Catégorie : Education

  • Au Nigeria, la startup ScholarX  facilite l’accĂšs aux bourses d’études

    Au Nigeria, la startup ScholarX facilite l’accĂšs aux bourses d’études

    Au Nigeria comme dans nombre de pays africains, bĂ©nĂ©ficier d’une Ă©ducation de qualitĂ© et correspondante aux besoins des Ă©tudiants est hors de portĂ©e pour de nombreuses personnes. Pour certains, cela est dĂ» Ă  un manque de connaissance des opportunitĂ©s existantes alors que pour d’autres, c’est simplement Ă  un manque de moyens. ScholarX s’attaque bien Ă  ce problĂšme.

    ScholarX est une startup Ă  impact social qui s’attaque aux problĂšmes Ă©ducatifs. En 2016, elle a lancĂ© une application d’agrĂ©gation de bourses d’Ă©tudes comme un « pont d’opportunitĂ©s » afin d’aider les Ă©tudiants intĂ©ressĂ©s Ă  trouver des opportunitĂ©s de premier cycle et des cycles supĂ©rieurs localement et Ă  l’Ă©tranger.

    Cette plateforme rĂ©pertorie les bourses en fonction des prĂ©fĂ©rences des Ă©tudiants et fournit des conseils pour les Ă©tudiants sĂ©lectionnĂ©s. Jusqu’Ă  prĂ©sent, ScholarX a plus de 10 000 utilisateurs.

    Difficile accÚs aux opportunités

    Au dĂ©part, l’initiative a Ă©tĂ© inspirĂ©e par Maxwell Ogunfuyie, un des deux cofondateurs, qui a personnellement rĂ©alisĂ© combien il Ă©tait difficile pour lui d’accĂ©der aux opportunitĂ©s disponibles au Nigeria.

    Ensuite, il a cherchĂ© Ă  compiler des bourses locales, avec l’intention d’en faire Ă©ventuellement en une application mobile. Les partenaires se sont rĂ©unis et aprĂšs quelques sĂ©ances de rĂ©flexion et d’analyse, ont dĂ©cidĂ© d’aller de l’avant avec la crĂ©ation d’une plateforme qui organise des bourses locales et Ă©trangĂšres. Le Nigeria a Ă©tĂ© tout de suite sĂ©lectionnĂ© comme pilote pour les bourses locales.

    En septembre 2017, ScholarX a lancĂ© Village, une plateforme de crowdfunding qui permet aux professionnels, principalement de la diaspora, de parrainer l’Ă©ducation des Ă©tudiants dans le besoin. Essentiellement, la startup construit un modĂšle d’affaires autour de l’adage populaire, «il faut un village pour Ă©lever un enfant».

    Sur la plate-forme du Village, les Ă©lĂšves du secondaire et de l’universitĂ© qui ont besoin de soutien pour leur Ă©ducation crĂ©ent des profils, partagent leurs histoires et leurs besoins, et espĂšrent qu’un donateur les soutiendra.

    Depuis, Village a reçu plus de 500 demandes de fonds et a recueilli plus de 10 000 $ en dons au cours de ses cinq premiers mois d’opĂ©ration, dont 90% provenaient de donateurs de la diaspora.

    ScholarX espĂšre Ă©galement permettre Ă  ces donateurs de parrainer des projets Ă©ducatifs dans des Ă©coles telles que l’Ă©quipement d’un laboratoire, dans le but de rĂ©soudre les problĂšmes liĂ©s Ă  l’Ă©ducation au Nigeria.

    Dans la puissance Ă©conomique africaine, certains des problĂšmes Ă©ducatifs sont des Ă©coles mal Ă©quipĂ©es, des enseignants non rĂ©munĂ©rĂ©s et un problĂšme d’alphabĂ©tisation important avec environ 10,5 millions d’enfants non scolarisĂ©s.

    Dans le budget proposĂ© pour 2018, seulement 7% du total ont Ă©tĂ© allouĂ©s Ă  l’Ă©ducation, bien en deçà de la recommandation de 26% des Nations Unies.

    S’il est peu probable que les choses changent de maniĂšre significative de sitĂŽt, ScholarX aura nĂ©anmoins le mĂ©rite d’ĂȘtre prĂ©curseur d’une idĂ©e entiĂšrement nouvelle qui, jusque-lĂ  manquait Ă  l’éducation nigĂ©riane.

     

  • Enseigner l’informatique avec la craie, ce GhanĂ©en invente sa mĂ©thode

    Enseigner l’informatique avec la craie, ce GhanĂ©en invente sa mĂ©thode

    Vous est-il une fois arrivĂ© de prendre votre stylo pour reprĂ©senter Microsoft Word sur du papier ? Owura Kwadwo a fait mieux. Cet enseignant ghanĂ©en rĂ©alise avec une craie ce que certains considĂšrent dans son pays et sur la toile comme remarquable. En effet, l’instituteur enseigne Microsoft Word Ă  des Ă©lĂšves. L’absence de matĂ©riels contraint Owura Kwadwo Ă  tout reprĂ©senter au tableau.

    C’est grĂące Ă  une publication Facebook que la mĂ©thode d’enseignement particuliĂšre de Owura Kwadwo a Ă©tĂ© mise en lumiĂšre. La publication a Ă©tĂ© partagĂ©e Ă  plusieurs reprises et aimĂ©e par plusieurs internautes. Ces derniers ont commentĂ© la publication et exprimĂ© leur satisfaction. La mĂ©thode d’enseignement de Microsoft Word a impressionnĂ© plus d’un. DiplĂŽmĂ© en arts visuels, ce passionnĂ© de technologie s’est lancĂ© dans une carriĂšre d’enseignant avec la dĂ©cision d’inculquer le savoir Ă  ses Ă©lĂšves.

