Catégorie : Culture

  • Musique: le style Afrobeats  fait des millionnaires Ă  Lagos

    Musique: le style Afrobeats  fait des millionnaires à Lagos

    Le Nigeria reprĂ©sente ces derniĂšres annĂ©es, le pays le plus attirant du point de vue musical. Sur la scĂšne continentale, elles sont nombreuses, ces stars de musique nigĂ©riane Ă  exporter leurs musiques aux quatre coins de l’Afrique et partout dans le monde. La musique a fabriquĂ© plusieurs millionnaires dans le pays, avec une mĂ©thode de distribution des produits musicaux assez rare : les tĂ©lĂ©chargements mobiles.

    La musique, c’est l’un des business qui fait des millionnaires au Nigeria. Pour l’annĂ©e 2015 par exemple, les revenus provenant des ventes de chansons dans ce pays ont atteint les 56 millions de dollars, selon Pricewaterhouse Coopers, un cabinet d’audit. Ce cabinet prĂ©voit mĂȘme une Ă©volution atteignant le pic de 88 millions de dollars au cours des 3 prochaines annĂ©es. Ce succĂšs est imputable selon certains, Ă  la montĂ©e du style Afrobeats devenu la marque culturelle du pays et portĂ© par des artistes qui assure la « rĂ©volution » comme Yemi Alade. L’afrobeat, genre musical initiĂ© dans les annĂ©es 1970 par Fela Kuti, se retrouve ainsi mĂȘlĂ© Ă  la musique Ă©lectronique, au rap, Ă  la trap, pour un rĂ©sultat que le NigĂ©ria exporte sur tout le contient.

    Asa, l’artiste internationale d’origine nigĂ©riane s’est exprimĂ©e sur la production de son pays. Cette artiste reste convaincue que l’industrie musicale nigĂ©riane doit ĂȘtre beaucoup plus au service du dĂ©veloppement du NigĂ©ria. « Les artistes peuvent payer des impĂŽts. Les taxes serviraient Ă  aider Ă  la construction de routes, la crĂ©ation de lâ€˜Ă©lectricitĂ©. Vous savez que vous devez Ă©tablir une sociĂ©tĂ© de gestion collective, de sorte que lorsque les stations de radio jouent les chansons, elles paient. Lorsque les produits, les marques, utilisent votre musique pour leurs pubs, elles peuvent payer l’artiste, tout comme le gouvernement, pour aider Ă  construire un bon pays, » a-t-elle dĂ©clarĂ©.

    En effet, tout comme l’industrie cinĂ©matographie nigĂ©riane qui s’est finalement dĂ©mocratisĂ©e pour devenir la deuxiĂšme plus grande production mondiale, la musique nigĂ©riane fait des exploits sur un continent oĂč, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale la vie des artistes ne ressemble en rien d’enviable. Au NigĂ©ria, c’est le contraire. Et le pays s’invite mĂȘme aux États-Unis, auprĂšs des stars mondiales. En exemple, le chanteur Wizkid a collaborĂ© sur le titre « One Dance » du Canadien Drake. Mais pas que. Il travaille aussi avec Tyga, l’un des patrons du gansta rap west coast. Tout comme, le duo de hip-hop P-Square qui s’est associĂ© au rappeur Rick Ross, ou encore D’banj Ă  Kanye West, alors que Davido s’est associĂ© quant Ă  lui Ă  Meek Mill.

    Au-delĂ  de la piraterie

    Au NigĂ©ria, un problĂšme persiste. Le manque de structures pose un rĂ©el problĂšme de protection des Ɠuvres. Comme dans la grande majoritĂ© des pays africains, les artistes sont depuis longtemps livrĂ©s Ă  eux-mĂȘmes faute de marchĂ© structurĂ©, fĂ©brile face Ă  l’affluence des piratages devenus la mode. A Abuja ou Ă  Lagos, les copies de CD piratĂ©s ne sont pas rares. Dans cette situation, les artistes nigĂ©rians se sont frayĂ© des mĂ©thodes pour assurer des revenus de façon particuliĂšre : les revenus de l’industrie musicale proviennent beaucoup plus des tĂ©lĂ©chargements en ligne, des opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie, de la publicitĂ© de marque. Au NigĂ©ria, les revenus issus de la musique sont dĂ©pendants des sonneries et des tonalitĂ©s d’attente.

    En effet, les opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie donc principalement le gĂ©ant sud-africain MTN, se sont intĂ©ressĂ©s au potentiel du Nigeria, pays de 190 millions d’habitants. Avec ses 60 millions d’abonnĂ©s dans le pays, l’opĂ©rateur MTN se veut le plus grand distributeur de musique au Nigeria, Ă  travers la vente de sonneries (Ă  50 nairas, 0,25 dollar l’unitĂ©), et via sa plateforme de tĂ©lĂ©chargement MTN Music Plus, plateforme, mĂȘme si elle n’est pas trĂšs rĂ©putĂ©e en dehors du pays, se prĂ©sente comme un concurrent des leaders mondiaux de la musique en ligne comme iTunes en terme de nombre de tĂ©lĂ©chargements. « Il y a beaucoup de musiciens talentueux sur le marchĂ© — (…) qui peinaient Ă  vendre leur musique. Nous leur avons permis de rentabiliser leur travail », a dĂ©clarĂ© Richard Iweanoge, directeur gĂ©nĂ©ral du marketing de MTN Nigeria.

    Aussi original et particulier que ça puisse paraĂźtre, cette mĂ©thode n’est pas utilisĂ©e que par des artistes en herbes. Au contraire. D’immenses stars de l’afropop au Nigeria ont largement profitĂ© de ce nouveau marchĂ© comme D’banj, ou encore Davido. Ce ne sont pas des miettes que les NigĂ©rians tirent de cette nouvelle forme de distribution de leurs produits. Selon les chiffres de PWC, le seul tĂ©lĂ©chargement de sonneries peut leur rapporter jusqu’à 350.000 dollars par an. De quoi rĂȘver faire des riches en quelques annĂ©es.

