Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Découvrez les 100 Africains les plus influents de 2017

    Découvrez les 100 Africains les plus influents de 2017

    Début décembre, le magazine New African Magazine a révélé les 100 Africains qui se sont montré les plus influents au cours de l’année 2017.

    Un étudiant diplômé de l’Université de Harvard, une jeune troupe de danse adolescente d’un bidonville ougandais et un héros abolitionniste mauritanien des temps modernes, sont parmi les nouveaux visages des magnats du business, des poids lourds politiques et des stars du showbiz. Voilà les Africains les plus influents de l’année 2017 selon New African Magazine. Le magazine a en effet publié une liste de 100 personnalités réparties en huit catégories. Des acteurs ont ainsi été désignés dans les catégories politique et service public, affaires et finances, société civile et activisme, éducation, science, technologie et innovation, médias, arts et culture et sport.

    Pour Omar Ben Yedder, éditeur de groupe et directeur général d’IC Publications, les lecteurs vont trouver plaisante la diversité ahurissante des personnes désignées. « Cette liste montre la beauté et la puissance de la diversité qui fait l’Afrique que nous aimons tous », précise-t-il. Pour la première fois depuis cinq ans, la liste publiée par le magazine cette année contient 42 femmes. Soit le nombre le plus élevé d’entrées féminines jusqu’à présent. Avec 21 représentants, le Nigeria arrive en tête des nominations, suivi de près par l’Afrique du Sud représenté par 14 noms. Au total, la liste comprend des entrées de 31 pays, dont 12 d’Afrique francophone.

    Influence et transformation

    Parmi les nouvelles entrées, on note la troupe de danse Triplets Ghetto Kids de l’Ouganda, le nouveau rédacteur en chef néo-ghanéen du Vogue britannique Edward Kobina Enninful, ainsi que la nouvelle sensation de boxe poids lourd nigérian britannique Anthony Joshua. Trois chefs d’État sont présents dans la liste. Il s’agit de Nana Akufo-Addo du Ghana, Paul Kagame du Rwanda et Alpha Conde de Guinée. Le vice-président du Nigeria, Yemi Osinbajo, est également nommé dans la catégorie Politics and Public Service pour sa bonne gestion du pouvoir durant l’absence forcée du président Muhamadu Buhari pour des problèmes de santé. Le Nigérian Aliko Dangote et le Tanzanien Mohammed Dewji, deux grands hommes d’affaires, sont nommés dans la catégorie Business and Finance. Mais également l’Angolaise Isabel dos Santos et son compatriote Jean-Claude Bastos de Morais.

    La catégorie arts et culture voit la nomination de plusieurs acteurs tels que la Nigériane Chimamanda Ngozie Adichie, la Ghanéenne Adwoa Aboah et la top modèle somalienne Halima Aden. Dans la catégorie Société civique et activisme, le Nigérian Eros Ikponwosa, atteint d’albinisme, a été nommé pour son combat visant à mettre en lumière le sort des personnes atteintes d’albinisme. Cette catégorie voit également la présence du héros anti-esclavagiste mauritanien Biram Dah Abeid. Anver Versi, rédacteur en chef du magazine rappelle que « le talent africain dans les arts, la culture, le sport et la technologie a également un impact énorme sur la façon de changer la perception du monde envers l’Afrique et ses habitants ». Pour justifier la liste de 100 personnes, il a expliqué que toutes les personnes ont été choisies pour leur travail ou leur l’activité qui a eu « un effet de transformation en dehors de leur vocation principale ».

    Voici la liste complète des 100 personnalités africaines les plus influents en 2017


    POLITIQUE ET SERVICE PUBLIC

    Amina J Mohammed – Secrétaire générale adjointe de l’ONU. (Nigeria)

    George Weah – légende du football et président aspirant (Libéria)

    Yemi Osinbajo – Vice-président (Nigeria)

    Alpha Condé – Président (Guinée)

    Mohammed VI – Roi (Maroc)

    Juge David Maraga – Juge de la Cour suprême (Kenya)

    Nana Akufo-Addo – Présidente (Ghana)

    Sophia Abdi Noor – Politicien (Kenya)

    Akinwumi Adesina – Président de la Banque africaine de développement; Gagnant – World Food Prize 2017 (Nigeria)

    Vanessa Moungar – Directrice du genre BAD (Tchad)

    Vera Songwe – Nouvelle tête – Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (Cameroun)

    Moussa Faki Mahamat – Président de la Commission de l’Union africaine (Tchad)

    Paul Kagame – Président (Rwanda)

    Pravin Gordhan – Pilote politique, ancien ministre des Finances (Afrique du Sud)

    Sibeth Ndiaye – Conseiller du président français Macron (Sénégal)

    Dr Tedros Ghebreyesus – nouveau et premier directeur général de l’OMS en Afrique (Ethiopie)

    Bola Tinubu – Ancien gouverneur de l’État de Lagos (Nigeria)

    Ruth Oniang’o – Nutritionniste, lauréate du prix de l’alimentation en Afrique (Kenya)

    AFFAIRES ET FINANCES

    Aliko Dangote – Un homme d’affaires prospère L’homme le plus riche d’Afrique (Nigeria)

    Issad Rebrab – Fondateur et PDG, Cevital (Algérie)

    Isabel dos Santos – Femme d’affaires milliardaire ancienne Présidente Sonangol (Angola)

    Mohamed Al Kettani – Directeur Général Attijariwafa Bank (Maroc)

    Lionel Zinsou – créateur du club Afrique-France (Bénin)

    Dr. Emmanuel Ibe Kachikwu – Ministre d’État aux Ressources Pétrolières (Nigeria)

    Makhtar Diop – Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique (Sénégal)

    Abdoulaye Coulibaly – Fondateur du Forum de Bamako (Mali)

    Abebe Selassie – Chef du Département Afrique du FMI. (Ethiopie)

    James Mworia – MD et PDG de Centum Investments (Kenya)

    Jean-Claude Bastos de Morais – Fondateur et PDG de Quantum Global (Angola)

    Mohammed Dewji – PDG MeTL Group (Tanzanie)

    Strive Masiyiwa – Fondateur et Président d’Econet Wireless (Zimbabwe)

    Alioune Gueye – Entrepreneur (Sénégal)

    Moulay Hafid – Ministre du Commerce et de l’Industrie (Maroc)

    Dr. Sahar Nasr – Ministre de l’Investissement et de la Coopération Internationale (Égypte)

    Olga Johnson – Secrétaire générale de la Fondation pour l’énergie (Bénin)

    Elon Musk – Fondateur: PayPal, SpaceX, Tesla et OpenAI (Afrique du Sud)

