Catégorie : Justice

  • Akasemi Ollor : l’avocate nigériane de 29 ans qui fait sensation dans le milieu des affaires

    Akasemi Ollor : l’avocate nigériane de 29 ans qui fait sensation dans le milieu des affaires

    Akasemi Ollor est une avocate nigériane qui intervient dans des affaires complexes généralement réservées aux hommes. Ses domaines d’expertise et ses intérêts incluent le droit de l’énergie et des ressources naturelles, le droit maritime, le commerce international, le financement de projets, le droit commercial des sociétés, les procédures de secrétariat des entreprises, la gouvernance d’entreprise, et l’arbitrage. L’avocate de 29 ans a eu le mérite de négocier avec succès l’acquisition d’un bloc pétrolier auprès du gouvernement ghanéen.

    Issue d’une famille d’intellectuels, Akasemi Ollor est une passionnée de la lecture. Son goût pour les études juridiques, elle l’a acquis également de ses parents. «J’ai moi-même constaté comment ils ont utilisé la loi pour protéger leurs droits en cas de violation de ceux-ci et j’ai aussi aimé et appris à comprendre à quel point la loi était logique en ce qui concerne les droits et obligations des personnes», se rappelle-t-elle.

    En 2012, elle a rejoint le célèbre cabinet d’avocats George Etomi and Partners du Nigéria. Pour éviter d’être sous-estimée dans cet univers fortement masculinisé, elle se donne pour devise le travail bienfait.

    Akasemi Ollor a participé à diverses transactions, notamment en conseillant l’actionnaire majoritaire d’Eko Electricity Distribution Company dans le processus de privatisation de la Power Holding Company of Nigeria (PHCN).
    « Les gens peuvent vous sous-estimer mais il faut leur prouver qu’ils ont tort à chaque fois. Ils ne peuvent jamais contester le travail bien fait car le produit du travail parlerait finalement pour lui-même. Enfin, n’ayez pas peur de posséder vos exploits et d’être fiers de chacun», explique-t-elle aux jeunes femmes qui veulent faire comme elle.

    Après deux ans dans le cabinet George Etomi and Partners Akasemi Ollor obtient une bourse pour se spécialiser en droit maritime en Grande Bretagne. Après sa formation, elle refuse de rester en Europe et rejoint le cabinet où elle fit ses premiers pas.
    « Je n’ai jamais eu l’intention de vivre au Royaume-Uni, car j’ai toujours pensé qu’il y avait beaucoup de travail à faire sur le continent en matière de développement et que l’Afrique était le lieu où je pouvais avoir le plus d’impact», explique-t-elle.
    La jeune avocate Nigériane a négocié, sous les auspices du cabinet George Etomi & Partners, l’acquisition du bloc pétrolier West Cape Three Points Block 2 pour la société Springfield.
    Défenseurs des droits des femmes, Akasemi Ollor conseille ces dernières de ne jamais reculer face aux intimidations des hommes. « La société conditionne les femmes à être des personnes qui plaisent. Si vous cédez à cela, vous constaterez peut-être même que les hommes finissent par se vanter de vos idées, de votre contribution et de votre travail parce que vous sentez le besoin de plaire ou d’éviter un conflit apparent », martèle l’avocate.

  • Francisca Awah, la Camerounaise qui voue sa vie à la lutte contre la traite les êtres humains

    Francisca Awah, la Camerounaise qui voue sa vie à la lutte contre la traite les êtres humains

    Le mois dernier, la Camerounaise Francisca Awah, 35 ans, s’est exprimée devant un auditoire composé d’Ivanka Trump et de la secrétaire d’État américain, lorsqu’elle a été honorée pour sa contribution à la lutte contre la traite des êtres humains.

    Qui est-elle ?

    Il y a seulement trois ans, Awah vivait dans l’esclavage moderne, pris au piège et maltraité en tant que travailleuse domestique au Koweït. Tout a commencé au printemps 2015, quand a répondu à une annonce pour un poste d’enseignante en anglais au Koweït. Le salaire était bon, mieux que tout ce qu’elle pouvait gagner dans sa ville natale de Kumba, dans le sud-ouest du Cameroun avec son diplôme de Maitrise. Elle avait un fils de deux ans à soutenir, et quand on lui a offert le travail, elle a accepté.

