Catégorie : Environnement

  • Les Seychelles, leader mondial dans la réduction des gaz à effet de serre  

    Les Seychelles, leader mondial dans la réduction des gaz à effet de serre  

    Les Seychelles, archipel de 115 îles au large des côtes de l’Afrique de l’Est, sont confrontées depuis un certain temps à nombre de défis climatiques, affectant bien de leurs activités, notamment la pêche dont dépend une grande partie de la population.

    Depuis environ une décennie, les rapports montrent une « vulnérabilité » de l’environnement sur les îles Seychelles. Principaux points touchés, le changement climatique, la dégradation de l’environnement due au développement, la pollution et le blanchissement des coraux qui affectent ses pêcheries.

    Toutefois, le pays ne s’est pas montré désarmé, et la situation s’est considérablement améliorée, à en croire l’indice de performance environnementale 2018, un rapport biennal de chercheurs de l’Université de Yale et de l’Université de Columbia en collaboration avec le Forum économique mondial. L’effort fourni a été remarquable, et le rapport note que les Seychelles ont émergé comme le pays avec la plus grande amélioration enregistrée.

    Performances

    En effet, l’indice classe 180 pays dans 24 catégories différentes : pollution de l’air, assainissement, pêche, agriculture, climat et énergie, habitat de la biodiversité.

    Les Seychelles se sont notamment illustrées dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, même si en parallèle données de la Banque mondiale montrent cependant que les émissions de CO2 des Seychelles ont fluctué au fil des ans.

    Au 39e rang de l’indice, les Seychelles sont le pays d’Afrique subsaharienne le mieux classé. Viennent ensuite la Guinée équatoriale (71) et la Namibie (79). Les Seychelles ont vu une amélioration significative dans la section du climat et de l’énergie, passant de l’un des plus bas niveaux, 179 à 1, le plus haut possible, avec une amélioration de son score de 10,04 à 93,25. Toutefois, l’Afrique en général reste faible sur ces indices.

    Les Seychelles sont probablement mieux connues comme ses plages et son tourisme. En 2017, cet État insulaire était reconnu sur le continent pour être le pays le plus ouvert à tous les détenteurs de passeports africains. De même, ses citoyens ont le passeport africain le plus puissant.

     

  • Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Ghana: les rappeurs militent pour la cause environnementale

    Au Ghana, les rappeurs allient rimes et « punchlines » à l’activisme pour prendre le lead sur les questions de la protection de l’environnement.

    Au cours des 4 dernières décennies, le Ghana a été confronté à des défis environnementaux complexes. Ces défis incluent un problème crucial qu’est la pollution toxique, engendrée par la mauvaise gestion des matières résiduelles. En effet, dans ce pays, le système de gestion des déchets est encore très insuffisant. Selon les chiffres, seuls 67 % des déchets sont collectés et le pays manque toujours d’infrastructures pour les gérer, malgré les efforts de l’Agence de protection de l’environnement du Ghana (EPA). Et pour l’instant, ce pays qui réalise une croissance économique enviable est contraint de brûler ses déchets électroniques. La pratique n’est pas restée sans conséquences environnementales importantes.

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    En un premier temps, sous les yeux de l’ancien chef d’État John Dramani Mahama, et désormais de Nana Akufo-Addo, Accra est devenue une ville noyée dans les déchets plastiques. Le système de caniveaux en bordure de route de la ville, destiné à endiguer les fortes pluies et les inondations pendant les saisons pluvieuses, envoie l’eau en excès dans une lagune qui se déverse dans le golfe de Guinée. Mais les tas d’ordures endommagent souvent les caniveaux dans les quartiers les plus pauvres du Ghana et les rendent vulnérables aux inondations.

    En 2015, le colmatage des déchets plastiques accumulés et les inondations qui en ont résulté ont forcé des dizaines de personnes à fuir les zones concernées.

    Dans un contexte plutôt difficile à gérer, les rappeurs s’engagent dorénavant à prendre les terreaux par les cornes.

    Les vers de l’environnement

    Dans le clip de sa chanson Gold Coast sorti l’année dernière, le rappeur ghanéen ELi se tient sur la plage de Labadi à Accra, alors que des vagues et des bouteilles en plastique s’écrasent contre ses pieds. Il marche pieds nus sur un tapis de bouteilles et de sacs en plastique, avec seulement des pointes de sable. Dans une autre scène, le même rappeur se tient au garde-à-vous, sa poitrine saillit, son menton relevé, ses pieds et ses chevilles enfoncés dans un tas de plastique et de déchets.

