Catégorie : Culture

  • Musique: le style Afrobeats  fait des millionnaires à Lagos

    Musique: le style Afrobeats  fait des millionnaires à Lagos

    Le Nigeria représente ces dernières années, le pays le plus attirant du point de vue musical. Sur la scène continentale, elles sont nombreuses, ces stars de musique nigériane à exporter leurs musiques aux quatre coins de l’Afrique et partout dans le monde. La musique a fabriqué plusieurs millionnaires dans le pays, avec une méthode de distribution des produits musicaux assez rare : les téléchargements mobiles.

    La musique, c’est l’un des business qui fait des millionnaires au Nigeria. Pour l’année 2015 par exemple, les revenus provenant des ventes de chansons dans ce pays ont atteint les 56 millions de dollars, selon Pricewaterhouse Coopers, un cabinet d’audit. Ce cabinet prévoit même une évolution atteignant le pic de 88 millions de dollars au cours des 3 prochaines années. Ce succès est imputable selon certains, à la montée du style Afrobeats devenu la marque culturelle du pays et porté par des artistes qui assure la « révolution » comme Yemi Alade. L’afrobeat, genre musical initié dans les années 1970 par Fela Kuti, se retrouve ainsi mêlé à la musique électronique, au rap, à la trap, pour un résultat que le Nigéria exporte sur tout le contient.

    Asa, l’artiste internationale d’origine nigériane s’est exprimée sur la production de son pays. Cette artiste reste convaincue que l’industrie musicale nigériane doit être beaucoup plus au service du développement du Nigéria. « Les artistes peuvent payer des impôts. Les taxes serviraient à aider à la construction de routes, la création de l‘électricité. Vous savez que vous devez établir une société de gestion collective, de sorte que lorsque les stations de radio jouent les chansons, elles paient. Lorsque les produits, les marques, utilisent votre musique pour leurs pubs, elles peuvent payer l’artiste, tout comme le gouvernement, pour aider à construire un bon pays, » a-t-elle déclaré.

    En effet, tout comme l’industrie cinématographie nigériane qui s’est finalement démocratisée pour devenir la deuxième plus grande production mondiale, la musique nigériane fait des exploits sur un continent où, en règle générale la vie des artistes ne ressemble en rien d’enviable. Au Nigéria, c’est le contraire. Et le pays s’invite même aux États-Unis, auprès des stars mondiales. En exemple, le chanteur Wizkid a collaboré sur le titre « One Dance » du Canadien Drake. Mais pas que. Il travaille aussi avec Tyga, l’un des patrons du gansta rap west coast. Tout comme, le duo de hip-hop P-Square qui s’est associé au rappeur Rick Ross, ou encore D’banj à Kanye West, alors que Davido s’est associé quant à lui à Meek Mill.

    Au-delà de la piraterie

    Au Nigéria, un problème persiste. Le manque de structures pose un réel problème de protection des œuvres. Comme dans la grande majorité des pays africains, les artistes sont depuis longtemps livrés à eux-mêmes faute de marché structuré, fébrile face à l’affluence des piratages devenus la mode. A Abuja ou à Lagos, les copies de CD piratés ne sont pas rares. Dans cette situation, les artistes nigérians se sont frayé des méthodes pour assurer des revenus de façon particulière : les revenus de l’industrie musicale proviennent beaucoup plus des téléchargements en ligne, des opérateurs de téléphonie, de la publicité de marque. Au Nigéria, les revenus issus de la musique sont dépendants des sonneries et des tonalités d’attente.

    En effet, les opérateurs de téléphonie donc principalement le géant sud-africain MTN, se sont intéressés au potentiel du Nigeria, pays de 190 millions d’habitants. Avec ses 60 millions d’abonnés dans le pays, l’opérateur MTN se veut le plus grand distributeur de musique au Nigeria, à travers la vente de sonneries (à 50 nairas, 0,25 dollar l’unité), et via sa plateforme de téléchargement MTN Music Plus, plateforme, même si elle n’est pas très réputée en dehors du pays, se présente comme un concurrent des leaders mondiaux de la musique en ligne comme iTunes en terme de nombre de téléchargements. « Il y a beaucoup de musiciens talentueux sur le marché — (…) qui peinaient à vendre leur musique. Nous leur avons permis de rentabiliser leur travail », a déclaré Richard Iweanoge, directeur général du marketing de MTN Nigeria.

