Catégorie : Startups

  • Silicon Mountain: l’Afrique se crée une révolution high-tech

    Silicon Mountain: l’Afrique se crée une révolution high-tech

    À l’image de la très célèbre Silicon Valley américaine, au Cameroun, la Silicon Moutain tente une révolution high-tech sur un continent qui, dans le domaine, cherche encore ses repères.

    Buéa, ville anglophone située au pied du mont Cameroun, un volcan en activité culminant à 4100 mètres d’altitude. En 2005, on n’y comptait pas moins de 131 325 habitants. Au sein de sa cité universitaire, une centaine de jeunes « Tech-entrepreneurs » y déploient leur génie technologique pour permettre à leurs entreprises d’émerger. La ville accueille actuellement les plus jeunes start-ups TECH du Cameroun. Elle abrite une communauté de développeurs et designers informatiques qui n’a cessé de croître au fil des 5 dernières années. Cette ville, bien plus qu’une destination touristique est devenue une destination technologique.

    En effet, cette effervescence a été rendue possible grâce à la présence des établissements comme l’université de BUEA, ou encore l’université Saint-Monica… Ce fort intérêt pour la technologie lui a valu le surnom de « Silicon Mountain ». Une référence à la Silicon Valley aux États-Unis et la touche locale représentée par le mot « Mountain » pour signifier le mont Cameroun. Le terme a été utilisé pour la première fois publiquement par Rebecca Enonchong à la conférence Bar Camp Cameroon qui a eu lieu à Buea en 2013.

    Suivant le modèle des riches businessmen tels que Bill Gates, Mark Zuckerberg ou même Masayoshi Son, les Tech-entrepreneurs de Buéa gravissent progressivement les échelons du e-business en Afrique. Certaines start-ups sont devenues des références. Elles sont nombreuses à éclore chaque jour. Cependant, dans une société en voie de développement, ces Tech entrepreneurs font face à d’énormes difficultés qui freinent leurs ambitions et l’avancement de leurs projets.

    Success-Story du Silicon Mountain 

    Ces dernières décennies ont vu le marché du digital explosé en Afrique. Aujourd’hui, près d’un tiers des Africains disposent d’un Smartphone et le boom du digital n’est pas près de s’essouffler. Le potentiel de développement de L’Afrique dans ce domaine représente un grand marché. Ces jeunes entrepreneurs l’ont bien compris.

    La « Silicon Mountain » regorge d’importantes startups, des créateurs de logiciels, des développeurs d’applications internet et mobiles, des gens formés en marketing et à la vente d’innovations technologiques et la liste est loin d’être exhaustive. La plupart se retrouve à Activspaces, un incubateur de start-ups, l’un des fleurons du High Tech à Buea. Les développeurs travaillent sur beaucoup de produits r mais ils partagent une chose. Ils font ce qu’on appelle la « globalisation » ; un concept selon lequel on conçoit des produits répondant à un besoin local tout en visant une clientèle internationale. Les solutions développées s’étendent clairement bien au-delà du marché camerounais.

    Ainsi, Njorku qui est aujourd’hui l’un des plus grands moteurs de recherche d’emplois en Afrique est un produit de la Silicon Mountain. Avec plus de 200 000 visiteurs chaque mois, le site est accessible en deux langues, le français et l’anglais, et permet de rechercher des emplois dans près d’une quinzaine de pays. Derrière cette plateforme se cache le jeune Churchill Mambe Nanje, 30 ans, classé par Forbes parmi les 20 perles technologiques d’Afrique. Autre succès de la Silicon Mountain, Skademy, une plateforme e-learning africaine. Fondée par Otto Akama, la startup Skademy aide les gens à se former sur différentes technologies avec l’appui de tuteurs privés et des institutions reconnues en Afrique. Mais pas que.

    D’autres comme Viva, c’est une plateforme de divertissement pour les bus et les trains, permettant aux opérateurs des transports d’offrir à leurs clients des divertissements semblables à ceux disponibles en avion ; ou encore Feem, un moyen de transférer des fichiers (photos, vidéos, et documents) entre téléphones, tablettes et ordinateurs en local sans Internet, sans câbles, sont des succès venant de cette partie du Cameroun.

    Large potentiel économique

    En Afrique, face à l’échec cuisant des politiques d’États pour l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat est devenu presque la seule arme contre le chômage. Selon les statistiques, 60 % des chômeurs du continent sont des jeunes de 15-24ans.

