Catégorie : Culture

  • Et si Black Panther était inspiré par les Amazones du Dahomey?

    Et si Black Panther était inspiré par les Amazones du Dahomey?

    Si Black Panther, le nouveau film du studio américain Marvel a quelque chose d’intéressant auprès des Africains, ce n’est non seulement la forte présence d’acteurs d’origine africaine qui y est présente. Mais bien aussi parce que l’histoire est bien inspirée de l’Afrique. Le cas des Amazones du Dahomey serait une évidence.

    Le studio Marvel vient de sortir un autre thriller de Black Panther. Dans cette nouvelle vidéo de moins de deux minutes, les projecteurs ont été braqués sur l’armée exclusivement féminine, les Dora Milaje, dont le rôle a été démontré comme déterminant dans le scénario du film. Dans la vidéo, celles-ci se sont livrées à une démonstration de bravoure.

    Danai Gurira, l’actrice américaine d’origine zimbabwéenne, qui sert aussi de général d’armée au sein de la Dora Milaje, a déclaré que « les Dora Milaje sont des femmes qui ont donné leur vie au trône et à la sécurité du royaume ». Il y a de quoi penser aux Amazones du Dahomey.

    Mais, qui étaient vraiment les Amazones ?

    Nous sommes au XIXe siècle, sous le règne du roi Gézo. Le corps militaire se façonne pour devenir l’unité d’élite féminine du roi. Elles avaient toujours le crâne rasé. Elles étaient couronnées d’un bonnet blanc orné de caïmans bleus.

    En fait, dans l’ancien Royaume du Dahomey (actuel Bénin), existait une armée de guerrières qui avait défié tous les clichés sexistes dont les femmes sont victimes. « Vaincre ou mourir » était leur devise. Plus vaillantes que les hommes, elles mettaient sans difficulté à épreuve l’autre sexe. Ni l’ennemi ni la mort ne pouvaient les décourager. De leur vrai nom Mino (nos mamans, en langue Fon), les colons les avaient nommées les Amazones, en référence à l’armée mystique et puissante de toutes les femmes appelées Amazones dans la mythologie grecque.

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    Selon l’histoire, alors qu’elles n’étaient que d’environ 800 au départ, leur nombre a très vite augmenté pour avoisiner les 6000. Plus tard, ces femmes vaillantes allaient se battre dans d’autres royaumes alors que le Dahomey commençait à se développer. Elles perdront alors des soldats à la guerre et finalement attaqués par les colons français. Elles gardent malgré tout leur réputation. La culture de la détermination et de la rigueur qu’elles menaient avait fait qu’elles pouvaient jouir de relations privilégiées avec le roi. On ne les regardait pas dans les yeux, seul le roi avait ce privilège. Elles étaient craintes. Elles prêchaient le célibat, vivaient dans le palais royal, auquel seuls le roi et son entourage immédiat avaient, avant elles, accès.

    En réalité, connues pour être particulièrement habiles, chacun de leurs exercices et défilés militaires était spectaculaire, parce que toujours exécutés en chorégraphique. Mais cela n’aura pas échappé au vent de la colonisation. À la fin du XIXe siècle, lorsque le royaume du Dahomey est tombé, l’armée des Amazones fut démantelée aussi, à en croire les récits de l’UNESCO.

    Aujourd’hui, il y a de quoi les remémorer.

     

  • Hollywood: deux acteurs ougandais dans le film Back Panther

    Hollywood: deux acteurs ougandais dans le film Back Panther

     L’Ouganda n’est en tout pas un grand pays cinématographique à même de fournir ses stars comme le Nigeria, l’Afrique du Sud ou le Kenya à la grande industrie de production de films américains. Pourtant, deux Ougandais figurent dans le casting du blockbuster Black Panther, qui sera sur les écrans dès le 12 février prochain.

    L’engouement suscité par le film Black Panther est légendaire, au point où il établit un nouveau record pour la vente anticipée de billets pour un film de Marvel. Une raison qui explique cet engouement, Black Panther est un film qui défie de nombreux stéréotypes sur l’Afrique et les peuples africains. L’histoire se déroule à Wakanda, un pays africain fictif qui est le pays le plus technologiquement avancé au monde. À cet effet, la plus grande partie des acteurs qui font apparition dans cette production américaine est d’origine africaine.

    En effet, dans ce casting où bien de stars d’origine africaine font apparition, l’Ouganda sera lui aussi représenté par deux acteurs internationaux. Il s’agit de Florence Kasumba et Daniel Kaluuya. La première reprendra son rôle de « Captain America: Civil War » en tant qu’Ayo, un membre de la Dora Milaje et tandis que le second jouera W’Kabi, un confident de T’Challa, l’acteur principal.

    Florence Kasumba

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    Dans le récent film de Marvel, Captain America : Civil War (2016), Florence Kasumba était présente. Elle était dans le rôle d’Ayo, une chef de sécurité, rôle qu’elle reprendra dans le prochain Black Panther. Elle est membre de la Dora Milaje, une équipe féminine de combat.

