Catégorie : Afrique de l’Est

  • Internet, le nouveau terrain de chasse des marabouts et pasteurs africains

    Internet, le nouveau terrain de chasse des marabouts et pasteurs africains

    Tout comme le christianisme qui demande à ses pratiquants de faire de toute la terre des fidèles, les marabouts et les charlatans ont également trouvé en l’internet, l’outil idéal pour répondre à ce même besoin. Le marketing religieux est intéressant.

    Facebook, Twitter, You Tube, Whatsapp… Quand la religion s’invite dans le digital, la bataille du marketing devient impressionnante. L’Église catholique en sait bien de choses. Preuve de l’intérêt de l’Église catholique pour les réseaux sociaux, le pape Benoît XVI leur consacre souvent, et ce depuis janvier 2011, des exhortations quotidiennes. Le souverain pontife profite de ces canaux pour inviter les chrétiens à être présents sur les réseaux sociaux et à y faire preuve d’une « créativité consciente et responsable ».

    En effet, depuis la «démocratisation» de l’internet, l’outil est devenu la proie de tout genre de marketeurs. Les entreprises ont trouvé l’élément clé, qui jusque-là manquait à leur plan de communication. Et le taux de pénétration des téléphones et de l’internet est à leur avantage. Depuis, créer une page Facebook, une chaîne sur YouTube, un compte Twitter, Instagram n’est plus qu’un élément de tendance. Au contraire. L’internet est désormais un vaste safari pour tout genre de recherches de clients


    Etre présents là où sont les gens


    À l’instar des communautés de l’Église catholique, « être présents là où sont les gens » est la raison principale des multiples pages de communautés de marabouts qui fleurissent. Véritable caisse de résonance, Facebook leur offre en effet l’opportunité de rejoindre des internautes qui ne fréquentent pas leurs domaines, d’être aux sous les yeux de ceux qui rejettent leurs pratiques, notamment les jeunes. Ces réseaux sociaux leur permettent d’aller à la rencontre des potentiels clients. Pour la fin de les transformer en fidèles, tous les moyens sont bons.

    Le digital au service de la foi

    Ils sont aussi, ces charlatans et les marabouts, des férus du marketing digital, parfois, un peu de trop. À la différence des pasteurs par exemple qui se taillent à chaque occasion leur part sur internet, et des églises qui ont parfois des communities managers, les charlatans et marabouts utilisent tous les moyens à leurs dispositions pour être présents. Des faux comptes, des canulars… tant, l’essentiel est de faire passer le message fondamental : le service, la localisation et les contacts.

    Au Togo par exemple, cette nouvelle forme de marketing religieux s’est démocratisée avec la restriction aux herboristes, charlatans ou des prêcheurs des sciences occultes de l’accès aux médias. Si en effet cette restriction n’est pas actuellement strictement appliquée, elle aura quand même participé à inciter ces acteurs à la recherche d’autres horizons pour la promotion de leurs services, ou leur self-promotions. Ils ont vraisemblablement trouvé en Internet, à la fois le média presque gratuit, et la plateforme rassemblant l’idée de cible.


     Les gens nous suivent de moins en moins à la radio ou à la télé. Ils en ont surement marre de nos exploits racontés pendant 1 h. Mais avec l’essentiel du message en annonce sur Internet, ça passe.


    Désormais, on assiste sur la toile, à la création des sites professionnels des charlatans, des chaines Youtube pour les vidéos de prêches, des Live sur Facebook et même des publicités Google. Nombreuses sont ces annonces qu’on retrouve sur le moteur de recherche en tête des requêtes, ou encore des displays sur des sites web. À savoir si cette nouvelle manière de faire est rentable, un marabout confie que depuis qu’il a décidé d’explorer la nouvelle option de l’internet, il a enregistré beaucoup plus de visiteurs ayant vu ses annonces sur Internet que quand il investissait chèrement dans les médias comme la télé et la radio. « Les gens nous suivent de moins en moins à la radio ou à la télé. Ils en ont surement marre de nos exploits racontés pendant 1 h. Mais avec l’essentiel du message en annonce sur Internet, ça passe ».