    Mais une fois arrivée au Koweït, la Camerounaise témoigne qu’elle avait été immédiatement amenée travaillée comme domestique dans une maison privée, employée par une agence. Elle dit qu’elle avait été déplacée entre les maisons pendant quelques semaines, puis s’est finalement retrouvée avec une famille koweïtienne, qui, dit-elle, a confisqué son passeport, désormais contraint à travailler de longues heures, parfois sous le soleil koweïtien, avec très peu de sommeil, pour un salaire de 250 dollars par mois.

    Soutenir les victimes

    Dans les mois qui ont suivi le retour d’Awah chez elle suite à une aide d’une agence américaine, elle a commencé à partager son histoire, à essayer de sensibiliser le public au risque de trafic. Elle était tout à fait consciente que si les gens trouvaient des difficultés lorsqu’ils rentreraient dans leurs pays, ils pourraient être victimes d’un nouveau trafic. « Si vous sauvez quelqu’un et que la personne n’est pas autosuffisante, qu’attendez-vous? » s’interroge-t-elle.

    A cet effet, elle a mis en place une organisation à but non lucratif appelée « Survivors Network ». L’organisation fournit un emploi intérimaire aux victimes de la traite dans une ferme avicole. Elle dispose également d’une microfinance qui aide les femmes à créer leur propre entreprise.

    Depuis, Fransica Awah défend également l’éducation des femmes et enseigne aux gens à repérer les signes de la traite, en faisant passer le message dans les églises, les écoles, les stations de radio locales et les médias sociaux. Depuis l’ouverture, son organisation a conseillé plus de 500 femmes africaines piégées dans la servitude domestique au Koweït et au Liban sur la façon de rentrer chez elles.

    Awah admet qu’il peut être difficile de continuer à raconter son histoire, mais le faire est devenu l’un de ses outils les plus puissants.

     

  • Juges, avocates : ces femmes incontournables du Droit en Afrique

    Juges, avocates : ces femmes incontournables du Droit en Afrique

    En Afrique, ces dernières années, nombre de femmes ont fait des avancées significatives dans le secteur juridique, où les postes les plus importants sont encore largement dominés par les hommes. Mais il est clair qu’elles sont de plus en plus en mesure de choisir leur propre parcours et le nombre de femmes africaines en droit augmente régulièrement.

    Voici-en 7 qui inspirent sur tout le continent.

    Amina Augie – Nigeria

    Le 7 novembre 2016, la juge Amina Augie a été assermentée comme juge de la Cour suprême du Nigéria (SCN), la plus haute juridiction du pays. Cela fait d’elle, la sixième femme à y siéger, sur les quelque 104 juges actuels et anciens de la Cour.

    Amina Augie a obtenu son diplôme de premier cycle en droit à l’Université d’Ife, a poursuivi ses études à la Nigerian Law School et s’est qualifiée comme avocate. Après avoir terminé le service national de la jeunesse obligatoire dans l’État de Sokoto, elle s’est inscrite à l’Université Ahmadu Bello de Zaria pour faire une maîtrise en droit. Nantie d’un diplôme de maîtrise en criminologie et des sujets connexes à l’Université de Lagos, elle est également certifiée par le Chartered Institute of Arbitrators Nigeria et l’Institute of Advanced Legal Studies. Amina Augie a déjà rédigé et publié plus de 70 articles de conférences, articles et chapitres de livres sur divers aspects de la loi, en mettant l’accent sur les droits de la personne.

    Aisha Zumo Bade – Tanzanie

    Titulaire d’un baccalauréat en droit et lettres de l’Université de Dar es-Salaam, Aisha Bade a débuté comme stagiaire dans les cabinets d’un avocat foncier de renom en Tanzanie. Elle a ensuite étudié en Nouvelle-Zélande et y a travaillé comme juriste avant de retourner en Tanzanie pour occuper un poste au ministère des Terres du pays.

    Aisha Zumo Bade a ensuite fondé Chipeta Bade and Associates, et plus tard Bade Attorneys. Elle est actuellement associée chez Leo Attorneys à Dar es-Salaam et préside l’Association des femmes juristes tanzaniennes. Mme Aisha est membre du conseil de la Tanganyika Law Society, de l’East Africa Law Society et de la Tanzania Women Lawyers Association où elle a déjà été responsable du travail de plaidoyer, des cliniques d’aide juridique et de la collecte de fonds.