    Pour des cours d’informatique, Ă  cause de l’absence d’ordinateur, il a eu l’idĂ©e de tout reprĂ©senter au tableau. Owura Kwadwo explique que c’est la solution qui s’imposait. Il n’a donc pas hĂ©sitĂ© Ă  tout mettre en Ɠuvre pour faire maĂźtriser Ă  ses Ă©lĂšves l’essentiel de Microsoft Word. « Je le fais pour que mes Ă©lĂšves comprennent ce que j’enseigne. Au moins pour donner une image de ce qu’ils verront en supposant qu’ils Ă©taient derriĂšre un ordinateur », affirme-t-il.

    Enseigner avec du matériel adéquat

    L’enseignant reste convaincu que sa mĂ©thode fonctionne. Owura Kwadwo confie sa satisfaction de voir ses Ă©lĂšves apprĂ©cier sa mĂ©thode et leur aptitude Ă  comprendre progressivement les choses. « Je m’assure qu’ils comprennent tout bien avant de quitter la classe », prĂ©cise-t-il. Pour sa mĂ©thode d’enseignement apprĂ©ciable, mais regrettable Ă  l’heure oĂč les TIC foisonnent l’enseignant s’est vu offrir des ordinateurs portables et des projecteurs. De bonnes volontĂ©s veulent le mettre dans de bonnes conditions et lui permettre d’enseigner avec des outils adĂ©quats.

    Owura Kwadwo n’oublie pas que son Ă©cole et d’autres Ă©galement situĂ©es dans les zones rurales ne bĂ©nĂ©ficient pas d’infrastructures nĂ©cessaires. « Nous avons besoin d’infrastructures bien Ă©quipĂ©es et d’aides Ă  l’enseignement et Ă  l’apprentissage, et d’un gouvernement qui a l’Ă©ducation Ă  cƓur », dĂ©clare-t-il. Pour autant il ne se dĂ©courage pas. « Le gouvernement est utile et je crois en lui. Il essaie d’équiper toutes les Ă©coles en TIC et je crois qu’il rĂ©ussira Ă  couvrir mĂȘme les zones rurales ».

  • Au Ghana, Chalkboard dĂ©veloppe un systĂšme e-learning sans internet

    Au Ghana, Chalkboard développe un systÚme e-learning sans internet

    À l’heure du e-learning oĂč les plateformes d’éducations deviennent de plus en plus lĂ©gion, la startup Chalkboard aura le mĂ©rite de dĂ©velopper un programme d’e-learning Ă  destination des universitĂ©s consultable par textos.

    C’est le contexte de crĂ©ation de cette startup qui sĂ©duit le plus. En Afrique, mĂȘme si de plus en plus de personnes tĂ©lĂ©chargent des applications d’enseignement, le faible taux de couverture rĂ©seau et le coĂ»t relativement cher de l’Internet mobile, en dehors faible pouvoir d’achat qui ne permet pas Ă  tous les Ă©tudiants d’avoir des smartphones constituent des Ă©cueils Ă  la rĂ©ussite de diverses initiatives numĂ©riques.

    Pour contourner cet obstacle, Chalkboard une start-up au Ghana, a dĂ©veloppĂ© un systĂšme basĂ© sur la technologie des SMS pour permettre Ă  leurs cours d’ĂȘtre accessibles au plus grand nombre d’utilisateurs de tĂ©lĂ©phones mobiles.

    « Il y aura, 150 millions de jeunes Ă  former d’ici cinq ans en Afrique. Dans les conditions actuelles (infrastructures, moyens humains), c’est mission impossible. Des milliers d’entre eux resteront forcĂ©ment sur le carreau. Il y a donc un besoin urgent de trouver des nouvelles façons d’éduquer, de former aux divers mĂ©tiers. Et l’e-learning permet de rĂ©pondre Ă  ce besoin », explique Adrien Bouillot, crĂ©ateur et cofondateur de Chalkboard. Et de faire comprendre qu’il « s’agit de fournir du contenu grĂące Ă  la technologie la plus inclusive, de sorte Ă  mettre tout le monde Ă  bord. C’est la seule façon de faciliter l’accĂšs Ă  l’enseignement supĂ©rieur, et c’est pourquoi notre solution conçue au Ghana est adaptĂ©e Ă  l’Afrique. »

    Success Story

    « On utilise la technologie SMS ou la technologie USSD qui nous assure une couverture universelle et qui permet Ă  nos Ă©tudiants de façon trĂšs concrĂšte de suivre des cours, rĂ©pondre Ă  des exercices… Votre professeur peut suivre votre activitĂ© Ă  tout moment et Ă  la fin du semestre vous aurez des crĂ©dits officiels et vous obtiendrez un diplĂŽme », explique Adrien Bouillot.

    Quelque temps aprĂšs le lancement, la startup a connu une phase pilote plus que satisfaisante. Sur fonds propres, l’application a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e en France. Sa premiĂšre version est testĂ©e avec l’universitĂ© du Ghana, Ă  Accra, oĂč un professeur de français joue le jeu, en mettant Ă  disposition ses cours.

    Les Ă©tudiants de l’UniversitĂ© du Ghana ont eu un « taux de rĂ©tention de 100% » lors du projet pilote et tous les Ă©tudiants ont Ă©galement remis leurs devoirs Ă  temps.

    « C’est incroyable, Ă©tant donnĂ© qu’en Afrique, un Ă©tudiant sur deux Ă©choue avec les solutions actuelles d’apprentissage en ligne. Nous sommes particuliĂšrement fiers des excellents rĂ©sultats de la classe: ils ont obtenu une note moyenne de 23/25 Ă  mi-parcours, ce qui est beaucoup plus Ă©levĂ© que l’examen similaire de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente », se rĂ©jouissent les concepteurs.