    De plus, les chiffres font ressortir que seuls 10 % des jeunes issus de l’enseignement supérieur et qui intègrent le marché du travail trouvent de l’emploi. Face à ce problème, la Silicon Mountain qui a décidé de ne rien attendre du gouvernement ou des entreprises du secteur privé, mais de s’auto-employer et même de créer des entreprises qui emploient d’autres est sans doute une idée noble. « Il ne faut pas compter sur personne pour son avenir », affirme Epey Collins, CEO de Colorfluid.

    En termes d’activité économique, la Silicon Mountain représente des emplois directs et indirects pour plusieurs centaines de jeunes Camerounais. Une source de revenus pour des jeunes qui ont décidé de créer eux-mêmes leur emploi et d’en offrir à d’autres, sans compter sur l’État et surtout sans se plaindre. Ces jeunes diplômés développent chaque jour de nouvelles applications, des logiciels, investissent dans des start-ups, des entreprises numériques qui ont des clients partout dans le monde, du Cameroun au Nigeria en passant par l’Europe et les États-Unis pour beaucoup.

    Cependant, les jeunes startups à Buea rencontrent beaucoup de problèmes qui compliquent leur évolution : le manque de ligne de téléphone fixe, réseau incomplet, utilisateurs inexpérimentés.

    Selon les jeunes entrepreneurs qui s’y incubent, les startups de la Silicon Mountain ont besoin d’investisseurs qui s’engagent dans la durée avec de l’expérience et un réseau de contacts efficace.

    La Silicon Mountain, à l’épreuve des défis politiques

    Le 17 janvier 2017 et après 93 jours de coupure d’internet, la Silicon Mountain avait été ébranlée. Pour des jeunes tech-entrepreneurs, la coupure internet pendant plus de 3 mois a été sans doute le plus grand défi. L’incubateur ActivSpaces, dont les activités sont localisées à Buea, avait été contraint de déplacer ses troupes dans la capitale économique du Cameroun, afin de ne pas stopper complètement les activités. Beaucoup de startups se sont déplacées vers Douala, la capitale économique et ville la plus proche, pour trouver le réseau Internet.

    Selon Julie Owono, la responsable de la branche Afrique de l’ONG Internet sans frontières (ISF), la coupure internet dans les deux régions anglophones a potentiellement fait perdre « 1,35 million de dollars à l’économie du Cameroun ». Plusieurs startups ont été touchées. « Notre productivité a baissé de plus de 60 %. De plus, nous avons perdu des projets, des contrats et nous ne pouvons plus prendre de nouveaux clients, déplore Valery Colong, cofondateur de trois start-ups et manageur d’ActivSpaces. J’ai perdu des millions de francs, rien qu’avec un projet. »

    Cette censure du net n’avait pas laissé indifférent Edward Snowden, le célèbre informaticien américain exilé en Russie pour avoir rendu publics des documents de la NSA. Dans un tweet, celui-ci affirme qu’« il s’agit de l’avenir de la répression. Si nous ne luttons pas là-bas [au Cameroun], cela va arriver ici. »

    La Silicon Mountain est vue comme cette zone qui occupe une place de choix dans le secteur de l’économie numérique au Cameroun en termes d’expérience, d’innovation, de nombre de start-ups, et de qualité de produits et services offerts. Si elle bénéficie d’un climat favorable pour la recherche, les défis dans un Cameroun constamment secoué par des crises politiques constituent un mal qui peut faire fuir les nouveaux Tech-entrepreneurs.

     

  • Le Ghana lance le premier permis de conduire électronique en Afrique de l’Ouest

    Le Ghana lance le premier permis de conduire électronique en Afrique de l’Ouest

    Resté longtemps l’apanage des pays occidentaux, le Ghana vient de lancer les permis de conduire numériques. Le pays devient ainsi le premier pays d’Afrique de l’Ouest à adopter cette technologie.

    L’Autorité ghanéenne en charge des immatriculations de véhicules et des permis de conduire (DVLA) a lancé mardi 7 novembre 2017, les permis de conduire électroniques, considérés comme l’un des plus sécurisés au monde. Le lancement a été effectué par le vice-président ghanéen Dr Mahamudu Bawumia.

    Le nouveau permis de conduire utilisera une technologie d’impression d’identité sécurisée qui peut être facilement intégrée à d’autres systèmes de la DVLA. La licence de pilote intelligent dispose d’une puce sans contact pour promouvoir un bon stockage des données biographiques et personnelles. Il utilisera également la technologie la plus récente pour l’impression sécurisée d’ID.

    Selon les responsables de la DVLA, la nouvelle carte électronique va accélérer l’acquisition de nouveaux permis de conduire. Il permettra aux demandeurs de l’obtenir dans les deux à quatre semaines suivant la demande.

    En outre, les nouveaux permis permettront à améliorer les revenus décroissants de la DVLA.

