Catégorie : Cameroun

  • Monique Ntumngia : la première africaine lauréate du WWF international President’s Award

    Monique Ntumngia : la première africaine lauréate du WWF international President’s Award

    La Camerounaise Monique Ntumngia (29 ans) a reçu le 13 juin 2019 au Kenya,  le « WWF international President’s Award ». Elle est la première femme africaine à recevoir cette récompense qui distingue les personnes qui apportent une contribution personnelle importante à la conservation de la nature et au développement durable.

    Monique Ntumngia a créé en 2016 son association « Green Girls Project » qui a pour objectif de valoriser les femmes en leur apprenant les méthodes de fabrication du biogaz. Appuyés par le programme américain African Women’s Entrepreneurship Program, Monique Ntumngia et ses collaborateurs sillonnent les établissements scolaires du Cameroun où ils apprennent aux jeunes filles la fabrication du biogaz à base des déchets et excréments.

    « L’objectif est de former les jeunes femmes – qui vivent dans les zones reculées en particulier – à transformer les déchets en biogaz. J’ai décidé de me focaliser sur les femmes car elles ont généralement moins d’opportunités que les hommes pour développer leurs compétences, notamment car elles se marient plus jeunes. Il s’agit donc de favoriser l’égalité hommes-femmes », explique-t-elle.

    En 2017, Monique Ntumngia a formé plus de 600 jeunes filles issues de 23 communautés différentes. Ces dernières après leur formation sont en mesure d’utiliser les biodigesteurs et aptes à  partager leur connaissance avec leurs paires.

    En août 2017, la jeune juriste de formation avait remporté au Rwanda,  le WWF Africa Youth Award. Son ONG permet aujourd’hui à plus de 3000 ménages camerounais d’avoir de l’énergie grâce au biogaz.

    En recevant son prix le 13 juin 2019 au Kenya, Monique Ntumngia a rappelé l’importance des énergies renouvelables dans la construction d’une meilleure Afrique. « L’énergie renouvelable est un élément essentiel de toute solution si nous voulons répondre à la fois aux futurs besoins énergétiques de l’Afrique et aux défis environnementaux à venir. Les jeunes d’aujourd’hui seront au premier plan pour relever ces défis et les femmes auront un rôle central à jouer », a-t-elle précisé avant de réaffirmer son engagement sur les réseaux sociaux. « Merci #à tous pour l’amour et le soutien. J’apprécie sincèrement…. Le but ultime reste : faire du #Cameroun une référence dans le domaine des énergies renouvelables sur la scène mondiale… »

     

     

  • Des couveuses fabriquées au Cameroun pour sauver des nouveau-nés prématurés

    Des couveuses fabriquées au Cameroun pour sauver des nouveau-nés prématurés

    L’Agence Universitaire pour l’Innovation (AUI) basée au Cameroun,  s’est lancée dans la fabrication sur place de couveuses néonatales avec des matières achetées et/ou fabriquées au Cameroun. Dans un pays en manque de couveuses pour sauver les enfants prématurés ( 100 couveuses pour plus de 7 000 établissements de santé), l’invention de l’AUI se présente comme une des solutions pour la réduction du taux de décès des nouveau-nés. La découverte fait partie des cinq projets récompensés lors de  la troisième édition de  l’AFD Digital Challenge. La cérémonie de remise du prix a eu lieu le 09 mai 2019 à Paris (France).

    La couveuse AUI  fabriquée par l’Agence Universitaire pour l’Innovation est dotée de cartes électroniques adaptées aux variations de tensions et autres problèmes électriques souvent constatés au Cameroun.  Même si à première vue, la machine semble une fabrication artisanale, il convient de lui reconnaitre  l’incorporation des technologies modernes. La couveuse AUI  fournit à distance via une application mobile des informations relatives à la température, à l’humidité et autres détails de l’appareil.

    « Notre couveuse peut être assistée à distance. Elle communique avec le personnel de santé en charge de l’enfant. En cas de problème sur la couveuse, un message est envoyé  au médecin », explique le chef technicien de l’Agence Universitaire pour l’Innovation, Serge Njidjou.

    La nouvelle version de couveuse AUI permettra aux parents d’avoir à distance les images de leur bébé depuis la couveuse via une plateforme web.

