Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Afro-optimisme: ce que nous pensons de l’Afrique des potentialités

    Afro-optimisme: ce que nous pensons de l’Afrique des potentialités

    Mieux qu’une tendance qui envahirait une génération d’Africains pour pousser les jeunes à l’adhésion sans pour autant faire l’exception de toute mode, c’est-à-dire démoder, l’Afro-optimisme est une valeur, un principe en lequel nous avons foi pour propulser le continent.

    On ne le dira jamais assez, le continent africain fait face de nouveau à un paradoxe existentiel. Alors que cette terre devient objet de concurrence diplomatique, sinon alors commerciale, entre l’Europe, les États-Unis, la Chine ou autres grandes puissances qui misent sur lui et sa population jeune et travailleuse, bien d’entre nous tentent de franchir (en vain) la Méditerranée.

    Les raisons, elles ont toujours été multiples. Mais le temps où l’Afrique est réduite à une trilogie de famine, guerre, et épidémie est de plus en plus révolu dans nombre de mentalités. Du Cap au Caire, de Praia à Mogadiscio, en passant par Harare, Ouagadougou ou Banjul, les sociétés sont éveillées et se sont appris à réclamer de meilleures formes de gouvernances.

    Ces nouvelles sociétés à l’avant-garde d’une Afrique en sempiternel perfectionnement, c’est la génération audacieuse et intrépide que peut incarner le martyr Mohammed Bouazizi, qui ira crier à tue-tête « Dégage » à la place Tahrir pour malheureusement s’immoler par le feu. C’est aussi la génération caractérisée par la Révolution à Ouagadougou, sans oublier les rues de Bujumbura, sa révolte contre un ordre politique obscurantiste, dynastique et exterminateur. Ce mouvement de l’Afrique, c’est aussi tomber de vieux autocrates qui se sont crus éternellement inamovibles.

    Loin d’un slogan breton-woodien, l’afro-optimisme est un espace communautaire où les jeunes Africains, issus de tous les milieux et de toutes les professions, peuvent se réunir pour discuter de leur avenir commun et faire quelque chose à ce sujet. C’est, à l’image de la Négritude, une affirmation du potentiel africain ; c’est aussi au-delà de l’affirmation, pour nous, population issue de ce continent, un engagement, un pacte de renouveau.

    L’afro-optimisme, c’est la génération Aliko Dangote qui enseigne la clé majeure pour réussir en Afrique. Sans légèreté,  ce potentiel dont nous nous sommes permis de rêver n’est plus que la concrétisation des ambitions  de développement. Dans notre histoire commune, les conditions pour relever durablement de nombreux défis n’ont jamais été aussi propices.

    L’Afrique est en bonne voie, et plus que jamais. Au Ghana, en Éthiopie, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, en Tanzanie, ou au Kenya, pour ne citer que ces pays, le taux de croissance a de quoi faire envier l’Europe. La population est jeune, les marchés et les services financiers sont en plein développement, les classes moyennes connaissent une émergence, et les secteurs clés comme l’urbanisation, l’agriculture et l’industrialisation sont de mieux en mieux organisés.

    On se félicitera aussi de la révolution numérique qui n’est que remarquable, et dont on parle toujours très peu. Les génies africains sont en train de se déployer, les talents sont exploités, les esprits débordants de créativités tentent de pallier une multitude d’écueils jadis infranchissables. Bien de jeunes assimilent l’importance de l’entrepreneuriat, et tâchent de contribuer à l’économie de leur pays de par son entremise.

    Rêvons que 34 sur les 54 pays en Afrique ne figurent plus parmi les pays les moins avancés et que plus que 60 % de la population active jeune chômeuse ait retrouvé un emploi durable. Qu’un Africain sur cinq ne soit plus touché par un conflit violent, que l’Afrique pèse plus que 2 % du commerce mondial… Et pour que cela ne tienne, travaillons-y.

    A Afrotribune, nous avons pris le bon côté des choses, et nous en sommes convaincus. Nous croyons en le génie africain et nous avons décidé d’y investir. Autant que faire se peut, nous voulons être ce pinceau qui dessine au bout de chacun de nos efforts, de nos articles, les nouveaux contours de l’Afrique à l’antipode une terre de malheurs. Une Afrique en innovation, en mutation dans presque tous les domaines.

