Catégorie : Nigeria

  • Chude Jideonwo, 33 ans, patron d’une startup qui répand le bonheur

    Chude Jideonwo, 33 ans, patron d’une startup qui répand le bonheur

    À 33 ans, Chude Jideonwo ne croit pas que la réussite d’une personne peut être résumée à sa richesse. Pour ce Nigérian la réussite peut être aussi mentale. En dix ans, il estime avoir réussi avec son entreprise RED un pari fou. L’entrepreneur a gagné un maximum de confiance et de satisfaction. La réussite de ses collaborateurs est une chose qui lui fait également plaisir. Avec eux, il a tissé des liens particuliers et a appris d’eux. « Ceux qui sont partis sont aussi devenus des leaders dans des entreprises de médias dans notre pays », justifie-t-il.

    En réalité, en 2003, alors qu’il n’avait pas encore vingt ans, Chude Jideonwo a cofondé RED qui lui a permis de créer des entreprises médiatiques au Nigéria et dans d’autres pays du continent. Avec son ami Williams Adebola cofondateur de RED, Chude Jideonwo confie avoir toujours réinvesti les profits dans leurs activités. « Nous avons toujours eu des processus financiers adéquats dès le départ, et nous n’avons jamais fait ce genre de choses où vous ne connaissez pas les limites entre l’argent de l’entreprise et l’argent personnel ».

    Réussite

    Avec RED, Chude Jideonwo a organisé pendant une dizaine d’années The Future Awards Africa qui a récompensé des gens sur le continent. L’entreprise propose aussi des produits de télévision et travaille surtout sur des questions politiques et d’engagements citoyens. RED a conseillé des hommes politiques au Liberia, au Kenya, au Nigéria et même au Ghana.

    « Nous avons décidé très tôt d’être payés sur des commissions personnelles, et n’avons jamais pris de salaire, de sorte que nos fortunes sont liées à la fortune de l’entreprise. Et nous avons commencé à nous encourager dès le début, à renforcer les capacités des autres membres de l’équipe en tant que moteurs de ressources », explique-t-il dans une interview à Forbes. En ce début d’année, l’entrepreneur a décidé de quitter la tête de son entreprise. « Je voudrais que RED existe sans mon apport. Ce sera la preuve que j’ai construit quelque chose », affirme-t-il.

    Du bonheur et de la confiance

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    S’il reste membre du conseil d’administration de RED, Chude Jideonwo va désormais diriger Joy, Inc, une entreprise d’enseignement et de médias qui intègre la recherche et les preuves sur les émotions positives et la résilience. Étudiant boursier à Yale il a quelques mois, l’entrepreneur veut désormais participer à la formation d’une nouvelle génération d’Africains qui doivent chercher le bonheur pour le plus grand nombre. Chude Jideonwo pense qu’un intérêt doit être accordé à l’économie du bonheur qui doit permettre aux Africains d’avoir plus confiance en eux.

    Les profits de sa nouvelle entreprise sont reversés à des organismes de bienfaisance. Chude Jideonwo trouve la société actuelle en désordre et guidée par l’argent. Pour lui, il n’est plus urgent d’avoir des startups qui incitent les gens à devenir matérialistes. « Je pense que nous avons besoin d’entreprises et d’organisations qui répondent aux vraies questions que les gens posent au monde dans leurs cœurs et dans leurs âmes aujourd’hui », considère-t-il.

  • Nigeria: Il quitte l’université à 19 ans pour faire fortune via WhatsApp

    Nigeria: Il quitte l’université à 19 ans pour faire fortune via WhatsApp

    Anjola Adebayo-Oyetoro, un Nigérian âgé de 19 ans, ayant quitté l’université a fondé Offers.ng, un marché pour la vente et l’achat de biens. La plateforme a été lancée en novembre dernier et a déjà sa propre part d’utilisateurs.

    En effet, Offers.ng est une plateforme de commerce en ligne pour la vente et l’achat de biens au Nigeria. La plateforme permet aux commerçants de poster leurs annonces d’une manière innovante qui reproche davantage le client au commerçant.

    Pour mettre sa stratégie en perspective, Anjola et son équipe ont franchi un pas dans la redéfinition de l’espace du commerce électronique en devenant le premier site à implanter l’option WhatsApp Seller au Nigeria. Une option qui permet désormais de vendre à travers l’application de messagerie WhatsApp.

    L’autre point sur lequel Anjola et son équipe (actuellement composée de 3 personnes) ont misé, c’est la sécurité informatique dans un pays exposé à la cyberattaque.

    D’ailleurs, c’est avec une série d’innovation de sa plateforme en perspective qu’il reste ambitieux sur son projet.