  • NigĂ©ria: voici les artistes les plus riches de l’annĂ©e 2017

    NigĂ©ria: voici les artistes les plus riches de l’annĂ©e 2017

    En Afrique, l’hĂ©gĂ©monie nigĂ©riane va au-delĂ  de l’économie. En production cinĂ©matographie, le pays se positionne comme une masse mondiale et depuis quelques annĂ©es, le Nigeria exporte sa musique sur tout le reste du continent, aux États unis et en Europe.

    Le NigĂ©ria, ce n’est plus un secret : il est l’un des pays les plus dynamiques en matiĂšre de musiques urbaines sur le continent africain. De ce pays, Ă©mane une myriade de musiciens aussi concurrents entre eux, et dont les chansons font le tour du continent. Une industrie musicale assez importante, qui, Ă  l’image de celle amĂ©ricaine, fabrique des millionnaires, dont voici le top 5 des plus riches.

    Don Jazzy

    De son vrai nom Michael Collins Ajereh, Don Jazzy mĂ©lange judicieusement sa carriĂšre d’artiste avec la production, et ce statut presque particulier a fait de lui l’acteur musical le plus riche du NigĂ©ria de l’annĂ©e en cours. Don Jazzy est le patron de MAVIN, la maison de disques qui compte des vedettes comme Tiwa Savage, Korede Bello ou encore Iyanya. Pour l’annĂ©e 2017, Don Jazzy devrait valoir 6,5 milliards de nairas.

    Jidenna

    Bien qu’étant un musicien trĂšs talentueux, Jidenna est beaucoup moins connu au Nigeria, encore moins en Afrique qu’aux États-Unis. Jidenna Theodore Mobinson Al Amin est un NigĂ©rian nĂ© aux Etats-Unis. Tout comme Don Jazzy, il combine de façon habille son rĂŽle d’artiste avec la production musicale. Depuis qu’il s’est mis dans le domaine musical en 2012, ses chansons connaissent beaucoup de succĂšs aux États-Unis.

    Wizkid

    Ayodeji Ibrahim Balogoum, connu sous le nom de Wizkid, est un jeune homme aux potentiels musicaux inspirants. ConsacrĂ© meilleur artiste africain de l’annĂ©e 2017 au festival AFRIMA, sa rĂ©putation lui a donnĂ© sans aucun doute une position honorable Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur du NigĂ©ria. En plus de son Ă©tiquette de meilleur artiste de la maison Starboy, Wizkid a raclĂ© ces derniĂšres annĂ©es beaucoup de rĂ©compenses internationales. Selon les estimations, sa valeur actuelle se situe autour de 2,8 milliards de nairas.

    Davido

    David Adedeji Adeleke est le quatriĂšme artiste le plus riche du NigĂ©ria. Lui, il est l’exemple des rares artistes qui ont bĂąti leurs succĂšs sur un temps relativement court. Fils de milliardaire et filleul du plus riche homme d’Afrique – Aliko Dangote —, Davido a rĂ©ussi Ă  s’imposer au NigĂ©ria et mĂȘme Ă  exporter sa musique hors du continent. Au point oĂč, l’artiste a publiĂ© en juillet dernier une vidĂ©o sur les rĂ©seaux sociaux, en train de jubiler du fait que le joueur portugais Cristiano Ronaldo s’était abonnĂ© Ă  son compte Instagram, aprĂšs une chanson composĂ©e pour celui-ci. La super star a actuellement un contrat avec la maison Sony.

    P-Square :

    De maniĂšre fascinante, la combinaison de talents des jumeaux Peter et Paul Okoye a sĂ©duit toute l’Afrique et mĂȘme les États-Unis. AprĂšs avoir remportĂ© de nombreux prix de leurs albums les plus vendus au NigĂ©ria et Ă  l’étranger, les deux frĂšres ont une base de fans assez considĂ©rable sur le continent. Ils dĂ©tiennent Ă©galement d’importants contrats.

     

  • Pornographie en Afrique, silence ça tourne! [EnquĂȘte]

    Pornographie en Afrique, silence ça tourne! [EnquĂȘte]

    S’appeler acteur de la pornographie en Afrique, pratique qui, cela va de soi, rebute la morale, n’est pas chose aisĂ©e. Le sexe en gĂ©nĂ©ral d’ailleurs reste un sujet interdit. Une omerta.

    Phase de croisiĂšre : la pornographie, contre vents et marĂ©e, se dĂ©mocratise en Afrique. Le marchĂ© d’écoulement des produits X reste charitablement spacieux. A Dakar, c’est la mise en ligne d’un site web, censĂ© faire la promotion des films X made in SĂ©nĂ©gal qui a suscitĂ© le courroux auprĂšs des Ă©vangĂ©listes de la morale. A Lagos ou Ă  Abuja, ces genres d’entreprises ne font plus l’apanage d’une tranche de personnes dĂ©vouĂ©es, conscientes du risque et de la menace socioculturelle qu’ils encourent, et qui l’assument comme une tendance « fiers d’ĂȘtre ».

    En Afrique, la pornographie se fait dans tous les coins, Ă  l’aide de quelques moyens fort peu onĂ©reux. Douala, Kinshasa, Brazza, Abidjan, Accra, Johannesburg
 on ne le dira jamais assez. Aussi longtemps qu’il est improbable d’arriver Ă  une sociĂ©tĂ© sans prostitution, il est difficile de combattre la pornographie.

