Catégorie : Cameroun

  • Qui est Arsène Tema Biwole,  le Camerounais  de 25 ans à la NASA?

    Qui est Arsène Tema Biwole,  le Camerounais  de 25 ans à la NASA?

    À moins de trente ans, ce jeune chercheur est l’un des plus brillants de sa génération. Le Camerounais pose ses pas de scientifique à la NASA.

    Il a le regard vif, le sourire captivant et à la dégaine de ces jeunes chercheurs que l’on rencontre dans les couloirs de laboratoires universitaires. Arsène Tema Biwole est un passionné de sciences physiques. Né en juin 1992 au Cameroun, c’est à Bafoussam que ce jeune brillant fait ses premiers pas. Sa naissance prématurée l’oblige tout de même à passer une enfance maladive. Au sein d’une famille sans grands moyens, Arsène Tema Biwole a grandi sous la protection de ses frères et de sa mère « pauvre et célibataire ». « Je me souviens encore d’elle, luttant pour nous nourrir tous les jours », explique-t-il.

    Au Cameroun, Arsène Tema Biwole confie avoir vécu dans des « conditions désastreuses ». Mais cela ne l’a pas empêché d’avoir des ambitions. « J’ai rêvé de devenir un jour physicien », se rappelle-t-il. Lui qui a passé des nuits à étudier la physique newtonienne près du feu de cuisine, à cause du manque d’électricité dans la maison. Ses efforts se sont révélés payants lorsque l’ambassade d’Italie au Cameroun le sélectionne pour étudier dans une université italienne. Ça a été le tournant dans sa vie et aussi une fierté pour toute la famille, témoigne l’un de ses proches. « J’avais promis à ma mère que je la rendrais fière de moi », se réjouit celui qui est diplômé en ingénierie nucléaire à l’Université Polytechnique de Turin.

    Partager avec la jeune génération

    En Italie, il a été le seul étudiant camerounais inscrit en science nucléaire. Son travail lui a permis d’avoir un brillant parcours dans la prestigieuse université turinoise. Au point où le jeune scientifique considère lui-même avoir réussi un pari. Celui « d’aller le plus loin possible et de prouver que n’importe qui peut faire de son rêve une réalité, quel que soit son parcours ».

    En avril dernier, Arsène Tema Biwole s’est installé aux États-Unis pour continuer ses études. Le jeune camerounais fait des recherches à General Atomics (GA) pour sa thèse de maîtrise parrainée par le ministère de l’Énergie des États-Unis. « J’ai vécu l’expérience la plus excitante et la plus satisfaisante de ma vie en travaillant avec le groupe de théorie de la fusion de GA », résume le chercheur.

    Fin octobre, Arsène Tema Biwole est devenu le premier camerounais à participer à la réunion annuelle de la Division de Physique Plasma.

    Organisée par la Société américaine de Physique, cette grande rencontre voit chaque année la participation de nombreux scientifiques. Arsène Tema Biwole y a fait une présentation d’une quinzaine de minutes sur la régression multivariée non linéaire par intelligence artificielle pour les applications de fusion nucléaire. « Je suis profondément honoré et heureux d’être le premier », affirme le Camerounais pour qui la mission est de « m’assurer que je ne serai pas le dernier ».

    À 25 ans, Arsène Tema Biwole fait désormais ses marques à la NASA où il a déjà réussi à trouver « une formule permettant de dévier les turbulences nucléaires ». Il espère surtout grâce à ses connaissances et son expérience « apporter de l’espoir aux jeunes du monde entier ». Mais son objectif ultime est de retourner dans son pays pour enseigner aux jeunes générations la physique. En attendant, le jeune chercheur se consacre aussi à sa famille, notamment sa fiancée qui le soutient avec amour. Arsène Tema Biwole appelle aussi régulièrement son frère aîné qui s’est engagé dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram au nord Cameroun.

  • Crise au Cameroun: au-delà de la fracture linguistique, l’économie

    Crise au Cameroun: au-delà de la fracture linguistique, l’économie

    Au Cameroun, l’escalade de la crise politique dans les provinces anglophones de l’ouest du pays risque de faire dérailler l’économie du pays, considérée comme l’une des plus dynamiques de l’Afrique subsaharienne.

