Catégorie : Startups

  • EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    Lauréat de la 2e édition de Digital Africa tenue à Abidjan le 29 novembre dernier, Ethicphone, le premier opérateur de paiement mobile international pour la diaspora africaine créé en 2015, a bien le vent en poupe.

    Le contexte africain, surtout dans la zone subsaharienne, est en effet difficile à l’éclosion de la bancarisation. Une situation qui est plutôt favorable au mobile Monet, moyen de transfert d’argent de plus en plus utilisé sur le continent. C’est en effet le succès de cette technologie qui a inspiré le projet Ethicphone.

    En 2015, en créant sa startup, Mouhamed Diakité avait une idée en tête : proposer une solution qui permet d’appeler, de transférer de l’argent vers l’Afrique et de réaliser des achats à partir du mobile. Pari réussi. Ethicphone a été créée afin de simplifier les échanges entre l’Europe et l’Afrique par l’entrepreneur d’origine ivoirienne, au vu de la forte diaspora africaine en Europe.

    En effet, en 2014, selon les chiffres du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), la diaspora africaine en France aurait transféré 10,5 milliards de dollars vers l’Afrique, et environ 45 % de ce montant aurait été envoyé en passant par une tierce personne, et donc de manière « informelle ».

    Mouhamed Diakité veut donc rendre l’informel, formel, pour, dit-il, offrir un service moins cher et capable d’atteindre, grâce au mobile, les zones rurales les plus reculées.

    Cet opérateur de téléphonie mobile virtuel est le premier en France qui offre les services de transfert d’argent international et de téléphonie mobile. La cible première : les diasporas africaines, mais pas que. L’application est aussi disponible pour toutes les populations non bancarisées d’Europe qui représentent 30 millions de personnes ; et 1 milliard de personnes dans le monde.

    Genèse

    Mouhamed Diakité mise sur la bancarisation du continent grâce au mobile, tout comme bien de services de téléphonie l’a compris aujourd’hui en Afrique. L’application disponible sur IOS et Android a été inspirée, selon le porteur du projet, par une « l’économie solidaire » qui, croit-il, oscille entre le souhait de remplir une mission d’intérêt général par les pouvoirs publics et le fait qu’elle doive devenir rapidement rentable, dans des secteurs très concurrentiels comme la téléphonie mobile et le transfert d’argent.

    Le concepteur raconte ses débuts. « C’est à mon arrivée en France en 1994 que j’ai été confronté pour la première fois au transfert d’argent international. Trois mois après mon arrivée, j’ai fait un transfert d’argent à ma famille en Côte d’Ivoire. Depuis cette date, chaque mois en fonction de mes moyens, je fais des transferts d’argent et toujours selon le même parcours client avec une commission très élevée, 12 % du montant transféré. Et pourtant, depuis 1994, l’Afrique est devenue le continent le plus doté en téléphonie mobile et chaque personne en Côte d’Ivoire peut facilement et gratuitement ouvrir un compte mobile qu’elle soit en zone urbaine ou rurale. »

    D’abord, c’est au sein de l’incubateur Nord/Sud Bond’innov à Bondy (Seine-Saint-Denis) que Mohamed a choisi de développer son projet. Pour lancer l’application sur smartphone, il a fallu d’abord la tester. Cette phase d’expérimentation financée par BpiFrance et la Région Ile de France avait duré un an.

    Aujourd’hui, 500 personnes utilisent EthicPhone Money en partenariat avec Moov Côte d’Ivoire. L’entreprise a récemment lancé sa Carte de paiement Multi devises (dollar américain, livre sterling, euro et Francs CFA).

    Pour rentabiliser son projet, le diplômé d’un double Master en stratégie d’intelligence économique et en finance compte facturer à de 2 euros de commission pour chaque transfert inférieur à 100 euros et 3 euros au-delà.

    Aujourd’hui lauréat de Startup of Africa 2017, Ethicphone a un certes un cours passé, mais déjà riche. En 2016 déjà, le projet a été primé au BpiFrance 2016 et de Scientipôle en 2015. Présent dans plus de 40 pays, Ethicphone a déjà levé plus de 300.000 euros de fonds. Il a également intégré la Station F, réputé pour être le plus grand campus de Startup au monde.

     

  • Tony Elumelu, le promoteur de 10000 startups africains honoré à New York

    Tony Elumelu, le promoteur de 10000 startups africains honoré à New York

    Le Président du Groupe UBA, M. Tony O. Elumelu, s’est vu décerner, le lundi 04 décembre, le prix mondial de l’entrepreneuriat « Dwight D. Eisenhower Global Entrepreneurship Award » pour reconnaissance de ses efforts dans la promotion de l’entrepreneuriat en Afrique et dans le monde. La cérémonie de remise des prix et le gala ont eu lieu à New York.

    Sur le vaste chantier de l’entrepreneuriat en Afrique, Tony Elumelu n’est pas du tout un inconnu. Certaines jeunes pousses de son programme ne le cachent pas. « Tony, c’est le faiseur des entrepreneurs ». Au sein des alumnats dudit programme dédié aux startups, on s’accorde à dire que le Nigérian a une vision noble et plus pragmatique du développement du continent dont il se fait, sans le clamer, un important artisan.

    Et pour preuve, lui-même serial entrepreneur, Tony Elumelu, à travers sa Fondation qui porte son nom, a déjà financé à ce jour plus de 3 000 entrepreneurs africains. A long terme, les chiffres dont il est ambitieux sont impressionnants.  100 millions de dollars en faveur de 10 000 entrepreneurs sur une période de 10 ans. Ceci, dans le but de permettre à ces entrepreneurs de créer un million de nouveaux emplois et plus de 10 milliards de dollars de revenus.

    Il est à relever en effet que c’est la philosophie d’Africapitalisme d’Elumelu, fondateur du concept, qui stipule que le secteur privé africain doit jouer un rôle de premier plan dans le développement et la croissance du continent africain alors que les gouvernements et le secteur privé se réunissent pour y parvenir.

