Catégorie : Sport

  • Patinage : À 17 ans, une Ghanéenne devient la première femme noire de l’équipe des USA

    Patinage : À 17 ans, une Ghanéenne devient la première femme noire de l’équipe des USA

    C’est historique. La patineuse de vitesse Maame Biney est devenue mi-décembre là première femme noire à faire partie de l’équipe olympique américaine. Âgée de 17 ans, cette Ghanéenne d’origine est devenue la grande attraction des médias depuis son intégration à l’équipe olympique de patinage de son pays d’adoption.

    Pour rentrer dans l’histoire l’athlète s’est en effet montrée à son meilleur niveau au cours d’une compétition de qualification organisée dans l’Utah. Maame Biney a terminé en tête de sa course, se débarrassant ainsi trois autres concurrents immédiats. Sur une épreuve de 500 mètres, la jeune athlète dressée sur ses patins à emballer le public présent. Maame Biney a mis un rythme effréné en prenant une avance précoce qui s’est élargie au fur et à mesure de la course. Elle a ainsi franchi la ligne d’arrivée sur la patinoire. Impressionnée par sa propre performance, Mame Biney s’est dite très heureuse. L’athlète a également confié avoir rêvé « de ce moment depuis juin ». « Je suis tellement contente », a-t-elle ajouté.

    Avec son brillant résultat et sa sélection dans l’équipe olympique américaine, la Ghanéenne d’origine va représenter les États-Unis aux prochains Jeux olympiques d’hiver. Ces derniers se tiendront en 2018 en Corée du Sud. Maame Biney n’avait pourtant pas rêvé de ce parcours. Après sa naissance au Ghana, c’est très tôt qu’elle rejoint son père installé aux États-Unis, à Rockville dans le Maryland. Elle n’avait que cinq ans. Douze ans après, celle qui est désormais considérée comme une grande star en devenir rappelle l’appui de son père qu’elle considère comme « le plus grand motivateur ». « Mon père me suit tous les jours. Il me donne des conseils. Je l’aime pour ça », a-t-elle confié au site teamusa.org.

    Talent prometteur

    « Quand j’ai réalisé que je faisais partie de l’équipe olympique, j’ai commencé à m’énerver comme une folle, puis j’ai fait une chute épique », commente la jeune athlète. Si l’athlète est rentrée dans l’histoire en tant que première femme noire dans l’équipe olympique, elle reste le deuxième patineur de vitesse noir à représenter les États-Unis aux Jeux olympiques. Le premier noir étant Shani Davis. En 2002, ce dernier avait aussi intégré l’équipe olympique de son pays. L’Afro-Américaine confie avoir essayé le patinage artistique quand elle était petite. C’est d’ailleurs son père qui l’inscrit à des cours de patinage artistique à Reston, en Virginie, alors qu’elle avait six ans. Un de ses entraîneurs avait alors suggéré qu’elle passe au patinage de vitesse parce qu’elle « allait trop vite pour être une patineuse artistique ».

    Malgré son jeune âge, Maame Biney montre une grande maîtrise dans ses courses de 500 mètres. Elle a déjà remporté une médaille de bronze aux championnats du monde juniors. Cela fait d’elle la deuxième femme américaine depuis 1996 à remporter une médaille aux championnats du monde juniors. Désormais, tous les regards sont tournés vers les prochains jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud. Beaucoup espèrent que la jeune ghanéenne décroche sa première médaille olympique.

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  • Où sont passés Eto’o, Drogba, Kanouté, Essien et les autres ?

    Où sont passés Eto’o, Drogba, Kanouté, Essien et les autres ?

    Ils font partie des meilleurs de leur génération et ont marqué de leur empreinte l’histoire du football africain.

    Avec de carrières brillantes, ces talents africains n’évoluent plus dans les cinq majeurs européens et sont moins présents dans l’actualité sportive. D’autres parmi eux ont raccroché les crampons et se donnent à d’autres activités. Afrotribune vous donne des nouvelles de ces anciens internationaux du continent.

     Frederic Omar Kanouté

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    Depuis qu’il s’est retiré, l’ancien joueur de FC Séville envisage une reconversion en tant qu’entraîneur. En 2015, l’équipe jeune de FC Séville lui a été confiée. Il a d’ailleurs bouclé sa formation de Licence A. Le Ballon d’or africain 2007 est pressenti comme futur sélectionneur des Aigles du Mali. Selon les informations il devrait succéder à Alain Giresse qui a démissionné en février dernier.

    El Hadji Diouf

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    Il y a quinze ans, El Hadji Diouf illuminait de tout son talent la participation du Sénégal à la coupe du monde 2002. L’ancien joueur des Reds a depuis quitté les terrains. Celui qui a été deux fois ballon d’or africain et finaliste de la CAN 2002 profite de sa retraite à Dakar. Selon les informations, El Hadji Diouf est conseiller sportif du président Macky Sall et ambassadeur de bonne volonté du gouvernement sénégalais.

    Didier Drogba

    Image result for Didier DrogbaA 39 ans, celui qui a l’un des palmarès les plus attrayants joue désormais en deuxième division américaine. Didier Drogba, troisième meilleur buteur mondial de la décennie entre 2001-2010 (83 buts) est actuellement en contrat avec le club Phoenix dont il est copropriétaire. L’ancien joueur de Chelsea a indiqué il y a quelques semaines mettre un terme à sa carrière l’année prochaine. Drogba envisage se consacrer à ses multiples projets, notamment l’acquisition d’une franchise en MLS, la ligue américaine de football à l’horizon 2020. L’ancien joueur marseillais devrait également lancer sa marque de chaussure dénommée « JAD ». En novembre, Didier Drogba a fait partie des joueurs africains qui ont condamné « l’esclavage en Libye ».

    Samuel Eto’o

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    Quadruple ballon d’or africain, l’attaquant camerounais est le meilleur buteur de l’histoire de la coupe d’Afrique des nations. Samuel Eto’o qui a déjà évolué dans de nombreux grands clubs européens, notamment au FC Barcelone n’a pas encore arrêté sa carrière malgré son âge avancé (36 ans). L’ancien barcelonais évolue désormais en Turquie avec le club d’Antalyaspor. Souvent intéressé par les questions qui touchent au développement du continent, Samuel Eto’o s’était également indigné contre la vente de migrants africains en Libye.