    La crise prolongée dans les régions anglophones du Cameroun, qui a largement impacté les écoles et les tribunaux dans les zones touchées depuis novembre 2016 et menaçant de basculer dans un conflit à grande échelle, semble n’avoir aucune fin en vue. Au cours des dernières semaines, il y a eu des affrontements meurtriers entre les forces gouvernementales et les manifestants locaux. Des arrestations massives dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont également été enregistrées, laissant les centres de détention submergés par les détenus.

    Depuis, le gouvernement et les activistes ont appelé au dialogue pour résoudre la crise. Mais aucune des deux parties n’a pris les mesures nécessaires pour en lancer une. En effet, cette crise qui a éclaté l’année dernière à la suite des grèves industrielles des avocats et des enseignants contre l’imposition de la langue française dans les cours et les écoles anglaises trouve son origine dans l’histoire coloniale du pays.

    Mais en réalité, la grève des militants, qui s’est vite transformée en un soulèvement populaire, va bien au-delà de la fracture linguistique. D’une part, la division des langues coloniales coupe les groupes ethniques.

    Les anglophones qui représentent 20 % des 23 millions d’habitants du Cameroun se sont sentis marginalisés au fil du temps par le gouvernement majoritairement francophone dans les domaines socioculturel, politique et économique. Les dernières manifestations de masse ont simplement été une manifestation de la frustration découlant de la privation à long terme ainsi que de la discrimination réelle et perçue.

    Inégalités

    Il existe une disparité économique significative en ce qui concerne l’attribution de projets d’investissement par l’État aux deux régions anglophones, par rapport aux huit autres régions francophones.

    Dans le budget d’investissement public du Cameroun pour 2017, la région d’origine du président Paul Biya, dans le Sud, s’est vue allouer bien plus de ressources que les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest réunies. En passant par le journal de bord du projet gouvernemental du pays pour l’année, la région du Sud a bénéficié de plus de 570 projets pour un montant total de plus de 225 millions de dollars. Pour sa part, la région Nord-Ouest ne comptait pas plus de 500 projets à plus de 76 millions de dollars, alors que la région Sud-Ouest avait un peu plus de 77 millions pour plus de 500 projets.

    Autre chose, les projets alloués aux régions anglophones pour 2017 accordent peu d’attention aux domaines cruciaux tels que la construction et la réhabilitation des routes qui constitue une préoccupation majeure dans cette partie du pays. Pour replacer cela dans le contexte de la taille de la population, selon le recensement de 2008, la région du Sud comptait environ 761 000 personnes, tandis que le Sud-Ouest en comptait 1,4 million et le Nord-Ouest 1,7 million.

    Sur le plan politique, peu d’anglophones occupent des postes ministériels et d’autres postes clés dans le gouvernement pléthorique de Biya. Premier ministre du pays, le chef du gouvernement, Philemon Yang (un anglophone) occupe une quatrième place insignifiante dans le protocole d’État, après le chef de l’État, président du sénat et président de l’Assemblée nationale (tous les francophones).

    Impact économique

    La crise de longue date menace de faire encore plus de dégâts à l’économie déjà malmenée du Cameroun. L’approche musclée du gouvernement n’a que probablement exacerbé cet impact. La poursuite de la violence politique est susceptible de porter un effet de ralentissement de l’économie camerounaise. Selon les analystes, le PIB réel a reculé de 1,3 % en termes trimestriels, après avoir progressé en moyenne de 5,3 % en 2012-2016. La contraction de la demande intérieure, entraînée par une baisse des dépenses publiques et un prélèvement sur les stocks, a été responsable du ralentissement du premier trimestre, qui n’a été que partiellement compensé par une contribution accrue du commerce net.

    Selon Mark Bohlund, économiste spécialiste de l’Afrique et du Moyen-Orient, en regardant les courbes dans l’industrie, le secteur des services s’est contracté de 1,3 %, abaissant le PIB de 0,7 point de pourcentage. Cela indique un impact étonnamment limité d’une fermeture d’Internet dans les régions anglophones de la mi-janvier à avril. Avec la détérioration de la crise, les risques pour la croissance du secteur des services sont sans doute à la baisse. Un ralentissement soutenu rendrait probablement la réduction prévue du déficit budgétaire à 3,4 % du PIB plus difficile. Le déficit a atteint environ 6,5 % l’année dernière. Mais les chiffres du PIB pour le premier trimestre indiquent que ces mesures fiscales ont peut-être été pré-alimentées.