    Entre ces deux mondes, existe juste une passerelle. Les choses sont peut-ĂȘtre liĂ©es au dĂ©veloppement. Pour AmĂ©ly-James Koh qui milite contre la prostitution, « le secteur de la pornographie est en « dĂ©veloppement constant » sur le continent. C’est aussi le cas Ă  l’international oĂč l’on remarque de plus en plus de noirs dans « les produits X ». Cela « rĂ©pond Ă  un culte du corps noir, Ă  un dĂ©sir d’exotisme », explique AmĂ©ly-James Koh. Comme quoi, la perle est nĂšgre, la prééminence est hellĂšne. On n’est pas loin d’une Porn Valley en Afrique.

    Industrie pornographique en Afrique : la success story

    « Il existe une industrie de production pornographique en Afrique. Mais c’est difficile de quantifier avec prĂ©cision ses succĂšs », confie un chercheur sud-africain auteur d’un livre Ă  paraĂźtre sur la question. « La pratique reste encore souterraine. La plupart de ses barrons sont inconnus », poursuit-il.

    Sur Internet, plus de 35% des tĂ©lĂ©chargements effectuĂ©s contiennent de la pornographie. Les sites pour adultes occupent 4,41 % de l’ensemble des visites mondiales, et les plus importants comptabilisent jusqu’Ă  4,4 milliards de pages vues par mois. En Afrique, « il existe Ă  Douala et Abidjan des jeunes femmes qui suivent des leçons pour dĂ©couvrir les diffĂ©rentes techniques du porno. Et naturellement, les « instructeurs » n’hĂ©sitent pas Ă  donner des cours pratiques aux femmes tout en Ă©valuant les capacitĂ©s des hommes qui veulent ĂȘtre ‘hardeurs’ », tĂ©moigne Koh Bela. Une Ă©tude menĂ©e par le site TheNextWeb.com a rĂ©vĂ©lĂ© le classement des pays ayant le plus de sites pornos hĂ©bergĂ©s sur leur territoire. Ce classement dĂ©voile en deuxiĂšme position, un pays africain : l’Egypte, un pays malgrĂ© tout, trĂšs conservateur. Mais l’Afrique du Sud reste un leader sur le continent. L’industrie du sexe reprĂ©senterait dans le pays prĂšs de 60 millions de rands.

    Il y a Ă©galement le NigĂ©ria et d’autres pays comme le Cameroun qui sont des pĂŽles de production de films X. Pornographie C’est ainsi que le NigĂ©ria qui abrite l’une des plus importantes industries cinĂ©matographiques de la planĂšte a dĂ©cidĂ© d’exporter des vidĂ©os et d’élaborer diffĂ©rents types de contenus. Ces contenus « sont diffusĂ©s en ligne sur divers portails Web », affirme Philippe Di Folco. Ce dernier, auteur du cĂ©lĂšbre « Dictionnaire de la Pornographie », confirme que « la demande est forte chez les classes moyennes supĂ©rieures et infĂ©rieures qui se sont Ă©quipĂ©es en matĂ©riel vidĂ©o ».

    Pour Ă©voluer, l’industrie de la pornographie tente de rĂ©sister et de contourner les piratages vidĂ©os et la lĂ©gislation. La production ou la diffusion de pornographie Ă©tant interdites dans plusieurs pays, les Ă©quipes rusent. Elles dissimulent leurs rĂ©elles intentions pour dĂ©crocher des autorisations de tournage, procĂ©dĂ© machinal au Maroc, destination prisĂ©e, ou elles font jouer leur rĂ©seau d’influence.

    Le co-fondateur du rĂ©seau pour adultes Sondeza, Tau Morena, a rĂ©vĂ©lĂ© que l’industrie du sexe reprĂ©sente un volume de 6,1 millions d’euros, des chiffres qui restent encore nĂ©anmoins Ă  vĂ©rifier. Selon toujours ses donnĂ©es, l’Afrique du Sud en 1990 Ă©coulait environ un million de productions chaque annĂ©e contre actuellement 150.000 en moyenne. Loin de parler d’un dĂ©sintĂ©rĂȘt des consommateurs, cette situation s’explique plutĂŽt par une rĂ©volution numĂ©rique forte en Afrique.

    La pornographie est dĂ©localisĂ©e des CD traditionnels, exposĂ©s Ă  des risques de censures, vers le web oĂč le contrĂŽle est difficile, et oĂč la pudeur et la morale sont (dorĂ©navant) foulĂ©es au pied.

    Devenir un(e) pornographe n’est plus soumis en Afrique Ă  un exercice de casting. Un smartphone et une connexion internet, suffisent pour attirer beaucoup de consommateurs sur un Ă©bat sexuel nouvellement mis en ligne. De l’autre cĂŽtĂ©, la consommation devient plus facile. Pas la peine de dĂ©bourser une somme (souvent comprise entre 500 F CFA et 6.000 F CFA) pour s’offrir un CD. Geste mal en vue d’ailleurs


    Faire ou ne pas faire : en Afrique, que disent les lois ?

    La pornographie est de plus en plus prĂ©sente dans le quotidien des Africains grĂące au web et les chaines de tĂ©lĂ©vision aussi Ă©trangĂšres que locales. Cependant les lois de certains pays ne l’autorisent pas.

    Un grand nombre de pays rĂ©glementent strictement la libertĂ© de publication des Ɠuvres pornographiques en contrĂŽlant l’ñge minimum, les lieux d’accĂšs ou le type d’images qui peuvent ĂȘtre reprĂ©sentĂ©es. Au Nigeria, les autoritĂ©s de Lagos ont fini par demander aux parents de surveiller strictement leurs enfants.