    Ntyam Ondo Mengue — Cameroun

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    Ntyam Ondo Mengue est Camerounaise. Elle a été élue juge de la Cour africaine pour un mandat de six ans lors du 27e Sommet de l’UA qui s’est tenu en juillet 2016 à Kigali, au Rwanda. Titulaire d’un diplôme de l’École normale d’administration et de magistrature et d’une licence en droit privé, Ntyam Ondo Mengue a travaillé dans le système judiciaire du Cameroun depuis 1982, occupant plusieurs postes clés, tel que la présidente du tribunal d’instance de Yaoundé, vice-présidente de la Cour d’appel, présidente de la Section des Contrats administratifs de la Cour de la Cour Suprême du Cameroun.

    Bensaoula Chafika — Algérie

    Élue juge à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples en janvier 2017 lors de la 28e Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine pour un mandat de six ans, Bensaoula Chafika est une Algérienne bien connue dans son domaine. Spécialiste du droit public, elle est actuellement enseignante à l’École nationale de la magistrature d’Algérie.

    Elle a occupé plusieurs postes clés dans la magistrature et l’administration de l’Algérie, notamment celui de juge aux chambres criminelles pour les affaires impliquant des délinquants, juge à la Cour d’appel, membre du conseil d’administration de l’Institut de droit et justice, etc.

    Solomy Balungi Bossa – Ouganda

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    La juge Solomy Balungi Bossa est Ougandaise. Elle a été élue juge de la Cour africaine des Droits de l’homme et des peuples en juin 2014, pour un mandat de six ans. Avec plus de vingt-sept ans d’expérience juridique et judiciaire au niveau national, régional et international, Solomy Balungi Bossa possède une expérience considérable dans la pratique judiciaire internationale, les droits de l’homme internationaux, le droit international humanitaire, le droit pénal international et le droit constitutionnel.

    Elle a reçu divers prix en reconnaissance de ses services distingués en tant que juriste, juge et défenseure des droits de la personne. De par le passé, elle a été juge à la Haute Cour en Ouganda pendant seize ans (1997-2013). Elle a aussi travaillé à la Cour de justice de l’Afrique de l’Est pendant cinq ans, au Tribunal pénal international des Nations Unies pour le Rwanda (UNICTR) durant neuf ans et demi et sert actuellement de juge à la Cour d’appel de l’Ouganda.

    Fatoumata Dembélé Diarra – Mali

    Fatoumata Dembélé Diarra a obtenu une licence en droit de l’homme de l’Université de Dakar, une maîtrise en sciences juridiques de l’école nationale d’administration de Bamako, ainsi qu’un diplôme de l’école nationale de droit de Paris.

    Membre importante du Mouvement démocratique malien, Mme Diarra a été nommée juge à la Cour pénale internationale (CPI) en mars 2003. Elle a précédemment occupé les fonctions de directrice nationale du département de la justice du Mali et de présidente de la chambre d’appel de Bamako. La fondatrice du Centre Pro Bono pour les femmes et les enfants au Mali a longtemps été un leader dans la défense des droits des couches vulnérables.

     

  • Zimbabawe: une application mobile pour lutter contre les violations des droits de l’homme

    Zimbabawe: une application mobile pour lutter contre les violations des droits de l’homme

    L’International Bar Association (IBA) a lancé au Zimbabwe une application mobile qui capture des images vérifiables. L’application va contribuer à la poursuite des personnes coupables de violations de droits de l’homme.

    L’application lancée par l’IBA est dénommée « eyeWitness to Atrocities ». Elle utilise LexisNexis Legal & amp, la technologie professionnelle pour stocker en toute sécurité les preuves recevables. Depuis son lancement, « eyeWitness to Atrocities » a été saluée comme un nouvel outil pour documenter et signaler les atrocités des droits de l’homme d’une manière sûre et vérifiable afin que l’information puisse être utilisée comme preuve devant un tribunal. Sur le continent, les médias sociaux font de plus en plus partie du quotidien des populations. C’est ainsi que de nombreuses images mises en ligne ont fait prendre conscience des atrocités commises dans le monde entier. Mais ces images n’ont pas l’attribution ou l’information nécessaire pour être utilisées comme preuve devant un tribunal.

    Grâce à cette nouvelle technologie, des Zimbabwéens disposant d’un téléphone intelligent compatible avec Android – y compris les défenseurs des droits humains, les journalistes et les enquêteurs – téléchargent l’application eyeWitness to Atrocities dans le but de traduire en justice les auteurs d’atrocités telles que génocide, crimes contre l’humanité, torture et guerre crimes.