    Michael Essien

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    L’ancien Black star continue de jouer loin de l’Europe où il a évolué dans des grands clubs comme Chelsea, le Real Madrid ou le Milan AC. A 34 ans, Michaël Essien, celui qui a été élu dans le onze type de la CAN 2008 évolue désormais au Persib Bandung, un club de première division indonésienne.

    Mido

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    C’est sans doute l’un des meilleurs talents de sa génération. Malgré son énorme potentiel, Mido n’a jamais réussi à confirmer durant sa carrière tout le bien qu’on pensait de lui. Sulfureux, l’Égyptien a évolué dans plusieurs clubs européens où il n’a pas fait fortes impressions. Désormais en retraite, l’ancien joueur de Marseille et de Tottenham intervient en tant que consultant sur certaines chaînes de son pays. Mido est surtout entraîneur du club Wadi Degla.

    Seydou Keita

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    Ancien capitaine emblématique des Aigles du Mali, Seydou Keita est le joueur le plus titré de l’histoire du football malien. Mais depuis quelques années, le milieu de terrain n’est plus visible sur les terrains européens. L’ancien joueur du FC Barcelone évolue désormais à El Jaish SC au Qatar et se dirige progressivement vers la fin de sa carrière.

    Mohamed Aboutrika

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    Mohamed Aboutrika est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du football africain. L’Égyptien a dans sa carrière, remporté Coupes d’Afrique des nations (CAN) d’affilée. Il a également gagné cinq Ligues des champions et quatre super coupes d’Afrique. L’attaquant a également été sacré sept fois champion de son pays avec le Al Ahly. Celui qui a pris sa retraite internationale depuis 2013 reviendra-t-il en sélection ? La qualification de l’Égypte à la prochaine coupe du monde a fait naître dans le public sportif l’envie de « revoir Aboutrika reporter le maillot national ».

     

     

  • Éperviers du Togo: la nouvelle vie des ténors du mondial 2006

    Éperviers du Togo: la nouvelle vie des ténors du mondial 2006

    Plus de dix ans après sa première participation à la coupe du monde, le Togo a baissé de niveau. Sur les six dernières CAN, les Éperviers en ont disputé deux. Le Togo a raté les coupes du monde de 2010 et 2014 et ne disputera pas Russie 2018. La sélection qui est désormais dirigée par le Français Claude Le Roy a entamé une reconstruction sur fond de résultats mitigés.

    De quoi rendre nostalgique le public sportif qui ne cesse de se rappeler les périodes de gloire de l’équipe nationale. À Lomé, la brillante qualification à la coupe du monde alimente encore les discussions. L’occasion de revenir sur ce que sont devenus quelques acteurs de la campagne 2006 en Allemagne. La sélection qui est désormais dirigée par le Français Claude Le Roy a entamé une reconstruction sur fond de résultats mitigés.

    Abalo Dosseh

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    Il a porté les maillots de l’équipe nationale à 67 reprises et a inscrit un but. L’ancien défenseur a surtout été le capitaine du Togo durant la coupe du monde 2006. Celui qui a joué à Amiens SC en France est devenu entraîneur. Abalo Dosseh est depuis 2016 coach adjoint de l’équipe nationale. Il s’est également vu confier la gestion de l’équipe locale avec laquelle il pose essentiellement ses premiers pas d’entraîneurs.

    Nibombé Daré

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    Stoppeur, Nibombé Daré a fait partie de l’aventure coupe du monde 2006 en Allemagne. L’ancien joueur de l’AS Douanes de Lomé (devenu OTR) a été l’un des plus capés de l’équipe nationale. À part le mondial, Daré a également participé à des coupes d’Afrique des nations. Depuis avril 2017, le longiligne défenseur central est devenu entraîneur de l’AFC Tubize un club de deuxième division belge. Le Togolais qui s’est formé pour l’obtention du diplôme d’entraîneur UEFA-A s’occupe de l’équipe espoir du club. À 37 ans, Nibombé Daré envisage un jour prendre les rênes de l’équipe nationale. L’ancien joueur de Timisoara suit d’ailleurs de près les résultats des Éperviers du Togo.

    Mohamed Abdel Kader Coubadja Touré

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    Il est sans doute l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du Togo. En 84 sélections, Kader Coubadja totalise 53 buts et est le meilleur buteur de l’histoire de la sélection du Togo. Artisan de la qualification du Togo pour Allemagne 2006, l’ancien attaquant de Parme en Italie est d’ailleurs entré dans l’histoire le 13 juin 2006 en marquant le premier but du Togo à la coupe du monde. Ancien joueur de Sochaux, Kader Coubadja côtoie l’équipe de formation de jeunes du club depuis qu’il a raccroché les crampons.

    Olufadé Adekambi

    C’est en 2010 que Olufadé Adekambi a pris sa retraite internationale après une quarantaine de sélections avec le Togo. L’ancien Épervier a participé à la CAN 2006 et a été l’un des acteurs clés de la première qualification du Togo à la Coupe du monde en Allemagne. Olufadé Adekambi s’est reconverti en entraîneur. Il dirige actuellement au Togo Semassi de Sokodé, un club de première division avec lequel il a terminé vice-champion de la saison 2016-2017. L’ancien attaquant de l’OGC Nice a également créé un centre de développement sportif dans son pays.

    Thomas Dossevi

    Il a passé près de dix ans en sélection nationale. Thomas Dossevi a participé à la coupe du monde 2006 alors qu’il était joueur à Valenciennes. Le Franco-Togolais qui a raccroché il y a quelques années est devenu recruteur du Standard de Liège. Thomas Dossevi est également consultant sportif de la chaîne cryptée Canal+.

     

  • Hervé Renard, cet apprenti qui a volé les amulettes de Claude Le Roy

    Hervé Renard, cet apprenti qui a volé les amulettes de Claude Le Roy

    Quand en ce samedi 11 novembre 2017, Hervé Renard qualifiait le Maroc pour la coupe du monde Russie 2018, il réalisait un exploit que bon nombre d’autres sélectionneurs n’ont pas pu faire en Afrique.

