Catégorie : Culture

  • Zangbeto, Guèlèdè, Egun […], les sociétés secrètes du Bénin

    Zangbeto, Guèlèdè, Egun […], les sociétés secrètes du Bénin

    Attention, zone de turbulence. Dans les communautés béninoises à forte croyance animiste existent une myriade de sociétés secrètes dont la compréhension requiert un affranchissement du scepticisme et du doute cartésien.

    Au Bénin, l’éducation moderne et les cultures occidentales adoptées dans certaines communautés n’auront en rien troublé l’organisation traditionnelle des sociétés. Le Vodou a plus que jamais sa place, cohabitant avec succès les religions chrétiennes, formant un paradoxe qui ne choque qu’au-delà du Bénin. Dans ce pays, elles sont nombreuses, ces sociétés dites secrètes. Entre autres, les Zangbeto, les Oro, les Guèlèdè et les Egun (Kutito).

    Les Zangbeto (fantômes)

    Bénin: le maire Yankoty lève la suspension des manifestations des "Egungun"  - Benin Web TV

    Les Zangbétô où les veilleurs de nuit, connus pour être des fantômes ne se croisent pas à tout bout de champ. Ils sortent en effet plus souvent la nuit entre environ 21 h 22 h. Parfois plus tardivement. La nuit, ils sortent à visage découvert, mais le jour et pour les cérémonies, ils se veulent des « êtres » étranges, portant un masque de raphia.

    Leurs sorties sont toujours précédées de chants et des cris. A chaque sortie, ils se donnent pour mission de dépouiller et de mettre en prison tous ceux qui croisent leur chemin, pour ensuite les relâcher au matin. Selon certaines compréhensions, le but est d’empêcher les voleurs d’opérer.

    D’autres Zangbéto sont moins indulgents. Dans certains quartiers, et selon les versions plus mythiques qui entourent leur organisation, ils obligent tous ceux qu’ils rencontrent dans leur sortie à intégrer leur société, après les avoir chicotés. Ils sortent les jours où les marchés ne sont pas animés afin de pouvoir bloquer la route sans gêner le commerce.

    Selon une définition plus cartésienne, les Zangbétô forment une société ayant dans le fonctionnement une similitude avec le scoutisme. Ils constituent une force de police au service de la collectivité.

    Sociétés exclusivement masculines, les Zangbétô ont leur propre « langage », des codes qui leur permettent de s’identifier.  Dans cette société, les enfants de 10 ans peuvent être initiés, de même qu’un blanc.

    Les Guèlèdè

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    Cette société s’est donné pour mission d’exorciser les communautés dans lesquelles elle est implantée. D’origine Yoruba, les Guèlèdè sont principalement dans les villages de l’Ouémé.

    En effet, dans certaines communautés béninoises, les croyances selon lesquelles les femmes ont des aptitudes pour devenir des sorcières et ainsi causer des morts, des pertes agricoles et autres malheurs sont encore d’évidence.

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    A cet effet, le but des Guèlèdè est de se libérer de l’emprise des sorcières et autres esprits maléfiques, au travers des rituels de libations, de danses avec les masques. L’objectif est non seulement d’écarter ces esprits maléfiques, mais encore plus de les rendre au contraire favorables à toute la population à la fin.

    Toutefois, si les porteurs des masques sont exclusivement des hommes ; il faut noter qu’ils ne sont que des exécutants. Les Gèlèdè sont dirigés au plus haut niveau par des femmes.

    Les Kutito (Egun)

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    Les Kutito sont plus connus pour leur masque, Egun. Ils sont probablement au Bénin, la société la plus spirituellement redoutée. Selon certains observateurs, c’est à eux que s’adressent le culte des morts et tous les sacrifices qui y vont avec.

    Strictement réservés aux hommes, les Kutito sont considérés, selon les croyances traditionnelles, comme des morts réincarnés pour soit protéger les vivants, se venger, ou corriger certaines choses.

    Certaines versions disent que les morts se manifestent à leurs descendants par l’intermédiaire de ces sociétés. Pouvant opérer en plein jour, ils sont néanmoins toujours cachés de la tête aux pieds sous de beaux pagnes ornés de broderies, de coquillages et accompagnés d’un homme appartenant aussi à ce clan, qui les protège des vivants curieux de les identifier.

    Les Olo

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    Leur mode opératoire est semblable à celui des Zangbéto, sauf que les Olo ont la réputation d’être la société secrète la plus violente.

    Connus pour faire désormais des sorties en début septembre, les membres de cette société se donnent pour mission de poursuivre les voleurs, les malfaiteurs et les femmes adultères. Pour accomplir cette mission, les Olo dansent et chantent dans les rues, munies de coupe-coupe et de chicotte.

    Selon les témoignages, ils battent sans aucune forme de procès leur cible et toutes autres personnes qu’ils rencontrent. Attention à ne jamais les empêcher de fonctionner en touchant à leur chicotte. Quiconque enfreint à cette règle est facilement exposé à un lynchage.

    Pour éviter ce genre d’incident, ils se manifestent la nuit au son lugubre des rhombes, et lors du décès d’un de ses membres. Là, ils opèrent par l’ébranchage total d’un arbre.