    De ce fait, la chasse et la concurrence entre les sauveurs d’âmes sont impressionnantes sur Internet. Mieux, la contre-offensive lancée par les prophètes traditionnels semble intéresser. Et même si les utilisateurs d’Internet ne manifestent clairement pas un engagement à l’endroit de ces genres d’annonces sponsorisées comme le fait-on avec des extraits de versets bibliques ou les vidéos de pasteurs, la réalité n’est pas tout à fait telle. « Quand je post mes annonces sur Facebook, je n’ai que très peu de likes. Mais ce n’est pas l’essentiel. Les gens hésitent à liker, commenter ou partager mes posts, par honte que Facebook ne le notifie à leurs amis. Mais ils viennent chez moi quand même quand ils ont des problèmes. C’est ça l’objectif » a confié un guérisseur traditionnel vivant dans une ville périphérique de Lomé.

    Le socialement correct qui met les religions modernes tels le christianisme ou l’Islam dans la stricte catégorie de bienséance en est pour beaucoup de choses. Au Togo, fréquenter les couvents traditionnels ou être pratiquant d’une autre religion que les communs christianismes et l’islam est mal vu, voire condamné dans les sociétés. Dès lors, il n’est pas toute à fait facile de mesurer l’impact de leurs présences sur Internet. Car en matière de charlatanisme, l’hypocrisie n’est pas un péché.

  • Assurance maladie en Afrique: les partenariats public-privés foisonnent

    Assurance maladie en Afrique: les partenariats public-privés foisonnent

    Entre opportunités et contraintes, les systèmes d’assurance maladie ne couvrent pas encore une grande partie de la population africaine.

    Sur le continent le taux de couverture de l’assurance maladie est faible. La plupart des États peinent encore à instaurer un mécanisme d’assurance maladie universelle. On note ainsi l’absence d’une couverture des soins de santé. Les ménages sont obligés de supporter directement les charges financières. Il y a deux ans, le rapport « The decent Work agenda in Africa » indiquait que près de 90% de population subsaharienne ne bénéficie pas d’une assurance contre les risques de maladie et d’accident.

    S’assurer n’est pas encore entré dans les habitudes. Car en réalité, les soins de santé ont pendant longtemps été gratuits dans les pays. Les charges étaient supportées par les États. Mais il y a plus trente ans, les programmes d’ajustement structurel ont obligé les États à mettre fin à la protection sociale pour de nombreux citoyens.

    Depuis, les populations « se débrouillent ». En termes de chiffres, les ménages africains prennent eux-mêmes directement en charge près de 70% de leurs dépenses santé. Faute d’instaurer une couverture sanitaire pour tous les citoyens, certains États protègent tout de même leurs fonctionnaires ainsi que quelques travailleurs du secteur privé formel. Des mutuelles ont été créées pour prendre en charge les soins de santé des membres qui doivent cotiser de façon périodique. Mais depuis quelques années les États lancent des systèmes d’assurance maladie.

    Des systèmes de couverture encore faible

    Certains États africains font des efforts qui restent insuffisants. Ils ont mis en place des systèmes d’assurance maladie pour les fonctionnaires, les salariés d’entreprises privées et pour le secteur formel. Ces systèmes d’assurance maladie sont obligatoires. Les fonctionnaires en bénéficient moyennant des cotisations. C’est le cas du Togo où depuis 2011, l’Institut national d’assurance maladie (INAM) assure une couverture sanitaire à des fonctionnaires de l’État. Plus de cinq après sa création, l’INAM prend en charge plus de 260000 bénéficiaires avec plus de 1000 prestataires répartis sur le territoire.

    Mais au Togo comme dans d’autres pays africains, la portée de ces systèmes d’assurance maladie reste faible. L’État béninois quant à lui a créé en 2012 le Régime d’Assurance Maladie universelle (RAMU) destiné à toute la population moyennant le paiement d’une prime. Le RAMU est financé par l’État et les collectivités locales. Une dizaine de pays africains, dont le Sénégal, disposent également d’un système d’assurance maladie qui prend en charge les moins de cinq ans.

    Toutefois, les bénéficiaires de ces systèmes représentent à peine 30% de la population. Autant dire qu’environ 70% de la population, issue du secteur informel, n’est pas encore couvert pas le système d’assurance maladie des pays. Mais jusqu’à présent le Rwanda reste le premier sur le continent à fournir une assurance maladie universelle. Avec un taux de couverture de 91% de sa population, le système d’assurance maladie appelé Mutuelles de santé est financé par l’État et des partenaires. Pour la réussite de son système, le Rwanda forme régulièrement des agents de santé communautaire.

