Catégorie : Afrique de l’Est

  • En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    Croire que le Vaudou en Afrique a perdu ses lettres de noblesse à cause du modernisme, de l’éducation, de la colonisation ou des croyances exotiques est un constat erroné. Et aucun acteur ni politique ni religieux ou d’autre ne peut se permettre d’oublier son influence, ni par hypocrisie, ou par négligence.

    Pourtant, les églises ne cessent de pousser dans les coins de rue à Lomé, à Cotonou ou un peu partout dans la sous-région ouest-africaine. Il est vrai qu’il y a en Afrique, de Dakar à Lubumbashi, de Lomé à Bangui en passant par Cotonou, des forces surnaturelles, détentrices du pouvoir « du mal ». Dans la « basse population », le catholicisme et les autres religions monothéistes ont du mal à exorciser, même avec la plus grande rigueur, l’Afrique du vaudou et de ses religions polythéistes « mal-aimés ». Au Togo précisément, ce n’est pas exagéré : les églises dites de « réveil » ont beau être les endroits les mieux abrités par la population de toute catégorie, nul n’ose jouer avec la face cachée de la raison.


    L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ».


    Au Bénin, lorsqu’on parle de religion, les statistiques indiquent 27 % de chrétiens, 22 % de musulmans et 37 % d’animistes. Mais demandez qui n’a jamais consulté le Vaudou, pour un problème de stérilité, de vol, d’un sort qu’on veut retourner à l’envoyeur ou d’un décès dont on révoque une origine naturelle, et vous vous rendrez compte que les statistiques seront beaucoup plus importantes en faveur de la religion traditionnelle. La question principale n’est plus de savoir si le Vaudou est un mythe ou une réalité, la réponse est évidente. La curiosité c’est de se demander comment cela fonctionne, ou comment cette pratique surmonte l’usure des temps ?

    Toutefois, assimilé à tort ou à raison à la sorcellerie, la présence du Vaudou est souvent redoutée. C’est pourquoi les hiboux « prédateurs » de chairs humaines, les cobras vengeurs, les tortues à doubles carapaces ou les lézards polymorphes à doubles queues sont toujours craints. L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ». Dans ce domaine où les professions de foi sont très rares, il est très difficile de prouver à une tierce personne — en théorie du moins — l’efficacité du mode opératoire, ce ne sont pas que les civils qui s’en emparent.

    Le Vaudou salvateur

    1er septembre 2011. À Iroko, forêt sacrée de Kpassè en lisière de la cité côtière béninoise de Ouidah, jadis funeste fief de la traite négrière au Bénin, une foule pouvait se voir. Surtout, un Blanc dont la main gauche effleure le tronc de l’arbre vénéré. Mais qui est-il ? Le maire de Nantes et futur chef du gouvernement, le très cartésien Jean-Marc Ayrault. Et quelle requête le patron des députés du Parti socialiste, porté en février 2016 à la tête du Quai d’Orsay, soumet-il à la réincarnation végétale d’un monarque mythique du XIVe siècle ? « Que François Hollande détrône Nicolas Sarkozy au printemps suivant. » Mais, il précisera plus tard, « je n’ai formulé aucun vœu pour moi-même ».


    Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou.»


    En effet, le Bénin a vu défiler, en cachette comme au grand jour, des cohortes d’élus, candidats et ministres, exotiques ou non. Car nul politicien de l’ex-Dahomey n’oserait mépriser les forces de l’esprit, même si le politiquement correct demande le contraire. L’ancien premier ministre béninois, candidat à l’élection Lionel Zinsou ne l’ignore pas. Ce Béninois a beau passer sa première vie loin du Bénin natal, il devra s’habituer à ne pas serrer la main à tout le monde, à s’asseoir dans n’importe quelle chaise ou à boire avec n’importe quel verre. Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou. C’est pour cela que quand nos ancêtres, nos parents, nos grands-parents ont été emmenés en esclavage, leurs esprits retournent chez nous ici. »

    Vu de mauvais œil

    Le vaudou, à l’origine, n’a rien à voir avec la sorcellerie ou la magie noire. Dans la cosmogonie de l’aire culturelle Adja-Tado au sud, c’est une pratique religieuse qui consiste au culte d’un Dieu créateur (Mawou) au-dessous duquel se trouvent d’autres dieux inférieurs. Entre autres, Sakpata : dieu de la variole ; Ogoun : dieu du fer ; Mamie Wata : déesse de l’eau, etc. Eux, ils servent d’intercesseurs à l’homme pour atteindre Dieu tout-puissant. « C’est à partir de Ouidah que le vaudou s’est retrouvé partout dans le monde entier. Il faut le reconnaitre, c’est quelque chose qu’il ne faut pas nier. Le vaudou c’est quoi ? C’est la nature, les quatre éléments de la nature, les respecter et connaître et respecter leurs principes. » Explique, initié au culte vaudou.


    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse.