    En effet, quand la startup a Ă©tĂ© lancĂ©e en 2015, elle n’était qu’une petite boĂźte vouĂ©e, comme la plupart des startups en Afrique, Ă  ne probablement pas faire long feu. Adrien qui Ă©tudiait en France Ă©tait revenu Ă  Accra pour cela, accompagnĂ© de quelques camarades. DĂ©sormais, son application convainc les  grandes universitĂ©s ghanĂ©ennes, et au-delĂ .

    « Ce que nous avons construit avec l’UniversitĂ© du Ghana ne sera peut-ĂȘtre qu’un premier pas, mais les rĂ©sultats et l’influence que nous avons acquise sont plus qu’encourageants. Nous ne nous arrĂȘtons pas ici », se fĂ©licite le jeune entrepreneur. Son Ă©quipe, composĂ©e aujourd’hui de neuf personnes, est jeune et cosmopolite. Tous ont moins de 30 ans et viennent de France, de Madagascar, du Kenya, du Ghana, du Nigeria et de CĂŽte d’Ivoire.

    Mais, au-delĂ  de ces diffĂ©rents aspects, le projet s’inscrit dans une dynamique Ă©conomique Ă©galement. Parce que le e-learning, c’est aussi un marchĂ© annuel de 500 millions de dollars en Afrique. « Notre but est donc d’avoir une activitĂ© qui impacte positivement la sociĂ©tĂ© et qui, bien sĂ»r, rapporte aussi de l’argent, car nous ne croyons pas du tout Ă  la charitĂ© sur le long terme » clarifie Adrien.

    La start-up vise une rentabilitĂ© globale dans cinq ans, tout en Ă©tant rentable sur chaque pays oĂč elle est prĂ©sente au bout de deux ans. D’ici lĂ , Chalkboard prĂ©pare surtout une collecte de fonds dans les prochains mois afin de recruter et de s’installer prochainement au Burkina Faso, au Kenya et au Nigeria. Sinon, de conquĂ©rir tout le continent africain Ă  long terme.

  • Afrique: voici les 7 meilleurs  enseignants du continent

    Afrique: voici les 7 meilleurs  enseignants du continent

    Sur 300.000 candidatures venues de 173 pays retenues pour le Global Teacher Prize 2018, 50 ont finalement Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es pour la finale de ce prix. Parmi les finalistes figurent sept enseignants africains. Il s’agit de Ayodele Odeogbola, et Itodo Anthony du Nigeria, Marjorie Brown et Wendy Horn d’Afrique du Sud, Catherine Nakabugo d’Ouganda, Abdikadir Ismail du Kenya et Sitsofe Enyonam Anku du Ghana.

    Le Global Teacher Prize qui rĂ©compense un enseignant pour une contribution particuliĂšre Ă  sa profession est un prix d’une valeur de 1 million de dollars US créé par la Fondation Varkey, fondĂ©e par le milliardaire indien Sunny Varkey. Pour l’édition 2018, Afrotribune vous prĂ©sente les sept Africains en lice pour ce prestigieux prix qui sera remis en mars prochain.

    Sitsofe Enyonam Anku

    Ce GhanĂ©en a créé la Meagasa Mathematics Academy pour soutenir les enfants de 6 Ă  18 ans et ses programmes d’enseignement ont aidĂ© les Ă©lĂšves Ă  trouver du plaisir et de l’excitation en mathĂ©matiques. Sitsofe Enyonam Anku est un Ă©ducateur de mathĂ©matiques de renommĂ©e internationale, qui promeut des mathĂ©matiques pratiques pour surmonter les craintes des Ă©lĂšves et leur permettre d’apprĂ©cier ses applications dans la vie rĂ©elle. Ses mĂ©thodes d’enseignement sont utilisĂ©es dans les salles de classe au Ghana et dans d’autres parties du monde.

    Itodo Anthony

    En mai 2017, cet enseignant nigĂ©rian crĂ©e New Frontiers Youth Forum qui accueille des membres de 13 Ă  35 ans formĂ©s sur le leadership et les actions positives Ă  mener pour une transformation de leur communautĂ©. Itodo Anthony est sans cesse guider par l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Pour lui, il est nĂ©cessaire d’inculquer Ă  la relĂšve nigĂ©riane des valeurs. Il s’attĂšle donc dans ses cours Ă  parler service communautaire, justice, soliditĂ© institutionnelle et sutout crĂ©ation de valeur. Il y a quelques mois, le New Frontiers Youth Forum s’est dotĂ© d’une bibliothĂšque communautaire pour permettre Ă  ses membres de bien Ă©tudier.

    Abdikadir Ismail

    Il administre une Ă©cole kenyane dĂ©favorisĂ©e. Mais Abdikadir a saisi une opportunitĂ© de faire la diffĂ©rence en utilisant la technologie. N’ayant pas de laboratoire scientifique Ă  son Ă©cole, cet enseignant a envoyĂ© des collĂšgues dans les Ă©coles bien Ă©quipĂ©es pour filmer les expĂ©riences et d’autres cas pratiques. Dans son Ă©cole, Abdikadir Ismail fait ensuite lire via son ordinateur les vidĂ©os intĂ©grĂ©es dans des prĂ©sentations PowerPoint

    Marjorie Brown

    ses Ă©tudiants ont ensuite reprĂ©sentĂ© l’Afrique du Sud dans des forums de jeunes, les Paris Climate Talk et diverses universitĂ©s de l’Ivy League. Marjorie Brown est une ancienne activiste des droits de l’homme. Elle enseigne l’histoire aux filles et encourage la pensĂ©e critique. A ce jour, elle dirige le programme Kids Lit in SA consacrĂ© Ă  l’alphabĂ©tisation des enfants et son Kids Lit Lit, lancĂ© il y a prĂšs de trente ans. Ce programme auquel participent plus de 100 Ă©coles, a augmentĂ© les stocks de livres dans les bibliothĂšques de l’Afrique du Sud et mobilisĂ© les enseignants.

