Catégorie : Success Story

  • Arthur Zang, 31 ans, père de l’électrocardiogramme camerounais

    Arthur Zang, 31 ans, père de l’électrocardiogramme camerounais

    Ingénieur informatique de formation, cet entrepreneur a mis cinq ans pour mettre au point le CardioPad, une tablette qui l’a fait connaître en Afrique et dans le monde.

    Pour fabriquer le CardioPad, l’ancien étudiant de l’École polytechnique du Cameroun a suivi des cours des lignes. Arthur Zang a pu compter sur le financement de Microsoft. « J’avais envoyé mon projet à Microsoft dans le cadre de la compétition Imagine Cup organisée tous les ans », explique-t-il. Primé à l’issue de la compétition, il a reçu des matériels qui lui ont permis de développer son projet. En plus d’un prêt bancaire, Arthur Zang a également bénéficié du soutien financier de sa famille. Puis vient l’appui de Paul Biya. « En 2011, j’ai enregistré une vidéo sur le fonctionnement du prototype de Cardio Pad sur YouTube. La presse en a parlé et le président Paul Biya l’a remarquée. Il m’a octroyé une subvention de 35 000 euros pour fabriquer les premiers appareils », confirme Arthur Zang.

    L’utilité du projet a permis à Arthur Zang d’être sélectionné par Rolex Awards pour bénéficier d’un accompagnement financier de 48 000 euros. Par la suite, il lance une campagne de financement participatif qui lui permet de récolter près de 9000 euros. En 2014, il a créé sa société dénommée Hilmore Medical Equipment. Le CardioPad qu’il a conçu permet à des patients de faire des électrocardiogrammes à distance. Les données du cœur peuvent être enregistrées par un infirmier et envoyées à un cardiologue. Ce dernier renvoie après le résultat à l’infirmier qui le communique au patient.

    Des tablettes à 3000 dollars

    Quatre ans après sa création, Hilmore Medical Equipment dispose d’un investissement de plus de 500 millions d’euros grâce à l’appui de partenaires privés qui croient en cette entreprise. Arthur Zang emploie une dizaine de personnes qui fabriquent des tablettes. Pour régler l’aspect technique de la fabrication, l’entrepreneur camerounais a noué des partenariats avec des entreprises asiatiques situées en Corée du Sud et en Chine. Depuis 2016, Hilmore Medical Equipment a vendu près de 300 CardioPad en « Afrique centrale, aux Comores et au Népal », selon Arthur Zang. Les tablettes sont payées par des centres de santé à 3000 dollars. Elles sont ensuite louées à des patients par abonnement annuel à 29 dollars.

    A 31 ans, Arthur Zang figure parmi les entrepreneurs qui font bouger l’Afrique. Il faut dire que l’ancien étudiant de l’université de Yaoundé est également responsable de ZNG Smart Cards Factory, la première usine de fabrication de cartes et puces magnétique en Afrique centrale. Pour lui, l’Afrique doit miser la construction de laboratoires pour faciliter les recherches dans ses universités. Arthur Zang considère également que les universités du continent doivent commencer à intégrer les MOOC dans leurs formations. Ces cours en ligne représentent l’avenir de l’enseignement dans le monde. « En 2050, en Afrique, nous serons 2 milliards d’habitants et les infrastructures éducatives ne pourront pas répondre à une telle demande », prévient-il.

     

  • Kelly Kamen, 29 ans, la Camerounaise qui réinvente le cosmétique

    Kelly Kamen, 29 ans, la Camerounaise qui réinvente le cosmétique

    Kelly Kamen à 29 ans joue déjà dans la cours des grands. Fondatrice en décembre 2015 de Mia kosmetics, Kelly Kamen a eu le courage de se lancer dans un secteur extrêmement concurrentiel avec les acteurs aux moyens colossaux.

    Nantie d’un diplôme de BAC+ 5 ans en Ingénierie cosmétique, la Camerounaise a une expérience dans le domaine où elle a travaillé pendant deux ans en assurance qualité cosmétique et pharmaceutique.

    Pour lancer son entreprise, le travail en amont a été de longue haleine. « J’avais ce projet depuis 10 ans et j’ai orienté mes études en fonction. L’idée était d’aller un peu plus loin que simplement de sous-traiter les produit. Je voulais vraiment savoir ce qui se passait derrière un packaging et comprendre l’ensemble de la chaîne de fabrication » affirme-t-elle, avant de décider finalement de se lancer dans des produits de soins pour la peau.

    « L’idée était d’avoir une marque disponible en parapharmacie et pouvoir concurrencer des géants comme Bioderman ou Avene sur le long terme » explique l’’entrepreneure.

    Depuis, Kelly Kamen et son équipe ont travaillé sur des produits sains, hypoallergéniques, avec des actifs typiquement africains. « Nous avons travaillé sur des huiles ancestrales : l’huile de palmiste, très connu au Cameroun et qu’on appelle le manianga, l’huile de marula, très utilisée en Afrique du Sud et l’huile de moringa, plébiscitée au Sénégal », ajoute-t-elle.