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    La rude concurrence dans le e-commerce au Nigeria

    Le Nigeria, plus gros marché de consommation en Afrique fort de ses 186 millions de populations, est une terre fertile pour le commerce électronique, tant le taux de pénétration de la téléphonie mobile et de la connexion internet sont de gros atouts.

    En effet, le Nigeria a enregistré son premier site spécialisé dans les petites annonces depuis 2008, avec Nairalist lancé par un Nigérian. Le site Web a fermé ses portes après l’entrée de DealFish dans l’espace. Dealfish lui-même a ensuite été fermé par sa société mère, Nasper, qui l’a remplacé par OLX, un acteur international dans le secteur des petites annonces, et où Nasper détient une participation de 71 %.

    D’autres sites ont également marqué de façon éphémère cet univers au Nigeria comme Efritin, qui a été lancé en 2015 ou encore Kaymu.ng. Actuellement, OLX semble être le principal meneur du secteur, suivi de près par Jiji, de gros vendeurs auxquels Anjola devra opposer une concurrence. Mais celui-ci ne se décourage pas.

    Dans une interview accordée à un journal local, l’adolescent pense que malgré le nombre important de plateformes de e-commerce déjà existantes, le marché nigérian est assez grand pour se tailler une place. « Nous ne voyons pas de concurrence, nous voyons des opportunités, nous prévoyons d’aller de l’avant avec notre plateforme » ambitionne-t-il.

    A nombre de curieux qui l’ont interrogé sur sa recette pour le succès, il aime répondre avec une hargne complaisante : « A 19 ans, j’ai abandonné l’université pour entreprendre. Posez-moi cette question dans 5 ans ». Il y a de quoi l’espérer.

  • Au Nigeria, la cérémonie de mariage peut coûter 6,3 millions de dollars

    Au Nigeria, la cérémonie de mariage peut coûter 6,3 millions de dollars

    Au Nigéria, l’industrie du mariage a le vent en poupe. Elle suscite de plus en plus d’intérêt avec des investissements considérables. TNS Global, une étude de marché réalisée explique que se marier au Nigéria peut être une affaire de millions de dollars. En réalité, le coût d’un mariage nigérian moyen peut varier entre 9 460 dollars et 13 515 dollars. Certains mariages accueillent même jusqu’à 1000 invités.

    D’autres mariages nigérians ont coûté jusqu’à 55 478,60 dollars et même 277 393 dollars. Il y a plus d’un an, lorsque le fils de Folorunsho Alakija, considérée comme l’une des femmes les plus riches d’Afrique, s’est marié, on avait alors assisté à des dépenses faramineuses. Le mariage célébré a coûté 6,3 millions de dollars au Blenheim Palace au Royaume-Uni avec un million de roses du célèbre fleuriste Jeff Leatham, un gâteau de 12 mètres et d’autres dépenses estimées à 43 000 dollars.

    Outre ces dépenses, l’industrie du mariage contribue aussi à l’économie du Nigéria. Cette industrie a mis en lumière des secteurs entiers qui étaient il y a quelques années non rentables ou même inexistantes comme le secteur du maquillage, le secteur de la restauration et même les sociétés de location de toilettes de luxe.

    Création d’emplois

    De nouveaux emplois ont également été créés dans le cadre de l’industrie du mariage. Cette dernière a également d’autres avantages comme la promotion de ses acteurs. Des mariées ont déjà eu l’occasion de voyager à l’étranger pour obtenir leurs robes de mariée. Depuis quelques années, des designers nigérians ont aussi émergé. Comme c’est le cas pour des maquilleurs et des photographes. Tous ces acteurs facturent leurs services à des prix pouvant aussi leur permettre de subvenir à leurs besoins. À titre d’exemple, Jide of St Ola, l’un des maquilleurs les plus connus, facture un maquillage à un prix supérieur ou égal à 1000 $.

    Dans cette industrie florissante, des startups également jouent leur partition. Elles offrent des services. Les mariages ont même occupé 60% des activités des startups comme Drinks.ng. Cette dernière se propose de livrer des boissons commandées par les mariés en ligne. Dapper Wedding Hub (DWH) mise de son côté sur la technologie pour rendre la planification de mariage transparente. Des mariés peuvent surtout payer pour qu’on leur fasse la promotion sur des réseaux sociaux comme Twitter et Instagram. Ils payent dans ce cas entre 1500 $ et 5000 $.

  • Le verre a été fabriqué en Afrique des siècles avant l’arrivée des Européens

    Le verre a été fabriqué en Afrique des siècles avant l’arrivée des Européens

    Au Nigeria, l’analyse du verre trouvé sur un site a révélé une industrie de production de verre subsaharienne unique qui existait 1000 ans avant l’arrivée des commerçants étrangers au 15e siècle.