    Au Bénin, sous le régime révolutionnaire qui a duré 17 ans, le vaudou a été traité de tous les noms : « pratique rétrograde », « fétichisme » voire, « obscurantisme ». Cela n’a pas pour autant empêché les dépositaires du culte vaudou de continuer à pratiquer leur religion comme si de rien n’était. Un chef religieux du nord du pays, défiant les marxistes-léninistes de l’époque, est allé jusqu’à dire, non sans humour, que « depuis que le monde existe, on n’a jamais vu les bouses de vache se transformer en vache ». Comme pour leur dire que la révolution ne pouvait pas empêcher les gens de pratiquer leur religion.

    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse. Et c’est le président Nicéphore Soglo, chrétien bon teint qui, en son temps, concéda ce droit aux adeptes des religions traditionnelles.


    Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible


    Depuis, le vaudou est une religion au même titre que l’islam et le christianisme. Mieux, elle connaît un engouement et une expansion certains. « Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible », confie un religieux.

    Désormais, chaque année, le 10 janvier, des milliers d’initiés vaudou célèbrent au Bénin les quatre divinités de la nature. Venues d’Afrique, des Antilles, d’Europe ou des États-Unis, c’est sur la plage de la Porte du non-retour à Ouidah que les adeptes du culte se recueillent. Le vaudou est certes un culte ancestral, mais il n’a pas toujours eu bonne réputation, malgré environ ses 50 millions de membres à travers le monde.

    Emmanuel Vitus 

     

  • Non, l’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit!

    Non, l’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit!

    Pour penser l’Afrique il est nécessaire de changer de discours et de redonner à ce continent la place qu’il mérite. Le fait est que jusqu’à présent elle est considérée à tort comme un continent pauvre. C’est ainsi que l’on assiste régulièrement à des déclarations qui tendent à présenter l’Afrique comme dénuée de richesses. Pour appuyer ses propos erronés, des images et des publications sont brandies. Chaque année, il arrive même que des campagnes de charité, des appels au don soient lancés pour « aider l’Afrique ». Toutes ces actions renforcent les clichés, les suppositions sur l’Afrique. Mais il existe une autre histoire africaine, la vraie, qui mérite d’être contée.

    L’Afrique est riche. Bien sûr sa richesse est volée, mais elle reste un continent riche. C’est une évidence. Savez-vous par exemple que des études montrent que l’Afrique subsaharienne est un créancier pour le reste du monde à hauteur de plus de 41 milliards de dollars ? Si tel est le cas, savez-vous aussi que des rapports expliquent que plus de 200 milliards de dollars quittent le continent chaque année ? Parmi ces fonds qui quittent l’Afrique, on peut évoquer des multinationales étrangères spécialistes de l’optimisation fiscale qui font tout pour ne pas payer suffisamment d’impôts dans les pays. L’année écoulée, cette perte était estimée à plus de 60 milliards de dollars.

    L’Afrique victime

    Des milliards sont également « perdus » dans les secteurs de la pêche, du commerce et de la faune. Toutefois, des discours font croire que l’Afrique reçoit des aides financières suffisantes, qui l’aideraient à se « développer ». Cette conception n’est pas vraie. Rien que les flux financiers illicites représentent environ 6,1 % du produit intérieur brut (PIB) du continent, soit trois fois l’aide que reçoivent les États africains.

    C’est donc clair que l’Afrique constitue une sorte de niche dont d’autres profitent. Le continent se voit aussi contraint de subir les conséquences du changement climatique dont sont responsables en grande partie les grands pays industriels. Bien sûr, le dérèglement climatique cause des dommages pour les sociétés africaines, et les pays sont incapables d’utiliser les combustibles fossiles pour se développer comme d’autres pays européens. Pour être claire, la crise climatique a été causée par des pays occidentaux dits « grands », mais l’Afrique subit durement ses conséquences.

    Nécessité d’un réveil

    Les richesses du continent ne profitent donc pas aux Africains. Même s’il y a des reproches à faire aux dirigeants africains, il faut dire que des actions extérieures n’aident pas aussi l’Afrique. Tout est fait que les situations déplorables perdurent en Afrique. Parlons des prêts que des organismes internationaux et des pays occidentaux font aux pays africains. Ces prêts se révèlent souvent être des pièges dans la mesure où ils se transforment en des dettes difficiles à rembourser. De nombreux Africains sont donc dépouillés de leurs richesses ; cela permet à une infime minorité d’Africains de s’enrichir et de faciliter la fuite des capitaux.

    Il faut que cela change. Pour y arriver, il appartient à la nouvelle génération de décideurs africains de prendre conscience des maux dont souffre l’Afrique. Ces leaders africains ne doivent plus laisser l’économie dans les mains du règne de la privatisation. Il serait également utile que les marchés africains ne soient plus livrés à des concurrences déloyales. Les investissements étrangers ne doivent pas aussi se faire au détriment des pays africains. Il faut que l’installation des entreprises occidentales se fasse dans les règles afin que cela rapporte aux populations. Ce n’est que comme ça que l’Afrique se développera comme il faut. Ce continent est tellement riche. Il faut le faire rayonner !