    Ce 4 décembre, quand le Conseil économique pour l’entente internationale (BCIU), une association commerciale américaine à but non lucratif dédiée à l’établissement de relations et à la promotion du dialogue entre les entreprises et les gouvernements du monde entier, décernait le prix à Tony Elumelu, c’est certes un premier pour un Africain, mais le milliardaire nigérian n’est pas son premier essai.

    Lors du gala, l’ancien président américain George W. Bush a tenu à féliciter le banquier pour son travail. Celui-ci a reconnu les efforts de l’entrepreneur africain en disant : « Je suis impressionné par les initiatives philanthropiques de Tony qui stimulent la création d’emplois et l’entrepreneuriat dans une région [Afrique, ndlr] très chère à Laura et moi. Recevoir un prix fondé par le président Eisenhower, a ajouté un sens. Eisenhower a fourni un exemple de leadership, dont nous pouvons tous tirer des leçons. De plus, sa conviction de promouvoir la compréhension internationale est une responsabilité d’une importance vitale. »

    « Les Africains ont besoin d’un leadership puissant » 

    Le PDG de BCIU, Peter Tichansky, a, de son côté déclaré que « l’approche audacieuse de M. Elumelu et son état d’esprit volontariste sont des caractéristiques exemplaires d’un entrepreneur visionnaire. » Celui-ci ne s’est pas empêché, dans son speech, de donner les raisons pour lesquelles l’entrepreneur africain a été sélectionné comme lauréat du prix. Selon celui-ci, Tony Olumelu incarne l’idée que les entreprises doivent prendre l’initiative de rapprocher les entreprises et la société. « Son plaidoyer prouve que les entreprises, agissant comme des entreprises et non des donateurs charitables, sont la force la plus puissante pour relever les défis sociaux et réaliser le développement économique », a jouté le PDG de BCIU.

    Dans son discours de remerciement, le PDG de la banque UBA a déclaré qu’être reconnu aujourd’hui comme le récipiendaire du prix inaugural de l’entrepreneuriat mondial est un honneur qui trouve écho auprès de tant de personnes en Afrique. « Ce dont nos entrepreneurs africains ont besoin, c’est d’un leadership puissant pour les dynamiser, les encourager et les motiver à transformer le continent ». Et d’ajouter, « j’espère que cela stimulera davantage les autres Africains et amis de l’Afrique, pour s’assurer que nous travaillons ensemble pour une prospérité inclusive ».

    Il faut dire que Tony est un grand visionnaire. Il l’a toujours dit haut et fort, et même devant moult palais présidentiels qu’il a déjà parcourus : « personne ne va développer l’Afrique à notre place ». Et celui croit dure comme fer dans une prophétie selon laquelle le XXIe siècle sera celui de l’Afrique. Sans doute, l’Africapitalisme aidant.

  • Ces 10 entrepreneurs africains aux débuts étonnants

    Ces 10 entrepreneurs africains aux débuts étonnants

    Il existe de nombreux jeunes entrepreneurs sur le continent qui désirent se lancer dans des projets privés. Entreprendre devient un rêve qu’on peine parfois à réaliser. La plupart de ces potentiels entrepreneurs évoquent « l’insuffisance de capital pour démarrer leurs activités ». En plus, les banques ne prêtent pas toujours et « les taux d’intérêt sont trop élevés », expliquent-ils.

    Les histoires de réussites existent pourtant. L’absence de capital, apport important pour la réussite d’une entreprise, n’est pas considérée par certains comme une excuse. De grands entrepreneurs africains continuent de faire prospérer leurs entreprises alors qu’ils avaient démarré sans grand soutien. Afrotribune vous présente dix d’entre eux.

     Aliko Dangote

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    Le Nigérian est actuellement l’homme le plus riche d’Afrique. Il vaut près de 18,3 milliards de dollars et est un modèle pour les entrepreneurs du continent. Alors que ses intérêts commerciaux s’étendent actuellement à travers l’Afrique, la fortune impressionnante de Dangote a été construite à partir de très modestes débuts. Il a commencé son activité en 1978 avec 500 000 nairas empruntés à son grand-père. Il a remboursé le prêt en seulement six mois.

    Au cours des premières années, Dangote s’est concentré sur l’importation de produits non transformés, notamment du riz, du poisson congelé, du sucre et des aliments pour bébés au Nigeria. Aujourd’hui, ses intérêts commerciaux se sont étendus à la production locale de ciment, de sel, de farine et, très récemment, de raffinage du pétrole. Son expansion agressive et ses efforts de diversification ont conduit à d’énormes investissements au Nigeria, au Bénin, au Cameroun, au Ghana, en Afrique du Sud, au Togo, en Tanzanie et en Zambie.

    Fomba Trawally

    Image result for Fomba TrawallyIl n’avait pas grand-chose. Mais Fomba Trawally a décidé de réussir. En 1989 lorsqu’il quitte son pays le Libéria victime d’une guerre civile il fait le choix de se réfugier en Gambie. Deux ans après, il retourne au Libéria où il démarre avec 200 dollars US des activités de vente de pantoufles en caoutchouc. Cet investissement initial dans les pantoufles en caoutchouc a fait des retours rapides et l’entreprise a augmenté régulièrement.

    En 2005, cet entrepreneur multimillionnaire autodidacte possédait trois magasins de détail à Monrovia, vendant des articles tels que des produits en papier et des cosmétiques importés du monde entier. Il y a sept ans, Fomba Trawally a fait la transition d’un importateur à un fabricant. Il a créé National Toiletries Incorporated, la première entreprise de fabrication de papier et de produits de toilette au Liberia. Depuis, les ventes annuelles de ses usines ont franchi la barre du million de dollars et il prévoit bientôt doubler sa capacité de production.

    Bethléhem Tilahun Alemu

    Image result for Bethlehem Tilahun AlemuNée à Addis-Abeba, Bethlehem Alemu a grandi dans une banlieue de la capitale éthiopienne. Son entreprise — SoleRebels — est l’une des marques de chaussures africaines les plus populaires et les plus dynamiques au monde. Sa collection de chaussures écologiques fabriquées à partir de matériaux recyclés a été vendue dans plus de 50 pays à travers le monde, notamment aux États-Unis, au Canada, au Japon et en Suisse.