    SOCIÉTÉ CIVILE ET ACTIVISME

    Haben Girma – Diplômé en droit des sourds-aveugles de Harvard et défenseur des droits des personnes handicapées (Érythrée / Éthiopie / États-Unis)

    Patrick ‘OLP’ Lumumba – Avocat de la défense et champion de la lutte contre la corruption (Kenya)

    Dr Fatima Akilu – Psychologues et fondatrice Fondation Neem Tree Réhabiliter les victimes de Boko Haram (Nigeria)

    Biram Dah Abeid    – Héros de l’esclavage anti-moderne primé (Mauritanie)

    Ikponwosa Ero – Expert indépendant du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la jouissance des droits de l’homme par les personnes atteintes d’albinisme. (Nigeria)

    Kumi Naidoo – Co-fondateur, Africans Rising (Afrique du Sud)

    L’archevêque Stanley Ntagali prend une position controversée sur le mariage homosexuel (Ouganda)

    Jaha Dukureh – Fondateur Safe Hands – Anti FGM et le mariage des enfants (Gambie)

    SCIENCE, TECH & INNOVATION

    Nunu Ntshingila – Chef, Facebook Afrique (Afrique du Sud)

    Dr Tebello Nyokong – Chimiste primé (Afrique du Sud)

    Adamu Waziri – Fondateur – Bino et Fino African TV pour enfants et animations youtube

    Anne-Marie Imafidon – progidy enfant, co-fondatrice de Stemettes pour les jeunes femmes en science et technologie (Nigeria / UK)

    Iyinoluwa ‘E’ Aboyeji – Fondateur, Flutterwave (Nigeria)

    Sara Menker – Gro Intelligence (Éthiopie)

    Jelani Aliyu – Conception de la voiture électrique Chevrolet Volt de GM, maintenant nouveau directeur général du Conseil national de conception et de développement automobile du Nigeria (Nigérian)

    Dr Helena Ndume – l’un des ophtalmologistes les plus prolifiques au monde a restauré des sites pour plus de 30000 personnes travaillant gratuitement avec See International (Namibie)

    Yvonne Mburu – co-fondatrice de Med en Afrique (Kenya)

    Rebecca Enonchong – Fondatrice AppsTech (Cameroun)

    Professeur Yaye Kène-Gassama Dia – Un scientifique de nombreuses premières (Sénégal)

    Bozoma Saint John – Chef des marques – Uber (Ghana)

    ÉDUCATION ET ACADÉMIE

    Fred Swaniker – Académie africaine de leadership (Ghana)

    Noëlla Coursaris Musunka – Fondation éducative Malaika (RDCongo)

    Tom Ilube – Entrepreneur de technologie et éducateur (Nigeria / UK)

    Patrick Awuah – Fondateur de l’Université Ashesi et lauréat du Prix WISE du Qatar pour l’éducation 2017. (Ghana)

    Carlos Lopes – Économiste respecté ancien chef de l’UNECA maintenant Professeur d’économie Université du Cap

    MÉDIAS

    Edward Kobina Enninful – nouveau et premier éditeur noir et masculin de British Vogue (Ghana / UK)

    Khanyi Dhlomo – Mogulette médias – Fondateur Ndalo Media (Afrique du Sud)

    Adedoyin Adepitan – Paralympien Intrepid et présentateur TV (Nigeria / UK)

    Julie Gichuru – animatrice TV, conférencière et PDG d’Arimus Media Limited (Kenya)

    Trevor Noah – Satiriste et hôte du Daily Show (Afrique du Sud)

    Zeinab Badawi – Diffuseur et réalisateur de documentaires (Soudan / Royaume-Uni)

    Koos Bekker – Président et ancien PDG du géant des médias Naspers

    Khadija Patel – Rédacteur en chef, Mail & Guardian (Afrique du Sud)

    ARTS & CULTURE

    Ruth Negga – Actrice et star montante d’Hollywood (Ethiopie / Irlande)

    C4 Pedro – Musicien porte la musique Kizomba sur la scène mondiale (Angola)

    Imbolo Mbue – Nouvel auteur à surveiller (Cameroun)

    Roye Okupe – Found YouNeek Studios – qui crée des bandes dessinées et des super-héros africains (Nigeria)

    Dorra Bouchoucha – Producteur de films (Tunisie)

    Laduma Ngxokolo – Créateur de mode inspiré de son héritage Xhosa (Afrique du Sud)

    Alexandra Amon – Producteur de films et directo de Boutique Hôtel. (Côte d’Ivoire)

    Njideka Akunyili Crosby – Artiste plasticien (Nigeria)

    Sindika Dokolo – Entreprenuer et collectionneur d’art africain – DRCongo

    Duckie Thot – champion de la beauté et de la beauté du modèle (South Sudan / Australia)

    WizKid – sensation d’Afrobeat primée (Nigeria)

    Adwoa Aboah – féministe et Top Model du moment et (Ghana / UK)

    Chimamanda Ngozi Adichie – Auteur, féministe et icône mondiale (Nigeria)

    Tinashe – Pop star brisant l’Amérique (Zimbabwe)

    Diébédo Francis Kéré – l’architecte super talentueux, mais méconnu (Burkina Faso)

    Halima Aden – Le Hijab porte un top model qui brise les stéréotypes (Somalie / États-Unis)

    Bushra al-Fadil – Prix Winner Caine de 2017 (Soudan)

    Triplettes Ghetto Kids – Phénomène mondial des troupes de danse (Ouganda)

    Porky Hefer – un designer unique avec une conscience éthique (Afrique du Sud)

    Idris Elba – Le roi du blockbuster imparable – (Ghana / Sierra Leone / UK)

    SPORT

    Anthony Joshua – l’affable Championnat des poids lourds de boxe – (Nigeria / UK)

    Mo Salah – Footballeur qui emmène l’Égypte à la Coupe du Monde (Égypte)

    Mo Farah – L’un des plus grands coureurs de moyenne et longue distance et de marathon de sa génération – (Somalie / Royaume-Uni)

    Caster Semenya – Athlétisme 800 mètres golden girl (Afrique du Sud)

    Eniola Aluko – la star du football qui s’est levée et a exposé un racisme dans la FA anglaise (Nigeria / UK)

    Elijah Manangoi – la nouvelle sensation de 1500 mètres à regarder (Kenya)

    Wayde van Niekerk – l’émerveillement du garçon record du monde (Afrique du Sud)

    Asisat Oshoala – La royauté du football féminin – (Nigeria)

    Hellen Obiri – le champion du monde 5000m (Kenya)

    Faith Kipyegon – double champion avec de grands rêves (Kenya)

    Kagiso Rabada – Le joueur de cricket le plus redouté du monde (Afrique du Sud)


     

  • Mali: À Ségou, un festival de musique inspire toute l’Afrique

    Mali: À Ségou, un festival de musique inspire toute l’Afrique

    Chaque première semaine du mois de février, les rues de Ségou au Mali prennent vie. Les habitants de la capitale Bamako, affluent vers la ville secondaire pour échapper à l’agitation de la vie quotidienne et apprécier les couleurs du Festival qui se tient sur le long des rives du fleuve Niger.