  • Terrorisme en Afrique : la solution de Paul Kagame

    Terrorisme en Afrique : la solution de Paul Kagame

    Le président rwandais Paul Kagame appelle ses pairs africains à s’unir pour lutter efficacement contre les groupes terroristes sur le continent. Le président rwandais a affirmé après une rencontre avec son homologue gabonais Ali Bongo que le terrorisme en Afrique doit être combattu par les Africains.

    Faisant allusion à l’opération française Barkhane au Mali, l’homme fort de Kigali a exprimé sa préférence aux initiatives africaines car selon lui, certaines aides étrangères peuvent encore compliquer les situations.

    « Des aides venues de l’extérieur du continent (…) peuvent parfois compliquer encore plus les problèmes. La meilleure façon de résoudre les problèmes est de travailler avec les pays africains et des institutions comme l’Union africaine (…) et de venir ensuite les aider dans leurs initiatives », a-t-il déclaré.

    Plusieurs pays africains sont régulièrement victimes des actes terroristes. En Afrique de l’ouest, le Mali et le Burkina Faso sont les plus visés par ces actes violents et barbares.

    Selon un rapport du gouvernement burkinabè, le « pays des hommes intègres » a enregistré 283 attaques terroristes,  524 morts et 308 blessés entre avril 2016 et juin 2019.

  • Pesabazaar : les Kenyans peuvent désormais mieux choisir leur compagnie d’assurance

    Pesabazaar : les Kenyans peuvent désormais mieux choisir leur compagnie d’assurance

    C’est un secret de polichinelle. Les compagnies d’assurance sont généralement mal vues par les populations. Il leur est souvent reproché leur volonté délibérée de cacher aux prospects, certaines clauses moins avantageuses. Résultats, tout le monde se méfie des compagnies d’assurance. Au  Kenya, deux entrepreneurs Calleb Karegyesa et Prashanth Srinivas ont créé Pesabazaar en 2014. La plateforme permet aux utilisateurs de comparer les produits de différentes compagnies d’assurance afin  de retenir les meilleurs.

    Classées parmi les 20 meilleures startups lors du programme d’incubation XLAfrica de la banque mondiale, Pesabazaar s’engage à fournir un service précis et efficace comprenant la meilleure couverture d’assurance. La startup met  à jour son site Web avec les derniers produits d’assurance afin de rester le meilleur parmi toutes les sociétés kenyanes de comparaison d’assurance.

    Avant l’introduction de PESABAZAAR.com, le marché était très fragmenté. Le seul moyen d’obtenir des prix exacts pour les véhicules à moteur, l’assurance maladie, l’assurance vie et autres était de passer par des courtiers, des agents et des compagnies d’assurance. Les clients devaient passer par le processus d’appel des agents, des courtiers et des entreprises. La nouvelle plateforme supprime tous les intermédiaires et permet aux clients de souscrire à l’assurance la plus compétitive en quelques clics.

    PESABAZAAR.com, collabore uniquement avec les principales compagnies d’assurance au Kenya, les plus fiables et les plus sûres sur le plan financier. Elle achète  une large gamme de produits et services pour offrir à ses clients.

    Entièrement gratuite pour les utilisateurs, la plateforme fait à la fois office de Marketplace qui centralise l’offre et de broker qui assiste le souscripteur dans son choix d’assurance via son module de comparaison et l’aide téléphonique de ses experts.

  • Kenya : BitPesa révolutionne le transfert d’argent international

    Kenya : BitPesa révolutionne le transfert d’argent international

    Diplômé de la Graduate School of Business de l’Université Stanford, le Kenyan Oluseun Onigbinde, cofondateur et PDG de BudgIT est spécialisé en entrepreneuriat social. Son entreprise bouleverse l’univers des transferts d’argent internationaux avec l’application de paiement et de transfert d’argent BitPesa,  basé sur la technologie blockchain.

    BitPesa a le mérite de supprimer tous les intermédiaires intervenants dans le transfert d’argent international. Désormais grâce à sa technologie blockchain, les transferts se font directement  du compte bancaire au compte du bénéficiaire. La procédure est rapide et deux fois moins couteuses par rapport aux pris pratiqués sur le marché.

    Au début de l’aventure,  Oluseun Onigbinde et sa plateforme ne géraenit que le transfert d’argent entre le Kenya et l’Angleterre. L’initiative s’est par la suite étendue au Nigéria, Kenya, Ghana, Ouganda, Tanzanie, Sénégal et au RDC. La plateforme est en partenariat avec une dizaine de banques.

    La solution blockchai de BitPesa est licenciée par l’autorité britannique de conduite financière et respectueuse des principes stricts du KYC. La plateforme compte 26000 utilisateurs qui effectuent  annuellement 1.2 million de transactions.

    « Notre vision est de montrer comment les marchés frontaliers peuvent utiliser la technologie pour dépasser les infrastructures traditionnelles et se développer à un rythme accéléré », peut-on lire sur le site de BitPesa.