    Catherine Nakabugo

    Cette Ougandaise est passionnĂ©e par l’Ă©ducation des filles. Catherine Nakabugo a aidĂ© ses Ă©lĂšves Ă  mettre en place un certain nombre d’entreprises scolaires prospĂšres qui les aident Ă  acquĂ©rir de prĂ©cieuses compĂ©tences de vie et Ă  renforcer leurs compĂ©tences scolaires, comme les mathĂ©matiques en travaillant sur les comptes. En 2014, son district a remportĂ© un concours national de sciences avec son projet de chaise de Pythagoras.

    Wendy Horn

    Elle est passionnĂ©e par la science et la technologie. En plus d’enseigner les sciences Ă  son Ă©cole, elle parle aux Ă©ducateurs de la façon d’enseigner la science, d’engager les apprenants, d’utiliser la technologie et de la mettre en pratique. En tant que directrice d’une nouvelle Ă©cole, la Sud-africaine encadre et guide ses enseignants, dont beaucoup Ă©taient des dĂ©butants.

    Ayodele Odeogbola

    Ce NigĂ©rian est un passionnĂ© de pratique. Pour bien faire comprendre ses cours Ă  ses Ă©tudiants, il n’hĂ©site pas Ă  faire venir des experts dans sa classe pour qu’ils parlent du concret. Ayodele Odeogbola a aussi reliĂ© sa classe Ă  d’autres Ă©coles en Inde et au Liban avec l’utilisation de Skype et d’autres mĂ©dias sociaux. Son point fort est de toujours innover dans sa façon d’enseigner. Pour lui, il est important d’explorer toutes les opportunitĂ©s d’apprentissage. Avec ses collaborations, sa crĂ©ativitĂ© et sa passion pour la technologie, cet enseignant forme des Ă©tudiants exceptionnels.

     

     

     

  • Nigeria: rencontre avec l’enseignante des mathĂ©matiques en Igbo

    Nigeria: rencontre avec l’enseignante des mathĂ©matiques en Igbo

    Au Nigeria, une enseignante a décidé de devancer le gouvernement pour enseigner les maths dans sa langue maternelle.

    En juin 2017, le ministre nigĂ©rian des Sciences et de la Technologie, M. Ogbonnaya Onu, avait indiquĂ© que des projets Ă©taient en cours pour enseigner les matiĂšres scientifiques, technologiques, techniques et mathĂ©matiques (STEM) dans les langues maternelles, compte tenu du faible niveau d’adoption des carriĂšres techniques au Nigeria. Si l’idĂ©e parait encore difficile, c’est bien parce que les parties prenantes ont regrettĂ© que le manque d’enseignants de sciences capables de parler leurs langues maternelles et la diversitĂ© des origines ethniques des Ă©tudiants soient des obstacles.

    Mais avant mĂȘme que le gouvernement ne fasse cette annonce, une enseignante de mathĂ©matiques Ă  Port Harcourt, dans l’État de Rivers, avait dĂ©jĂ  adoptĂ© la langue locale pour son enseignement. Cynthia Onwuchuruba Bryte-Chinule enseigne Ă  ses Ă©lĂšves les mathĂ©matiques en pidgin nigĂ©rian et Igbo depuis un moment.

    L’obstacle anglais

    Dans une interview accordĂ©e Ă  un mĂ©dia local, l’enseignante affirme avoir a Ă©tĂ© inspirĂ©e par ses Ă©tudiants dans la prison de Port Harcourt et quelques 40 autres enfants qu’elle enseigne gratuitement.

    « La plupart d’entre eux sont des dĂ©crocheurs scolaires qui ne comprennent pas la langue anglaise… Je pensais que cette langue ne devrait pas ĂȘtre un obstacle Ă  l’apprentissage des mathĂ©matiques. J’ai donc essayĂ© une mĂ©thode diffĂ©rente. Je leur ai donnĂ© les questions de maths dans le pidgin nigĂ©rian et les concepts avec lesquels ils pouvaient s’identifier », a-t-elle expliquĂ©.

    Pour elle, il est une Ă©vidence que l’enseignement en anglais Ă©tait une perte de temps. « La plupart ne savent pas ce que signifie “’addition”’, alors vous devez leur dire “’joignez-vous ensemble”’ », dit-elle. Ainsi, pour faire en sorte que les matiĂšres STEM soient largement acceptĂ©es et comprises au NigĂ©ria, il faut utiliser des supports linguistiques faciles Ă  comprendre pour les Ă©tudiants.

    Les chiffres comme au quotidien

    Cynthia est diplĂŽmĂ©e en mathĂ©matiques de l’UniversitĂ© Nnamdi Azikiwe de l’État d’Anambra. Elle est la fondatrice de PEEL Initiative, une organisation Ă  but non lucratif qui Ɠuvre pour l’amĂ©lioration de l’éducation en Afrique en particulier les mathĂ©matiques. Son organisation veut aussi avoir un impact sur la vie des enfants dĂ©favorisĂ©s par l’éducation. Et c’est dans cette perspective que se logent la plupart des actions de la NigĂ©riane.

    Par ailleurs, l’enseignante dirige le programme Maths Afrique qui relie les tuteurs aux Ă©tudiants Ă  un prix qui aide Ă  financer son initiative. Elle a reconnu sa difficultĂ© Ă  obtenir des fonds auprĂšs des donateurs pour soutenir les programmes, mais elle a exprimĂ© sa dĂ©termination Ă  faire avancer les choses, peu importe les circonstances.