    Née à Kampala, la capitale ougandaise il y 41 ans et élevée à Berlin, en Allemagne, Kasumba et entrée dans le monde cinématographique depuis un certain temps. En plus de jouer dans des films allemands et hollandais, elle a également fait apparition en tant que sénatrice Acantha dans Wonder Woman et la méchante sorcière de l’Est dans la série télévisée Emerald City de la NBC.

    Le personnage de Florence Kasumba dans Captain America : Civil War a été l’un des nouveaux personnages les plus mémorables, bien qu’elle n’ait eu que quelques minutes de dialogue.

    Daniel Kaluuya

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    Nominé le 23 janvier aux Oscar pour son rôle dans le film d’horreur Get Out, Daniel Kaluuya a avant Black Panther, un parcours intéressant. Il a déjà à son actif, une nomination aux Bafta et une autre au Golden Globe pour son rôle décisif dans le film d’horreur, une satire sur les relations raciales aux États-Unis.

    Daniel Kaluuya est un acteur anglais, comédien et écrivain d’origine ougandaise. Il est né en 1989 à Londres, en Angleterre, de parents immigrés ougandais. À 27 ans, Kaluuya est déjà un visage familier pour les amateurs du cinéma. Il a joué dans la série Black Mirror de Twilight Zone, ou dans le rôle de Posh Kenneth dans la comédie dramatique anglaise Skins.

    Également acteur principal du prochain thriller psychologique de Jordan Peele, Daniel Kaluuya se révèle comme un prochain grand nom de Hollywood.

  • Qui était Hugh Masekela, le père du Jazz sud-africain ?                                                                                                                   

    Qui était Hugh Masekela, le père du Jazz sud-africain ?                                                                                                                  

    Hugh Masekela, légendaire trompettiste sud-africain et figure du mouvement anti-apartheid, est décédé le 23 janvier à l’âge de 78 ans, après une bataille contre le cancer de la prostate.

    Né le 4 avril 1939, Hugh Masekela a d’abord pris une trompette après avoir vu le film Young Man With a Horn et encouragé par l’activiste Father Trevor Huddleston. Souvent décrit comme le « père du jazz sud-africain », Hugh Masekela était une icône de la Sophiatown d’Afrique du Sud, l’enclave politique et culturelle de Johannesburg qui a été rasée par la police de l’apartheid, mais reste un symbole de la liberté noire.

    Hugh Masekela s’est exilé en 1961, vivant à Londres et à New York où il a perfectionné sa trompette aux côtés de certains de ses héros comme Miles Davis. Il a continué à prêter sa voix à la lutte politique, avec des albums comme l’américanisation d’Ooga Booga. Il a parcouru le continent, se produisant à Accra, enregistrant à Gaborone et faisant des tournées avec Graceland de Paul Simon, traversant les frontières comme il le faisait dans les genres.

    Artiste et militant

    Dans une carrière qui a duré des décennies, Hugh Masekela a joué aux côtés de musiciens tels que Miriam Makeba dont il a été époux, Abdullah Ibrahim, Fela Kuti et Harry Belafonte. Comme ses contemporains, la performance de Masekela était étroitement liée à ses convictions politiques. Sa musique est devenue la toile de fond de la lutte contre l’apartheid, à travers des chansons telles que Bring Back Nelson Mandela et Soweto Blues. Quand il est retourné en Afrique du Sud, il a continué à jouer alors qu’il prêtait sa voix rauque à de nouvelles causes, comme l’autonomisation des musiciens, et était un militant vocal contre la drogue et l’alcool après sa propre bataille. Sa musique a continué à raconter l’histoire de la vie en Afrique du Sud, notamment la lutte des mineurs venus de l’Afrique australe pour travailler dans les mines d’or de Johannesburg à travers le poignant Stimela.

    La dernière représentation publique de Hugh Masekela était prévue pour novembre 2017 aux côtés de la légende musicale zimbabwéenne Oliver Mtukudzi et d’une foule de jeunes musiciens. Mais cela a dû être annulé en raison de problèmes de santé. Hugh Masekela a commencé un traitement contre le cancer de la prostate en 2008 et était de retour sur scène dès que ses forces le lui permettaient. En mars 2016, cependant, le cancer est revenu et a commencé à se propager, selon un communiqué publié par sa famille l’année dernière. Insatisfait de ce qu’il considérait comme une complaisance croissante dans le paysage politique et socio-économique de l’Afrique du Sud, il continuait à dénoncer la pauvreté de la majorité noire, préservant la culture africaine et les taux élevés de violence contre les femmes en Afrique du Sud. « Nous avons perdu notre sentiment d’indignation après notre vote », avait-il déclaré lors d’une de ses dernières interviews télévisées.