    Partenariat public-privé

    Pour étendre la couverture sanitaire, certains États comme le Ghana se sont liés avec des structures privées. En effet, le National Health Insurance Scheme (NHIS) du Ghana repose sur des mutuelles de santé communautaires préexistantes. Cela a permis au pays d’augmenter son taux de couverture maladie de 1 % dans les années 1990 à plus de 40 %. L’État a d’ailleurs voulu que son système soit financé « à plus de 70 % par une taxe de 2,5 % sur les biens et les services, et à plus de 20 % par les charges sociales ».

    Grâce à des partenariats public-privé, les populations sont ainsi encouragées à adhérer à l’assurance maladie à travers des offres de soins subventionnées. La gestion du système de l’assurance maladie est dans certains cas confiée à des structures privées. L’État se chargeant lui-même de superviser. Selon plusieurs observateurs, cette approche peut permettre à de nombreux pays d’augmenter leurs taux de couverture de l’assurance santé qui restent pour le moment très faibles.

  • L’Éthiopie inaugure deux nouveaux parcs industriels

    L’Éthiopie inaugure deux nouveaux parcs industriels

    L’Éthiopie qui envisage se positionner comme un poids lourd industriel en Afrique de l’Est inaugure cette fin d’octobre deux nouveaux parcs industriels. Des infrastructures qui permettront au pays d’augmenter ses recettes économiques et de créer des emplois.

    Les deux nouveaux parcs industriels vont commencer par fonctionner en novembre. Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont être spécialisés dans l’habillement, le textile et l’agroalimentaire. Les travaux de construction de ces infrastructures ont duré plusieurs mois. Leur coût est estimé à 315 millions de dollars US.

    Les travaux de construction ont été effectués par China Civil Engineering Construction Company (CCECC). Selon Dr. Belachew Mekuria, commissaire adjoint en charge des parcs industriels, toutes les dispositions ont été prises pour doter les parcs « de tout ce qu’il faut ».


    Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont faciliter les échanges extérieurs du pays


    La construction stratégique des deux ports qui se situent non loin du port de Djibouti constitue un avantage pour l’Etat éthiopien. En effet les deux infrastructures vont désormais jouer un rôle essentiel dans le commerce extérieur du pays. « Les parcs d’Adama et de Dire Dawa vont faciliter les échanges extérieurs du pays », indique un économiste, spécialiste de la région.

    Améliorer les exportations et créer de l’emploi

    Les deux nouvelles infrastructures devraient aussi permettre à l’Éthiopie de créer de nombreux emplois. A Adama, l’Etat mise sur la création de plus de 15 000 emplois indirects et plus de 15 000 autres indirects, soit 30 000 emplois. Le parc de Dire qui participe aussi à l’amélioration de l’accès à l’emploi va permettre « au gouvernement de créer 10 000 emplois », selon Dr. Belachew Mekuria

    L’Éthiopie qui s’est lancée dans une industrialisation de ses villes dispose désormais de cinq parcs industriels. Ces derniers s’inscrivent dans le cadre d’un projet qui vise à faire du pays « centre de fabrication en Afrique ». Outre les parcs de Hawassa, Mekele, le gouvernement éthiopien avait inauguré récemment le parc industriel de Kombolcha après neuf mois de travaux estimés à 90 millions de dollars.

    « Les usines engagées dans des activités orientées vers l’exportation dans la ville de Kombolcha auront un cadre idéal pour exporter leurs produits via le port de Djibouti à 480 km », avait déclaré Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien.

  • Le méga-complexe gazier Djibouto-Éthiopien a du financement

    Le méga-complexe gazier Djibouto-Éthiopien a du financement

    En Djibouti, l’Etat vient de signer un protocole d’entente commercial portant sur le méga projet gazier djibouto-éthiopien de Damerjog avec le groupe chinois Poly-GCL.

    Les autorités djiboutiennes ont signé cette semaine avec le géant chinois Poly-GCL, un protocole d’entente commercial permettant aux deux partenaires de tirer profit de grand projet.