    L’invention a reçu le prix Initiative de  l’AFD Digital Challenge. La startup bénéficiera ainsi d’une enveloppe financière de 15000 euros. En février 2018, elle avait décroché le Prix du chef de l’Etat pour l’innovation

    Comme la majorité des projets innovants développés en Afrique subsaharienne, la couveuse AUI aura pour prochain défi, son industrialisation. Pour cela, il faudra mobiliser d’importants moyens financiers pour une production en série des appareils. Ceci permettra de réduire le prix d’achat des couveuses.

  • Manka Angwafo : Elle augmente le revenu des agriculteurs camerounais de 200%

    Manka Angwafo : Elle augmente le revenu des agriculteurs camerounais de 200%

    Manka Angwafo (33 ans) est la lauréate de Cartier Women’s initiative Awards 2019 (Afrique subsaharienne), l’évènement qui récompense chaque année 21 femmes de toutes les régions du monde. La Camerounaise est la promotrice de « Grassland Cameroon », une entreprise sociale qui aide les petits producteurs céréaliers du Cameroun à améliorer leurs conditions de vie. Les agriculteurs bénéficiaires des appuis de « Grassland Cameroon » ont vu augmenter leurs revenus de 200%.

    Au Cameroun, les femmes font partie des couches les plus vulnérables. Celles qui se retrouvent dans le secteur agricoles n’arrivent pas à vivre de leur métier faute de financement pour moderniser leur production. Les rares structures qui acceptent d’octroyer des prêts le font à des taux d’intérêt avoisinant les 30%.
    Comme solution, Manka Angwafo à travers sa structure « Grassland Cameroon », finance les petits agriculteurs qui la remboursent en céréales. Mieux, « Grassland Cameroon » rachète 70% des récoltes des agriculteurs, permettant à ces derniers de subvenir aux besoins de leurs familles. « Grassland Cameroon » revend après les céréales à d’autres sociétés.

    Pour être efficace, Manka Angwafo a organisé les petits producteurs en groupements. Ils sont donc solidairement responsables des prêts contractés. Et ça marche. Le taux de remboursement des prêts est estimé à 97%.

    En dehors du financement, Manka Angwafo offre aux groupements agricoles, des formations. Elle leur propose également de matériel agricole à louer pour améliorer leurs productions. Près de 400 agriculteurs bénéficient des services de structure « Grassland Cameroon »
    Sa passion pour le secteur agricole, Manka Angwafo l’a découverte en assistant sa grand-mère dans les travaux champêtres. Elle se rend compte des moyens rudimentaires que cette dernières utilise et les manques à gagner qui en résultent.
    «Nous avons cassé beaucoup de noyaux et avons perdu du bon grain. Je savais que cela pouvait être fait différemment », explique la jeune entrepreneure.


    Diplômée en économie et en relations internationales à l’université de Tufts Manka Angwafo est également titulaire d’un master en« European business » de l’ESCP Europe à Paris . A l’âge de 23 ans, elle a rejoint la banque mondiale comme analyste de recherche au bureau de l’économiste en chef.

    Les Cartier Women’s Initiative Awards sont un concours international de business plan créé en 2006 par Cartier en partenariat avec l’INSEAD Business School et McKinsey & Company pour identifier, soutenir et promouvoir les femmes entrepreneures et leurs projets. Chaque année, ils récompensent 21 femmes entrepreneures, soit trois finalistes par région : Amérique latine, Amérique du Nord, Europe, Afrique sub-saharienne, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Extrême-Orient et Asie du Sud-Est.

  • Simpala : l’avenir de l’éducation au Cameroun 

    Simpala : l’avenir de l’éducation au Cameroun 

     

    Depuis 2012, le Camerounais Cyrille Feugang travaillait pour la mise sur pied d’une suite de logiciels qui devraient permettre aux enseignants, aux parents et aux chefs d’établissements  de mieux gérer leurs relations au quotidien. C’est désormais chose faite. Simpala.net, disponible sur le web et sur mobile, est opérationnel dans plusieurs établissements scolaires du Cameroun avec des résultats plus que satisfaisants.

    Cyrille Feugang fondateur de Simpala.net

    Plus besoin de passer des semaines à renseigner les bulletins de notes, calculer les moyennes et classer les résultats. La plateforme Simpala, s’en occupe. Chaque enseignant doit juste porter ses notes dans l’application et le tour est joué. La simplicité de l’opération émerveille les enseignants.

    « Avant il fallait marcher avec des calculatrices, se déplacer  partout avec des bulletins,  mais aujourd’hui avec notre simple téléphone  Android, on remplit seulement les notes et l’application fait le reste », se réjouit Alain Njugnia, un enseignant qui a adopté l’application.