    Nous nous inscrivons à l’agenda 2063 de l’union Africaine (l’Afrique que nous voulons) qui est persuadée que ‘’le temps est venu de construire une Afrique intécgrée, une Afrique prospère et pacifique, conduit par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale’’. Cette Afrique, nous voulons la construire ensemble. Avec nos lecteurs!

     

  • En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    En Afrique, le vaudou résiste aux tempêtes d’évangélisations [Grand Angle]

    Croire que le Vaudou en Afrique a perdu ses lettres de noblesse à cause du modernisme, de l’éducation, de la colonisation ou des croyances exotiques est un constat erroné. Et aucun acteur ni politique ni religieux ou d’autre ne peut se permettre d’oublier son influence, ni par hypocrisie, ou par négligence.

    Pourtant, les églises ne cessent de pousser dans les coins de rue à Lomé, à Cotonou ou un peu partout dans la sous-région ouest-africaine. Il est vrai qu’il y a en Afrique, de Dakar à Lubumbashi, de Lomé à Bangui en passant par Cotonou, des forces surnaturelles, détentrices du pouvoir « du mal ». Dans la « basse population », le catholicisme et les autres religions monothéistes ont du mal à exorciser, même avec la plus grande rigueur, l’Afrique du vaudou et de ses religions polythéistes « mal-aimés ». Au Togo précisément, ce n’est pas exagéré : les églises dites de « réveil » ont beau être les endroits les mieux abrités par la population de toute catégorie, nul n’ose jouer avec la face cachée de la raison.


    L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ».


    Au Bénin, lorsqu’on parle de religion, les statistiques indiquent 27 % de chrétiens, 22 % de musulmans et 37 % d’animistes. Mais demandez qui n’a jamais consulté le Vaudou, pour un problème de stérilité, de vol, d’un sort qu’on veut retourner à l’envoyeur ou d’un décès dont on révoque une origine naturelle, et vous vous rendrez compte que les statistiques seront beaucoup plus importantes en faveur de la religion traditionnelle. La question principale n’est plus de savoir si le Vaudou est un mythe ou une réalité, la réponse est évidente. La curiosité c’est de se demander comment cela fonctionne, ou comment cette pratique surmonte l’usure des temps ?

    Toutefois, assimilé à tort ou à raison à la sorcellerie, la présence du Vaudou est souvent redoutée. C’est pourquoi les hiboux « prédateurs » de chairs humaines, les cobras vengeurs, les tortues à doubles carapaces ou les lézards polymorphes à doubles queues sont toujours craints. L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ». Dans ce domaine où les professions de foi sont très rares, il est très difficile de prouver à une tierce personne — en théorie du moins — l’efficacité du mode opératoire, ce ne sont pas que les civils qui s’en emparent.

    Le Vaudou salvateur

    1er septembre 2011. À Iroko, forêt sacrée de Kpassè en lisière de la cité côtière béninoise de Ouidah, jadis funeste fief de la traite négrière au Bénin, une foule pouvait se voir. Surtout, un Blanc dont la main gauche effleure le tronc de l’arbre vénéré. Mais qui est-il ? Le maire de Nantes et futur chef du gouvernement, le très cartésien Jean-Marc Ayrault. Et quelle requête le patron des députés du Parti socialiste, porté en février 2016 à la tête du Quai d’Orsay, soumet-il à la réincarnation végétale d’un monarque mythique du XIVe siècle ? « Que François Hollande détrône Nicolas Sarkozy au printemps suivant. » Mais, il précisera plus tard, « je n’ai formulé aucun vœu pour moi-même ».


    Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou.»