    « Personnellement j’aimerais affronter la France. J’aimerais être dans le groupe de la France ». C’est en ces mots que Hervé Renard s’enflait, quand il a réussi ce que beaucoup appellent par une grande victoire en battant les Éléphants de la Côte d’Ivoire chez elle par 2 buts à 0. Le lendemain, Claude Le Roy a dû se fier à son chapelet pour une mission qu’on voit au Togo, comme suicidaire : battre les Dodos de l’Ile Maurice, 158e du classement mondial de la FIFA. S’il est vrai que le match était sans enjeu, à plus forte raison avec une formation au demeurant docile, Claude, Le Roy avait un défi, et nombre de Togolais l’attendaient à ce tournant.

    Hervé Renard, le nouveau sorcier

    Depuis que Hervé Renard s’est séparé de son mentor, celui semble chiper à son père spirituel, celui qui était toujours considéré comme le « sorcier blanc », ses meilleurs gris-gris.

    Dans la presse marocaine au lendemain de la qualification du Maroc, les mots pour affubler le renard du football africain ne sont pas rares. « Génie », « sorcier », « l’imbattable », « magicien »… Dans le royaume chérifien, il est adulé. Et si nul ne sait les mots que le roi Mohammed lui a glissés au téléphone à quelques minutes après le coup de sifflet final du match contre la Côte d’Ivoire, on sait au Maroc, combien le roi tient à cette participation du Maroc à la coupe du monde, et pourquoi il compte sur Hervé Renard.

    Mais il faut se le rappeler : Hervé Renard mettant tout un pays africain en liesse est une situation qui revient à intervalles réguliers. Depuis qu’il s’est senti prêt à poursuivre son chemin en quittant Claude Le Roy, chaque aventure de cet entraîneur à la tête d’une équipe de ce continent semble être jalonnée de succès. Hervé Renard en Zambie : la sélection nationale gagne la CAN en 2012 pour la première fois de son histoire. Hervé Renard en Côte d’Ivoire : l’une des meilleures générations des Éléphants, jusque-là en disette, remporte enfin ce même titre continental en 2015 avec lui sur le banc. Deux exploits le conduisant à être le seul coach à avoir brandi le trophée avec deux nations différentes. Hervé Renard a bâti en l’Afrique, un vrai empire et y installe une suprématie sans concurrence. L’homme tisse au fil des temps les cordes qui le mènent vers son propre succès. Tout ce qu’il touche devient de l’or.

    Après un passage non réussi en Ligue 1 français en tentant sa chance avec Lille, les défaites cumulées au bout d’une dizaine de journées de la saison 2015-2016 lui a valu un licenciement. On pouvait alors penser que le cercle vertueux Hervé Renard allait se rompre, que l’intéressé retomberait un peu de son piédestal pour rejoindre la grande famille des entraîneurs oubliés après une entame de carrière tonitruante. Il a plutôt préféré sortir un troisième album — Hervé Renard au Maroc — dans lequel les Lions de l’Atlas se qualifient pour la Coupe du monde, une première depuis 1998, en s’extirpant d’un groupe composé du Mali et de la Côte d’Ivoire.

    Pendant ce temps, rongé par l’âge et confronté à un cas particulier comme celui du Togo, Claude le Roy continu, l’air parfois indifférent, d’essuyer des critiques et des remontrances des Togolais. Lui prophète ou sorcier ailleurs, comptabilise un bilan médiocre depuis sa venue au Togo sur invitation personnelle du président togolais en avril 2016.

    Au point où le Mouvement Martin Luther King commence par réclamer sa tête, au regard du salaire spécial qu’on lui fait, forte d’une bagatelle de 25 millions de FCFA, meilleure offre dont on peut rêver en tant que sélectionneur du Togo. Toutefois, il faut aussi souligner qu’à la tête de la sélection togolaise, Le Roy n’a pas encore échoué. La mission qui lui avait été confiée quand il arrivait au Togo est de faire participer le pays à la CAN 2019. Sur ce terrain, l’homme a devant lui des occasions pour se racheter.

    Mais comparé à Renard, le Roy, recordman de participation à la Coupe d’Afrique des nations (9 participations au total), c’est seulement une fois champion d’Afrique en 1988, avec le Cameroun après trois décennies passées à fureter le continent. Le Sénégal, la République Démocratique du Congo, le Ghana et le Congo Brazzaville ont tous profité de l’âge de 68 ans du sorcier blanc. Renard, c’est en 2008 qu’il s’est séparé de son mentor. Lorsque Le Roy entraînait 2008 les Black Stars du Ghana et était médaillé de bronze en Afrique, son assistant Renard était encore inconnu.

    Secret de parrain

    Le Roy peut envier à Renard ce qu’il n’a jamais pu réussir sur le continent africain.

    Dans le magazine So Foot, Claude Le Roy, l’homme qui a lancé Renard dans le métier en le prenant comme adjoint au début des années 2000 disait : « Lorsque j’ai emmené Hervé avec moi à Shanghai en 2001, alors que je recherchais un staff, je lui ai dit que l’une des conditions à la réussite du job d’entraîneur en Asie ou en Afrique n’avait rien à voir avec le foot de chez nous. Si vous n’êtes pas au fait de la culture locale, de la géopolitique, de l’histoire ou que vous ne maîtrisez pas leur langue, ça ne le fera pas. Il ne suffit pas d’être bon sur le terrain. Si vous allez au Congo et que vous ne connaissez rien de Patrice Lumumba ou de la sécession du Katanga, si vous allez au Cameroun et êtes étrangers à l’UPC ou aux pluies acides de l’armée française durant la quête de l’indépendance, si vous allez à Shanghai et n’êtes pas au fait des relations sino-japonaises, vous n’y arriverez pas. » Le conseil semble être écouté.

    Âgée aujourd’hui de 49 ans, la méthode Hervé Renard semble marcher quasiment à chaque fois sur le sol africain, mais ne présente rien de surnaturel. Il use des recettes communes, presque standards : jeu défensif, construction d’un esprit commando pour juguler la pression, et beaucoup de pragmatisme. Hervé Renard n’a rien de dogmatique. Ses idées tactiques ne révolutionneront pas le football. Il n’a pas à réinventer le foot, et il le sait.