    Créé en 2005 par les entrepreneurs touristiques et culturels de Ségou, ce festival tiendra sa 14e édition en février 2018. En effet, au cours des 10 dernières années, Ségou, avec son patrimoine architectural, son artisanat créatif et son paysage naturel, s’est imposée comme la capitale culturelle du Mali. Un évènement qui est devenu un succès parce que le gouvernement local, les artistes locaux et les acteurs plus larges de la société civile ont travaillé ensemble pour créer une politique de développement culturel axée sur le développement économique local durable. Les programmes artistiques et culturels ont été conçus et mis en œuvre collectivement, en tirant parti des ressources des institutions locales.

    Cette politique locale vise à long terme, le bien-être des résidents de Ségou. Une politique qui est basée sur l’identité culturelle spécifique de la ville et l’apport des opérateurs et entreprises culturels locaux.

    Mais comme le montre le parcours de Ségou, il existe un autre moyen de gérer et de nourrir l’économie créative urbaine. Aujourd’hui, quatre autres villes du continent suivent l’exemple de Ségou. Ils travaillent à l’élaboration de politiques et de programmes culturels qui rassemblent les objectifs du développement économique local durable, de la diversité culturelle et de la cohésion sociale.

    Sur les pas de Ségou

    Au festival de Ségou, les attractions portent sur les danses et des spectacles traditionnels, des pièces de théâtre et des vitrines musicales. Mais aussi une foire régionale d’art d’Afrique de l’Ouest, des résidences artistiques, des expositions d’arts visuels et un colloque. Les événements spontanés deviennent fréquents dans les hôtels et les restaurants.

    Le projet Ségou Creative City est une autre initiative organisée par la Fondation qui porte le même nom. Il se déroule en collaboration avec les autorités locales de la ville à travers un partenariat public-privé initié par les populations locales des secteurs de l’art, de l’artisanat, du tourisme et de l’économie, appelé Conseil pour la promotion de l’économie locale de Ségou.

    Ce conseil se concentre sur quatre domaines clés : la musique, les arts visuels, le design, la mode et les patrimoines. Il a élaboré un plan global pour le développement culturel durable de la ville. Un plan qui inclut, par exemple, une étiquette certifiée Ségou Woven Loinclothes pour la préservation et la promotion du pagne tissé et du coton du Mali. Dans ce même cadre, un centre unique, le Centre Kôré a été ouvert. Il dispose d’une bibliothèque d’art, d’une salle de conférence, d’une scène extérieure et d’un studio d’enregistrement. Il a également lancé la Biennale Ségou Art en 2016, une foire qui promeut l’art visuel.

    L’expertise de Ségou

    En Afrique, Ségou et son Festival sur le Niger ont inspiré bien d’autres villes comme Harare (Zimbabwe), Mahé-Victoria (Seychelles), Nouakchott (Mauritanie) ou encore le Pointe Noire (République du Congo). Chacun de ces villes a sa propre identité culturelle spécifique à promouvoir et à préserver. Et bien sûr, chacun a ses propres défis distinctifs. Harare a des espaces culturels innovants dans le théâtre, la musique et la sculpture. Mais le soutien du gouvernement local et les politiques pour les arts et la culture n’ont pas changé depuis 1979. À Mahé-Victoria, la créativité culturelle historiquement riche a tendance à être éclipsée par la beauté naturelle de l’archipel tandis qu’au Pointe-Noire, l’image d’une ville pétrolière industrielle a souvent caché une vie cosmopolite dense et une scène des arts visuels.

    Nouakchott par ailleurs est culturellement changeant. Mais la ville demande encore plus d’espaces d’expression et de rencontres pour son héritage culturel multiple et ses traditions vivantes.

    En effet, les programmes développent les marchés culturels à travers les frontières nationales en créant des partenariats professionnels et des circuits touristiques pour des productions artistiques. Ces villes ont déjà échangé des représentations théâtrales et musicales ainsi que des expositions d’arts visuels.

    Avant tout, le programme vise à aider les quatre villes pilotes à développer leurs propres politiques culturelles urbaines, en s’appuyant sur les leçons importantes de Ségou. Des séminaires et des ateliers dédiés à la description des identités culturelles de chaque ville ont eu lieu cette année. Une équipe de travail et une commission consultative ont été identifiées pour chaque ville. Les rôles et les responsabilités ont été attribués à chaque membre en fonction de son expertise. D’autres échanges artistiques et sessions de renforcement des capacités suivront en 2018. L’objectif est de renouveler l’expérience et de passer de cinq à dix villes à travers le continent pour un autre cycle de deux ans, et plus encore.

  • En Afrique, Microsoft compte moderniser l’éducation avec le Cloud

    En Afrique, Microsoft compte moderniser l’éducation avec le Cloud

    Le continent africain est dans une belle dynamique en matière des nouvelles technologies et ses performances semblent plaire aux géants mondiaux. Au rang de ceux-ci, Microsoft, qui veut principalement s’intéresser au domaine de l’éducation.

    Au cours du premier semestre de l’année 2017, l’américain Microsoft a exprimé son intention d’utiliser pour la première fois des data centers situés en Afrique, et plus précisément à Johannesburg et au Cap pour se fournir des cloud, à l’horizon 2018. Ce n’est pas tout. Les nouveaux centres proposeront également la possibilité d’hébergement de données et ainsi faciliter l’accès aux services Internet et de cloud pour les populations et les organisations sur une bonne partie du continent africain. Selon le communiqué que l’entreprise fondée par Bill Gates et Paul Allen avait rendu public, « ce nouvel investissement est un symbole de reconnaissance des opportunités énormes qu’apportera la transformation numérique en Afrique ».

    Mais depuis peu, Microsoft s’intéresse à bien d’autres domaines, comme l’éducation. En effet, Microsoft travaille actuellement avec des ministères de l’éducation dans de nombreux pays africains comme le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Rwanda et le Kenya…, en fournissant des technologies pour assister les processus d’enseignement et d’apprentissage. De fait, lors d’une récente conférence, les responsables du groupe ont ajouté à cette liste, un nouveau partenariat avec le Mozambique pour « moderniser l’éducation dans le pays ».