    Selon Yonis Ali Guedi, ministre djiboutien de l’Énergie, chargé des ressources naturelles et qui a paraphé les documents avec le vice-président de Poly-GCL, Li Wei, un grand pas vient d’être franchi dans le cadre du projet gazier. Ce financement est un grand pas vers la réalisation de ce projet. D’après les sources gouvernementales, les autorités djiboutiennes et le groupe chinois devront se retrouver dans six mois pour finaliser les contrats juridiques.

    En effet, le protocole fixe les termes clés du partenariat entre la République de Djibouti et Poly-GCL et servira de base pour la rédaction des contrats des concessions afférentes.

    « Le nouveau pipeline et ses installations associées font partie du plan du gouvernement visant à développer l’infrastructure à travers tout le pays et conduira à créer des liens économiques plus étroits avec l’Éthiopie », avait déclaré en mars 2016 Ali Mahmoud Yacoub, quand il était ministre de l’Énergie, lors de la cérémonie de pose de la première pierre du projet. Et d’ajouter que « ce projet renforce la position de Djibouti en tant que centre économique commercial et régional et augmentera la capacité de ses ports. Il est également une excellente occasion de renforcer la politique d’intégration régionale. En effet, à la fois Djibouti et l’Éthiopie cherchent à étendre cette politique au secteur de l’énergie ».

    D’un coût prévisionnel de 4 milliards de dollars, devra être prêt trois ans après le démarrage des travaux.

    En quoi consiste le projet?

    Le projet prévoit un pipeline de gaz naturel, une usine de liquéfaction et un terminal d’exportation qui seront localisés à Damerjog dans la région d’Arta, 30 km au sud-est de la capitale Djibouti.

    Le futur gazoduc, long d’environ 700 km, transportera jusqu’à 12 milliards de mètres cubes de gaz naturel chaque année depuis l’Éthiopie vers Djibouti. Quant à l’usine de liquéfaction, elle aura la capacité de produire jusqu’à 10 millions de tonnes par an de gaz naturel liquéfié (GNL) après la finalisation des phases d’extension du projet.

    A en croire le ministère djiboutien de l’Énergie, si le chantier aboutit, il permettra non seulement au voisin éthiopien d’exporter du gaz vers la Chine et bien d’autres pays, mais aussi de soutenir le développement socio-économique dans le pays.

    Pour rappel, le Djibouti a une position géographique impressionnante. Le pays est au carrefour de l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, reliant l’Europe, l’Extrême-Orient, la Corne de l’Afrique et le Golfe.

     

     

  • Afrique: Top 10 des pays les plus riches selon la BAD

    Afrique: Top 10 des pays les plus riches selon la BAD

    La Banque africaine de Développement (BAD) a publié la semaine dernière à Abidjan, des chiffres sur les PIB des pays africains.

    En se basant sur ces chiffres, le Nigéria est enregistré comme le pays le plus riche de l’Afrique sur l’année 2017. La chute des prix du baril du pétrole n’aura pas beaucoup affecté le grand pétrolier du continent.  Plutôt porté par une production en hausse et le redressement des cours mondiaux des matières premières, le PIB aux prix courants du Nigeria, représentant plus de 72% de l’ensemble des économies de la zone ouest-africaine, devrait atteindre 581 milliards $ cette année alors qu’elle n’était que 519 milliards $, en 2016.

    Longtemps resté leader de l’économie africaine, l’Afrique du Sud qui est sorti de récession au second trimestre occupe désormais le second rang. La richesse créée au cours de cette année civile par les Sud-Africains pourrait passer la barre des 276 milliards $. Grâce à un volume d’activité qui pourrait avoisiner 264 milliards $, l’Égypte dont l’économie est encore convalescente est troisième de ce classement.

    L’Algérie qui pourrait totaliser 170 milliards $ est désormais 4e de ce classement, suivi par l’économie soudanaise qui boucle le Top 5 avec 124 milliards $, surclassant ainsi le Maroc qui, malgré le dynamisme de son économie marquée par un début accentué de diversification, n’a droit qu’à la sixième place.

    Porté par une croissance de 4% au moins, le PIB du Royaume chérifien devrait franchir la barre des 121 milliards $ au terme de cette année. Le Maroc doublerait ainsi la taille de son économie en 12 ans, selon les chiffres communiqués par la BAD.