    Avec Payroll de la plateforme Simpala, les chefs d’établissements peuvent facilement suivre n’importe où les activités de leur personnel. Ils peuvent également générer des bons de caisse et traiter les salaires en quelques minutes.

    L’application a également mérite de créer en quelques clics, les cartes d’identité scolaire des élèves.  Les établissements qui ont souscrit aux services de Simpala,  informent régulièrement par SMS les parents d’élève de la moyenne de leurs enfants (avant la distribution des bulletins), des réunions et autres informations utiles.

    « En fin de trimestre, les messages nous parviennent.  Avant même que l’enfant ne rentre avec le bulletin, nous avons déjà le résultat », témoigne un parent.

    Cyrille Feugang attend étendre ses services à d’autres pays sur le continent. Pour y arrive, il a démarré le développement d’une version anglaise de sa plateforme.

     

  • Viamap: l’application camerounaise pour lutter contre l’insécurité

    Viamap: l’application camerounaise pour lutter contre l’insécurité

     

    Ce qui était censé être un exercice de classe, est sur le point de devenir une œuvre d’utilité publique. Viamap est une application mobile  développée  par deux jeunes étudiants camerounais Brice Dounkeng Zélé et Wilfried Joh Ekoka pour réduire l’insécurité au Cameroun.

    Viamap se veut une communauté de partage d’avis sur les zones à risque au Cameroun.  L’application permet aux victimes ou témoin d’une infraction de signaler la dangerosité de la zone concernée.  L’idée dans un premier temps est de prévenir le grand public des zones à risque au Cameroun.

    Les « lanceurs d’alerte » peuvent faire leur dénonciation dans différentes catégories selon l’infraction. Il est ainsi prévu des catégories pour les agressions, les drogues, les homicides, la prostitution…

    Viamap pourrait également être d’une grande utilité pour les forces de l’ordre et de sécurité qui pourraient agir plus rapidement une fois avoir identifié les zones où les infractions sont commises. Légère (7,8 Mo), l’application est facilement téléchargeable.

    « Je suis encore entrain de tester. Mais l’initiative est vraiment novatrice et très utile » à indiqué Choibou Gambo, un internaute.

    L’application est toujours en développement et les apports des premiers utilisateurs sont attendus. « Viamap, une application qui j’ose croire contribuera drastiquement à faire baisser le taux de criminalité dans notre pays le Cameroun. Elle est toujours en cours de développement vos retours et avis nous aideront à l’améliorer », a déclaré Brice Zélé, co-concepteur de l’application.

    Brice Zélé et  Wilfried et Joh Ekoka sont des étudiants en management des systèmes d’informations à l’institut universitaire de la Côte de Douala,

     

     

     

  • Arielle Kitio : la Camerounaise qui a formé  6000 africains en codage

    Arielle Kitio : la Camerounaise qui a formé  6000 africains en codage

    Arielle Kitio a remporté mercredi 17 avril à Paris, le Prix Margaret de la Femme Digitale Africaine lors de la 7ème édition de la journée de la Femme Digitale. La Camerounaise fondatrice de la startup Cameroon Youth School Tech Incubator (Caysti), forme une nouvelle génération d’Africains passionnés des TIC.

    Chez Caysti, Arielle Kitio apprend aux enfants de 7 à 15 ans, les bases du codage. Elle traverse tout le Cameroun d’écoles en écoles pour inciter les plus petits à s’intéresser à la robotique ou encore à l’intelligence artificielle. En 2019, elle peut se flatter d’avoir formé au moins 6000 enfants. Les élèves sortis de la startup Caysti ont déjà remporté 7 awards technologiques internationaux. Arielle Kitio ne se contente pas de ces succès. Elle rêve de voir ses apprenants au rang Mark zuckerberg, fondateur de Facebook ou encore Bill Gate.

    La jeune doctorante en génie logiciel de 26 ans a créé AbcCode, le premier logiciel de l’Afrique sub-saharienne qui initie les enfants au codage, à la robotique et aux bases de l’Intelligence Artificielle dans leur langue naturelle.

    « abcCode se situe à mi-chemin entre les approches d’apprentissage du code par le dessin et l’écriture du code. Le jeune apprenant est ainsi mieux préparé pour les langages de programmation «évolués ». Il a une meilleure maitrise des règles de sa langue naturelle. Ecrire son programme de façon ludique le rend plus conscient de sa pensée « algorithmique », a-t-elle déclare sur startup.orange.com.