    En janvier dernier, Microsoft avait aussi signé un protocole d’entente accord avec Ecobank Transnational Incorporated, société mère du groupe bancaire panafricain Ecobank. Une collaboration qui résulte de la pression croissante sur les agglomérations africaines due à l’urbanisation et à la nécessité de d’offrir des services qui assureront un environnement plus sûr, ouverte et durable. Objectif de cet accord, accompagner les efforts des gouvernements pour « moderniser et élever les standards des grandes villes du continent grâce à des solutions numériques de pointe ». Ce protocole d’accord se veut un vecteur de modernisation des secteurs qui auront l’impact le plus immédiat et le plus important pour le développement les pays africains.

    Les secteurs visés comprennent les décaissements de bourses et les frais de scolarité dans le secteur de l’éducation ; par ailleurs, la collecte par la municipalité auprès des vendeurs du marché et des petites boutiques, les règlements pour les licences des véhicules et de permis de conduire ainsi que pour les e-Visa et les e-Passeport. Mais l’initiative ne se limite pas là. Elle couvre également la mise en œuvre d’un programme complet d’e-compétences et de formations dans le domaine du digital.

    L’entreprise a également profité du sommet pour le lancement officiel en Afrique de sa solution Microsoft 365 Education, conçue pour « libérer la créativité », pour « promouvoir le travail d’équipe » et « offrir une expérience utilisateur simple et sûre ». Parmi les différentes fonctionnalités, le paquet comprend une version éducative du jeu populaire Minecraft (qui enseigne aux étudiants comment coder), une plate-forme de collaboration Microsoft Teams et le service Intune du géant du logiciel, qui aide les écoles à mettre en place et à gérer les appareils scolaires.

    En Afrique, le grand défi

    Un grand des grands obstacles auquel se heurtent les entreprises qui veulent s’implanter en Afrique pour œuvrer dans le domaine de l’éducation est qu’elles doivent souvent travailler avec les gouvernements, ce qui peut être un exercice lent et trop bureaucratique. L’attrait du sommet Innovation Africa est probablement sa capacité à attirer un grand nombre de responsables gouvernementaux à un même endroit.

    Un autre défi auquel Microsoft est confrontée selon ses responsables est la perception de la tarification de ses produits éducatifs. Bien de personnes ignorent que les écoliers n’ont pas à payer le même prix pour utiliser Word comme les entreprisse. « Je suis toujours surpris de voir combien d’institutions en Afrique ne savent pas que nous avons des licences pour l’éducation. Beaucoup d’institutions me disent que “votre logiciel est trop cher”, mais le fait est qu’elles achètent des logiciels à des prix compétitifs », a commenté Mark East, responsable régional de Microsoft pour l’éducation en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

    Commentant ce dont les prestataires de services éducatifs ont besoin pour réussir sur le continent, East a mis en exergue des « victoires de tête de pont », des réussites avérées qui peuvent être utilisées pour décrocher de nouvelles affaires. Il a ajouté que ceux qui cherchent à entrer dans un pays particulier devraient s’associer avec de plus grandes entreprises technologiques déjà actives sur un marché. Ils devraient également s’aligner sur les plans de transformation numérique des gouvernements respectifs, a-t-il conseillé.

     

     

  • Révolution 2.0:  ces incubateurs qui stimulent les startups ouest-africaines

    Révolution 2.0:  ces incubateurs qui stimulent les startups ouest-africaines

    La technologie et le numérique restent encore des secteurs qui ne sont pas suffisamment explorés sur le continent. Plusieurs incubateurs tentent à cet effet d’encourager des initiatives numériques dans les pays africains.

    Chaque année la plupart des États africains voient leur croissance économique augmenter. Certains gouvernements se sont d’ailleurs dotés de plan de développement qui doit conduire leur pays vers l’émergence. Pour atteindre ce niveau, les pays misent sur d’autres secteurs que l’exploitation des matières premières. Il y a également le secteur des technologies et de l’économie numérique qui doit leur permettre de promouvoir des innovations.

    Les startups peinent encore à être créées même si les initiatives privées ne manquent pas. Les dernières innovations appréciées sur le continent ont quand même été l’œuvre de bons nombres d’incubateurs. En Afrique de l’Ouest, l’incubateur Jokkolabs basé à Dakar qui forme depuis 2010 des entrepreneurs sur la créativité numérique est une référence. En sept ans, cet espace de coworking et d’innovation a permis l’éclosion de différentes startups numériques au Sénégal.

    Presque la même situation dans la capitale togolaise. Le quartier de Djidjolé abrite un espace de travail où de passionnés de technologie et du numérique se côtoient. Il s’agit du Woelab, un incubateur créé par Sénamé Agbodjinou, un jeune entrepreneur décidé à encourager « le partage du savoir numérique au Togo ». Le Woelab a incubé depuis quelques années plusieurs projets numériques. Mais également des startups qui sont conseillés part de spécialistes ou d’experts. Au Woelab des enseignements gratuits sont donnés aux jeunes amoureux de technologies. Il y a quelques années, l’incubateur a même facilité la conception d’une imprimante 3D Opensource à partir de déchets électroniques.

    L’esprit d’équipe pour innover

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    A Accra depuis six ans, l’incubateur mFriday s’illustre également de son côté dans le soutien aux jeunes ghanéens férus du numérique. En 2011, les responsables de mFriday ont décidé partager avec la jeunesse des connaissances en technologie mobile, notamment le développement des applications. Leurs efforts ont porté des fruits avec le lancement de plusieurs applications mobiles qui répondent à des besoins dans différents secteurs du pays. L’innovation numérique est aussi en marche au Nigéria.

    Dans ce pays où des abonnés mobiles se comptent par millions avec un taux de pénétration internet en progression, des incubateurs encouragent la créativité numérique. Parmi eux, on peut retenir CoCreation Hub Nigeria qui vient en aide à plusieurs entrepreneurs web du pays. A Lagos, l’incubateur s’est basé sur ses partenariats avec Samsung, BlackBerry et même Google pour s’imposer. CoCreation Hub Nigeria a ainsi permis à des entrepreneurs de bien « monter leur projet » et de recevoir parfois l’appui financier des investisseurs.