    Mais l’Afrique paraît privilégier les pragmatiques, ceux qui font passer les contextes avant leurs idées. Pour vaincre la Côte d’Ivoire samedi soir sur son propre terrain à Abidjan, il a fallu prendre la dimension du côté traquenard de ce match. Il ne s’agissait pas d’une partie d’échecs cérébrale contre son homologue Marc Wilmots. Il a fallu mobiliser ses troupes pour un combat où chaque duel sur le terrain se devait d’être gagné par les joueurs marocains pour assurer le triomphe final. Avec les Lions de l’Atlas, Hervé Renard a des limites tactiques. Le Maroc n’est pas aussi garni que la Côte d’Ivoire qu’il a eu à coacher juste quelque année en arrière. Avec le Maroc, Renard a eu l’intelligence de miser sur la motivation de ses hommes. Si son équipe n’a encaissé aucun but lors de ces éliminatoires, ce n’est pas un hasard : l’abnégation défensive, au détriment de la technique, est l’une des clefs de voûte de la méthode Renard.

    Ce pragmatisme, c’est ce qui achève de convaincre que Hervé Renard a beau faire des miracles en Afrique, la coupe du monde reste un défi hors de portée des gris-gris. Renard n’attend pas aujourd’hui remporter une coupe du monde pour prouver son hégémonie, même si l’homme est constamment attiré par des défis à la limite fous. C’est clair, le Maroc à la coupe du monde, ce sera une mission suicide.

    Du reste, Renard est conscient qu’il a dépourvu son mentor de son auréole de sorcier en seulement moins d’une décennie. Mais il ne tarit pas d’éloges envers celui-ci : « Il m’a tellement donné dans ma vie. Pas seulement sur le football, mais aussi sur la façon d’évoluer en tant qu’homme », a déclaré Renard quand il se préparait à défier pour la première fois son maître en phase de groupe à la CAN 2017. Le Roy a été aussi tout à fait élogieux à propos de l’homme qu’il a encadré et qui est devenu l’autocar le plus recherché en Afrique, son filleul. « Herve sait diriger un groupe et aime ses joueurs », a-t-il déclaré, sans humeur. Pour ce match-là, Renard s’était sans surprise imposé. Le Maroc a battu le Togo 3-1. Une ultime preuve qui avait déjà achevé de convaincre que Renard a volé les amulettes du Roy. Cela va de soi.

  • L’Afrique et ses chances pour remporter le mondial 2018

    L’Afrique et ses chances pour remporter le mondial 2018

    Dans quelques mois le continent africain sera représenté par cinq équipes à la coupe du monde. Avec des parcours différents durant les éliminatoires, les cinq qualifiés ont tous terminé premier de leur poule respective. Parmi elles, seul le Nigéria était présent à la dernière coupe du monde au Brésil. Le Sénégal, l’autre représentant de l’Afrique de l’Ouest, est de nouveau au mondial après son parcours exceptionnel en 2002. Les trois autres pays viennent du Maghreb. Le Maroc, l’Égypte et la Tunisie ne seront tout de même pas à leur première participation.

    Le Nigeria reconstruit

    Les Super Eagles se sont reconstruits. Champions d’Afrique en 2013 avec le regretté Stephan Keshi, les Nigérians ont traversé de longs mois de léthargie avec des absences aux deux dernières éditions de la CAN. Mais ils ont disputé les éliminatoires de la coupe du monde avec beaucoup de maîtrise. C’est une équipe réorganisée avec des joueurs plein de talents couvés par l’expérimenté capitaine Mikel Obi. A la coupe du monde, le sélectionneur Gernot Rohr pourra compter sur d’autres joueurs comme Victor Moses de Chelsea ou le Gunner Iwobi. Présent en 2014 au Brésil, le Nigéria avait été éliminé en huitième de finale par la France.

    Le Sénégal attendu

    C’est une équipe talentueuse. Dynamique avec beaucoup d’individualités, l’équipe sénégalaise est pressentie depuis deux ans comme l’un des effectifs qui doivent jouer les premiers rôles sur le continent. Éliminé de façon inattendue à la dernière CAN, le Sénégal a moyennement négocié ses matches des éliminatoires de la coupe du monde. Le match rejoué contre l’Afrique du Sud a néanmoins permis à Aliou Cissé et son groupe d’assurer leur qualification. Reste maintenant à savoir si Sadio Mané et ses coéquipiers feront mieux que la génération 2002.

    Le solide Maroc

    Les poulains de Hervé Renard ont réussi un parcours impressionnant. C’est la meilleure défense des éliminatoires. Le Maroc n’a encaissé aucun but en six matches. Plus que tout, c’est un collectif qui sait faire déjouer ses adversaires. L’équipe est surtout composée de joueurs talentueux à l’instar de Youssef Belhanda, Sofiane Bouffal ou encore Hakim Ziyech. Vingt ans après leur dernière participation, les lions de l’Atlas retrouvent à nouveau la coupe du monde. En Russie, les coéquipiers de Medhi Benatia tenteront de faire mieux que la génération Naybet, Hadji, Bassir qui avait manqué de peu pour sortir de leur poule en 1998.

    La Tunisie combative

    Les Aigles de Carthage ont mis fin au rêve des Léopards de la RDC avec lesquels ils étaient dans le même groupe. La Tunisie est même à ce jour une des équipes les plus solides du continent. Le match renversant qu’elle a réalisé à Kinshasa alors qu’elle était menée 2-0 l’a prouvé. La combativité de la Tunisie emmenée par des joueurs remuants comme Msakni constitue un atout. Et peut-être que les Aigles feront en Russie un meilleur parcours que celui de leur dernière participation en 2006.