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    ELi, dont le nom complet est Edward Elikplim Ayikoe, appartient à une communauté naissante de musiciens ghanéens qui utilisent leur travail pour « évaluer » la stature du Ghana comme une « démocratie modèle », pour reprendre les mots de l’ancien président américain Barack Obama. Ces artistes veulent attirer l’attention non pas sur les thèmes traditionnels de la réussite financière, de l’amour et du style de vie, mais sur d’autres problèmes qui peuvent « étouffer » une démocratie, comme le flot de bouteilles et de sacs en plastique répandus dans les quartiers de la capitale ghanéenne.

    Les rappeurs considèrent leur musique et leurs plateformes comme essentielles pour sensibiliser la population sur la crise.

    Environnement, une cause démocratique

    Le hip-hop a longtemps été un cadre artistique dominant permettant aux rappeurs d’exprimer leurs frustrations. Au Ghana, la paix relative et la liberté dans les expressions ont permis aux artistes d’explorer des sujets tels que l’environnement, le sexisme, le chômage et même la domination du christianisme, faisant d’eux des questionnaires musicaux incisifs du statu quo.

    Wanlov, qui a réalisé la vidéo d’ELi, est un Ghanéen métis. Son vrai nom est Emmanuel Owusu-Bonsu, et il est connu pour n’avoir pas porté de chaussures depuis 10 ans. « Quand vous venez au Ghana et vous demandez qui est la personne la plus gênante, quand il s’agit de questions sociales, de problèmes gouvernementaux et de corruption, ils disent mon nom », se targue Wanlov.

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    En 2014, c’est cet homme qui a organisé une compétition de musiques écologiques appelée « Eco Rave ». Dans la chanson lauréate du concours dont le titre est Keep Ghana Clean, Efo Chameleon, 27 ans, a levé la voix sur les gouttières bouchées, la puanteur et la négligence généralisée qui est venue définir la vie dans la capitale du Ghana. L’artiste donne également des instructions étape par étape sur la façon de se débarrasser des plastiques. Mais à côté de cela, les médias sociaux et les services de streaming Internet ont donné à des artistes comme Efo et ELi, ainsi que Akan, Worlasi, Azizaa, Kwame Write et Mensa, collaboratrice de Wanlov dans le groupe FOKN Bois, l’occasion d’être politique sans avoir besoin d’être à la mode.

    Toutefois, ces musiciens ont traditionnellement du mal à s’introduire dans l’industrie dite de « payola », où les artistes et les labels doivent souvent payer aux DJs et aux médias pour faire jouer leurs musiques. L’été dernier, un groupe de jeunes entrepreneurs musicaux dirigé par Selorm Jay a lancé le site « Yoyo Tinz » pour célébrer et promouvoir les artistes hip-hop politiquement et socialement engagés au Ghana, et qui sont souvent exclus par le système payola.

    A claire, ce qui différencie ces artistes du hip-hop ghanéen des autres artistes des pays voisins, c’est que le champ d’action des premiers ne se limite pas à la politique. Leur vision d’une nation libre est celle où le gouvernement est responsable, mais aussi où l’environnement est pris en charge. Et pour arriver à ce point, tous les moyens sont bons. Des beaux vers aux punchlines.

  • Sècheresse: le compte à rebours de l’apocalypse est lancé à Cape Town

    Sècheresse: le compte à rebours de l’apocalypse est lancé à Cape Town

    À Cape Town, en Afrique du Sud, tant pour le très grand nombre de touristes qu’il accueille chaque année que pour les habitants, les prochains mois s’annoncent dure. Et pour cause, la ville est en proie à la pire crise de l’eau de mémoire récente, avec un compte à rebours à Day Zero, 20 mai 2018.

    Les visiteurs entrant dans la ville de Cape Town cette année seront accueillis avec des signes avant-gardes qui virent entre doux mais fermes et positivement apocalyptiques.

    Cape Town est l’une des villes les plus convoitées par les touristes et une des plus riches en Afrique. L’an dernier, Cape Town était la deuxième ville la plus visitée d’Afrique après Johannesburg, qui est un important centre de voyages régional ainsi que la capitale commerciale de l’Afrique du Sud. Cette ville a eu la part la plus élevée avec les visiteurs du Royaume-Uni, les États-Unis et l’Allemagne en tête de son nombre.

    La ville, réputée pour sa beauté côtière, compte de nombreux sites touristiques populaires. Très appréciée pour son décor, une ville située entre la mer et les montagnes, ce luxe ne protège pour autant pas cette ville d’une catastrophe qui touche une large partie du continent africain qui est le manque d’eau.