    Cette dernière cérémonie est d’une importance particulière dans cette société. Cela consiste à enlever les branches sur le tronc et à en laisser une seule. Quoiqu’elle paraisse facile et ordinaire, elle ne se fait pas sans dose de gri-gri. A la suite de cette cérémonie, un miracle doit se produire, assurent les initiés.

    Par ailleurs, dans cette société qui accepte tant les femmes que les hommes, les membres sont liés par un pacte d’omerta. Tout comme les Zangbeto, briser le mythe sur les secrets de l’organisation est passible des malédictions et de la colère des dieux.

     

     

  • The Woman King: les Amazones du Dahomey reviennent à Hollywood

    The Woman King: les Amazones du Dahomey reviennent à Hollywood

    Après la superproduction à succès Black Panther qui vante une Afrique très technologique, les salles de cinéma sur le continent auront encore bientôt de quoi attirer les spectateurs. En perspective, le nouveau projet The Woman King, un film qui porte sur l’unité militaire ouest-africaine guerrière connue sous le nom des Amazones du Dahomey, actuel Bénin.

    A Hollywood, la lutte anti-impériale du Dahomey sera bientôt célébrée dans un long-métrage. Lupita Nyong’o, actrice du désormais célèbre Black Panther va y avoir un rôle clé, celui d’une amazone d’un des royaumes les plus puissants aux 18è et 19è siècles. Elle sera fille de Nanisca, incarnée par la noire Américaine Viola Davis.

    Basé sur une histoire originale de Maria Bello, le film s’inspire de véritables événements qui ont eu lieu aux XVIIIe et XIXe siècles dans le Royaume du Dahomey, l’actuel Bénin.

    L’histoire se concentre sur Nanisca, générale des Amazones, et sa fille Nawi. Ensemble, elles combattent les tribus françaises et voisines qui violeraient leur honneur, asserviraient leur peuple et menaceraient de détruire tout ce pour quoi elles vivaient.

    L’armée des femmes guerrières a évité l’esclavage, le colonialisme et la guerre intertribale pour unifier une nation. Le film sera produit par Welle Entertainment de Cathy Schulman, JuVee Productions de Davis et, Julius Tennon et Jack Blue Productions de Bello.

    A en croire Julius Tennon, The Woman King « a le potentiel d’être un changeur de mentalité sur les femmes de couleur partout dans le monde », tandis que Schulman a comparé le projet à Black Panther, la super-superproduction Afrofuturistic de Disney. «  Black Panther vient de nous montrer comment le pouvoir de l’imagination et du savoir pourrait révéler un monde sans stéréotypes sexuels et raciaux » », a-t-elle déclaré.

    Pour le moment, aucune date n’est encore fixée pour le début de la production, de même que le nom du réalisateur principal n’a pas été révélé. Mais Nyong’o va bientôt produire et interpréter une minisérie de l’Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie. Davis également continue de jouer dans le très populaire How to Get Away With Murder, dont la quatrième saison commence le 8 mars.

    Les amazones, ces fiertés féminines en Afrique

    Les Guerrières du Dahomey étaient traditionnellement appelées « Minon », littéralement «nos mères» en Fon, la langue du peuple Fon au Bénin. Certains historiens et observateurs européens les appelaient les Amazones du Dahomey, en souvenir à l’armée mystique et puissante de toutes les femmes appelées Amazones dans la mythologie grecque. Elles étaient connues pour être particulièrement habiles, compétitives et courageuses, aptes à défier tout le monde.

    Leurs exercices et défilés militaires ont toujours été exécutés à la danse, la musique et les chansons et leurs armes étaient parfois utilisées comme accessoires chorégraphiques. Comme exprimé dans leurs chansons, leur but était d’éclipser les hommes à tous égards. Elles étaient plus rapides et beaucoup plus courageuses que les soldats masculins.

    Le Dahomey entretenait également des relations privilégiées avec le roi, prêtant serment au célibat et vivant dans le palais royal, auquel seuls le roi et son entourage avaient accès.

    L’armée des femmes amazoniennes n’est devenue défunte que lorsque le royaume du Dahomey est tombé à la fin du XIXe siècle. Selon l’UNESCO, après deux mois de combats et d’accords auparavant rompus entre les Français et le Dahomey, le roi du Dahomey met le feu à la plupart des palais royaux, marquant la fin du Royaume du Dahomey et de son armée de femmes en 1892.

  • Afrique: ces célèbres pays qui n’existent pas sur la carte

    Afrique: ces célèbres pays qui n’existent pas sur la carte

    Depuis le début du mois de février, Black Panther, ce film de Marvel qui porte toutes les étiquettes « afroptimistes » est devenu très célèbre avec ses ventes record, son scénario génial, son casting étoilé et son changement de narratif sur l’Afrique à travers la fiction. Wakanda, le pays imaginé par le studio américain Marvel est également devenu très célèbre sur la toile.

    En réalité, dans les superproductions américaines ou françaises, existent parfois des pays comme désormais Wakanda, au-delà de la pure fiction, très célèbre. Mais pas que. Dans les discours ou dans certaines mentalités également, si l’Afrique n’est pas un pays, alors les créations des scénaristes sont réelles.

    Mais, avant Wakanda, il y avait beaucoup de pays africains qui n’existaient pas. En voici quelques-unes.