    L’adoption de ce nouveau permis fait partie des mesures du gouvernement ghanéen visant à supprimer les personnes intermédiaires communément appelés, « gorro boys » dans processus de délivrance de nouveaux permis de conduire.

    Ce nouveau processus aura également une incidence sur le processus d’immatriculation des véhicules. La demande et le traitement des dossiers s’effectueront en ligne, et le transfert de propriété des véhicules immatriculés dans une autre juridiction peut également être automatisé, ce qui élimine le besoin de rédiger des lettres de transfert.

    Il y a quelques mois, le GhanaCard…

    En septembre dernier, le président ghanéen Nana Akufo-Ado a lancé une nouvelle carte d’identité nationale baptisée GhanaCard. Cette carte utilise une technologie de pointe qui intègre plusieurs couches de fonctions de sécurité de la plupart des documents électroniques d’identité avancés, consolidant ainsi l’évolution du pays dans le monde numérique.

    Une carte qui répond à tous les besoins biométriques de base du pays et permettant l’harmonisation et l’intégration de tous les autres services de données au Ghana, tels que l’assurance maladie nationale, passeport, sécurité sociale.

    GhanaCard a marqué une nouvelle ère dans la gestion de l’identité biométrique au Ghana et met fin à la prolifération des systèmes biométriques par d’autres agences gouvernementales.

    Aussi, la carte a-t-elle été améliorée pour tirer parti des nouvelles technologies telles que les éléments tactiles pour aveugles, la technologie d’intégration de puce et les capacités d’iris, en plus de prendre les 10 empreintes digitales d’un candidat.

    Le déploiement de la GhanaCard est une collaboration entre l’Autorité nationale d’identification (NIA) et les systèmes de gestion d’identité (IMS), une filiale du Groupe Margins, un fournisseur local de solutions d’identité, de sécurité et de transactions.

    De plus, l’exercice d’enregistrement de la GhanaCard implique des enfants de 0 à 5 ans, ce qui donnera au pays une occasion unique d’assainir et de rationaliser sa certification de naissance afin d’assurer l’inclusion sociale dès la naissance.

     

  • Togo: la difficile éclosion des startups du numérique

    Togo: la difficile éclosion des startups du numérique

    Les brises de l’entrepreneuriat qui soufflent sur les pays émergents asiatiques ont fini par avoir raison de l’Afrique. Exposé à un taux de chômage très élevé et qui ne cesse de croitre de manière exponentielle à cause d’un taux de natalité relativement fort face à des politiques d’emploi non efficaces et à des économies qui n’évoluent que lentement, les jeunes sont presque condamnés à une alternative d’auto-emploi.

    Au Togo, après une longue période caractérisée par des cycles de stagnation et de récession liée à plus de quinze ans de crise sociopolitique, l’économie togolaise est marquée, durant les huit dernières années (2005 à 2012), par des signes d’une reprise progressive. Ainsi, le taux de croissance économique qui a été en moyenne de 2,4% sur la période 2005 à 2007 s’est progressivement et de manière régulière engagée sur une trajectoire ascendante jusqu’à atteindre 5,9 % en 2012.

    Si cette performance économique est louable, son impact sur les conditions économiques et sociales des populations est resté mitigé. Toutefois, cette situation globalement précaire est adossée un taux du chômage et de sous-emploi au Togo relativement très élevé. Au grand nombre de chômeurs, s’est ajouté le développement d’un secteur informel, laissé jusque-là à lui-même, dont le niveau de sous-emploi apparaît aujourd’hui comme une pesanteur quant à la création d’emplois décents et durables.

    Dès lors, des initiatives naissent sur le terrain. Le Togolais Dona Etchri a été primé à Paris au programme de Connexions Citoyennes 2017 organisé par CFI, avec sa nouvelle application dénommée Doomevi, « une application qui va améliorer la participation citoyenne dans la vie active de la nation togolaise en stimulant le sérieux et la promptitude dans la réparation et l’entretien des infrastructures publiques ». D’autres jeunes Togolais comme Sam Kodo s’illustre dans la robotique, comme Limpio Studio qui s’est fait connaitre avec le premier jeu vidéo togolais.

    Le grand assaut

    Au Togo, la situation n’est pas tout autre. Le marché de l’emploi consomme très peu de jeunes que les universités n’en produisent. Le chômage est galopant.

    Si le gouvernement s’aperçoit fébrile face aux politiques d’emplois des jeunes, il a néanmoins des approches de solution, en passant par la création d’un ministère du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes. Depuis, des structures ont été créées ayant pour mission d’accompagner les jeunes à faire éclore leur leadership et à s’engager dans l’auto-emploi.