    En mars dernier, les autorités du Cap ont alerté les populations de la nature de la menace. Et pour cause, une grande sécheresse qui qui s’abat depuis de longs mois sur l’Afrique australe et la province du Cap-Occidental. La réserve d’eau retenue derrière le principal barrage qui domine Cape Town avait déjà baissé de 28,6 % et on ne comptait plus qu’environ 100 jours de réserve d’eau potable. Pour faire face au fléau, la municipalité avait demandé aux habitants de limiter leur consommation d’eau. Depuis décembre 2016 d’ailleurs, restrictions ont été mises en place et la consommation avait été réduite de 27 %. Vers fin mai, une pluie d’été inattendue a aidé à repousser l’échéance.

    Apocalypse…

    Désormais, dans cette ville la date du 20 mai 2018 est retenue comme « le jour où les robinets seront fermés », selon les nouvelles estimations de la mairie de la ville. L’hôtel de ville met actuellement en œuvre des « restrictions d’eau de niveau cinq » qui, depuis septembre, interdisent l’utilisation de l’eau municipale à des fins non essentielles. Pour les maisons, cela signifie réduire la consommation d’eau à 87 litres par personne et par jour.

    L’utilisation commerciale de l’eau doit être réduite de 20 %, tandis que les quelque deux millions de touristes qui visitent la ville pendant la période des fêtes sont encouragés à « se comporter comme un local ». Le Maire de la ville, Patricia de Lille a personnellement visité les maisons des gros consommateurs d’eau la semaine dernière. Plus tôt cette année, le bureau du maire a publié la liste des 100 meilleurs « délinquants » en termes de consommation d’eau. Mais les projets de collecte d’eau actuellement en cours devraient fournir 240 millions de litres d’eau supplémentaires, ce qui est suffisant pour que le Cap traverse l’été et dépasse l’échéance, selon David Olivier, chercheur à l’Université du Witwatersrand.

    « Day zero »

    Les communications autour de la crise de l’eau du Cap ont réussi à sonner l’alarme dans cette ville habituellement décontractée. « Day Zero », une campagne de sensibilisation sur la menace évoque une image apocalyptique de longues queues de Capetoniens desséchées attendant une ration quotidienne d’eau, les sites touristiques de la ville étant réduits à un terrain aride.

    En effet, il semble également qu’il n’y ait pas assez de données pour soutenir l’idée que la ville devra fermer ses robinets. Actuellement, il est difficile de savoir combien de temps durera cette sécheresse et si elle apportera un nouveau modèle météorologique pour le Western Cape, selon Piotr Wolski du Climate System Analysis Group. Les scientifiques ne pouvant pas se prononcer sur un système de modélisation du climat à long terme pour la région, publient les prédictions aboutissant encore à une conclusion quelque peu ambiguë. Pour le moment, la population de Cape Town ne veut pas envisager le pire.

  • Des vétérans américains  en Afrique pour traquer les braconniers

    Des vétérans américains  en Afrique pour traquer les braconniers

    La recrudescence du braconnage sur le continent oblige certains États à faire appel à des vétérans américains pour former leurs rangers. Désormais c’est avec des méthodes militaires que ces « soldats de la faute » luttent contre les braconniers.

    Depuis près de cinq ans, des voix s’élèvent pour dénoncer l’extinction de certaines espèces dans la savane africaine. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) continue d’exprimer sa préoccupation sur la menace de disparition qui plane sur le pangolin, le rhinocéros, la girafe et le guépard. Leur disparition est liée à des activités humaines, notamment le braconnage illégal. Mais depuis quatre ans, sur le continent, une bataille de longue haleine est en cours dans les faunes. Elle oppose des braconniers qui chassent des animaux dans les faunes et les rangers qui se donnent pour tâche de protéger les animaux.

    Mais la protection des rangers n’est pas toujours totale. Le braconnage illégal étant devenu une crise si grave que les braconniers passent souvent entre les mailles des rangers. Depuis plusieurs mois, des parcs animaliers sur le continent se tournent de plus en plus vers les soldats actifs. Les responsables en charge de la gestion des parcs font appel à des vétérans qui utilisent des technologies militaires pour protéger la faune. C’est le cas du Malawi. Pour la protection de ces parcs, le pays a fait appel à des soldats britanniques. Ces derniers enseignent aux rangers comment combattre les braconniers à kalachnikov. Cette aide des soldats britanniques s’inscrit dans le cadre d’un programme soutenu par le prince Harry.