    Le verre a été produit en Afrique subsaharienne longtemps avant l’arrivée des Européens, selon des scientifiques étudiant des perles trouvées au Nigeria. L’analyse chimique de cet objet trouvé sur un site archéologique a révélé une composition distincte entièrement unique à la région. Cette découverte contredit ainsi une hypothèse de longue date selon laquelle le verre a été apporté en Afrique subsaharienne par des commerçants de la Méditerranée ou du Moyen-Orient.

    Le verre, une histoire nigériane

    Igbo Olokun, le site où les perles ont été découvertes, se trouve au nord d’une ville ancienne et centre de pouvoir régional appelé Ile-Ife, la maison ancestrale des Yoruba de l’Afrique de l’Ouest. « Cette zone a été reconnue comme un atelier de travail du verre pendant plus d’un siècle », a déclaré le Dr Abidemi Babatunde Babalola, un anthropologue de l’Université Harvard qui a dirigé le projet de recherche.

    En effet, l’abondance des perles de verre trouvées à Ile-Ife a été associée aux nombreux sanctuaires et sculptures historiquement situés là-bas. Cependant, les archéologues ont supposé qu’ils étaient des preuves de commerce avec des peuples lointains.

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    Babalola a dirigé la recherche qui a été publiée par le Journal of Archaeological Science d’Elsevier. « De la fouille, nous avons récupéré presque 13 000 perles noires et la plupart d’entre elles ne sont pas à leur stade fini ce qui montre qu’elles étaient encore en fabrication au moment de l’abandon du site », explique-t-il. Sur ces 13 000 perles de verre trouvées sur le site, les chercheurs ont analysé 52 et n’ont trouvé aucune correspondance avec la composition du verre produit ailleurs.

    Ainsi, deux groupes de verre ont été trouvés à Igbo Olokun, l’un avec des niveaux élevés de chaux et d’alumine, et l’autre avec de faibles niveaux de chaux et des niveaux élevés d’alumine. Les deux ont été identifiés comme étant uniques à la région, et le Dr Babalola et son équipe ont noté que leur composition reflétait la géologie locale et les matières premières disponibles.

    Notamment, le verre trouvé à Igbo Olokun a également été daté entre les années 1100 et 1500, des siècles avant que les Européens établissent des réseaux commerciaux en Afrique de l’Ouest.

    Méthode de travail

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    La recherche de Babalola implique à la fois la recherche archéologique et scientifique qui détermine les origines des particules de verre. Une combinaison qui, selon le chercheur, faisait défaut dans les recherches précédentes.

    En utilisant une méthode appelée spectrométrie de masse, qui mesure la concentration de tous les éléments dans le verre, ils ont pu déterminer l’origine des perles en observant les éléments de « signature » et en les associant aux éléments géologiques de la région où ils ont été trouvés.

    Le travail de Babalola a également rapporté de nombreux matériaux pour le travail du verre, confirmant qu’Igbo Olokun était le centre de la fabrication du verre.

    Au moins pour les touristes qui sont souvent déçus d’apprendre que les perles qu’ils achètent en Afrique sont originaires d’Europe, il y a de bonnes nouvelles en perspective.

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  • Google rend hommage à la légende du football Stephen Keshi

    Google rend hommage à la légende du football Stephen Keshi

    S’il était encore vivant, Stephen Keshi aurait fêté son 56e anniversaire. Google Nigéria a quand même choisi de célébrer l’ancien capitaine des Super Eagles à travers un google doodle . Stephen Keshi est connu comme étant l’une des deux figures, aux côtés de l’Égyptien Mahmoud El-Gohary, à avoir remporté la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), le plus grand tournoi de football d’Afrique, en tant que joueur et entraîneur. Le Nigérian a d’abord remporté le titre en 1994 en tant que capitaine des Super Eagles et, 19 ans plus tard, il a de nouveau gagné en tant qu’entraîneur en menant l’équipe de Super Eagles à la victoire en 2013. Trois ans après, Stephen Keshi est décédé en juin 2016.

    Dans une nation folle de football où le sport est un passe-temps national et souvent un événement unificateur, Stephen Keshi était bien aimé et on se souvient affectueusement de ses décennies de service à l’équipe nationale. Sa carrière en tant que joueur avec les Super Eagles a duré 14 ans au cours desquels il a fait 60 apparitions – le deuxième plus haut jamais par aucun joueur au moment de la retraite de Keshi en 1995. En 2011, Keshi a pris la tête des Super Eagles à une époque où l’équipe nationale était à un bas niveau et ne tenait presque plus sa réputation d’une des meilleures équipes du continent. En effet, les Super Eagles n’avaient pas remporté de titre international depuis que Keshi avait remporté le trophée de la CAN en 1994. En 2014, Keshi a scellé son héritage avec les Super Eagles à la Coupe du Monde au Brésil où ils ont été éliminés en huitième de finale.