  • Ces clips qui cartonnent de Dar es Salam à Lomé en passant par Lagos

    Ces clips qui cartonnent de Dar es Salam à Lomé en passant par Lagos

    2017 a été une excellente année pour la musique africaine. Les artistes africains ont travaillé sans relâche au cours de l’année pour améliorer leur production et renforcer leur présence sur les scènes musicales. De nombreuses chansons sont ainsi sorties. Certaines d’entre elles ont été particulièrement bien accueillies. Elles ont fait danser de nombreux mélomanes sur le continent.

    If, Davido

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    L’année écoulée a été une superbe pour Davido. La superstar nigériane a fait sortir un hit et a été partout. Son premier single de l’année « If » a été une énorme réussite sur le continent et à l’échelle mondiale avec la vidéo de plus de 50 millions de vues sur YouTube.

    Melanin, Sauti Sol feat Pato Ranking

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    Le groupe afropop kenyan Sauti Sol a également connu une excellente année. Leur dernier single, « Melanin », qui célèbre la beauté noire, met en vedette Pato Ranking, un artiste de dancehall nigérian. Il a été reçu avec beaucoup de succès.

    Wo, Olamide

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    Autre réussite nigériane, la chanson « Wo » de Olamide. Composé en Yoruba, le chanteur qui rappe dans sa langue natale a fait bouger plusieurs fans dans les pays de la sous-région ouest-africaine. La chanson a fait plus de 11 millions de vues sur YouTube et continue d’être jouée dans les « endroits chauds » des capitales africaines.

    Pain Killer, Sarkodie ft. Runtown

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    Sarkodie, celui que l’on considère actuellement comme le meilleur rappeur du continent a encore fait étalage de son talent dans la chanson « Pain Killer » dans laquelle il a réalisé un featuring avec l’artiste nigérian de l’afrobeat Runtown.

    Come closer, Wizkid ft Drake

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    Très connue en Afrique, la star nigériane de l’afrobeat a frappé fort en réalisant un featuring avec le célèbre rappeur canadien Drake. Cette collaboration a été beaucoup appréciée, consacrant Wizkid comme l’un des artistes africains les plus connus sur la scène mondiale.

    Leg over, M. Eazi

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    Cette chanson mérite également d’être écoutée, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait. « Leg over » du Nigérian M. Eazi figure parmi les chansons les plus écoutées durant l’année écoulée.

    Zilipendwa, artistes de la WCB Wasafi

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    Diamond Platnumz, Rayvanny, Harmoniser, Mbosso, Lavalava, Reine Darleen et Rich Mavoko sont les artistes de la WCB Wasafi. Leur chanson « zilipendwa » a reçu des critiques positives et a fait danser plus d’un. En témoignent les nombreux vidéos et commentaires postés par des fans sur les réseaux sociaux.

    Iskaba, Wande Coal, DJ Tunez

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    Dernière chanson de cette sélection, le featuring entre Wande Coal et DJ Tunez. La chanson Iskaba continue d’être jouée.

  • Musique: Top 10 des artistes africains à suivre en 2018

    Musique: Top 10 des artistes africains à suivre en 2018

    Ils ont fait la musique africaine en 2017, avec leurs tubes ou albums. De Lagos à Johannesburg, d’Accra à Bamako, de Lomé à Douala… Quels sont les artistes africains à suivre en 2018 ?

    10 — Black Coffee (Afrique du Sud)

    Image result for Black Coffee (Afrique du Sud)Black Coffee, à l’état civil Nkosinathi Maphumulo est l’artiste qui a relevé le niveau de musique « house » sud-africaine. L’artiste aux multiples récompenses est née au Kwazulu-Natal, la province de la musique house sud-africaine ou il a fait des études de musique. En musique africaine, il n’est pas du tout un inconnu.

    9 — Ferre Gola (Congo)

    Image result for 9 — Ferre Gola (Congo)À 41 ans, le Congolais Ferre Gola a été élu en 2017 meilleur artiste africain au Canal 2’Or. Bien connu dans le monde de la rumba, Ferre Gola est considéré comme celui qui assure la relève de feu Papa Wemba, ou encore Franco Luambo.

    8— Shyn, (Madagascar)

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    Rafler les prix de la révélation aux AFRIMA 2017 sur un continent où le domaine de la musique est presque devenu une auberge espagnole, ce n’est pas chose ordinaire. Tête haute, le jeune malgache tente de croire en sa musique dans un pays qui n’est pas très connu dans le monde musical. Il prévoit d’ailleurs sortir son premier album en cette année.

    7 — Daphné (Cameroun)

    Image result for 7 — Daphné (Cameroun)

    À 28 ans, la Camerounaise native de Buea est sur une bonne voie pour rayonner en Afrique. Et ce, même en étant étudiante. Meilleure artiste musicienne de l’Afrique centrale de l’année 2016, Daphnée s’est encore illustrée en 2017 avec ses tubes comme Calée, jusqu’à la gare, ou encore Je te promets, des chansons qui ont tous connu de gros succès.