    L’incubateur camerounais ActivSpaces situé à Douala forme aussi des jeunes entrepreneurs dans l’innovation technologique. Les jeunes sont même accompagnés dans leurs projets et bénéficient des conseils de mentors dans la réalisation de leurs initiatives. ActivSpaces sert également d’espace de coworking. L’incubateur contribue surtout à la naissance de jeunes entrepreneurs prometteurs avec d’encourageantes histoires de réussite. « ActivSpaces est un atout pour la scène Tech camerounaise », résume un développeur d’application. Ce dernier explique que l’incubateur est à l’origine de l’esprit d’équipe et de recherche entre les entrepreneurs du pays.

  • Simula, un logiciel sénégalais qui va révolutionner les mathématiques

    Simula, un logiciel sénégalais qui va révolutionner les mathématiques

    À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), un doctorant au Département de Mathématiques et d’Informatique devient l’objet de curiosité, avec une innovation qui permet aux enseignants du secondaire comme à ceux du supérieur de préparer leurs enseignements et de corriger les exercices.

    Jusqu’ici, des pays africains n’avaient pas le choix. Ils étaient presque contraints de recourir un logiciel fabriqué en France et qui, selon certains utilisateurs, est loin des réalités et les préoccupations des pays africains : « Géogebra ». Et c’est sur ce point que l’auteur, Michel Seck, présente le nouveau produit, du nom de « Simula » comme une révolution dans le domaine de la mathématique.

    Révolution

    Les fonctions de ce logiciel sont diverses. Selon le concepteur, Simula, peut faire une analyse, l’algèbre linéaire, les bases de Groebners, la théorie des nombres, les graphes 2D et 3D, la probabilité. Mais pas que. L’application est capable de traiter également des statistiques, des réseaux arithmétiques et les codes correcteurs.

    Selon toujours l’auteur, Simula comporte près de 120.000 lignes de codes. « Il permet de faire directement des exercices de statistiques, de calcul des limites et des calculs de grandes puissances », présente Michel Seck qui est spécialiste de la « la cryptographie, l’algèbre et ses applications ». À l’Université Cheik Anta Diop, Prof Sow s’enorgueillit. « C’est une grande innovation en Afrique. À ma connaissance, c’est le premier logiciel conçu en Afrique. Il permet de simuler et de faire des mathématiques en ligne », a-t-il déclaré.

    En concevant son application, Michel Seck avait une ambition principale : trouver une solution au problème de l’accès aux Tic pour le plus grand nombre d’apprenants et d’enseignants. « Il m’a fallu aller à l’université pour utiliser les logiciels afin de faire les mathématiques. Je veux que ce logiciel soit librement accessible, qu’on l’utilise aussi bien dans les lycées que dans les universités. Ainsi, on pourra l’utiliser du secondaire jusqu’au niveau universitaire », souhaite-t-il.

    En effet, Michel Seck a, pour commencer, catalogué les différentes difficultés liées à l’enseignement des mathématiques au Sénégal. Il en a ensuite déduit que ces contraintes n’ont pas favorisé la simplification des échanges de connaissances dans cette matière. Voilà pourquoi, pense-t-il à travers son application, encourager beaucoup de jeunes à s’inscrire dans les filières scientifiques, notamment les mathématiques. On comprendra pourquoi, contrairement aux autres logiciels, l’utilisateur n’aura pas besoin d’une formation pour utiliser Simula.

    Adoption

    Au Sénégal, le processus devant aboutir à l’autorisation du nouveau produit au sein des écoles a été enclenché. Un accord de principe aurait été déjà trouvé avec le Comité national de l’enseignement des mathématiques. Si le processus aboutit tôt, l’outil sera introduit dans l’enseignement à partir de cette année.

    « Jusqu’ici, il n’y a pas de Travaux pratiques (TP) en mathématiques dans les universités. Or les TP sont organisés en France. Aujourd’hui, ce logiciel rend possible l’organisation des TP. Nous envisageons d’introduire les TP en Licence 1, Licence 2 et Licence 3 à la Faculté des Sciences et techniques », avance le concepteur. Ce logiciel que le fabricant veut comme une calculatrice améliorée peut bientôt être accepté partout.

  • Sècheresse: le compte à rebours de l’apocalypse est lancé à Cape Town

    Sècheresse: le compte à rebours de l’apocalypse est lancé à Cape Town

    À Cape Town, en Afrique du Sud, tant pour le très grand nombre de touristes qu’il accueille chaque année que pour les habitants, les prochains mois s’annoncent dure. Et pour cause, la ville est en proie à la pire crise de l’eau de mémoire récente, avec un compte à rebours à Day Zero, 20 mai 2018.

    Les visiteurs entrant dans la ville de Cape Town cette année seront accueillis avec des signes avant-gardes qui virent entre doux mais fermes et positivement apocalyptiques.

    Cape Town est l’une des villes les plus convoitées par les touristes et une des plus riches en Afrique. L’an dernier, Cape Town était la deuxième ville la plus visitée d’Afrique après Johannesburg, qui est un important centre de voyages régional ainsi que la capitale commerciale de l’Afrique du Sud. Cette ville a eu la part la plus élevée avec les visiteurs du Royaume-Uni, les États-Unis et l’Allemagne en tête de son nombre.

    La ville, réputée pour sa beauté côtière, compte de nombreux sites touristiques populaires. Très appréciée pour son décor, une ville située entre la mer et les montagnes, ce luxe ne protège pour autant pas cette ville d’une catastrophe qui touche une large partie du continent africain qui est le manque d’eau.

    En mars dernier, les autorités du Cap ont alerté les populations de la nature de la menace. Et pour cause, une grande sécheresse qui qui s’abat depuis de longs mois sur l’Afrique australe et la province du Cap-Occidental. La réserve d’eau retenue derrière le principal barrage qui domine Cape Town avait déjà baissé de 28,6 % et on ne comptait plus qu’environ 100 jours de réserve d’eau potable. Pour faire face au fléau, la municipalité avait demandé aux habitants de limiter leur consommation d’eau. Depuis décembre 2016 d’ailleurs, restrictions ont été mises en place et la consommation avait été réduite de 27 %. Vers fin mai, une pluie d’été inattendue a aidé à repousser l’échéance.

    Apocalypse…

    Désormais, dans cette ville la date du 20 mai 2018 est retenue comme « le jour où les robinets seront fermés », selon les nouvelles estimations de la mairie de la ville. L’hôtel de ville met actuellement en œuvre des « restrictions d’eau de niveau cinq » qui, depuis septembre, interdisent l’utilisation de l’eau municipale à des fins non essentielles. Pour les maisons, cela signifie réduire la consommation d’eau à 87 litres par personne et par jour.