    De leur côté, les rangers kényans utilisent du matériel de qualité militaire pour traquer les braconniers avec l’aide du Fonds mondial pour la nature. L’organisation a également essayé de déployer des drones en Namibie. Pour Ryan Tate, fondateur de VETPAW (Veterans Empowered to Protect African Wildlife), un organisme à but non lucratif américain lancé en 2013, le personnel militaire est bien équipé pour aider les gardes forestiers à faire face à la crise du braconnage. Le patron du VETPAW estime que les vétérans disposent de compétences pour dissuader les braconniers. Le VETPAW forme depuis quatre ans des équipes de vétérans américains qui doivent venir en appui aux rangers africains. La formation porte sur des tactiques militaires et sur comment patrouiller sur de vastes zones ou mener des opérations nocturnes.

    Approche critiquée

    « Au lieu de les envoyer chercher une aiguille dans une botte de foin, si nous pouvions leur apprendre à prendre des informations et à réduire les points de braconnage où les braconniers entrent et sortent des réserves, et comment ils le font, si nous pouvions apprenez-leur ces tactiques, nous pourrions réellement renverser la vapeur dans cette crise », résume Ryan Tate. Le VETPAW qui est financé par des dons compte actuellement sur le continent six vétérans.

    Outre la lutte contre le braconnage, les vétérans travaillent également avec des écologistes locaux pour comprendre comment gérer les animaux et le terrain. Cependant, la relation entre le personnel militaire, les anciens combattants et les rangers n’est pas sans reproche. Une équipe de chercheurs de l’université de Sheffield s’est récemment opposée à de telles tactiques. « Cette image d’une écoarmée bienveillante détourne l’attention de poser d’autres questions importantes comme ce qui motive le braconnage en premier lieu [et] quel rôle joue la pauvreté », ont écrit les chercheurs.

    L’article des chercheurs se rapportait à une déclaration publiée en avril par l’Association des Rangers d’Afrique sur l’utilisation de «personnel et tactiques militaires et de sécurité» pour entraîner les gardes-chasse. Parmi les préoccupations de l’association: le manque de coordination, le manque de contrôle approprié et le manque d’appréciation de l’environnement politique et culturel dans lequel évoluent les rangers. Selon les chercheurs de l’université de Sheffield, l’engagement de la communauté et le travail pour éradiquer la demande de produits de la faune sont une approche plus efficace.

    Ryan Tate affirme apprécier en partie la position des chercheurs. Il réitère toutefois que les rangers ont besoin de ce type de formation pour répondre aux tactiques sophistiquées des braconniers. Le fondateur de VETPAW critique également le fait que les chercheurs passent sous silence les efforts de la communauté et du renseignement déployés par les anciens soldats et les soldats actifs, efforts qu’il dit aider les gardes forestiers à trouver et à appréhender en toute sécurité les braconniers.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    Togo: la difficile vie dans les sites d’extraction de phosphate [Grand Angle]

    L’exploitation du phosphate se fait dans plusieurs localités du pays. Mais les conditions de travail restent à améliorer. Reportage à Kpomé-Akadjamé, localités du sud-est Togo, qui abrite un site d’extraction.
    A une quarantaine de kilomètres au Nord-est de Lomé la capitale, se situe Kpomé, une zone de production de phosphate.

    « Il y a quelques années, une partie de ma famille a déménagé d’ici parce qu’on devait extraire du phosphate sur le sol. Ils étaient obligés de quitter », confie Agbéko, jeune conducteur de taxi moto de la localité. Cette situation, plusieurs familles l’ont vécue. Mais il faut dire qu’une fois déplacée, ces familles sont réinstallées sur d’autres sols. « C’est à Kpomé Tansi qu’ils habitent maintenant avec d’autres familles. On leur à construit une maison, un marché ».

    Mais à Dagbati, Apéyémé et Zéglé, la situation n’a pas été la même. Les populations ont dans certaines de ces localités refusé de quitter leur sol avant de céder. Ceux qui ont voulu résister disent « avoir reçu des menaces ». Ces populations déplacées n’ont pas toujours aussi été mises dans de bonnes conditions. « Elles ont été logées. On leur a fait des promesses qu’on peine toujours à réaliser », selon Agbeko.A Kpomé- Akadjamé, près du site d’extraction de Kpogamé, monsieur Attisso, 73 ans, qui a longtemps travaillé sur le site d’extraction minier confie :


    « Une fois que la décision de l’exploitation de votre sol est prise, l’entreprise vient avec ses géomètres pour les mesures nécessaires. On nous paie en fonction de la superficie de nos sols ».


    Le vieillard qui souffre aujourd’hui de problèmes d’audition avoue recevoir chaque trois mois une somme en contrepartie de son « sol récupéré ». Mais pour lui, de sérieux problèmes persistent.