    Avec des packagings inspirés des tissus-pagnes wax, les produits de Kelly Kamen ont tout pour ressembler aux Africains. Sa marque est aujourd’hui commercialisée à Douala et Yaoundé avec près de 30 points de vente. Actuellement, la startup pense travailler avec des parfumeries pour élargir le spectre de distribution.

    Kelly Kamen s’affiche comme une jeune femme qui n’a pas peur de l’avenir. En acte, elle prouve au quotidien qu’elle a foi au Cameroun et en l’Afrique.

  • Qui est Tonyi Senayah, le fabricant des chaussures présidentielles au Ghana ?

    Qui est Tonyi Senayah, le fabricant des chaussures présidentielles au Ghana ?

    À Kumasi, Tonyi Senayah est un entrepreneur à succès qui inspire les jeunes voulant se frayer une success-story dans l’auto-emploi. Il est connu pour avoir fabriqué des chaussures portées par l’ancien président John Mahama.

    Guidé par un instinct d’entrepreneuriat depuis l’adolescence, Tonyi Senayah ne s’est contenté que de sa licence en sociologie pour quitter l’université en 2007.

    En 2009, il a remarqué une forte demande pour des chaussures de haute qualité et connaissait beaucoup de jeunes talentueux fabricants de chaussures qui cherchaient du travail. «  J’avais acheté une paire de chaussures d’un fabricant local et je les ai portées au travail. Mes collègues ont été impressionnés et en ont voulu aussi. Même après le travail, j’avais encore des contacts qui m’appelaient pour passer des commandes » raconte le trentenaire.

    Il a alors trouvé un moyen de s’auto-employer tout en aidant les jeunes talentueux à trouver de l’emploi. Il s’est alors décidé de commencer avec seulement 100 dollars américains (73 euros) dans sa poche. D’abord en achetant auprès de fabricants locaux, puis en établissant son propre atelier en 2010.

    Selon lui il a été important dans cette démarche de surmonter la peur de l’échec. « Vous devez avoir quelque chose d’extraordinaire pour réussir ici en Afrique », dit celui qui ambitionne conquérir le marché international sous peu. Et d’ajouter, « le plus grand défi à surmonter est la peur de l’échec : si vous parvenez à surmonter ces doutes quant à la possibilité de réussir ou non, alors je crois que tous les autres obstacles sont surmontables ».

    Évolution fulgurante

    Horseman Shoes a connu une émergence rapide. Son idée, clairement définie au départ, était de mener son entreprise à devenir le plus grand fabricant de chaussures made in Africa. L’entreprise est spécialisée dans les chaussures de qualité et à la mode avec le meilleur du cuir, dont des chaussures habillées pour hommes, des sandales et des pantoufles, ou encore des bottes de sécurité.

    De fait, il n’a fallu qu’un an pour que Senayah soit nommé jeune entrepreneur de l’année aux Global Professional Achievers Awards à Accra. En 2013, le Ghanéen et sa petite entreprise a également été distingués par le prix Outstanding Product Quality de l’African Leadership Magazine en 2013.

    Dans son usine, plus de 300 paires de chaussures sont produites chaque mois. En 2012, deux ans après le lancement, l’entreprise avait enregistré un bénéfice net de 15 000 $.

    Toutefois, le promoteur du projet raconte que son entreprise a enregistré une forte demande suite à l’approbation présidentielle. En effet, en 2014, le président du Ghana, John Dramani Mahama avait déclaré son amour pour Horseman Shoes lors du discours sur l’état de la nation dans le cadre du lancement de la campagne « Made in Ghana ». Le président avait affirmé que ces chaussures faites localement sont « très confortables et durables. » Et de lâcher finalement, « en fait, je porte une paire en ce moment »

    À la suite de cela, les commandes ont gonflé et Tonyi Senayah a été encore élu jeune entrepreneur le plus influent du Ghana pour 2015.

    L’entrepreneur pense que les approbations présidentielles des produits locaux sont très utiles pour les startups.

     

  • Elle quitte la France et devient millionnaire au Mali grâce aux jus de fruits

    Elle quitte la France et devient millionnaire au Mali grâce aux jus de fruits

    Ingénieure en agrobusiness, Aïssata Diakité a lancé les activités de son entreprise Zabbaan Holding en 2017. Le Zabbaan Holding fabrique des jus au Mali à partir de plantes naturelles. A moins de 30 ans, après des études en France, cette entrepreneure a misé sur des méthodes traditionnelles pour la fabrication de jus made in Mali. Pour faire fonctionner son entreprise, Aïssata Diakité a tissé des relations avec des agriculteurs.

    Ces derniers lui fournissent des feuilles vertes de kinkeliba ou du pain de singe qui rentrent dans la fabrication de différents jus de fruits. La jeune entrepreneure a également bénéficié du soutien du ministère du Développement industriel qui suit de près les initiatives privées qui rentrent dans le développement du pays.