    Depuis la création du Fonds d’appui à l’initiative économique des jeunes (FAIEJ), le bilan est sans doute mitigé, mais l’Etat est tout de même satisfait de faire sortir de son laboratoire des jeunes entrepreneurs. Cette initiative qui forme des jeunes de 18 à 35 et finance leurs projets se veut un système de prêt permettant de financer à hauteur de 95% le coût total de projet. Le taux applicable est de 4,5% avec un différé maximum de 6 mois, et ce, selon la nature de l’activité, sur une durée maximale de 36 mois.

    Dispositif d’accompagnement technique et financier opérationnalisé en 2013, le FAIEJ dans le cadre de sa mission, soutient les jeunes porteurs d’initiatives d’entreprises. A ce jour, plus de 1 500 projets sont structurés dont un millier financé à hauteur de 1 700 000 000 F CFA, selon les responsables.

    Difficultés

    Au Togo, nombre sont les difficultés liées au secteur de l’entrepreneuriat. S’il est vrai que le Centre de formalités des entreprises est de plus en plus opérationnel et simplifier, d’autres contraintes subsistent encore.

    Le Togo mise en effet sur le secteur du numérique pour doper son économie. Depuis la mise en place du ministère des Postes et de l’Économie numérique, des initiatives dans le sens de l’innovation numérique intéressent et les occasions pour les primer ne font pas défaut.

    Toutefois, pour les startups spécialisées dans le numérique et dans la technologie, les coupures régulières et intempestives de l’électricité ajoutées aux censures sur internet que le pays a connu lors de la crise sociopolitique constituent un réel manque à gagner pour les jeunes entrepreneures. « Déjà que la qualité de la connexion internet est médiocre, mais chère, cela ne facilite pas les choses. Ensuite, les coupures de la connexion bouleversent les prévisions et nous mettent dans l’incertitude constante » a confié un jeune entrepreneur digital.

    En effet, ce problème est souvent relevé, mais pas que. D’autres pointent, sans être contre le principe au fond, le fonctionnement de l’Office togolais des Recettes qui ne favorise pas la bonne croissance des startups, mais plutôt les « étouffe ».

    Autre point souvent ressorti : le manque de financement. « Le Togo fait un effort, mais il reste beaucoup à faire. Pour un pays qui a besoin de compter sur les compétences locales pour, à la fois relever l’économie du pays et contribuer à la résolution des problèmes de chômages, c’est encore insuffisant », nous confie un entrepreneur. Conséquence, les jeunes cerveaux préfèrent aller se faire valoriser sur d’autres marchés comme en Europe, en Asie, en Amérique voire en Afrique de l’Est et australe, ces régions hautement fertiles aux innovateurs.

    Pour autant, bien de jeunes entrepreneurs ne désarment pas. Ils sont plus d’un à être persuadés, tout comme la ministre togolaise de l’Économie numérique, que le Togo représente une terre d’opportunité pour quiconque veut entreprendre en numérique, tant que le rêve de faire de Lomé un hub numérique n’est pas encore mort.

  • Qui est Auréol Sinclair Mbakop, le roi de l’ananas camerounais?

    Qui est Auréol Sinclair Mbakop, le roi de l’ananas camerounais?

    Ingénieur d’industrie agricole et alimentaire, Auréol Sinclair MBAKOP s’est lancé en 2010 dans la production d’ananas sur ½ ha. Aujourd’hui, il fait plusieurs cultures sur plus de 100 ha.

    Le Camerounais Auréol Sinclair Mbakop, la trentaine entamée, est aujourd’hui à la tête de la société agricole moderne des ananas d’Awae (région du Centre), une entreprise qui produit près d’un million de fruits par an. Dans une première vie, il était ingénieur d’industrie agricole et alimentaire, et un ouvrier.

    En réalité, l’histoire d’amour entre l’agriculture et Auréol Sinclair Mbakop n’est pas si imminente que ça. Le jeune aurait développé une passion pour les cultures de la terre depuis son enfance, lorsqu’il se rendait chez ses grands-parents. Selon ses proches, il aimait cultiver pendant les vacances scolaires. Mais après son parcours universitaire où il a obtenu un diplôme d’ingénieur, Auréol fait face à un défi majeur : trouver un emploi correspondant à son profil. C’est alors qu’il est employé comme ouvrier dans une ananeraie, au sein de laquelle il travaille pendant trois ans. Inspiré par l’exemple de son employeur, le jeune homme se convainc de se lancer à son tour dans l’agriculture.

    Ayant bénéficié de l’aide des membres de sa famille, il parvient à obtenir un demi-hectare de terre à Awae, sur lequel il plante 20.000 pieds d’ananas. Selon son témoignage, il s’est persuadé de continuer son aventure en appréciant les récoltes de sa première expérience. « C’est alors que j’ai tout réinvesti », raconte-t-il.