    Aussi original et particulier que ça puisse paraître, cette méthode n’est pas utilisée que par des artistes en herbes. Au contraire. D’immenses stars de l’afropop au Nigeria ont largement profité de ce nouveau marché comme D’banj, ou encore Davido. Ce ne sont pas des miettes que les Nigérians tirent de cette nouvelle forme de distribution de leurs produits. Selon les chiffres de PWC, le seul téléchargement de sonneries peut leur rapporter jusqu’à 350.000 dollars par an. De quoi rêver faire des riches en quelques années.

  • Nigéria: voici les artistes les plus riches de l’année 2017

    Nigéria: voici les artistes les plus riches de l’année 2017

    En Afrique, l’hégémonie nigériane va au-delà de l’économie. En production cinématographie, le pays se positionne comme une masse mondiale et depuis quelques années, le Nigeria exporte sa musique sur tout le reste du continent, aux États unis et en Europe.

    Le Nigéria, ce n’est plus un secret : il est l’un des pays les plus dynamiques en matière de musiques urbaines sur le continent africain. De ce pays, émane une myriade de musiciens aussi concurrents entre eux, et dont les chansons font le tour du continent. Une industrie musicale assez importante, qui, à l’image de celle américaine, fabrique des millionnaires, dont voici le top 5 des plus riches.

    Don Jazzy

    De son vrai nom Michael Collins Ajereh, Don Jazzy mélange judicieusement sa carrière d’artiste avec la production, et ce statut presque particulier a fait de lui l’acteur musical le plus riche du Nigéria de l’année en cours. Don Jazzy est le patron de MAVIN, la maison de disques qui compte des vedettes comme Tiwa Savage, Korede Bello ou encore Iyanya. Pour l’année 2017, Don Jazzy devrait valoir 6,5 milliards de nairas.

    Jidenna

    Bien qu’étant un musicien très talentueux, Jidenna est beaucoup moins connu au Nigeria, encore moins en Afrique qu’aux États-Unis. Jidenna Theodore Mobinson Al Amin est un Nigérian né aux Etats-Unis. Tout comme Don Jazzy, il combine de façon habille son rôle d’artiste avec la production musicale. Depuis qu’il s’est mis dans le domaine musical en 2012, ses chansons connaissent beaucoup de succès aux États-Unis.

    Wizkid

    Ayodeji Ibrahim Balogoum, connu sous le nom de Wizkid, est un jeune homme aux potentiels musicaux inspirants. Consacré meilleur artiste africain de l’année 2017 au festival AFRIMA, sa réputation lui a donné sans aucun doute une position honorable à l’intérieur et à l’extérieur du Nigéria. En plus de son étiquette de meilleur artiste de la maison Starboy, Wizkid a raclé ces dernières années beaucoup de récompenses internationales. Selon les estimations, sa valeur actuelle se situe autour de 2,8 milliards de nairas.

    Davido

    David Adedeji Adeleke est le quatrième artiste le plus riche du Nigéria. Lui, il est l’exemple des rares artistes qui ont bâti leurs succès sur un temps relativement court. Fils de milliardaire et filleul du plus riche homme d’Afrique – Aliko Dangote —, Davido a réussi à s’imposer au Nigéria et même à exporter sa musique hors du continent. Au point où, l’artiste a publié en juillet dernier une vidéo sur les réseaux sociaux, en train de jubiler du fait que le joueur portugais Cristiano Ronaldo s’était abonné à son compte Instagram, après une chanson composée pour celui-ci. La super star a actuellement un contrat avec la maison Sony.

    P-Square :

    De manière fascinante, la combinaison de talents des jumeaux Peter et Paul Okoye a séduit toute l’Afrique et même les États-Unis. Après avoir remporté de nombreux prix de leurs albums les plus vendus au Nigéria et à l’étranger, les deux frères ont une base de fans assez considérable sur le continent. Ils détiennent également d’importants contrats.

     

  • Pornographie en Afrique, silence ça tourne! [Enquête]

    Pornographie en Afrique, silence ça tourne! [Enquête]

    S’appeler acteur de la pornographie en Afrique, pratique qui, cela va de soi, rebute la morale, n’est pas chose aisée. Le sexe en général d’ailleurs reste un sujet interdit. Une omerta.

    Phase de croisière : la pornographie, contre vents et marée, se démocratise en Afrique. Le marché d’écoulement des produits X reste charitablement spacieux. A Dakar, c’est la mise en ligne d’un site web, censé faire la promotion des films X made in Sénégal qui a suscité le courroux auprès des évangélistes de la morale. A Lagos ou à Abuja, ces genres d’entreprises ne font plus l’apanage d’une tranche de personnes dévouées, conscientes du risque et de la menace socioculturelle qu’ils encourent, et qui l’assument comme une tendance « fiers d’être ».