    Mais dans son parcours, Cynthia est confrontĂ©e Ă  un obstacle redoutĂ© par les autoritĂ©s nigĂ©rianes dans leur politique d’intĂ©gration des langues maternelles dans l’enseignement des matiĂšres scientifiques : la diversitĂ© des origines ethniques. Mais pour tenter de pallier cette difficultĂ©, Cynthia a fait de courts tutoriels vidĂ©o sur les rĂ©seaux sociaux, notamment Facebook et YouTube en Igbo et pidgin nigĂ©rian… RĂ©sultat, satisfaisant. « Je vois beaucoup d’intĂ©rĂȘts suscitĂ©s et c’est la seule essence de l’exercice ; montrer aux gens que les maths ne sont pas si difficiles. J’ai fait des versions de vidĂ©os et de didacticiels Igbo et Pidgin sur les mathĂ©matiques, mais j’ai dĂ©couvert que ceux en langue Igbo Ă©taient plus largement acceptĂ©s ».

    Toutefois, Cynthia est convaincue que le chemin est encore long pour son initiative, dans le pays le plus peuplĂ© d’Afrique.

  • Afrique : ces footballeurs qui misent sur l’éducation dans leur pays

    Afrique : ces footballeurs qui misent sur l’éducation dans leur pays

    En Afrique, les footballeurs, surtout internationaux, sont souvent impliquĂ©s dans des actions caritatives. Si ce n’est pour l’amĂ©lioration du systĂšme de soins et de santĂ©, la construction des Ă©coles de foot, des infrastructures sociales, alors ils sont prĂ©sents dans le domaine de l’éducation.

    S’il faut souligner que dans l’ensemble ces actions ne sont pas assez importantes pour porter tout un dĂ©veloppement national, elles sont nĂ©anmoins d’une grande utilitĂ© pour les communautĂ©s bĂ©nĂ©ficiaires.

    Asamoah Gyan (Ghana)

    Image result for Gyan asamoah education

    En 2017, Asamoah Gyan, footballeur professionnel ghanĂ©en, a inaugurĂ© un complexe sportif au sein de son ancienne Ă©cole, Accra Academy au Ghana. Le projet aurait coĂ»tĂ© prĂšs de 155. 000 dollars. Une façon Ă  lui de « redonner Ă  son ancienne Ă©cole, ce dont il avait bĂ©nĂ©ficié ». Le projet consiste Ă  rĂ©vĂ©ler des Ă©tudiants qui ont des talents en football.

    Asamoah Gyan, capitaine de l’équipe nationale du Ghana, joue actuellement en tant qu’attaquant au Kayserispor FC, un club turc.

    Samuel Eto’o (Cameroun)

    Related image

    Outre la construction d’un centre pĂ©diatrique pour rĂ©duire le taux de mortalitĂ© infantile Ă  Douala, au Cameroun, l’annĂ©e derniĂšre, Samuel Eto’o a annoncĂ© son intention de construire une Ă©cole dans la rĂ©gion nord du Cameroun avec le soutien de donateurs. La fondation de l’ancien capitaine des Lions Indomptables a Ă©galement fourni 100 bourses aux filles dans une Ă©cole en Sierra Leone.

    Samuel Eto’ o est un footballeur professionnel camerounais qui joue en tant qu’attaquant pour le club turc d’Antalyaspor. Notamment passĂ© par le club espagnol Barcelone FC, Eto’o est Ă  ce jour le joueur africain au palmarĂšs le plus garni de tous les temps, ayant remportĂ© le titre de Joueur africain de l’annĂ©e Ă  quatre reprises.

     

    Didier Drogba (Cîte d’Ivoire)

    Image result for didier drogba enfants

    Didier Drogba, ancienne star ivoirienne du football, a rĂ©cemment créé, en CĂŽte d’Ivoire, une Ă©cole destinĂ©e Ă  permettre aux enfants d’une communautĂ© rurale d’accĂ©der Ă  une Ă©ducation de qualitĂ©. L’école aurait Ă©tĂ© partiellement financĂ©e par NestlĂ© et l’International Cocoa Initiative. L’installation comprend des salles de classe, un jardin d’enfants, une cantine, des latrines, un terrain de football et des installations d’hĂ©bergement pour les enseignants.

    Didier Drogba, 40 ans, ancien capitaine des ÉlĂ©phants, Ă©volue dĂ©sormais au sein du club American Phoenix Rising.

  • Zimbabwe: des labos informatiques pour sauver l’école en milieu rural

    Zimbabwe: des labos informatiques pour sauver l’école en milieu rural

    En collaboration avec l’UNESCO, l’entreprise britannique Computer Aid International a mis en place Ă  Chipinge au Zimbabwe un laboratoire informatique alimentĂ© Ă  l’énergie solaire. L’initiative qui s’est rĂ©vĂ©lĂ©e ĂȘtre une grande rĂ©ussite a dĂ©jĂ  permis d’apprendre Ă  des Ă©lĂšves d’écoles rurales l’utilisation d’un ordinateur. Au total 150 Ă©tudiants ont Ă©tĂ© premiĂšrement formĂ©s aprĂšs le lancement du laboratoire il y a moins d’un an.

    Pour Qelani Jiho , professeur d’informatique, « l’effectif a doublé ». « Nous attendons Ă  ce qu’il continue d’augmenter », prĂ©voit-elle. Plusieurs observateurs expliquent que ce laboratoire informatique permet de combler le fossĂ© entre les Ă©lĂšves d’établissements ruraux et urbains. Autre avantage, ce laboratoire informatique peut ĂȘtre utilisĂ© quotidiennement. Il s’agit en effet d’un systĂšme fonctionnant Ă  l’énergie solaire. Le laboratoire ne souffre donc pas de problĂšme de coupure de courant.

    Transformation

    L’installation de ce laboratoire participe aussi Ă  la formation d’autres enseignants. Plus encore, l’école arrive dĂ©sormais Ă  imprimer ses propres documents d’examen. « C’est idĂ©al pour une Ă©cole rurale parce que nos membres du personnel et les Ă©tudiants font maintenant partie de la sociĂ©tĂ© technologique mondiale », se rĂ©jouit un membre de la direction.