    Onigbinde a travaillé sur plusieurs projets financés par la Fondation MacArthur, Ford FounDFID, Open Society, OXFAM et Omidyar Network.

    Il  a reçu de nombreux prix, notamment les bourses Ashoka, Future Africa, Bloomberg Media Journalism, Quartz Africa 30 Innovators, Aspen New Voices Fellowship, Bloomberg Media Journalism Fellowship et un ambassadeur de la Open Knowledge Foundation au Nigéria. Il était membre Knight Innovation Fellow du Centre international des journalistes.

  • Abiy Ahmed Ali : l’homme qui ramena la paix dans la corne de l’Afrique

    Abiy Ahmed Ali : l’homme qui ramena la paix dans la corne de l’Afrique

    La réputation du nouveau premier ministre de la République Fédérale Démocratique d’Ethiopie Abiy Ahmed Ali, dépasse les frontières de l’Afrique. Ses discours et actes en faveur de la pacification de la corne de l’Afrique sont salués par l’Unesco qui lui a délivré début mai, le Prix Félix Houphouët-Boigny 2019 pour la recherche de la Paix.

    Abiy Ahmed Ali a eu le mérite de renouer les relations diplomatiques avec l’Erythrée après 20 ans de tensions. Il a œuvré pour l’ouverture des frontières qui séparent les deux pays et obtenu avec son homologue érythréen, le rétablissement des lignes téléphoniques entre les deux pays. Les deux Etats se sont engagés à rouvrir leurs ambassades fermées aux temps forts de la crise.

    « Nous nous sommes mis d’accord pour que les liaisons aériennes ouvrent prochainement, pour que les ports soient accessibles, pour que les gens puissent circuler entre les deux pays et que nos ambassades ouvrent », avait déclaré Abiy Ahmed Ali.

    Il faut rappeler que  Abiy Ahmed Ali a accepté restituer à l’Erythrée, les territoires qui cristallisent les tensions entre les deux pays frères depuis au moins deux décennies.

    Qui est l’homme ?

    Né en 1976, Abiy Ahmed Ali est le quatrième premier ministre de la République Fédérale Démocratique d’Ethiopie. Titulaire d’un Master en leadership transformationel, d’un Master en administration des affaires et d’un doctorat de l’institut d’études sur la paix et la sécurité de l’université d’Addis-Abeba, Abiy Ahmed Ali a fait son entrée en politique en 2010. De 2015 à 2016, il fut   ministre des Sciences et des Technologies . Le 02 avril 2018, Abiy Ahmed Ali succède à  Haile Mariam Dessalegn au poste de premier ministre.

     

  • Maïa : la pommade anti-moustique qui pourrait sauver l’Afrique du paludisme

    Maïa : la pommade anti-moustique qui pourrait sauver l’Afrique du paludisme

    Deux entrepreneurs ; le Burundais Gérard Niyondiko, et le Français Franck Langevin ont mis sur pied au Burkina Faso une pommade anti-moustique dénommée « Maïa ».  Leur objectif est de lutter contre le paludisme sans changer le mode de vie des populations. La commercialisation du produit débutera en septembre 2019.  Maïa  fait partie des 30 innovations africaines célébrées lors du 2ème  forum de la santé de l’OMS tenu au Cap Vert en mars 2019.

    « Maïa » est une pommade fabriquée à base du beurre de Karité, une huile dont les vertus ne sont plus à démontrer. Gérard Niyondiko l’un des porteurs de ce projet avait déjà travaillé en 2014 sur un projet similaire Faso Soap ; un savon anti-moustique. Il avait constaté les utilisateurs des savons passaient d’autres produits cosmétiques après le bain, ce qui réduit l’effet du savon. C’est la raison pour laquelle, il a décidé de travailler sur la pommade qui est généralement passée en dernière position après les toilettes.

    La boite de « Maïa »  de 200 ml sera vendue à  1000 fcfa. Au-delà de sa fonction de lutte contre les moustiques, le produit est une véritable pommade qui hydrate la peau.

    « Maïa »   ne sera pas qu’une simple pommade. Les porteurs du projet s’évertuent pour une reconnaissance de leur invention par l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS).  Selon lefaso.net, 250 tests anti-moustiques ont été effectués au laboratoire en collaboration avec le Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP).

    « Notre idée est d’arriver à convaincre la communauté scientifique qui travaille sur la question du paludisme que notre produit est une solution complémentaire »,explique Franck Langevin.

    « Maïa »   peut être utilisé par toutes les couches de la société. Une fois passé sur le corps, le produit a un temps d’action de 4 heures. Pour cela il est recommandé de l’utiliser les soirs.

    En 2017, l’OMS a enregistré 219 millions de cas de paludisme dans 87 pays. La Région africaine de l’OMS supporte une part disproportionnée de la charge mondiale de paludisme.  92% des cas de paludisme et 93% des décès dus à cette maladie sont survenus dans cette Région.