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    Notamment, Keshi reste populaire parmi les joueurs de la ligue de football locale du Nigeria. Pendant son temps avec les Super Eagles, Keshi a brisé un plafond en insistant pour inviter des joueurs prometteurs de la ligue locale à l’équipe nationale senior — une décision courageuse étant donné que le Nigeria avait plusieurs grands noms des clubs de football européens populaires à l’époque. L’équipe de Keshi à la CAN 2013 était composée de six joueurs locaux. Sa décision a finalement porté ses fruits quand, en finale contre le Burkina Faso, le seul but du Nigeria a été marqué par une star locale.

    Sa carrière de club de 19 ans s’étend sur cinq pays et quatre continents, dont un séjour de quatre ans à Anderlecht, le club le plus titré de Belgique, où il remporte le titre de champion en 1991. Autre performance de sa carrière d’entraîneur, Stephen Keshi a réussi à qualifier pour la première fois le Togo pour la Coupe du monde 2006.


    Note de la Rédaction: 

    Un Google Doodle, ou tout simplement Doodle (de l’anglais doodle, désignant un gribouillage et permettant une paronomase avec « Google »), est une modification particulière et temporaire du logo de Google présentée pendant une journée sur la page d’accueil du moteur de recherche de l’entreprise. 


     

  • Nigeria: rencontre avec l’enseignante des mathématiques en Igbo

    Nigeria: rencontre avec l’enseignante des mathématiques en Igbo

    Au Nigeria, une enseignante a décidé de devancer le gouvernement pour enseigner les maths dans sa langue maternelle.

    En juin 2017, le ministre nigérian des Sciences et de la Technologie, M. Ogbonnaya Onu, avait indiqué que des projets étaient en cours pour enseigner les matières scientifiques, technologiques, techniques et mathématiques (STEM) dans les langues maternelles, compte tenu du faible niveau d’adoption des carrières techniques au Nigeria. Si l’idée parait encore difficile, c’est bien parce que les parties prenantes ont regretté que le manque d’enseignants de sciences capables de parler leurs langues maternelles et la diversité des origines ethniques des étudiants soient des obstacles.

    Mais avant même que le gouvernement ne fasse cette annonce, une enseignante de mathématiques à Port Harcourt, dans l’État de Rivers, avait déjà adopté la langue locale pour son enseignement. Cynthia Onwuchuruba Bryte-Chinule enseigne à ses élèves les mathématiques en pidgin nigérian et Igbo depuis un moment.

    L’obstacle anglais

    Dans une interview accordée à un média local, l’enseignante affirme avoir a été inspirée par ses étudiants dans la prison de Port Harcourt et quelques 40 autres enfants qu’elle enseigne gratuitement.

    « La plupart d’entre eux sont des décrocheurs scolaires qui ne comprennent pas la langue anglaise… Je pensais que cette langue ne devrait pas être un obstacle à l’apprentissage des mathématiques. J’ai donc essayé une méthode différente. Je leur ai donné les questions de maths dans le pidgin nigérian et les concepts avec lesquels ils pouvaient s’identifier », a-t-elle expliqué.

    Pour elle, il est une évidence que l’enseignement en anglais était une perte de temps. « La plupart ne savent pas ce que signifie “’addition”’, alors vous devez leur dire “’joignez-vous ensemble”’ », dit-elle. Ainsi, pour faire en sorte que les matières STEM soient largement acceptées et comprises au Nigéria, il faut utiliser des supports linguistiques faciles à comprendre pour les étudiants.

    Les chiffres comme au quotidien

    Cynthia est diplômée en mathématiques de l’Université Nnamdi Azikiwe de l’État d’Anambra. Elle est la fondatrice de PEEL Initiative, une organisation à but non lucratif qui œuvre pour l’amélioration de l’éducation en Afrique en particulier les mathématiques. Son organisation veut aussi avoir un impact sur la vie des enfants défavorisés par l’éducation. Et c’est dans cette perspective que se logent la plupart des actions de la Nigériane.

    Par ailleurs, l’enseignante dirige le programme Maths Afrique qui relie les tuteurs aux étudiants à un prix qui aide à financer son initiative. Elle a reconnu sa difficulté à obtenir des fonds auprès des donateurs pour soutenir les programmes, mais elle a exprimé sa détermination à faire avancer les choses, peu importe les circonstances.