    Tout est parti d’un constat simple ; le  manque d’intérêt des filles aux filières informatiques. « Je me suis rendue compte que les filles étaient moins intéressées par la technique, l’ordinateur et la configuration de réseaux. Elles déléguaient aux garçons qui, pour leur part, n’étaient pas au courant des opportunités ni des débouchés », déplore Arielle Kitio.

     

     

     

  •  Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

     Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

    C’est un rapport accablant et sans complaisance qu’a rendu public, il y a quelques jours, l’ONG Nigériane Paradigm Initiative sur les droits du numérique en Afrique. Le rapport rendu public lors du Forum Mondiale sur la gouvernance de l’Internet à Paris, dresse un tableau sombre de la dégradation de ces droits en Afrique. Parmi les mauvais élèves de ce rapport, on note entre autres les pays comme : l’Ouganda l’Égypte et le Cameroun.

    Selon Paradigm Initiative, la répression des Droits numériques et les violations à travers le continent ont revêtu une nouvelle dimension juridique et sophistiquée. Les dictateurs et les régimes répressifs avec l’avènement d’internet ont adopté la tactique dite de « l’État de droit » pour faire taire la dissidence, la mobilisation des citoyens et le discours civil en ligne. Cette tactique de « l’État de droit » est une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l’espace pour la liberté d’expression, la vie privée, la liberté de réunion et d’association et d’autres Droits numériques en ligne.

    Le rapport en question explique, dans un premier, que les régimes de Tanzanie, d’Ouganda de Zambie d’Égypte du Maroc du Bénin et du Togo se sont inspirés du registre des dictateurs pour mettre en péril l’avenir des sociétés démocratiques, ouvertes et inclusives à travers le continent. Puis regrette le fait que ces états refusent de donner suite à des appels en faveur de la promulgation de lois protégeant les droits numériques ou retardent tout simplement l’adoption de ces lois et politiques.

    Le rapport Paradigm Initiative indique par ailleurs que seuls 23 pays ont mis en place une législation sur la protection des données sur le continent (15 autres avec un projet de législation), alors que la protection des données est devenue un fondement essentiel de la vie à l’ère numérique et du bon fonctionnement de l’économie numérique. Un nombre insuffisant au regard des réactions des militants des droits de l’homme sur le continent. Lesquels s’inquiètent du fait que plusieurs lois importantes nécessaires à la protection des Droits numériques n’existent pas ou sont à l’état de projet.

    En Afrique, des arrestations de citoyens pour des commentaires anodins faits en ligne, une surveillance illégale des citoyens et même des fermetures d’Internet sont effectuées dans des contextes où la constitution et la législation nationales déclarent de tels actes illégaux. Dans de tels scénarios, il est souvent devenu habituel pour les acteurs étatiques d’extraire littéralement des sections de la législation existante et de les utiliser comme justification légale d’actes illégaux.

    Des coupures d’internet fréquentes.

    Au cours des trois dernières années, les coupures d’Internet ont eu lieu avec une régularité remarquable en Afrique, généralement autour des manifestations de citoyens et d’autres événements politiques. Le rapport de 2016 sur les Droits numériques en Afrique rendu public par Paradigm Initiative a fait état de 11 incidents des fermetures d’Internet sur le continent alors que le rapport de 2017 traitait de 8 incidents. En 2018, des interruptions ou des perturbations de l’Internet ont eu lieu en Éthiopie, au Mali, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, au Cameroun et au Tchad. Dans le monde entier, de nombreuses personnes se souviendront de la fermeture de l’Internet au Cameroun, qui a duré 93 jours.

    Le plus long arrêt d’Internet de l’histoire du continent a montré que le respect des Droits numériques désespérément faible en Afrique était en baisse. En plus de la souffrance humaine, les arrêts d’Internet occasionnés causent également des pertes économiques comme l’ont montré certaines études. Il existe déjà des signes encourageants indiquant que le sujet est abordé dans les principaux forums internationaux. Cependant, il reste encore beaucoup à faire dans le contexte de l’Union africaine pour mettre un terme à la situation entourant les fermetures d’Internet en Afrique.

    Les mauvais élèves

    L’Ouganda a attiré l’attention de la Communauté internationale en raison de sa stricte position juridique et sociale à l’égard de la communauté LGBTQI. L’économie ougandaise a connu une croissance de 4,5 % au cours des deux dernières années. Cependant, la croissance économique a été plus rapide en raison de la forte croissance de l’agriculture et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

    La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie en 2017, cette année a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés, comme le montrent les exemples ci-dessous.

