l’occasion de connaître l’Afrique, c’est au Rwanda qu’elle s’installe il y a cinq ans avec la Fondation Nike. Pour uniquement faire son métier et observer. « Je pensais que l’Afrique rimait avec la pauvreté, la maladie et la guerre », se rappelle-t-elle.

    Mais c’est toute surprise qu’elle retrouve le Rwanda en pleine transformation économique malgré les douloureuses conséquences du génocide. En 2014, deux ans après son installation à Kigali, elle assiste à l’accélération des changements que subit le pays. De nouvelles routes, de nouveaux bâtiments, de nouvelles entreprises, de nouveaux restaurants ou encore de nouveaux parcs nationaux. Selon elle, le Rwanda lui a fait oublier « ses clichés sur l’Afrique ».

    Lorsque son entreprise lui demande de retourner aux États-Unis, cette jeune entrepreneure décide de démissionner. Elle quitte son emploi et se fixer un objectif : rester au Rwanda et entreprendre. « J’avais un plan depuis mon arrivée en 2012. Créer une entreprise de distribution alimentaire », lâche-t-elle avec assurance.

    Lauren Russel saisit ainsi ce qu’elle appelle « la chance de sa vie ». L’Américaine crée en 2014 l’entreprise GET IT pour des services alimentaires à Kigali. Et c’est avec ses économies qu’elle se lance. Avec 5000 $ US, elle investit dans la réussite de son entreprise.

    Très tôt elle se convainc de la portée de son initiative dans une ville où des entreprises spécialisées dans des services alimentaires se comptaient sur les doigts. « Ce sont mes achats d’épicerie maison simples qui m’ont inspiré. Je devais aller dans cinq magasins pour trouver les ingrédients pour faire quelque chose de simple comme de la lasagne. J’ai pensé que si je ne pouvais pas trouver ce que je voulais, peut-être que d’autres ont aussi ce problème ».

    Lauren Russel parvient d’ailleurs à générer des revenus sans d’autres contributions financières. « Je voulais être sûr qu’avant de prendre l’argent d’autres personnes, j’avais démontré comment cet investissement allait croître et comment ils pourraient obtenir un rendement », affirme-t-elle.

    Quelques mois après la phase initiale du lancement de GET IT, Lauren Russel collecte 1 million de dollars en fonds propres pour soutenir son entreprise. Pour elle, il est plus facile de vendre une entreprise qui fonctionne comme un bon investissement qu’une idée d’entreprise. « Lorsque vous demandez des conseils, on vous offre de l’argent. Mais quand vous demandez de l’argent, on vous offre des conseils », ajoute-t-elle.

    CET IT certifié

    Les clients de GET IT sont de différentes catégories, notamment les ménages, les lodges haut gamme, les hotels et les restaurants. Ces derniers font leur commande par SMS et les reçoivent ensuite. Lauren Russel a surtout étendu son marché. Son entreprise s’est spécialisée dans les cuisines commerciales où il y a selon elle « plus d’opportunités ». Elle fournit et livre une variété de produits frais, congelés et secs — y compris des fruits et légumes, de la viande et des produits laitiers — ainsi que des fournitures de cuisine.

    Trois ans après sa création, GET IT a déjà servis de nombreux clients. Il y a quelques mois, l’entreprise s’est réorganisée. Elle a augmenté ses réserves de fonds de roulement et a même investi dans une grande chambre froide privée hors réseau au Rwanda. Depuis le début de l’année, GET IT a vu son chiffre d’affaires augmenter de 20 à 50 % sur un mois. Comme c’était le cas en septembre dernier où ses revenus ont augmenté de 100 %.

    Les efforts de Lauren Russel et ses employés sont d’ailleurs reconnus. « Nous avons obtenu notre certification de sécurité alimentaire ISO 22000, la première dans la région pour notre type d’activité », se réjouit la présidente de GET IT. Depuis, la base de vente de l’entreprise s’est diversifiée et aucun client ne représente plus de 5 % du chiffre d’affaires. Les clients deviennent nombreux. L’entreprise envisage d’ailleurs s’installer dans les autres régions du pays ainsi que dans les pays de la sous-région tels que l’Ouganda et la République démocratique du Congo.

    GET IT veut également construire des modèles pour « transformer la distribution alimentaire » lors des crises humanitaires. L’entreprise veut en effet incorporer des fruits et des légumes d’origine locale dans l’aide alimentaire dans les camps de réfugiés ou les régions frappées par la famine.

     

  • Qui est Auréol Sinclair Mbakop, le roi de l’ananas camerounais?

    Qui est Auréol Sinclair Mbakop, le roi de l’ananas camerounais?

    Ingénieur d’industrie agricole et alimentaire, Auréol Sinclair MBAKOP s’est lancé en 2010 dans la production d’ananas sur ½ ha. Aujourd’hui, il fait plusieurs cultures sur plus de 100 ha.

    Le Camerounais Auréol Sinclair Mbakop, la trentaine entamée, est aujourd’hui à la tête de la société agricole moderne des ananas d’Awae (région du Centre), une entreprise qui produit près d’un million de fruits par an. Dans une première vie, il était ingénieur d’industrie agricole et alimentaire, et un ouvrier.

    En réalité, l’histoire d’amour entre l’agriculture et Auréol Sinclair Mbakop n’est pas si imminente que ça. Le jeune aurait développé une passion pour les cultures de la terre depuis son enfance, lorsqu’il se rendait chez ses grands-parents. Selon ses proches, il aimait cultiver pendant les vacances scolaires. Mais après son parcours universitaire où il a obtenu un diplôme d’ingénieur, Auréol fait face à un défi majeur : trouver un emploi correspondant à son profil. C’est alors qu’il est employé comme ouvrier dans une ananeraie, au sein de laquelle il travaille pendant trois ans. Inspiré par l’exemple de son employeur, le jeune homme se convainc de se lancer à son tour dans l’agriculture.

    Ayant bénéficié de l’aide des membres de sa famille, il parvient à obtenir un demi-hectare de terre à Awae, sur lequel il plante 20.000 pieds d’ananas. Selon son témoignage, il s’est persuadé de continuer son aventure en appréciant les récoltes de sa première expérience. « C’est alors que j’ai tout réinvesti », raconte-t-il.

    Par la suite, Auréol Sinclair Mbakop fera de nouveau appel à ses proches pour une assistance financière. Avec cet argent, il agrandit son exploitation et diversifie ses cultures progressivement en acquérant d’autres terres. Ce qui lui fait passer d’un ½ hectare à près de 100 hectares en six ans.

    « Il ne faut pas commencer tout en grand, surtout lorsqu’on n’a pas encore de grands moyens. Certes, il y a d’énormes difficultés auxquelles vous ferez face, mais on reconnaît le vrai entrepreneur lorsqu’il domine toutes les difficultés pour suivre sa vision », en déduit-il.

    Aujourd’hui, le chiffre d’affaires de l’entreprise d’Auréol est estimé en millions. Son entreprise emploie près de 100 personnes à temps partiel, et ses fruits se vendent dans toute la sous-région Afrique centrale, ainsi que dans l’Union européenne. Aux jeunes entrepreneurs, Auréol Sinclair Mbakop recommande d’aller pas à pas.

    « Je dirais aux jeunes de regarder autour d’eux. D’ouvrir les yeux. Par exemple, si un jeune me regarde aujourd’hui. Est-ce que je suis triste, est-ce que j’ai peur ? Est-ce que je doute de mon avenir ? Je ne pense pas », conseille-t-il souvent.