    Des besoins prioritaires

    A Kpomé Akadjamé, la Société Nouvelle des Phosphates du Togo contribue t-elle au développement de la communauté locale ? « Nous demandons depuis à avoir une pompe d’eau mais ce n’est toujours pas le cas. L’électricité aussi, nous avons souffert avant de l’avoir », déclare monsieur Attisso. Pour lui, aucune raison ne peut expliquer cette situation d’autant plus que leurs besoins sont élémentaires. Un moyen d’approvisionnement en eau de bonne qualité et des WC bien construits. A ce jour, les habitants n’ont à leur disposition qu’un puits pour leur besoin en eau. La localité est électrifiée depuis quelques années avec un CEG et un dispensaire.

    Mis à part ces besoins urgents que sentent les habitants d’Akadjamé, ces derniers pensent surtout à leur progéniture. Mme Atama, revendeuse, s’interroge sur ce qui restera comme héritage aux futures générations. « On nous déplace de nos sols quand on veut, qu’aurons-nous à laisser à nos enfants ?». A Akadjamé, l’on a surtout l’impression de dilapider tout un héritage quand on « loue son sol pour l’extraction du phosphate ». Le fait est que ces sols pour la plupart, ne sont pas restaurés après l’extraction du minerai. Résultat, de grands trous béants restent présents sur les sites. Des collines de sables et même des déchets peuvent être perçus près des lieux d’extraction. « C’est incompréhensible. Sur le site de Hahotoé, ils ont l’habitude de remblayer les trous. Ici ils ont commencé par le faire. Mais entre temps, ils ont cessé », confirme Henri, ouvrier habitant à Akadjamé.

    Difficiles conditions de travail

    Pour le déplacement de ses ouvriers, la SNPT a mis à leur disposition ses pick-up et aussi des bus loués. Des moyens de transport qui « ne sont pas toujours en bon état », selon les ouvriers. Tout près du site d’extraction, des bruits assourdissants de machines se font ressentir. « C’est comme ça tous les jours. Cela dérange beaucoup. Mais nous ne pouvons rien », confie Monsieur Mensah, délégué des ouvriers. Avant de relever un autre problème sur le lieu de travail : la poussière.

    « C’est parce qu’il a plu cette semaine qu’elle a un peu diminué. La poussière rend parfois la vision floue sur le site. Il arrive même qu’à une dizaine de mètres, tu ne vois pas ton prochain. La poussière agit beaucoup sur notre santé. Avant, je ne portais pas des verres. Ce n’est plus le cas maintenant puisque ma vue à depuis un bon bout de temps, quelques problèmes ». Ce dernier poursuit : « par exemple, il y a risque qu’un engin vous renverse quand la vision sur le site n’est pas au top ou que des accidents de travail soient fréquents. Nous travaillons beaucoup. Nous méritons de meilleures conditions.»

    Les conditions de sécurité sur le site ne seraient-ils pas bien réunies ? Pour le délégué des ouvriers, « un effort reste à faire ». « L’entreprise a quand même fait un pas positif en nous assurant à 80%», laisse-t-il entendre.

    Une lutte organisée ?

    Au nombre de 1581, les ouvriers de Kpogamé déplorent le manque de tenue de travail, de chaussures de sécurité. « Nos textes le disent. Après chaque 18 mois, notre employeur devrait nous doter de tous ces matériels », affirme Fréderic, ouvrier compteur-pelle depuis plus de dix ans. Pour ce quadragénaire, les conditions de travail sont « difficiles ». « Les conditions que nous vivons nous tuent peu à peu. Quand je suis au travail, je me sens inquiet. C’est quand je suis au repos ou en congé chez moi à la maison que je me sens à l’aise ». Les ouvriers ont, en effet, chaque semaine un jour de repos et dans l’année, un mois de congé. Frédéric évoque même certains de ses amis ouvriers qui ont abandonné. « Ils ont raccroché. Certains, parce qu’ils ne pouvaient plus. D’autres, parce qu’ils avaient trouvé mieux ailleurs. »

    En 2003, quand Henri a commencé par travailler comme ouvrier occasionnel sur le site minier, il recevait 15000 francs CFA comme salaire à chaque fin de mois. Actuellement, il touche moins de 200000 francs CFA. Un salaire qu’il estime infime, comparé au travail qu’il fournit tous les jours. Des ouvriers qui pensent la même chose que lui sont légion. Pour eux, leurs responsables de syndicat « ne défendent pas bien leurs droits auprès des autorités». Un avis que ne partage pas le délégué Mensah qui affirme faire avec ses autres collègues le maximum d’effort qu’il faut.

    En octobre dernier, le syndicat des travailleurs a observé une grève de 48 heures pour différentes revendications. Il estime ne plus avoir confiance en la direction générale de la SNPT.