    Un ralentissement économique aurait également des répercussions régionales. Le Cameroun est la plaque tournante de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, mieux connue sous son sigle français CEMAC, qui comprend également la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo. Le Cameroun et la République centrafricaine sont les seuls pays de la CEMAC qui ne dépendent pas fortement de la production de pétrole pour leurs exportations et leurs recettes publiques. En conséquence, le Cameroun s’en sort nettement mieux que ses voisins, où la croissance s’est fortement ralentie depuis l’effondrement des cours du pétrole fin 2014. L’absence d’ajustement monétaire, liée à l’arrimage régional du franc CFA par rapport à l’euro, a vu tous les pays de la CEMAC sauf au Cameroun, les limites de prêt ont été atteintes avec la banque centrale régionale.

    A en croire Mark Bohlund, une baisse de l’économie camerounaise contribuerait également à réduire les réserves de change et exercerait une pression sur le régime de change. Une quantité et une qualité de données économiques plus élevées devraient rendre la région plus attrayante pour les investisseurs en offrant une plus grande transparence, qui à son tour permettra une meilleure évaluation de la valeur des actifs. La crise anglophone n’affecterait économiquement pas le Cameroun seul.

  • Silicon Mountain: l’Afrique se crée une révolution high-tech

    Silicon Mountain: l’Afrique se crée une révolution high-tech

    À l’image de la très célèbre Silicon Valley américaine, au Cameroun, la Silicon Moutain tente une révolution high-tech sur un continent qui, dans le domaine, cherche encore ses repères.

    Buéa, ville anglophone située au pied du mont Cameroun, un volcan en activité culminant à 4100 mètres d’altitude. En 2005, on n’y comptait pas moins de 131 325 habitants. Au sein de sa cité universitaire, une centaine de jeunes « Tech-entrepreneurs » y déploient leur génie technologique pour permettre à leurs entreprises d’émerger. La ville accueille actuellement les plus jeunes start-ups TECH du Cameroun. Elle abrite une communauté de développeurs et designers informatiques qui n’a cessé de croître au fil des 5 dernières années. Cette ville, bien plus qu’une destination touristique est devenue une destination technologique.

    En effet, cette effervescence a été rendue possible grâce à la présence des établissements comme l’université de BUEA, ou encore l’université Saint-Monica… Ce fort intérêt pour la technologie lui a valu le surnom de « Silicon Mountain ». Une référence à la Silicon Valley aux États-Unis et la touche locale représentée par le mot « Mountain » pour signifier le mont Cameroun. Le terme a été utilisé pour la première fois publiquement par Rebecca Enonchong à la conférence Bar Camp Cameroon qui a eu lieu à Buea en 2013.

    Suivant le modèle des riches businessmen tels que Bill Gates, Mark Zuckerberg ou même Masayoshi Son, les Tech-entrepreneurs de Buéa gravissent progressivement les échelons du e-business en Afrique. Certaines start-ups sont devenues des références. Elles sont nombreuses à éclore chaque jour. Cependant, dans une société en voie de développement, ces Tech entrepreneurs font face à d’énormes difficultés qui freinent leurs ambitions et l’avancement de leurs projets.

    Success-Story du Silicon Mountain 

    Ces dernières décennies ont vu le marché du digital explosé en Afrique. Aujourd’hui, près d’un tiers des Africains disposent d’un Smartphone et le boom du digital n’est pas près de s’essouffler. Le potentiel de développement de L’Afrique dans ce domaine représente un grand marché. Ces jeunes entrepreneurs l’ont bien compris.