    L’Égypte organisée

    L’Égypte a souvent enchaîné de bonnes performances sur le continent en remportant plusieurs CAN mais a toujours manqué les occasions d’être à la messe mondiale du football. Logée durant les éliminatoires dans une poule avec le Ghana, l’Ouganda et le Congo, elle a su tirer son épingle du jeu, voyageant bien et négociant avec maîtrise ses rencontres à domicile. Le septuple champion d’Afrique a cette fois-ci obtenu son ticket pour Russie 2018. En 1990, lorsqu’ils participaient à leur deuxième coupe du monde, les Pharaons avaient tenu en échec les Pays-Bas, champion d’Europe 1988, réussissent aussi un nul contre l’Eire mais se sont fait battre 1-0 par l’Angleterre. Dans quelques mois l’Égypte va tenter de faire bonne figure en Russie. Et elle peut compter sur Mohamed Sallah un de ses meilleurs éléments. Le joueur de Liverpool a d’ailleurs fini meilleur buteur des éliminatoires.

     

  • En Afrique, le gri-gri et le maraboutage ‘assurent’ encore le football

    En Afrique, le gri-gri et le maraboutage ‘assurent’ encore le football

    Il faut croire que le résultat final d’un match de football ne dépend pas toujours des vingt-deux acteurs sur la pelouse. Tout n’est pas que football et sur les stades africains on croit souvent à l’irrationnel.

    On ne badine pas avec la sorcellerie quand il s’agit du foot. Sur le continent, aux portes des vestiaires, on entend parfois des incantations, des mantras récités avec détermination et même des animaux sacrifiés la veille des rencontres fatidiques.

    À la dernière CAN, le Tunisien Ferjani Sassi n’a pas hésité à accuser le Sénégal de faire usage de la magie « boukhoukhou ». « Joueur j’avais toujours une chaine au cou. Les joueurs qui faisaient le pressing sur moi quand j’avais le ballon voyaient des serpents » témoigne de son côté Benjamin Diboué, footballeur camerounais.

    Des équipes nationales disposent d’ailleurs des marabouts pour « la préparation spirituelle ». La pratique est également récurrente au Sénégal où des marabouts peuvent selon les informations « changer le cours d’un match ».

    En 2002, pour s’être qualifié à la CAN et la Coupe du monde, le pays aurait ainsi dépensé près de 90 millions de FCFA pour des pratiques mystiques auprès des marabouts. Si toutes les conditions sont réunies « je peux décider du sort d’un match », s’enorgueillit l’un d’entre eux rencontré à Dakar. Avant de rappeler dans un éclat de rire : « C’est quand même chez nous que la France s’est préparée pour être championne du monde en 1998 ».

    Du talent et des sacrifices

    La pratique est restée dans les habitudes et reprise par la jeune génération. En finale de la dernière Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans, Ibrahim Ndiaye, attaquant sénégalais, a tenté de jeter un sort à ses adversaires zambiens en déposant dans le but adverse un gri-gri. Un comportement que n’ont pas apprécié les Zambiens. Le gri-gri sera finalement enlevé. Le Sénégal a d’ailleurs perdu 2-0. Dans d’autres pays comme le Bénin ou le Mali, l’on dénombre des marabouts ou des féticheurs fortunés.

    Leur travail consiste à « préparer » des équipes et des joueurs moyennant de grosses sommes. Au Nigéria, ils arrivent que deux marabouts se fassent une guerre spirituelle sur l’issue d’un match. Chacun ayant rassuré son équipe de « tout faire pour qu’elle gagne ». Mais la situation est différente au Congo où des joueurs de certains clubs sont parfois emmenés à laver leurs maillots dans « des liquidés offerts par des marabouts ».

    En Côte d’Ivoire, un ancien joueur de la ligue 1 n’a pu digérer un week-end une défaite contre une rivale historique. « Nous avons pourtant, affirme-t-il, fait tout ce que demandait le préparateur spirituel ». Même les plus grands joueurs du continent n’y échappent pas, notamment de récents ballons d’or africains. Parmi eux, Samuel Eto’o et Didier Drogba, serials buteurs avec leurs clubs et héros dans leurs pays respectifs. En dehors de leur talent, il leur faut « travailler et se préparer spirituellement ».

    Pour être meilleur, Didier Drogba sacrifierait ainsi des animaux. Prescription de son marabout. Eto’o de son côté travaillerait ses qualités naturelles par des préparations spéciales. Il a même été accusé par son ancien coéquipier Bernard Tchoutang d’avoir envoûté Joseph-Désiré Job pour prendre sa place de titulaire et finir meilleur buteur de la CAN 2000. Lui réfute cette accusation et affirme que sa « vraie magie reste le travail ».

    Gangrène pour le foot africain ?

    Au Togo, beaucoup ont tenté d’expliquer l’impressionnant parcours réalisé par Emmanuel Adebayor en 2005 durant les éliminatoires de la coupe du monde 2006. Ses buts inattendus, son passage dans les clubs du Premier League jusqu’à son arrivée au Real Madrid. « On ne réalise pas ce qu’il a fait en étant un homme simple. C’est quelqu’un qui se prépare », considère un de ses supporters. Quand en 2016 Emmanuel Adebayor sans club n’apparaît plus sur les terrains d’un championnat étranger, « l’histoire de son marabout est évoquée ». Le joueur togolais serait entré en brouille avec son directeur spirituel nommé Alpha Abrangao.

    C’est à ce dernier que revenait la tâche d’effectuer des sacrifices pour permettre à l’ancien joueur d’Arsenal de briller. Les bonnes performances des joueurs seraient donc liées à leurs amulettes et préparations ? « Parfois il n’y a rien. J’en connais qui restent profondément attachés à Dieu. Mais le public veut toujours trouver explication à tout », tempère un responsable de centre de formation de football à Lomé. Un but marqué, une célébration « bizarre », un coup franc envoyé en pleine lucarne dans les dernières minutes d’un match. Mais également des mimiques habituelles ou phrases marmonnées avant le début d’une rencontre. Qu’ils jouent ou qu’ils se blessent, les supporters tentent d’y voir une explication.

    Ce ne que ne réfute pas un ancien joueur béninois. « Quand on tape dans une balle et quand on ne vit que de ça, il vous faut être solide spirituellement », justifie-t-il. « Ce n’est pas quelque chose de mauvais », ajoute un de ces anciens coéquipiers togolais. Tous deux avouent avoir eu besoin d’un marabout dans leur courte carrière. « Il nous fallait des amulettes pour nous protéger. Tu as vite fait d’être poussé sur le banc par ton propre coéquipier. Pour une blessure inexplicable. Le foot va vite ». Pourtant, la forte présence du maraboutage sur le continent n’enchante pas Joseph-Antoine Bell.