  • Yacouba Sawadogo, le « monsieur écolo » burkinabé

    Yacouba Sawadogo, le « monsieur écolo » burkinabé

    L’homme a une silhouette et des rides qui renseignent aisément sur sa génération. Il a 80 ans. Pourtant il a une réputation qui tend vers le miraculeux : le stoppeur du désert.

    À 184 km de Ouagadougou, une forêt du nom de « Gouga » d’une vingtaine d’hectares s’est faite célèbre par sa végétation dans une zone frappée d’aridité.

    Plus tôt, depuis les années 1970, le Nord du Burkina Faso s’était confronté à une désertisation sans précédente. Dans cette région, les longues sécheresses des années 1970 ont provoqué un désastre écologique sans précédent. Brousse ravagée, animaux décimés, pluies raréfiées. Les résultats étaient inquiétants et selon l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD), en juin 2011, la région est l’une des trois zones du pays où la dégradation des sols était la plus forte, avec un indice de 3,1 sur 5, et le rythme de dégradation des terres y est élevé… Avant qu’un certain Yacouba Sawadogo ne s’invite dans la zone.

    Un messie burkinabé

    « À la fin des années 1960, des prédicateurs ont annoncé que nous ferions face à une sécheresse sans pareille dans notre localité. Face à ce malheur annoncé, j’ai décidé de laisser tomber mon commerce de pièces détachées afin de me mettre à l’agriculture. Afin de comprendre comment la nature se régénère, j’ai mis deux ans à sillonner les terres de mon village, souvent à pied, parfois à cheval » dit-il.

    Le contraste entre sa première vie de commerçant de pièces détachées et cette dernière de héros salvateur d’un territoire hostile à toute vie végétale fait de lui un héros. Yacouba n’est diplômé d’aucune grande école. Il est illettré. « Dès le début, j’étais convaincu que les terrains désertiques deviendraient un jour une forêt. Mais les villageois me traitaient de fou ! », se souvient-il.

    Le cultivateur a utilisé une technique naturelle : la régénération naturelle assistée (RNA). Cette pratique d’agroforesterie vise à protéger les plantules qui poussent naturellement sur un champ, en y appliquant divers paquets technologiques de conservation des eaux et des sols.

    Le Zaï

    Le Zaï consiste à creuser de petits trous de quelques centimètres, dans lesquels on met de la fumure organique avant les semis. Ces petits carrés permettent aussi de retenir l’eau, mais aussi à construire des cordons pierreux, un sytème qui nécessite d’attacher des cailloux à l’aide d’un grillage afin d’empêcher le ruissellement de l’eau. Cette technique permet de ralentir l’érosion des sols et de garder l’humidité pendant les périodes de sécheresse : : voilà comment Yacouba y est arrivé.

    Après une quarantaine d’années de travail de récupération et d’ensemencement de graines d’arbre et d’herbe, Yacouba Sawadogo a créé une véritable forêt au milieu d’une brousse éparse. « C’est un travail passionnant », explique le cultivateur. Si aujourd’hui, il déclare modestement ne pas être l’inventeur de la RNA, il a fortement contribué à sa mise en valeur.

    Yacouba Sawadogo travaille ainsi tout au long de l’année, en saison pluvieuse comme en saison sèche. La forêt créée par « l’homme qui arrête le désert » constitue, par ailleurs, un véritable patrimoine écologique, utile sur le plan de la médecine traditionnelle. Elle permet aussi de pratiquer l’agriculture… tout en gardant les arbres.

  • L’Afrique et l’économie verte en question

    L’Afrique et l’économie verte en question

    La quête insatiable et effrénée du « développement » des grandes puissances a conduit à une dégradation de l’environnement et à des conséquences pas des moindres. L’économie verte, sans pour autant être à même d’apporter des réponses à l’ensemble des défis auxquels nos sociétés sont confrontées, se veut une démarche permettant d’améliorer les modes de production et de consommation dans une perspective de développement durable. L’Afrique trouve-t-elle une logique avec l’économie verte ?

    La pollution, l’émission des gaz à effet de serre ou toutes autres conséquences liées à l’industrialisation des pays ne pointe pas d’emblée l’Afrique. Il est une évidence, le monde est désormais confronté à son modèle de développement qui est l’industrialisation. Lequel modèle s’est principalement basé sur la recherche d’une croissance économique à tout prix, une énergie fossile peu chère et disponible et qui a eu pour conséquences l’augmentation exponentielle des émissions de gaz à effet de serre, une dégradation rapide et parfois irréversible de l’environnement, une accentuation des disparités sociales, du sous-emploi, des migrations de populations, etc.