    En Afrique, la pornographie se fait dans tous les coins, à l’aide de quelques moyens fort peu onéreux. Douala, Kinshasa, Brazza, Abidjan, Accra, Johannesburg… on ne le dira jamais assez. Aussi longtemps qu’il est improbable d’arriver à une société sans prostitution, il est difficile de combattre la pornographie.

    Entre ces deux mondes, existe juste une passerelle. Les choses sont peut-être liées au développement. Pour Amély-James Koh qui milite contre la prostitution, « le secteur de la pornographie est en « développement constant » sur le continent. C’est aussi le cas à l’international où l’on remarque de plus en plus de noirs dans « les produits X ». Cela « répond à un culte du corps noir, à un désir d’exotisme », explique Amély-James Koh. Comme quoi, la perle est nègre, la prééminence est hellène. On n’est pas loin d’une Porn Valley en Afrique.

    Industrie pornographique en Afrique : la success story

    « Il existe une industrie de production pornographique en Afrique. Mais c’est difficile de quantifier avec précision ses succès », confie un chercheur sud-africain auteur d’un livre à paraître sur la question. « La pratique reste encore souterraine. La plupart de ses barrons sont inconnus », poursuit-il.

    Sur Internet, plus de 35% des téléchargements effectués contiennent de la pornographie. Les sites pour adultes occupent 4,41 % de l’ensemble des visites mondiales, et les plus importants comptabilisent jusqu’à 4,4 milliards de pages vues par mois. En Afrique, « il existe à Douala et Abidjan des jeunes femmes qui suivent des leçons pour découvrir les différentes techniques du porno. Et naturellement, les « instructeurs » n’hésitent pas à donner des cours pratiques aux femmes tout en évaluant les capacités des hommes qui veulent être ‘hardeurs’ », témoigne Koh Bela. Une étude menée par le site TheNextWeb.com a révélé le classement des pays ayant le plus de sites pornos hébergés sur leur territoire. Ce classement dévoile en deuxième position, un pays africain : l’Egypte, un pays malgré tout, très conservateur. Mais l’Afrique du Sud reste un leader sur le continent. L’industrie du sexe représenterait dans le pays près de 60 millions de rands.

    Il y a également le Nigéria et d’autres pays comme le Cameroun qui sont des pôles de production de films X. Pornographie C’est ainsi que le Nigéria qui abrite l’une des plus importantes industries cinématographiques de la planète a décidé d’exporter des vidéos et d’élaborer différents types de contenus. Ces contenus « sont diffusés en ligne sur divers portails Web », affirme Philippe Di Folco. Ce dernier, auteur du célèbre « Dictionnaire de la Pornographie », confirme que « la demande est forte chez les classes moyennes supérieures et inférieures qui se sont équipées en matériel vidéo ».

    Pour évoluer, l’industrie de la pornographie tente de résister et de contourner les piratages vidéos et la législation. La production ou la diffusion de pornographie étant interdites dans plusieurs pays, les équipes rusent. Elles dissimulent leurs réelles intentions pour décrocher des autorisations de tournage, procédé machinal au Maroc, destination prisée, ou elles font jouer leur réseau d’influence.

    Le co-fondateur du réseau pour adultes Sondeza, Tau Morena, a révélé que l’industrie du sexe représente un volume de 6,1 millions d’euros, des chiffres qui restent encore néanmoins à vérifier. Selon toujours ses données, l’Afrique du Sud en 1990 écoulait environ un million de productions chaque année contre actuellement 150.000 en moyenne. Loin de parler d’un désintérêt des consommateurs, cette situation s’explique plutôt par une révolution numérique forte en Afrique.

    La pornographie est délocalisée des CD traditionnels, exposés à des risques de censures, vers le web où le contrôle est difficile, et où la pudeur et la morale sont (dorénavant) foulées au pied.

    Devenir un(e) pornographe n’est plus soumis en Afrique à un exercice de casting. Un smartphone et une connexion internet, suffisent pour attirer beaucoup de consommateurs sur un ébat sexuel nouvellement mis en ligne. De l’autre côté, la consommation devient plus facile. Pas la peine de débourser une somme (souvent comprise entre 500 F CFA et 6.000 F CFA) pour s’offrir un CD. Geste mal en vue d’ailleurs…

    Faire ou ne pas faire : en Afrique, que disent les lois ?

    La pornographie est de plus en plus présente dans le quotidien des Africains grâce au web et les chaines de télévision aussi étrangères que locales. Cependant les lois de certains pays ne l’autorisent pas.

    Un grand nombre de pays réglementent strictement la liberté de publication des œuvres pornographiques en contrôlant l’âge minimum, les lieux d’accès ou le type d’images qui peuvent être représentées. Au Nigeria, les autorités de Lagos ont fini par demander aux parents de surveiller strictement leurs enfants.