    En effet, le Bénin a vu défiler, en cachette comme au grand jour, des cohortes d’élus, candidats et ministres, exotiques ou non. Car nul politicien de l’ex-Dahomey n’oserait mépriser les forces de l’esprit, même si le politiquement correct demande le contraire. L’ancien premier ministre béninois, candidat à l’élection Lionel Zinsou ne l’ignore pas. Ce Béninois a beau passer sa première vie loin du Bénin natal, il devra s’habituer à ne pas serrer la main à tout le monde, à s’asseoir dans n’importe quelle chaise ou à boire avec n’importe quel verre. Au pays d’Angélique Kidjo, les adeptes vaudou sont convaincus. « Tout Africain est né vaudou. C’est pour cela que quand nos ancêtres, nos parents, nos grands-parents ont été emmenés en esclavage, leurs esprits retournent chez nous ici. »

    Vu de mauvais œil

    Le vaudou, à l’origine, n’a rien à voir avec la sorcellerie ou la magie noire. Dans la cosmogonie de l’aire culturelle Adja-Tado au sud, c’est une pratique religieuse qui consiste au culte d’un Dieu créateur (Mawou) au-dessous duquel se trouvent d’autres dieux inférieurs. Entre autres, Sakpata : dieu de la variole ; Ogoun : dieu du fer ; Mamie Wata : déesse de l’eau, etc. Eux, ils servent d’intercesseurs à l’homme pour atteindre Dieu tout-puissant. « C’est à partir de Ouidah que le vaudou s’est retrouvé partout dans le monde entier. Il faut le reconnaitre, c’est quelque chose qu’il ne faut pas nier. Le vaudou c’est quoi ? C’est la nature, les quatre éléments de la nature, les respecter et connaître et respecter leurs principes. » Explique, initié au culte vaudou.


    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse.


    Au Bénin, sous le régime révolutionnaire qui a duré 17 ans, le vaudou a été traité de tous les noms : « pratique rétrograde », « fétichisme » voire, « obscurantisme ». Cela n’a pas pour autant empêché les dépositaires du culte vaudou de continuer à pratiquer leur religion comme si de rien n’était. Un chef religieux du nord du pays, défiant les marxistes-léninistes de l’époque, est allé jusqu’à dire, non sans humour, que « depuis que le monde existe, on n’a jamais vu les bouses de vache se transformer en vache ». Comme pour leur dire que la révolution ne pouvait pas empêcher les gens de pratiquer leur religion.

    Il aura fallu la Conférence nationale souveraine de février 1990 pour redonner au vaudou ses lettres de noblesse. Et c’est le président Nicéphore Soglo, chrétien bon teint qui, en son temps, concéda ce droit aux adeptes des religions traditionnelles.


    Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible


    Depuis, le vaudou est une religion au même titre que l’islam et le christianisme. Mieux, elle connaît un engouement et une expansion certains. « Je suis chrétien, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à la religion de mes ancêtres, le vaudou. Pour moi, cela n’est pas incompatible », confie un religieux.

    Désormais, chaque année, le 10 janvier, des milliers d’initiés vaudou célèbrent au Bénin les quatre divinités de la nature. Venues d’Afrique, des Antilles, d’Europe ou des États-Unis, c’est sur la plage de la Porte du non-retour à Ouidah que les adeptes du culte se recueillent. Le vaudou est certes un culte ancestral, mais il n’a pas toujours eu bonne réputation, malgré environ ses 50 millions de membres à travers le monde.

    Emmanuel Vitus 

     

  • Non, l’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit!

    Non, l’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit!

    Pour penser l’Afrique il est nécessaire de changer de discours et de redonner à ce continent la place qu’il mérite. Le fait est que jusqu’à présent elle est considérée à tort comme un continent pauvre. C’est ainsi que l’on assiste régulièrement à des déclarations qui tendent à présenter l’Afrique comme dénuée de richesses. Pour appuyer ses propos erronés, des images et des publications sont brandies. Chaque année, il arrive même que des campagnes de charité, des appels au don soient lancés pour « aider l’Afrique ». Toutes ces actions renforcent les clichés, les suppositions sur l’Afrique. Mais il existe une autre histoire africaine, la vraie, qui mérite d’être contée.

