Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Nigéria: Jamila Malafa devient la première femme Commodore de la marine

    Nigéria: Jamila Malafa devient la première femme Commodore de la marine

    La capitaine Jamila Malafa, de la marine nigériane, est devenue en décembre la première femme du nord du pays à accéder au grade de Commodore. Le poste de Commodore est équivalent à celui de général de brigade dans l’armée. Un commodore est un officier de marine commandé qui se classe au-dessus d’un capitaine et au-dessous d’un contre-amiral; le plus bas grade d’amiral.

    Âgée de 55 ans et originaire du nord-est de l’État d’Adamawa, Jamila Malafa été décorée lors d’un événement à Abuja la capitale nigériane, fin décembre. La cérémonie a eu lieu en présence des plus hautes autorités du pays, notamment le vice-président Yemi Osinbajo. Jamila Malafa s’est dite heureuse d’obtenir cette promotion. Cela va selon elle l’inspirer à être plus fidèle et dévoué dans mes fonctions à la marine et au Nigeria.

    Près de trente ans de service

    Désormais générale, Jamila Malafa a déjà passé près de trente ans dans la marine. C’est en 1988 que cette « femme battante » a rejoint le corps de la marine de son pays, avant d’être promue au rang d’aspirante deux ans plus tard. Prompte à bien assumer ses tâches, Jamila Malafa a depuis gravi différents échelons. Elle a ainsi été promue à plusieurs reprises. Lors de la cérémonie le consacrant au grade de général, un de ses collègues de la marine a indiqué que Jamila Malafa faisait partie des rares femmes à atteindre ce niveau au cours de leur service.

     

  • Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

    Lotterie Visa: la GreenCard est plus accessible aux Ghanéens

     

    Pour plusieurs personnes, gagner la loterie des visas américains reste le rêve ultime. Au Ghana, le rêve américain est présent dans plusieurs esprits. Plus que tout autre pays dans le monde, les citoyens ghanéens sont ceux qui jouent le plus à la loterie visa. Il y a deux ans, le pays enregistrait 1,73 million de personnes candidates au programme de visa de diversité américain, également connu sous le nom de « loterie verte ». Près de 10% des 25 millions d’habitants que compte le Ghana jouent ainsi à la loterie visa.

    Il faut dire que les pays les plus peuplés comme le Bangladesh et le Nigéria ont généralement représenté le plus grand nombre de candidats à ce programme pendant plusieurs années. Mais les citoyens des deux pays sont devenus inadmissibles en 2013 et 2015 respectivement en raison de l’une des règles du programme. Une fois qu’au moins 50 000 ressortissants de n’importe quel pays ont réussi à immigrer aux États-Unis sur une période de cinq ans, les citoyens de ce pays deviennent inadmissibles au programme.

    Faible croissance

    En 2013 et 2014, le Ghana comptait également le plus grand nombre de candidats derrière le Nigeria. En comparaison, le total du Nigéria en 2014 représentait un peu plus de 1% de sa population. Le nombre de personnes qui cherchent à quitter le Ghana est probablement lié aux luttes économiques du pays ces dernières années. Malgré une stabilité politique relative, l’économie ghanéenne, affectée par l’effondrement des cours mondiaux des produits de base, a connu son plus faible taux de croissance en plus de deux décennies sous l’ancien président John Dramani Mahama.

    Cependant, l’appétit du Ghana pour les visas américains a permis aux entreprises de visa illégal de prospérer. Rappelons qu’une fausse ambassade américaine qui opérait trois fois par semaine pendant dix ans à Accra avait déjà été fermée il y a près d’un an. L’ambassade établissait aux victimes de faux visas, des passeports et autres documents de voyage.

     

  • Afrique: comment les Universités combattent-elles la pénurie des enseignants?

    Afrique: comment les Universités combattent-elles la pénurie des enseignants?

    Sur le continent, plusieurs universités créent des cours en ligne. L’objectif pour ces établissements est de démocratiser l’accès à l’éducation. Mais c’est aussi un moyen de renforcer les collaborations et le réseautage entre les institutions ou les universités africaines. Depuis 2016, Wits University est devenue la première université africaine à offrir des MOOC (massivement ouverts en ligne) sur edX, une plateforme établie par le MIT et Harvard. L’Université du Cap propose une série de sessions sur Coursera, de l’écriture académique et du changement social, à l’éthique du don d’organes.