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    Le gouvernement a fermé plusieurs journaux et attaqué plusieurs dirigeants, y compris des groupes minoritaires et des adolescentes enceintes. En avril, deux musiciens tanzaniens ont été arrêtés pour avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux. Le chanteur primé âgé de 28 ans, Nassib Abdul, également connu sous le nom de Diamond Platnumz, a été arrêté le 16 avril pour avoir partagé un clip vidéo avec ses 4,5 millions de followers sur Instagram le montrant en train d’embrasser une fille.

    En outre, Faustina Charles, âgée de 26 ans, connue sous le nom de Nandy, a également été arrêtée le même jour pour avoir publié un clip vidéo d’elle-même et d’un autre musicien via WhatsApp. Les autorités tanzaniennes ont estimé que la vidéo était « indécente ».

    Le Règlement de 2018 sur les communications électroniques et postales (contenu en ligne), entré en vigueur en avril 2018, introduit une série de restrictions radicales à la liberté d’expression, notamment en exigeant : La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie, et 2018 a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés.

    En Afrique blanche, l’Égypte et Maroc se sont illustrés négativement dans ce rapport. Depuis la prise du pouvoir en Égypte par le général Abdel Fattah El-Sisi, le contexte de répression brutale des voix dissidentes s’est accru ; y compris en 2018. L’Égypte dispose par exemple d’un des réseaux de surveillance les plus étendus ciblant les groupes d’opposition, les militants, les organisations de défense des droits humains, les blogueurs et les journalistes. Surtout sur les médias sociaux et autres plateformes de communication, cette réalité a créé un climat de peur au sein de la communauté activiste égyptienne.

    À cet égard, il y a eu un certain nombre d’arrestations et de détentions de voix dissidentes sur des plateformes numériques en Égypte. Le 23 mai 2018, l’éminent blogueur et journaliste égyptien Wael Abbas, l’un des blogueurs les plus populaires du monde arabe, a été arrêté par la police égyptienne, mais pas avant de publier « Je suis en train d’être arrêté » sur sa page Facebook. Wael Abbas a été un blogueur pionnier et influent en Égypte, connu pour ses critiques sur la corruption, les brutalités policières et le recours à la torture en Égypte.

    Dans un autre incident qui témoigne du climat répressif qui règne dans le pays, une touriste libanaise, Mona El-Mazbouh, a été condamnée par un tribunal du Caire le 7 juillet à huit ans d’emprisonnement. Sa peine concernait une vidéo de 10 minutes qu’elle a postée sur Facebook dénonçant le harcèlement sexuel et les conditions de vie en Égypte.

    Toujours en Égypte, depuis le 14 août 2018, les autorités égyptiennes ont ordonné la détention de quatre journalistes dans le cadre d’une affaire où plusieurs journalistes, militants et universitaires étaient accusés d’appartenance à un groupe interdit et de diffusion de fausses informations. Parmi eux, Islam el-Refai, également connu sous le nom de Khorm, un blogueur satirique qui gérait également un compte satirique sur Twitter avec 75 000 abonnés.

    Le 11 mai 2018, Amy Fathy et Mohamed Lotfy, son mari, ont été arrêtés pour avoir publié une vidéo sur Facebook dans laquelle elle parlait de harcèlement sexuel en Égypte et du manque de protection du gouvernement envers les femmes. La police a fait irruption chez elle au Caire et les a conduits au poste de police avec leur enfant de 3 ans. Sa vidéo de 12 minutes a également abordé la dégradation de la situation des droits de l’homme et de la situation socio-économique en Égypte.

    Au Maroc par contre malgré l’existence de l’article 25 de la Constitution marocaine de 2011 garantissant les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes. Plusieurs web journalistes ont été inquiétés. C’est le cas en juin 2018, du web -video-journaliste et éditeur marocain, Mohamed al-Asrihi condamné à 5 ans de prison et à une amende de 2 000 dirhams marocains (environ 210 $), dont le travail porte sur la corruption, les droits de l’homme et la politique, un autre cas plus palpant est celui du journaliste et rédacteur en ligne sur Internet, Hamid al-Mahdaoui, qui couvre la corruption, la politique et les droits de l’homme.