    Dans la même veine, le Sénégal a adopté en 2007 une loi portant sur la Cybercriminalité. Un accent particulier est mis sur la pornographie infantile, définie selon cette loi comme « toute donnée quelle qu’en soit la nature ou la forme représentant de manière visuelle un mineur se livrant à un agissement sexuellement explicite ou des images réalistes représentant un mineur se livrant à un comportement sexuellement explicite ». La constitution prévoit d’ailleurs une peine d’emprisonnement de cinq (5) à dix (10) ans et d’une amende de 5.000.000 à 15.000.000 de francs CFA

    Au Togo, même son de cloche. Le pays n’est pas encore comme un grand producteur cinématographique, encore moins des films X. La pornographie rentre dans les infractions de proxénétisme et des actes contre nature. Elle est donc punie. La peine peut être un emprisonnement de 3 ans à perpétuité.  En Ouganda, autre nouveau pôle émergent de cette « activité illégale », une loi adoptée en 2014 prévoit une peine pour les pratiquants. D’ailleurs, les autorités y vont jusqu’à interdire d’ailleurs les mini-jupes jugées comme… « signe annonciateur ». Le Soudan du Sud, pays caractérisé par une instabilité politique, prévoit dans son code pénal trois ans de prison.

    Selon un jeune pornographe béninois, la pornographie en Afrique « favorise l’émancipation de la communauté noire ». Peut-être pas faux. Selon Koh Bela « en Côte d’Ivoire, au Cameroun… les acteurs pornos sont adulés et présentés comme des modèles de réussite pour la jeunesse, qui ne se fait pas prier en cas de sollicitation ». On l’ignore peut-être, être pornographe en Afrique, c’est aussi entreprendre. Mais demandez aux défenseurs de la morale, ils vous diront naturellement le contraire : la pornographie est autant ignoble vis-à-vis de la religion que de l’éthique.

  • Tina Kunakey: l’icône togolaise qui a foulé le tapis rouge de Cannes

    Tina Kunakey: l’icône togolaise qui a foulé le tapis rouge de Cannes

    La vingtaine dépassée, l’Italienne d’origine togolaise, connait une grande carrière professionnelle dans le monde du mannequinat.

    Malgré son jeune âge, Tina Kunakey est convoitée par plusieurs agences de mannequins. Née à Toulouse d’un père d’origine togolaise et d’une mère italienne, celle qui s’est très tôt installée à Madrid pour des études au lycée français de la capitale espagnole s’habitue depuis ses 15 ans à la vie de stars. Polyglotte, Tina Kunakey parle bien l’anglais, le français, l’espagnol et maîtrise un peu l’italien.

    En France où elle est née et a vécu quelques années à Toulouse et Biarritz, la Togolaise d’origine s’est fait remarquer à travers des apparitions dans le clip de la chanson Danjé du rappeur français Kalash et celui de la chanson Belinda de Mat Pokora.

    Vie de stars

    Tina Kunakey vit à Londres et est mannequin dans une agence espagnole. Très suivie sur les réseaux sociaux, la mannequin compte plus de 70 000 followers sur son compte Instagram. Celle qui est déjà apparue dans « Vogue Italie » ne cache pas son admiration pour d’autres femmes plus connues. « J’aime Irina Shayk, Cindy Bruna, Joan Smalls, et Bella Hadid ».

    Tournant remarquable dans sa vie depuis 2016, sa relation avec l’acteur et réalisateur français Vincent Cassel. Ce dernier plus âgé qu’elle de 30 ans a officialisé leur histoire d’amour en s’affichant avec elle sur le tapis rouge lors du défilé Victoria’s Secret en novembre 2016. Une union avec le célèbre acteur français dans laquelle le mannequin de Mad Model Mana­ge­ment et SUPA Model Mana­ge­ment confie être heureuse. L’Italo-Togolaise a encore une longue carrière devant elle.

  • Qui sont-ils les Mangbetu, ces Africains aux crânes allongés ?

    Qui sont-ils les Mangbetu, ces Africains aux crânes allongés ?

    Présents en Afrique centrale les Mangbetu vivent de nos jours en République démocratique du Congo et en Ouganga.

    Les Mangbetu sont originaires de l’ancienne Nubie. Peuple essentiellement nilosoudanais, c’est sous Nabiembali que s’est construit le royaume Mangbetu qui a connu son apogée au XIXe siècle. Mais le règne de Nabiembali puis celui de Mbunza ont été interrompus par des colons. Les Mangbetu ont été colonisés par les Belges. Peu nombreux, ils sont estimés aujourd’hui estimés à moins d’un million. Ils sont aussi reconnaissables pour leurs traits physiques. « Ce sont généralement des hommes forts avec un physique qui peut intimider », explique un sociologue. Les Mangbetu sont toutefois confondus aux Makéré, terme désignant d’autres clans de la région.