    6 — Sidiki Diabaté (Mali)

     

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    Récompensé déjà en 2010 dans son pays pour ses qualités de beatmaker, instrumentaliste et compositeur alors qu’il n’avait que 19 ans, le Malien Sidiki Diabaté a la cote montante en Afrique, surtout francophone. Issu de la 72e génération d’une des plus exceptionnelles familles de griots et de joueurs de Kora, instrument du griot par excellence, Sidiki a connu une année 2017 plutôt remplie.

    5 — Sarkodie (Ghana)

    Image result for 5 — Sarkodie (Ghana)

    En Afrique, Michael Owusu Addo aka Sarkodie a une réputation enviable. Même s’il ne rappe qu’en Twi, une langue parlée par quelque 6 millions de Ghanéens, l’artiste de 29 ans est un grand influenceur dans le monde du rap. Cet artiste au talent incontesté se trouve être l’ambassadeur de la jeunesse ghanéenne ainsi que celui de nombreuses marques internationales telles que Samsung. Engagé, Afroptimiste, Sarkodie a connu une légère baisse de régime en 2017, mais a récemment promis un grand retour.

    4- Yemi Alade (Nigeria)

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    Yemi Alade n’est pas que connue au Nigeria. À 28 ans, la star nigériane qui est devenue très célèbre depuis sa chanson « Johnny » n’a pas fini d’impressionner. La fille « Yoruba-ibo » comme elle est surnommée, a remporté 2 prix majeurs aux MTV African Music Awards et la meilleure performance d’artiste féminine en 2015 et 2016. Si l’année 2017 n’a pas été celle de grandes récompenses, la star est une travailleuse et fera surement de gros coups en 2018.

    3 — Eddy Kenzo (Ouganda)

    Image result for 3 — Eddy Kenzo (Uganda)

    Edrisa Musuuza, alias Eddy Kenzo, est très connu en Afrique de l’Est et de l’Ouest après la sortie de sa chanson Sitya Loss en 2014. Une chanson qui avait en moyenne 10 000 vues par jour, et partagée par des célébrités comme Akon, Ronaldinho, Tevin Cambell, Ellen Degeneres, Puff Daddy, Sanaa Lathan et tant d’autres dans le monde entier. En 2017, il a été récompensé au festival AFRIMA, raflant le trophée de meilleur album de l’année avec son opus Biology.

    2 — Toofan (Togo)

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    2017 aura été une année de grandes réussites pour le groupe togolais Toofan. En novembre de l’année dernière, les deux artistes ont gagné deux trophées lors de la cérémonie officielle de remise des prix d’AFRIMA Awards : le Best Group et le Best Pop Act. Mais pas que. Le groupe togolais a aussi signé avec maison de musique Universal Music France, un rêve de longue date. La collaboration avec le Nigérian Patoranking sur le concept « Gné bras » a aussi enregistré un succès continental. Ces artistes qui ont habitué leurs fans aux nouveaux concepts presque chaque année en sortiront surement un autre en 2018.

    1— Le duo  Wizkid – Davido (Nigeria)

    Image result for Wizkid and davidoDifficile de dire celui d’entre les deux qui mène actuellement la danse au Nigeria, pays disposant la plus grande industrie musicale en Afrique. En 2017, les deux artistes ont chacun remporté un prix lors de la 12e édition de Futur Awards Africa. Si Wizkid (26 ans) a marqué l’histoire en devenant le premier artiste africain a remporté le prix du meilleur acte international aux MOBO Awards, Davido (25 ans) a, de son côté, remporté le trophée du musicien de l’année. Wizkid a remporté plusieurs prix cette année et ce n’est pas étranger de voir son nom aux côtés de son compatriote nigérian. Les deux ont été nominés dans la catégorie du meilleur acte africain aux MTV Europe Music Awards, qui ont été remportés par le hit « Fall », tandis que Wizkid s’est distingué aux AFRIMA avec trois trophées. Magique.

  • Afrique : comment les médias tentent de propulser l’industrie musicale?

    Afrique : comment les médias tentent de propulser l’industrie musicale?

    En Afrique, la promotion et la distribution des productions musicales est l’un des défis auxquels les artistes font souvent face. Dans cette tâche, les médias tentent de leur donner un coup de main.

    C’est sans nul doute. En Afrique, le rôle des médias est divers. S’ils sont bien utiles dans la sensibilisation et connus pour leurs objectifs éducatifs, ils sont aux yeux des acteurs musicaux, un outil sine qua non pour le commerce des produits. Dans ce rôle, la radio, média qui reste le plus suivi en Afrique, se fait leader.  Sur le continent, il existe une grande variété de stations de radio parce qu’elles sont relativement peu coûteuses à exploiter et peuvent jouer un rôle majeur dans la promotion de la culture et de la politique locales. Tangible en Gambie.

    La radio, la meilleure formule

    C’est désormais de notoriété publique. La Gambie est un pays pauvre et ne possède pas de grands médias. Sa première chaine de télévision a à peine 20 ans.  Toutefois, ce pays enclavé par le Sénégal a une réputation pour sa radio, notamment Radio Syd, lancée en 1969 par la Suédoise Britt Wadner. Aujourd’hui, le pays compte15 stations radio, dont la plupart jouent jusqu’à 20 heures de musique par jour.