    Dans la sous-région ouest-africaine, l’accès des cours en ligne n’est pas encore totalement adopté dans les universités. Toutefois, le Nigéria a déjà expérimenté la création de MOOC spécifiquement pour les diplômés du secondaire qui ne sont pas allés à l’université lors de leur premier essai. Pour plusieurs experts en éducation, l’accès des cours en ligne pourrait être un des atouts pour les pays africains. Cela peut en effet permettre aux gouvernements de relever le défi de chômage des jeunes et une pénurie de compétences.

    Relever des défis

    Des cours en ligne pourraient aider à combler une lacune importante pour les employeurs africains, qui se sont plaints que les universités africaines ne dotent pas les étudiants des bonnes compétences nécessaires pour le marché. Pour Seth Trudeau et Keno Omu de l’African Leadership University, les employeurs recherchent maintenant des diplômés capables de penser par eux-mêmes, de s’intégrer dans des milieux de travail dynamiques, d’apprendre de nouvelles façons de travailler et de trouver des solutions créatives aux problèmes réels. « Les capacités dépendent plus de la façon dont elles ont été enseignées que de ce qu’elles ont appris », estiment les deux spécialistes.

    Pour le moment, différentes universités africaines s’apprêtent à lancer les cours en ligne. Mais certains Etats sont incapables de franchir le cap. Des problèmes tels que la vitesse d’Internet et le droit d’auteur ont rendu difficile l’adoption de cette idée par certains pays. Conséquence, les étudiants africains se tournent de plus en plus vers les universités étrangères pour continuer leur formation. Seule option pour eux d’affiner leurs compétences pour relever les défis qui les attendent en Afrique.

     

  • George Weah: dieu des stades, chef d’État [Portrait]

    George Weah: dieu des stades, chef d’État [Portrait]

    Après deux échecs au scrutin présidentiel, George Weah a finalement été élu en décembre président du Libéria. Dans un pays qui garde encore les séquelles de la guerre civile, l’ancienne vedette des terrains de football devra poursuivre la politique de changement amorcée par son prédécesseur Ellen Johnson Sirleaf.

    George Weah est désormais président. Le nouveau chef de l’État du Libéria a été élu avec plus de 60% des voix. Battant ainsi son adversaire l’ancien vice-président Joseph Boakai. À 51 ans, son élection a été accueillie avec satisfaction dans le pays.

    À Monrovia la capitale, ses partisans ont expliqué que cette victoire vient combler le vide créé par les défaites de 2005 et 2011. De son côté, le nouveau locataire de Mansion House a remercié « le peuple libérien ». Il a dit mesurer « l’importance et la responsabilité de la tâche immense » qu’il embrasse.

    George Weah a reçu les félicitations de plusieurs de ses pairs africains. Le Togolais Faure Gnassingbé lui a adressé ses « vives félicitations et celles de la conférence des chefs d’État de la CEDEAO ». L’actuel président en exercice de la CEDEAO a affirmé la disponibilité de l’institution sous-régionale « à accompagner le Libéria dans ce nouveau tournant de son histoire ». D’autres chefs d’État comme le Namibien Hague Geingob, le Ghanéen Nana Akufo-Addo et le Français Emmanuel Macron ont également félicité George Weah.

    Des bidonvilles de Monrovia au Mansion House

    Ancien joueur du Tonnerre de Yaoundé, George Weah a eu une belle carrière en Europe. Très polyvalent, il a joué au à Monaco, au PSG et à Marseille. En Italie, c’est avec le Milan AC qu’il a fait trembler les défenses. Son physique et son intelligence dans le jeu lui ont aussi permis d’évoluer en Angleterre. King George a joué à Chelsea et à Manchester City.

    Durant sa carrière, celui qui a été sacré meilleur joueur africain en 1989 et en 1994 a disputé 567 matches en club et a inscrit 266 buts. George Weah a passé vingt ans en équipe nationale du Libéria (60 sélections, 22 buts). Il a notamment participé à la Coupe d’Afrique des Nations en 1996 et en 2002.

    L’attaquant avait d’ailleurs été désigné en 1999 « meilleur joueur africain du siècle » par la Fédération internationale de football d’histoires et de statistiques. Près de vingt ans après sa retraite internationale, le natif de Clara Town, bidonville de Monrovia, s’était lancé dans l’humanitaire, les affaires puis la politique lorsqu’il crée en 2004 le Congrès pour le changement démocratique (CDC), son parti politique.