    Dans la mĂȘme veine, le SĂ©nĂ©gal a adoptĂ© en 2007 une loi portant sur la CybercriminalitĂ©. Un accent particulier est mis sur la pornographie infantile, dĂ©finie selon cette loi comme « toute donnĂ©e quelle qu’en soit la nature ou la forme reprĂ©sentant de maniĂšre visuelle un mineur se livrant Ă  un agissement sexuellement explicite ou des images rĂ©alistes reprĂ©sentant un mineur se livrant Ă  un comportement sexuellement explicite ». La constitution prĂ©voit d’ailleurs une peine d’emprisonnement de cinq (5) Ă  dix (10) ans et d’une amende de 5.000.000 Ă  15.000.000 de francs CFA

    Au Togo, mĂȘme son de cloche. Le pays n’est pas encore comme un grand producteur cinĂ©matographique, encore moins des films X. La pornographie rentre dans les infractions de proxĂ©nĂ©tisme et des actes contre nature. Elle est donc punie. La peine peut ĂȘtre un emprisonnement de 3 ans Ă  perpĂ©tuitĂ©.  En Ouganda, autre nouveau pĂŽle Ă©mergent de cette « activitĂ© illĂ©gale », une loi adoptĂ©e en 2014 prĂ©voit une peine pour les pratiquants. D’ailleurs, les autoritĂ©s y vont jusqu’à interdire d’ailleurs les mini-jupes jugĂ©es comme
 « signe annonciateur ». Le Soudan du Sud, pays caractĂ©risĂ© par une instabilitĂ© politique, prĂ©voit dans son code pĂ©nal trois ans de prison.

    Selon un jeune pornographe bĂ©ninois, la pornographie en Afrique « favorise l’émancipation de la communautĂ© noire ». Peut-ĂȘtre pas faux. Selon Koh Bela « en CĂŽte d’Ivoire, au Cameroun
 les acteurs pornos sont adulĂ©s et prĂ©sentĂ©s comme des modĂšles de rĂ©ussite pour la jeunesse, qui ne se fait pas prier en cas de sollicitation ». On l’ignore peut-ĂȘtre, ĂȘtre pornographe en Afrique, c’est aussi entreprendre. Mais demandez aux dĂ©fenseurs de la morale, ils vous diront naturellement le contraire : la pornographie est autant ignoble vis-Ă -vis de la religion que de l’éthique.

  • Tina Kunakey: l’icĂŽne togolaise qui a foulĂ© le tapis rouge de Cannes

    Tina Kunakey: l’icĂŽne togolaise qui a foulĂ© le tapis rouge de Cannes

    La vingtaine dĂ©passĂ©e, l’Italienne d’origine togolaise, connait une grande carriĂšre professionnelle dans le monde du mannequinat.

    MalgrĂ© son jeune Ăąge, Tina Kunakey est convoitĂ©e par plusieurs agences de mannequins. NĂ©e Ă  Toulouse d’un pĂšre d’origine togolaise et d’une mĂšre italienne, celle qui s’est trĂšs tĂŽt installĂ©e Ă  Madrid pour des Ă©tudes au lycĂ©e français de la capitale espagnole s’habitue depuis ses 15 ans Ă  la vie de stars. Polyglotte, Tina Kunakey parle bien l’anglais, le français, l’espagnol et maĂźtrise un peu l’italien.

    En France oĂč elle est nĂ©e et a vĂ©cu quelques annĂ©es Ă  Toulouse et Biarritz, la Togolaise d’origine s’est fait remarquer Ă  travers des apparitions dans le clip de la chanson DanjĂ© du rappeur français Kalash et celui de la chanson Belinda de Mat Pokora.

    Vie de stars

    Tina Kunakey vit Ă  Londres et est mannequin dans une agence espagnole. TrĂšs suivie sur les rĂ©seaux sociaux, la mannequin compte plus de 70 000 followers sur son compte Instagram. Celle qui est dĂ©jĂ  apparue dans « Vogue Italie » ne cache pas son admiration pour d’autres femmes plus connues. « J’aime Irina Shayk, Cindy Bruna, Joan Smalls, et Bella Hadid ».

    Tournant remarquable dans sa vie depuis 2016, sa relation avec l’acteur et rĂ©alisateur français Vincent Cassel. Ce dernier plus ĂągĂ© qu’elle de 30 ans a officialisĂ© leur histoire d’amour en s’affichant avec elle sur le tapis rouge lors du dĂ©filĂ© Victoria’s Secret en novembre 2016. Une union avec le cĂ©lĂšbre acteur français dans laquelle le mannequin de Mad Model Mana­ge­ment et SUPA Model Mana­ge­ment confie ĂȘtre heureuse. L’Italo-Togolaise a encore une longue carriĂšre devant elle.

  • Qui sont-ils les Mangbetu, ces Africains aux crĂąnes allongĂ©s ?

    Qui sont-ils les Mangbetu, ces Africains aux crùnes allongés ?

    Présents en Afrique centrale les Mangbetu vivent de nos jours en République démocratique du Congo et en Ouganga.

    Les Mangbetu sont originaires de l’ancienne Nubie. Peuple essentiellement nilosoudanais, c’est sous Nabiembali que s’est construit le royaume Mangbetu qui a connu son apogĂ©e au XIXe siĂšcle. Mais le rĂšgne de Nabiembali puis celui de Mbunza ont Ă©tĂ© interrompus par des colons. Les Mangbetu ont Ă©tĂ© colonisĂ©s par les Belges. Peu nombreux, ils sont estimĂ©s aujourd’hui estimĂ©s Ă  moins d’un million. Ils sont aussi reconnaissables pour leurs traits physiques. « Ce sont gĂ©nĂ©ralement des hommes forts avec un physique qui peut intimider », explique un sociologue. Les Mangbetu sont toutefois confondus aux MakĂ©rĂ©, terme dĂ©signant d’autres clans de la rĂ©gion.