    En 2004, c’est avec un capital de 10 000 dollars US recueilli auprès de ses proches qu’il a lancé son entreprise. Plus de dix ans après, SoleRebels génère des revenus annuels de plus de 1 million de dollars. Bethlehem Alemu est une femme active. Celle que le magazine Forbes a décrit comme « l’une des femmes les plus puissantes au monde » est également la fondatrice de Republic of Leather, une entreprise qui commercialise des produits en cuir de luxe comme des sacs, des ceintures et d’autres accessoires en cuir non-chaussures.

    Jason Njoku

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    Jason Njoku est le cofondateur et PDG d’IrokoTV, une plateforme de divertissement mobile et de télévision sur Internet qui est particulièrement populaire pour son impressionnant catalogue de films africains « Nollywood ».

    La croissance de cette activité a été très remarquable. À ce jour, IrokoTV a attiré jusqu’à 40 millions de dollars en financement d’investissement auprès d’investisseurs étrangers. Ce Nigérian a pourtant rencontré plusieurs difficultés avant de lancer son entreprise. Après quelques tentatives infructueuses dans des entreprises précédentes au Royaume-Uni, Jason est retourné au Nigeria en 2010 pour établir des relations locales et acheter des droits de contenu pour sa nouvelle entreprise, IrokoTV.

    Adii Pienaar

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    Adii Pienaar est cofondateur de WooThemes, une société de technologie basée en Afrique du Sud qui a été rachetée par Automattic, un géant américain de la technologie en ligne, pour 30 millions de dollars.

    Le jeune entrepreneur sud-africain a lancé WooThemes en 2008, à l’âge de 23 ans alors qu’il était encore à l’université. Adii travaillait à temps partiel en tant que pigiste en ligne et consultant sur le côté alors qu’il continuait à travailler sur WooThemes, en utilisant ses économies et ses revenus à l’époque pour soutenir l’entreprise.

    Patrick Ngowi

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    C’est à 19 ans que Patrick Ngowi s’est lancé dans les affaires. Ce Tanzanien vendait des à l’époque des téléphones mobiles fabriqués en Chine. A ce jour, il possède l’une des sociétés d’énergie solaire les plus prospères d’Afrique de l’Est — Helvetic Solar Contractors. L’entrepreneur a lancé sa société grâce à un prêt de 1800 dollars US contracté chez ses proches qui l’ont d’ailleurs aidé à partir en Chine. Il y a quatre ans, le chiffre d’affaires de son entreprise dépassait les 5 millions de dollars et l’entreprise était évaluée (en 2014) par KPMG East Africa à 15 millions de dollars.

    Présenté par Forbes comme l’un des « 10 jeunes millionnaires africains à suivre », Patrick Ngowi a également créé sa fondation Lumière pour la vie qui s’investit dans la fourniture d’énergie renouvelable aux communautés. Son entreprise Helvetic Solar Contractors a déjà installé plus de 6 000 petits systèmes solaires sur les toits en Tanzanie et dans d’autres pays d’Afrique de l’Est, dont le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

    Anna Phosa

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    Anna Phosa est l’un des éleveurs de porcs les plus prospères d’Afrique. Elle est souvent qualifiée de « fermière porcine célèbre ». Cette Sud-africaine a décidé en 2004 de construire sa ferme porcine à Soweto après avoir visité celle d’une de ses amies. C’est avec 100 dollars US et 4 petits cochons qu’elle a démarré ses activités.

    En 2008, Anna Phosa a été engagée par Pick « n Pay, la chaîne de supermarchés sud-africaine, pour approvisionner ses magasins avec 10 porcs par semaine. La demande a rapidement augmenté à 20 porcs par semaine. En 2010, elle a signé un énorme contrat avec Pick’n Pay pour fournir 100 porcs au cours des cinq prochaines années dans le cadre d’une entente de 25 millions de Rand, soit près de 2,5 millions de dollars. Avec un contrat en main, l’entrepreneure a reçu des fonds de la banque ABSA et de l’USAID pour acheter une propriété agricole de 350 hectares. Elle emploie à ce jour une vingtaine de personnes qui élèvent près de 4000 porcs.

    Fred Deegbe

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    Fred Deegbe est le cerveau derrière Heel The World, une marque de chaussures de luxe entièrement fabriquée à la main par des artisans qualifiés au Ghana. En 2011, ce Ghanéen a décidé de quitter son emploi de banque pour fonder son enteprise. C’est avec ses économies réalisées grâce à son travail bancaire et à l’aide de son partenaire commercial, Vijay Manu qu’il a acheté des machines à chaussures et de l’équipement et embauché le premier groupe de travailleurs.

    Aujourd’hui, Heel The World propose une gamme impressionnante de chaussures — des chaussures Richelieu rétro aux mocassins élégants, en passant par les pantoufles élégantes et les Oxford accrocheurs.

    Desmond Mabuza

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    Desmond Mabuza est le premier noir en Afrique du Sud à posséder et exploiter avec succès une entreprise de restauration gastronomique qui sert les riches et célèbres personnes de son pays. Né et élevé dans un quartier pauvre de Soweto, et formé en tant qu’ingénieur civil aux États-Unis, Desmond est retourné en Afrique du Sud avant la fin de l’ère de l’apartheid pour créer une petite entreprise de génie civil.

    Après quelques années, il a abandonné sa pratique de l’ingénierie et a investi l’argent qu’il avait fait dans le secteur de la restauration gastronomique. Il a ouvert son premier restaurant en 2001 (à l’âge de 28 ans) et possède actuellement deux restaurants remarquablement rentables et bien gérés — Signature et Wall Street — tous deux situés à Johannesburg. Il a également ouvert en 2014 un restaurant (Signature) à Abuja et envisage s’installer dans d’autres pays sur le continent.