    L’Afrique est riche. Bien sûr sa richesse est volée, mais elle reste un continent riche. C’est une évidence. Savez-vous par exemple que des études montrent que l’Afrique subsaharienne est un créancier pour le reste du monde à hauteur de plus de 41 milliards de dollars ? Si tel est le cas, savez-vous aussi que des rapports expliquent que plus de 200 milliards de dollars quittent le continent chaque année ? Parmi ces fonds qui quittent l’Afrique, on peut évoquer des multinationales étrangères spécialistes de l’optimisation fiscale qui font tout pour ne pas payer suffisamment d’impôts dans les pays. L’année écoulée, cette perte était estimée à plus de 60 milliards de dollars.

    L’Afrique victime

    Des milliards sont également « perdus » dans les secteurs de la pêche, du commerce et de la faune. Toutefois, des discours font croire que l’Afrique reçoit des aides financières suffisantes, qui l’aideraient à se « développer ». Cette conception n’est pas vraie. Rien que les flux financiers illicites représentent environ 6,1 % du produit intérieur brut (PIB) du continent, soit trois fois l’aide que reçoivent les États africains.

    C’est donc clair que l’Afrique constitue une sorte de niche dont d’autres profitent. Le continent se voit aussi contraint de subir les conséquences du changement climatique dont sont responsables en grande partie les grands pays industriels. Bien sûr, le dérèglement climatique cause des dommages pour les sociétés africaines, et les pays sont incapables d’utiliser les combustibles fossiles pour se développer comme d’autres pays européens. Pour être claire, la crise climatique a été causée par des pays occidentaux dits « grands », mais l’Afrique subit durement ses conséquences.

    Nécessité d’un réveil

    Les richesses du continent ne profitent donc pas aux Africains. Même s’il y a des reproches à faire aux dirigeants africains, il faut dire que des actions extérieures n’aident pas aussi l’Afrique. Tout est fait que les situations déplorables perdurent en Afrique. Parlons des prêts que des organismes internationaux et des pays occidentaux font aux pays africains. Ces prêts se révèlent souvent être des pièges dans la mesure où ils se transforment en des dettes difficiles à rembourser. De nombreux Africains sont donc dépouillés de leurs richesses ; cela permet à une infime minorité d’Africains de s’enrichir et de faciliter la fuite des capitaux.

    Il faut que cela change. Pour y arriver, il appartient à la nouvelle génération de décideurs africains de prendre conscience des maux dont souffre l’Afrique. Ces leaders africains ne doivent plus laisser l’économie dans les mains du règne de la privatisation. Il serait également utile que les marchés africains ne soient plus livrés à des concurrences déloyales. Les investissements étrangers ne doivent pas aussi se faire au détriment des pays africains. Il faut que l’installation des entreprises occidentales se fasse dans les règles afin que cela rapporte aux populations. Ce n’est que comme ça que l’Afrique se développera comme il faut. Ce continent est tellement riche. Il faut le faire rayonner !

  • Pourquoi faut-il [encore] croire en l’Afrique?

    Pourquoi faut-il [encore] croire en l’Afrique?

    Bien avant Mme Sirleaf Helene Johnson en ce début d’année, la Fondation Mo Ibrahim avait considéré 6 fois en seulement 10 ans qu’aucun des leaders africains n’était digne de son prix de leadership. Comme si Boko Haram, les crises socio-politiques, Ebola ou encore la chute du prix du baril ne suffisaient pas, les volontés politiques sont sanctionnées par un manque de leadership. Cette image de l’Afrique est sans exagération. C’est le reflet d’un continent miné par des maux politiques, des Etats entiers n’ayant de plus grande affliction que les dirigeants qu’ils sont sensés (dans les pays qui se veulent démocratiques), choisir.

    Toutefois, et c’est prouvé ailleurs, la démocratie et les droits de l’Homme ne sont pas nécessairement les conditions qui sous-tendent une croissance économique ou le développement dans un pays. Et ce n’est pas la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a installé son premier bureau africain à Addis-Abeba qui dira le contraire. Les pays de l’Afrique de l’Est, tels que l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie ne sont pas les meilleures illustrations de la démocratie sur le continent africain. Pourtant, ces pays sont porteurs des bons chiffres de croissances, à faire pâlir les Européens.