     

     

  • SafeBoda : l’application qui réinvite le taxi-moto en Ouganda  

    SafeBoda : l’application qui réinvite le taxi-moto en Ouganda  

    Apparus au Bénin dans les années 90, les taxi-motos  sont devenus au fur des années l’un des principaux moyens de transports dans plusieurs pays africains. Moins couteux, accessibles et rapides, les taxi-motos livrent une rude concurrence aux taxis ordinaires. Malgré les avantages qu’offre ce moyen de transport, il n’est pas sans danger. Mal formés, souvent imprudents, les conducteurs de ces engins à deux roues causent des accidents parfois mortels. En Ouganda, une jeune startup dénommée SafeBoda se lance dans la modernisation du secteur.

    Ricky Rapa Thomson est un jeune entrepreneur de 30 ans. Faute de moyens, il fut contraint à abandonner les études pour se lancer dans le Boda Boda (appellation des taxi-mots en Ouganda). Il fut affecté par le décès tragique d’un de ses amis également conducteur du Boda Boda. Il décide alors de porter désormais un casque. Mieux, il en achète un second pour ses passagers. Bien que sa démarche fût diversement appréciée par ses clients, Ricky Rapa Thomson ne se décourage pas pour autant.

    En 2014, il fait la rencontre Max et Alastair avec qui il crée l’application SafeBoda.  Ils forment les conducteurs au code de la route et améliorent leurs conditions de travail. Désormais mieux équipés, les conducteurs sont inscrits sur une plateforme mobile qui permet de les identifier plus facilement. Les passagers depuis leurs positions peuvent faire appel à un Boda boda en un clic.  La plateforme enregistre en 2017, 1000 conducteurs et son promoteur  fait partie des 30  jeunes entrepreneurs africains les plus prometteurs en 2018 selon le Le Monde Afrique.

    La startup de Ricky Rapa Thomson et ses amis a contribué à réduire les cas d’accident de circulation à Kampala. Une étude menée à l’hôpital national de référence Mulago à Kampala par des chercheurs de l’Université Makerere a révélé qu’environ 40% des traumatismes crâniens survenus à l’hôpital étaient dus à des accidents  impliquant des boda-bodas.

    L’identification des conducteurs inscrits sur la plateforme rassure les passagers. En cas de désagréments les clients peuvent se plaindre devant les responsables de la plateforme et le conducteurs indélicats sera facilement repéré et sanctionné.

    Gozem

    Au Togo et au Bénin, la startup Gozem a également développé une plateforme mobile similaire  au SafeBoda avec des prestations quasi identiques. « Gozem est une plateforme technologique de transport pour l’Afrique de l’Ouest Francophone. Notre objectif est d’offrir la simplicité, la sécurité, et la fiabilité de nos services aux passagers et aux conducteurs locaux, en commençant par les motos-taxi (ou «zemidjans») au Togo et au Bénin », peut-on lire sur leur site.

  •  Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

     Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

    C’est un rapport accablant et sans complaisance qu’a rendu public, il y a quelques jours, l’ONG Nigériane Paradigm Initiative sur les droits du numérique en Afrique. Le rapport rendu public lors du Forum Mondiale sur la gouvernance de l’Internet à Paris, dresse un tableau sombre de la dégradation de ces droits en Afrique. Parmi les mauvais élèves de ce rapport, on note entre autres les pays comme : l’Ouganda l’Égypte et le Cameroun.

    Selon Paradigm Initiative, la répression des Droits numériques et les violations à travers le continent ont revêtu une nouvelle dimension juridique et sophistiquée. Les dictateurs et les régimes répressifs avec l’avènement d’internet ont adopté la tactique dite de « l’État de droit » pour faire taire la dissidence, la mobilisation des citoyens et le discours civil en ligne. Cette tactique de « l’État de droit » est une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l’espace pour la liberté d’expression, la vie privée, la liberté de réunion et d’association et d’autres Droits numériques en ligne.

    Le rapport en question explique, dans un premier, que les régimes de Tanzanie, d’Ouganda de Zambie d’Égypte du Maroc du Bénin et du Togo se sont inspirés du registre des dictateurs pour mettre en péril l’avenir des sociétés démocratiques, ouvertes et inclusives à travers le continent. Puis regrette le fait que ces états refusent de donner suite à des appels en faveur de la promulgation de lois protégeant les droits numériques ou retardent tout simplement l’adoption de ces lois et politiques.

    Le rapport Paradigm Initiative indique par ailleurs que seuls 23 pays ont mis en place une législation sur la protection des données sur le continent (15 autres avec un projet de législation), alors que la protection des données est devenue un fondement essentiel de la vie à l’ère numérique et du bon fonctionnement de l’économie numérique. Un nombre insuffisant au regard des réactions des militants des droits de l’homme sur le continent. Lesquels s’inquiètent du fait que plusieurs lois importantes nécessaires à la protection des Droits numériques n’existent pas ou sont à l’état de projet.

    En Afrique, des arrestations de citoyens pour des commentaires anodins faits en ligne, une surveillance illégale des citoyens et même des fermetures d’Internet sont effectuées dans des contextes où la constitution et la législation nationales déclarent de tels actes illégaux. Dans de tels scénarios, il est souvent devenu habituel pour les acteurs étatiques d’extraire littéralement des sections de la législation existante et de les utiliser comme justification légale d’actes illégaux.