    Lorna Rutto

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    En 2010, la Kenyane Lorna Rutto a quitté son emploi bancaire pour démarrer une activité de recyclage des déchets. Son entreprise, EcoPost, collecte et recycle les déchets plastiques en poteaux esthétiques, durables et respectueux de l’environnement, un matériau alternatif au bois. Grâce à ces efforts, elle a énormément contribué à la conservation des forêts, emploie des centaines de Kenyans et devrait créer 100 000 nouveaux postes au cours des 15 prochaines années.

    Son activité et ses réalisations remarquables ont reçu l’appui financier des ONG internationales et locales. En 2010, elle a remporté un prix SEED de 6 000 $ qui a servi de capital de démarrage pour son entreprise. La même année, elle a reçu un prix de 12 700 dollars de la part de la Fondation Enablis Energy Globe-Safaricom. Elle a également remporté un concours de plan d’affaires organisé par Cartier Women’s Initiative et a reçu un prix de près de 12 000 $. EcoPost a attiré un investissement en capital de la Blue Haven Initiative et de la Fondation Opus pour un montant de 495 000 USD. Son entreprise s’est surtout dotée d’une grande usine de fabrication équipée de machines de recyclage de pointe.

  • Nairobi: Twende Twende, une application qui sauve 300.000 automobilistes

    Nairobi: Twende Twende, une application qui sauve 300.000 automobilistes

    Face aux fréquents embouteillages dans les villes africaines, des solutions sont imaginées pour éviter les longues attentes aux automobilistes. Cela va des applications mobiles aux sites d’informations sur le trafic routier.

    Dans les capitales et grandes Africaines, le boom démographique est suivi depuis quelques années par des embouteillages dans les rues aux heures de pointe. Dans la plupart des cas, les automobilistes se voient obligés de subir. Mais ce n’est pas toujours le cas dans certaines villes comme Nairobi où une application de messagerie « vient au secours des automobilistes ».

    Appelée Twende Twende (« allons-y, allons-y » en swahili), l’application permet à ses utilisateurs d’informer les automobilistes sur leurs situations et le trafic. Les automobilistes peuvent donc sur leurs recommandations emprunter des voies indiquées pour éviter les embouteillages et retrouver leurs clients.

    Lancée il y a plus d’un an, Twende Twende a été conçue par IBM Research Africa. Twende Twende est générée par ordinateur et est à ce jour disponible sur deux réseaux de télécommunications mobiles du pays. Il s’agit de Safaricom et Airtel. Uyi Stewart, expert d’IBM explique que l’application fournit aux utilisateurs des informations sur l’état du trafic sur des routes stratégiques. « Les conducteurs, ainsi que les usagers de la route, initient la demande en envoyant à notre serveur un message SMS indiquant la route sur laquelle ils veulent des informations en matière de circulation », ajoute-t-il.

    Avant de préciser que « le serveur réagit alors en renvoyant au conducteur l’information demandée ». Depuis son lancement, les experts estiment à près de 600 000 dollars US le manque à gagner évité « en contournant les embouteillages ». Dans une capitale de 3 millions d’habitants et qui fait 696 kilomètres carrés avec plus de 300 000 automobiles, l’initiative est appréciée par la population.

    Améliorer la mobilité urbaine

    En Afrique de l’Ouest, des entrepreneurs et de jeunes start-upeurs se mobilisent également. Certains usagers réfléchissent aussi à des solutions pour éviter « des longues heures d’attente sur des routes congestionnées ». Certaines solutions sont par ailleurs trouvées dans quelques villes.

    C’est le cas de la capitale ghanéenne Accra. Jamless un service d’information sur le trafic permet depuis quatre ans à des automobilistes d’éviter les embouteillages. Le service emploie des indics qui passent leurs journées dans les artères de la ville. Les indics sont chargés de fournir des informations aux automobilistes et à d’autres usagers de la route. L’apport de Jamless reste pour le moment satisfaisant, constate Guillaume Boniface, fondateur du service d’information.

    À Lagos le phénomène fruste plus d’un. La circulation dans la ville nigériane est souvent ralentie par des files interminables de voitures contraintes de rouler doucement. Mais Giditraffic aide pour le moment certains automobilistes. La plateforme partage avec ses followers sur Twitter des informations sur le trafic routier. Des conducteurs évitent ainsi des embouteillages dans cette mégalopole africaine. À des milliers de kilomètres, Abidjan est également l’une des villes où l’on constate des embouteillages des heures de pointe. Comme solution, le site web Civroute fournit des informations aux usagers de la route.

    Mais c’est à Dakar que la solution envisagée pour désengorger la capitale et mettre fin aux bouchons est tout autre. Les autorités ont lancé des travaux de construction d’une nouvelle ville à Diamniadio située à une vingtaine de kilomètres de Dakar. Cela va décongestionner les routes et éviter de « fatigantes attentes aux Dakarois à des heures de pointe », justifie-t-on à l’Agence de promotion des investissements et grands travaux (Apix). La même source indique que c’était la meilleure option pour améliorer la mobilité urbaine.

  • DevFest: Google tente une révolution en Afrique

    DevFest: Google tente une révolution en Afrique

    À Lomé comme dans d’autres villes d’Afrique et d’ailleurs, les développeurs se préparent pour débuter  un festival mondial de Google de deux jours orientés vers les Tech-entrepreneurs. Sur le continent, le géant américain tente une révolution Tech malgré les difficultés multiples.

    Le DevFest ou « Festival des Développeurs » est un événement de grande envergure organisé chaque année à travers le monde par les communautés locales de développeurs en collaboration avec Google. Les DevFests sont des événements de développement gérés par la communauté qui se déroulent dans le monde entier, axés sur la création de communautés et l’apprentissage des technologies de Google. Le Togo qui connait de plus en plus de centres de formation de codage n’est pas à l’abri de cet événement.

    Au Togo, selon les organisateurs, l’édition de cette année réunira près de 300 personnes issues du monde du développement, de la sécurité informatique, des réseaux et télécommunications, de l’administration des systèmes, etc. Mais pas que. L’évènement rassemble également des écoles universitaires, des entreprises et organisations œuvrant pour la promotion des TIC au Togo.