    Avec une croissance de 10,5% en 2015, faisant fi de la crise mondiale et de la chute des cours des matières premières, l’Éthiopie s’affirme désormais comme une puissance économique. Le Rwanda a également trouvé, sous l’égide du Président Kagamé, un modèle de développement particulier, mais dont les avancées en matière d’éducation, de santé, d’urbanisme et d’infrastructures sont manifestes. C’est déjà, commencer par croire que le continent a un fort potentiel, qui, exploité raisonnablement, développerait le continent d’une manière fulgurante.

    D’abord, l’Afrique est une terre très fertile qui a permis à la technologie de s’y loger et de se faire épouser. Elle a fait un saut vers l’avant en matière de technologie, sans précédent. Les avancées culturelles et humaines ont déjà prouvé qu’une population ne s’étant pas familiarisée avec le téléphone fixe pouvait optimiser l’utilisation de la téléphonie mobile pour, non seulement en faire un outil de communication, mais et aussi et encore de commerce et de transaction financière. Cet exploit a vocation à être réédité dans de nouvelles formes de production et de distribution d’électricité, d’eau et de moyens de transport.

    Il faut aussi croire en l’Afrique parce qu’elle a une jeunesse travailleuse. Cette nouvelle génération de jeunes africains est celle qui s’emploie dans l’entrepreneuriat, active et qui se refuse de rêver de l’État-providence. Cette jeunesse est plus motivée et apte à l’initiative de développement. Et cette même jeunesse forme un vaste marché de plus de 3 milliards de consommateurs, chiffre qui est en proie d’augmenter de façon exponentielle dans la prochaine décennie.

    Alors il faut en déduire que l’Afro-optimisme n’est pas un concept creux. Mieux, il est porté sur des soubassements qui permettent d’entrevoir des réponses aux principaux défis du continent.

  • Julio Teko : la nouvelle pépite du cinéma togolais

    Julio Teko : la nouvelle pépite du cinéma togolais

    Relevé au grand public par la série « mi-temps » de la réalisatrice Angela Aquereburu, Julio Teko fait partie de la crème des comédiens  du Togo. L’homme aux multiples casquettes se présente comme un entrepreneur culturel. Promoteur du Festival « TCHALELEKEMA » il est également slameur, maître de cérémonie et poseur de voix off.

    Julio Teko (32 ans) a vu le jour au Togo mais a passé une partie de son enfance à Libreville (Gabon). Il découvre le métier de comédien sur les bancs à Aného.  Son premier rôle, il l’a joué dans la pièce « Deux tickets pour le paradis » de Jean Paul Alègre.  Julio Teko côtoie les grands noms de comédie togolaise David Ganda ou encore Koumouna Eustache. Il apparait dans quelques spots publicitaires puis dans le clip « Vodoo Sakpata » du rappeur Elom 20ce.

    En 2015, Julio Teko a participé à son premier véritable casting avec Yobo Studio sur le projet « Mi-temps », une série co-produite et diffusée par Canal+. Il garde encore les souvenirs de ce jour où toute sa vie a basculé. Malgré tout son talent  Julio n’était pas retenu pour lors du casting.

    « J’ai d’abord échoué au casting… Malgré cela, Angela Aquereburu (la réalisatrice) m’a donné une seconde chance. Ils m’ont donné quelques phrases du rôle de l’acteur Bukary que j’ai bossé en dix (10) minutes », se rappelle-t-il. Sa deuxième tentative fut concluante. « J’ai marché pour rentrer à la maison en me faisant des films dans ma tête ».

    En 2016, Julio joue le principal rôle dans la série « Hopital It » diffusée sur Tv5 Monde. Il incarne son propre personnage dans un projet dénommé  » LE REVE TOGOLAIS » et apparait également en tant que guest dans la série « ZEM » DE YOBOSTUDIOS diffusée sur TV5 Monde, peut-on lire dans sa biographie.

    Le jeune talentueux acteur fut copté par le réalisateur ivoirien Hyacinthe Hounsou pour un long métrage. En 2019, la scénariste Madie Foltek lui confie le rôle principal de la série « Oasis ». Ce projet rassemble plusieurs  acteurs togolais, béninois, burkinabés, ghanéens et ivoiriens.