    En un an, l’économie angolaise a connu une légère hausse. De 96 milliards $, le deuxième producteur africain de pétrole pèse désormais104 milliards $. L’Angola restera ainsi le septième pays le plus riche en Afrique en 2017.

    L’Éthiopie, qui a enregistré ces dernières années les meilleures performances en terme de croissances sur le continent, devrait garder sa 8e place avec 93 milliards $ contre 84 milliards l’année dernière, comme prévu par les institutions internationales. Le pays qui, en 12 ans, a presque sextuplé son PIB devrait enregistrer cette année la plus forte croissance à l’échelle mondiale, devant des pays comme Myanmar (7,5%), la Côte d’Ivoire (7,3%) ou l’Inde (7,2%).

    Le Top 10 est bouclé le Kenya (77 milliards $) 9e, puis la Tanzanie (52 milliards) 10e.

    En clair, on peut en déduire que l’Afrique de l’Est est la région la plus dynamique et bien représentée dans ce classement. 4 pays de cette zone sont dans ce Top 10 (Soudan, Éthiopie, Kenya, Tanzanie). L’Afrique septentrionale est représentée par 3 pays (Égypte, Algérie, Maroc). Quant à la zone ouest-africaine, seul le Nigéria, par une croissance impressionnante, est dans ce classement.

    Rappelons que ce classement fait à base des chiffres communiqués par la BAD (et publié par l’Agence Ecofin) ne prend en compte que la richesse globale créée par l’économie des pays concernés.

     

  • L’Ouganda inaugure sa première centrale photovoltaïque

    L’Ouganda inaugure sa première centrale photovoltaïque

    L’Ouganda a inauguré mi-octobre sa première centrale solaire photovoltaïque. L’infrastructure dispose d’une capacité de 10 mégawatts.

    C’est à coup sûr une avancée sur le plan énergétique pour l’Ouganda. Le pays a mis en place sa première centrale solaire photovoltaïque capable d’alimenter près de 40 000 personnes. Les travaux de construction et la mise en service de cette centrale située à Tororo ont été effectués par la multinationale Building Energy spécialisée dans le secteur de l’énergie renouvelable.

    Les travaux ont été financés par FMO, banque de développement des Pays-Bas. Les coûts s’élèvent à près de 20 millions $. Près de 15 millions $ ont été obtenus sous forme de facilité de prêt grâce à FMO. Il est à noter que 50 % du financement ont été syndiqués auprès de l’Emerging Africa Infrastructure Fund (EAIF) alors que la contribution globale de capitaux des actionnaires s’est élevée à 4,9 millions $. Selon Matteo Brambilla, directeur général de Building Energy pour l’Afrique et le Moyen-Orient, va générer près de 16 GWh par an. L’avantage est que cette infrastructure énergétique permet au pays de ne pas émettre par an plus de 70000 tonnes de CO2.

    Un contrat de rachat

    Le parc solaire ougandais est développé grâce au Global Energy Transfer Feed in Tariff (GET FiT). Il s’agit d’une initiative gérée par la banque allemande Kfw et qui porte sur les projets d’énergie renouvelable. Dans le cadre du parc solaire ougandais, le GET FiT a été géré par le Kfw et l’Electricity Regulatory Agency (ERA) de l’Ouganda. Le financement a été pris en charge par le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures, les gouvernements de Norvège, d’Allemagne et du Royaume-Uni

    Précisons que Bulding Energy et l’Uganda Electricity Transmission Company Limited (UETCL) ont signé un contrat de rachat sur une durée de 20 ans. Pour Attilio Pacifici, ambassadeur de l’UE et chef de la délégation européenne en Ouganda, le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures va aider le pays de combler le gap entre le tarif de rachat de l’électricité produite et le coût de production de l’énergie. Ceci grâce à une facilité de financement.

  • Al-Shabaab: la somalie face à la grande indifférence africaine

    Al-Shabaab: la somalie face à la grande indifférence africaine

    La République de la Somalie a enregistré l’un des attentats les plus meurtriers de son histoire cette semaine. Une situation qui n’affecte visiblement pas le reste de l’Afrique.