    La « Silicon Mountain » regorge d’importantes startups, des créateurs de logiciels, des développeurs d’applications internet et mobiles, des gens formés en marketing et à la vente d’innovations technologiques et la liste est loin d’être exhaustive. La plupart se retrouve à Activspaces, un incubateur de start-ups, l’un des fleurons du High Tech à Buea. Les développeurs travaillent sur beaucoup de produits r mais ils partagent une chose. Ils font ce qu’on appelle la « globalisation » ; un concept selon lequel on conçoit des produits répondant à un besoin local tout en visant une clientèle internationale. Les solutions développées s’étendent clairement bien au-delà du marché camerounais.

    Ainsi, Njorku qui est aujourd’hui l’un des plus grands moteurs de recherche d’emplois en Afrique est un produit de la Silicon Mountain. Avec plus de 200 000 visiteurs chaque mois, le site est accessible en deux langues, le français et l’anglais, et permet de rechercher des emplois dans près d’une quinzaine de pays. Derrière cette plateforme se cache le jeune Churchill Mambe Nanje, 30 ans, classé par Forbes parmi les 20 perles technologiques d’Afrique. Autre succès de la Silicon Mountain, Skademy, une plateforme e-learning africaine. Fondée par Otto Akama, la startup Skademy aide les gens à se former sur différentes technologies avec l’appui de tuteurs privés et des institutions reconnues en Afrique. Mais pas que.

    D’autres comme Viva, c’est une plateforme de divertissement pour les bus et les trains, permettant aux opérateurs des transports d’offrir à leurs clients des divertissements semblables à ceux disponibles en avion ; ou encore Feem, un moyen de transférer des fichiers (photos, vidéos, et documents) entre téléphones, tablettes et ordinateurs en local sans Internet, sans câbles, sont des succès venant de cette partie du Cameroun.

    Large potentiel économique

    En Afrique, face à l’échec cuisant des politiques d’États pour l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat est devenu presque la seule arme contre le chômage. Selon les statistiques, 60 % des chômeurs du continent sont des jeunes de 15-24ans.

    De plus, les chiffres font ressortir que seuls 10 % des jeunes issus de l’enseignement supérieur et qui intègrent le marché du travail trouvent de l’emploi. Face à ce problème, la Silicon Mountain qui a décidé de ne rien attendre du gouvernement ou des entreprises du secteur privé, mais de s’auto-employer et même de créer des entreprises qui emploient d’autres est sans doute une idée noble. « Il ne faut pas compter sur personne pour son avenir », affirme Epey Collins, CEO de Colorfluid.

    En termes d’activité économique, la Silicon Mountain représente des emplois directs et indirects pour plusieurs centaines de jeunes Camerounais. Une source de revenus pour des jeunes qui ont décidé de créer eux-mêmes leur emploi et d’en offrir à d’autres, sans compter sur l’État et surtout sans se plaindre. Ces jeunes diplômés développent chaque jour de nouvelles applications, des logiciels, investissent dans des start-ups, des entreprises numériques qui ont des clients partout dans le monde, du Cameroun au Nigeria en passant par l’Europe et les États-Unis pour beaucoup.

    Cependant, les jeunes startups à Buea rencontrent beaucoup de problèmes qui compliquent leur évolution : le manque de ligne de téléphone fixe, réseau incomplet, utilisateurs inexpérimentés.

    Selon les jeunes entrepreneurs qui s’y incubent, les startups de la Silicon Mountain ont besoin d’investisseurs qui s’engagent dans la durée avec de l’expérience et un réseau de contacts efficace.

    La Silicon Mountain, à l’épreuve des défis politiques

    Le 17 janvier 2017 et après 93 jours de coupure d’internet, la Silicon Mountain avait été ébranlée. Pour des jeunes tech-entrepreneurs, la coupure internet pendant plus de 3 mois a été sans doute le plus grand défi. L’incubateur ActivSpaces, dont les activités sont localisées à Buea, avait été contraint de déplacer ses troupes dans la capitale économique du Cameroun, afin de ne pas stopper complètement les activités. Beaucoup de startups se sont déplacées vers Douala, la capitale économique et ville la plus proche, pour trouver le réseau Internet.