    Les Mangbetu vivent dans une sociĂ©tĂ© patriarcale. Ils se distinguent en effet par une pratique qui consiste Ă  donner une forme allongĂ©e Ă  la tĂȘte de leurs enfants aprĂšs leur naissance. « Les tĂȘtes des enfants sont enveloppĂ©es dans des cordelettes aprĂšs naissance », explique un enseignant chercheur congolais. Ce dernier ajoute que les tĂȘtes des enfants peuvent rester enveloppĂ©es pendant une annĂ©e. AprĂšs consolidation des os, le crĂąne prend ainsi une forme allongĂ©e. « Cela symbolise l’intelligence. En plus cela rend beau », explique Polycarpe, natif de la province orientale au nord-est de la RDC. Mais cette pratique appelĂ©e lipombo est dĂ©laissĂ©e pour cause d’une forte christianisation de la sociĂ©tĂ©.

    Richesses culturelles

    Si la religion chrĂ©tienne est dĂ©sormais ancrĂ©e dans la sociĂ©tĂ© mangbetu, prĂšs de 10 % de ce peuple reste encore attachĂ© Ă  la tradition. En pays Mangbetu les populations parlent une langue soudanaise du groupe des langues nilo-sahariennes appelĂ©e Meje. Mais compte tenu du brassage avec d’autres peuples, les Mangbetu parlent Ă©galement le Lombi comme seconde langue. C’est un peuple d’agriculteurs. Également connus pour la qualitĂ© de leur figure en bois, les Mangbetu sont de bons sculpteurs. On retrouve parmi ce peuple des forgerons, mais aussi des gens qui s’adonnent Ă  l’élevage.

    Les hommes mangbetu sont plus habituĂ©s Ă  tresser de longues barbiches tandis que les femmes tressent leurs cheveux en fonction de leur rang social. À leurs cheveux tressĂ©s sont parfois ajoutĂ©s des poils d’élĂ©phants ou du crin de girafe. Une belle coiffure qui repose souvent sur un socle en bois dressĂ© derriĂšre la tĂȘte et soutenu par des Ă©pingles d’os de singe. « Les femmes au rang social Ă©levĂ© ont souvent plusieurs Ă©pingles », reconnaĂźt un ethnologue, auteur d’une Ă©tude sur les Mangbetu. Avant d’ajouter : « Certaines de leurs pratiques sont de nos jours abandonnĂ©es. Mais c’est un peuple qui garde encore des richesses ».

  • À 16 ans, le GhanĂ©en Abraham Attah  foule les tapis rouges de Hollywood

    À 16 ans, le GhanĂ©en Abraham Attah  foule les tapis rouges de Hollywood

    Il est sous les feux des projecteurs depuis deux ans. À moins de vingt ans, Abraham Attah est promu Ă  une longue carriĂšre cinĂ©matographique.

    Il ressemble Ă  l’un de ces jeunes collĂ©giens que l’on rencontre sur le continent, tentant entre persĂ©vĂ©rances et de rĂ©ussir. À le voir, difficile d’imaginer la rĂ©ussite qu’il connaĂźt avec son jeune Ăąge. Abraham Attah est dĂ©jĂ  Ă  16 ans l’un des acteurs les plus brillants de sa gĂ©nĂ©ration. Le succĂšs d’Abraham Attah s’est dessinĂ© de façon inattendue. Vendeur Ă  la sauvette le jeune homme ne s’imaginait pas une carriĂšre cinĂ©matographique. Mais son destin bascule un soir. Alors qu’il joue au football avec ses amis, Abraham Attah est repĂ©rĂ© par un recruteur qui lui propose un casting pour le tournage de « Beats of Nation » de Cary Fukunaga.


    Pour quelqu’un qui Ă©tait Ă  son premier rĂŽle, il a fait montre d’une maĂźtrise


    Le GhanĂ©en est choisi Ă  l’issue du casting et se fait remarquer Ă  la sortie du film en 2015. « Pour quelqu’un qui Ă©tait Ă  son premier rĂŽle, il a fait montre d’une maĂźtrise », rĂ©vĂšle un membre de l’équipe de tournage du film. Lui explique avoir eu « un peu peur pour sa premiĂšre fois ». Dans le long mĂ©trage le jeune ghanĂ©en incarne le rĂŽle d’un enfant soldat. « C’était une expĂ©rience incroyable », se rappelĂ©e-il.

    Récompensé à Venise

    Aux cĂŽtĂ©s de l’acteur Idris Elba, Abraham Attah surnommĂ© Agu impressionne dans son rĂŽle « d’enfant africain enrĂŽlĂ© dans une armĂ©e de mercenaires ». Pour le directeur du film, le jeune ghanĂ©en n’avait aucune expĂ©rience cinĂ©matographique, mais est devenu « un acteur professionnel incroyable Ă  regarder ». À la sortie du film, les critiques se montrent positives sur le talent de ce jeune ghanĂ©en arrivĂ© au cinĂ©ma par hasard. « Je ne pensais devenir acteur », rĂ©sume celui qui a Ă©galement incarnĂ© en 2016 un rĂŽle dans le court mĂ©trage « Out of Village » de Jonathan Stein.


    Il envisage se positionner comme le futur porte-étendard du septiÚme art sur le continent africain


    Depuis, les rĂ©compenses tombent. Pour son rĂŽle dans « Beats of Nation », Abraham Attah remporte le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir Ă  la Mostra de Venise. Le jeune acteur obtient Ă©galement le prix du meilleur acteur lors des Independant Spirit Awards. Vivant aux États-Unis, celui qui est originaire de la rĂ©gion du Grand Accra confirme tout son talent. En juillet dernier, il est apparu dans Spider-Man : Homecoming de Jon Watts, un film de science-fiction. Le jeune ghanĂ©en espĂšre incarner d’autres rĂŽles Ă  Hollywood pour enrichir sa jeune carriĂšre. Convaincu de sa « cĂ©lĂ©britĂ© prĂ©coce », il envisage se positionner comme le futur porte-Ă©tendard du septiĂšme art sur le continent africain. Mais il aimerait surtout « offrir des chances de rĂ©ussite Ă  des enfants dĂ©shĂ©ritĂ©s », rassure son entourage.

