Le Nigeria reprĂ©sente ces derniĂšres annĂ©es, le pays le plus attirant du point de vue musical. Sur la scĂšne continentale, elles sont nombreuses, ces stars de musique nigĂ©riane Ă exporter leurs musiques aux quatre coins de lâAfrique et partout dans le monde. La musique a fabriquĂ© plusieurs millionnaires dans le pays, avec une mĂ©thode de distribution des produits musicaux assez rare : les tĂ©lĂ©chargements mobiles.
La musique, câest lâun des business qui fait des millionnaires au Nigeria. Pour lâannĂ©e 2015 par exemple, les revenus provenant des ventes de chansons dans ce pays ont atteint les 56 millions de dollars, selon Pricewaterhouse Coopers, un cabinet dâaudit. Ce cabinet prĂ©voit mĂȘme une Ă©volution atteignant le pic de 88 millions de dollars au cours des 3 prochaines annĂ©es. Ce succĂšs est imputable selon certains, Ă la montĂ©e du style Afrobeats devenu la marque culturelle du pays et portĂ© par des artistes qui assure la « rĂ©volution » comme Yemi Alade. Lâafrobeat, genre musical initiĂ© dans les annĂ©es 1970 par Fela Kuti, se retrouve ainsi mĂȘlĂ© Ă la musique Ă©lectronique, au rap, Ă la trap, pour un rĂ©sultat que le NigĂ©ria exporte sur tout le contient.
Asa, lâartiste internationale dâorigine nigĂ©riane sâest exprimĂ©e sur la production de son pays. Cette artiste reste convaincue que lâindustrie musicale nigĂ©riane doit ĂȘtre beaucoup plus au service du dĂ©veloppement du NigĂ©ria. « Les artistes peuvent payer des impĂŽts. Les taxes serviraient Ă aider Ă la construction de routes, la crĂ©ation de lâĂ©lectricitĂ©. Vous savez que vous devez Ă©tablir une sociĂ©tĂ© de gestion collective, de sorte que lorsque les stations de radio jouent les chansons, elles paient. Lorsque les produits, les marques, utilisent votre musique pour leurs pubs, elles peuvent payer lâartiste, tout comme le gouvernement, pour aider Ă construire un bon pays, » a-t-elle dĂ©clarĂ©.
En effet, tout comme lâindustrie cinĂ©matographie nigĂ©riane qui sâest finalement dĂ©mocratisĂ©e pour devenir la deuxiĂšme plus grande production mondiale, la musique nigĂ©riane fait des exploits sur un continent oĂč, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale la vie des artistes ne ressemble en rien dâenviable. Au NigĂ©ria, câest le contraire. Et le pays sâinvite mĂȘme aux Ătats-Unis, auprĂšs des stars mondiales. En exemple, le chanteur Wizkid a collaborĂ© sur le titre « One Dance » du Canadien Drake. Mais pas que. Il travaille aussi avec Tyga, lâun des patrons du gansta rap west coast. Tout comme, le duo de hip-hop P-Square qui sâest associĂ© au rappeur Rick Ross, ou encore Dâbanj Ă Kanye West, alors que Davido sâest associĂ© quant Ă lui Ă Meek Mill.
Au-delĂ de la piraterie
Au NigĂ©ria, un problĂšme persiste. Le manque de structures pose un rĂ©el problĂšme de protection des Ćuvres. Comme dans la grande majoritĂ© des pays africains, les artistes sont depuis longtemps livrĂ©s Ă eux-mĂȘmes faute de marchĂ© structurĂ©, fĂ©brile face Ă lâaffluence des piratages devenus la mode. A Abuja ou Ă Lagos, les copies de CD piratĂ©s ne sont pas rares. Dans cette situation, les artistes nigĂ©rians se sont frayĂ© des mĂ©thodes pour assurer des revenus de façon particuliĂšre : les revenus de lâindustrie musicale proviennent beaucoup plus des tĂ©lĂ©chargements en ligne, des opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie, de la publicitĂ© de marque. Au NigĂ©ria, les revenus issus de la musique sont dĂ©pendants des sonneries et des tonalitĂ©s dâattente.
En effet, les opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie donc principalement le gĂ©ant sud-africain MTN, se sont intĂ©ressĂ©s au potentiel du Nigeria, pays de 190 millions dâhabitants. Avec ses 60 millions dâabonnĂ©s dans le pays, lâopĂ©rateur MTN se veut le plus grand distributeur de musique au Nigeria, Ă travers la vente de sonneries (Ă 50 nairas, 0,25 dollar lâunitĂ©), et via sa plateforme de tĂ©lĂ©chargement MTN Music Plus, plateforme, mĂȘme si elle nâest pas trĂšs rĂ©putĂ©e en dehors du pays, se prĂ©sente comme un concurrent des leaders mondiaux de la musique en ligne comme iTunes en terme de nombre de tĂ©lĂ©chargements. « Il y a beaucoup de musiciens talentueux sur le marchĂ© â (…) qui peinaient Ă vendre leur musique. Nous leur avons permis de rentabiliser leur travail », a dĂ©clarĂ© Richard Iweanoge, directeur gĂ©nĂ©ral du marketing de MTN Nigeria.
Aussi original et particulier que ça puisse paraĂźtre, cette mĂ©thode nâest pas utilisĂ©e que par des artistes en herbes. Au contraire. Dâimmenses stars de lâafropop au Nigeria ont largement profitĂ© de ce nouveau marchĂ© comme Dâbanj, ou encore Davido. Ce ne sont pas des miettes que les NigĂ©rians tirent de cette nouvelle forme de distribution de leurs produits. Selon les chiffres de PWC, le seul tĂ©lĂ©chargement de sonneries peut leur rapporter jusquâĂ 350.000 dollars par an. De quoi rĂȘver faire des riches en quelques annĂ©es.







![Pornographie en Afrique, silence ça tourne! [EnquĂȘte]](https://afrotribune.com/wp-content/uploads/2017/11/camera-384x220.png)


Richesses culturelles