    Pour l’ancien gardien camerounais, la pratique plombe les équipes africaines. « On ne compte plus que sur ça. La préparation psychologique est négligée », regrette-t-il. Si pour l’heure aucune disposition n’est prise pour mettre fin à la pratique les pays s’emploient à la combattre. La Fédération rwandaise a par exemple été obligée d’interdire officiellement la sorcellerie.

    Dépitée de constater sur les terrains certains comportements et des arbitres qui se voient obligés d’interrompre les matches pour « régler des problèmes de gri-gri ». Pour le secrétaire général de la fédération, « nous avons constaté que le simple fait de voir des gris-gris déstabilise les équipes et les joueurs adverses ».

    Des sanctions ont été mises en place pour tout usage de la magie. « Environ 115 euros d’amende pour les joueurs, et jusqu’à 3 380 euros pour les clubs ». Un exemple que d’autres pays du continent ne semblent pas être à suivre.

  • Cyclisme: un sport en quête de repères au Togo

    Cyclisme: un sport en quête de repères au Togo

    Ce n’est pas exagéré : à 23 ans, Raouf Akanga est au cyclisme togolais, ce qu’a été Mère Térésa aux orphelins.

     Demandez au jeune Raouf Akanga, le maillot jaune et pionnier du cyclisme au Togo un entretien pour parler explicitement de cette discipline pour laquelle il voue un culte, vous-vous rendrez compte de deux choses à la fois : l’endurance et la foi des pratiquants de ce sport malgré les moyens presque inexistants. Ensuite, un drôle de professionnalisme.

    Stade omnisport de Lomé. Sous l’ombre imposant de l’hôtel Radisson Blu 2 février git un vieux bâtiment de 5 pièces de chambres au maximum, aux badigeons salis, sans enseigne. Rien en commun avec cette grande villa non loin du stade de Kégué, avec une grande cour au milieu de laquelle trône un épervier posé sur un ballon de football. Le siège de la fédération du cyclisme lui, n’a pas de réputation.  En effet, en général, l’histoire même du cyclisme togolais, c’est cette histoire intéressante à sa genèse et ennuyeuse à la fin. Cette histoire a un début : 1962, avec des pages écrites par d’inlassables coureurs comme Anani Koffi, Morera Komi ou encore Rodriguez Amavi. Et ce n’est pas le président de la Fédération togolaise du Cyclisme, le très franc Monsieur Anani  Assiongbon qui dira le contraire. Le dernier tour cycliste du Togo illustre à perfection la situation: Vainqueurs au début, loosers à la fin.

    Descente aux enfers

     Le tour cycliste international organisé depuis 1989 à l’endroit des amateurs pressentait pourtant un bon avenir. L’objectif était de révéler les nouveaux talents togolais. Bilan de la mission, mitigé.

    En effet, au Togo, c’est à l’approche d’une compétition qu’on connait les cyclistes. Ils ne sont pas formés au siège. En réalité, à en croire certaines personnes de cette fédération, cette dernière et les pratiquants de ce sport sont victimes de ce qu’on peut appeler de l’injustice ou de la discrimination. Cette discrimination, elle vient du fait que les dernières aides de l’État togolais à la fédération du cyclisme datent de quelques années. Elles sont sporadiques. Et les fois qu’elles ont été reçues, rarement elles ont dépassé le cap de 10 millions, selon une source interne. Autrement, moins que le salaire mensuel du sélectionneur de l’équipe nationale togolaise de football. Alors qu’en marge de cela, le vélo professionnel offert par l’Ambassade de France pour le dernier tour cycliste a coûté un peu plus de 3 millions F CFA.

    Cette fédération se nourrit des miettes amassées après l’organisation du tour cycliste togolais dont le français Francis Ducreux se veut garant. Ou parfois, des aides du Comité olympique du Cyclisme. Raison de plus, il est difficile de former de nouveaux cyclistes au Togo.

    Seulement quelques clubs, 10 au total à Lomé, Kpalimé et ailleurs, font ce titanesque travail de perpétuation de la discipline. Sur ce coup, Raouf Akanga est encore présent avec son projet Kpalimé Cycling Project. Une association qui a pour vocation de promouvoir le cyclisme auprès des jeunes, en faisant des dons des matériels. A savoir la source de financement, elle vient des bonnes volontés, surtout de l’étranger. Et rien d’autres, ni de la fédération, ni de l’État via le ministère tutélaire.

    Par ailleurs, ces quelque 18 cyclistes togolais qui ont actuellement une licence ne vivent pas de ce métier. Ils ne sont pas « nourris par la fédération ». De même, leurs matériels leur appartiennent. Ils s’enregistrent eux même auprès des clubs où ils s’occupent de leurs formations et des frais que cela peut engendrer. Les seules choses qu’ils bénéficient de la fédération, ce sont les primes de sélections pour les compétitions.  Ou alors, à la veille d’une compétition, la fédération aide les jeunes sélectionnés avec « quelques pièces détachées » pour ceux qui ont besoin. « Nous sommes dans l’amateurisme encore. » Reconnais monsieur Émile Olympio. Pris isolément, la fédération n’a pas de matériels à proposer. Elle n’a pas un vélo. Et Raouf Akanga en a encore fait les frais lors d’un récent tour de Bénin, où son vélo a été cassé sans qu’il n’ait pas de vélo secours, alors même qu’il était en tête de course. Mais il n’en meurt pas de remords. « Nous devons nous réveiller athlètes et dirigeants, nous mettre sérieusement au travail pour faire progresser le cyclisme, » a-t-il confié.

    Alerte

      « Autrefois, les coureurs étaient dociles. Entretemps, les pays voisins nous craignaient. Mais maintenant, nous sommes arrivés à un niveau zéro », selon le secrétaire de la fédération. Ce niveau zéro est marqué par l’organisation du tour cycliste qui revient onéreuse à une fédération, actuellement en quête de repères. L’organisation d’un tour cycliste revient à plus de 40 millions de F CFA. Parfois, il arrive même qu’aux derniers moments, les choses soient modifiées. Un peu comme de la broderie, faite dans l’intention de trouver à chaque participant, de quoi ne pas rentrer au bercail bredouille.