     

  • LĂ©virat: les rĂ©alitĂ©s d’une coutume de mariage dĂ©criĂ©e en Afrique

    LĂ©virat: les rĂ©alitĂ©s d’une coutume de mariage dĂ©criĂ©e en Afrique

    Souvent décrié, le lévirat reste pratiqué et débouche dans la plupart des cas sur des mariages forcés ou consentis.

    Bobo-Dioulasso. Mayi, 35 ans. « Il y a deux ans aprĂšs la dĂ©cĂšs de mon mari j’ai Ă©pousĂ© son petit frĂšre. Nous venons d’avoir des jumeaux ». Comme elle, d’autres femmes subissent le lĂ©virat sur le continent. Et dans plusieurs sociĂ©tĂ©s de la sous-rĂ©gion ouest-africaine, la pratique continue en fonction des ethnies. Dans certaines familles, le dĂ©cĂšs d’un mari polygame voit mĂȘme des fils se marier aux coĂ©pouses de leurs mamans biologiques. Si cette situation peut choquer, elle est pourtant lue comme une maniĂšre noble de prendre soin des veuves. Au Burkina Faso en ethnie mossi, la veuve fait d’ailleurs partie de « l’hĂ©ritage du dĂ©funt ». « Elle revient Ă  l’homme que la famille aura dĂ©signé », indique Patrice Bahala, anthropologue burkinabĂ©.


    Un moyen pour  ne pas perdre la dot versée par le mari à sa belle-famille


    La femme est donc considĂ©rĂ©e comme un bien, justifie-t-on dans certaines sociĂ©tĂ©s. Elle est comptĂ©e parmi les « biens du dĂ©funt » pour ĂȘtre partagĂ©e. En RĂ©publique centrafricaine, le lĂ©virat est expliquĂ© comme un moyen « de ne pas perdre la dot versĂ©e par le mari Ă  sa belle-famille ». Les dĂ©nonciations sans cesse constatĂ©es n’ont pas encore Ă©teint les flammes du phĂ©nomĂšne qui se voit encouragĂ© par des personnes, Ă  priori capables d’y mettre fin. « Des hommes instruits s’adonnent aussi Ă  cette pratique », regrette un membre de WILDAF/Togo (Women in Law and Development in Africa), un rĂ©seau de femmes togolaises.

    Menaces et spoliations

    Dans la plupart des sociĂ©tĂ©s concernĂ©es oĂč la pauvretĂ© reste prĂ©sente, le lĂ©virat est un moyen de soutenir une famille endeuillĂ©e qu’on ne veut pas laisser dans l’indigence. Il est donc demandĂ© Ă  la veuve de se remarier dans la mĂȘme famille. Elle et ses fils sont censĂ©s dĂ©sormais ĂȘtre pris en charge par son nouveau mari qui est le frĂšre du dĂ©funt. « Mes beaux-parents ont estimĂ© que je ne devrais pas rester seule aprĂšs la mort de mon mari », relate, dĂ©pitĂ©e, une Togolaise. Trentenaire, elle s’est enfuie de son village pour s’installer Ă  LomĂ© avec son enfant de 5 ans. Plus de cinq ans aprĂšs, mĂȘme si elle s’est remariĂ©e, elle dĂ©nonce « la honteuse proposition » de son ancienne belle famille.

    Les femmes subissent Ă©galement des menaces. Quand elles refusent, les familles leur mettent la pression. Cela dĂ©bouche souvent sur des situations inimaginables. Originaire du sud du BĂ©nin, Adakou, 45 ans, qui s’est dĂ©sormais installĂ©e Ă  Djougou au nord du pays, a vĂ©cu il y a huit ans ce qu’elle qualifie « d’épisode douloureux ». Contrainte d’épouser l’un des fils de son mari que ce dernier a eu avec une autre Ă©pouse, cette mĂšre de deux garçons a refusĂ©. « Je ne pouvais pas », confie-t-elle. Mais, poursuit-elle, « j’ai Ă©tĂ© menacĂ©, ma belle-famille m’a mĂȘme envoĂ»tĂ©e. J’étais tombĂ©e malade et mes enfants m’ont Ă©tĂ© retirĂ©es. Mes parents ont dĂ» faire des cĂ©rĂ©monies pour me sauver. »


    DerriĂšre l’idĂ©e de «prendre soin de l’épouse de son frĂšre »


    Pour Kouadio Houoyi sociologue ivoirien, auteur d’une Ă©tude sur la question, il existe une autre face nĂ©gative de la pratique. Selon l’universitaire, le prĂ©tendant de la femme endeuillĂ©e est souvent intĂ©ressĂ© par l’hĂ©ritage de son frĂšre dĂ©funt. DerriĂšre l’idĂ©e de « prendre soin de l’épouse de son frĂšre », l’homme en profite pour contrĂŽler l’hĂ©ritage du dĂ©funt. ConsĂ©quence, les veuves et les orphelins vivent souvent de conditions de vie difficiles. Au Ghana oĂč la pratique existe, certaines veuves se sont retrouvĂ©es laissĂ©es Ă  elle-mĂȘme aprĂšs avoir Ă©pousĂ© les petits frĂšres de leurs maris. « Les terrains et les deux taxis de mon dĂ©funt mari ont Ă©tĂ© vendus. Mes enfants et moi n’avons rien eu », tĂ©moigne l’une d’entre elles. Kouadio Houoyi souligne cependant que toutes les femmes ne sont pas contre la pratique. « Il y a des femmes qui acceptent sans pression le lĂ©virat ».