    Les Mangbetu vivent dans une société patriarcale. Ils se distinguent en effet par une pratique qui consiste à donner une forme allongée à la tête de leurs enfants après leur naissance. « Les têtes des enfants sont enveloppées dans des cordelettes après naissance », explique un enseignant chercheur congolais. Ce dernier ajoute que les têtes des enfants peuvent rester enveloppées pendant une année. Après consolidation des os, le crâne prend ainsi une forme allongée. « Cela symbolise l’intelligence. En plus cela rend beau », explique Polycarpe, natif de la province orientale au nord-est de la RDC. Mais cette pratique appelée lipombo est délaissée pour cause d’une forte christianisation de la société.

    Richesses culturelles

    Si la religion chrétienne est désormais ancrée dans la société mangbetu, près de 10 % de ce peuple reste encore attaché à la tradition. En pays Mangbetu les populations parlent une langue soudanaise du groupe des langues nilo-sahariennes appelée Meje. Mais compte tenu du brassage avec d’autres peuples, les Mangbetu parlent également le Lombi comme seconde langue. C’est un peuple d’agriculteurs. Également connus pour la qualité de leur figure en bois, les Mangbetu sont de bons sculpteurs. On retrouve parmi ce peuple des forgerons, mais aussi des gens qui s’adonnent à l’élevage.

    Les hommes mangbetu sont plus habitués à tresser de longues barbiches tandis que les femmes tressent leurs cheveux en fonction de leur rang social. À leurs cheveux tressés sont parfois ajoutés des poils d’éléphants ou du crin de girafe. Une belle coiffure qui repose souvent sur un socle en bois dressé derrière la tête et soutenu par des épingles d’os de singe. « Les femmes au rang social élevé ont souvent plusieurs épingles », reconnaît un ethnologue, auteur d’une étude sur les Mangbetu. Avant d’ajouter : « Certaines de leurs pratiques sont de nos jours abandonnées. Mais c’est un peuple qui garde encore des richesses ».

  • À 16 ans, le Ghanéen Abraham Attah  foule les tapis rouges de Hollywood

    À 16 ans, le Ghanéen Abraham Attah  foule les tapis rouges de Hollywood

    Il est sous les feux des projecteurs depuis deux ans. À moins de vingt ans, Abraham Attah est promu à une longue carrière cinématographique.

    Il ressemble à l’un de ces jeunes collégiens que l’on rencontre sur le continent, tentant entre persévérances et de réussir. À le voir, difficile d’imaginer la réussite qu’il connaît avec son jeune âge. Abraham Attah est déjà à 16 ans l’un des acteurs les plus brillants de sa génération. Le succès d’Abraham Attah s’est dessiné de façon inattendue. Vendeur à la sauvette le jeune homme ne s’imaginait pas une carrière cinématographique. Mais son destin bascule un soir. Alors qu’il joue au football avec ses amis, Abraham Attah est repéré par un recruteur qui lui propose un casting pour le tournage de « Beats of Nation » de Cary Fukunaga.


    Pour quelqu’un qui était à son premier rôle, il a fait montre d’une maîtrise


    Le Ghanéen est choisi à l’issue du casting et se fait remarquer à la sortie du film en 2015. « Pour quelqu’un qui était à son premier rôle, il a fait montre d’une maîtrise », révèle un membre de l’équipe de tournage du film. Lui explique avoir eu « un peu peur pour sa première fois ». Dans le long métrage le jeune ghanéen incarne le rôle d’un enfant soldat. « C’était une expérience incroyable », se rappelée-il.

    Récompensé à Venise

    Aux côtés de l’acteur Idris Elba, Abraham Attah surnommé Agu impressionne dans son rôle « d’enfant africain enrôlé dans une armée de mercenaires ». Pour le directeur du film, le jeune ghanéen n’avait aucune expérience cinématographique, mais est devenu « un acteur professionnel incroyable à regarder ». À la sortie du film, les critiques se montrent positives sur le talent de ce jeune ghanéen arrivé au cinéma par hasard. « Je ne pensais devenir acteur », résume celui qui a également incarné en 2016 un rôle dans le court métrage « Out of Village » de Jonathan Stein.