    En Somalie, la vie après ce samedi n’est pas facile. Un attentat au camion piégé est survenu en milieu d’après-midi samedi au carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels. Une nouvelle attaque qui a beaucoup choqué les Somaliens, pourtant habitués aux attentats quasi quotidiens. Les effets sont lourds. Les bilans font état d’environ 300 morts et beaucoup plus de blessés. Les bâtiments et véhicules situés à proximité ont été fortement endommagés par la très forte explosion, qui a laissé de nombreux corps brûlés.

    Cette attaque est un coup dur porté au nouveau gouvernement, huit mois après l’élection du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, lequel avait déclaré la guerre aux shebab. Depuis, les autorités appellent à la solidarité internationale pour sauver les survivants de l’attaque… presqu’en vain.

    Abîme

    Le système de santé très fragile du pays qui a connu depuis 1991 des guerres civiles, suite à la chute du régime du président Siad Barre, a rapidement été submergé par la taille du désastre. Contrairement à la communauté africaine qui semble abandonner une Somalie déjà vulnérable et exposée à tant de crises intestines, les partenaires internationaux de ce pays du Golfe d’Aden se sont mobilisés depuis lundi pour envoyer de l’aide médicale d’urgence et des médecins. La diaspora somalienne, quant à elle, fait des dons de sang afin d’aider le pays à mieux prendre en charge les blessés.

    « Nous avons accueilli trois avions transportant de l’équipement médical venant des Etats-Unis, du Qatar et du Kenya. Et mis à part celui envoyé par le gouvernement américain, les deux autres repartiront avec des blessés, environ 35 victimes », a déclaré à la presse le maire de Mogadiscio, Tabid Abdi Mohamed. D’autres pays comme la Turquie avait depuis lundi raccompagné autant de blessés vers Ankara dans un avion qui avait emmené du matériel médical et des médecins. Les Etats-Unis et le Qatar se sont eux-aussi montrés disponibles pour la Somalie qui vit là l’un des pires moments de son histoire.

    De l’indifférence de l’Afrique

    Le constat est clair, cet attentat n’a pas bénéficié du même traitement comparé à ceux intervenus dans d’autres pays –pourtant avec des dégâts moins importants. Bien de pays africains sont restés muets. Certains se sont juste contentés des tweets. Le pays est laissé pour compte. Seuls les pays voisins et la diaspora (d’environ 2 millions de personnes) se sont montrés solidaires. En premier, le Djibouti qui a envoyé une équipe de docteurs spécialisés et de personnel médical dans un avion militaire pour assister les blessés.

    Le Kenya s’est également manifesté en envoyant des aides au voisin. La ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a annoncé mardi que son pays allait évacuer 31 blessés pour qu’ils soient traités dans une unité spécialisée à Nairobi, et envoyer 11 tonnes de produits médicaux. En outre, la Croix-Rouge kényane a lancé une campagne de collecte de fonds en faveur des victimes.

    En effet, sur les 55 pays frères de la Somalie sur le continent africain, seule une dizaine d’Etats ont manifesté un quelconque soutien moral, même si le président de la Commission de l’Union africaine a présenté ses condoléances à la Somalie au nom de la grande famille africaine, et engagé quelques actions au nom de l’institution qu’il dirige.

    Depuis dimanche, des internautes notamment sur Twitter ont décrié l’indifférence du monde face à la tragédie que vit la Somalie. Ces internautes pointent les dirigeants des grands médias internationaux qui parlent très peu de ce drame.

    Pour rappel, au moins 723 personnes ont été tuées et 1.116 blessées dans des attaques à la bombe en Somalie en 2016, selon le centre de réflexion Sahan, basé à Nairobi.

  • Gabeya, à l’école de programmation en Afrique

    Gabeya, à l’école de programmation en Afrique

    Depuis son installation à Addis-Abeba, les services de Gebeya, la startup que Amadou Daffe a créée en 2016 pour aider les entreprises à digitaliser leurs services, sont tombés sur un terrain fertile. La startup procure de l’emploi à des centaines de jeunes codeurs.