    Par la suite, Auréol Sinclair Mbakop fera de nouveau appel à ses proches pour une assistance financière. Avec cet argent, il agrandit son exploitation et diversifie ses cultures progressivement en acquérant d’autres terres. Ce qui lui fait passer d’un ½ hectare à près de 100 hectares en six ans.

    « Il ne faut pas commencer tout en grand, surtout lorsqu’on n’a pas encore de grands moyens. Certes, il y a d’énormes difficultés auxquelles vous ferez face, mais on reconnaît le vrai entrepreneur lorsqu’il domine toutes les difficultés pour suivre sa vision », en déduit-il.

    Aujourd’hui, le chiffre d’affaires de l’entreprise d’Auréol est estimé en millions. Son entreprise emploie près de 100 personnes à temps partiel, et ses fruits se vendent dans toute la sous-région Afrique centrale, ainsi que dans l’Union européenne. Aux jeunes entrepreneurs, Auréol Sinclair Mbakop recommande d’aller pas à pas.

    « Je dirais aux jeunes de regarder autour d’eux. D’ouvrir les yeux. Par exemple, si un jeune me regarde aujourd’hui. Est-ce que je suis triste, est-ce que j’ai peur ? Est-ce que je doute de mon avenir ? Je ne pense pas », conseille-t-il souvent.

  • Dokita Eyes: l’application santé pour les patients de Lomé

    Dokita Eyes: l’application santé pour les patients de Lomé

    Conçue pour rendre plus accessibles les soins de santé aux populations, l’application Dokita Eyes est équipée de 4 interfaces pour le patient, le pharmacien, le laborantin et le personnel soignant. 

    La conception de cette application constitue une alternative pour l’utilisation de carnet de santé, la rédaction de l’ordonnance par le médecin. Ce dernier peut grâce à l’application conseiller son patient. Dokita Eyes donne la possibilité aux patients de commander différents services de santé. Il peut s’agir de « l’achat d’un produit à la pharmacie, d’une analyse médicale ou encore d’une course pour son assurance santé ». Madzé Agbetiafa, le concepteur de l’application explique qu’une équipe a été mise en place pour satisfaire les commandes des populations. Selon lui, les produits commandés sont directement livrés à l’adresse de livraison indiquée.

    Toujours grâce à l’application les laborantins peuvent sous forme d’alertes envoyer directement à des médecin-soignants les résultats des analyses de leurs patients. Dokita Eyes est mis gratuitement à la disposition de la population. L’équipe en charge de l’application a également signé une collaboration avec l’hôpital de Bè, un centre de santé de la capitale togolaise. Madzé Agbetiafa indique également qu’un carnet de santé virtuel a été mis en place. Pour l’utiliser, les patients doivent « payer une carte numérisée « Dokita Eyes Card » au prix de 3500 F CFA pour une validité de 12 mois ».

    Plateforme d’échanges

    Cette solution mobile innovante d’E-santé, Dokita Eyes App, apporte une célérité à la prise en charge des malades à Lomé. Parce qu’elle sert à la fois de plateforme d’échanges pour le personnel soignant, de carnet de santé numérique, de canal d’accès aux services de santé pour gagner du temps. Dokita Eyes constitue un important apport dans le domaine de l’E-santé.

    L’application a d’ailleurs été finaliste du concours RFI Challenge App Afrique qui récompense les innovations numériques permettant d’améliorer la qualité des services de santé sur le continent. Fort de son succès, Dokita Eyes a également été nominée à la première édition de l’Africa Global Telecom Business (GTBM) Awards destiné à récompenser les innovations et les acteurs du monde du numérique.

     

     

  • The Boy In Savannah, le premier jeu vidéo togolais cartonne

    The Boy In Savannah, le premier jeu vidéo togolais cartonne

    Conçu sur l’initiative de jeunes togolais, le premier jeu vidéo togolais a reçu en deux ans l’adhésion de plusieurs utilisateurs.

    C’est en décembre 2015 que de jeunes togolais réunis sur le label LimPio Studio lancent la première version du jeu « The Boy in Savannah », premier jeu vidéo entièrement réalisé au Togo. Quelques mois plus tard, une version améliorée du jeu est mis en ligne « The boy in the Savannah Advanced Edition », plus innovant et dynamique.

    Tout est parti de la startup LimPio Studio, cofondé par deux jeunes togolais, Gérard Limpiyè Pana, étudiant en programmation et Pio Jules Tchédou, étudiant en architecture. Un troisième (KPANOU Loyimon Ferry) s’est occupé des sons sur la première version du jeu mais c’est une équipe de cinq personnes qui a travaillé sur la version avancée du jeu.