    Cette année, l’évènement sera consacré au partage des dernières technologies de développement web et mobile avec tous les participants. Les échanges toucheront presque tous les domaines : le web, Android, cloud, firebase, le design UX…

    Google en position d’attaque

    En Afrique, le géant californien Google est sur tous les fronts. Sur ce continent où la démographie devient de plus en plus importante et le taux de pénétrations ne cesse d’intéresser, Google est conscient d’une chose : il y aura 500 millions d’internautes en Afrique d’ici à 2020, quand ils n’étaient que 100 millions fin 2010. Et c’est cet état de choses qui réconforte cette entreprise comme bien d’autres pour investir dans les Tech startups.

    Au Nigeria, Google et Facebook ont annoncé quelques semaines déjà vouloir s’installer au Nigeria, plus peuplé pays d’Afrique. Dans ce vaste pays aux économies galopantes, le groupe de Mountain View a bien une intention : stimuler les start-ups technologiques africaines et développer une croissance africaine unique.

    Le mois dernier, Google a lancé Google Launchpad et Google Play Afrique du Sud. Les deux initiatives qui seront entièrement basées en Afrique, précisément en Afrique du Sud et au Nigeria, veulent offrir aux entrepreneurs et aux concepteurs technologiques tant en herbe qu’expérimentés, un accès pratique et direct à la confiance intellectuelle de Google. Les candidatures sont ouvertes aux start-ups technologiques avec leurs propres fonds de démarrage du Ghana, du Kenya, du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie et de l’Ouganda. Les structures choisies pour participer au programme de trois mois recevront plus de 3 millions de dollars en soutien sans fonds propres, espace de travail, voyages et relations publiques, ainsi qu’un accès aux experts en technologies de la Silicon Valley durant trois ans.

    Le directeur régional de Google pour l’Afrique subsaharienne, Andy Volk, a déclaré que Google cherchait des moyens de s’impliquer davantage dans les entreprises technologiques africaines depuis plusieurs années. Avec un climat d’affaires technologique de plus en plus favorable et une vague d’idées technologiques uniques en provenance du continent, il était temps de commencer à établir des relations d’affaires. « Toute personne qui passe du temps dans l’espace technologique africain sait que le continent abrite des innovations passionnantes », se convainc celui-ci.

    Toutefois, le constat manifestement le plus frappant et qui agace en Afrique francophone, c’est que les plus grandes startups sont dans les pays anglophones.

    Le difficile climat pour les Tech startups en Afrique

    En Afrique, hormis quelques pays qu’on peut facilement localiser comme ayant un climat favorable à l’éclosion des startups à l’instar de l’Éthiopie, Kenya, l’Afrique du Sud, le Maroc… la tendance générale n’est pas convenable à ces petites entreprises. Le financement est un problème qui tue les startups dès la naissance.

    Pour la Ghanéenne Dorothy Gordon qui dirige l’Institut de technologie avancée et d’informations d’Accra, la taille réduite du marché économique de l’Afrique francophone est également un obstacle à l’essor des start-ups. « En raison de la taille du marché, il est difficile d’attirer des investisseurs étrangers. Et les gouvernements locaux ne font pas assez pour aider les jeunes start-ups à se développer », a-t-elle confié dans un entretien à Forbes Afrique.

    Sur le continent, on évalue les besoins de financement des jeunes structures à quelque 140 milliards de dollars par an, alors que les banques sont de nature hostiles aux risques, et la durée de vie des startups est souvent courte. Les stratégies mises en place par les pays pour accompagner ces entreprises se révèlent dans la plupart des cas inefficaces. Mais le tout ne se limite pas là. Un manque d’encadrement parait parfois comme une difficulté fondamentale. Surtout pour les Tech entrepreneurs, la disponibilité de la connexion internet reste un élément déterminant. La coupure de connexion pendant 93 jours dans la partie anglophone du Cameroun en début d’année 2017 a constitué un grand frein dans l’évolution des startups de la Silicon Moutain. Mais l’étroitesse du marché des consommations pose dans certains, cas une autre difficulté.

    En effet, si la progression du taux de pénétration d’Internet impressionne sur le continent, il faut aussi rappeler que cette croissance est principalement portée par quelques pays seulement, comme le Kenya, le Nigeria, l’Égypte, le Maroc, l’Éthiopie, le Soudan, l’Ouganda ou encore l’Afrique du Sud. Au Maroc par exemple, plus de 58,3 % de la population à accès à Internet, contre quelques 2,1 % au Niger. Le premier obstacle pour les entrepreneurs africains spécialisés dans le secteur digital est donc cet accès restreint au réseau mondial pour ces populations.

    Mais pour certains, grâce aux nouvelles technologies les prochaines années vont marquer un point d’inflexion dans les méthodes de financement des startups. Le nano crédit, initiative qui permet à des entrepreneurs d’avoir de la trésorerie au quotidien a déjà fait ses preuves au Kenya, avec commercial Bank of Africa (CBA) et Safaricom. En Afrique francophone, l’initiative peut également être au bénéfice des Tech entrepreneurs.

     

  • Sénégal: une startup s’engage dans la promotion de don du sang

    Sénégal: une startup s’engage dans la promotion de don du sang

    Depuis mars 2016, une équipe de jeunes sensibilise la population sénégalaise sur le don du sang. Comme d’autres pays, le Sénégal fait souvent face à une pénurie de sang dans ses hôpitaux.

    Hope vient d’une initiative d’Evelyne Inès Ntonga et Jean Luc Semedo, diplômés en conception informatique. La plateforme créée en 2015 est soutenue par la start-up sénégalaise Diambars Mobile. Hope promeut depuis plus d’un an le don du sang. Il s’agit pour les concepteurs de la plateforme de répondre à un besoin essentiel auquel font face les structures sanitaires du pays. « Le don du sang n’est toujours pas entré dans les habitudes.

    Nous faisons parfois face à un manque cruel de sang », explique un médecin en chef d’un hôpital de Dakar. Pour trouver une solution, les deux concepteurs de la plateforme ont misé sur le numérique. Hope dispose d’un site web et d’une application mobile. L’idée est de mettre « nos compétences au service du don du sang », justifie Jean Luc Semedo, pour qui il est important que « le taux de mortalité maternelle et infantile lié au manque de sang ».