    Activistes habiles

    Selon Mark Ellis, directeur exécutif de l’IBA, l’application « eyeWitness to Atrocities » est un outil de transformation dans la lutte pour les droits de l’homme, apportant une solution aux défis de preuve entourant les séquences de téléphone mobile. Jusqu’à présent, il a été extrêmement difficile de vérifier l’authenticité de ces images et de protéger la sécurité des personnes suffisamment courageuses pour les enregistrer. En tant que défenseur des sans voix, l’International Bar Association se consacre à habiliter les activistes sur le terrain qui sont témoins de ces atrocités avec la capacité de traduire les criminels en justice.

    La conception de l’application est basée sur des recherches approfondies sur les règles de preuves qui peuvent être montrées devant les tribunaux internationaux, régionaux et nationaux. « eyeWitness to Atrocities » comprend plusieurs fonctionnalités pour garantir l’authenticité, faciliter la vérification et protéger la confidentialité en permettant à l’utilisateur de décider s’il veut ou non être anonyme.

    Le vice-président directeur et avocat général de LexisNexis Legal & amp, Ian McDougall, estime de son côté que le fait de « mettre l’information et la technologie entre les mains des citoyens du monde entier a un rôle important à jouer pour faire progresser la primauté du droit ». LexisNexis Legal & amp fournit à l’IBA une technologie pour assurer la protection des preuves et la confidentialité des activistes sur le terrain.

    Fonctionnement  

    Lorsqu’un activiste ou tout utilisateur enregistre une atrocité, l’application recueille automatiquement et incorpore dans le fichier vidéo les coordonnées GPS, la date et l’heure, les données du capteur de l’appareil et les objets environnants tels que les réseaux Bluetooth et Wi-Fi. L’utilisateur a également la possibilité d’ajouter des informations d’identification supplémentaires sur l’image.

    Ces métadonnées fourniront des informations intégrales pour vérifier et contextualiser les images. Les images et les données d’accompagnement sont cryptées et stockées de manière sécurisée dans l’application. L’application intègre également un enregistrement de chaîne de contrôle pour vérifier que la vidéo n’a pas été modifiée ou manipulée numériquement.

    L’activiste envoie après toutes ces informations depuis son application vers une base de données gérée par l’organisation eyeWitness. Une fois la vidéo transmise, elle est stockée dans un référentiel sécurisé qui fonctionne comme un casier de preuves virtuel protégeant les images originales cryptées pour les enquêtes et procédures judiciaires futures.

    Les séquences soumises ne sont accessibles que par un groupe d’experts juridiques de eyeWitness qui analyse les images et identifie les autorités compétentes, y compris les tribunaux internationaux, régionaux ou nationaux, pour poursuivre les cas pertinents. L’IBA a annoncé sa décision de mettre l’application à la disposition d’autres organisations de défense des droits de l’homme. « eyeWitness to Atrocities » peut par exemple être utilisé dans les zones de conflit dans le monde.

  • Ghana: la nouvelle terre promise des homosexuels?

    Ghana: la nouvelle terre promise des homosexuels?

    Fin novembre, les déclarations de Nana Akufo-Addo sur une possible dépénalisation de l’homosexualité ont ravivé le débat sur la question.

    Se dirige-t-on vers une reconnaissance des droits des homosexuels au Ghana ? La réponse reste floue. D’autant plus que Nana Akufo-Addo lors d’une interview à Al Jazeera n’a pas dit non à toutes les éventualités. Le chef de l’État a déclaré que le Ghana n’est pas encore prêt pour légaliser l’homosexualité. Durant son interview le président de la République a indiqué que la légalisation de l’homosexualité n’était pas à l’ordre du jour dans son pays. Cependant, le numéro 1 ghanéen s’est justifié en estimant qu’il n’y a pas encore des revendications sur la question qui puissent impacter l’opinion publique. Élu en début d’année, celui qui est avocat de formation n’a donc pas dit non à une légalisation de l’homosexualité dans le futur, rappelant que les réponses à certaines questions sont évolutives dans toutes les sociétés. Dans le pays, la déclaration non tranchée du président inquiet. Beaucoup lui reprochent d’être resté vague sur la question.