    Wakanda

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    En septembre 2017, alors que le film a encore 5 mois avant sa sortie, High Life, le magazine de bord de la compagnie aérienne anglaise British Airways publie une photo de l’actrice kenyane Lupita Nyong’o avec une légende insinuant qu’elle originaire de Wakanda. Ce n’est pas un secret pour les Africains, ce royaume du Wakanda est purement imaginaire. Présenté comme un pays technologiquement très avancé, Wakanda est créé par le studio Marvel de la maison d’édition Marvel Comics. Imaginé par le scénariste Stan Lee et le dessinateur Jack Kirby, ce pays apparait pour la première fois dans le comic book Fantastic Four #52 en juillet 1966, avant de devenir célèbre en 2018 avec le film.

    Botswanga

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    Vous ne finirez pas de rire du Crocodile de Botswanga, cette production de Fabrice Eboué. Le Bostwanga, c’est ce pays imaginaire dans lequel Thomas N’guijol incarne à lui seul l’autoritarisme de Dadis Camara (Guinée), la singularité d’Amin Dada (Ouganda), Bokassa (Centrafrique), Mobutu (RDC). Ces dictateurs qui changer d’humeur de façon imprévisible. Dans cet État, le dirigeant capitaine Bobo connait moins les noms de ses enfants et de ses ministres que ceux de ses crocodiles.

    Zamunda

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    Dans le film Coming to America sorti en 1998, Eddie Murphy joue le rôle d’Akeem Joffer, le prince héritier de la nation africaine fictive de Zamunda, qui vient aux États-Unis dans l’espoir de trouver une femme qu’il puisse épouser. Il a trouvé sa femme bien et ils sont retournés à Zamunda pour le grand mariage royal.

    Nambia

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    N’existant que dans l’imaginaire de Donald Trump qui l’a mentionné en 2017 lors d’une réunion avec les dirigeants africains à New York, « Nambie » est par la suite devenue un État fictif évoqué pour rire de la faible connaissance de la géographie par le chef d’État américain. « Le système de santé de ‘’Nambia’’ est de plus en plus autosuffisant », avait-il dit, en voulant bien sûr parler de la Namibie.

    Wadiya

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    Ce pays d’Afrique du Nord a été gouverné par un protagoniste dans le film Le dictateur  qui est sorti en 2012. Le baron Cohen a joué le rôle du général Aladeen, le dictateur de la République fictive de Wadiya qui menace de bombarder Israël avec ses armes nucléaires. Celui-ci s’entoure de gardes du corps féminin, parraine al-Qaïda (en donnant refuge à Oussama Ben Laden) et change chaque mot dans le dictionnaire à «  Aladeen ».

    Gondwana

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    Ironiquement, Gondwana se veut la « République très très démocratique en Afrique ». Dans les chroniques de l’humoriste nigérien Mamane sur Radio France Internationale et finalement dans la production vidéo Bienvenue au Gondwana, cet État fictif « concentre à lui seul tous les défauts du continent ». Vous y trouverez corruption, absence de politique en matière d’éducation, de santé, déni de démocratie… Tout un lot d’ingrédients qui fait de ce pays une très triste démocratie.

  • Qui sont-ils les Massai, ce peuple semi-nomade de l’Afrique de l’Est?

    Qui sont-ils les Massai, ce peuple semi-nomade de l’Afrique de l’Est?

    On pourrait dire qu’ils font d’une manière ou d’une autre l’histoire du Kenya. Connus comme un peuple guerrier les Massaï sont aussi des éleveurs semi-nomades. C’est en Afrique de l’Est, notamment au Kenya et en Tanzanie, que ce peuple fait découvrir à ses visiteurs sa culture. Rencontrer les Massai, apprendre de leur culture, s’informer sur leurs habitudes quotidiennes. Ce sont les raisons pour lesquelles le Kenya voit débarquer sur son territoire chaque année de nombreux touristes. Jusqu’à présent, cela a toujours été un atout pour l’économie du pays. Le secteur touristique représente plus de 10% du produit intérieur brut du Kenya.

    Si le pays a compté près de 3 millions de visiteurs en 2017, une bonne partie des touristes a été attirée par le peuple Massaï. Tant les médias occidentaux évoquent l’histoire de ce peuple du Kenya qui aime la couleur rouge. Il faut dire que le ministère du Tourisme a surtout créé un cadre pour faciliter l’arrivée de touristes sur le sol kényan. Une exonération de la redevance d’atterrissage pour les compagnies aériennes a par exemple été instaurée. Les compagnies reçoivent en plus 30 dollars par passager transporté.

    Peuple traditionnel

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    Installés dans la réserve de Massai Marai, les Massaï reçoivent de milliers de visites chaque année. Objet de curiosité pour plusieurs visiteurs, le peuple Massai a su conserver sa culture. Les Massaï sont un peuple de tradition et sont très tôt initiés à l’art du combat et aux secrets des plantes médicinales. Pour apprendre de leur culture, les touristes leur payent. Ces fonds les aident à payer parfois de quoi vivre. Ces semi-nomades vendent également du bétail pour payer du riz, du maïs et d’autres choses que les autres ethnies leur ont appris à manger. Cependant, les Massaï préfèrent vivre entre eux et aiment se retirer du monde moderne. La sécheresse et la création de réserves animalières dans le pays les ont souvent privés de leur terre.