    Depuis le lancement des activités de la plateforme en mars 2016, les deux entrepreneurs ont pris le soin de l’installer dans de nombreux centres de transfusion sanguine de Dakar. La plateforme sert à sensibiliser la population à travers des messages, des appels vocaux en langues locales. Cela permet de toucher une grande partie de la population. Grâce aux réseaux sociaux, Hope s’est également bien positionné sur le web avec près de 100 000 abonnés sur Facebook et plus de 200 000 followers sur Twitter.

    L’initiative a déjà permis d’enregistrer plusieurs donneurs volontaires. Ces derniers sont remerciés et enregistrés sur la plateforme après leur don. Le but est de rester en contact avec eux et de leur faire appel quand il le faut. Pour Evelyne Inès Ntonga, en cas de besoin d’un groupe sanguin spécifique et rare, des messages sont diffusés en direction des volontaires concernés afin d’avoir des donneurs compatibles.

    Fidéliser les donneurs

    Un fonctionnaire en charge des questions de don du sang au ministère de la Santé se félicite de l’efficacité de l’initiative des deux jeunes entrepreneurs. « Les populations ont compris la nécessité de faire des dons. Cela permet de sauver des vies », ajoute-t-il. La plateforme organise également des journées de sensibilisation et de don du sang. Elle soutient et accompagne certaines organisations qui s’intéressent aussi à la question. Jusqu’à présent, les activités de Hope sont financées grâce à des redevances mensuelles que les centres de don du sang et les hôpitaux payent à la plateforme pour « la gestion et la fidélisation des donneurs », selon Evelyne Inès Ntonga.

    Mais Hope peut aussi compter sur les aides de quelques bonnes volontaires. En plus de l’opérateur de téléphonie mobile Tigo et l’ONG suédoise « Reach For Change » qui soutiennent l’initiative. Jean Luc Semedo évoque par ailleurs la pâtisserie française « La Marquise » grâce à qui Hope peut distribuer des croissants à des personnes lors des journées de don du sang.

    Cependant, les dons ne suffisent pas toujours. Les responsables de la plateforme comptent donc maximiser leurs efforts. Il s’agit d’abord pour eux d’augmenter le nombre de bénévoles répartis dans les régions du pays. « Le but est d’atteindre avant 2020 plus de 140 000 donneurs ». Si la plateforme parvient à enrôler ce nombre de volontaires, elle permettra au Sénégal d’atteindre pour une des rares fois le minimum de donneurs requis pour faire face aux besoins en produits sanguins.

    Pour Assane Tembe, ancien consultant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque pays devrait avoir au moins 10 dons pour un millier d’habitants. « Cela permet au pays d’avoir une autonomie en la matière et de répondre à tous ses besoins en produits sanguins », explique l’expert. Selon lui, l’initiative Hope est une plateforme essentielle qui va permettre aux autorités sanitaires de relever les défis en matière de don du sang. Une campagne de levée de fonds devrait également permettre à l’équipe de Hope de se fixer un autre objectif : étendre ses initiatives dans les autres pays de la sous-région.

     

  • Isizwe, le WiFi gratuit qui fait rêver toute Afrique

    Isizwe, le WiFi gratuit qui fait rêver toute Afrique

    Face aux coûts élevés des données mobiles, le projet Isizwe met à la disposition des municipalités sud-africaines un réseau de Wi-Fi gratuit.

    En Afrique, le taux de pénétration élevé du mobile se conjugue avec l’élévation des coûts des données dans la plupart des pays. Une situation qui empêche une bonne partie de la population de naviguer convenablement. En réalité la Banque mondiale estime que pour chaque pénétration de 10 % de l’accès à Internet, le PIB d’un pays augmente de 1,28 %.

    Dans certains pays, la téléphonie mobile n’est d’ailleurs pas accessible à une bonne partie de la population. En Afrique du Sud par exemple, l’achat des données mobiles n’est pas toujours chose aisée. Les données sont disponibles à des prix qui vont de 10 centimes à 2 rands. A l’heure où le pays subit encore des transformations numériques avec des services proposés par différentes startups, les populations de certaines régions se voient incapables de payer des données.

    Dans la plupart des cas, certaines régions restent en marge des services disponibles grâce à la connexion mobile. Le projet Isizwe initié par Alan Knott-Craig Jr, ancien PDG de Mxit, veut emmener les États à « considérer le Wi-Fi comme un service de base ». « L’accès à Internet devrait être un service essentiel, comme l’eau ou l’électricité. Et tout comme l’eau et l’électricité, il devrait être accessible à tous, peu importe les circonstances, » sont convaincus les porteurs du projet.

    Il s’agira de mettre à la disposition du continent de l’Internet sous la forme d’un Wi-Fi gratuit. Pour les responsables du projet, c’est un moyen alternatif de connecter les populations à Internet. « Isizwe permet de combler la fracture numérique et donne accès à internet, mais aussi accès à l’information, à l’empowerment, au reste du monde », explique Duduzile Mkhwanazi PDG de Isizwe.

    Un réseau gratuit et rapide

    « Notre rôle est de travailler avec l’État et de l’aider à déployer le Wi-Fi et offrir un accès à internet. Nous aidons notre pays », rappelle Duduzile Mkhwanazi. Isizwe vient combler les efforts du gouvernement sud-africain dans les télécommunications. Le projet est réalisé depuis 2013 dans la ville de Tshwane qui compte plus de 3 millions d’habitants. Plus de 1000 zones WiFi publiques ont été mises en place. Les écoles, les bibliothèques et les parcs ont été couverts par le réseau. Plus de 25 % de la population navigue désormais grâce à une connexion internet gratuite.

    En plus de permettre aux utilisateurs 500 Mo par jour sur Tshwane Free WiFi, Project Isizwe a développé un portail de contenu. Tobetsa est conçu pour donner aux utilisateurs l’accès à du contenu curé non plafonné. Ce contenu est axé sur l’éducation, le développement des compétences et l’emploi, et donne aux communautés locales le pouvoir d’accéder à l’information, à l’éducation et aux emplois en ligne, leur permettant de participer à l’économie comme jamais auparavant.