    Aïssata Diakité reste convaincue. Il nous faut « produire localement et consommer ce que nous produisons », explique-t-elle. Pour réaliser son rêve, elle a renoncé à un poste à l’Association française de normalisation en France pour lancer Zabbaan Holding au Mali. Près d’un an après le lancement de son entreprise, l’entrepreneure emploie une soixantaine de personnes.

    Ces derniers produisent 1000 bouteilles de jus naturels chaque jour. L’entreprise propose différents types de jus. Entre autres « la guerrière », fait de moringa, d’hibiscus, de menthe et de baobab, « le prince » fabriqué à base du zaban et du baobab, ainsi que « le roi » fait de mangue et de baobab. Les jus de fruit sont nommés en référence eu titre composant l’organigramme de l’ancien empire madingue.

    Valoriser les produits locaux

    Si la gamme de jus de fruit n’est pas encore certifiée bio, sa vente se fait quand même sur le marché local à un prix abordable. « La bouteille est à 500 FCFA », confie un employé de la startup. « Nous vendons aussi bien à des particuliers qu’à des entreprises. Nous livrons à domicile à partir de 25 bouteilles », ajoute Aïssata Diakité qui fait partie des « Young Leaders » de la fondation AfricaFrance. Avec ses réalisations actuelles, elle envisage conquérir d’autres marchés dans la sous-région.

    « La gamme Zabbaan est référençable à l’international. Des grands groupes de la distribution sont aujourd’hui intéressés par nos produits ». Fin 2017, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 800 000 euros. Pour sa directrice générale, l’objectif sera de toujours valoriser les produits locaux d’Afrique et d’être le leader des produits de qualité. En attendant, Aïssata Diakité prévoit lancer prochainement la production d’arômes naturels qui pourront être exportés.

     

  • Cette Ougandaise fabrique des serviettes hygiéniques à partir de la canne à sucre

    Cette Ougandaise fabrique des serviettes hygiéniques à partir de la canne à sucre

    Lydia Asiimwe Sabiiti est la fondatrice d’EcoSmart Pads, startup qui fabrique des serviettes à bas prix à partir de la canne à sucre. La jeune entrepreneure s’est lancée dans cette initiative lorsqu’elle a rencontré une jeune fille de 16 ans, Kyomuhendo, qui avait parcouru un long chemin depuis son village de Rwanyamahenbe, dans la partie occidentale de l’Ouganda. Selon elle, Kyomuhendo était escortée par sa mère à la recherche de meilleurs soins de santé à l’hôpital régional de référence de Mbarara.

    Elle avait développé des plaies vaginales qui s’étaient d’abord présentées avec des démangeaisons peu après sa période de menstruation. « J’ai appris que la jeune fille avait utilisé 3 morceaux du même vieux linge au cours des deux dernières années de gestion de son flux menstruel. Elle a appris que le même tissu était partagé entre trois de ses sœurs et deux autres cousines qui vivaient toutes avec elles », explique Lydia Asiimwe Sabiiti. Après cette expérience, Lydia Asiimwe Sabiiti s’est engagée à sensibiliser des étudiantes sur l’hygiène sanitaire. C’était au cours du programme de stages CAMTech Uganda.

    Après sa sensibilisation, Lydia Asiimwe Sabiiti a été rejoint sur son projet par trois étudiants avec qui elle forme désormais l’équipe d’EcoSmart Pads. Depuis, la dynamique équipe s’est lancée dans la fabrication des serviettes hygiéniques à coûts très réduits. L’objectif pour EcoSmart Pads est de garantir l’égalité, le dynamisme et la dignité dans la gestion des « règles chez les filles et les femmes en Ouganda ». Les Eco Smart Pads sont des serviettes hygiéniques fabriquées à partir de résidus recyclés de canne à sucre pour les filles et les femmes d’âge menstruel issues de familles à faible revenu. « Les résidus de canne à sucre dans les usines de fabrication de sucre sont les matières premières de notre produit et sont obtenus à un prix abordable », explique la fondatrice de la startup.

    Lydia Asiimwa Sabiiti est convaincue que cette idée fonctionnera en raison des faibles coûts de production qui permettront de réduire considérablement le prix de ce produit. L’équipe a d’abord mené une expérience dans le laboratoire de microbiologie de l’Université des sciences et de la technologie de Mbarara pour déterminer laquelle des deux entre le maïs et la canne à sucre avait des résidus à fort taux d’absorption. La canne à sucre a émergé avec un pourcentage d’absorbance plus élevé et a été sélectionnée comme plante à considérer comme matière première pour cette innovation.

    Bénéficiaires

    « Nous avons procédé à une évaluation des besoins, nous avons interagi avec nos utilisateurs finaux et nous en avons tiré des conclusions, informant nos estimations de prix et les quantités d’emballages de produits », explique un membre de l’équipe de la startup. EcoSmart Pads distribue ainsi sur le marché des serviettes hygiéniques dans un paquet de 12 pièces à prix de 1500 shilling ougandais (soit 0,34 euro). « Nous ne cherchons pas à générer beaucoup de chiffres d’affaires nous vendons aux personnes à faible revenu. Nous cherchons à travailler avec des philanthropes pour avoir un impact dans notre communauté locale. En ce qui concerne la durabilité de notre entreprise, nous examinons d’autres options génératrices de revenus. », fait savoir Lydia Asiimwa Sabiiti.