    Julio Teko comme plusieurs acteurs culturels togolais est confronté aux difficultés liées à son secteur. « Ailleurs, il existe de nombreuses opportunités mais tu dois constamment montrer que c’est possible à toute la société, que tu peux en vivre et que cela peut fonctionner. C’est usant », déplore-t-il.

    Néanmoins il est loin de baisser les bras. Julio n’envisage ni abandonner sa passion, ni quitter son pays le Togo  pour l’occident. En 2015 il a crée l’association« TCHALELEKEMA » avec laquelle il participe au développement de la culture togolaise. Il est également le promoteur d’un festival qui porte le nom de l’association.

    « Je souhaite être un modèle de réussite  pour moi-même avant tout et pour les jeunes. Je veux me prouver que c’est possible d’avoir une belle carrière depuis le Togo sans partir s’exiler ailleurs », a-t-il confié aux confrères d’Afrik.com.

  • Helena Mendès : la Guinéenne créatrice de la marque de cosmétiques de luxe Mawena

    Helena Mendès : la Guinéenne créatrice de la marque de cosmétiques de luxe Mawena

    Française d’origine bissau-guinéenne, Helena Mendès était une diplomate passionnée de la géopolitique et des relations internationales. Sa vie a basculé  en 2013 lors d’une visite chez sa sœur au Mexique. Elle y côtoie les femmes de la communauté Maya. Ces derniers partagent avec elle les secrets de beauté ancestraux méconnus en occident. De retour en France, celle qui n’avait aucune connaissance dans l’univers de la cosmétique crée sa marque de produits 100% naturels dénommée Mawena.

    Mawena ( Je suis vue telle que je suis) est la marque d’une gamme de produits de luxe   utilisant les secrets des femmes du monde. Inspirée par les femmes de la communauté Maya du Mexique, Helena Mendès a organisé ces dernières en coopératives et achète les fruits de leurs récoltes à des prix supérieurs à ceux pratiqués sur le marché. L’objectif pour cette femme engagée est d’assurer des meilleures conditions de vie à ces femmes qui ont bien voulu partager avec elle, leurs rituels secrets.

    « Je découvre des rituels de beauté authentiques qui font écho avec les secrets de beauté que ma grand-mère avait transmis à ma mère et que cette dernière m’avait, à son tour, transmis. Je quitte alors le Mexique en faisant une promesse aux femmes de cette communauté : celle de retourner en France pour faire connaitre leurs secrets de beauté. En échange de la production de plantes, je leur verserai des prix raisonnables, plus élevés que sur le marché, afin de leur permettre de se nourrir et d’instruire leurs enfants. Cette économie sociale et solidaire représente le cœur de Mawena », précise Helena.

    Découragée par son entourage au début de l’aventure à cause de la couleur de sa peau, Helena n’a jamais baissé les bras. Réconfortée par le succès que rencontre Fenty de Rihanna, elle poursuit son projet en mettant en valeur aussi bien les femmes de couleur que les blanches.

    « J’ai décidé de créer Mawena parce que je ne partage pas du tout la vision de la beauté et de la femme que les grandes marques cosmétiques proposent aujourd’hui. Je pense qu’une marque de produits de beauté doit faire beaucoup plus que vendre des produits : elle doit être sincère avec elle-même et avec ses clientes, et surtout accompagner les femmes dans leur épanouissement et non les complexer », ajoute-elle.

    Aujourd’hui la marque dispose de sa propre boutique en ligne et y commercialise plusieurs produits comme Rose Marula (huile-sérum-hydratation-protection-éclat), Rose Bamboo (essence florale hydratante sans rinçage), Rose Moringa ou encore Rose Papaya.

  • Akasemi Ollor : l’avocate nigériane de 29 ans qui fait sensation dans le milieu des affaires

    Akasemi Ollor : l’avocate nigériane de 29 ans qui fait sensation dans le milieu des affaires

    Akasemi Ollor est une avocate nigériane qui intervient dans des affaires complexes généralement réservées aux hommes. Ses domaines d’expertise et ses intérêts incluent le droit de l’énergie et des ressources naturelles, le droit maritime, le commerce international, le financement de projets, le droit commercial des sociétés, les procédures de secrétariat des entreprises, la gouvernance d’entreprise, et l’arbitrage. L’avocate de 29 ans a eu le mérite de négocier avec succès l’acquisition d’un bloc pétrolier auprès du gouvernement ghanéen.