    Dans le pays, les questions liées à l’homosexualité ne sont pas souvent abordées. La pratique est considérée par une grande majorité de la population comme étrangère à la société ghanéenne. Les partisans de la non-légalisation de l’homosexualité évoquent une pratique qui va à l’encontre des « enseignements socioculturels, communautaires et religieux ». Les rares voies qui se sont déjà élevées pour appeler à une protection des homosexuels ont été critiquées. Il y a cinq ans, l’ancien président John Evans Atta Mills avait sèchement répondu à David Cameroun qui invitait les pays africains à reconnaître les droits des homosexuels au risque de voir leurs aides réduites. John Atta Mills avait déclaré que le Royaume-Uni n’avait pas à imposer ses « valeurs au Ghana ».

    Vif débat

    Suite aux déclarations du président de la République, le Conseil chrétien a appelé Nana Akufo-Addo à ne pas faire bouger les lignes sur la question. Il a expliqué que le chef de l’État ne devrait pas céder aux pressions pour dépénaliser l’homosexualité. Opuni Frimpong, secrétaire général du Conseil, a affirmé que les déclarations du président de la République étaient de nature à encourager les homosexuels à s’organiser pour faire du lobbying. « Les homosexuels pourraient faire pression sur l’État pour obtenir une légalisation », a-t-il prévenu. Avant d’affirmer que Nana Akufo-Addo aurait dû être catégorique sur le sujet. Un autre membre du Conseil a estimé pour sa part qu’il n’est pas tard que le chef de l’État déclare que le Ghana ne légalisera jamais l’homosexualité.

    Le Conseil national des gays a de son côté indiqué qu’une légalisation rapide de l’homosexualité n’était pas souhaitable. Le porte-parole de la communauté gay, Philcollins Agbedanu-Kröger, a fait savoir que les homosexuels ne sont pas encore prêts à assumer les conséquences. Les gays se plaisent dans l’état actuel du statu quo juridique, a-t-il insisté. Pour Kwesi Ohene, sociologue, les déclarations du Conseil national des gays ne sont pas surprenantes. Selon le chercheur, la légalisation de l’homosexualité devrait d’abord commencer par « un changement de mentalité ». « La société ghanéenne n’est pas pour le moment prête à accepter une dépénalisation de l’homosexualité », diagnostique Kwesi Ohene. Une précipitation de l’État pourrait exposer les homosexuels à des représailles.

  • L’Algérie réclame 36 crânes de ses indépendantistes à la France

    L’Algérie réclame 36 crânes de ses indépendantistes à la France

    Redécouverts en 2011, les crânes d’une trentaine de combattants algériens, décapités pour avoir combattu la colonisation française au milieu du XIXe siècle, sont actuellement gardés dans les réserves anthropologiques du Musée de l’Homme à Paris. L’Algérie cherchant à rapatrier ses « réserves » n’a toujours pas encore un OK favorable du côté de l’ancienne colonie.

    Mercredi 1er novembre, l’Algérie a célébré son 63e anniversaire depuis la déclaration de la lutte pour l’indépendance de la France après 132 ans de domination coloniale. La guerre a duré près de huit ans, entraînant environ 1,5 million de morts d’Algériens. Après l’indépendance en 1962, les autorités françaises ont emporté un nombre inconnu de crânes appartenant à certains des martyrs algériens, dont beaucoup ont été exposés au Musée national français d’histoire nationale à Paris.

    En effet, en 1849, l’oasis de Zaâtcha avait été attaquée par les troupes du général Herbillon. La population et les chefs de la région sont sauvagement tués. Les Chioukh Bouziane, Moussa et Lahcène sont fait prisonniers par les zouaves du commandant Lavarande. Sur ordre du général Herbillon, ils sont exécutés et leurs têtes exposées sur la place de Biskra.

    Lorsqu’elles sont expédiées en France, chacune des têtes était accompagnée d’une étiquette, longue bande de parchemin, portant le nom du chef décapité, la date de sa mort, le cachet du bureau politique de Constantine et la signature du Colonel de Neveu et de M. Gresley. Ces crânes sont entreposés depuis 1880 dans les sous-sols du musée de l’homme à Paris.

    Ainsi, parmi les 36 crânes détenus de combattants algériens détenus par le musée de Paris, figurent d’importantes personnalités de l’armée algérienne de lors.