    Des coupures d’internet fréquentes.

    Au cours des trois dernières années, les coupures d’Internet ont eu lieu avec une régularité remarquable en Afrique, généralement autour des manifestations de citoyens et d’autres événements politiques. Le rapport de 2016 sur les Droits numériques en Afrique rendu public par Paradigm Initiative a fait état de 11 incidents des fermetures d’Internet sur le continent alors que le rapport de 2017 traitait de 8 incidents. En 2018, des interruptions ou des perturbations de l’Internet ont eu lieu en Éthiopie, au Mali, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, au Cameroun et au Tchad. Dans le monde entier, de nombreuses personnes se souviendront de la fermeture de l’Internet au Cameroun, qui a duré 93 jours.

    Le plus long arrêt d’Internet de l’histoire du continent a montré que le respect des Droits numériques désespérément faible en Afrique était en baisse. En plus de la souffrance humaine, les arrêts d’Internet occasionnés causent également des pertes économiques comme l’ont montré certaines études. Il existe déjà des signes encourageants indiquant que le sujet est abordé dans les principaux forums internationaux. Cependant, il reste encore beaucoup à faire dans le contexte de l’Union africaine pour mettre un terme à la situation entourant les fermetures d’Internet en Afrique.

    Les mauvais élèves

    L’Ouganda a attiré l’attention de la Communauté internationale en raison de sa stricte position juridique et sociale à l’égard de la communauté LGBTQI. L’économie ougandaise a connu une croissance de 4,5 % au cours des deux dernières années. Cependant, la croissance économique a été plus rapide en raison de la forte croissance de l’agriculture et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

    La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie en 2017, cette année a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés, comme le montrent les exemples ci-dessous.

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    Le gouvernement a fermé plusieurs journaux et attaqué plusieurs dirigeants, y compris des groupes minoritaires et des adolescentes enceintes. En avril, deux musiciens tanzaniens ont été arrêtés pour avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux. Le chanteur primé âgé de 28 ans, Nassib Abdul, également connu sous le nom de Diamond Platnumz, a été arrêté le 16 avril pour avoir partagé un clip vidéo avec ses 4,5 millions de followers sur Instagram le montrant en train d’embrasser une fille.

    En outre, Faustina Charles, âgée de 26 ans, connue sous le nom de Nandy, a également été arrêtée le même jour pour avoir publié un clip vidéo d’elle-même et d’un autre musicien via WhatsApp. Les autorités tanzaniennes ont estimé que la vidéo était « indécente ».

    Le Règlement de 2018 sur les communications électroniques et postales (contenu en ligne), entré en vigueur en avril 2018, introduit une série de restrictions radicales à la liberté d’expression, notamment en exigeant : La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie, et 2018 a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés.

    En Afrique blanche, l’Égypte et Maroc se sont illustrés négativement dans ce rapport. Depuis la prise du pouvoir en Égypte par le général Abdel Fattah El-Sisi, le contexte de répression brutale des voix dissidentes s’est accru ; y compris en 2018. L’Égypte dispose par exemple d’un des réseaux de surveillance les plus étendus ciblant les groupes d’opposition, les militants, les organisations de défense des droits humains, les blogueurs et les journalistes. Surtout sur les médias sociaux et autres plateformes de communication, cette réalité a créé un climat de peur au sein de la communauté activiste égyptienne.

    À cet égard, il y a eu un certain nombre d’arrestations et de détentions de voix dissidentes sur des plateformes numériques en Égypte. Le 23 mai 2018, l’éminent blogueur et journaliste égyptien Wael Abbas, l’un des blogueurs les plus populaires du monde arabe, a été arrêté par la police égyptienne, mais pas avant de publier « Je suis en train d’être arrêté » sur sa page Facebook. Wael Abbas a été un blogueur pionnier et influent en Égypte, connu pour ses critiques sur la corruption, les brutalités policières et le recours à la torture en Égypte.

    Dans un autre incident qui témoigne du climat répressif qui règne dans le pays, une touriste libanaise, Mona El-Mazbouh, a été condamnée par un tribunal du Caire le 7 juillet à huit ans d’emprisonnement. Sa peine concernait une vidéo de 10 minutes qu’elle a postée sur Facebook dénonçant le harcèlement sexuel et les conditions de vie en Égypte.

    Toujours en Égypte, depuis le 14 août 2018, les autorités égyptiennes ont ordonné la détention de quatre journalistes dans le cadre d’une affaire où plusieurs journalistes, militants et universitaires étaient accusés d’appartenance à un groupe interdit et de diffusion de fausses informations. Parmi eux, Islam el-Refai, également connu sous le nom de Khorm, un blogueur satirique qui gérait également un compte satirique sur Twitter avec 75 000 abonnés.