    Cependant, les musiciens locaux dans le pays n’ont pas autant de notoriété que leurs homologues sénégalais. Pour améliorer la situation, en 2012 l’Association gambienne des journalistes musicaux a été créée à Banjul. Objectif, promouvoir les artistes locaux et soutenir leurs carrières, non seulement dans le pays mais aussi à l’étranger.

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    Le cas est presque pareil au Congo-Brazzaville, pays ayant une réputation musicale qui dépasse les frontières africaines. Dans ce pays francophone d’Afrique centrale, les stations de radio se sont montrées depuis les années 1990 incontournables dans l’industrie musicale. Alors que le pays inaugure une nouvelle phase de démocratie et de liberté de la presse en 1991, Radio-Océan, DRTV, Ponton FM, Radio Louvakou, Radio Liberté, Radio Brazza, DVS + ou encore Radio Mucodec sont nés.

    Dans le nord de l’Afrique, les pays de la région du Maghreb, tels que le Maroc et l’Algérie, possèdent des radios locales et internationales. En guise d’exemple, la station marocaine Radio Medi 1 diffuse dans toute l’Afrique. C’est également le cas de la station gabonaise Africa Numéro 1, qui opère depuis Paris, en France.

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    L’écran, la nouvelle opportunité

    La télévision en Afrique, et comme dans le reste du monde, a connu un grand succès. Parallèlement, la montée en puissance des chaînes musicales payantes sur le continent contribue à la promotion de la musique locale.

    Cette numérisation de la télévision a principalement permis l’internationalisation et une « panafricanisation » des contenus culturels en général. Et cette vision de la chose a été partagée en 2015 par le président sud-africain, Jacob Zuma, lors du lancement en Afrique de la chaine SABC News. Il avait principalement partagé le vœu selon lequel SABC News soit une vitrine au travers de laquelle les téléspectateurs se considèreront comme « un peuple africain ».

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    L’un de ces exemples est The Voice Afrique Francophone, le plus grand salon du talent sur le continent. The Voice Afrique est diffusé sur Vox Africa, la première chaîne de télévision indépendante, panafricaine et bilingue  disponible en Afrique, ainsi que sur les principaux réseaux de télévision en Europe et aux États-Unis.

    Par ailleurs, le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, est un exemple dans le domaine des médias musicaux sur le continent. Avec plus de 250 groupes ethniques différents, le Nigeria a montré, depuis la chute de son régime militaire dans les années 1990, un énorme potentiel dans les sphères de la création, en particulier dans la musique et la télévision. La musique pop nigériane domine actuellement le paysage musical africain à travers la montée des chaînes de télévision diffusant ce contenu très divertissant et à la mode.

    Les nouveaux medias, un manque à gagner

    Image result for stonebwoyDe Lagos à Abuja, les sociétés de télécommunications sont les plus grands distributeurs de musique au Nigeria. Selon un rapport de PricewaterhouseCoopers (PwC) publié fin 2016, l’industrie musicale nigériane valait 47 millions de dollars en 2015, chiffre qui devrait doubler 5 ans après cette date. Aussi, faut-il rappeler que ces 10 dernières années ont été marquées par des essors de certaines économies, dont principalement le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud ; Une croissance qui a rimé avec le boom dans les communications téléphoniques, et qui rejailli principalement sur les secteurs de divertissement comme la musique.

    L’industrie musicale sud-africaine est plus développée que la plupart des pays du continent et peut être comparée aux marchés occidentaux. En Afrique du Sud, les téléchargements en ligne et le streaming sont à l’origine d’une croissance exponentielle de l’industrie musicale locale, qui devrait maintenir une trajectoire positive dans un avenir prévisible.

    Avec MTN en tête du peloton, les opérateurs télécoms voient un énorme potentiel dans des marchés, surtout les plus vastes  tels que le Nigeria, un pays de 190 millions d’habitants, où la musique peut être décrite comme une religion. Ce groupe de téléphonie se présente comme « le plus grand distributeur de musique » en Afrique avec plus de 60 millions d’abonnés rien qu’au Nigeria. Pour ce faire, MTN offre des sonneries grâce à sa plateforme de téléchargement MTN Music Plus à 0,25 $. Le leader de l’industrie est actuellement en concurrence directe avec des géants mondiaux en ligne tels qu’iTunes. Au bénéfice des musiciens africains…

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  • Hollywood: une Nigériane fera apparition dans Avengers Infinity War

    Hollywood: une Nigériane fera apparition dans Avengers Infinity War

    Hormis le fait que sa première bande-annonce officielle était au-delà de l’épopée, l’Afrique, et particulièrement le Nigeria, aura une raison de plus d’être mordu du prochain film Avengers : Infinity War.