    Les principaux bénéficiaires de ce produit sont les filles scolarisées issues de milieux défavorisés et dont la poursuite des études a été affectée par ce défi. D’autres femmes non scolarisées issues de milieux défavorisés comme les femmes en prison, les camps de réfugiés, les hôpitaux publics, sont également les principales bénéficiaires de ce produit. En général, les femmes ougandaises issues de milieux à revenu élevé bénéficieront aussi du faible coût de ce produit, car elles pourront réaliser des économies. EcoSmart Pads envisage mobiliser des fonds pour poursuivre ses activités. En juin 2017, dans le cadre du défi Up Accelerate de l’UNFPA, la startup avait déjà reçu un prix de 10 000 $.

  • À 27 ans, il quitte les USA pour bâtir un empire de nœuds papillon à Kigali

    À 27 ans, il quitte les USA pour bâtir un empire de nœuds papillon à Kigali

    Quand Matthew Rugamba s’est aventuré dans le monde de la mode en 2011, il a commencé par vendre ses nœuds papillon dans un sac à dos. À l’époque, il vivait et étudiait encore aux États-Unis, mais chaque fois qu’il rentrait au Rwanda pour les vacances, il fabriquait des nœuds papillon pour les vendre, un peu de manières informelles. Aujourd’hui, il est référencé dans le domaine de la mode dans son Kenya natal.

    Matthew Rugamba est le fondateur et directeur artistique de House of Tayo, une marque de mode basée à Kigali connue principalement pour ses nœuds papillon, cravates, écharpes de poche et snoods qui sont fabriquées à partir de tissus « kitenge » africains.

    En effet, au moment où Rugamba a commencé, le secteur de la mode au Rwanda était encore un terrain non exploré. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ; ce marché est attrayant pour les entreprises internationales. La croissance de la mode rwandaise est motivée par de jeunes designers locaux comme Rugamba qui sont retournés chez eux après avoir vécu à l’étranger. Mais alors que ses créations ont trouvé un public plus large à l’étranger, Rugamba continue de produire au Rwanda avec l’aide d’artisans et de tailleurs locaux pour « garder la marque authentique » tout en créant des opportunités d’emploi.

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    Autodidacte

    De ses dires, Rugamba est un créateur de mode autodidacte. Il a développé ses compétences de conception en regardant des tutoriels en ligne, en lisant des blogs de mode et en étudiant l’industrie en général. « Dans des domaines spécifiques comme l’art de concevoir et de créer une marque, j’ai beaucoup lu et étudié ce que font les autres et j’ai choisi certaines des meilleures pratiques pour commencer à développer cette activité », a expliqué le diplômé en relations internationales, âgé aujourd’hui de 27 ans.

    Pour démarrer son entreprise, Rugamba a dû compter sur ses économies personnelles grâce à un emploi d’été et a pu l’étendre avec le soutien de sa famille. « Le premier succès que nous avons réalisé était d’avoir un magasin à Kigali. C’était en 2013 quand je suis revenu », a-t-il dit, ajoutant que « se retrouver chaque année dans cette entreprise est une étape importante ».

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    Au fil des années, House of Tayo a connu une croissance régulière en raison de « véritables critiques » de la part des personnes qui ont acheté le produit. Aujourd’hui, Rugamba a déjà présenté ses collections à l’étranger.

    Médias sociaux et mode

    Les médias sociaux ont aussi donné un coup de pouce à House of Tayo. Au début de l’année 2012, c’était un Tumblr publié par Rugamba sur son ambition de raconter l’histoire de l’Afrique avec des nœuds papillon qui l’ont d’abord fait fusiller, lui et sa marque, dans les feux de la rampe. Cette année-là, il a eu l’occasion de présenter ses collections à l’Africa Fashion Week de Londres.

    « Vous savez, vous pouvez dépenser des milliers de dollars pour obtenir les noms, mais si le produit et l’expérience de travail avec vous ne sont pas géniaux, ça va être une situation où les clients entrent une fois et ils ne reviennent pas. Les entreprises ne se développent que lorsque vous recevez des clients et les fidélisez. Conserver les clients est encore plus important que d’en acquérir de nouveaux. »

    Made in Rwanda

    Bien que l’industrie de la mode rwandaise soit encore jeune, elle évolue régulièrement vers un marché lucratif et dynamique. Selon M. Rugamba, des initiatives telles que la campagne « Made in Rwanda » ont aidé l’industrie à se développer. Cependant, il a fait remarquer qu’à aucun concepteur seul ne peut faire de l’industrie un pionnier de la mode. « L’avenir réside dans la collaboration » aime-t-il dire.