    Mais dans son parcours, Cynthia est confrontée à un obstacle redouté par les autorités nigérianes dans leur politique d’intégration des langues maternelles dans l’enseignement des matières scientifiques : la diversité des origines ethniques. Mais pour tenter de pallier cette difficulté, Cynthia a fait de courts tutoriels vidéo sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et YouTube en Igbo et pidgin nigérian… Résultat, satisfaisant. « Je vois beaucoup d’intérêts suscités et c’est la seule essence de l’exercice ; montrer aux gens que les maths ne sont pas si difficiles. J’ai fait des versions de vidéos et de didacticiels Igbo et Pidgin sur les mathématiques, mais j’ai découvert que ceux en langue Igbo étaient plus largement acceptés ».

    Toutefois, Cynthia est convaincue que le chemin est encore long pour son initiative, dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

  • Samsung abandonne ses projets de création d’une usine au Nigeria

    Samsung abandonne ses projets de création d’une usine au Nigeria

    Samsung a abandonné l’idée d’établir une usine de fabrication au Nigéria parce que sa part de marché dans le pays n’est pas assez grande. Le PDG Afrique de l’entreprise, Sung Yoon, a indiqué que la fabrication d’un téléphone portable nécessite 400 composants et qu’aucun n’est disponible au Nigeria. À ce jour, Samsung reste la première société d’électronique grand public au Nigeria.

    Toutefois sa part du marché est inférieure à celle de l’Afrique du Sud. La part de marché des smartphones de Samsung en Afrique du Sud est de 80%, mais plus faible au Nigeria.  D’autres raisons justifient également l’abandon de l’établissement de Samsung au Nigéria. Entre autres, des problèmes de construction d’infrastructure, le retour sur investissement (ROI) et le marché gris.

    Selon Sung Yoon, la construction d’une usine de production dépend du ROI et de l’efficacité de l’économie. À ce jour, Samsung dépense près de 16 milliards de dollars dans la recherche et le développement (R & D). La marque vend plus de 700 téléphones mobiles chaque minute et plus de 41 000 toutes les heures à l’échelle mondiale. Au Nigéria, Sung Yoon a rappelé que la vision africaine de Samsung est d’être la marque la plus admirée, à travers un partenariat et une croissance rentable.

     Implantation future

    Le responsable Afrique de la marque explique que Samsung a des usines de fabrication au Vietnam, en Chine, en Afrique du Sud et en Corée. « Avoir une autre entreprise de fabrication au Nigéria est une chose de l’avenir », ajoute-t-il. Avec sa population de 180 millions habitants reste donc une puissance sur laquelle Samsung pourrait baser son implantation sur le continent. Le PDG a appelé les distributeurs et revendeurs Samsung à toujours informer la société de ses campagnes de vente, afin de lui permettre de façonner ses produits en conséquence et d’améliorer la visibilité des services pour les consommateurs.

  • Iyinoluwa Aboyeji, le Nigerian qui va concurrencer PayPal, VISA […]

    Iyinoluwa Aboyeji, le Nigerian qui va concurrencer PayPal, VISA […]

    Si l’Afrique ne manque pas d’entrepreneurs, les ambitions de certains d’entre eux sont souvent entravées par le manque dans de nombreux pays africains de systèmes de paiement numérique fiables et abordables. Pour apporter une solution, Moneywave, de Flutterwave, veut permettre aux commerçants et particuliers d’accepter le paiement quel qu’il soit et de le recevoir instantanément, quel que soit le canal qu’ils choisissent.

    Le problème que l’équipe cherche à résoudre est évident : il n’y a tout simplement pas de système de paiement universellement utilisé et accepté, surtout en Afrique. Les comptes bancaires, bien que communs, ne résolvent pas le problème, et les commerçants souvent informels se heurtent aux formalismes. En conséquence, les transactions par carte aussi restent faibles.

    C’est dans ce contexte que Flutterwave propose son service Moneywave, une API qui permet de traiter les paiements par carte de crédit et autres paiements locaux, tels que l’argent mobile à travers l’Afrique. Cette innovation permet aux commerçants du reste du monde de traiter les paiements comme une entreprise africaine locale.

    Changer la façon dont l’argent circule sur tout un continent

    En effet, l’entreprise fournit aux banques, aux entreprises et aux entrepreneurs la plate-forme technologique sous-jacente pour effectuer et accepter des paiements partout en Afrique. « Quand vous regardez comment les paiements fonctionnent dans le monde en développement, vous commencez à réaliser que c’est beaucoup plus compliqué ici qu’aux États-Unis.