    Il a été arrêté le 20 juillet 2017 par la police marocaine alors qu’il se rendait dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, pour couvrir des manifestations organisées par le Mouvement populaire. Le même mois, il a été condamné par le tribunal pénal à trois mois d’emprisonnement et à une amende de 20 000 dirhams marocains (2 200 dollars) pour « avoir commis des délits par des discours et des cris dans des lieux publics ». À cette liste vient s’ajouter un manifestant du non d’El Mortada Lamrachen ; lui a été arrêté chez lui le 10 juin 2017 après avoir utilisé sa page Face book pour appeler à des manifestations pacifiques lors des troubles qui se sont déroulées dans la région de Hoceima, au Maroc, d’octobre 2016 à juillet 2017. Une situation moins reluisante similaire à la situation qui prévaut en Afrique centrale et de l’ouest.

    Dans cette partie du continent africain les restrictions liées au des Droits numériques ont également été enregistrés dans les pays comme : le Cameroun la République démocratique du Congo, le Nigéria et le bénin.

    Le Cameroun n’a pas encore de loi spécifique sur les médias sociaux et Internet. La loi n ° 2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité est utilisée, le cas échéant, et « régit le cadre de sécurité des réseaux de communication électroniques et des systèmes d’information, définit et sanctionne les infractions liées à l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication au Cameroun ». Bien que cette loi soit appliquée pour contenir la menace croissante de la cybercriminalité, les fausses informations et les discours de haine restent critiqués pour leur manque de précision sur les Droits.

     

    Le pays a enregistré une fermeture d’Internet de 93 jours en 2017 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions en conflit depuis 2016. Le 6 décembre 2017, l’écrivain camerounais Patrice Nganang a été arrêté dans la région du Littoral camerounais avant son voyage au Zimbabwe. L’arrestation a eu lieu après plusieurs publications sur son compte Facebook critiquant le président Paul Biya et son gouvernement.

    Le 20 janvier 2018, une lettre circulaire du ministre de la Justice enjoignait aux magistrats de « s’engager, après identification précise par les services de sécurité, à poursuivre juridiquement toute personne résidant au Cameroun qui utilise les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations ».

    Cette circulaire est considérée par les activistes comme un prétexte pour le contrôle de l’Internet. En 2018, la RD Congo a enregistré plusieurs perturbations et fermetures d’Internet. L’accès aux médias et aux réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype a été interrompu à plusieurs reprises pour entraver la communication entre les manifestants de l’opposition dans plusieurs régions du pays.

    En 2017, la Collaboration sur la Politique internationale relative aux TIC en Afrique Orientale et Australe (CIPESA) estimait que la République Démocratique du Congo perdait 2 millions de dollars par jour à cause de ces perturbations. Le 30 décembre 2017, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Information a demandé par lettre officielle au Directeur général d’Africell Congo de suspendre totalement les fournitures Internet et SMS dans le pays. Cette fermeture de trois jours a eu lieu après le début des manifestations de l’opposition.

    La République du Bénin a quant à elle maintenu un bilan décent en matière de droits de l’homme au cours de la dernière décennie. Malheureusement, la décision du gouvernement d’imposer une taxe sur les services payants dans le pays a gâché ce record. Le gouvernement, par le décret 218-341 du 25 juillet 2018, a imposé une taxe sur l’utilisation des médias sociaux. Le décret prévoit le paiement d’une redevance de 5 FCFA par mégaoctet utilisé par l’utilisateur des services Over the Top (OTT) tel que Facebook, WhatsApp, Twitter, Viber et Telegram. Cela s’est traduit par une augmentation de 400 % du prix d’un mégaoctet dans le pays.

    Outre cette mesure Le Bénin a un bilan moins que remarquable en matière de liberté de la presse et est actuellement classé 84e sur 180 pays dans un classement de Reporters Sans Frontières. La menace de fermer des publications en ligne non enregistrées dans un pays sans procédure connue d’enregistrement devrait être considérée dans le contexte plus large d’un pays qui a montré une tendance à fermer à volonté les médias.

    Au Nigéria les cas de restrictions et de violations des droits numériques. Depuis l’instauration du nouveau gouvernement au Nigéria en 2015, on a le sentiment que la situation des droits de l’homme s’est détériorée. La liberté d’expression, la liberté d’association et les voix dissidentes ont été mises à rude épreuve, une situation qui a désillusionné des millions de Nigérians qui espéraient une vie meilleure. Les actions, les politiques et les déclarations du gouvernement fédéral et de certains gouvernements d’États ont porté atteinte aux droits de l’homme, y compris les Droits numériques.