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    Pour cela, au début de l’année 2015, Rugamba et quatre autres designers locaux ont créé CollectiveRW, une alliance stratégique positionnée pour lancer la mode rwandaise sur la scène mondiale. « Nous avons réalisé que notre industrie ne va pas grandir si tout le monde fait ce qu’il veut », a-t-il expliqué, ajoutant que le but n’est pas seulement de faire sortir les produits, mais que les concepteurs commencent à se responsabiliser. « L’une des principales choses que nous faisons est de montrer le potentiel de l’industrie de la mode au Rwanda. Nous montrons aux sponsors la qualité des designs que nous pouvons assembler. Nous mettons notre pays sur la carte. »

    Déjà, les marques qui ont participé au CollectiveRW ont gagné plus de trafic vers leurs magasins, mais Rugamba et son équipe regardent également le côté commercial des choses, en particulier comment les concepteurs peuvent capitaliser sur le battage médiatique.

    Défis

    Selon Rugamba, une industrie textile sous-développée et un accès insuffisant au financement restent les principaux défis pour les entrepreneurs de la mode au Rwanda.

    « Lorsque vous êtes en mesure d’obtenir un financement de démarrage, les taux et les conditions ne sont pas favorables », a-t-il déclaré, ajoutant que ces défis ont limité la concurrence internationale des acteurs locaux. Pour cela, le jeune a suggéré que le gouvernement pourrait avoir un guichet spécial d’intérêt sur les prêts pour les jeunes qui démarrent leur propre entreprise.

  • Mercy Kitomari quitte la banque pour se lancer dans la production de crèmes

    Mercy Kitomari quitte la banque pour se lancer dans la production de crèmes

    Elle s’appelle Mercy Kitomari, tanzanienne. En 2013, elle a quitté son emploi bancaire pour poursuivre sa vision de faire des déserts de glaces. Aujourd’hui, elle est la fondatrice et PDG de Gelato, une entreprise de crème glacée opérant à Dar es-Salaam, la capitale de la Tanzanie.

    Son intérêt pour la crème glacée a commencé pendant qu’elle étudiait pour un MBA au Royaume-Uni. Elle travaillait à temps partiel comme guide touristique, et après chaque visite touristique, elle emmenait des visiteurs dans des salons de crème glacée à Leicester Square, au cœur de Londres. « Il y avait des glaciers partout », se souvient-elle. « En Tanzanie, nous buvons beaucoup de thé et d’alcool. Mais ma vision est d’influencer une culture de desserts glacés. Je veux que les desserts glacés soient une indulgence normale, pas un luxe. Et je veux voir des glaciers partout » ajoute la jeune entrepreneure.

    Après avoir terminé ses études, Kitomari a trouvé un emploi dans une banque en Tanzanie. En 2012, elle a commencé à faire de la crème glacée dans la cuisine de sa mère et a finalement quitté son emploi pour gérer son entreprise à temps plein.

    Aujourd’hui, elle a un point de vente à Dar es-Salaam. Elle fournit ses produits aux hôtels et restaurants, et effectue également des livraisons à domicile. Mais vu que Kitomari ne peut actuellement se permettre d’ouvrir de nombreux points de vente, elle s’est aussi associée à des boulangeries pour élargir sa portée. Elle fournit des congélateurs à des boulangeries indépendantes, qui lui achètent ensuite de la crème glacée.

    « Si je vois que l’endroit a un bon trafic, je leur donne juste mon congélateur de marque et je leur apprends à faire des gaufres et des milkshakes, et à faire de la crème glacée. C’est la plus grande image. Lorsque nous atteindrons le niveau d’usine, nous approvisionnerons uniquement ces entreprises. Cela me permettrait d’avoir une plus grande portée géographique en Tanzanie et en Afrique. Cela correspond bien à mon objectif d’avoir des glaciers partout — exactement comme je les ai vus à Leicester Square », explique-t-elle.

    Changer le comportement du client 

    Kitomari note qu’il y a plusieurs facteurs qui font de Dar es-Salaam un bon endroit pour construire une entreprise de crème glacée. Pour commencer, la ville côtière a un temps chaud et humide pendant la majeure partie de l’année. En outre, elle remarque que la capitale tanzanienne connaît une croissance économique rapide et que de nombreux consommateurs peuvent désormais se permettre d’acheter plus que leurs besoins élémentaires. Pour cela, chez Gelato, une tasse de crème glacée est vendue pour un peu moins de 2 dollars, et Kitomari affirme que des clients en achètent tous les jours. « La Tanzanie produit également beaucoup de fruits de différentes variétés. Au lieu de simplement faire des jus, nous avons aussi la possibilité de faire de beaux desserts. Nous fabriquons même des glaces aromatisées à la vigne et au jacquier — qui ne sont pas des arômes communs ailleurs. »

     Concurrencer les grandes marques 

    Toutefois, pénétrer le marché de la crème glacée de la Tanzanie n’est pas chose aisée. Pour cause, les concurrents étrangers sont de taille. « Il existe de grandes marques telles que Azam et Fairy Delights. Il y a aussi d’autres entreprises qui sont installées dans des centres commerciaux où je ne peux pas me permettre de louer de l’espace pour le moment », dit Kitomari. Parmi ses concurrents, Kitomari craint beaucoup plus Azam. « En Tanzanie, les gens disent Azam quand ils veulent des glaces. C’est une marque très forte. Pour percer dans un tel marché, vous devez vraiment engager les consommateurs », confie-t-elle.