    Promouvoir la faune et la flore

    Le principe du jeu « The boy in Savannah » ou « le garçon dans la savane » en français est simple. Il s’agit d’un périple d’un jeune homme dans la savane. Un jeu de type runner dont l’objectif est d’atteindre le score le plus élevé tout en évitant les animaux sauvages. Au-delà de son aspect ludique, le jeu vidéo veut faire la promotion non seulement de la faune et de la flore de l’Afrique, mais aussi de sa culture.

    Selon Tchédou Pio, un des promoteurs du jeu, la phase de promotion a permis de faire accepter au sein de la population « cette création togolaise ». La prochaine étape ? Concevoir un jeu en Réalité Virtuel. « Pour cela, nous sommes à la recherche de partenaires car il nous faut du matériel de dernière génération et logiquement des casques de réalité virtuelle », explique Tchédou Pio.

     

  • Gabeya, à l’école de programmation en Afrique

    Gabeya, à l’école de programmation en Afrique

    Depuis son installation à Addis-Abeba, les services de Gebeya, la startup que Amadou Daffe a créée en 2016 pour aider les entreprises à digitaliser leurs services, sont tombés sur un terrain fertile. La startup procure de l’emploi à des centaines de jeunes codeurs.

    L’aventure démarre déjà dans les années 2000. Après ses études en génie informatique desquelles il sort nanti d’un bachelor en Computer Science et un Masters en Management Information Systems, Amadou Daffe a commencé à travailler pour des entreprises technologiques américaines basées en Pennsylvanie. « J’ai alors été choqué de voir qu’un nombre infime d’Africains travaillaient avec ces entreprises, contrairement aux Asiatiques et en particulier les Indiens, » raconte-t-il. L’idée de former les talents informatiques du continent africain pour les mettre en relation avec les entreprises américaines nait. L’objectif était de construire un réseau de développeurs. Amadou Daffe venait de lancer son premier projet, le Coders4Africa.

    Après 4 ans passés à parcourir le Sénégal, le Mali, le Kenya, l’Éthiopie et même la Tunisie, le jeune entrepreneur a mis en place un modèle de sous-traitance dans lequel il reçoit des contrats des USA pour les exécuter en Afrique. Néanmoins, le modèle n’était pas assez performant. Il manquait parfois suffisamment de développeurs pour certaines commandes. D’où le besoin de former plus de personnes. L’aventure Coders4Africa doit alors très rapidement changer de modèle.

    « Nous avons transformé ce réseau en une opportunité professionnelle. »

    Gebeya est aujourd’hui un écosystème autosuffisant qui repose sur trois piliers : le programme de formation payant, la plateforme de sous-traitance et l’incubateur.

    La startup est actuellement installée en Éthiopie et au Kenya. Un choix qui s’explique par le très vaste marché de potentialités des deux pays qui font à eux deux, près de 150 millions d’habitants, avec environ 60 % de la population jeune et des économies galopantes. « Depuis que je vis en Éthiopie, on a eu plus de succès en 8 mois qu’en 4 ans ! », a confié le CEO de Gabeya. Un succès qui s’explique par le fait que cette startup est très attachée au marché africain.

    Au sein de cette startup, la question de parité est également de mise. 30 % des professionnels sont des femmes, et l’entreprise prévoie d’atteindre 50 % de femmes dans le programme l’année prochaine. « Ce que les gens ne comprennent pas, sans être sexiste, c’est que les femmes ont de meilleures aptitudes pour la programmation », aime dire Amadou Daffe qui ne perd pas d’une seconde son plus grand défi : « devenir leader sur le marché du digital en Afrique. »

  • Togossimé: une startup e-commerce  pour consommer local

    Togossimé: une startup e-commerce pour consommer local

    L’idée, c’est de promouvoir les produits locaux et leurs consommations. Rencontre avec la directrice fondatrice de la startup Togossimé, Lucia Allah-Assogbah.

    En 2013, alors qu’elle était encore étudiante, Lucia Allah-Assogbah assiste à la mort d’un proche. Elle raconte que ce fut un évènement qui l’amena à poser beaucoup de questions sur l’alimentation et la consommation des produits étrangers. « Toutes ces questions m’ont poussé à mener une enquête. Après les enquêtes, j’ai constaté que notre alimentation est à l’origine de nos maladies à plus de 90%. De ce constat, il convient de s’interroger sur l’alimentation appropriée. J’ai donc poursuivi mes enquêtes et je me suis dit pourquoi ne pas manger ce que nous avons chez nous au Togo ?» a-t-elle confié.