    Résurgence du débat

    Le gouvernement algérien veut que son homologue français rende les crânes des combattants de l’indépendance algérienne. Cet appel a été lancé par le ministre Mujahedeen algérien Tayeb Zitouni dans une interview. « Le travail de la commission algéro-française mise en place pour discuter de ces questions n’est pas encore achevé. L’Algérie n’abandonnera pas ces dossiers revendiqués en France dont celui relatif à la restitution des crânes des martyrs de la résistance populaire », a déclaré M. Zitouni au Middle East Monitor.

    Zitouni a révélé que son bureau négocie actuellement avec le ministère français des Affaires étrangères pour le retour des crânes. Il veut que la commission précédemment mandatée pour examiner et surveiller l’affaire soit reconstituée immédiatement. « Les négociations sur ce dossier, suspendues à volonté par les Français, ont été retardées à cause des élections présidentielles françaises », a déclaré le ministre algérien.

    Il a réitéré que la France doit admettre les crimes perpétrés contre les Algériens pendant la domination coloniale afin de favoriser de meilleures relations avec l’Algérie.

    Beaucoup d’Algériens attendent avec impatience de voir si le nouveau président français Emmanuel Macron, qui a récemment qualifié l’impérialisme français en Algérie de « crime contre l’humanité », rendra les crânes et indemnisera les victimes des essais nucléaires.

    Tentatives échouées

    En 2011, l’historien Ali Farid Belkadi a lancé une première pétition demandant le retour en Algérie de ces restes humains. En mai 2016, l’universitaire Brahim Senouci a lancé une nouvelle pétition afin que ces dépouilles mortuaires soient remises à l’Algérie.

    L’idée de cette dernière pétition est partie d’une seule et unique signature : celle du téméraire Brahim Senouci, écrivain et militant algérien, résidant en France. Le 18 mai 2016, il diffusait sur Change.org un texte pour le moins engagé, appelant à la restitution des crânes des insurgés algériens de Zaâtcha.

    Cependant, la situation semble bloquée. En témoigne le courriel du 29 juin 2016 adressé à Brahim Senouci par Michel Guiraud, directeur du musée de l’Homme. Dans ce courrier, Michel Guiraud, indique que son institution muséale était « prête » à examiner « favorablement » la demande de restitution des crânes des Algériens, conservés au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, avertissant néanmoins que « pour leur restitution, il y a un chemin à prendre. Nous reconnaissons le droit de la famille et celui des descendants relayés par leur État », a-t-il dit. Il a par ailleurs souligné que les demandes « doivent passer par le canal diplomatique et non pas par une association qui n’a pas un droit particulier par rapport aux restes humains ».

    Relent colonialiste

    Le professeur en histoire à l’Université d’Alger 2, Mohamed Lahcen Zeghidi, considère que contrairement à la Tunisie et au Maroc, la France n’a toujours pas soldé son contentieux historique avec l’Algérie, et ce, en raison de « la perception de conquérant » qu’elle continue d’entretenir, de génération en génération. Celui-ci estime, s’agissant de la question des archives, que si la France a consenti, depuis 2012, à ouvrir ses archives et à les mettre à la disposition des Algériens, elle ne le fait que pour les documents « non compromettants » pour elle, à savoir administratifs, diplomatiques, divers rapports, etc.

    L’historien est convaincu que l’ancien colonisateur « ne pourra pas remettre de ses propres mains ce qui pourra le condamner, ce qui l’obligera à réécrire l’histoire qu’il a enseignée à ses générations depuis plus d’un demi-siècle laquelle met en relief les valeurs de l’humanité ».

    Dans une récente déclaration, des historiens algériens ont également souligné l’importance de la restitution des archives de l’Algérie pour l’écriture de l’histoire et la sauvegarde de la mémoire collective du peuple algérien. Qualifiant cet épisode de « grave préjudice » et de « crime contre l’humanité », le spécialiste insiste sur l’obligation de « reconnaissance » par l’ex-empire colonial des atrocités commises dans ses anciennes colonies, dont l’Algérie.

    Ceux-ci déplorent le fait d’exposer ainsi des crânes humains comme s’il s’agissait de « trophées de guerre », renseignant sur des « traditions coloniales » et un esprit esclavagiste visant à montrer que les colonisés sont des personnes « différentes », de même qu’à afficher une certaine « supériorité » du colonisateur.

    Jusqu’ici, les divers appels lancés depuis Alger restent sans grand échos à Paris.