    Estimé à près d’un million d’habitants au Kenyan, le peuple Massai est jugé accueillant par les touristes. Ces derniers s’installent parfois dans le village de leur hôte pour assister contre payement aux spectacles de chants et de danses. Les Massai peuvent également les aider à faire des safaris. D’autres touristes ne se rendent pas au Kenyan pour partager la vie du peuple guerrier. Au contraire, ils viennent prendre en photo les Massai. Ces images splendides sont après exposées à de grandes rencontres. Pour ce peuple dont la richesse principale est le bétail, le dérèglement climatique constitue depuis quelques années un risque.

    Menace

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    La nouvelle génération décide parfois de plus en plus d’abandonner le mode de vie traditionnel pour embrasser la modernité. De jeunes Massaï se sédentarisent et émigrent en Europe ou en Amérique pour des études. Malgré leur apport au tourisme et à l’économie, les Massai se sentent désormais menacés par les décisions des autorités. Ils craignent  d’être totalement dépossédés de leur terre. En Tanzanie où la menace est grandissante, les Massaï estiment être en danger et craignent pour la disparition de leur culture.

     

  • Liqueurs, sel, cola, ‘contrôle du drap’: comprendre le mariage au Benin

    Liqueurs, sel, cola, ‘contrôle du drap’: comprendre le mariage au Benin

    Au Bénin, comme dans d’autres communautés africaines fortement attachées aux valeurs culturelles, le mariage reste, malgré les vagues d’innovation et d’éducation nouvelles, « une institution privilégiée ».

    Au Bénin, c’est bien connu. Ne se marrie pas qui veut. Les vents de l’esclavage qui ont fortement touché les communautés béninoises et ceux de la colonisation n’auront pas raison de modes d’unions. Et ce, même si les communautés ont enregistré à la suite de ces périodes une sorte d’ouverture. On continue par exemple la pratique de la dot, même si de plus en plus de voix s’élèvent pour son abolition.

    La dot, contre vents et marées

    Dans la tradition béninoise, la dot porte un sens assez significatif pour les foyers. Si elle est le symbole de l’amour entre les deux partenaires, cet acte est également, gage d’une union entre les familles. Selon nombre d’observateurs, l’acte dotal représente aussi un signe de gratitude de la famille du marié envers celle de la mariée.

    Cette cérémonie assez particulière se déroule en deux étapes. Une première qui se veut celle de la connaissance des parents, et la seconde, la dot proprement dite, qui consiste à apporter à la famille de la fille une liste de biens. Une étape après laquelle la demoiselle devient une épouse légitimement reconnue. De fait, la dot est comme une obligation sociale et morale qui consacre une union. Et c’est bien connu qu’au Bénin, au cas où le mariage n’est pas célébré en respectant préalablement ce rite traditionnel, le couple s’expose à des malédictions.

    Le mariage, une affaire fortement culturelle

    Le mariage, dans les sociétés béninoises, revêt plusieurs formes et des spécificités selon les différents groupes socioculturels. Au sud du pays par exemple chez les communautés yorouba, surtout les chefs de collectivités, les démarches qui amènent à l’union de deux familles sont toujours l’œuvre des parents. Dans cette communauté, il arrive également que le choix des futurs époux soit fait par les parents, plutôt que les concernés.

    Dans cette démarche, la procédure n’est pas aisée. Le chef de la collectivité du jeune homme envoie demander la main de la jeune fille chez le chef de sa collectivité. Après cette première démarche, les parents de la jeune fille donnent un délai de 15 jours pour réfléchir et interroger leur fille. Ils reviennent ensuite avec 4 bouteilles de liqueurs qui sont acceptées ou rejetées selon la réponse de la jeune fille.

    Lors de la première rencontre avec les parents, deux liqueurs importées « Houhan » (littéralement, boisson venue à bord d’un bateau) et « lihan » (boisson venue par la route) en référence aux liqueurs de fabrication locale, en plus du sel et le tabac sont essentiels et suffisent dans la grande partie à sceller l’union des deux familles.

    Déroulement de la dot

    Mariage traditionnel - Crédit photo : kongossa.mondoblog.org

    S’agissant du mariage, c’est aux épouses des cousins et frères du jeune homme que revient la mission d’aller chercher la nouvelle épouse pour une insertion dans la famille. Après discussions, l’épouse est confiée à une de ses tantes, généralement la plus âgée du groupe, chargée de la guider. Avant son entrée dans la maison conjugale, une calebasse d’eau est toujours versée à l’entrée en guise de paix et de fécondité.

    Image result for dot pour le mariageEnsuite suivent d’autres étapes. Notamment, celle du « contrôle du drap » pour vérifier si la mariée est arrivée vierge ou pas, de même que celle dite du « balayage », cinq jours après le mariage.

    En outre, le jour de la dot, des liqueurs ont une importance capitale. Principalement,  «Du bonnet» que les Fon appellent, « Assédékon » pour dire, « sous la protection du chat ». À entendre par là que l’époux est le chat qui doit protéger sa femme.  De même, les volailles constituent aussi un symbole clé de la cérémonie de dot. Elles sont équitablement réparties entre les deux grandes lignées de la fille, qui s’arrangent pour que l’offrande aux ancêtres se fasse le même jour.

    Le Cola et le sel… pour la paix

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    Dans différentes régions du Bénin, le sel et la noix de cola sont des éléments d’une grande importance pour le mariage traditionnel. Ils sont exigés par la famille de la mariée lors de la dot.