    Il y a un grand nombre d’options de paiement différentes, et différentes raisons pour lesquelles les gens utilisent chacun. En permettant à n’importe quel commerçant, peu importe où il se trouve, de traiter toutes les options de paiement disponibles, Flutterwave change la façon dont l’argent circule sur tout un continent. C’est une énorme idée, et nous avons une équipe incroyable pour l’attaquer » racontons Aboyeji, celui qui connait bien les États-Unis pour y avoir vécu.

    Mais avant Flutterwave, l’entrepreneur Iyinoluwa Aboyeji était l’un des cerveaux d’Andela, une société qui formait des développeurs africains pour les mettre à disposition des sociétés technologiques mondiales ; une entreprise qui avait reçu un investissement du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg.

    « Flutterwave a commencé à cause de certaines des expériences que j’ai eues dans ma dernière compagnie, Andela. Andela recrutait et formait les meilleurs développeurs africains pour travailler à distance pour de grandes entreprises technologiques comme IBM et Microsoft » complète celui-ci.

    Désormais, les premiers succès de l’entreprise d’Aboyeji sont de bon augure pour la conversion d’une grande partie de l’écosystème de paiements numériques fragmenté, mais potentiellement riche en Afrique subsaharienne.

    Mais comme un bon nombre d’entrepreneurs, Chris Folayan a aussi ses défauts. « Je peux être facilement distrait. Et je peux très distrait parce que je suis un penseur très abstrait. J’ai donc tendance à rassembler plusieurs éléments différents d’une même chose et ensuite, cela correspond à une grande image, mais je ne suis pas en mesure de finaliser. Je ne suis pas le meilleur exécuteur ou opérateur » avoue l’entrepreneur.

     

  • Hollywood: une Nigériane fera apparition dans Avengers Infinity War

    Hollywood: une Nigériane fera apparition dans Avengers Infinity War

    Hormis le fait que sa première bande-annonce officielle était au-delà de l’épopée, l’Afrique, et particulièrement le Nigeria, aura une raison de plus d’être mordu du prochain film Avengers : Infinity War.

    Lorsque le prochain film Avengers de Marvel sortira en mai prochain, il y aura pour nombre d’Africains une raison supplémentaire de s’enthousiasmer pour le blockbuster de la franchise. En effet, Funke Akindele, l’une des plus grandes stars de l’industrie cinématographique nigériane (Nollywood) figure parmi les acteurs de la distribution des Avengers : Infinity War. L’information est disponible sur IMDb, le site Web de la base de données de films appartenant à Amazon.

    L’actrice nigériane est répertoriée pour jouer un rôle de membre de Dora Milaje, l’unité de toutes les forces spéciales féminines Wakanda de la bande dessinée Black Panther.

    En ce moment, il semble probable Akindele fera la coupe finale du film. Même si nomination finit par être un rôle mineur par rapport à son statut de superstar Nollywood, ce serait encore une percée majeure pour l’industrie cinématographique du Nigeria qui a connu une émergence rapide ces dernières années. Il faut aussi préciser que ce sera donc la première fois qu’un acteur nigérian apparaîtra dans un film de super-héros hollywoodien.

    En effet, Avengers 4 est un apogée après une décennie d’accumulation dans les premiers films de Marvel. Le film sera publié 10 ans jour pour jour quand Iron Man, le premier film de l’univers cinématique Avengers de Marvel, a fait ses débuts. Il verra plusieurs super-héros de différentes franchises qui font partie de l’univers cinématographique apparaitre ensemble dans un film pour la première fois. En tant que tel, Akindele jouera aux côtés de certains des plus grands noms d’Hollywood, à l’instar de Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Evans, Scarlett Johansson, Mark Ruffalo, Don Cheadle, Zoe Saldana ou encore Chris Pratt.

    Qui est Funke Akindele ?

    A 41 ans, Akindele sait certainement quelque chose au sujet de faire partie d’une franchise populaire et réussie.

    En 2008, la native de Lagos avait joué dans Jenifa, une comédie sur une jeune femme sans éducation vivant à Lagos. Il s’est avéré être un succès massif. A la suite à cela, la star avait décroché le prix de la meilleure actrice de l’Africa Movie Academy dans un rôle principal pour sa performance.

    Il faut toutefois préciser qu’Akindele ne sera pas le premier lien entre Avengers à la plus grande ville nigériane. En 2016, dans la vidéo Captain America Civil War, il y avait une scène de combat de premier plan jouée à Lagos.

    L’année dernière, les trois films de Marvel (Spider-Man : Homecoming, Thor: Raganarok et Guardians of the Galaxy Vol. 2) avaient ensemble recueilli plus de 2 milliards de dollars avec chaque film notant 100 millions d’ouvertures ; soit, un record de 100 millions de dollars d’ouvertures en une seule année pour les maisons de production américaines. Le nouveau film est susceptible de continuer cette forte course au box-office. La bande-annonce a déjà accumulé plus de 113 millions de vues depuis sa sortie en fin novembre 2017.