    L’utilisation commerciale de l’eau doit être réduite de 20 %, tandis que les quelque deux millions de touristes qui visitent la ville pendant la période des fêtes sont encouragés à « se comporter comme un local ». Le Maire de la ville, Patricia de Lille a personnellement visité les maisons des gros consommateurs d’eau la semaine dernière. Plus tôt cette année, le bureau du maire a publié la liste des 100 meilleurs « délinquants » en termes de consommation d’eau. Mais les projets de collecte d’eau actuellement en cours devraient fournir 240 millions de litres d’eau supplémentaires, ce qui est suffisant pour que le Cap traverse l’été et dépasse l’échéance, selon David Olivier, chercheur à l’Université du Witwatersrand.

    « Day zero »

    Les communications autour de la crise de l’eau du Cap ont réussi à sonner l’alarme dans cette ville habituellement décontractée. « Day Zero », une campagne de sensibilisation sur la menace évoque une image apocalyptique de longues queues de Capetoniens desséchées attendant une ration quotidienne d’eau, les sites touristiques de la ville étant réduits à un terrain aride.

    En effet, il semble également qu’il n’y ait pas assez de données pour soutenir l’idée que la ville devra fermer ses robinets. Actuellement, il est difficile de savoir combien de temps durera cette sécheresse et si elle apportera un nouveau modèle météorologique pour le Western Cape, selon Piotr Wolski du Climate System Analysis Group. Les scientifiques ne pouvant pas se prononcer sur un système de modélisation du climat à long terme pour la région, publient les prédictions aboutissant encore à une conclusion quelque peu ambiguë. Pour le moment, la population de Cape Town ne veut pas envisager le pire.

  • Malawi: BiliSpec, un appareil peu couteux pour lutter contre la jaunisse

    Malawi: BiliSpec, un appareil peu couteux pour lutter contre la jaunisse

    Affectant environ 60 % des nouveau-nés, la jaunisse peut causer des dommages au cerveau ou même la mort si elle n’est pas traitée. En Afrique subsaharienne où les médecins n’ont souvent pas accès à un équipement de diagnostic adapté, parce que trop coûteux, les bébés ont 100 fois plus de risques de mourir de la maladie que dans les pays développés.

    Causée par une accumulation de bilirubines dans la circulation sanguine, la jaunisse est idéalement diagnostiquée par des analyses de laboratoire d’échantillons de sang, en utilisant des machines telles que des centrifugeuses ou des spectromètres. Dans les pays sous-développés, par manque de laboratoires bien équipés, les médecins jugent plutôt si le nouveau-né est atteint de la maladie simplement en évaluant la couleur de sa peau et le blanc de ses yeux. Des indicateurs sans doute non fiables.

    Désormais, une étude clinique d’un détecteur de jaunisse à bas prix inspire l’espoir qu’un nombre significatif des 1,16 million de bébés qui meurent dans leurs premiers mois en Afrique peut être sauvé.

    En effet, en général la jaunisse peut toucher « jusqu’à 60 % des bébés nés à terme ». Puisque les nouveau-nés n’ont souvent pas de foies complètement développés, leur corps est incapable de traiter l’excès de bilirubine, une substance créée par la dégradation des globules rouges. Une accumulation de la substance dans la circulation sanguine du nouveau-né entraîne une pigmentation jaune de la peau.

    Dans les cas où la jaunisse est détectée, le traitement peut inclure une photothérapie, une transfusion sanguine ou une alimentation fréquente (ceci encourage une excrétion fréquente qui aide également à éliminer la bilirubine du corps). Mais si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner des lésions cérébrales et la mort.

    Fonctionnement de BiliSpec

    Si en Afrique, dans de nombreux hôpitaux du continent, les agents de santé ne diagnostiquent généralement la jaunisse qu’en évaluant la pigmentation de la peau d’un nouveau-né, il faut retenir qu’un diagnostic plus précis implique l’utilisation d’un équipement médical de pointe qui se révèle trop cher pour la plupart des centres hospitaliers.

    BiliSpec, le détecteur portatif alimenté par pile, inventé par une équipe, d’étudiants de Rice University, au Texas, permet de diagnostiquer la maladie en « quantifiant les niveaux sériques de bilirubine à partir d’une petite goutte de sang ». Pour de nombreux hôpitaux du continent, les tests BiliSpec coûtent beaucoup moins cher qu’un dollar et peuvent être effectués en deux minutes, ce qui rend le diagnostic d’ictère pour les nouveau-nés beaucoup plus efficace.

    L’étude clinique a été basée sur des tests effectués sur 68 patients dans l’hôpital central Queen Elizabeth à Blantyre au Malawi entre février et mars de cette année. Il a montré que BiliSpec a « une précision comparable aux tests de laboratoire plus coûteux trouvés dans les milieux à ressources élevées, comme dans les pays développés », affirme Pelham Keahey, coauteur de l’étude. Celui ajoute que la prochaine étape est « une plus grande étude de suivi de deux ans »

    Cette étude va maintenant être étendue à cinq hôpitaux au Malawi alors que l’équipe poursuit son objectif de réduire de moitié le nombre de décès de nouveau-nés dans les hôpitaux africains sur une échéance de 10 ans. L’équipe a déjà recueilli 750 000 dollars en financement pour développer « un appareil prêt pour le commerce ».

    BiliSpec est l’un des aspects de NEST360 °, un projet international visant à introduire des technologies vitales pour les nouveau-nés dans les hôpitaux africains.

  • Sénégal: ce qu’il faut savoir sur le nouvel aéroport Blaise Diagne

    Sénégal: ce qu’il faut savoir sur le nouvel aéroport Blaise Diagne

    Ce 7 décembre, à 47 km de la capitale sénégalaise Dakar, l’aéroport international Blaise Diagne ouvrait ses portes, après dix ans de travaux souvent interrompus. Retour sur ce nouvel aéroport sénégalais qui veut se veut beaucoup meilleur que l’aéroport Léopold Sedar Senghor de Dakar.

    Émergence

    Quand ce jeudi, à midi, l’avion du président Macky Sall venait de se poser sur le tarmac flambant neuf de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), au Sénégal et principalement au sein du gouvernement, ce n’est pas qu’une simple inauguration ; c’est plutôt un tournant crucial, un « accélérateur de développement », un fleuron du plan Sénégal émergent, comme le veut-on. Changement d’entreprise chargée d’exécuter le projet, investissements discontinus, chantier enlisé, plaintes des concessionnaires, les embûches n’ont pas été absentes sur le chemin.