    Lorsque le prochain film Avengers de Marvel sortira en mai prochain, il y aura pour nombre d’Africains une raison supplémentaire de s’enthousiasmer pour le blockbuster de la franchise. En effet, Funke Akindele, l’une des plus grandes stars de l’industrie cinématographique nigériane (Nollywood) figure parmi les acteurs de la distribution des Avengers : Infinity War. L’information est disponible sur IMDb, le site Web de la base de données de films appartenant à Amazon.

    L’actrice nigériane est répertoriée pour jouer un rôle de membre de Dora Milaje, l’unité de toutes les forces spéciales féminines Wakanda de la bande dessinée Black Panther.

    En ce moment, il semble probable Akindele fera la coupe finale du film. Même si nomination finit par être un rôle mineur par rapport à son statut de superstar Nollywood, ce serait encore une percée majeure pour l’industrie cinématographique du Nigeria qui a connu une émergence rapide ces dernières années. Il faut aussi préciser que ce sera donc la première fois qu’un acteur nigérian apparaîtra dans un film de super-héros hollywoodien.

    En effet, Avengers 4 est un apogée après une décennie d’accumulation dans les premiers films de Marvel. Le film sera publié 10 ans jour pour jour quand Iron Man, le premier film de l’univers cinématique Avengers de Marvel, a fait ses débuts. Il verra plusieurs super-héros de différentes franchises qui font partie de l’univers cinématographique apparaitre ensemble dans un film pour la première fois. En tant que tel, Akindele jouera aux côtés de certains des plus grands noms d’Hollywood, à l’instar de Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Evans, Scarlett Johansson, Mark Ruffalo, Don Cheadle, Zoe Saldana ou encore Chris Pratt.

    Qui est Funke Akindele ?

    A 41 ans, Akindele sait certainement quelque chose au sujet de faire partie d’une franchise populaire et réussie.

    En 2008, la native de Lagos avait joué dans Jenifa, une comédie sur une jeune femme sans éducation vivant à Lagos. Il s’est avéré être un succès massif. A la suite à cela, la star avait décroché le prix de la meilleure actrice de l’Africa Movie Academy dans un rôle principal pour sa performance.

    Il faut toutefois préciser qu’Akindele ne sera pas le premier lien entre Avengers à la plus grande ville nigériane. En 2016, dans la vidéo Captain America Civil War, il y avait une scène de combat de premier plan jouée à Lagos.

    L’année dernière, les trois films de Marvel (Spider-Man : Homecoming, Thor: Raganarok et Guardians of the Galaxy Vol. 2) avaient ensemble recueilli plus de 2 milliards de dollars avec chaque film notant 100 millions d’ouvertures ; soit, un record de 100 millions de dollars d’ouvertures en une seule année pour les maisons de production américaines. Le nouveau film est susceptible de continuer cette forte course au box-office. La bande-annonce a déjà accumulé plus de 113 millions de vues depuis sa sortie en fin novembre 2017.

    La sortie du film est prévue pour le 4 mai 2018. Une suite est programmée pour le 3 mai 2019.

  • Le secret derrière le premier film d’animation 2D camerounais

    Le secret derrière le premier film d’animation 2D camerounais

    C’est dans un studio de production relativement petit, situé à Douala, que Claye EDOU et son équipe se sont activés pour sortir le long métrage d’un film d’animation 100% camerounais. A sa parution, le résultat de ce travail est apprécié à sa juste valeur.

    Trois ans : c’est le temps mis pour réussir ce film 2D remarquable. Pour cette expérience, la jeune start-up auteure de la production a misé sur un conte populaire Camerounais, aussi célèbre chez les enfants que les adultes : l’histoire de « Minga et la cuillère cassée ».  Ce conte, on le connait de Yaoundé à Douala comme  un cantique au courage et au retournement de situation.

    En effet dans cette production, Minga est une orpheline maltraitée par sa marâtre. Un jour après avoir fait la vaisselle et cassé une cuillère, l’orpheline sera chassée hors de la maison familiale. La suite se termine en conte de fée. Minga sera mariée à un prince et sa marâtre connaitra une déchéance. Le film est ponctué de séquences musicales. Les personnages s’expriment en français, mais font également usage de quelques expressions en différentes langues locales.

    Travail de longue haleine

    Derrière cette production, Claye Edou, directeur du studio Cledley Productions. Sa startup, une entreprise de production audiovisuelle que le Camerounais a créée en 2014. Si ce long métrage est une première grande réussite de cette startup, Claye Edou et son équipe savent bien surprendre avec leurs réalisations. L’équipe composée de jeunes graphistes, bédéistes, caricaturistes passionnés, a déjà démontré qu’elle sait puiser du patrimoine culturel camerounais pour impressionner.

    Pour réaliser cette œuvre, il a fallu une cinquantaine de personnes qui s’étaient activées à composer les musiques, créer les décors, dessiner les personnages, monter les scènes, ou encore synchroniser la bande sonore aux mouvements. Mais Claye Edou a lui-même écrit le scénario, dessiné le story board, participé à la conception des chansons et  assuré le doublage d’un personnage secondaire.