    Le 11 mai 2018, Amy Fathy et Mohamed Lotfy, son mari, ont été arrêtés pour avoir publié une vidéo sur Facebook dans laquelle elle parlait de harcèlement sexuel en Égypte et du manque de protection du gouvernement envers les femmes. La police a fait irruption chez elle au Caire et les a conduits au poste de police avec leur enfant de 3 ans. Sa vidéo de 12 minutes a également abordé la dégradation de la situation des droits de l’homme et de la situation socio-économique en Égypte.

    Au Maroc par contre malgré l’existence de l’article 25 de la Constitution marocaine de 2011 garantissant les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes. Plusieurs web journalistes ont été inquiétés. C’est le cas en juin 2018, du web -video-journaliste et éditeur marocain, Mohamed al-Asrihi condamné à 5 ans de prison et à une amende de 2 000 dirhams marocains (environ 210 $), dont le travail porte sur la corruption, les droits de l’homme et la politique, un autre cas plus palpant est celui du journaliste et rédacteur en ligne sur Internet, Hamid al-Mahdaoui, qui couvre la corruption, la politique et les droits de l’homme.

    Il a été arrêté le 20 juillet 2017 par la police marocaine alors qu’il se rendait dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, pour couvrir des manifestations organisées par le Mouvement populaire. Le même mois, il a été condamné par le tribunal pénal à trois mois d’emprisonnement et à une amende de 20 000 dirhams marocains (2 200 dollars) pour « avoir commis des délits par des discours et des cris dans des lieux publics ». À cette liste vient s’ajouter un manifestant du non d’El Mortada Lamrachen ; lui a été arrêté chez lui le 10 juin 2017 après avoir utilisé sa page Face book pour appeler à des manifestations pacifiques lors des troubles qui se sont déroulées dans la région de Hoceima, au Maroc, d’octobre 2016 à juillet 2017. Une situation moins reluisante similaire à la situation qui prévaut en Afrique centrale et de l’ouest.

    Dans cette partie du continent africain les restrictions liées au des Droits numériques ont également été enregistrés dans les pays comme : le Cameroun la République démocratique du Congo, le Nigéria et le bénin.

    Le Cameroun n’a pas encore de loi spécifique sur les médias sociaux et Internet. La loi n ° 2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité est utilisée, le cas échéant, et « régit le cadre de sécurité des réseaux de communication électroniques et des systèmes d’information, définit et sanctionne les infractions liées à l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication au Cameroun ». Bien que cette loi soit appliquée pour contenir la menace croissante de la cybercriminalité, les fausses informations et les discours de haine restent critiqués pour leur manque de précision sur les Droits.

     

    Le pays a enregistré une fermeture d’Internet de 93 jours en 2017 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions en conflit depuis 2016. Le 6 décembre 2017, l’écrivain camerounais Patrice Nganang a été arrêté dans la région du Littoral camerounais avant son voyage au Zimbabwe. L’arrestation a eu lieu après plusieurs publications sur son compte Facebook critiquant le président Paul Biya et son gouvernement.

    Le 20 janvier 2018, une lettre circulaire du ministre de la Justice enjoignait aux magistrats de « s’engager, après identification précise par les services de sécurité, à poursuivre juridiquement toute personne résidant au Cameroun qui utilise les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations ».

    Cette circulaire est considérée par les activistes comme un prétexte pour le contrôle de l’Internet. En 2018, la RD Congo a enregistré plusieurs perturbations et fermetures d’Internet. L’accès aux médias et aux réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype a été interrompu à plusieurs reprises pour entraver la communication entre les manifestants de l’opposition dans plusieurs régions du pays.

    En 2017, la Collaboration sur la Politique internationale relative aux TIC en Afrique Orientale et Australe (CIPESA) estimait que la République Démocratique du Congo perdait 2 millions de dollars par jour à cause de ces perturbations. Le 30 décembre 2017, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Information a demandé par lettre officielle au Directeur général d’Africell Congo de suspendre totalement les fournitures Internet et SMS dans le pays. Cette fermeture de trois jours a eu lieu après le début des manifestations de l’opposition.

    La République du Bénin a quant à elle maintenu un bilan décent en matière de droits de l’homme au cours de la dernière décennie. Malheureusement, la décision du gouvernement d’imposer une taxe sur les services payants dans le pays a gâché ce record. Le gouvernement, par le décret 218-341 du 25 juillet 2018, a imposé une taxe sur l’utilisation des médias sociaux. Le décret prévoit le paiement d’une redevance de 5 FCFA par mégaoctet utilisé par l’utilisateur des services Over the Top (OTT) tel que Facebook, WhatsApp, Twitter, Viber et Telegram. Cela s’est traduit par une augmentation de 400 % du prix d’un mégaoctet dans le pays.

    Outre cette mesure Le Bénin a un bilan moins que remarquable en matière de liberté de la presse et est actuellement classé 84e sur 180 pays dans un classement de Reporters Sans Frontières. La menace de fermer des publications en ligne non enregistrées dans un pays sans procédure connue d’enregistrement devrait être considérée dans le contexte plus large d’un pays qui a montré une tendance à fermer à volonté les médias.