    Selon Julie Owono, la responsable de la branche Afrique de l’ONG Internet sans frontières (ISF), la coupure internet dans les deux régions anglophones a potentiellement fait perdre « 1,35 million de dollars à l’économie du Cameroun ». Plusieurs startups ont été touchées. « Notre productivité a baissé de plus de 60 %. De plus, nous avons perdu des projets, des contrats et nous ne pouvons plus prendre de nouveaux clients, déplore Valery Colong, cofondateur de trois start-ups et manageur d’ActivSpaces. J’ai perdu des millions de francs, rien qu’avec un projet. »

    Cette censure du net n’avait pas laissé indifférent Edward Snowden, le célèbre informaticien américain exilé en Russie pour avoir rendu publics des documents de la NSA. Dans un tweet, celui-ci affirme qu’« il s’agit de l’avenir de la répression. Si nous ne luttons pas là-bas [au Cameroun], cela va arriver ici. »

    La Silicon Mountain est vue comme cette zone qui occupe une place de choix dans le secteur de l’économie numérique au Cameroun en termes d’expérience, d’innovation, de nombre de start-ups, et de qualité de produits et services offerts. Si elle bénéficie d’un climat favorable pour la recherche, les défis dans un Cameroun constamment secoué par des crises politiques constituent un mal qui peut faire fuir les nouveaux Tech-entrepreneurs.

     

  • Réseaux sociaux: sont-ils présents, les chefs d’État francophone?

    Réseaux sociaux: sont-ils présents, les chefs d’État francophone?

    Sur la toile, les leaders d’opinion, les chefs d’entreprise et les stars africains s’imposent. Ils se sont approprié l’outil web. Ils sont présents partout, principalement sur Facebook et Twitter. À coups de messages laconiques, de longs posts et de contenus audiovisuels, ils fidélisent leurs abonnés. C’est aussi le cas pour certains présidents de la République. Mais que dire concrètement de la communication digitale de ces derniers ?


    Très présent…


    Paul Kagamé

    En termes de présence sur la toile, Paul Kagamé reste également un leader incontesté comparé à ses pairs. Son compte Twittter est très actif. Paul Kagamé poste de courts messages sur ses activités, sa vision du monde et parfois des conseils à la jeunesse africaine.

    Il lui arrive surtout d’adresser des messages particuliers à ses compatriotes lors des jours historiques pour le Rwanda. Ne soyez pas surpris de voir des tweets de Paul Kagamé sur des matches du Premier League anglais et sur Arsenal un club qu’il suit particulièrement. Le chef de l’État aime le sport. Il lui arrive aussi de tweeter sur la NBA. Chose importante, Paul Kagamé n’hésite pas à interagir avec les internautes. Ces derniers suivent le président sur Facebook, Google+, Flickr ou encore YouTube.

    Les discours de Paul Kagamé sont très écoutés. Pour faciliter la tâche aux internautes, toutes les interventions du chef de l’État sont mises en ligne sur paulkagame.tv. Mais également sur un site web dédié à l’homme fort du Rwanda. Tous les clichés de Paul Kagamé sont aussi publiés sur Instagram. Au grand bonheur des milliers d’abonnés au compte du président.

     Alassane Ouattara 

    Le chef de l’État se sert comme il faut de la toile. Il 0tweete, informe sur Facebook et est présent sur Hi5 et MySpace. Mais comme ses pairs ses comptes sont à la charge d’une équipe spéciale. Les plus de 274 000 followers peuvent quand même se permettre parfois d’interagir avec ADO. D’autant plus que le chef de l’État dispose d’un site web qui porte sur sa dernière campagne électorale et d’un autre qui évoque son parcours, ses idées et les actions qu’il a réalisées. L’Ivoirien reste malgré tout absent sur Instagram.

    Roch Marc Christian Kaboré 

    Très actif sur les réseaux sociaux, ses followers ont par exemple très vite augmenté sur Twitter et le président du Burkina Faso a vu son compte être certifié. Roch Marc Christian Kaboré twette sur toutes ses activités quotidiennes. Également présent sur Facebook ou sur Périscope le chef de l’État entretient une relation particulière avec ses abonnés. Roch Marc Christian Kaboré interagit souvent avec ces derniers. Plusieurs clichés du président du Faso sont également publiés sur Instagram.