    La sortie du film est prévue pour le 4 mai 2018. Une suite est programmée pour le 3 mai 2019.

  • Crypto-monnaies: le Bitcoin en plein essor au Nigéria

    Crypto-monnaies: le Bitcoin en plein essor au Nigéria

    En juillet 2016, Manasseh Egedegbe, un gestionnaire d’investissement basé à Abuja, a été pris au piège de la crise du dollar au Nigeria et a eu quelques difficultés à effectuer un paiement international. À l’époque, alors que les réserves de change et les revenus du Nigeria diminuaient dans un contexte de récession économique, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a mis en place un contrôle des changes pour restreindre l’accès aux dollars.

    Pour Manasseh Egedegbe et beaucoup d’autres Nigérians, cela posait un problème. Dans son désespoir, il se tourna vers la vague de cryptomonnaie du moment: Bitcoin. Le gestionnaire a confié au site Quartz avoir utilisé le Bitcoin pour faire une seule transaction et s’être ensuite accroché. Depuis plus d’un an, pour des raisons allant de la nécessité d’effectuer des paiements internationaux, l’adoption du Bitcoin au Nigeria a connu un pic.

    Cette année 2017, le commerce Bitcoin pair-à-pair au Nigeria a augmenté de près de 1 500%, surpassé seulement par la Chine. Les données de LocalBitcoin, un échange de Bitcoins populaire disponible dans environ 200 pays, montrent que le volume d’échanges hebdomadaires de Bitcoins au Nigeria a dépassé 1 milliard de nairas (2 millions de dollars) en août. Ces chiffres ont poussé beaucoup de Nigérians à s’intéresser au Bitcoin. La situation au Nigeria n’est pas très différente de celle du Zimbabwe, dont l’économie instable et l’épuisement des marchés des changes ont vu les habitants se tourner vers le Bitcoin comme stockage de valeur cette année. Il faut dire qu’à un moment donné, le Zimbabwe avait les prix les plus élevés du Bitcoin au monde.

    Nouveaux marchés

    Une nouvelle génération d’échanges de Bitcoins locaux s’avère essentielle pour l’adoption locale croissante. Timi Ajiboye a cofondé Bitkoin Africa en octobre après avoir éprouvé quelques difficultés à acheter la cryptomonnaie sur les marchés étrangers. L’incapacité de payer avec un compte ou une carte bancaire nigériane a conduit Timi Ajiboye à lancer Bitkoin Africa pour faciliter le commerce local. Pour sa part, Tim Akinbo, cofondateur de Tanjalo en octobre, affirme que les applications locales potentielles des cryptomonnaies et la technologie habilitante ont été la motivation pour commencer l’échange.

    Il y a aussi d’autres anciennes structures comme NairaEX, un échange de Bitcoin fondé en novembre 2015. Malgré une adoption grandissante, le scepticisme l’emporte largement sur l’enthousiasme, mais Timi Ajiboye affirme que les échanges locaux peuvent aider à mieux faire comprendre les cryptomonnaies. Un sceptique initial lui-même, le cofondateur de Bitcoin cite sa nouvelle conviction dans les cryptomonnaies, après avoir acquis une meilleure compréhension de leur potentiel, comme l’espoir d’un changement d’état d’esprit plus large.

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    Tout comme la façon dont les entreprises fintech locales créent des produits et des services pour combler les lacunes du système financier local, la technologie de la cryptomonnaie présente un certain potentiel en Afrique étant donné le manque d’infrastructures financières avancées, explique de son côté Tim Akinbo. À cet égard, ces échanges servent de rouages ​​vitaux dans l’évolution de l’infrastructure qui permettra aux cryptomonnaies d’atteindre une partie de son potentiel en Afrique.

    Quel que soit ce potentiel, la première étape consiste à «permettre aux gens d’acheter et de posséder les devises», précise Timi Ajiboye. Deux mois après leur création, les deux bourses sont en train d’encaisser des transactions. Le volume des échanges de Bitkoin Africa augmente rapidement. Près de la moitié de son volume commercial total depuis sa création a eu lieu au cours des dix premiers jours de décembre. Pendant ce temps, Tanjalo a fait près de 1 million de dollars en volume commercial avec « très peu de marketing », selon Tim Akinbo.