    Blaise Diagne 

    Le nouvel aéroport international a été baptisé Blaise Diagne, du nom du premier député africain noir élu au Parlement français en 1914. En réalité, jusqu’à cette date, les précédents députés noirs au parlement de la France étaient originaires des colonies françaises des Amériques. Le Sénégalais né sur l’île de Gorée en 1872 a également été le premier Africain sous-secrétaire d’État aux Colonies. Il doit sa renommée à sa volonté de faire participer pleinement les Africains à la politique française aussi bien durant la mise en place des structures coloniales qu’une fois ces dernières installées. Son important rôle important en faveur des droits des Africains engagés dans les troupes coloniales est aussi à relever.

    Espace

    L’AIDB s’étend sur 4 500 hectares. Mais seuls 2 500 sont aujourd’hui utilisés. Il a une capacité de 2 millions de passagers annuels, contre 1,9 million pour l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan désormais principal concurrent dans la sous-région. Actuellement, l’AIBD est capable d’accueillir le plus grand avion de ligne du monde, l’Airbus, l’A380, tout comme l’aéroport d’Abidjan. Afin de traiter jusqu’à 10 millions de passagers à l’horizon 2035, dans un avenir proche il est prévu que de nouveaux terminaux voient le jour.

    Coût

    Quand il inaugurait ce joyau, le président Macky Sall a bien une idée. Permettre au Sénégal de « rester dans le temps de l’action d’un monde globalisé où le progrès des nations se doit de relever les défis de compétitivité, de précision et de vitesse ». L’enjeu est clair : « devenir le hub aérien d’Afrique de l’Ouest ». Et cela un a coût. Estimés au départ il y a 10 ans à 200 milliards de francs CFA (305 millions d’euros), les investissements ont plus que doublé finalement pour atteindre 424 milliards de francs CFA (646 millions d’euros), à en croire les chiffres annoncés par Maïmouna Ndoye Seck, la ministre des Transports aériens ce 4 décembre.

    Évolution

    Après la pose de la première pierre en 2007 par le président Abdoulaye Wade, en 2012, date d’échéance initiale pour la livraison du projet, le taux d’exécution des travaux n’en était qu’à 12 %. « Le chantier était presque à l’arrêt en 2013 », se rappelle Abdoulaye Mbodj, directeur de l’aéroport. D’abord confié au le Bin Ladin Group, l’entreprise saoudienne de BTP, le projet ne sera finalement achevé qu’avec les Turcs de Summa-Limak, ayant pris maitrise des travaux en 2015.

    Obstacles

    Pour réaliser ce projet, trois villages ont été expropriés de leurs terres. Il s’agit de Mbadat, Kathialick et Kessoukhatt, faisant au total 2 500 habitants en tout. Mais ce processus de dépossession des terres aux habitants de ces villages n’a pas été simple. Alors que les résidents des deux premiers (Mbadat, Kathialick) acceptent d’être recasés à 6 km du site de l’aéroport, ceux de Kessoukhatt n’ont pas été favorables au délogement. Pour cause, dans les villages de recasement, les bénéficiaires dénoncent des engagements non tenus par les autorités. Pas de marchés construits pour les villages ni d’aires de jeux pour les jeunes, comme cela avait été promis.

    Opacité

    L’ouverture de ce nouvel aéroport a aussi fait des mécontents à l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor en service depuis 70 ans. En effet, les entreprises sénégalaises opérant au sein de l’ancien aéroport ont fermé leurs portes ce jeudi, tout comme les pistes qui seront consacrées désormais aux fins militaires. Comme accusation, ces sociétés doigtent le consortium d’exploitation sénégalo-turc de les avoir écartées du transfert vers AIBD, au profit de structures étrangères.

    Ils dénoncent dans cette affaire un manque de transparence et l’absence d’appel d’offres pour la concession des lounges mais aussi pour le magasin duty free accordé désormais au français Lagardère. Si du côté de l’AIBD on estime que les entreprises sénégalaises ont bien postulé, mais le mieux offrant a été retenu, l’Union des prestataires et opérateurs du Sénégal (UPOAS) et le Conseil national du patronat (CNP) restent néanmoins toujours derrière les protestataires pour dénoncer une opacité dans l’attribution des marchés.

    Couacs

    Ce 7 décembre, les premiers passagers des vols commerciaux ont commencé par dénoncer quelques couacs. Selon une passagère, « les employés n’ont pas encore été bien formés », confie-t-elle. Et d’ajouter, « il manque quelques préparations. J’espère qu’avec le temps tout sera en ordre. On peut comprendre que pour certains, ce sont les premiers jours ». Un autre a dû conclure en quelques mots tout ce qu’il a déduit de ce premier voyage : « les équipements changent, mais les pratiques restent. »

    Ambitions

    Si Macky Sall se félicite de cette nouvelle initiative, il ne compte pas rester là. Prochaine étape de ses ambitions aériennes, faire renaître la compagnie Air Sénégal. Cette compagnie devrait, selon les autorités sénégalaises, effectuer ses premiers vols commerciaux très bientôt. Certains évoquent l’échéance janvier 2018. Et son directeur n’est pas inconnu dans le monde aéroportuaire en Afrique. Il s’git du français Philippe Bohn. Il lui colle souvent l’étiquette d’ancien « Monsieur Afrique » d’Airbus. Sa mission est lourde. Il devra faire beaucoup mieux pour faire oublier ses prédécesseurs, dont les directions ont été marquées par les faillites successives subies par Air Afrique en 2002 et Sénégal Airlines en 2016.

  • Niger: la télé-irrigation révolutionne l’agriculture et l’élevage

    Niger: la télé-irrigation révolutionne l’agriculture et l’élevage

    Depuis  2013 Tech-Innov vient en aide à de nombreux agriculteurs nigériens dans la gestion de l’irrigation de leur culture.

    Quatre ans après son lancement, plus de 200 exploitations bénéficient de cette technologie. Des agriculteurs ont vu la superficie de leur exploitation augmentée. L’application Tech-Innov a été conçue par l’entrepreneur Abdou Mamane Kane qui s’est donné pour mission de fournir aux agriculteurs et aux éleveurs des moyens de gestion de l’eau. Il explique que l’irrigation constitue un facteur important dans la réussite des cultures locales.

    Concrètement, Tech-Innov se base sur un système d’irrigation à distance basé sur une autonomie. Dans les exploitations équipées, il existe des ressources d’eau comme des puits. Ces derniers sont dans la plupart des cas dotés d’un système de pompage tourné grâce à l’énergie solaire ou éolienne. Puis un réseau d’irrigation est installé dans les exploitations agricoles et les fermes d’élevage avec à la clé une station météo.