    Il envisage se positionner comme le futur porte-étendard du septième art sur le continent africain


    Depuis, les récompenses tombent. Pour son rôle dans « Beats of Nation », Abraham Attah remporte le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir à la Mostra de Venise. Le jeune acteur obtient également le prix du meilleur acteur lors des Independant Spirit Awards. Vivant aux États-Unis, celui qui est originaire de la région du Grand Accra confirme tout son talent. En juillet dernier, il est apparu dans Spider-Man : Homecoming de Jon Watts, un film de science-fiction. Le jeune ghanéen espère incarner d’autres rôles à Hollywood pour enrichir sa jeune carrière. Convaincu de sa « célébrité précoce », il envisage se positionner comme le futur porte-étendard du septième art sur le continent africain. Mais il aimerait surtout « offrir des chances de réussite à des enfants déshérités », rassure son entourage.

     

  • Lévirat: les réalités d’une coutume de mariage décriée en Afrique

    Lévirat: les réalités d’une coutume de mariage décriée en Afrique

    Souvent décrié, le lévirat reste pratiqué et débouche dans la plupart des cas sur des mariages forcés ou consentis.

    Bobo-Dioulasso. Mayi, 35 ans. « Il y a deux ans après la décès de mon mari j’ai épousé son petit frère. Nous venons d’avoir des jumeaux ». Comme elle, d’autres femmes subissent le lévirat sur le continent. Et dans plusieurs sociétés de la sous-région ouest-africaine, la pratique continue en fonction des ethnies. Dans certaines familles, le décès d’un mari polygame voit même des fils se marier aux coépouses de leurs mamans biologiques. Si cette situation peut choquer, elle est pourtant lue comme une manière noble de prendre soin des veuves. Au Burkina Faso en ethnie mossi, la veuve fait d’ailleurs partie de « l’héritage du défunt ». « Elle revient à l’homme que la famille aura désigné », indique Patrice Bahala, anthropologue burkinabé.


    Un moyen pour  ne pas perdre la dot versée par le mari à sa belle-famille


    La femme est donc considérée comme un bien, justifie-t-on dans certaines sociétés. Elle est comptée parmi les « biens du défunt » pour être partagée. En République centrafricaine, le lévirat est expliqué comme un moyen « de ne pas perdre la dot versée par le mari à sa belle-famille ». Les dénonciations sans cesse constatées n’ont pas encore éteint les flammes du phénomène qui se voit encouragé par des personnes, à priori capables d’y mettre fin. « Des hommes instruits s’adonnent aussi à cette pratique », regrette un membre de WILDAF/Togo (Women in Law and Development in Africa), un réseau de femmes togolaises.

    Menaces et spoliations

    Dans la plupart des sociétés concernées où la pauvreté reste présente, le lévirat est un moyen de soutenir une famille endeuillée qu’on ne veut pas laisser dans l’indigence. Il est donc demandé à la veuve de se remarier dans la même famille. Elle et ses fils sont censés désormais être pris en charge par son nouveau mari qui est le frère du défunt. « Mes beaux-parents ont estimé que je ne devrais pas rester seule après la mort de mon mari », relate, dépitée, une Togolaise. Trentenaire, elle s’est enfuie de son village pour s’installer à Lomé avec son enfant de 5 ans. Plus de cinq ans après, même si elle s’est remariée, elle dénonce « la honteuse proposition » de son ancienne belle famille.

    Les femmes subissent également des menaces. Quand elles refusent, les familles leur mettent la pression. Cela débouche souvent sur des situations inimaginables. Originaire du sud du Bénin, Adakou, 45 ans, qui s’est désormais installée à Djougou au nord du pays, a vécu il y a huit ans ce qu’elle qualifie « d’épisode douloureux ». Contrainte d’épouser l’un des fils de son mari que ce dernier a eu avec une autre épouse, cette mère de deux garçons a refusé. « Je ne pouvais pas », confie-t-elle. Mais, poursuit-elle, « j’ai été menacé, ma belle-famille m’a même envoûtée. J’étais tombée malade et mes enfants m’ont été retirées. Mes parents ont dû faire des cérémonies pour me sauver. »


    Derrière l’idée de «prendre soin de l’épouse de son frère »


    Pour Kouadio Houoyi sociologue ivoirien, auteur d’une étude sur la question, il existe une autre face négative de la pratique. Selon l’universitaire, le prétendant de la femme endeuillée est souvent intéressé par l’héritage de son frère défunt. Derrière l’idée de « prendre soin de l’épouse de son frère », l’homme en profite pour contrôler l’héritage du défunt. Conséquence, les veuves et les orphelins vivent souvent de conditions de vie difficiles. Au Ghana où la pratique existe, certaines veuves se sont retrouvées laissées à elle-même après avoir épousé les petits frères de leurs maris. « Les terrains et les deux taxis de mon défunt mari ont été vendus. Mes enfants et moi n’avons rien eu », témoigne l’une d’entre elles. Kouadio Houoyi souligne cependant que toutes les femmes ne sont pas contre la pratique. « Il y a des femmes qui acceptent sans pression le lévirat ».