    L’entreprise est également confrontée à des difficultés d’accès aux matières premières en raison d’une pénurie de produits tels que le lait écrémé, la saisonnalité des fruits et les faiblesses générales de la chaîne d’approvisionnement. « Je ne suis pas ce que je veux être à l’avenir, mais j’ai appris à travailler avec ce que je dois faire pour atteindre ma vision », explique Kitomari.

    Pour cette dernière, le conseil envers ses compatriotes est clair. « N’attendez pas que les investisseurs viennent vous donner de l’argent pour que vous puissiez commencer votre rêve », lance-t-elle.

     

  • Elle quitte l’UNICEF au Canada pour entreprendre chez elle en Ouganda

    Elle quitte l’UNICEF au Canada pour entreprendre chez elle en Ouganda

    Il y a sept ans, alors qu’elle rendait visite à sa famille dans la ville de Gayaza, dans le centre de l’Ouganda, Lucia Bakulumpagi-Wamala ne pouvait s’empêcher de remarquer les déchets dans les rues. Ayant grandi au Canada, c’était un spectacle inhabituel pour elle.

    Dans une première vie, Lucia Bakulumpagi-Wamala avait été employée chez UNICEF Canada et a également travaillé comme agent dans l’industrie de la mode et du divertissement pendant plusieurs années, avant que l’idée de l’entrepreneuriat ne survienne.

    Bakulu Power a surgi dans l’esprit de l’entrepreneure il y a des années, mais l’idée a pris forme en novembre 2015. « Quand je suis allé en Ouganda il y a sept ans, j’étais enceinte. Il est très commun pour les femmes dans cette condition de regarder les choses différemment. Je pense que cela a également contribué à la création de l’entreprise. »

    En effet, au départ, Lucia voulait se concentrer uniquement sur la production d’énergie à partir de déchets, mais après avoir parlé à un ami, elle a commencé à penser à l’énergie solaire. « Quand j’ai remarqué l’abondance de ces ordures, je suis devenue curieuse. Quelque chose à propos de tous ces déchets m’a vraiment frappé. C’est ainsi que j’ai démarré Bakulu Power », explique Lucia. Bakulu Power qui est une société d’énergie renouvelable basée en Ouganda conçoit, installe et exploite des systèmes pour les clients résidentiels et commerciaux.

    Selon la fondatrice, son entreprise opère pour le moment au niveau micro et macro. « Au niveau micro, nous concevons des systèmes pour les maisons, les hôtels ou les entreprises manufacturières afin de réduire leur dépendance au carburant ou au réseau, ce qui est techniquement peu fiable dans notre pays. Au niveau macro, nous développons des mini-réseaux et vendons l’électricité à l’ensemble de la communauté par unité » explique Lucia.

    Bakulu Power, parce que l’énergie précède le développement

    Bakulu Power développe actuellement trois mini-réseaux solaires dans le district de Buvuma en Ouganda qui apporteront de l’électricité à plus de 8 000 personnes. L’entreprise coopère également avec une usine de production de combustible de cuisine propre (biomasse) dans un camp de réfugiés dans l’ouest du pays.

    Pour démarrer l’entreprise Bakulu Power, Lucia a dû faire dans un premier temps avec ses propres économies et quelques soutiens de la famille. Aujourd’hui, la société n’a pas encore d’investisseurs externes. Selon la fondatrice, la moitié de son temps est désormais consacrée à des actions visant à courtiser ses bailleurs de fonds afin de « croire en son rêve entrepreneurial ».

    « Dans le monde que nous sommes maintenant, les gens comprennent le besoin d’électrification rurale. Ce n’est pas comme si je proposais quelque chose qui n’existe pas déjà. Mais, c’est toujours un défi quand vous êtes nouveau. Nous sommes tous très jeunes dans mon équipe et nous sommes une entreprise locale. C’est un grand défi pour certains investisseurs » explique Lucia. Pour elle, ce n’est pas aisé de faire affaire avec de grandes sociétés multinationales ou des donateurs qui peuvent considérer la nouveauté comme une lacune.

    Mais toute la difficulté ne se résume pas là. Un autre défi consiste à maintenir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée de l’entrepreneure. « Je suis une mère et mon rôle de PDG et de fondatrice prendra un certain temps pour que je m’y habitue », dit-elle.