    Le constat est alors fait : mieux vaut consommer les produits dont nous avons la possibilité de veiller sur les conditions dans lesquelles ils ont été produits que les aliments importés, parfois l’on se nait d’où. C’est là qu’est née l’idée de mettre en place une structure, une sorte de vitrine qui fait la visibilité des produits togolais. C’est ce qui a conduit la jeune entrepreneure à mettre en place le 25 novembre 2013, Togossimé qui veut dire le marché du TOGO. Le financement de cette startup a été fait par le Fond d’Aide aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAEIJ). Le projet a été porté en fait parmi les dix premiers projets pour compétir à l’international après une formation organisée par le FAEIJ. Togossimé a eu la chance d’être retenu et le projet a bénéficié d’une aide pour la mise en place de la structure.

    « Combien de togolais mangent local ? »

    « Lorsque je rédigeais le projet, mon business plan, j’avais eu beaucoup de propos tels que : « combien de togolais mangent local ? ». J’avais eu beaucoup de réticence mais je me disais en ce moment, que mon projet a de l’avenir. » Une vraie affaire de découragement mêlé de doute au début. « Aujourd’hui, je peux dire que ça va. C’est une bataille que nous menons. J’affirme aujourd’hui que la bataille, nous la gagnons. Le pari n’est pas totalement gagné mais on est satisfait de ce que nous faisons aujourd’hui. »

    La jeune entrepreneure s’est fixée une mission, celle d’amener la population à la consommation locale. Pour se faire donc, il faut mener des activités. Au nombre de ces activités, des journées portes ouvertes, les séances de dégustation, la sensibilisation axée sur les enfants car ayant souvent un impact important sur le choix des parents. C’est à partir de ce constat que  les enfants sont principalement ciblés pour suivre des cours sur la consommation produits locaux. A côté des enfants, ils sensibilisent également les adultes au cours des ateliers animés par des nutritionnistes, « parce qu’il faut amener la personne à voir les bienfaits de ce qu’il mange. Nous avons aussi les émissions radio, télé et les forums sur Whatsapp et les autres réseaux sociaux. Notre ambition est donc de voir toute la population être moulée dans le processus de la consommation locale.

    Les difficultés se résumaient au départ, au scepticisme de la population vue que la culture de la consommation locale n’est pas encrée dans les habitudes au Togo. Aujourd’hui, par contre, les problèmes relèvent plus du domaine de la logistique du fait que les livraisons à domicile sont préférées et les matériels de transport actuellement ne répondent pas efficacement. « Nous avons besoin d’accentuer la sensibilisation sur les médias de fait que chaque jour qui passe, il faut qu’il puisse avoir au moins une personne qui soit informé sur les bienfaits de manger local. Tout ceci parce que les produit de Togossimé sont analysés et suivis pour garantir la qualité que nous voulons. »

    Selon la fondatrice de Togossimé, des études et analyses conditionnent la réception des produits vendus dans son marché. Sur cet espace foraine, on y retrouve pratiquement toutes les gammes de produits comme les boissons, les produits cosmétiques, les viandes, de nos fruits, du riz local, le vin de palme, les huiles (de palme, de soja, de coco, de coton, etc.), les farines (de foufou, de manioc), du sucre, du miel naturel, des biscuits, … tout ce dont l’on a besoin au quotidien.

    L’approvisionnement de la maison se fait de deux manière : Certains fournisseurs qui vont directement à Togossimé et ou alors ce sont des maisons Togossimé qui se déplacent pour le ravitaillement. Avec l’augmentation de la clientèle, le problème de ravitaillement se pose encore avec ce second cas de figure. En phase embryonnaire, la directrice affirme que les affaires marchent même si tout le bénéfice est réinjecter dans l’entreprise. « Le bénéfice va dans la sensibilisation,  nos activités pour pouvoir toucher le plus grand nombre de clientèle », ambitionne-t-elle. A Togossimé, on ne mange que local.

  • Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    L’Afrique, surtout sub-saharienne est confrontée à des défis énormes de gestion de ses déchets, tant les politiques de gestion de ces déchets sont défaillantes et les populations restent souvent en marge de cette tâche. Coliba, une startup ivoirienne se propose de pallier ce problème en recyclant les déchets plastiques.

    En Côte d’Ivoire, l’entreprise COLIBA tente de revaloriser les déchets plastiques à l’aide d’un support web et mobile. A travers une plateforme numérique, les utilisateurs-clients ont accès à leur compte mobile et peuvent facilement programmer des collectes d’ordures. Ces ordures converties en points, deviennent alors des bonus. En complément, les usagers reçoivent des conseils sur l’environnement. L’entreprise effectue alors le tri des déchets et offre aux utilisateurs la possibilité d’en tirer profit (argent, matériels de tri d’ordures, kits scolaires). L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet ville durable initié par le gouvernement ivoirien.