    Les responsables du RĂ©seau du systĂšme des Ă©coles associĂ©es de l’UNESCO (RĂ©SEAU), estiment de leur cĂŽtĂ© qu’il est temps pour le Zimbabwe d’installer des laboratoires solaires similaires dans tout le pays. « Il est vital que les communautĂ©s marginalisĂ©es adoptent les TIC », ajoute-t-il. L’UNESCO avait dĂ©jĂ  invitĂ© l’État zimbabwĂ©en Ă  adopter des sources d’énergies renouvelables pour « transformer des vies dans les zones rurales » en matiĂšre d’éducation.

  • Afrique: comment les UniversitĂ©s combattent-elles la pĂ©nurie des enseignants?

    Afrique: comment les Universités combattent-elles la pénurie des enseignants?

    Sur le continent, plusieurs universitĂ©s crĂ©ent des cours en ligne. L’objectif pour ces Ă©tablissements est de dĂ©mocratiser l’accĂšs Ă  l’éducation. Mais c’est aussi un moyen de renforcer les collaborations et le rĂ©seautage entre les institutions ou les universitĂ©s africaines. Depuis 2016, Wits University est devenue la premiĂšre universitĂ© africaine Ă  offrir des MOOC (massivement ouverts en ligne) sur edX, une plateforme Ă©tablie par le MIT et Harvard. L’UniversitĂ© du Cap propose une sĂ©rie de sessions sur Coursera, de l’Ă©criture acadĂ©mique et du changement social, Ă  l’Ă©thique du don d’organes.

    Dans la sous-rĂ©gion ouest-africaine, l’accĂšs des cours en ligne n’est pas encore totalement adoptĂ© dans les universitĂ©s. Toutefois, le NigĂ©ria a dĂ©jĂ  expĂ©rimentĂ© la crĂ©ation de MOOC spĂ©cifiquement pour les diplĂŽmĂ©s du secondaire qui ne sont pas allĂ©s Ă  l’universitĂ© lors de leur premier essai. Pour plusieurs experts en Ă©ducation, l’accĂšs des cours en ligne pourrait ĂȘtre un des atouts pour les pays africains. Cela peut en effet permettre aux gouvernements de relever le dĂ©fi de chĂŽmage des jeunes et une pĂ©nurie de compĂ©tences.

    Relever des défis

    Des cours en ligne pourraient aider Ă  combler une lacune importante pour les employeurs africains, qui se sont plaints que les universitĂ©s africaines ne dotent pas les Ă©tudiants des bonnes compĂ©tences nĂ©cessaires pour le marchĂ©. Pour Seth Trudeau et Keno Omu de l’African Leadership University, les employeurs recherchent maintenant des diplĂŽmĂ©s capables de penser par eux-mĂȘmes, de s’intĂ©grer dans des milieux de travail dynamiques, d’apprendre de nouvelles façons de travailler et de trouver des solutions crĂ©atives aux problĂšmes rĂ©els. « Les capacitĂ©s dĂ©pendent plus de la façon dont elles ont Ă©tĂ© enseignĂ©es que de ce qu’elles ont appris », estiment les deux spĂ©cialistes.

    Pour le moment, diffĂ©rentes universitĂ©s africaines s’apprĂȘtent Ă  lancer les cours en ligne. Mais certains Etats sont incapables de franchir le cap. Des problĂšmes tels que la vitesse d’Internet et le droit d’auteur ont rendu difficile l’adoption de cette idĂ©e par certains pays. ConsĂ©quence, les Ă©tudiants africains se tournent de plus en plus vers les universitĂ©s Ă©trangĂšres pour continuer leur formation. Seule option pour eux d’affiner leurs compĂ©tences pour relever les dĂ©fis qui les attendent en Afrique.

     

  • En Afrique, Microsoft compte moderniser l’éducation avec le Cloud

    En Afrique, Microsoft compte moderniser l’éducation avec le Cloud

    Le continent africain est dans une belle dynamique en matiĂšre des nouvelles technologies et ses performances semblent plaire aux gĂ©ants mondiaux. Au rang de ceux-ci, Microsoft, qui veut principalement s’intĂ©resser au domaine de l’éducation.

    Au cours du premier semestre de l’annĂ©e 2017, l’amĂ©ricain Microsoft a exprimĂ© son intention d’utiliser pour la premiĂšre fois des data centers situĂ©s en Afrique, et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  Johannesburg et au Cap pour se fournir des cloud, Ă  l’horizon 2018. Ce n’est pas tout. Les nouveaux centres proposeront Ă©galement la possibilitĂ© d’hĂ©bergement de donnĂ©es et ainsi faciliter l’accĂšs aux services Internet et de cloud pour les populations et les organisations sur une bonne partie du continent africain. Selon le communiquĂ© que l’entreprise fondĂ©e par Bill Gates et Paul Allen avait rendu public, « ce nouvel investissement est un symbole de reconnaissance des opportunitĂ©s Ă©normes qu’apportera la transformation numĂ©rique en Afrique ».

    Mais depuis peu, Microsoft s’intĂ©resse Ă  bien d’autres domaines, comme l’éducation. En effet, Microsoft travaille actuellement avec des ministĂšres de l’éducation dans de nombreux pays africains comme le Cap-Vert, la CĂŽte d’Ivoire, le Rwanda et le Kenya
, en fournissant des technologies pour assister les processus d’enseignement et d’apprentissage. De fait, lors d’une rĂ©cente confĂ©rence, les responsables du groupe ont ajoutĂ© Ă  cette liste, un nouveau partenariat avec le Mozambique pour « moderniser l’éducation dans le pays ».