    Issue d’une famille d’intellectuels, Akasemi Ollor est une passionnée de la lecture. Son goût pour les études juridiques, elle l’a acquis également de ses parents. «J’ai moi-même constaté comment ils ont utilisé la loi pour protéger leurs droits en cas de violation de ceux-ci et j’ai aussi aimé et appris à comprendre à quel point la loi était logique en ce qui concerne les droits et obligations des personnes», se rappelle-t-elle.

    En 2012, elle a rejoint le célèbre cabinet d’avocats George Etomi and Partners du Nigéria. Pour éviter d’être sous-estimée dans cet univers fortement masculinisé, elle se donne pour devise le travail bienfait.

    Akasemi Ollor a participé à diverses transactions, notamment en conseillant l’actionnaire majoritaire d’Eko Electricity Distribution Company dans le processus de privatisation de la Power Holding Company of Nigeria (PHCN).
    « Les gens peuvent vous sous-estimer mais il faut leur prouver qu’ils ont tort à chaque fois. Ils ne peuvent jamais contester le travail bien fait car le produit du travail parlerait finalement pour lui-même. Enfin, n’ayez pas peur de posséder vos exploits et d’être fiers de chacun», explique-t-elle aux jeunes femmes qui veulent faire comme elle.

    Après deux ans dans le cabinet George Etomi and Partners Akasemi Ollor obtient une bourse pour se spécialiser en droit maritime en Grande Bretagne. Après sa formation, elle refuse de rester en Europe et rejoint le cabinet où elle fit ses premiers pas.
    « Je n’ai jamais eu l’intention de vivre au Royaume-Uni, car j’ai toujours pensé qu’il y avait beaucoup de travail à faire sur le continent en matière de développement et que l’Afrique était le lieu où je pouvais avoir le plus d’impact», explique-t-elle.
    La jeune avocate Nigériane a négocié, sous les auspices du cabinet George Etomi & Partners, l’acquisition du bloc pétrolier West Cape Three Points Block 2 pour la société Springfield.
    Défenseurs des droits des femmes, Akasemi Ollor conseille ces dernières de ne jamais reculer face aux intimidations des hommes. « La société conditionne les femmes à être des personnes qui plaisent. Si vous cédez à cela, vous constaterez peut-être même que les hommes finissent par se vanter de vos idées, de votre contribution et de votre travail parce que vous sentez le besoin de plaire ou d’éviter un conflit apparent », martèle l’avocate.

  • FACE List awards :  nouvelle distinction pour le Ghanéen Peter Akwaboah,  DG de Morgan Stanley

    FACE List awards :  nouvelle distinction pour le Ghanéen Peter Akwaboah,  DG de Morgan Stanley

     

    Le Ghanéen Peter Akwaboah, directeur général de la banque américaine  Morgan Stanley, sera récompensé le 20 juillet 2019 à Edison Ballroom à New York  pour son leadership. Il recevra le prix FACE List 2019 de Face2face Africa lors d’un dîner de gala.

    Peter Akwaboah, qui a fait ses études au Ghana et au Royaume-Uni, avant de rejoindre Morgan Stanley en décembre 2015 en tant que Chief Operating Officer (COO) for Operations.

    En juillet 2016, il est devenu responsable mondial des opérations de services partagés, ce qui comprend la gestion de l’infrastructure de règlement et de paiement de la société. De plus, il préside le comité directeur sur les risques liés aux paiements de Morgan Stanley et est membre du comité sur les risques liés aux paiements de la Réserve fédérale américaine (FRB).

    Avant de rejoindre le cabinet, il a travaillé pendant 10 ans à la Royal Bank of Scotland, en qualité de directeur des opérations. Avant de rejoindre RBS, Peter a occupé plusieurs postes de direction dans les domaines des opérations et de la technologie chez Deutsche Bank, KPMG et IBM.