    Pour Félix Iroko, Professeur d’histoire à l’Université d’Abomey-Calavi, le sel dans les sociétés béninoises entre dans la dot pour la « rehausser l’évènement afin qu’il ne soit pas fade. ». Celui-ci explique que « ce qui est recherché, ce n’est évidemment pas la valeur marchande du sel, valeur tout à fait dérisoire, mais sa valeur symbolique est destinée à rendre heureuse l’union. La sauce sans sel est fade », tente de convaincre le professeur.

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    De même, la noix de cola n’est pas un produit négligeable dans le processus de mariage. Dans le milieu Baatônu, elle est comme un code d’expression pour approuver une union. « Sans cola, les parents ne s’ingèrent pas dans les problèmes à venir. Une fois le présent accepté, aucun des deux concernés ne pourra plus se marier avec un autre partenaire parce que les deux sont désormais considérés comme un couple marié. Il n’y a d’ailleurs pas de divorce chez les Baatônù » explique le professeur Léon Banni Bio Bigou, spécialiste de la culture Baatônù et enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi.

    En dépit de la modernité d’aujourd’hui, ce sont des principes qui continuent largement d’être pérennisés dans la culture béninoise.

    Une pratique évolutive

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    Au Bénin, tout mariage célébré sous la coutume religieuse ne peut avoir d’effets légaux, c’est-à-dire ne peut-être protéger ni bénéficier des avantages de la loi, comme le droit de succession.

    « Vous pouvez prendre 40 femmes si vous voulez, mais sachez que si vous mourez, c’est la femme mariée à l’état civil qui va jouir seul du droit de succession, toutes les autres n’auront rien », explique Rosine Vieyra-Soglo, ex-Première dame du Bénin et députée l’Assemblée nationale.

    En clair, dans le pays, si le code n’interdit pas la polygamie, il accorde aussi tout de même d’autres droits très importants aux femmes, en supprimant notamment le mariage forcé et le lévirat, deux pratiques coutumières dont elles ont été longtemps victimes.

    Le code autorise également la femme à « garder son nom de jeune fille auquel elle ajoute le nom de son mari », ce qui n’était pas le cas auparavant. Les choses ont légèrement évolué.

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  • Publiseer, une startup nigériane fait sensation à Harvard aux USA

    Publiseer, une startup nigériane fait sensation à Harvard aux USA

    La jeune startup et éditeur numérique nigérian Publiseer a annoncé ce 21 février qu’elle a été sélectionnée parmi les 14 finalistes du New Venture Competition de la Harvard Business School 2018, qui aura lieu ce 2 mars 2018 à Boston aux États-Unis.

    L’Africa Business Club de la Harvard Business School accueillera la compétition. Objectif, présenter la diversité des entrepreneurs qui font la différence sur le continent africain. Le concours se tiendra au même moment que la 20e conférence d’affaires d’Afrique sous le thème « valeurs et chaînes de valeur: l’Afrique dans une nouvelle ère mondiale ».

    Parmi le groupe de postulants, 14 finalistes ont été invités à présenter leur entreprise devant environ 700 participants et à recevoir des observations d’un panel de juges expérimentés. Le gagnant et le finaliste malheureux de la compétition se verront attribuer des prix au comptant de 10 000 $ et 5 000 $ respectivement, tandis que les autres concurrents auront l’opportunité de participer au Startup Lab, un atelier pour les entrepreneurs en début de carrière afin de solliciter les conseils des participants à la conférence.

    Publiseer, « la société d’édition numérique pour le tiers monde »

    À seulement six mois de ses débuts, la startup Publiseer connait déjà un succès bien au-delà des attentes. Lancée par les frères jumaux Chidi Nwaogu et Chika Nwaogu, l’idée de Publiceer est de faire la promotion de la culture nigériane à travers des mots écrits (en utilisant des livres) et parler mots (en utilisant la musique).

    En effet, Publiseer est une plateforme de publication numérique destinée aux auteurs et artistes indépendants nigérians. La plateforme distribue et monétise les œuvres créatives des écrivains et des musiciens nigérians dans le monde entier.

    Cette plateforme, comme se le réclament les concepteurs, est la bouée de sauvetage pour tous les jeunes artistes et écrivains nigérians établis, qui cherchent des moyens de vendre leur travail sur le web. La startup s’appuie sur des magasins de confiance comme Amazon, Google Play Store, Apple Store ainsi que quelque 400 autres grands magasins en ligne pour, disent les sœurs entrepreneures, « conduire leur expérience de découverte. »

    « Tandis que d’autres éditeurs numériques publient des livres et de la musique en facturant aux auteurs et aux artistes des frais d’édition exorbitants, nous fournissons gratuitement des publications numériques de qualité. Beaucoup d’auteurs et d’artistes nigérians dépensent tellement pour publier leur travail qu’ils manquent d’argent et sont incapables de promouvoir leur livre ou leur album. C’est là que Publiseer arrive dans la grande image et en plein effet. Nous sommes la société d’édition numérique pour le tiers monde », expliquent Chidi Nwaogu et Chika Nwaogu sur leur plateforme lancée en août 2017.