    Le cyclisme est un peu mal vu au Togo. C’est en réalité beaucoup de choses qui échappent à ce public hilare que les cyclistes dépassent dans leurs épreuves. Un manque de soutiens alarmant. Le secrétaire avoue chaque fois déposer des demandes de sponsoring qui restent toujours sans suite. N’eût été l’amour-passion d’un enseignant cycliste français du nom d’Henry Ducreux, à l’endroit de cette épreuve sportive, devenu par le temps promoteur du cyclisme togolais, cette histoire aurait déjà écrit sa dernière page. Puisqu’en fait, c’est lui qui cherche chaque fois à la veille de la compétition, du financement.

    Mais le haut de cette histoire c’est aussi, un futur imminent, que marqueront probablement encore plus les noms comme Akanga Raouf, Mensah Walter ou encore Abino Amen, de jeunes protégés de la fédération. Elle ne jure que sur leurs talents. Soit eux, soit la fédération n’a plus d’espoirs. Même si les moyens mis à leur disposition restent très insuffisants. Le maillot jaune togolais le sait, et il nous l’a confié : « je vais toujours me battre pour trouver les moyens et représenter valablement le Togo ». Soit !

     

  • Tennis: la bonne dynamique togolaise

    Tennis: la bonne dynamique togolaise

    Loin d’être le sport-roi au Togo et devant un passé qu’estampillent de grands tennis mens togolais, le tennis semble être dans une nouvelle dynamique au Togo.

    Trois ou quatre bureaux; en face, deux terrains de jeux superposés, et une tribune. C’est le siège de la fédération togolaise de Tennis, un petit bâtiment au sein du stade omnisport de Lomé. Cela reflète peu une fédération nationale, même si elle n’a pas grand-chose à envier à d’autres fédérations voisines.

    Au sein de cette fédération, les activités se déroulent à l’abri des projecteurs. Conséquence, même si la FTT est l’une, sinon la seule fédération à respecter son chronogramme annuel, beaucoup ignore ce qui se fait, et toutes les compétitions, même d’envergure internationale qui s’y déroulent sont banales aux yeux de l’opinion.

    On a à peine endossé l’année 2008 où le plus réputé tennis man togolais Komla LOGLO a participé aux Jeux Olympiques. Même si visiblement plus personne ne compte sur le tennis pour faire parler du Togo à l’extérieur des frontières-ci, M. Romain Tagba, président de la fédération assure que « la FTT a joué pleinement sa partition dans l’agenda sportif des instances nationales et internationales. » Le tennis togolais ne souffre d’aucun mal aux yeux de celui-ci, si ce n’est l’épidémie du sport togolais en général.

    Formation des jeunes : un défi de taille

    A la FTT, les activités se déroulent toujours et la fédération ne compte actuellement pas moins de 17 clubs affiliés. La FTF se réclame, plus à raison qu’à tort, la fédération qui se soucie mieux de la relève. La preuve, cette fédération est l’une des rares disposants d’un centre de formation, géré par elle-même. Un Centre National d’Entrainement Sport et Etudes. Un espace qui loge environ 18 joueurs de Tennis, disposant de 3 cours de Tennis aux normes internationales, d’une tribune de 1500 places, d’un réfectoire, d’un bus de pour le transport des joueurs, et surtout d’un bâtiment technique.

    Au rez-de-chaussée, deux grandes salles équipées de casiers individuels. A l’étage, une grande salle polyvalente entièrement climatisée et connectée, d’une capacité de plus de 40 places. « Un centre conçu pour un encadrement de haut niveau des jeunes joueurs, avec le souci de répondre à la politique de développement du Tennis Togolais qui cadre avec celle tracée par le ministère en charge du sport » à en croire le président de fédération. La politique du développement du Tennis au Togo inspire confiance : encadrer depuis la base afin de toujours révéler de nouveaux talents.

    Néanmoins, à en croire monsieur Albert Lamboni, Administrateur à la FTT, « la Fédération Togolaise de Tennis souffre du même mal que les autres sports au Togo, si mal il y a : l’insuffisance des subventions. » Selon lui, le tennis est le bouc émissaire devant les récents problèmes qui ont miné le Football au Togo.

    Révélation

    La FTT se veut garant de cette discipline et croit incarner sa renaissance. Le président Romain Tagba ne dira pas le contraire. Il s’est déjà félicité d’ailleurs, sur le bilan de l’année 2015. Dotsé Viana avait été retenue l’année dernière et a participé au circuit des 8 meilleures benjamines tenu au Maroc durant le mois d’aout, et Daniel Goudjinou a quant à lui, participé au tournoi des dix meilleurs minimes d’Afrique en Novembre, également au Maroc, tous retenus par la Fédération Internationale de Tennis.

    Dans la catégorie Junior, Antoine Gbadoé a fait des performances remarquables à l’occasion du circuit Junior Ouest Africain tenu en trois étapes dont l’une à l’une à Cotonou, et les deux autres à Lomé et ce devant le numéro 1 béninois Félix Houkpévi. Ce qui lui a valu une amélioration fort considérable de son classement mondial, passant de 1400e au 514e mondial l’année dernière. 2015 a révélé les talents de Jacques Sewavi, joueur de catégorie cadette, surclassé lors du circuit junior, et malgré tout, a pu gagner 15 points.

    Antoine Gbadoé, un nom qui revient souvent, en interrogeant les dirigeants de la FTT.  Le jeune togolais d’à peine 16 ans ne cesse selon M. Albert Lamboni, de faire des progrès, de participer à de grandes compétitions et d’enchaîner des victoires. Au total, 14 jeunes joueurs ne serait-ce qu’au centre d’entrainement de Lomé, sur les quelques 900 pratiquants du sport sur toute l’étendue du territoire, promettent l’avenir du tennis au Togo. Autrement, les Raphael Nadal et la Serena Williams Togolais ne sont plus loin.

  • Aubameyang et Sadio Mané, sur les pas de George Weah?