    En janvier dernier, Microsoft avait aussi signĂ© un protocole d’entente accord avec Ecobank Transnational Incorporated, sociĂ©tĂ© mĂšre du groupe bancaire panafricain Ecobank. Une collaboration qui rĂ©sulte de la pression croissante sur les agglomĂ©rations africaines due Ă  l’urbanisation et Ă  la nĂ©cessitĂ© de d’offrir des services qui assureront un environnement plus sĂ»r, ouverte et durable. Objectif de cet accord, accompagner les efforts des gouvernements pour « moderniser et Ă©lever les standards des grandes villes du continent grĂące Ă  des solutions numĂ©riques de pointe ». Ce protocole d’accord se veut un vecteur de modernisation des secteurs qui auront l’impact le plus immĂ©diat et le plus important pour le dĂ©veloppement les pays africains.

    Les secteurs visĂ©s comprennent les dĂ©caissements de bourses et les frais de scolaritĂ© dans le secteur de l’éducation ; par ailleurs, la collecte par la municipalitĂ© auprĂšs des vendeurs du marchĂ© et des petites boutiques, les rĂšglements pour les licences des vĂ©hicules et de permis de conduire ainsi que pour les e-Visa et les e-Passeport. Mais l’initiative ne se limite pas lĂ . Elle couvre Ă©galement la mise en Ɠuvre d’un programme complet d’e-compĂ©tences et de formations dans le domaine du digital.

    L’entreprise a Ă©galement profitĂ© du sommet pour le lancement officiel en Afrique de sa solution Microsoft 365 Education, conçue pour « libĂ©rer la crĂ©ativité », pour « promouvoir le travail d’équipe » et « offrir une expĂ©rience utilisateur simple et sĂ»re ». Parmi les diffĂ©rentes fonctionnalitĂ©s, le paquet comprend une version Ă©ducative du jeu populaire Minecraft (qui enseigne aux Ă©tudiants comment coder), une plate-forme de collaboration Microsoft Teams et le service Intune du gĂ©ant du logiciel, qui aide les Ă©coles Ă  mettre en place et Ă  gĂ©rer les appareils scolaires.

    En Afrique, le grand défi

    Un grand des grands obstacles auquel se heurtent les entreprises qui veulent s’implanter en Afrique pour Ɠuvrer dans le domaine de l’éducation est qu’elles doivent souvent travailler avec les gouvernements, ce qui peut ĂȘtre un exercice lent et trop bureaucratique. L’attrait du sommet Innovation Africa est probablement sa capacitĂ© Ă  attirer un grand nombre de responsables gouvernementaux Ă  un mĂȘme endroit.

    Un autre dĂ©fi auquel Microsoft est confrontĂ©e selon ses responsables est la perception de la tarification de ses produits Ă©ducatifs. Bien de personnes ignorent que les Ă©coliers n’ont pas Ă  payer le mĂȘme prix pour utiliser Word comme les entreprisse. « Je suis toujours surpris de voir combien d’institutions en Afrique ne savent pas que nous avons des licences pour l’éducation. Beaucoup d’institutions me disent que “votre logiciel est trop cher”, mais le fait est qu’elles achĂštent des logiciels Ă  des prix compĂ©titifs », a commentĂ© Mark East, responsable rĂ©gional de Microsoft pour l’éducation en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

    Commentant ce dont les prestataires de services Ă©ducatifs ont besoin pour rĂ©ussir sur le continent, East a mis en exergue des « victoires de tĂȘte de pont », des rĂ©ussites avĂ©rĂ©es qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour dĂ©crocher de nouvelles affaires. Il a ajoutĂ© que ceux qui cherchent Ă  entrer dans un pays particulier devraient s’associer avec de plus grandes entreprises technologiques dĂ©jĂ  actives sur un marchĂ©. Ils devraient Ă©galement s’aligner sur les plans de transformation numĂ©rique des gouvernements respectifs, a-t-il conseillĂ©.

     

     

  • Le richissime GhanĂ©en Patrick Awuah dĂ©signĂ© laurĂ©at du WISE Prize

    Le richissime Ghanéen Patrick Awuah désigné lauréat du WISE Prize

    Le GhanĂ©en Patrick Awuah, fondateur et prĂ©sident de l’universitĂ© Ashesi, basĂ©e Ă  Accra, a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© laurĂ©at du prestigieux WISE Prize pour l’éducation 2017, en rĂ©compense pour son travail accompli pour la promotion de l’éducation dans son pays natal et sur tout le continent africain. Il est de fait le premier Africain Ă  gagner ce prix.

    C’est Son Altesse Sheikha Moza bint Nasser, prĂ©sidente de la Fondation du Qatar, qui a remis le WISE Prize pour l’éducation Ă  Patrick Awuah, lors de la session plĂ©niĂšre d’ouverture mercredi du Sommet mondial de l’innovation pour l’éducation (WISE) Ă  Doha, au Qatar, devant quelque 2.000 participants venus de plus de 100 pays.

    Le directeur gĂ©nĂ©ral de WISE, Stavros N. Yiannouka, a dĂ©clarĂ© que Patrick Awuah, sixiĂšme laurĂ©at du WISE Prize pour l’éducation, rejoignait un groupe de personnalitĂ©s qui partagent une passion commune pour l’éducation comme moteur de l’émancipation.

    « Tous les LaurĂ©ats du WISE Prize ont identifiĂ© des besoins qui les ont poussĂ©s Ă  agir. Et tous ont rĂ©ussi Ă  rassembler et fĂ©dĂ©rer autour de leur vision, » a ajoutee M. Yiannouka. L’histoire de Patrick Awuah est unique, par sa prise de conscience du rĂŽle du leadership Ă©thique dans la transformation sociale, notamment en Afrique.

    Sous sa direction, Ashesi a mis en place plusieurs programmes d’études reposant sur les piliers des arts libĂ©raux. Il a compris que les outils pour acquĂ©rir et interprĂ©ter les connaissances sont tout aussi importants que les connaissances elles-mĂȘmes. En plaçant le leadership au cƓur de son engagement, Patrick Awuah est devenu un modĂšle dans la promotion de l’éducation comme moteur de l’émancipation.