    Au Nigéria les cas de restrictions et de violations des droits numériques. Depuis l’instauration du nouveau gouvernement au Nigéria en 2015, on a le sentiment que la situation des droits de l’homme s’est détériorée. La liberté d’expression, la liberté d’association et les voix dissidentes ont été mises à rude épreuve, une situation qui a désillusionné des millions de Nigérians qui espéraient une vie meilleure. Les actions, les politiques et les déclarations du gouvernement fédéral et de certains gouvernements d’États ont porté atteinte aux droits de l’homme, y compris les Droits numériques.

    3Le 1er janvier, Daniel Elombah, l’éditeur de elombah.com, a été arrêté à l’aube avec son frère Timothy dans sa résidence dans l’État d’Anambra au Nigéria par des agents de la sécurité, sur un article qu’il avait écrit et jugé offensant pour l’inspecteur général de la police du Nigéria, publié sur le site Web privé Opinion Nigéria. Les deux hommes ont été traduits devant la Haute Cour d’Abuja le 1er mars 2018 et ont plaidé « non coupables » à dix chefs d’accusation de diffamation. Bolouere Opukiri, une employée du bureau de l’amnistie présidentielle, a été relevée de ses fonctions pour avoir critiqué le vice-président et la première dame sur Twitter.

    En réponse à des plaintes de partisans du président ayant une présence en ligne, ses supérieurs au travail ont lancé une enquête qui a abouti à son licenciement. Ibrahim Garba Lawal, communément appelé IG Lawal, a été arrêté par des agents de sécurité pour avoir partagé des détails sur des allégations de corruption, le président de la Commission nigériane du Hadj sur Facebook M. Lawal a été traduit en justice mercredi devant une haute cour d’Abuja à Jabi pour trois chefs d’accusation de diffamation de caractère criminel, d’incitation publique et d’exploitation d’une organisation illégale (CATBAN).

    Au cours des trois dernières années, l’espace des Droits numériques a évolué assez rapidement en Afrique. Cependant, une chose est clairement apparue : la lutte pour le contrôle d’Internet n’a fait que s’intensifier et les acteurs étatiques du continent ont mis au point de nouvelles méthodes pour étouffer les Droits numériques.

    Bien que les coupures d’Internet, les arrestations de citoyens et de blogueurs/journalistes, la surveillance illégale, le déploiement de logiciels malveillants et de logiciels espions sophistiqués demeurent des instruments d’atteinte aux droits numériques, les acteurs étatiques du continent adoptent de plus en plus de voies légales pour promulguer des lois portant atteinte à la vie privée, liberté d’expression, liberté d’association et autres Droits numériques.

  • Tanzanie: SomaApp aide des étudiants défavorisés à continuer leurs études

    Tanzanie: SomaApp aide des étudiants défavorisés à continuer leurs études

    En Tanzanie, la startup SomaApp a mis en place un produit qui les étudiants à supporter le coût élevé des études universitaires.  Il s’agit d’une application mobile qui répertorie des bourses d’études, des stages et des conférences financées par des fonds nationaux et internationaux, qu’elle met à la disposition des étudiants.

    SomaApp est dirigé par un entrepreneur passionné de finance, de commerce et de développement. Il s’agit de Isaya Yunge. Considéré comme l’un des plus jeunes talents de sa génération, il se définit comme un transformateur. En effet, en tant qu’entrepreneur dynamique, la préoccupation de Isaya Yunge est de trouver régulièrement des solutions aux défis qui se posent à sa communauté, notamment dans le secteur de l’éducation.

    Comme dans la plupart des pays sur le continent, le coût des études supérieures a explosé ces dernières années. Contraignant ainsi des étudiants et leurs parents à se tourner vers des prêts pour payer les frais de scolarité. Dans cette situation, certaines familles se voient endettées. Isaya Yunge confie avoir lui-même éprouvé des difficultés durant ses études universitaires.

    Opportunités

    Pour remédier à cela SomaApp se proposer de « la vie aux étudiants ». Le fait est qu’il existe en ligne plusieurs opportunités de financement d’études que les étudiants peuvent saisir. D’autres canaux de financements peuvent également couvrir les frais d’études pour un étudiant nécessiteux.

    Parce que ces opportunités sont difficiles à trouver, l’application mobile de SomaApp les répertorie dans une base. Les étudiants du secondaire, du premier cycle et des cycles supérieurs trouvent ainsi sur l’application des bourses. Il leur suffit d’entrer leurs données, leur niveau d’étude et SomaApp leur affiche une longue liste de bourses dont ils peuvent bénéficier.

    SomaApp espère attirer d’autres étudiants issus de familles défavorisées ou à faibles revenus. « Nous voulons permettre aux jeunes en Afrique d’accéder à des opportunités qui ouvriront des portes à leur prospérité économique grâce aux nouvelles compétences », justifie Isaya Yunge. Ce sera aussi un moyen de leur offrir des ressources qui peuvent leur permettre de concevoir des projets innovants dans leur pays.