    L’aventure démarre déjà dans les années 2000. Après ses études en génie informatique desquelles il sort nanti d’un bachelor en Computer Science et un Masters en Management Information Systems, Amadou Daffe a commencé à travailler pour des entreprises technologiques américaines basées en Pennsylvanie. « J’ai alors été choqué de voir qu’un nombre infime d’Africains travaillaient avec ces entreprises, contrairement aux Asiatiques et en particulier les Indiens, » raconte-t-il. L’idée de former les talents informatiques du continent africain pour les mettre en relation avec les entreprises américaines nait. L’objectif était de construire un réseau de développeurs. Amadou Daffe venait de lancer son premier projet, le Coders4Africa.

    Après 4 ans passés à parcourir le Sénégal, le Mali, le Kenya, l’Éthiopie et même la Tunisie, le jeune entrepreneur a mis en place un modèle de sous-traitance dans lequel il reçoit des contrats des USA pour les exécuter en Afrique. Néanmoins, le modèle n’était pas assez performant. Il manquait parfois suffisamment de développeurs pour certaines commandes. D’où le besoin de former plus de personnes. L’aventure Coders4Africa doit alors très rapidement changer de modèle.

    « Nous avons transformé ce réseau en une opportunité professionnelle. »

    Gebeya est aujourd’hui un écosystème autosuffisant qui repose sur trois piliers : le programme de formation payant, la plateforme de sous-traitance et l’incubateur.

    La startup est actuellement installée en Éthiopie et au Kenya. Un choix qui s’explique par le très vaste marché de potentialités des deux pays qui font à eux deux, près de 150 millions d’habitants, avec environ 60 % de la population jeune et des économies galopantes. « Depuis que je vis en Éthiopie, on a eu plus de succès en 8 mois qu’en 4 ans ! », a confié le CEO de Gabeya. Un succès qui s’explique par le fait que cette startup est très attachée au marché africain.

    Au sein de cette startup, la question de parité est également de mise. 30 % des professionnels sont des femmes, et l’entreprise prévoie d’atteindre 50 % de femmes dans le programme l’année prochaine. « Ce que les gens ne comprennent pas, sans être sexiste, c’est que les femmes ont de meilleures aptitudes pour la programmation », aime dire Amadou Daffe qui ne perd pas d’une seconde son plus grand défi : « devenir leader sur le marché du digital en Afrique. »

  • CHAN 2018: qui pour une meilleure organisation?

    CHAN 2018: qui pour une meilleure organisation?

    Suite au retrait de l’organisation du Championnat d’Afrique des nations de football (CHAN) 2018 au Kenya par la Confédération africaine de football (CAF), l’instance africaine de football, à travers un communiqué du 1 octobre, a annoncé les 3 nouvelles candidatures reçues : il s’agit du Maroc, de l’Ethiopie et de la Guinée Equatoriale.

    Officiel : le Kenya n’accueillera pas le CHAN 2018. « À une écrasante majorité, il a été décidé du retrait de la compétition au Kenya au regard des retards accumulés et de différents rapports des missions d’inspection conduites dans le pays », stipule le communiqué sorti après la réunion du 23 septembre à Accra du Comité exécutif de la CAF. Le nouvel hôte de l’édition 2018 du CHAN sera connu la semaine prochaine. Le CHAN, l’équivalent de la CAN pour les joueurs locaux, devra débuter le 12 janvier prochain.

    Pronostics

    Samedi passé, le Maroc a officialisé sa candidature dans un communiqué.  Selon le royaume chérifien, la décision d’accueillir cette compétition continentale s’inscrit dans la politique d’ouverture vers les pays africains, politique guidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, explique-t-on dans un communiqué. De ce fait, ce positionnement du Maroc répond à une logique bien précise, orientée par les ambitions politico-diplomatiques du Roi. Ce qui s’explique par le fait que le pays soit sur divers front au même moment. On sait depuis quelques temps que le royaume peut être sollicité pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019 qui risque (toujours) d’être retirée au Cameroun pour des raisons d’infrastructures. Par ailleurs, l’Union africaine (UA) a sollicité le Maroc pour l’édition des Jeux africains de 2019.

    En 2015, le pays s’était activé pour accueillir la CAN avant de finalement désister après moult disputes avec la CAF. Cause, le ministère marocain de la santé craignait l’épidémie  Ebola qui sévissait encore en Afrique sub-saharienne.