    À la suite de son élection, des stars de football à l’instar de Didier Drogba et Anthony Baffoe ont félicité George Weah pour le rêve réalisé. Seul Africain à avoir gagné le Ballon d’or en 1995, George Weah va désormais faire ses premiers pas à la tête du Libéria. Élu sénateur en 2014, l’ancien joueur du Paris Saint-Germain compte surprendre par sa politique alors que ses adversaires lui ont souvent reproché durant la campagne « sa faible maîtrise des rouages politiques ».

    La tâche s’annonce un peu compliquée pour « Mister George ». Ce dernier devra renforcer la réconciliation dans le pays et satisfaire une jeunesse désœuvrée. « Le changement est sûr », a-t-il rassuré après son élection. Selon plusieurs spécialistes, ses études aux États-Unis et ses conseillers politiques devront lui être un atout dans la gestion de son pays.

     

  • L’avenir de l’Afrique s’annonce plus radieux en 2018

    L’avenir de l’Afrique s’annonce plus radieux en 2018

    L’aventure d’une Afrique positive continue. Il y a quelques mois, lorsque nous démarrions nous promettions de relever un défi de taille : celui de servir à nos lecteurs des informations sur une Afrique qui bouge, qui se transforme et qui se développe. Notre objectif n’a pas changé. À l’heure où la presse en ligne s’impose sur notre continent, la dynamique équipe d’Afrotribune juge important la production d’informations par les Africains et pour les Africains. Ce sont les succès d’Afrique que nous vous ferons souvent découvrir.

    L’année 2017 appartient désormais à l’histoire. Mais comment ne pas revenir sur des succès enregistrés sur notre continent pendant douze mois ? Ils sont légion. À Afrotribune nous avons particulièrement été séduits par quelques initiatives privées et l’évolution remarquable de certaines startups. La Nigériane Aerial Industries est l’une d’entre elles. Cette startup récemment créée s’est illustrée par la fabrication de drones de haute performance pour la pulvérisation des cultures. Son apport est déjà utile dans les exploitations agricoles sur le plan local. Aerial Industries a d’ailleurs été sélectionné par l’accélérateur de startup Airbus BizLab du géant de l’aéronautique pour bénéficier d’une formation dans le domaine de l’industrie aérospatiale.

    En Afrique de l’Est, vous aimerez certainement le projet Majik Water initié par la Kenyane Beth Koigi. Cette dernière a eu l’idée de mettre en place des générateurs d’eau atmosphériques alimentés par des panneaux solaires pour transformer l’humidité de l’air en eau. Quand on sait que l’accès à l’eau potable reste un grand défi pour nos États, on ne peut qu’encourager Beth Koigi qui sauve des vies en empêchant grâce à son projet la propagation de certaines maladies.

    La startup Lono de la Côte d’Ivoire a démontré que les déchets organiques sont une source d’énergie inépuisable encore négligée sur le continent. Lono transforme des déchets organiques en biogaz pour le combustible de cuisson et en biométhane pour la production d’électricité. Dans nos pays, la réduction de la fracture numérique traîne. Mais on peut déjà se réjouir qu’une entreprise comme Eduair du Cameroun décide de commercialiser des boxes numériques qui facilitent l’accès à du contenu digital sans connexion internet.

    Évolution

    L’Afrique se développe. Mais l’endettement reste encore un frein pour la prospérité de nos économies. En décembre, lors d’une tournée sur le continent, Christine Lagarde a expliqué ce qui pourrait faciliter « un développement sérieux » qui doit faire avancer les économies de nos États. Comme voie salutaire pour l’Afrique, la présidente du FMI a évoqué, le développement du secteur agricole, l’industrialisation, le financement des initiatives technologiques.

    Gageons que cela soit entendu et que de différents plans de développement élaborés par les dirigeants sont mis en œuvre pour le bien de nos pays. De la politique dépend la stabilité des pays. Et sur ce plan, l’Afrique a connu bien d’heureux rebondissements l’année écoulée. Les Gambiens se sont très tôt illustrés par un vote historique qui a fait tourner les pages sombres de Yaya Jammeh.

    Depuis, le président Adama Barrow continue tant bien que mal de poser les jalons d’une démocratie en Gambie. Il y a eu également « l’épisode zimbabwéen » qui a soldé la fin du règne de Robert Mugabé. Cela peut être salué dans la mesure où il s’est déroulé avec tact et sans morts. De 2017, peut-être devrons aussi nous réjouir de la réussite des scrutins au Libéria avec l’élection de George Weah, archétype d’une réussite africaine qui voudrait dire que l’on peut ne partir de rien pour devenir quelqu’un si on le veut.