    Les agriculteurs utilisent donc à distance des téléphones pour déclencher le système d’irrigation en temps voulu. Pour le concepteur de Tech-Innov, l’application permet surtout de livrer régulièrement aux agriculteurs des données météorologiques en rapport avec la température, la pluviométrie, le taux d’humidité, le vent ou l’ensoleillement.

    « Les exploitations sont donc irriguées normalement et en fonction des données analysées avec l’appui de l’université de Niamey ». A une quarantaine de kilomètres de la capitale Niamey, des agricultrices de Goubé trouvent le système d’irrigation « très aidant ». « Nous irriguons avec de l’eau potable grâce à un système de filtrage au rayon UV. Tout cela à distance », confient-elles avec satisfaction. Il faut dire que Tech-Innov leur a déjà permis d’agrandir leur surface et d’augmenter leur rendement.

    Rendre le kit plus accessible

    L’initiative de Abdou Mamane Kane lui a permis de recevoir en 2015 le prix du concours de l’Entrepreneur social en Afrique. Au ministère des Postes, des Télécommunications et du Numérique, on se félicite de l’existence de cette innovation technologique qui « révolutionne l’irrigation dans le pays ».

    De plus en plus d’exploitations agricoles sont cultivées et les structures d’élevage sont abreuvées avec un gain de temps et peu d’efforts physiques. Pour les agriculteurs analphabètes, la startup a mis en place une autre version de l’application qui permet de déclencher vocalement le système d’irrigation. Il s’agit de rendre accessible l’application à de nombreux agriculteurs et d’éviter à certains « des manipulations complexes », selon Abdou Mamane Kane.

    Avec ses résultats encourageants, la startup nigérienne envisage conquérir le marché ouest-africain et le bassin méditerranéen au plus tard en 2021. Mais pour le moment, le kit d’irrigation coûte cher et les agriculteurs sont parfois obligés de s’endetter pour les payer. La startup compte sur des partenariats avec des microfinances pour venir en aide aux agriculteurs.

    Abdou Mamane Kane estime par ailleurs que la mise en place d’une unité de production des kits au Niger va permettre à Tech-Innov de diminuer les prix. Grâce à un programme de recherche et de développement, Tech-Innov s’emploie également à inventer d’autres kits qui pourraient faciliter la tâche aux agriculteurs, aux éleveurs et même aux pêcheurs. Tout le bien pour un pays où l’agriculture représente avec l’élevage presque la moitié du Produit intérieur brut.

  • EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    EthicPhone: le premier opérateur de paiement mobile pour la diaspora africaine

    Lauréat de la 2e édition de Digital Africa tenue à Abidjan le 29 novembre dernier, Ethicphone, le premier opérateur de paiement mobile international pour la diaspora africaine créé en 2015, a bien le vent en poupe.

    Le contexte africain, surtout dans la zone subsaharienne, est en effet difficile à l’éclosion de la bancarisation. Une situation qui est plutôt favorable au mobile Monet, moyen de transfert d’argent de plus en plus utilisé sur le continent. C’est en effet le succès de cette technologie qui a inspiré le projet Ethicphone.

    En 2015, en créant sa startup, Mouhamed Diakité avait une idée en tête : proposer une solution qui permet d’appeler, de transférer de l’argent vers l’Afrique et de réaliser des achats à partir du mobile. Pari réussi. Ethicphone a été créée afin de simplifier les échanges entre l’Europe et l’Afrique par l’entrepreneur d’origine ivoirienne, au vu de la forte diaspora africaine en Europe.

    En effet, en 2014, selon les chiffres du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), la diaspora africaine en France aurait transféré 10,5 milliards de dollars vers l’Afrique, et environ 45 % de ce montant aurait été envoyé en passant par une tierce personne, et donc de manière « informelle ».

    Mouhamed Diakité veut donc rendre l’informel, formel, pour, dit-il, offrir un service moins cher et capable d’atteindre, grâce au mobile, les zones rurales les plus reculées.

    Cet opérateur de téléphonie mobile virtuel est le premier en France qui offre les services de transfert d’argent international et de téléphonie mobile. La cible première : les diasporas africaines, mais pas que. L’application est aussi disponible pour toutes les populations non bancarisées d’Europe qui représentent 30 millions de personnes ; et 1 milliard de personnes dans le monde.

    Genèse

    Mouhamed Diakité mise sur la bancarisation du continent grâce au mobile, tout comme bien de services de téléphonie l’a compris aujourd’hui en Afrique. L’application disponible sur IOS et Android a été inspirée, selon le porteur du projet, par une « l’économie solidaire » qui, croit-il, oscille entre le souhait de remplir une mission d’intérêt général par les pouvoirs publics et le fait qu’elle doive devenir rapidement rentable, dans des secteurs très concurrentiels comme la téléphonie mobile et le transfert d’argent.

    Le concepteur raconte ses débuts. « C’est à mon arrivée en France en 1994 que j’ai été confronté pour la première fois au transfert d’argent international. Trois mois après mon arrivée, j’ai fait un transfert d’argent à ma famille en Côte d’Ivoire. Depuis cette date, chaque mois en fonction de mes moyens, je fais des transferts d’argent et toujours selon le même parcours client avec une commission très élevée, 12 % du montant transféré. Et pourtant, depuis 1994, l’Afrique est devenue le continent le plus doté en téléphonie mobile et chaque personne en Côte d’Ivoire peut facilement et gratuitement ouvrir un compte mobile qu’elle soit en zone urbaine ou rurale. »

    D’abord, c’est au sein de l’incubateur Nord/Sud Bond’innov à Bondy (Seine-Saint-Denis) que Mohamed a choisi de développer son projet. Pour lancer l’application sur smartphone, il a fallu d’abord la tester. Cette phase d’expérimentation financée par BpiFrance et la Région Ile de France avait duré un an.

    Aujourd’hui, 500 personnes utilisent EthicPhone Money en partenariat avec Moov Côte d’Ivoire. L’entreprise a récemment lancé sa Carte de paiement Multi devises (dollar américain, livre sterling, euro et Francs CFA).

    Pour rentabiliser son projet, le diplômé d’un double Master en stratégie d’intelligence économique et en finance compte facturer à de 2 euros de commission pour chaque transfert inférieur à 100 euros et 3 euros au-delà.

    Aujourd’hui lauréat de Startup of Africa 2017, Ethicphone a un certes un cours passé, mais déjà riche. En 2016 déjà, le projet a été primé au BpiFrance 2016 et de Scientipôle en 2015. Présent dans plus de 40 pays, Ethicphone a déjà levé plus de 300.000 euros de fonds. Il a également intégré la Station F, réputé pour être le plus grand campus de Startup au monde.