    Dénonciation et sensibilisation

    Pour combattre la pratique, les associations de défense des droits des femmes organisent des campagnes de sensibilisation. Soutenues par des campagnes médiatiques, ces séances de sensibilisation sont intensifiées à l’endroit des populations analphabètes. Au Sénégal, l’Association pour la promotion de la femme sénégalaise (Aprofes) sensibilise régulièrement les veuves sur les voies dont elles disposent pour « se libérer ». « On leur explique qu’on ne peut pas les forcer à se marier et qu’elles peuvent porter leur affaire en justice », explique un membre de l’Aprofes. Il faut dire que dans les pays de la sous-région, les pressions légales existent et les femmes ont le droit de dire non au mariage forcé. Cependant on note une absence de répression du lévirat dans les législations nationales.

    Sur un autre plan, des associations féministes ont été créées. Elles axent leur lutte sur une violence des droits des femmes et évoquent également le risque pour les victimes de contracter des maladies sexuellement transmissibles comme le VIH/SIDA. Mais « le combat contre le lévirat » se mène aussi sur le terrain économique. Des ONG s’impliquent dans la lutte pour l’élargissement de la couverture sociale dans les États. L’absence d’une inclusion financière dans les pays favorise le phénomène, reconnaît une élue de la sous-région. Propos confirmé par la sociologue Isabelle Gillette-Faye. Selon elle, le lévirat persiste dans les pays où on note une absence de système de sécurité sociale « au sens large du terme ». Lorsque la veuve ne peut plus gagner sa vie après le décès de son mari, elle accepte malgré elle de rester dans le foyer, de peur « de mourir de faim elle et ses enfants ».

    Mais dans les villes, la pratique est moins présente, certaines femmes ne cèdent pas non plus à la peur. A Lomé, une commerçante de 47 ans confie : « Une semaine après le décès de mon mari, mon beau-père m’a informé que je devrais aller vivre avec le petit frère de mon mari. J’étais abattue, quand deux jours après l’enterrement, le frère de mon mari exigeait de coucher avec moi. Nous avons déménagé mes enfants et moi pour louer dans un autre quartier. Pour moi c’était inacceptable. Aujourd’hui je suis libre. »

  • Sénégal: Youssou Ndour offre 75 millions à une mutuelle d’artistes

    Sénégal: Youssou Ndour offre 75 millions à une mutuelle d’artistes

    La star de la musique sénégalaise Youssou Ndour a été honorée hier à Tokyo au Japon avec le prix Preamium Imperiale. Après avoir reçu son prix, Youssou Ndour a souhaité mettre le prix au service d’une mutuelle d’artistes.

    « Ce prix démontre à quel point, la musique africaine joue un rôle très important dans le monde » a déclaré la star de la musique africaine, alors qui venait de recevoir le prestigieux prix Preamium Imperiale. « Notre parcours est peut-être exceptionnel, car nous avons eu à nous ouvrir très tôt. Je me souviens de cette chanson dans laquelle je disais que la musique n’a pas de frontières. C’est donc un encouragement pour la musique africaine. Particulièrement, la jeune génération », a-t-il ajouté. C’est avec ces mots que Youssou Ndour vole au secours de ses camarades artistes.

    L’artiste a décidé de verser l’intégralité des 75 millions à la mutuelle de santé des artistes. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse à Tokyo. Le leader du « Super étoile » veut, par ce geste, soutenir la Couverture maladie universelle (CMU) ».

    En effet, Youssou Ndour a toujours investi dans la musique et le social. A travers sa fondation qui œuvre pour l’éducation, la santé des enfants, dans d’autres domaines, l’artiste est engagé sans rien attendre en retour. De tels prix ne sont alors souvent qu’au bénéfice de ses projets philanthropiques.

    Pour rappel, le Premium imperial du Japon, prix pour les Arts, attribué par la famille impériale. Il a été décerné ce mercredi 18 octobre à Tokyo, par son altesse impériale, le prince Hitachi, frère cadet de l’Empereur du Japon.

  • A la découverte de Sodabi, le Whisky togolais vieux de plusieurs siècles

    A la découverte de Sodabi, le Whisky togolais vieux de plusieurs siècles

    Le Sodabi, ce spiritueux traditionnel très réputé dans la sous-région ouest-africaine, n’a pour autant pas une réputation saine. Au Togo, sa fabrication reste discrète et un secret gardé par un nombre restreint d’artisans.