    En effet, Coliba part d’un constat simple : « nous avons effectué un voyage en Afrique de l’Ouest dans 7 pays et ce pour un concours organisé par Ampion (Association allemande). Ce concours recommandait donc de présenter des projets dans le domaine du développement durable. Notre constat était simple, comment réduire les déchets plastiques qu’on voyait un peu partout avec une innovation technologique ? C’est de là qu’est venu le projet COLIBA. Après, on s’est bien rendu compte que ce défi était assez important dans la mesure où en Côte d’Ivoire, on produit 5 millions de tonnes de déchets/an » a déclaré le co-fondateur Yaya Koné.

    Vaste marché

    Le marché du recyclage des déchets plastiques en Côte d’Ivoire est estimé à plus de 120 milliards de FCFA soit plus de 180 millions d’euros, selon l’Agence nationale de la salubrité urbaine (ANASUR). L’entreprise prévoit de capturer 300 tonnes de déchets plastiques/mois. Soit 15% des déchets plastiques dans la ville d’Abidjan. L’objectif est d’implanter la solution partout dans le pays.

    Avec plus d’une tonne de déchets collectés chaque mois et environ mille clients, cette startup travaille exclusivement avec des femmes dans son centre de tri. Un choix justifié par le fait que ce sont des personnes vulnérables, plus exposées à la pauvreté et moins aux systèmes de production et financiers.

    Avec une capture de 300 tonnes de déchets par mois sur 10 communes de la ville d’Abidjan, les 3 ans à venir verront une marge de croissance de plus 20 % de l’activité.

     

  • Wiftt, un réseau social d’entraide créé par un béninois

    Wiftt, un réseau social d’entraide créé par un béninois

    « Tout le monde a beaucoup de rêves, des désirs, des résolutions et objectifs de vie auxquels on tient. L’idée, c’est de créer un réseau social, une plateforme qui devra permettre aux utilisateurs de partager avec leurs proches, des listes de souhaits, et de discuter avec d’autres utilisateurs qui partagent un même objectif. » L’idée est de Franco Aihonnou, fondateur du réseau social qui l’a mis en ligne depuis l’année dernière.

    Sa startup part d’une conception un peu osée selon laquelle, parmi nos amis et parents, nos proches ou encore quelque part dans le monde, une autre personne partage probablement les mêmes souhaits que nous, ou l’a déjà réalisé, ou encore possède les moyens de nous aider à les accomplir. Il a ainsi pensé à Wiftt, désormais un des réseaux sociaux qui ambitionnent révolutionner l’Afrique. Le principe de fonctionnement est assez clair : « Quand vous désirez quelque chose, que ce soit matériel, ou une expérience à vivre, une résolution à tenir ou encore un rêve fou, il existe un carnet, où l’utilisateur peut ranger ses souhaits par catégories, appelé un wifttbook », une sorte de profil pour l’utilisateur.

    Wiftt se réclame deux valeurs sociales, deux principes : le partage et l’entraide et se veut « le réseau social le plus social ». Ce réseau rend tout cela facile et plus simple à faire grâce au pouvoir de l’internet qui permet d’interconnecter des personnes ayant les mêmes rêves, capable de s’entraider ou de retrouver d’autres personnes qui les ont déjà réalisés afin de s’inspirer de leur expérience et de bénéficier de leurs soutiens. Wiftt est non seulement un réseau social mais également un outil de planification de ses objectifs de vie et de gestion de ses wish lists (liste de shopping, liste de cadeau, liste de mariage, etc.) en les regroupant en un seul endroit.

    Le réseau social le plus social

    « Grâce à Wiftt, il est possible de recevoir le parfait cadeau pour votre anniversaire, mariage… et aussi le soutien de votre famille et de vos amis pour réaliser vos objectifs de vie. » Ce nouveau réseau social dont le symbole est une grue en origami inspiré de la légende des 1000 grues va probablement changer positivement les vies, à en croire le fondateur.

    Miser sur Wiftt ?

    A court terme, et comme la plupart des réseaux sociaux, le fondateur pense monétiser la plateforme. Le business model pourra être de la publicité ciblée et de l’affiliation. L’ambition, c’est d’étendre le réseau pour couvrir le monde entier. Pour cela, il reste bien de travaux à faire comme la sensibilisation sur le bien-fondé du nouveau site, lequel n’est pas beaucoup assimilé par les internautes. Dans cette tâche, la jeune startup rencontre des concurrents de taille : Wishpot, wishlistr, ou encore les Américains Amazon Wish list, qui, non seulement proposent des services similaires, mais ont déjà une réputation.