    Dénonciation et sensibilisation

    Pour combattre la pratique, les associations de dĂ©fense des droits des femmes organisent des campagnes de sensibilisation. Soutenues par des campagnes mĂ©diatiques, ces sĂ©ances de sensibilisation sont intensifiĂ©es Ă  l’endroit des populations analphabĂštes. Au SĂ©nĂ©gal, l’Association pour la promotion de la femme sĂ©nĂ©galaise (Aprofes) sensibilise rĂ©guliĂšrement les veuves sur les voies dont elles disposent pour « se libĂ©rer ». « On leur explique qu’on ne peut pas les forcer Ă  se marier et qu’elles peuvent porter leur affaire en justice », explique un membre de l’Aprofes. Il faut dire que dans les pays de la sous-rĂ©gion, les pressions lĂ©gales existent et les femmes ont le droit de dire non au mariage forcĂ©. Cependant on note une absence de rĂ©pression du lĂ©virat dans les lĂ©gislations nationales.

    Sur un autre plan, des associations fĂ©ministes ont Ă©tĂ© créées. Elles axent leur lutte sur une violence des droits des femmes et Ă©voquent Ă©galement le risque pour les victimes de contracter des maladies sexuellement transmissibles comme le VIH/SIDA. Mais « le combat contre le lĂ©virat » se mĂšne aussi sur le terrain Ă©conomique. Des ONG s’impliquent dans la lutte pour l’élargissement de la couverture sociale dans les États. L’absence d’une inclusion financiĂšre dans les pays favorise le phĂ©nomĂšne, reconnaĂźt une Ă©lue de la sous-rĂ©gion. Propos confirmĂ© par la sociologue Isabelle Gillette-Faye. Selon elle, le lĂ©virat persiste dans les pays oĂč on note une absence de systĂšme de sĂ©curitĂ© sociale « au sens large du terme ». Lorsque la veuve ne peut plus gagner sa vie aprĂšs le dĂ©cĂšs de son mari, elle accepte malgrĂ© elle de rester dans le foyer, de peur « de mourir de faim elle et ses enfants ».

    Mais dans les villes, la pratique est moins prĂ©sente, certaines femmes ne cĂšdent pas non plus Ă  la peur. A LomĂ©, une commerçante de 47 ans confie : « Une semaine aprĂšs le dĂ©cĂšs de mon mari, mon beau-pĂšre m’a informĂ© que je devrais aller vivre avec le petit frĂšre de mon mari. J’étais abattue, quand deux jours aprĂšs l’enterrement, le frĂšre de mon mari exigeait de coucher avec moi. Nous avons dĂ©mĂ©nagĂ© mes enfants et moi pour louer dans un autre quartier. Pour moi c’était inacceptable. Aujourd’hui je suis libre. »

  • SĂ©nĂ©gal: Youssou Ndour offre 75 millions Ă  une mutuelle d’artistes

    SĂ©nĂ©gal: Youssou Ndour offre 75 millions Ă  une mutuelle d’artistes

    La star de la musique sĂ©nĂ©galaise Youssou Ndour a Ă©tĂ© honorĂ©e hier Ă  Tokyo au Japon avec le prix Preamium Imperiale. AprĂšs avoir reçu son prix, Youssou Ndour a souhaitĂ© mettre le prix au service d’une mutuelle d’artistes.

    « Ce prix dĂ©montre Ă  quel point, la musique africaine joue un rĂŽle trĂšs important dans le monde » a dĂ©clarĂ© la star de la musique africaine, alors qui venait de recevoir le prestigieux prix Preamium Imperiale. « Notre parcours est peut-ĂȘtre exceptionnel, car nous avons eu Ă  nous ouvrir trĂšs tĂŽt. Je me souviens de cette chanson dans laquelle je disais que la musique n’a pas de frontiĂšres. C’est donc un encouragement pour la musique africaine. ParticuliĂšrement, la jeune gĂ©nĂ©ration », a-t-il ajoutĂ©. C’est avec ces mots que Youssou Ndour vole au secours de ses camarades artistes.

    L’artiste a dĂ©cidĂ© de verser l’intĂ©gralitĂ© des 75 millions Ă  la mutuelle de santĂ© des artistes. L’annonce a Ă©tĂ© faite lors d’une confĂ©rence de presse Ă  Tokyo. Le leader du « Super Ă©toile » veut, par ce geste, soutenir la Couverture maladie universelle (CMU) ».

    En effet, Youssou Ndour a toujours investi dans la musique et le social. A travers sa fondation qui Ɠuvre pour l’éducation, la santĂ© des enfants, dans d’autres domaines, l’artiste est engagĂ© sans rien attendre en retour. De tels prix ne sont alors souvent qu’au bĂ©nĂ©fice de ses projets philanthropiques.

    Pour rappel, le Premium imperial du Japon, prix pour les Arts, attribuĂ© par la famille impĂ©riale. Il a Ă©tĂ© dĂ©cernĂ© ce mercredi 18 octobre Ă  Tokyo, par son altesse impĂ©riale, le prince Hitachi, frĂšre cadet de l’Empereur du Japon.

  • A la dĂ©couverte de Sodabi, le Whisky togolais vieux de plusieurs siĂšcles

    A la découverte de Sodabi, le Whisky togolais vieux de plusieurs siÚcles

    Le Sodabi, ce spiritueux traditionnel trĂšs rĂ©putĂ© dans la sous-rĂ©gion ouest-africaine, n’a pour autant pas une rĂ©putation saine. Au Togo, sa fabrication reste discrĂšte et un secret gardĂ© par un nombre restreint d’artisans.