    L’économie verte veut conjuguer à la fois croissance, développement sociétal et protection des ressources naturelles. Dans cette perspective, elle a été définie comme une nouvelle approche permettant de revisiter les modèles économiques traditionnels de croissance. Alors que sa définition a suscité des débats, l’économie verte s’impose de plus en plus clairement comme une solution pertinente, sinon la seule afin de mobiliser le secteur privé dans l’atteinte des objectifs du Développement Durable. Si l’Afrique est à la croisée des défis et des potentiels d’actions, il est alors pertinent de s’interroger sur la conjoncture que représente l’économie verte pour cette terre : la reprise économique ; la réduction de la pauvreté ; et la réduction des émissions de carbone et de la dégradation des écosystèmes.

    L’économie verte en question

    La notion de l’économie verte est l’un des nombreux concepts étroitement liés à la mise en œuvre du développement durable qui visent à renforcer la convergence entre trois piliers : économique, social et environnemental. Par ailleurs,  le capital naturel reste pour le continent africain, une ressource vitale qu’il convient de préserver. Que ce soit pour des questions de sécurité alimentaire ou de création de richesse. Ceci étant, force est de constater qu’elles sont soumises à de très fortes pressions et dégradations que ce soit pour alimenter le marché international ou pour répondre aux besoins d’une population en rapide et forte augmentation qui aspire légitimement à des conditions de vie sans cesse meilleures : accès à l’énergie, à l’eau, à la nourriture, à la santé, etc.

    Cependant, malgré l’urgence de la situation, il y a actuellement trop peu de connaissances sur les politiques les plus efficaces à mettre en œuvre pour soutenir l’émergence d’une économie verte en Afrique. Pour autant, de plus en plus d’initiatives, de programmes et de projets sont mis en œuvre sur cette question afin d’accompagner l’ensemble des acteurs publics et privés et les différentes composantes de la société civile à identifier et mettre en place les réponses les plus appropriées pour soutenir l’émergence d’une économie verte en Afrique.  

    De la réalité d’une économie verte en Afrique

    L’économie verte apparaît comme un des principaux trésors pour le développement des pays Africains et participerait sans aucun doute à la stabilité de la zone au service de la construction d’un espace de paix et de prospérité. En effet, le continent africain se retrouve au cœur des défis que l’on se trouve en milieu rural ou urbain.

    Selon une quinzaine d’entretiens réalisés par Kempf en 2014 auprès d’entrepreneurs actifs dans les domaines de la transformation agro-alimentaire, de la gestion des déchets, de l’eau et de la santé au Congo Brazzaville, il ressort que les entreprises « vertes » cherchent à mettre en avant des circuits courts de commercialisation (CCC) et des modes de production plus intégrés.

    Si on considère les activités menées par les « entrepreneurs verts », il en ressort qu’il existe de réelles opportunités à saisir dans l’émergence de l’économie verte en Afrique, en particulier dans l’agriculture biologique.  En réalité, l’Afrique dispose d’énormes atouts dans la production des produits d’agriculture biologique compte tenu de la qualité de ses terres agricoles et de leur disponibilité. De plus, le continent dispose encore d’énormes superficies de terres agricoles non encore exploitées. En 2010, seulement 40% des terres agricoles en Afrique sont cultivées.

    En Ethiopie l’agriculture biologique a permis d’améliorer les rendements agricoles dans une région souffrant de sécheresse et de la désertification.  En ce qui concerne gestion des déchets, un rapport de la Banque Mondiale montre que l’Afrique ne représentait que 5% de la production mondiale de déchets. Plus de la moitié (57%) de sa production est constituée de déchets organiques, donc valorisables sans trop de difficultés. De ce fait, croire en une économie verte en Afrique est possible. Loin des actions contre-nature qui menacent l’Homme, l’Afrique peut (re)lancer son processus de développement en le fondant sur l’économie verte.

  • Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    L’Afrique, surtout sub-saharienne est confrontée à des défis énormes de gestion de ses déchets, tant les politiques de gestion de ces déchets sont défaillantes et les populations restent souvent en marge de cette tâche. Coliba, une startup ivoirienne se propose de pallier ce problème en recyclant les déchets plastiques.

    En Côte d’Ivoire, l’entreprise COLIBA tente de revaloriser les déchets plastiques à l’aide d’un support web et mobile. A travers une plateforme numérique, les utilisateurs-clients ont accès à leur compte mobile et peuvent facilement programmer des collectes d’ordures. Ces ordures converties en points, deviennent alors des bonus. En complément, les usagers reçoivent des conseils sur l’environnement. L’entreprise effectue alors le tri des déchets et offre aux utilisateurs la possibilité d’en tirer profit (argent, matériels de tri d’ordures, kits scolaires). L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet ville durable initié par le gouvernement ivoirien.