    De fait, si le Maroc, déjà candidat pour l’organisation d’une deuxième coupe du monde en Afrique en 2026, est sans doute, du point de vue logistique, prêt, la Guinée équatoriale ne sera pas à son coup d’essai en organisation d’événement continental de football. Le pays disposant de 4 stades nouvellement rénovés (Boto, Malabo, Mongomo, Ebibiyin) a déjà organisé la CAN en 2015, alors même qu’elle a co-organisé l’édition de 2012 avec le Gabon, sachant que le CHAN ne demande pas plus de 4 stades. Malabo peut compter sur une chose : une grande expérience en organisation à la hâte.

    L’Ethiopie de son côté n’est pas du reste en matière d’organisation de compétition africaine de football. Néanmoins, il faut préciser que sa dernière organisation d’un tel évènement remonte à 1976 où elle accueillait déjà la compétition pour la troisième fois. Pour certains observateurs, ce pays est le moins lourd dans la balance des pronostics.

    Pour rappel, l’idée du CHAN est née en septembre 2007 à Johannesburg en Afrique du Sud et répond à l’objectif de créer une belle vitrine pour les footballeurs des championnats africains. Le CHAN veut également donner aux joueurs locaux une chance de s’exprimer au niveau international.

  • Paul Kagamé ou l’histoire controversée de la renaissance du Rwanda

    Paul Kagamé ou l’histoire controversée de la renaissance du Rwanda

    Au Rwanda, après prestation de serment ce 18 août, le président réélu Paul Kagamé, président depuis 2000, amorce en toute tranquillité un nouveau mandat.

    Réélu avec plus de 98% des voix lors de l’élection du 4 août passée, c’est devant un parterre de Chefs d’Etats africains et environ 30.000 Rwandais que Paul Kagamé a prêté serment ce 18 août, au stade Amaro. Le Rwandais peut s’enorgueillir, rares sont les prestations de serments qui connaissent un tel ballet de Chefs d’Etats.

    Pour celui qui est connu pour avoir redressé l’économie du Rwanda et d’être l’homme fort de son développement, sa mission ne fait que commencer. « Le Rwanda revient de loin, très loin et veut aller loin, très loin », a prononcé la ministre rwandaise des Affaires Etrangères, Louise Mushikiwabo, lors de cette cérémonie.
    Paul Kagamé pour le meilleur et pour le pire

    La Banque Africaine de Développement et le FMI considèrent le Rwanda comme un des pays les plus prometteurs sur le plan économique du continent africain. Avec une croissance de 7,9 % de 2010 à 2015, le pays a considérablement réduit le taux de pauvreté, de 56 % en 2005 à 39 % en 2014. De fait, l’impressionnant redressement du Rwanda après le génocide de 1994 fait du pays un modèle en Afrique. Et Paul Kagamé est devenu une référence en ce domaine, chéri par les Occidentaux. Tony Blair, ancien Premier-Ministre du Royaume-Uni n’avait pas du mal à le décrire comme « un visionnaire » et Bill Clinton, comme « l’un des meilleurs dirigeants de notre époque ».

    Un homme  indétrônable malgré tout 

    Cependant, si les Rwandais se montrent visiblement favorables à un nouveau mandat de Kagamé, nombre sont les critiques qui lui sont adressées. Taxé d’autoritaire et de diriger le pays de main de fer, l’homme ne se voit pas lui-même comme tel. Un bilan beaucoup moins positif dans le domaine de la liberté de la presse, où le Rwanda arrive au 159e rang sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse (RSF, 2017).

    Aussi, de nombreuses ONG déplorent-ils les assassinats politiques et une situation « inquiétante » des droits de l’Homme.
    Cependant, dans son discours d’allocution avant de prendre officiellement fonction, le président Paul Kagame a critiqué des tentatives d’ingérence dans la politique de son pays. Le président s’en est également pris aux critiques qui dénoncent l’absence de liberté d’expression dans son pays.

    « Chaque pays africain doit faire face aux efforts destinés à nous faire vivre en des termes fixés par d’autres. Ils demandent que nous remplacions des systèmes qui fonctionnent bien pour nous par des dogmes dans lesquels leurs propres peuples perdent rapidement foi », a déclaré le chef de l’Etat, âgé de 59 ans.
    En 2015, Kagamé réécrit la Constitution, approuvée par référendum, qui lui permet de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034.