    « J’apprends de l’expérience »

    Ayant grandi au Canada, Lucia a été habituée à la façon dont les choses se passent en Occident. Cependant, elle a dû modifier son approche pour l’aligner sur l’environnement opérationnel en Ouganda. « Au début, j’ai essayé de faire les choses comme je le faisais en Occident, mais j’en ai souffert. Maintenant, j’essaie consciemment de ne pas négliger la façon dont les choses sont faites localement », confie-t-elle.

    Lucia pense que cela peut arriver à tous ceux qui ont vécu en dehors du continent pendant une longue période. « Quand nous avons grandi dans le monde occidental, nous supposons que… c’est comme ça que les choses devraient être et que c’est ce que tout le monde veut ».

    Bien que Bakulu Power ait moins de deux ans, l’entreprise attire déjà l’attention. Cette année, Lucia a été sélectionnée comme l’un des 30 entrepreneurs africains à surveiller par le magazine Forbes. Son directeur technique a également été sélectionné pour le programme d’entrepreneuriat de la Fondation Tony Elumelu.

    Pour les entrepreneurs en herbe, Lucia conseille : « suis ton cœur. Apprenez tout ce que vous pouvez et restez ouvert à l’apprentissage. Ne pense jamais que tu sais tout parce que tu ne le sais pas. »

     

  • Olatorera Oniru: elle quitte Wall Street pour entreprendre au Nigéria

    Olatorera Oniru: elle quitte Wall Street pour entreprendre au Nigéria

    En 2015, Olatorera Oniru a quitté son poste dans une grande entreprise nigériane. La cause, elle voulait s’aventurer dans le monde moins prévisible des achats en ligne au Nigeria.

    L’entreprise d’Oniru est Dressmeoutlet.com, une plate-forme de commerce électronique de mode, de beauté et d’articles ménagers qui fait la promotion de produits fabriqués en Afrique. Depuis qu’Oniru s’est servie de ses économies personnelles pour lancer le site en janvier 2016, l’entreprise a connu une belle ascension et compte actuellement une trentaine d’employés à temps plein. Environ 80 % des ventes proviennent actuellement du Nigeria, avec un nombre croissant de clients du côté des États-Unis et d’autres marchés africains. Oniru a également lancé sa propre usine de fabrication locale pour s’assurer qu’un pourcentage plus élevé des produits de sa plate-forme soit vraiment africain.

    « Près de 98 % de la mode dite “made in Africa” ne vient pas vraiment d’Afrique, comme le matériel, les tissus et les perles », explique-t-elle. « Par exemple, j’ai discuté avec une entreprise de matelas qui a une unité de fabrication au Nigeria ; mais 95 % de leurs approvisionnements sont encore importés. Ces approvisionnements pourraient en fait provenir localement, mais ils ne peuvent pas trouver des producteurs qui peuvent fournir les quantités dont ils ont besoin chaque mois. Et ça, c’est un manque à gagner pour l’Afrique » étaye-t-elle.

    Pour Oniru, il est important de comprendre toute la chaîne d’approvisionnement de la mode ; de la culture du coton à un vêtement fini. Et c’est ce sur quoi son unité de fabrication se concentre depuis un moment. En effet, cette entrepreneure voit un potentiel dans la mise à l’échelle de la production à mesure que la demande de matériaux locaux augmente.

    La faiblesse du naira nigérian qui a perdu plus d’un tiers de sa valeur quand il a été libéré du dollar en juin a rendu l’importation plus chère. Toutefois cela n’a pas été un inconvénient de la startup. « Les défis de la devise nous ont aidés à promouvoir davantage l’industrie de la mode “made in Africa”. Cela nous aide à exporter plutôt qu’à importer » confie la promotrice.

    Apprendre du meilleur

    Mme Oniru a fait ses études supérieures aux États-Unis et a obtenu un diplôme avec distinction en administration des affaires et en gestion à la North Carolina A & T State University. Elle est également titulaire d’un MBA de l’Université Emory à Atlanta. De fait, elle croit que la meilleure leçon en entrepreneuriat est venue en travaillant sous des multinationales établies. « Ces expériences sont inestimables. Vous apprenez des entreprises qui ont plus de 200 ans… Elles se sont développées en connaissant aussi le stade de démarrage, le stade de croissance… et elles ont réussi à se classer parmi les entreprises Fortune 500 ».

    La société d’Oniru est dans sa deuxième année et confrontée à de fortes difficultés, avec des statistiques révélant que 80 % des start-ups meurent dans les 18 premiers mois.

    Mais il y a aussi un nombre croissant de start-ups de commerce électronique de mode et de beauté au Nigeria, avec beaucoup de gens qui luttent pour aller au-delà de la petite boutique. Dans un effort pour surmonter les obstacles, Oniru confie qu’elle acquiert constamment de nouvelles compétences afin de maîtriser tous les aspects de l’entreprise. Elle ajoute que la concurrence dans le domaine du commerce électronique entraîne une culture du magasinage en ligne, ce qui est bon pour l’ensemble du secteur.