    En effet, Coliba part d’un constat simple : « nous avons effectué un voyage en Afrique de l’Ouest dans 7 pays et ce pour un concours organisé par Ampion (Association allemande). Ce concours recommandait donc de présenter des projets dans le domaine du développement durable. Notre constat était simple, comment réduire les déchets plastiques qu’on voyait un peu partout avec une innovation technologique ? C’est de là qu’est venu le projet COLIBA. Après, on s’est bien rendu compte que ce défi était assez important dans la mesure où en Côte d’Ivoire, on produit 5 millions de tonnes de déchets/an » a déclaré le co-fondateur Yaya Koné.

    Vaste marché

    Le marché du recyclage des déchets plastiques en Côte d’Ivoire est estimé à plus de 120 milliards de FCFA soit plus de 180 millions d’euros, selon l’Agence nationale de la salubrité urbaine (ANASUR). L’entreprise prévoit de capturer 300 tonnes de déchets plastiques/mois. Soit 15% des déchets plastiques dans la ville d’Abidjan. L’objectif est d’implanter la solution partout dans le pays.

    Avec plus d’une tonne de déchets collectés chaque mois et environ mille clients, cette startup travaille exclusivement avec des femmes dans son centre de tri. Un choix justifié par le fait que ce sont des personnes vulnérables, plus exposées à la pauvreté et moins aux systèmes de production et financiers.

    Avec une capture de 300 tonnes de déchets par mois sur 10 communes de la ville d’Abidjan, les 3 ans à venir verront une marge de croissance de plus 20 % de l’activité.

     

  • EcoJogging: du sport pour sauver l’environnement au Togo

    EcoJogging: du sport pour sauver l’environnement au Togo

    Association légalement enregistrée depuis le 1er août 2017, EcoJogging est un mouvement mondial éco citoyen qui consiste à courir tout en ramassant les déchets, en priorité les plastiques et à les recycler. Le Togolais Felix Tagba est le promoteur de ce mouvement.

    Le concept est nouveau dans un pays qui a ratifié lui aussi l’Accord de Paris et soucieux de la préservation de l’environnement. Entretenir sa santé et préserver l’environnement en faisant du jogging.

    En effet, les sacs en plastique durent entre 500 et 1000 ans dans la nature. Selon certains chercheurs, depuis 1950, l’homme a fabriqué 8,3 milliards de tonnes de plastiques et seuls 9 % ont été recyclés, 12 % ont été incinérés et 79 % accumulés dans des décharges ou dans la nature. Ces plastiques sont à l’origine de plusieurs maux dont souffre la planète, les changements climatiques par exemple.

    C’est pour rétablir le tir qu’un jeune Togolais lance le mouvement Ecojogging. « Un 2 janvier 2017, j’étais parti courir à 4 h du matin comme à mon habitude sur un terrain. Et arrivé sur le terrain, je remarque qu’il y avait beaucoup de déchets, les plastiques surtout qui trainaient. Ça m’a choqué et je me suis dit qu’il faut agir pour stopper ce phénomène. » Témoigne le concepteur. C’est à la suite de ce constat que celui-ci invitera toute la population pour le premier écojogging à la plage de Lomé le 28 janvier 2017. Pour ce premier essai, 10 kg de sachets ont été ramassés et recyclés.

    Depuis, ce sport inscrit dans un esprit fort écologique fait son chemin. Tout récemment, le ministre de l’Environnement du Togo s’est invité dans cette course pour le ramassage des ordures. L’ambition est de faire l’Ecojogging sur toute l’étendue du territoire togolais et dans le monde entier pour sauver la planète.

    Recyclage

    Les joggers ramassent en moyenne 10 kg de déchets plastiques à chaque course. Les plastiques recueillies sont ensuite recyclées et utilisées dans la fabrication des sacs, porte-monnaie et d’autres outils. « Actuellement nous avons notre propre laboratoire qui fabriquera des choses à base de ces déchets collectés pendant Ecojogging » a confié le concepteur.

    Ensuite, les populations sont sensibilisées sur les dangers des déchets non biodégradables. Ces populations contribuent à la fois à leur propre bien-être à travers le jogging et participent à la protection de l’environnement.

    Depuis un moment, EcoJogging se fait au Togo, au Ghana et en France. « Ça se fera dans beaucoup d’autres pays s’il plaît à Dieu. Nous recevons les demandes de beaucoup de citoyens qui nous sollicitent pour faire de l’Ecojogging dans leurs pays », confie Félix Tagba. Pour celui-ci, la prochaine étape est ambitieuse : faire le tour du monde d’Ecojogging.