    Il n’est de boisson qui ait gardĂ© une grande popularitĂ© dans la sous-rĂ©gion ouest-africaine que cette eau-de-vie ancestrale obtenue Ă  partir de la distillation du vin de palme. Il prend des noms diffĂ©rents. Au Togo et au BĂ©nin, il est connu sous le nom de Sodabi. Au Ghana, il est plutĂŽt appelĂ© AkpĂ©tĂ©shie comme les NigĂ©rians le connaissent sous l’appellation d’Agoro.

    RĂ©putĂ© pour son mĂ©rite apĂ©ritif, au Togo comme partout ailleurs, le Sodabi a d’autres vertus, surtout quand il est mĂ©langĂ© avec d’autres ingrĂ©dients Ă©trangers ou adjuvants tels des racines, Ă©corces de plantes ou des herbes servant aussi d’arĂŽme. Le KasabrĂ©ko ghanĂ©en, a aprĂšs analyse faite dans les laboratoires au Togo, suite Ă  la saisie d’un stock par la police togolaise, rĂ©vĂ©lĂ©e les vertus en virilitĂ© des quatre plants sur sept utilisĂ©s pour faire cette boisson. MĂȘme si la consommation de cette liqueur locale moins chĂšre a franchi le cap de la diffĂ©rence de classe sociale, ou mĂȘme s’il revĂȘt un caractĂšre socioĂ©conomique non nĂ©gligeable dans les sociĂ©tĂ©s traditionnelles, les distilleries sont souvent installĂ©es dans les brousses et la fabrication du Sodabi garde son caractĂšre secret. Un fait liĂ© Ă  l’histoire selon l’enseignant-chercheur Ă  l’Ecole SupĂ©rieure de Techniques Biologiques et Alimentaires, ingĂ©nieur en Industrie agro-alimentaires M. Elolo OssĂ©i.

    En effet, la fabrique du Sodabi avait Ă©tĂ© interdite depuis les temps coloniaux, taxĂ©s d’avoir des inconvĂ©nients sur la santĂ© dans le dessein de faire passer les liqueurs d’origines europĂ©ennes. Une interdiction qui est restĂ©e en vigueur jusqu’au temps de l’ancien prĂ©sident GnassingbĂ© Eyadema.

    En 1989, M. OssĂ©i a dirigĂ© un mĂ©moire d’un Ă©tudiant (DJATO Kanfoutiny) sur le Sodabi Ă  l’issue duquel l’étudiant est arrivĂ© Ă  la conclusion selon laquelle le Sodabi n’a pas un impact nĂ©gatif important sur la santé ; mĂȘme si l’enseignant affirme que les machines utilisĂ©es moins sophistiquĂ©es n’avaient pas permis d’identifier le mĂ©thanol dans la liqueur. Actuellement, une thĂšse en cours dont les travaux de recherches ont Ă©tĂ© faits en Belgique dirigĂ©e par le mĂȘme enseignant rĂ©vĂšle la prĂ©sence du mĂ©thanol (une substance qui a une consĂ©quence sur la santĂ©) dans le Sodabi, mais Ă  une dose insignifiante.

    Si le procĂ©dĂ© de fabrication de la boisson Ă©tait, jusque-lĂ , restĂ© identique Ă  celui des origines, d’autres procĂ©dĂ©s, moins « alambiquĂ©s » sont utilisĂ©s aujourd’hui pour obtenir ce nectar local.

    A consommer comme un Whisky

    Le discrĂ©dit jetĂ© sur la liqueur, fondĂ© parfois sur des observations trĂšs souvent erronĂ©es, est plus que devenu normal, mĂȘme si rares sont les travaux basĂ©s sur cette eau-de-vie. ConsidĂ©rĂ©e comme ayant un impact direct et Ă  coup sĂ»r sur la santĂ©, les recherches du doctorant Tagba dĂ©montrent (Ă  quelque exception prĂšs) le contraire. En rĂ©alitĂ©, le suivi de sa production auprĂšs d’une vingtaine de producteurs a permis d’identifier de diffĂ©rentes mĂ©thodes de production. Les rĂ©sultats ont permis d’identifier les diffĂ©rentes composantes de cette boisson. La plupart des molĂ©cules mises Ă©vidence ne sont pas diffĂ©rentes dans d’autres spiritueux commercialisĂ©s comme le trĂšs consommĂ© Whisky.

    Selon le maĂźtre de mĂ©moire, aucun composĂ© toxique majeur n’a Ă©tĂ© retrouvĂ© hormis des traces insignifiantes de mĂ©thanol, des quantitĂ©s qui ne constituent aucun risque de toxicitĂ© sĂ©rieux sur l’organisme. Selon l’enseignant, mĂȘme le Sodabi fait avec des Ă©lĂ©ments comme les mĂ©taux qui ne servent qu’à dynamiser la fermentation de l’alcool, est en rĂ©alitĂ© sans effet nocif « puisqu’avec cette mĂ©thode de prĂ©paration, c’est la vapeur obtenue Ă  partir des chauffages qui constituent le produit fini alors que les microbes ou la rouille ne peuvent pas se transformer en vapeur. La vapeur, c’est l’eau et l’alcool ». Dans ce cas de figure, si problĂšme il devrait avoir, c’est la qualitĂ© potable de l’eau utilisĂ©e Ă  la fin.

    En rĂ©alitĂ©, au Togo le Sodabi est prĂ©sent lors de toutes les cĂ©rĂ©monies importantes. Servant parfois de liaison entre le monde invisible et visible Ă  en croire les producteurs et consommateurs, il devient quasi impossible de prohiber son breuvage. Mais puisque l’abus de tout alcool fut-il d’Europe, est nuisible, l’abus du Sodabi peut faire agir le mĂ©thanol sur la santĂ© avec pour premier risque, la cĂ©citĂ©.

    S’il est vrai que la prĂ©sence des bars ou bistros dans un pays fait montre des soucis de la population, au Togo se sont les rideaux blancs qui foisonnent.