    Le coût du déploiement de la première phase de Isizwe à Tshwane a été payé par la municipalité. La phase 2 porte sur l’installation, l’exploitation et la maintenance de plus de 200 points d’accès (d’une capacité de 5 000 utilisateurs chacun) pendant trois ans. La municipalité va payer près de 53 millions de rands aux responsables du projet.

    L’avantage du projet et son déploiement réussi à Tshwane ont forcé l’admiration d’autres municipalités qui envisagent offrir les réseaux de Wi-Fi gratuit à leurs populations. Pour l’heure le projet n’est réalisé qu’en Afrique du Sud. D’autres pays anglophones de l’Afrique australe devraient tout de même en bénéficier. Viendra ensuite le tour d’autres municipalités africaines sur le continent.

     

  • Ghana: deux adolescents produisent l’électricité grâce au manioc

    Ghana: deux adolescents produisent l’électricité grâce au manioc

    La nouvelle génération de jeunes entrepreneurs ghanéens s’illustre dans différents secteurs de développement avec des innovations remarquables.

    Au Ghana, un soutien proactif est apporté à l’entrepreneuriat depuis quelques années. Cela a facilité la naissance de nouvelles entreprises. Les inventions sont également constatées dans plusieurs secteurs. Parmi elles, on peut citer une voiture trois places ou un appareil qui génère de l’électricité grâce au manioc.

    Deux jeunes ont en effet mis en place un appareil d’une tension de 12 volts capable d’alimenter une dizaine d’ampoules à économie d’énergie et un poste de radio. Pour faire fonctionner l’appareil, du manioc mélangé est mis dans un réservoir d’un litre. « Les tuyaux dans le dispositif absorberont alors le manioc mélangé du réservoir et l’utiliseront ensuite pour produire de l’électricité », expliquent-ils.

    Ce prototype peut être mieux développé. Les jeunes inventeurs envisagent avoir du financement pour concevoir un appareil capable de générer une puissance élevée avec un plus grand réservoir. Sur ce plan, les autorités ghanéennes ont créé un environnement propice pour stimuler les investissements dans l’entrepreneuriat. L’État facilite ainsi l’accès au financement des micro — , petites et moyennes entreprises. L’initiative n’a pas encore comblé toutes les attentes. Cependant elle a déjà permis à des entrepreneurs de continuer la réalisation de leurs projets.

    Innovation

    Pour promouvoir la création d’entreprises, l’État a mis en place durant un an un programme universitaire appuyé par la Banque mondiale. Il s’agit du projet eGhana qui a permis à des jeunes entrepreneurs comme Peter Paul Akanko, PDG de la société Kente Master, qui fait du tissu traditionnel un produit chic et jeune.

    Sa société fabrique à partir du tissu Kente des cravates, des tongs, des chaussures, des cartables, mais aussi des étoles pour les cérémonies de remise de diplôme. D’autres programmes de pépinière d’entreprise sont aussi mis en place. Et le pays s’illustre par les réalisations de ses entrepreneurs.

    Sulley Amin Abubakar a par exemple créé Zaacoal qui produit du charbon à base de coques de noix de coco. Sa jeune compatriote Bernice Dapaah a réalisé un projet écologique impressionnant. L’entrepreneure a en effet fabriqué des bicyclettes en bambou. « Ces vélos n’ont pas besoin d’être remplacés tout le temps. Et s’il faut les réparer, les matériaux, les outils et les compétences sont sur place », explique la fondatrice de Ghana Bamboo Bikes qui a déjà créé des emplois.

    Dans le secteur du numérique, trois jeunes ont fondé il y a quatre ans MeQasa, un site d’immobilier et de petites annonces qui aide la population. Bright Simons a de son côté lancé MPedigree, une application mobile qui permet déceler les faux médicaments. D’autres espaces de travail comme Hub Accra ou ISpace Ghana encouragent également l’idée d’entrepreneuriat technologique.

    À côté de ce « Ghana qui bouge », l’État a décidé de conquérir l’espace. Le Ghana a lancé en juillet dernier son premier satellite, GhanaSat-1, qui va faciliter la surveillance dans la recherche scientifique et la surveillance des côtes du pays. Le satellite a été construit par des ingénieurs ghanéens de l’université All Nation de Koforidua. Un deuxième satellite devrait également être lancé pour contrôler l’exploitation illégale des minerais ou la déforestation dans le pays.

  • Ghana: 100 millions de dollars pour encourager les startups

    Ghana: 100 millions de dollars pour encourager les startups

    Pour redresser son économie, le nouvel exécutif mise sur le renforcement du secteur privé et un soutien aux entrepreneurs.

    Le Ghana veut améliorer la compétitivité et les niveaux d’emploi de ses micro — , petites et moyennes entreprises. « Nous sommes une économie portée par le secteur privé », explique Mohammed Awal, ministre du Développement des entreprises. Membre de l’équipe gouvernementale du président Nana Akufo-Addo, il est l’un des acteurs clés de la revitalisation de l’économie ghanéenne. Son rôle est de travailler à la consolidation des entreprises. En réalité, l’État mise sur une génération d’entrepreneurs ghanéens bien formés qui disposeraient surtout d’un soutien financier pour réussir. Selon une source proche de la présidence ghanéenne, l’Etat s’active à orienter l’investissement public vers le secteur privé pour stimuler l’esprit entrepreneurial au sein de la couche juvénile.

    L’appui financier au secteur privé constitue une priorité pour l’État, selon Mohamed Awal. Le ministre justifie que dans les quatre prochaines années, 100 millions de dollars seront investis dans la formation des entrepreneurs. « Il y a de l’argent au Ghana, nous devons simplement réorienter les dépenses. Nous colmatons les brèches pour mobiliser ces fonds et  nous allons les investir. La bonne volonté est là pour que le Ghana se développe. » En parallèle, l’État encourage les entrepreneurs à innover dans de nouveaux secteurs. Convaincu que cela va contribuer à la création de milliers d’emplois.