    En effet, le grand le mĂ©rite de Patrick Awuah est que tous les diplĂŽmĂ©s de l’universitĂ© Ashesi ont trouvĂ© un emploi aprĂšs leurs Ă©tudes et presque tous sont restĂ©s en Afrique oĂč beaucoup ont créé les entreprises nĂ©cessaires au dĂ©veloppement du continent.

    L’innovation de Patrick Awuah dans l’enseignement supĂ©rieur est exceptionnelle Ă  plusieurs titres : non seulement elle donne aux Ă©tudiants les moyens pour rĂ©ussir, mais elle a Ă©galement le potentiel de transformer le Ghana et d’autres pays africains en crĂ©ant une nouvelle gĂ©nĂ©ration de dirigeants et d’entrepreneurs.

    Le WISE Prize pour l’éducation est la distinction la plus importante rĂ©compensant un individu (ou une Ă©quipe de six personnes) pour sa contribution exceptionnelle et mondiale Ă  l’éducation. Le laurĂ©at reçoit une mĂ©daille en or, symbole du WISE Prize, ainsi que la somme de 500 mille dollars amĂ©ricains.

    InstituĂ© en 2009 par Son Altesse Sheikha Moza bint Nasser, WISE est une plate-forme internationale et multidisciplinaire destinĂ©e Ă  encourager la rĂ©flexion, la crĂ©ativitĂ©, le dĂ©bat et l’action concrĂšte. Cette annĂ©e, l’évĂšnement s’est tenu Ă  Doha du 14 au16 novembre autour du thĂšme « Co-exister, co-crĂ©er : Apprendre Ă  travailler et vivre ensemble ».

    Qui est Patrick Awuah ?

    Patrick Awuah a quittĂ© le Ghana en 1985 avec 50 dollars en poche et une bourse pour Ă©tudier au Swarthmore College, en Pennsylvanie, aux États-Unis. Ses quatre annĂ©es d’études en arts libĂ©raux lui ont prouvĂ© le pouvoir de la pensĂ©e critique, ce qui contrastait grandement avec ce qu’il avait prĂ©cĂ©demment appris. AprĂšs l’obtention de son diplĂŽme, il a fait une brillante carriĂšre chez Microsoft, oĂč il a notamment dirigĂ© la conception de l’accĂšs Internet par ligne commutĂ©e.

    DĂ©sireux de contribuer Ă  donner un souffle nouveau Ă  son pays, il est rentrĂ© au Ghana avec l’intention de crĂ©er une entreprise de logiciels. Au Ghana, il a vite compris que la mise en place d’un leadership Ă©thique Ă©tait fondamentale pour former une gĂ©nĂ©ration capable d’apporter des changements positifs en Afrique. Il a dĂ©cidĂ© de reprendre des Ă©tudes, Ă  l’universitĂ© de Berkeley cette fois, pour comprendre comment s’y prendre pour crĂ©er une universitĂ© qui favorise le leadership et l’intĂ©gritĂ©.

    Patrick Awuah a expliquĂ© qu’il avait dĂ©cidĂ© de crĂ©er une nouvelle universitĂ© au Ghana non parce qu’il manquait des universitĂ©s, mais parce qu’il manquait des universitĂ©s qui enseignent aux Ă©tudiants les compĂ©tences du 21e siĂšcle. « On se focalisait trop sur l’apprentissage par cƓur et la mĂ©morisation, beaucoup moins sur la pensĂ©e critique ou autonome, sur l’éthique ou la coopĂ©ration. J’ai donc dĂ©cidĂ© d’ouvrir une universitĂ© qui offrirait aux jeunes ghanĂ©ens et africains l’opportunitĂ© d’exceller et de devenir les meilleurs pour rĂ©soudre les challenges de notre Ă©poque », a relevĂ© M. Awuah.

    En 2002, l’universitĂ© Ashesi (qui signifie « dĂ©but » en akan, une langue parlĂ©e au Ghana) a ouvert ses portes dans une maison louĂ©e pour l’occasion, avec une premiĂšre promotion de 30 Ă©tudiants. Actuellement, l’universitĂ© Ashesi possĂšde un campus de plus de 40 hectares Ă  Berekuso, sur les hauteurs d’Accra, la capitale du Ghana, et accueille 900 Ă©tudiants.

    Elle propose des cursus de quatre ans en ingĂ©nierie, administration des affaires, informatique et gestion des systĂšmes d’informations. La formation repose sur un programme interdisciplinaire, en insistant sur le leadership, l’éthique et l’entrepreneuriat. Avant d’obtenir leur diplĂŽme, tous les Ă©tudiants prennent part Ă  des activitĂ©s de services pour la communautĂ©.

    L’universitĂ© Ashesi accorde une place importante Ă  la diversitĂ© culturelle, Ă©conomique et du genre : 50 pour cent des Ă©tudiants bĂ©nĂ©ficient de bourses partielles ou complĂštes, la moitiĂ© des Ă©tudiants sont des femmes, et plus de 20 pays sont reprĂ©sentĂ©s sur le campus. Par ailleurs, en 2008, les Ă©tudiants d’Ashesi ont mis en place un Code d’honneur par lequel, ils s’engagent Ă  faire preuve d’un comportement Ă©thique, une premiĂšre dans les universitĂ©s africaines.

    AprĂšs avoir reçu le Prix, Patrick Awuah a dĂ©clarĂ© que celui-ci va lui permettre de poursuivre le travail initiĂ© au sein d’Ashesi, pour continuer Ă  inspirer et Ă  Ă©duquer les nouvelles gĂ©nĂ©rations, afin de leur donner les moyens de naviguer dans la complexitĂ© de la croissance de l’Afrique et devenir un exemple pour le reste du monde.