    Peter est titulaire d’un baccalauréat (First Class Hons) et d’une maîtrise en génie civil de l’Université de Birmingham, au Royaume-Uni. Il siège également au conseil d’administration de la Fondation d’orthopédie et de complexe rachis (FOCOS), une organisation caritative ayant pour seule mission de fournir des services complets, soins orthopédiques abordables à ceux qui autrement n’auraient pas accès à un tel traitement.

    Grand sportif, Peter Akwaboah a porté les couleurs de son pays d’adoptions en athlétisme lors de plusieurs compétitions internationales.

    Les FACE List Awards  sont une cérémonie  prestigieuse qui récompense les réalisations panafricaines qui et hommage aux pionniers et aux pionnières les plus influents de la diaspora noire, tout en offrant aux entreprises, la possibilité de se connecter et de célébrer leurs réussites.

  • Eatout : le guide en ligne des restaurants kenyans

    Eatout : le guide en ligne des restaurants kenyans

    Eatout est une initiative du Kenyan MikulShah. De retour à Nairobi après avoir passé 10 ans en Grande Betagne, il s’est rendu compte que ses amis restés aux pays n’étaient pas en mesure de lui indiquer les meilleurs restaurants et plats et de la ville. Il s’associe ainsi à Ami Doshi et lance en 2009, Eatout.

    Eatout est une plateforme web et mobile qui recense la gastronomie kenyane dans toute sa diversité. Les utilisateurs de la plateforme, ont juste qu’à saisir leur préférence dans la barre de recherche et la plateforme leur propose les restaurants avec des photos et commentaires.

    Les utilisateurs de la plateforme bénéficient également des réductions allant jusqu’à 25% sur des réservations.

    En 2017, la startup a levé 500 000 dollars chez Craft Silicon et l’Africa Media Ventures Fun pour accélérer sa croissance.

    Son modèle est différent des autres plateformes puisque Eatout se rémunère à l’abonnement et non à la transaction ou encore via les publicités. Elle permet de présenter une offre plus complète et diversifiée aux consommateurs et un gain de visibilité aux restaurateurs, selon le dernier classement des « 100 startups africaine où investir ».

  • BudgIT : les Tic au service de la bonne gouvernance au Nigéria

    BudgIT : les Tic au service de la bonne gouvernance au Nigéria

    La startup nigériane Budgit créée en 2011 par  Oluseun Onigbinde se présente comme le baromètre de la bonne gouvernance au Nigéria. L’entreprise a développé une plateforme numérique (web et mobile) qui permet aux citoyens  de suivre régulièrement les dépenses publiques du Nigéria. La plateforme a déjà enregistré plus de 5 millions de visiteurs.

    BudgIT  est une initiative du Nigérian Oluseun Onigbinde. L’ancien employé de banque  s’est lancé dans l’aventure des Technologies de l’information et de la communication en participant en 2011 à un hackaton organisé par un incubateur nigérian. Il développe ainsi la première version de la plateforme  BudgIT et rend accessibles aux populations des informations sur les dépenses publiques du Nigéria.

    L’année suivante la startup BudgIT reçoit le prix de la science et de l’innovation technologique. Elle réussit en 2014 à lever 400 000 usd et lance tracker le nouveau service qui permet de suivre plus de 600 projets financier par le budget de l’Etat fédéral nigérian.

    BudgIT  est souvent sollicité par des organisations de la société civile pour mener  des études spécifiques. C’est le cas du Centre pour la Démocratie et le Développement qui a requis les services de la startup  en 2015 pour suivre et analyser les réalisations des promesses électorales du président de la République Buhari, d’où l’appellation « Buharimeter ».

    La startup fut également sollicitée par le gouvernement nigérian notamment le ministère du budget pour faire la lumière sur la gestion des dépenses des industries minières du pays.  Les services de BudgIT sont sollicités en dehors du Nigéria notamment au Ghana et en Sierra-Léone. L’application permet aux Etats africains de lutter contre le manque de transparence et la corruption dans les administrations publiques.