    Faure Gnassingbé

    Avec un compte Twitter Facebook pas encore certifié, le président togolais informe ses plus de 24 000 followers sur ses déplacements, ses voyages. Faure Gnassingbé  tweete également à propos des rencontres qu’il préside, de ses audiences et des infrastructures qu’il inaugure. Comme ce 24 où il informe sur « l’inauguration de la nouvelle salle de spectacle Canal Olympia de Vivendi » qu’il inaugure aux côtés de Vincent Bolloré. Faure Gnassingbé est également présent sur Facebook. Le Togolais qui ne publie pas de photos sur Instagram a quand même ses clichés disponibles sur Flickr.

    Ali Bongo

    C’est sur Facebook que le chef de l’État gabonais rassemble le plus ses fans. Celui qui dispose d’un compte certifié sur Twitter n’est pourtant très actif sur « l’oiseau bleu ». Ali Bongo tweete néanmoins quelques messages à ses plus de 71 000 followers. Ali Bongo est aussi présent sur YouTube ou Dailymotion. Il dispose surtout d’un site web personnel qui informe les visiteurs sur les activités du président de la République. Ali Bongo a également un compte Instagram. Depuis mai 2016, le chef de l’État gabonais partage ses photos et de courtes vidéos avec ses abonnés. Chose importante à souligner le numéro 1 gabonais est aussi présent sur le réseau social chinois Weibo.

    Patrice Talon

    Durant sa campagne électorale, Patrice Talon avait créé un compte Twitter. Mais il n’y est pas actif. Le chef de l’État s’est rabattu sur Facebook où il est très présent. Le Béninois publie ses messages à la nation, partage les images de ses déplacements et poste des vidéos dans lesquels il s’adresse directement à ses abonnés. Il pourrait bientôt « débarquer » sur Instagram où il n’a pas encore un compte officiel.

    Macky Sall

    Un compte Twitter certifié et plus de 400 000 followers. Le président sénégalais est présent sur la toile. Comme la plupart de ses pairs africains, c’est essentiellement sur ses activités qu’il informe ses « suiveurs ». Pareil sur Facebook où le successeur d’Abdoulaye Wade informe sur tous ses déplacements, recueille l’avis de ses abonnés et publie le contenu de ses discours. Certains clichés du chef de l’État sont aussi publiés sur un compte Instagram auquel se sont abonnés près de 13 000 followers.


    … Pas très actif


     Paul Biya

    Paul Biya est de son côté présent sur les réseaux sociaux. Celui qui est en Afrique centrale le chef d’État le plus suivi sur Twitter informe ses nombreux followers sur ses activités. Pas toujours régulièrement. Surtout sur Facebook où ses abonnés sont parfois informés des jours après la tenue d’une activité du chef de l’État. Mais depuis quelques mois, tout se régularise. Le président camerounais a même fait son apparition sur Instagram où ses photos sont publiées. Visite de travail à l’étranger, cérémonies d’hommage, rencontres avec des personnalités de ce monde, les clichés de Paul Biya pullulent sur Instagram.

    Pierre Nkurunziza

    Il a son compte certifié sur Twitter. Mais malgré ses plus de 83 000 abonnés, Pierre Nkurunziza tweete rarement. Quand il le fait, c’est pour informer ses followers sur ses déplacements dans le pays, ses audiences et pour féliciter certains de ses pairs africains. Le Burundais publie aussi parfois quelques photos sur Instagram.

    Alpha Condé

    C’est sur Facebook que l’actuel président en exercice de l’Union africaine se plaît le plus. À ses plus de 700 000 abonnés, le professeur Alpha Condé publie entre autres des images de ses visites ou encore les audiences qu’il accorde à ses hôtes. Certains de ses posts sont aimés plus de 5000 fois, commentés et partagés par des centaines d’abonnés. Alpha Condé n’est pourtant pas très actif sur Twitter. Le chef de l’État est également absent sur Instagram.

    Joseph Kabila

    Le président de la RDC n’est pas actif sur la toile. Il n’a pas un compte Twitter officiel. Difficile également de considérer la page Facebook en son nom aux milliers d’abonnées comme officielle. D’autant plus que les abonnés sont informés de façons irrégulières sur les activités du chef de l’État. Pareil sur Instagram où il n’a pas de compte officiel. Sa communication sur le web est peut-être à son image. Discret, taciturne, introverti.