    3Le 1er janvier, Daniel Elombah, l’éditeur de elombah.com, a été arrêté à l’aube avec son frère Timothy dans sa résidence dans l’État d’Anambra au Nigéria par des agents de la sécurité, sur un article qu’il avait écrit et jugé offensant pour l’inspecteur général de la police du Nigéria, publié sur le site Web privé Opinion Nigéria. Les deux hommes ont été traduits devant la Haute Cour d’Abuja le 1er mars 2018 et ont plaidé « non coupables » à dix chefs d’accusation de diffamation. Bolouere Opukiri, une employée du bureau de l’amnistie présidentielle, a été relevée de ses fonctions pour avoir critiqué le vice-président et la première dame sur Twitter.

    En réponse à des plaintes de partisans du président ayant une présence en ligne, ses supérieurs au travail ont lancé une enquête qui a abouti à son licenciement. Ibrahim Garba Lawal, communément appelé IG Lawal, a été arrêté par des agents de sécurité pour avoir partagé des détails sur des allégations de corruption, le président de la Commission nigériane du Hadj sur Facebook M. Lawal a été traduit en justice mercredi devant une haute cour d’Abuja à Jabi pour trois chefs d’accusation de diffamation de caractère criminel, d’incitation publique et d’exploitation d’une organisation illégale (CATBAN).

    Au cours des trois dernières années, l’espace des Droits numériques a évolué assez rapidement en Afrique. Cependant, une chose est clairement apparue : la lutte pour le contrôle d’Internet n’a fait que s’intensifier et les acteurs étatiques du continent ont mis au point de nouvelles méthodes pour étouffer les Droits numériques.

    Bien que les coupures d’Internet, les arrestations de citoyens et de blogueurs/journalistes, la surveillance illégale, le déploiement de logiciels malveillants et de logiciels espions sophistiqués demeurent des instruments d’atteinte aux droits numériques, les acteurs étatiques du continent adoptent de plus en plus de voies légales pour promulguer des lois portant atteinte à la vie privée, liberté d’expression, liberté d’association et autres Droits numériques.

  • André Siaka, figure de proue du management au Cameroun

    André Siaka, figure de proue du management au Cameroun

    À 69 ans, André Siaka fait partie des hommes d’affaires les plus connus au Cameroun. Ce manager hors pair totalise plusieurs années d’expérience. L’homme a fait notamment ses preuves à la tête de la Société anonyme de brasserie du Cameroun (SABC) et en tant que patron des patrons camerounais.

    C’est un dirigeant intelligent qui a su construire une brillante carrière professionnelle après ses études supérieures. André Siaka s’est formé en France en étudiant l’ingénierie à l’École polytechnique de Paris. Très tôt, il devient le directeur de la filiale Cameroun de Société Générale. Malgré son jeune âge André Siaka fait montre d’un savoir-faire qui surprend plus d’un. Ce qui lui vaut de devenir en 1976, à moins de 30 ans, un acteur principal de la direction de la société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC). André Siaka devient en effet directeur général de la SABC où il passe une trentaine d’années.

    Alors qu’il dirige depuis 1993 le groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), ce chef d’entreprise apprécié par ses pairs décide de démissionner en 2008. On le dit très convaincant et toujours passionné par les projets sur lesquels il travaille. André Siaka a fondé Routes d’Afrique (Routd’Af), son entreprise avec laquelle il se positionne désormais le secteur de la construction d’infrastructures au Cameroun. Routd’Af a également une vision continentale avec l’objectif de fournir ses services dans d’autres pays africains.

    Respecté par son entourage, André Siaka est aussi un conseiller pour ses proches. L’homme d’affaires leur prodigue des conseils dans le management des entreprises. Comme c’est souvent le cas où il partage aussi ses expériences avec la jeune génération d’entrepreneurs. André Siaka reste administrateur et président de conseil d’administration de certaines sociétés nationales.

    Distingué à plusieurs reprises, celui qui est le consul honoraire de Monaco au Cameroun est un grand motivateur. Selon lui le monde l’entreprise rime avec compétition. Un constat qui le pousse constamment à répéter à de jeunes entrepreneurs l’importance de cultiver l’originalité et de s’adapter aux différents changements.