    Pour rémunérer ses auteurs et artistes, la startup leur paie 25% du prix de vente de leur travail. Publiseer obtient 25% aussi, et les magasins conservent généralement les 50% restants. « Cela signifie que si le prix de vente d’un livre d’auteur est de 3,99 $, l’auteur reçoit 1 $ (360 $) pour chaque unité de son livre qui se vend. Dans ce cas, si le livre de l’auteur se vend 10 000 exemplaires, l’auteur gagne 10 000 $ », détaillent-ils.

    Pour le moment, les sœurs jumelles veulent rester optimistes sur le concours, qui leur permettra de « booster leur aventure ».

  • La Nigériane Emmanuella [7ans] pose ses valises à Hollywood

    La Nigériane Emmanuella [7ans] pose ses valises à Hollywood

    L’ascension continue pour cette jeune star nigériane. Emmanuella Samuel a été retenue pour participer à un projet de film de Disney. La brillante comédienne l’a annoncé elle-même sur son compte Instagram. Le choix porté sur lui vient récompenser un talent qui fait l’unanimité malgré son jeune âge. Sur le réseau social, on la voit poser sur le plateau de tournage du film, mais également aux côtés de certains membres de l’équipe.

    Née en juillet 2010, Emmanuella Samuel surprend par sa maitrise et ses qualités de comédienne. Elle compte des milliers de vues pour ses vidéos postées sur les réseaux sociaux. Nièce du célèbre comédien nigérian Mark Angel, Emmanuella Samuel a initié à la comédie par son oncle. « J’ai très vite remarqué qu’Emmanuella pouvait être influencée positivement. Elle sait respecter les consignes, ce qui nous fait gagner beaucoup de temps pour tourner nos scènes. Elle est très talentueuse », confie Mark Angel.

    Ses premiers tournages se révèlent être du succès. Emmanuella Samuel rejoint définitivement Mark Angel Comedy, la troupe de comédie de son oncle. C’est dans ce groupe qu’elle apprend les contours de son métier, faisant montre de ses aptitudes d’actrice à chaque vidéo. En mars 2016, elle balance sur la toile la vidéo « I will beat you ». Le sketch devient viral et obtient après quelques semaines plus de 8 millions de vues.

    Plus d’un million d’abonnés sur YouTube

    Sa chaîne YouTube est l’une des plus suivis sur le continent. En 2017, celle que ces fans appellent affectueusement Emmanuella a atteint un million d’abonnés sur le site d’hébergement de vidéos, devenant ainsi la plus jeune lauréate d’un prix YouTube en Afrique. Ces vidéos sont présentes sur différentes plateformes et se partagent dans les quatre coins du continent. Elle est souvent sollicitée pour de grands événements.

    Dès l’annonce de son choix par le studio de cinéma américain, Emmanuella Samuel a reçu des félicitations de plusieurs fans sur les réseaux. Des personnalités du monde du cinéma et du showbiz ont également adressé leurs mots de félicitation à cette pépite africaine de la comédie. Des hommes politiques nigérians à l’instar de l’actuel président du Sénat, Bukola Saraki ont également bien accueilli la nouvelle. « Félicitations, Emmanuella ! Assurez-vous de les faire rire là-bas. Votre histoire est une source d’inspiration », a écrit le sénateur. Avant d’inviter la comédienne et sa troupe Mark Angel Comedy à venir discuter avec lui de la façon dont ils peuvent développer le potentiel de jeunes talents pour l’industrie créative.

    Emmanuella Samuel a déjà été récompensée. En 2015, elle a remporté le prix du talent spécial G Influence Niger Delta. L’année suivante, elle avait obtenu le prix de la meilleure nouvelle comédienne et princesse de la comédie aux Afro-Australie Music and Movie Awards en Australie.

  • Black Panther: des clés pour comprendre l’engouement des Africains

    Black Panther: des clés pour comprendre l’engouement des Africains

    Black Panther, la superproduction de Ryan Coogler a fortement séduit l’Afrique dans l’ensemble. L’engouement créé sur le continent est unique. En effet le film aura le mérite d’avoir pu embrasser toute l’Afrique comme une seule culture. En récompense, l’Afrique prend le lead dans la promotion de ce film hollywoodien.

    Le monde futuriste de Wakanda ébranle les stéréotypes négatifs sur lesquels Hollywood s’est longtemps appuyé. Le film aura d’ailleurs été victime des considérations racistes, n’entachant en rien son succès.

    En réalité, pour la première fois, un superhéros, entouré d’une troupe de guerriers tous noirs, sauvera son propre monde sur les grands écrans. Bien avant la première, le film est devenu une célébration de la représentation cinématographique pour le public afro-américain. Pour le public africain, le film symbolise à la fois un fantasme et une réalité où, l’Afrique aurait pu être sans interférence et des références du monde réel reconnaissables aux Africains, mais généralement ignorées par le grand public hollywoodien.

    Une inspiration purement africaine qui a poussé la costumière Ruth Carter à habiller les Wakandans de la tenue de tous les jours à la tenue de combat. Et quand T’Challa parle à son père, c’est dans la langue sud-africaine Xhosa qu’il le fait.