     Mahamadou Issoufou

    Sa présence sur la toile n’est pas si remarquée. Le président nigérien a un compte Twitter avec lequel il twette de temps en temps. S’il n’a pas de compte Instagram, les photos du chef de l’Etat ainsi que ses activités sont néanmoins relayées sur sa page Facebook et celle de la présidence du Niger.

     Denis Sassou Nguesso

    Le président congolais n’est pas actif sur Twitter. Son dernier tweet pour ses followers remonte à janvier 2017. Sur sa page Facebook, les posts sont rares. Le président Sassou Nguesso n’a d’ailleurs pas de compte Instagram officiel.

     

  • WeCashUp, le Paypal à l’africaine

    WeCashUp, le Paypal à l’africaine

    Lancé il y a à peine un an, WeCashUp se veut une solution pour pallier le faible taux de bancarisation en Afrique, en se basant sur mobile money pour régler les problèmes de transactions en ligne.

    Les systèmes de ventes et de paiements soutenus par les institutions bancaires classiques dans les pays occidentaux tardent à faire des émules sur un continent africain au contexte socio-économique particulier. Le challenge de l’inclusion financière reste un défi immense. Au même moment, l’Afrique c’est plus d’un milliard d’habitants  aujourd’hui, dont plus de huit cent millions sont non bancarisés ou non ni de carte ni de compte bancaire. Parallèlement, la pénétration de la téléphonie est galopante et d’ici 2020, le taux de pénétration d’Internet atteindra les 52% selon certaines prévisions. Dans ce contexte, le « mobile money » semble bien s’adapter à l’Afrique.

    C’est du moins ce dont est convaincue « Infinity Space », une startup née à Douala au Cameroun, développée à Nairobi au Kenya et qui est aujourd’hui basée à Marseille en France. Officiellement créée le 24 mars 2015, elle a vu le jour suite à la présentation du prototype de sa solution au Google I/O Pitch Night en 2014 à la Silicon Valley qui lui avait valu le titre de meilleure startup innovante au monde. L’un des services phares de cette start-up, l’API WeCashUp qui permet aux sites marchands du monde d’accepter les paiements via Mobile money provenant de nombreux pays africains. Cette solution permet également aux internautes africains d’acheter en ligne avec des moyens de paiement qui leur sont propre. L’autre atout de WeCashUp réside dans le fait qu’il est une excellente opportunité pour les nombreux commerçants africains qui jusque-là, faute de possibilité d’encaisser par carte bancaire, n’arrivaient pas à toucher une clientèle internationale.

    En effet, l’histoire commence de façon tout à fait anodine quelques années plus tôt, lorsque Cédric, jeune ingénieur diplômé de POLYTECH’ Marseille et de la Stanford University, alors en déplacement professionnel au Kenya, découvre pour la première fois le paiement mobile via M-Pesa. Convaincu de la pertinence d’une telle solution pour le marché africain, il partage avec Annicelle Kungne, son désir de se lancer sur ce marché. C’est alors qu’ils entament une étude approfondie du potentiel du paiement mobile. Le projet initial sera repensé, modifié et adapté afin de mieux correspondre aux réalités du marché.

    La start-up espérait avoir 100 marchands à la première année

    WeCashUp se positionne donc davantage comme un facilitateur pour les sites marchands et les entreprises du numérique. Il est à noter que la Start-Up Infinity Space travaille déjà avec 14 pays sur le continent africain et travaille davantage pour une plus grande expansion sur tout le reste du continent. Selon le concepteur, la start-up espérait avoir 100 marchands à la première année. Mais aujourd’hui, elle est à plus de 4 000 avec entre 150 et 200 nouveaux marchands tous les mois.

    Infinity space semble avoir de beaux jours devant elle, puisque la startup camerounaise classée dans le TOP 30 des meilleures startups d’Europe à Frankfort (Allemagne) en 2016, a déjà raflé de nombreux prix internationaux.

    WeCashUp a également retenu l’attention de grands noms comme Facebook et Uber  auxquels elle permettra de se déployer massivement sur le continent, et de s’attirer ainsi toujours plus de revenus.