    Selon ce dernier, cette production a englouti un investissement de 25 millions de francs CFA (environ 38 100 euros), en majorité ses fonds propres et ceux apportés par une vingtaine de coproducteurs associés au projet.

    Après la première, le 25 novembre, le film a été projeté, les 2, 6 et 9 décembre, à Douala et Yaoundé, lors du festival de bande dessinée « Mboa BD ». Une autre projection a eu lieu en fin décembre à Douala.

    Le réalisateur nourrit désormais l’ambition de présenter le film dans un « maximum » de festivals à travers le monde. La sortie en DVD est prévue en 2019.

  • Mali: À Ségou, un festival de musique inspire toute l’Afrique

    Mali: À Ségou, un festival de musique inspire toute l’Afrique

    Chaque première semaine du mois de février, les rues de Ségou au Mali prennent vie. Les habitants de la capitale Bamako, affluent vers la ville secondaire pour échapper à l’agitation de la vie quotidienne et apprécier les couleurs du Festival qui se tient sur le long des rives du fleuve Niger.

    Créé en 2005 par les entrepreneurs touristiques et culturels de Ségou, ce festival tiendra sa 14e édition en février 2018. En effet, au cours des 10 dernières années, Ségou, avec son patrimoine architectural, son artisanat créatif et son paysage naturel, s’est imposée comme la capitale culturelle du Mali. Un évènement qui est devenu un succès parce que le gouvernement local, les artistes locaux et les acteurs plus larges de la société civile ont travaillé ensemble pour créer une politique de développement culturel axée sur le développement économique local durable. Les programmes artistiques et culturels ont été conçus et mis en œuvre collectivement, en tirant parti des ressources des institutions locales.

    Cette politique locale vise à long terme, le bien-être des résidents de Ségou. Une politique qui est basée sur l’identité culturelle spécifique de la ville et l’apport des opérateurs et entreprises culturels locaux.

    Mais comme le montre le parcours de Ségou, il existe un autre moyen de gérer et de nourrir l’économie créative urbaine. Aujourd’hui, quatre autres villes du continent suivent l’exemple de Ségou. Ils travaillent à l’élaboration de politiques et de programmes culturels qui rassemblent les objectifs du développement économique local durable, de la diversité culturelle et de la cohésion sociale.

    Sur les pas de Ségou

    Au festival de Ségou, les attractions portent sur les danses et des spectacles traditionnels, des pièces de théâtre et des vitrines musicales. Mais aussi une foire régionale d’art d’Afrique de l’Ouest, des résidences artistiques, des expositions d’arts visuels et un colloque. Les événements spontanés deviennent fréquents dans les hôtels et les restaurants.

    Le projet Ségou Creative City est une autre initiative organisée par la Fondation qui porte le même nom. Il se déroule en collaboration avec les autorités locales de la ville à travers un partenariat public-privé initié par les populations locales des secteurs de l’art, de l’artisanat, du tourisme et de l’économie, appelé Conseil pour la promotion de l’économie locale de Ségou.

    Ce conseil se concentre sur quatre domaines clés : la musique, les arts visuels, le design, la mode et les patrimoines. Il a élaboré un plan global pour le développement culturel durable de la ville. Un plan qui inclut, par exemple, une étiquette certifiée Ségou Woven Loinclothes pour la préservation et la promotion du pagne tissé et du coton du Mali. Dans ce même cadre, un centre unique, le Centre Kôré a été ouvert. Il dispose d’une bibliothèque d’art, d’une salle de conférence, d’une scène extérieure et d’un studio d’enregistrement. Il a également lancé la Biennale Ségou Art en 2016, une foire qui promeut l’art visuel.

    L’expertise de Ségou

    En Afrique, Ségou et son Festival sur le Niger ont inspiré bien d’autres villes comme Harare (Zimbabwe), Mahé-Victoria (Seychelles), Nouakchott (Mauritanie) ou encore le Pointe Noire (République du Congo). Chacun de ces villes a sa propre identité culturelle spécifique à promouvoir et à préserver. Et bien sûr, chacun a ses propres défis distinctifs. Harare a des espaces culturels innovants dans le théâtre, la musique et la sculpture. Mais le soutien du gouvernement local et les politiques pour les arts et la culture n’ont pas changé depuis 1979. À Mahé-Victoria, la créativité culturelle historiquement riche a tendance à être éclipsée par la beauté naturelle de l’archipel tandis qu’au Pointe-Noire, l’image d’une ville pétrolière industrielle a souvent caché une vie cosmopolite dense et une scène des arts visuels.

    Nouakchott par ailleurs est culturellement changeant. Mais la ville demande encore plus d’espaces d’expression et de rencontres pour son héritage culturel multiple et ses traditions vivantes.

    En effet, les programmes développent les marchés culturels à travers les frontières nationales en créant des partenariats professionnels et des circuits touristiques pour des productions artistiques. Ces villes ont déjà échangé des représentations théâtrales et musicales ainsi que des expositions d’arts visuels.