     

  • Au Cameroun, Eloi Monkam, 29 ans, rapproche le médecin des patients

    Au Cameroun, Eloi Monkam, 29 ans, rapproche le médecin des patients

    Eloi Hermann Monkam a misé sur ses compétences en informatique et en médecine pour innover. Titulaire d’une licence en informatique, l’ancien étudiant de la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques de l’université de Douala est aujourd’hui docteur.

    À moins de trente ans, le Camerounais dirige depuis janvier 2017 MH-OR, son entreprise qui s’est spécialisée dans le domaine de la télémédecine. L’homme explique avoir toujours voulu entreprendre. Il s’agit selon lui de montrer aux jeunes de sa génération l’importance pour eux de développer leur esprit créatif. Eloi Hermann Monkam est lui guider par la volonté de contribuer au développement de son continent.

    Celui qui confie être passionné par l’écriture a publié aux éditions Edilivre l’ouvrage « Le Modificateur d’Avenir ». Le Camerounais aime également le design, la méditation et passe ses journées à consulter des patients au centre médical de Logpom-Douala. Il y a un an, Eloi Hermann Monkam a lancé une application télémédicale dénommée Théa (That Health again). L’application permet à tout patient quelle que soit sa position géographique de discuter en ligne gratuitement et en temps réel avec un médecin.

    Améliorer la qualité des soins

    À ce jour, la startup d’Eloi Hermann Monkam compte 30 médecins et 4 pharmaciens venant de 5 pays d’Afrique (Burkina Faso, Cameroun, Mali, Benin, Sénégal). MH-OR dispose également de deux laborantins, deux informaticiens et trois assistantes en ligne.

    Depuis avril 2017, Thea compte près de 30 000 visiteurs et 6500 patients réguliers provenant de différents pays d’Afrique, notamment du Togo, Côte d’Ivoire, Mali, Bénin,  Cameroun, Botswana, Rwanda. Depuis son lancement, Thea offre ses services à des patients grâce à des efforts d’Eloi Hermann Monkam et son équipe. L’entrepreneur espère toutefois l’appui des investisseurs pour l’accompagner dans son initiative.

    Il envisage traduire son application dans d’autres langues comme l’arabe, le swahili ou le portugais. De nouvelles fonctionnalités vont aussi être ajoutées à l’application. Elles concernent des services de banques de sang et des Rendez-vous pour des examens physiques approfondis chez des spécialistes. Eloi Hermann Monkam espère aussi travailler en collaboration avec des médecins d’autres pays africains. Son objectif est de contribuer à l’amélioration de la qualité des soins de santé sur le continent. Dans cinq ans, le responsable de Thea veut avoir 1 million de patients africains.

  • Traveler: la startup camerounaise de sécurité routière

    Traveler: la startup camerounaise de sécurité routière

    Lancée par une équipe d’entrepreneurs camerounais avec à sa tête Achiri Arnold Njiri, Traveler est une plateforme en ligne et une application mobile qui visent à promouvoir la sécurité routière. Son lancement s’inscrit également dans l’objectif des entrepreneurs de contribuer à la réduction des accidents de route dans le pays.

    Achiri Arnold Njiri explique la mise en place de cette plateforme et la conception de l’application mobile était nécessaire dans un pays où plus de 20000 personnes ont perdu la vie à cause des accidents de route en moins de dix ans. L’entrepreneur soutient ensuite que Traveler est aussi devenu un moyen de suivre de près les conducteurs. En effet, durant leur trajet, ces derniers peuvent être surveillés à distance grâce à la plateforme.

    Système de signalisation

    Traveler fonctionne grâce à un système GPS. Bien équipée, la plateforme collecte aussi toutes les informations (vitesse, trajectoire, accélérations) relatives aux véhicules qu’elle surveille. Achiri Arnold Nji qui est ingénieur en génie électrique précise aussi que Traveler donne la possibilité aux passagers des véhicules de signaler les mauvaises conduites des chauffeurs.

    Grâce à son application, la startup s’est donné les moyens d’avoir toutes les informations importantes pour déterminer les causes d’un accident routier. Plus de 500 véhicules sont déjà enregistrés par Traveler. La population continue d’être sensibilisée sur les avantages de télécharger l’application.

    Depuis trois ans, Achiri Arnold Nji et son équipe ont été distingués grâce à leur startup. Outre leur place finaliste au grand prix de l’innovation PMExchange en 2015, ils ont eu en 2016 le African Entrepreneurship Award. L’année dernière, le prix Orange de l’entrepreneur social leur a été décerné.