    Il n’est de boisson qui ait gardé une grande popularité dans la sous-région ouest-africaine que cette eau-de-vie ancestrale obtenue à partir de la distillation du vin de palme. Il prend des noms différents. Au Togo et au Bénin, il est connu sous le nom de Sodabi. Au Ghana, il est plutôt appelé Akpétéshie comme les Nigérians le connaissent sous l’appellation d’Agoro.

    Réputé pour son mérite apéritif, au Togo comme partout ailleurs, le Sodabi a d’autres vertus, surtout quand il est mélangé avec d’autres ingrédients étrangers ou adjuvants tels des racines, écorces de plantes ou des herbes servant aussi d’arôme. Le Kasabréko ghanéen, a après analyse faite dans les laboratoires au Togo, suite à la saisie d’un stock par la police togolaise, révélée les vertus en virilité des quatre plants sur sept utilisés pour faire cette boisson. Même si la consommation de cette liqueur locale moins chère a franchi le cap de la différence de classe sociale, ou même s’il revêt un caractère socioéconomique non négligeable dans les sociétés traditionnelles, les distilleries sont souvent installées dans les brousses et la fabrication du Sodabi garde son caractère secret. Un fait lié à l’histoire selon l’enseignant-chercheur à l’Ecole Supérieure de Techniques Biologiques et Alimentaires, ingénieur en Industrie agro-alimentaires M. Elolo Osséi.

    En effet, la fabrique du Sodabi avait été interdite depuis les temps coloniaux, taxés d’avoir des inconvénients sur la santé dans le dessein de faire passer les liqueurs d’origines européennes. Une interdiction qui est restée en vigueur jusqu’au temps de l’ancien président Gnassingbé Eyadema.

    En 1989, M. Osséi a dirigé un mémoire d’un étudiant (DJATO Kanfoutiny) sur le Sodabi à l’issue duquel l’étudiant est arrivé à la conclusion selon laquelle le Sodabi n’a pas un impact négatif important sur la santé ; même si l’enseignant affirme que les machines utilisées moins sophistiquées n’avaient pas permis d’identifier le méthanol dans la liqueur. Actuellement, une thèse en cours dont les travaux de recherches ont été faits en Belgique dirigée par le même enseignant révèle la présence du méthanol (une substance qui a une conséquence sur la santé) dans le Sodabi, mais à une dose insignifiante.

    Si le procédé de fabrication de la boisson était, jusque-là, resté identique à celui des origines, d’autres procédés, moins « alambiqués » sont utilisés aujourd’hui pour obtenir ce nectar local.

    A consommer comme un Whisky

    Le discrédit jeté sur la liqueur, fondé parfois sur des observations très souvent erronées, est plus que devenu normal, même si rares sont les travaux basés sur cette eau-de-vie. Considérée comme ayant un impact direct et à coup sûr sur la santé, les recherches du doctorant Tagba démontrent (à quelque exception près) le contraire. En réalité, le suivi de sa production auprès d’une vingtaine de producteurs a permis d’identifier de différentes méthodes de production. Les résultats ont permis d’identifier les différentes composantes de cette boisson. La plupart des molécules mises évidence ne sont pas différentes dans d’autres spiritueux commercialisés comme le très consommé Whisky.

    Selon le maître de mémoire, aucun composé toxique majeur n’a été retrouvé hormis des traces insignifiantes de méthanol, des quantités qui ne constituent aucun risque de toxicité sérieux sur l’organisme. Selon l’enseignant, même le Sodabi fait avec des éléments comme les métaux qui ne servent qu’à dynamiser la fermentation de l’alcool, est en réalité sans effet nocif « puisqu’avec cette méthode de préparation, c’est la vapeur obtenue à partir des chauffages qui constituent le produit fini alors que les microbes ou la rouille ne peuvent pas se transformer en vapeur. La vapeur, c’est l’eau et l’alcool ». Dans ce cas de figure, si problème il devrait avoir, c’est la qualité potable de l’eau utilisée à la fin.

    En réalité, au Togo le Sodabi est présent lors de toutes les cérémonies importantes. Servant parfois de liaison entre le monde invisible et visible à en croire les producteurs et consommateurs, il devient quasi impossible de prohiber son breuvage. Mais puisque l’abus de tout alcool fut-il d’Europe, est nuisible, l’abus du Sodabi peut faire agir le méthanol sur la santé avec pour premier risque, la cécité.

    S’il est vrai que la présence des bars ou bistros dans un pays fait montre des soucis de la population, au Togo se sont les rideaux blancs qui foisonnent.