    Black Panther s’offre le tour de l’Afrique

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    Le public africain aura également la chance de se voir à l’écran avec les acteurs du film. Sans doute le nom le plus célèbre est celui de Lupita Nyong’o, qui, pour porter haut son pays d’origine, a assisté à la première de Black Panther au Kenya dans l’état de Kisumu le 13 février où son père est sénateur. Une initiative qui a intéressé le pays, comme le directeur marketing Imax du Kenya qui a déclaré que Nyong’o est « une fille de ce sol ». Mais elle n’est pas seule à le faire.

    Aussi, les rôles de Daniel Kaluuya et Florence Kasumba dans le film ont-ils conduit à des projections anticipées. Le succès récent de l’acteur Kaluuya, né en Grande-Bretagne, a par ailleurs emmené les Ougandais à poser des questions difficiles sur la façon de mieux soutenir les arts de Kaluuya et Kasumba.

    Au Zimbabwe, les quelques cinémas d’Harare ont très tôt vendu la première du 16 février, même à 12 $, un coût relativement élevé vu les difficultés économiques du pays. Les Zimbabwéens aimeraient probablement voir l’actrice Danai Gurira, qui incarne Okoye, la plus forte de toutes les gardes femmes du Black Panther, Dora Milaje.

    Quelques mois avant la sortie du film, la Zimbabwéenne était dans son pays où elle a accueilli des fans portant des T-Shirts Marvel pour un événement qui n’avait pourtant pas de lien avec Black Panther. Elle sera d’ailleurs en Afrique du Sud ce week-end pour assister à la première, en compagnie de Nyong’o, a-t-elle tweeté.

    « Cela a beaucoup de sens de voir l’Afrique se mettre à ce niveau, et cela représente beaucoup pour moi de jouer un personnage qui parle dans une langue africaine », a déclaré Gurira, qui a passé son enfance au Zimbabwe. Et d’ajouter, « vous ne voyez jamais ces choses, donc c’est très spécial pour ceux d’entre nous qui ont grandi sur le continent, et ceux d’entre nous qui savaient à quel point les Africains sont très mal représentés. »

    En Afrique du Sud, l’excitation s’est encore accentuée lorsque le rappeur Kendrick Lamar a tweeté la liste des morceaux de la bande sonore officielle composée de plusieurs artistes sud-africains, dont Babes Wodumo, bien célèbre dans la house music.

    Sur les réseaux sociaux, les Africains envisagent de se joindre à ce qui devient un événement mondial pour la culture noire en s’habillant de leur meilleur costume traditionnel pour le film. Comme quoi, la représentation positive de l’Afrique peut porter des fruits.

     

  • Peinture: qui est Oresegun Olumide, le ‘Léonard de Vinci’ nigérian?

    Peinture: qui est Oresegun Olumide, le ‘Léonard de Vinci’ nigérian?

    Pour décrire son art, il se plaît à le qualifier d’« hyper réalité ». Oresegun Olumide a 37 ans. Ce Nigérian est un spécialiste de la peinture à l’huile. En deux ans, il s’est fait connaître par des œuvres qualifiées par ses admirateurs « d’extraordinaires ». Formé au Yaba College of Technology de Lagos, Oresegun Olumide a étudié les beaux-arts.

    Il peint depuis ses quatre ans. « Beaucoup de familles au Nigeria ne veulent pas que leurs enfants s’aventurent dans les arts parce qu’on croit qu’on ne peut pas faire un brillant avenir de la peinture. J’ai la chance d’avoir gagné le soutien de mes parents dès le début. Ils m’ont encouragé parce qu’ils ont vu à quel point j’étais heureux après avoir terminé mes dessins ».

    Depuis 2008, il s’emploie à réaliser des peintures qu’il vend à partir de 1000 dollars. Le peintre a déjà organisé des expositions à plusieurs reprises. En 2016, après publication de certaines de ses peintures sur les réseaux sociaux, sa côte explose et il se fait connaître sur le continent et dans le monde.

    De l’eau comme thème récurrent

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    Pour peindre, Oresegun Olumide tire son inspiration de son environnement immédiat. La plupart des peintures qu’il réalise viennent des faits quotidiens. Mais l’eau fait partie d’un thème fréquent dans ses peintures. On peut ainsi le voir peindre une fille fraichement sortie de la douche ou encore des enfants s’amusant dans l’eau. L’artiste explique vouloir faire de l’eau une signature pour son travail. Pour cela, il ajoute toute donnée pour obtenir les images d’eau les plus réalistes possible. Des peintures magnifiques qui lui valent auprès de ses proches le surnom de « Olu Van Gogh ».

    Pour ce talentueux artiste nigérian, « il n’y a pas de satisfaction plus grande que celle qui résulte de l’obtention des résultats désirés par l’effort personnel ». Oresegun Olumide en est conscient et l’affirme. Il attribue jusqu’à 70 % de sa réussite au travail acharné. L’artiste déclare ensuite miser sur ses acquis universitaires et ses modèles pour peindre ses œuvres. Les travaux de Paul Peter Rubens, de Diego Fazio et Robin Eley l’intéresse surtout.

    Avec son talent et son expérience, Oresegun Olumide veut transmettre ses connaissances à la postérité. À cet effet, il offre des cours gratuits en ligne aux aspirants peintres. À ces apprentis peintres, le maître Olumide leur conseille régulièrement de suivre leur passion et de travailler dur avant de penser à l’argent.