    Aubameyang et Sadio Mané, sur les pas de George Weah?

    France Fotball a renduit public sa liste des 30 nominés pour son prochain trophée. Pierre-Emerick Aubameyang et Sadio Mané sont les deux joueurs africains à faire partie de la liste des 30 nommés pour le Ballon d’Or.

    Le magazine France Football a dévoilé lundi la liste complète des 30 nominés pour le Ballon d’Or 2017. Tout comme l’année dernière, l’Afrique compte deux représentants dans la liste des trente joueurs nommés pour le Ballon d’Or France Football : l’international gabonais Pierre-Emerick Aubameyang et le sénégalais Sadio Mané. Le premier, attaquant du Borussia Dortmund ballon d’or africain en titre est déjà présent dans ce classement l’année dernière, alors que l’attaquant de Liverpool vient de faire son entrée. Devenu la saison dernière meilleur buteur de Bundesliga avec 31 buts et devant Lewandowski, le Gabonais compte déjà 8 réalisations, soit une de plus que son rival polonais, alors que Sadio Mané n’a pas manqué de s’imposer très vite dans le jeu à Liverpool.

    A l’évidence le favori de ce trophée (une cinquième) est le portugais Cristiano Ronaldo, champion d’Espagne et vainqueur de la Ligue des champions pour la deuxième année consécutive avec le Real Madrid. Beaucoup d’Africains rêvent néanmoins de voir un africain dans le top 10 mondial, lui qui s’était retrouvé à la 11eme place de l’édition 2016.

    Eternel George Weah

    Tout porte à croire que le continent africain est en manque de héros pour succéder à libérien George Weah, ballon d’or mondial en 1995. Cette année-là, l’avant-centre du club italien l’AC Milan avait été élu Ballon d’or africain en janvier (la seconde fois après 1989), joueur africain de l’année par la CAF, meilleur joueur d’Europe et joueur Fifa de l’année. Plus de 22 ans après son sacre, seuls le camerounais Samuel Eto’o et l’Ivoirien Didier Drogba ont été proches de lui. 3e meilleur footballeur de l’année FIFA en 2005 pour le premier et 4e au Ballon d’or 2007 pour le second.

    Si, sur le continent la génération Eto’o-Drogba-Adébayor est désormais balayé par le temps, les espoirs ne sont pas totalement éteints. De jeunes professionnels de football émergent. L’Afrique peut toujours rêver du successeur de George Weah.

  • Taekwondo: Abdoulrazak Alfaga, l’étoile du Niger à 23 ans

    Taekwondo: Abdoulrazak Alfaga, l’étoile du Niger à 23 ans

    Vice-champion olympique de Rio 2016 et champion d’Afrique de Taekwondo, Abdoul Razak Issoufou Alfaga s’était encore imposé en juin dernier en finale face au Britannique Mahama Cho et a remporté la médaille dans la catégorie des plus de 87 kilos lors du  Championnat du monde de taekwondo en Corée du Sud. Retour sur le parcours impressionnant du colosse nigérien (2.07 m, 98 kg).

    Depuis la révélation d’Issoufou Alfaga Abdoul Razak (23 ans), les couleurs nationales du Niger ne sont plus absentes lors des grandes compétitions internationales de taekwondo à travers le monde entier. Et son pays est en train d’écrire ses plus belles pages dans l’histoire mondiale de cet art martial née en Corée du Sud.

    De ses premiers pas sur le tatami en 2001, Abdoul Razak ne garde sûrement plus qu’un vague souvenir sur le nom de son club du quartier Jangorzo. L’accablante blessure d’un cousin qui lui a inspiré cet art au cours d’un combat et le décès de celui-ci quelques semaines plus tard avaient poussé le père du jeune sportif à interdire la pratique du Taekwondo à ses enfants. Trois ans plus tard, Abdoul Razak s’est retrouvé au Togo. Étant à quelques pas seulement de la frontière ente le Togo et le Bénin, il s’inscrit dans un club béninois et s’engage dans le championnat local. La même année, il remporte la médaille d’or. Par amour pour sa patrie le Niger, il déclinera ensuite une offre de sélection dans l’équipe nationale de taekwondo du Bénin.

    « J’ai tout gagné au Niger »

    De retour dans son pays en 2009, Abdoul Razak intègre le club « ‘CHO »’ à Niamey. Il débute alors une carrière des plus prometteuses. Champion national nigérien à plusieurs reprises, il accumule les trophées et les distinctions. « J’ai tout gagné au Niger au point où la fédération de taekwondo m’a conseillé, en mars 2015, de ne plus participer aux compétitions nationales, pour me consacrer uniquement aux tournois internationaux », a-t-il confié.

    En décembre 2011, il remporte la médaille d’argent pour sa première participation à une compétition internationale à Ouagadougou au Burkina Faso. Un an plus tard, il participe à la coupe du monde francophone de Taekwondo à Abidjan en Côte d’Ivoire et remporte encore une médaille d’argent. Sa première médaille d’or remonte à 2013, compétition Open d’Abuja. L’année suivante, à l’occasion du Championnat d’Afrique de Taekwondo à Tunis, Issoufou Alfaga Abdoul Razak se classe 2ème. En novembre de la même année, il participe à Dakar à la coupe du monde francophone où il remporte la médaille d’or.

    En janvier 2015, le jeune taekwondo participe à l’US Open de Floride aux États-Unis. Il livre six combats contre 2 Américains, 1 Polynésien, 1 Brésilien, 1 Canadien et 1 Anglais. Il remporte ces six combats en infligeant un KO à l’un des deux Américains, avant de battre en finale son adversaire anglais. Il en sort avec une prestigieuse médaille d’or.

    Si le jeune misait secrètement sur une autre médaille d’or lors de sa participation aux Jeux olympiques de Rio, il n’a finalement pu avoir que la deuxième place du podium. Il est de fait le premier Nigérien à participer aux épreuves de taekwondo aux Jeux olympiques, la deuxième médaille olympique du Niger après le bronze obtenu par le boxeur Issaka Dabore aux Jeux olympiques de 1972. Abdoul Razak est désormais à lui seul, l’histoire moderne du sport nigérien et l’espoir de tout un pays sur l’échelle mondiale.