    Efforts soutenus

    Les efforts du gouvernement à l’endroit du secteur privé vont permettre de renforcer sa croissance économique. Ils sont soutenus par les acteurs de la finance qui veulent un secteur « plus solide et plus sophistiqué ». Ernest Addison explique que des mesures vont être prises pour soutenir l’intermédiation financière et l’offre de crédit pour renforcer la croissance. La Banque du Ghana a déjà déployé un plan de réforme du secteur financier afin de développer, de renforcer et de repositionner le secteur comme moteur essentiel de la croissance

    Le nouvel exécutif promeut aussi une inclusion financière. Un projet micro-finance vise à faciliter l’accès à de petits prêts financier à toute personne ou groupe souhaitant se lancer dans une activité génératrice de revenus ou une petite entreprise. Les mesures déjà prises visent à soutenir le secteur privé, mais également à faire entrer les PME dans le secteur formel.

    Mais le Ghana peut aussi compter sur l’appui de quelques partenaires, notamment la BAD avec laquelle il a finalisé un Document de stratégie par pays (CSP) pour la période 2017-2021. L’institution financière va aider le pays à développer ses filières de l’énergie pour faciliter l’industrialisation. Le CSP considère également l’agriculture comme un secteur clé dans la transformation de l’économie rurale et l’amélioration de la sécurité alimentaire.

     

     

  • Elle quitte son emploi chez Nike aux USA pour entreprendre à Kigali

    Elle quitte son emploi chez Nike aux USA pour entreprendre à Kigali

    Arrivé sur le continent en 2012 pour des obligations professionnelles, Lauren Russel a préféré quitter ses fonctions à la Fondation Nike pour entreprendre à Kigali.

    Quand elle a eu l’occasion de connaître l’Afrique, c’est au Rwanda qu’elle s’installe il y a cinq ans avec la Fondation Nike. Pour uniquement faire son métier et observer. « Je pensais que l’Afrique rimait avec la pauvreté, la maladie et la guerre », se rappelle-t-elle.

    Mais c’est toute surprise qu’elle retrouve le Rwanda en pleine transformation économique malgré les douloureuses conséquences du génocide. En 2014, deux ans après son installation à Kigali, elle assiste à l’accélération des changements que subit le pays. De nouvelles routes, de nouveaux bâtiments, de nouvelles entreprises, de nouveaux restaurants ou encore de nouveaux parcs nationaux. Selon elle, le Rwanda lui a fait oublier « ses clichés sur l’Afrique ».

    Lorsque son entreprise lui demande de retourner aux États-Unis, cette jeune entrepreneure décide de démissionner. Elle quitte son emploi et se fixer un objectif : rester au Rwanda et entreprendre. « J’avais un plan depuis mon arrivée en 2012. Créer une entreprise de distribution alimentaire », lâche-t-elle avec assurance.

    Lauren Russel saisit ainsi ce qu’elle appelle « la chance de sa vie ». L’Américaine crée en 2014 l’entreprise GET IT pour des services alimentaires à Kigali. Et c’est avec ses économies qu’elle se lance. Avec 5000 $ US, elle investit dans la réussite de son entreprise.

    Très tôt elle se convainc de la portée de son initiative dans une ville où des entreprises spécialisées dans des services alimentaires se comptaient sur les doigts. « Ce sont mes achats d’épicerie maison simples qui m’ont inspiré. Je devais aller dans cinq magasins pour trouver les ingrédients pour faire quelque chose de simple comme de la lasagne. J’ai pensé que si je ne pouvais pas trouver ce que je voulais, peut-être que d’autres ont aussi ce problème ».

    Lauren Russel parvient d’ailleurs à générer des revenus sans d’autres contributions financières. « Je voulais être sûr qu’avant de prendre l’argent d’autres personnes, j’avais démontré comment cet investissement allait croître et comment ils pourraient obtenir un rendement », affirme-t-elle.

    Quelques mois après la phase initiale du lancement de GET IT, Lauren Russel collecte 1 million de dollars en fonds propres pour soutenir son entreprise. Pour elle, il est plus facile de vendre une entreprise qui fonctionne comme un bon investissement qu’une idée d’entreprise. « Lorsque vous demandez des conseils, on vous offre de l’argent. Mais quand vous demandez de l’argent, on vous offre des conseils », ajoute-t-elle.

    CET IT certifié

    Les clients de GET IT sont de différentes catégories, notamment les ménages, les lodges haut gamme, les hotels et les restaurants. Ces derniers font leur commande par SMS et les reçoivent ensuite. Lauren Russel a surtout étendu son marché. Son entreprise s’est spécialisée dans les cuisines commerciales où il y a selon elle « plus d’opportunités ». Elle fournit et livre une variété de produits frais, congelés et secs — y compris des fruits et légumes, de la viande et des produits laitiers — ainsi que des fournitures de cuisine.

    Trois ans après sa création, GET IT a déjà servis de nombreux clients. Il y a quelques mois, l’entreprise s’est réorganisée. Elle a augmenté ses réserves de fonds de roulement et a même investi dans une grande chambre froide privée hors réseau au Rwanda. Depuis le début de l’année, GET IT a vu son chiffre d’affaires augmenter de 20 à 50 % sur un mois. Comme c’était le cas en septembre dernier où ses revenus ont augmenté de 100 %.

    Les efforts de Lauren Russel et ses employés sont d’ailleurs reconnus. « Nous avons obtenu notre certification de sécurité alimentaire ISO 22000, la première dans la région pour notre type d’activité », se réjouit la présidente de GET IT. Depuis, la base de vente de l’entreprise s’est diversifiée et aucun client ne représente plus de 5 % du chiffre d’affaires. Les clients deviennent nombreux. L’entreprise envisage d’ailleurs s’installer dans les autres régions du pays ainsi que dans les pays de la sous-région tels que l’Ouganda et la République démocratique du Congo.

    GET IT veut également construire des modèles pour « transformer la distribution alimentaire » lors des crises humanitaires. L’entreprise veut en effet incorporer des fruits et des légumes d’origine locale dans l’aide alimentaire dans les camps de réfugiés ou les régions frappées par la famine.