    Avant tout, le programme vise à aider les quatre villes pilotes à développer leurs propres politiques culturelles urbaines, en s’appuyant sur les leçons importantes de Ségou. Des séminaires et des ateliers dédiés à la description des identités culturelles de chaque ville ont eu lieu cette année. Une équipe de travail et une commission consultative ont été identifiées pour chaque ville. Les rôles et les responsabilités ont été attribués à chaque membre en fonction de son expertise. D’autres échanges artistiques et sessions de renforcement des capacités suivront en 2018. L’objectif est de renouveler l’expérience et de passer de cinq à dix villes à travers le continent pour un autre cycle de deux ans, et plus encore.

  • Nigeria: vers la construction du musée de l’horreur

    Nigeria: vers la construction du musée de l’horreur

    Au Nigéria, la décision du gouvernement de Borno de transformer la maison de Yusuf Mohammed, l’ancien leader et fondateur de la secte Boko Haram en musée est décriée par bien d’observateurs.

    C’est en marge du 9e Conseil national de la culture, du tourisme et de l’orientation nationale qui s’est tenu à Dutse dont le thème est « le tourisme et la culture comme panacée pour la relance économique du Nigeria » que le Commissaire d’État aux affaires intérieures, à l’information et à la culture, Mohammed Bulama, a révélé l’information. Le commissaire a affirmé que, transformer la maison de Mohammed en musée, celle-ci aiderait à archiver tous les faits liés à l’insurrection de Boko Haram et ainsi attirer les touristes.

    « Nous allons transformer la maison du leader de la secte de Boko Haram, Mohammed Yusuf, d’où l’insurrection a commencé, en un musée. L’endroit s’appelle Maarcas ; nous voulons construire un musée là où toutes les choses se sont passées, concernant l’insurrection » a-t-il déclaré. En effet, les autorités affirment vouloir documenter et archiver tout ce qui s’est passé afin que « la future génération puisse avoir des informations de première main ».

    C’est ainsi que le commissaire a indiqué que l’État prévoyait également de transformer la forêt de Sambisa, qui était autrefois le refuge des insurgés, en centre de tourisme. « Ce que nous avons l’intention de faire lorsque la stabilité sera pleinement atteinte, c’est de transformer la forêt en une attraction touristique afin de montrer au monde ce qui s’est passé », a confié celui-ci.

    Bonne idée?

    Le Nigeria n’a en général pas une grande réputation pour préserver son histoire. Et pour preuve, le musée national de Lagos a encore besoin de réparations, les bâtiments patrimoniaux centenaires ont été démolis par le gouvernement et l’histoire n’est plus enseignée dans les écoles.

    Yusuf Mohammed a créé la secte Boko Haram en 2002 en colportant des opinions radicales sur l’opposition à l’éducation occidentale, mais les opérations du groupe sont devenues plus violentes en 2009 après que Mohammed soit mort en garde à vue dans des circonstances controversées. Après une mort que les partisans de Mahomet ont qualifiée de meurtre extrajudiciaire, la crise s’est intensifiée sous Abubakar Shekau, successeur de Mahomed. Shekau s’est montré plus menaçant envers le gouvernement malgré plusieurs affirmations selon lesquelles il a été tué.

    Depuis 2009, Boko Haram a mené une insurrection dévastatrice qui a ravagé la majeure partie du nord-est du Nigeria et fait plus de 20 000 morts. Des millions d’autres ont été déplacés et sont désormais logés dans des camps gouvernementaux encombrés.

    Toutefois, selon certains observateurs, malgré ses meilleures intentions surtout pour des fins économiques de transformer la maison de Mahomed en musée, le gouvernement risque de l’immortaliser. Sa maison préservée pourrait devenir un sanctuaire pour les adeptes de la secte radicale.

    A cet égard, le Nigeria peut se tourner vers les États-Unis pour une leçon. Après avoir tué Oussama ben Laden lors d’un raid en mai 2011, les forces américaines ont choisi d’enterrer son corps en mer pour empêcher les partisans du terroriste de transformer sa tombe en sanctuaire. Les détails de l’enterrement restent jalousement gardés.

    En Autriche, après l’avoir baillée depuis 1972 pour éviter les abus, le gouvernement a repris la maison d’enfance d’Adolf Hitler l’année dernière parmi les plans pour le démolir. La raison : l’empêcher d’être un sanctuaire pour la vague croissante de groupes néonazis. Alors que les groupes antifascistes manifestent souvent à la maison, on pense également qu’il a attiré des visites de sympathisants nazis.

    Depuis son entrée en fonction, l’administration du président Muhammadu Buhari a redoublé d’efforts pour écraser Boko Haram et a réussi à récupérer des pans de territoire précédemment occupé par la secte. Mais sans doute, la moindre erreur sera fatale à ce vaste pays dont le terrorisme est un véritable mal.