    « L’industrie est encore à ses balbutiements. Plus il y a d’entrants, mieux c’est. Quand je vois des concurrents sur le terrain, je suis vraiment excité parce que l’Afrique a besoin de compétition. Cela stimule la croissance et le succès… et c’est bon pour nous aider tous à faire de notre mieux, » croit l’entrepreneure.

  • Nairobi: une jeune Kenyanne rivalise les géants du cosmétique

    Nairobi: une jeune Kenyanne rivalise les géants du cosmétique

    « Je suis fière d’avoir construit une marque de cosmétiques locale qui est en concurrence avec des sociétés internationales sur le marché. En ce moment, je peux entrer dans un magasin de beauté et mon stand est juste à côté des géants, tels que Revlon et Maybelline. C’est tellement incroyable. » Ces mots, quand Nelly Tuikong les prononce, ce n’est pas sans émotion. Cette dernière est fondatrice et directrice exécutive de la ligne de beauté basée au Kenya, Pauline Cosmetics. La société, baptisée du nom de la mère de Tuikong, fabrique une gamme de produits qui se vendent partout au Kenya, en gagnant lentement du terrain en Ouganda et au Rwanda.

    En revenant sur son voyage jusqu’à présent, Tuikong, maintenant dans la trentaine, dit qu’elle a dû tout apprendre d’être une femme d’affaires à partir de zéro. « L’esprit d’entreprise, c’est comme avoir un enfant pour la première fois. Vous avez tous ces gens et ces livres qui vous disent quoi faire, mais quand ce bébé apparaît, vous n’avez aucune idée de ce qu’il faut faire » caricature-t-elle son aventure en entrepreneuriat.

    En effet, Tuikong a grandi dans la partie ouest du pays, avec un mode de vie typique de la classe moyenne du Kenya. Mais vers l’âge de 10 ans, sa situation a soudainement empiré après que son père ait perdu son emploi, forçant la famille à compter sur le revenu de sa mère, qui travaillait comme infirmière. C’est plus tard qu’un couple américain l’aiderait à continuer ses études aux États-Unis.

    « La nouvelle entreprise allait toujours être un succès »

    En réalité, c’est dans sa dernière année d’études aux États-Unis qu’elle s’est découverte passionnée par l’entrepreneuriat et elle a commencé à penser à développer sa propre marque de beauté. « J’ai vu quelqu’un lancer une ligne de cosmétiques aux États-Unis et j’ai pensé… qui a besoin d’un autre produit sur ce marché ?

    Il y a des centaines de marques de maquillage aux États-Unis, mais je savais que la nouvelle entreprise allait toujours être un succès. Puis je me suis dit : et l’Afrique ? Il y avait un écart dans la division des couleurs et des cosmétiques. J’ai commencé à mûrir l’idée et bientôt je ne pouvais plus m’en débarrasser », raconte Tuikong.

    Il lui a fallu quatre ans (de 2009 à 2013) pour lancer sa marque. Elle a déclaré avoir fait face à des « luttes internes » en abandonnant une carrière en soins infirmiers pour devenir entrepreneure. D’ailleurs après son retour au Kenya en 2011, elle a trouvé un travail dans la recherche clinique, en s’occupant de son entreprise de cosmétiques dans son temps libre. En réalité, elle a gardé l’entreprise secrète de la plupart de ceux qui l’entouraient à ses débuts.

    En 2013, elle a importé sa première livraison de produits d’Asie. À ce moment-là, Pauline Cosmetics était inconnue sur le marché kenyan. Elle a reconnu plus tard que c’était une erreur d’importer des produits avant même de savoir comment et à qui elle allait les vendre. Bien qu’elle pensait que l’industrie de la beauté et des cosmétiques au Kenya allait connaître un changement majeur, à ce stade, le marché n’était tout simplement pas encore prêt pour ses produits.

    Une courbe d’apprentissage abrupte

    Tous les produits Pauline Cosmetics sont actuellement fabriqués à l’étranger, principalement en Chine et à Taïwan. Les produits de Pauline Cosmetics sont principalement stockés dans les magasins de beauté et les pharmacies. En raison de leurs conditions de paiement défavorables, Tuikong ne dessert pas actuellement de supermarchés traditionnels. Mais contrairement aux pays développés, le secteur du commerce de détail au Kenya est très fragmenté et comprend beaucoup de magasins indépendants. Les marques ne peuvent donc pas compter uniquement sur quelques chaînes de magasins.

    L’une des premières erreurs que Tuikong a commises en traitant avec les détaillants était de trop se concentrer sur l’expansion vers de nouveaux points de vente, et de négliger certains de ses revendeurs existants. Étant donné que de nombreux propriétaires de magasins de beauté sont eux-mêmes des entrepreneurs inexpérimentés, ils ont souvent besoin de soutien en termes de choses telles que les promotions en magasin.

    Aujourd’hui, Tuikong n’a aucun regret d’abandonner une carrière stable en soins infirmiers pour l’entrepreneuriat, mais il conseille ceux qui sont seulement intéressés à faire de l’argent qu’il est mieux de gravir les échelons de l’entreprise que de se jeter d’un coup.