    Origine russe

    Les origines de l’intérêt général pour le Bitcoin sur de nombreux marchés africains ont été attribuées à Mavrodi Mundial Moneybox (MMM), un programme de ponzi russe de deux décennies. À son apogée, MMM comptait plus de deux millions d’utilisateurs au Nigéria malgré plusieurs avertissements des autorités. Il a également été opérationnel au Ghana, au Zimbabwe, au Kenya et en Afrique du Sud au cours des 18 derniers mois. Le scénario du programme était simple: les utilisateurs pouvaient «investir» de l’argent en s’engageant auprès d’autres utilisateurs du système, puis recevaient des rendements plus 30% d’intérêt en 30 jours.

     

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    Mais son long terme au Nigeria s’est arrêté quand, en décembre 2016, il a suspendu ses opérations (la CBN estime que les utilisateurs de MMM ont perdu 50 millions de dollars quand le système s’est effondré). Mais au début de l’année, quand MMM a cherché à relancer, elle a essayé de contourner les règles des régulateurs en permettant aux utilisateurs de payer et de recevoir des promesses en utilisant bitcoin – une stratégie qu’elle a également déployée dans d’autres parties de l’Afrique. Beaucoup de participants au programme, qui cherchaient à gagner de l’argent rapidement, se sont rapidement raccrochés. Au fil du temps, les Nigérians plus aisés et bourgeois ont renouvelé leur intérêt.

    Selon Manasseh Egedegbe, ils «comprennent probablement mieux la technologie que l’homme moyen de la rue». Mais même s’il ne s’agit pas d’un système de ponzi russe, les prix de Bitcoin pourraient encore voir les gens se faire brûler les doigts. La hausse fulgurante des prix, qui a franchi les seuils de 1 000 $ en quelques heures en décembre, l’a considérée comme la bulle la plus évidente et a également fait des comparaisons avec la bulle Internet au tournant du millénaireK. Tim Akinbo, plus optimiste quant à l’avenir de Bitcoin, affirme que son potentiel de facilitation du commerce transfrontalier pourrait éventuellement justifier la hausse des prix. « Quand vous regardez seul ce potentiel, je dirais que c’est sous-évalué ». En ce qui concerne une bulle potentielle, le responsable de Tanjalo considère cette phase plus comme un moment où tout le monde essaie d’entrer dans l’action. « Tout comme n’importe quelle nouvelle technologie, la spéculation est la façon dont cela va trouver sa place », justifie-t-il.

    Disparition par règlement ?

    Une grande partie de l’engouement Bitcoin se résume à de grandes prédictions sur son potentiel futur. En Afrique, les possibilités débattues vont de l’assouplissement des paiements, en particulier pour les services internationaux, à l’augmentation des envois de fonds – une aubaine pour de nombreuses économies locales. Mais le plus fondamental d’entre eux, selon Tim Akinbo, est la possibilité d’avoir un système « où tout le monde est autorisé à participer » sans discrimination de localisation géographique ou d’origine.

    Pour Timi Ajiboye, qui envisage d’étendre Bitkoin Africa à d’autres pays africains à partir de l’année prochaine, faciliter les échanges à travers l’Afrique est une réelle possibilité. « Il est plus facile d’envoyer de l’argent depuis l’Amérique vers le Nigeria que d’envoyer de l’argent du Nigeria à la Gambie, mais la technologie peut régler ces choses », dit-il. Que la bulle Bitcoin éclate ou non, son potentiel localement pourrait être atténué par la réglementation. Alors qu’il est difficile pour les autorités de réglementer les cryptocurrences sur lesquelles ils ont peu de contrôle, il est possible de réguler les entreprises qui fournissent des services en utilisant les devises.

    Jusqu’à présent, la Banque centrale du Nigeria (CBN), comme la plupart des banques faîtières à travers le monde, a émis des avertissements sur le risque de cryptomonnaie. L’une des premières est apparue dans une circulaire de janvier dans laquelle elle citait les dangers du «blanchiment d’argent et du financement du terrorisme». Cependant, plus récemment, la position de la banque faîtière semble s’être adoucie: en octobre, elle aurait mis en place des départements chargés d’élaborer un rapport sur les propositions de politique pour les cryptomonnaies.

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    Alors que CBN réfléchit à ses politiques sur les cryptomonnaies, Tim Akinbo soutient qu’il «reste flexible» en continuant à revoir et ajuster ses politiques en fonction des tendances mondiales. L’alternative est d’adopter et de maintenir une politique qui pourrait devenir archaïque dans un monde en évolution rapide. Un événement qui pourrait déclencher une vague de réglementation inquiétante et une forte baisse des prix (ou l’éclatement de la bulle bitcoin). Si tel est le cas, Osarumen Osamuyi, un développeur basé à Lagos, espère que la banque faîtière n’adoptera pas de « régulation draconienne ». Une action aussi radicale « finira par nuire à l’innovation », a-t-il expliqué au site d’information Quartz.