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  • Joshua Carl Ncube, cet humoriste qui hantait le sommeil de Mugabé, et réciproquement

    Joshua Carl Ncube, cet humoriste qui hantait le sommeil de Mugabé, et réciproquement

    Alors qu’il n’avait que 1 an quand Robert Mugabe arrivait au pouvoir en 1980, Joshua Carl Ncube, qui se veut le « plus grand humoriste du monde », a utilisé l’humour comme un outil pour se moquer du gouvernement depuis plusieurs années.

    L’année dernière, lorsque les ministres ont donné à Mugabe un fauteuil roulant pour se déplacer facilement dans son bureau, Ncube l’a comparé à celui utilisé par Charles Xavier dans le film X-Men des super-héros fictifs de Marvel. Et il n’était pas à son premier essai.

    Ncube, pour qui « le rire une arme puissante », avait également croisé l’ancienne première dame Grasse Mugabé au personnage d’Olivia Pope, avide de pouvoir, dans la série politique Scandal. Il s’est moqué du transporteur national Air Zimbabwe, affirmant qu’il ne pouvait pas être attaqué par des terroristes parce qu’il n’avait même pas de programme régulier.

    À travers ses routines de stand-up et son spectacle de fin de soirée, Ncube a passé plusieurs années à déplorer l’état de la nation, outre les capacités physiques et mentales du plus ancien homme d’État du monde.

    Mugabé, la muse idéale

    L’année dernière, à Victoria Falls, Ncube se préparait à se rendre au Malawi afin d’ouvrir un spectacle pour le comédien britannique Daliso Chaponda. Mais alors que les militaires plaçaient Mugabe en résidence surveillée et que les Zimbabwéens défilaient dans les townships zimbabwéens, Ncube observait une sorte de sa « date de péremption » approcher.

    En effet, l’homme dont il utilisait les actions comme muse pour construire sa carrière était sur le point d’être destitué. Et malgré la nature historique du moment, c’était un coup à la carrière naissante de Ncube.

    « Je n’ai littéralement pas fait de blagues pour ce spectacle que j’allais faire », a confié Ncube. Et d’ajouter, « j’ai réalisé que toute ma carrière de comédie était presque morte parce que toutes mes blagues étaient basées sur ma peur de Robert Mugabe [et] maintenant il n’était pas là. » De fait, la carrière de Ncube était basée sur la longévité de la présidence de l’ancien président zimbabwéen.

    « J’aurais aimé l’explorer pendant encore trois ans, mais je ressens pour mon peuple plus que ce que je ressens pour ma comédie », a-t-il dit.

    « Ncube doit mourir »

    En 2016, cet humoriste a battu un record en réalisant 31 prestations en une semaine. Et comme il est devenu un personnage permanent dans les cercles comiques zimbabwéens, africains et mondiaux, la peur de la portée de Mugabe a toujours persisté. Le comédien a déclaré avoir reçu des menaces de mort voilées ou non, non seulement de la part des agents du gouvernement, mais aussi des hommes d’affaires et des membres du clergé.

    En août 2017, quelques mois avant l’éviction de Mugabe, il a raconté ces peurs en parlant à TED Global à Arusha, en Tanzanie. « Mon sens de l’humour n’a rien à voir avec mon bonheur », a-t-il déclaré. Et d’ajouter, « c’est en fait un symptôme que j’ai peur. »

    En effet, Ncube s’est inscrit avec succès dans le « laughtivisme » ou l’utilisation du rire comme outil d’activisme, une option en vent de poupe sur le continent africain. C’est ainsi que dans la Tunisie postrévolutionnaire, l’image d’un manifestant sans baguette a inspiré la création du personnage comique Captain Khobza (khobz faisant référence au pain en arabe) pour satiriser la domination économique de la classe dirigeante.

    En Égypte, Bassem Youssef, généralement appelé le Jon Stewart d’Égypte, a produit des sketchs en se moquant de l’ancien président Mohamed Morsi et des Frères musulmans. Au Kenya, le spectacle de marionnettes XYZ continue de mettre en lumière l’élite politique corrompue. Et en Libye, des comédiens comme Milood Amroni pendant des années ont fait des blagues bien conçues sur Mouammar Kadhafi.

    Après Mugabé, l’amnistie

    Désormais, Ncube a l’intention d’aborder d’autres sujets dans son stand-up, et de les centrer autour de questions comme le tribalisme, la sexualité, la corruption, les préjugés sexistes, la maltraitance des enfants et la conservation. Mais il veut également rencontrer les autorités, y compris Mnangagwa lui-même, et discuter de la place de la comédie dans une période de changement.

    « Nous devons coexister. Nous avons un rôle à jouer dans la vie de chacun » a-t-il dit, ajoutant que lui tout comme d’autres initiatives comme la sienne, « représentent une idée, une idée de la liberté ; liberté d’expression. »

    En fait, pour vraiment attirer l’influence et inspirer une nouvelle génération, Ncube note qu’il faudra un redressement complet de l’entreprise. Cela inclura l’établissement de clubs de comédie à travers les villes du Zimbabwe dans le but d’aider à développer le circuit de la comédie, augmenter l’appétit pour la consommation de comédie, et attirer les talents régionaux, continentaux et mondiaux.

    L’amélioration de cet écosystème aidera également Ncube à aider plus de gens à réussir dans l’industrie compétitive. Un résultat qui fera la fierté du Zimbabwe, promet-il.