    Osons et faisons confiance à George Weah. En espérant que l’ancien footballeur replace définitivement le Libéria sur les rails de la réconciliation et du développement.

    Attente

    Dans l’élan de positivité de l’Afrique, il y a encore des points noirs. Les récents morts enregistrés à Kinshasa durant une marche pacifique rappellent que certains États restent fidèles à leurs vieux démons. Le régime du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré il y a un an commet l’erreur de braquer la population. Le président Kabila joue la montre en se maintenant au pouvoir. Différents scénarii peuvent se dessiner au cours des prochains mois, notamment le déclenchement d’une série de marches de protestation. À moins que le chef de l’État ne fasse une sortie médiatique pour tout calmer : convoquer une élection présidentielle à laquelle il ne peut plus participer. Le Cameroun est lui rongé par un mal auquel il faudra trouver un remède. Jusqu’à présent le pouvoir ne se donne pas tous les moyens pour régler le « problème anglophone ». Cela fragilise le pays qui s’est également lancé dans une guerre contre Boko Haram. Et même une réélection de Paul Biya qui semble garantie n’est pas la clé pour que le Cameroun retrouve sa stabilité.

    Au Togo, depuis août, de milliers de manifestants, de l’opposition réclame le retour à la constitution de 1992 et le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir. Alors qu’un dialogue n’est toujours pas convoqué, il serait difficile de prédire le dénouement de cette crise. Mais comme toujours, il appartient à celui qui gouverne de prendre ses responsabilités. Les cartes ont été redistribuées sur l’échiquier togolais et l’année 2018 pourrait être remplie d’incertitudes pour le régime togolais. Quant à nous, nous publierons des articles pour tout faire comprendre. Telle est la mission d’Afrotribune. En attendant, nous souhaitons à tous nos lecteurs une bonne et heureuse année 2018.

  • Afrique: 500 000 dollars pour les startups ‘non conventionnelles’

    Afrique: 500 000 dollars pour les startups ‘non conventionnelles’

    Cela devrait être une bonne nouvelle pour toutes les initiatives privées sur le continent. Le Fonds Savannah envisage en effet investir dans des startups « non conventionnelles et qui enfreignent les règles ».

    Il s’agit d’accompagner des entrepreneurs africains porteurs de projets et capables de faire des efforts pour développer des secteurs particuliers. La société de capital-risque basée à Nairobi investit jusqu’à 500 000 dollars dans des start-ups en démarrage à forte croissance en Afrique subsaharienne. Le portefeuille du Fonds Savannah comprend 15 sociétés de diverses industries, y compris le commerce électronique, le divertissement et les services financiers. Dans sa démarche d’aider des startups, le fonds identifie chez les entrepreneurs des traits ou des qualités nécessaires. Pour Mbwana Alliy, directeur associé de la société de capital-risque, le but est déceler auprès de ces jeunes entrepreneurs l’envie de repousser les limites et d’atteindre leurs objectifs.

    Il faut dire qu’en plus de s’inquiéter de la construction effective de leur entreprise, les smart-upeurs africains doivent aussi faire face aux problèmes de réseau, aux problèmes d’Internet et à la bureaucratie gouvernementale. Ce qui leur rend souvent la tâche difficile. « Vous devez aller au-delà de l’appel du devoir pour que votre démarrage fonctionne. Vous devez avoir une énergie et une passion incroyables », conseille malgré tout Mbwana Alliy, ajoutant que c’est la preuve que généralement l’entrepreneur souffre.

    Si en Afrique, des entrepreneurs qui ont déjà réussi sont traités comme des stars du rock, le directeur associé du Fonds Savannah explique que son entreprise ne s’intéresse pas aux startups pour participer à un phénomène de mode. Le Fonds Savannah recherche des entrepreneurs ayant un réel intérêt pour leurs projets. Il est difficile de démarrer une nouvelle entreprise, et pour persévérer dans les moments difficiles, les entrepreneurs doivent avoir une passion intrinsèque pour leur industrie.

    Investissement réfléchi

    La société de capital-risque a déjà fait ses preuves. Le Fonds Savannah a récemment investi dans BabyGroup, détaillant de produits pour bébés en ligne basé en Afrique du Sud. Mbwana Alliy justifie que les raisons pour lesquelles le Fonds Savannah a investi dans BabyGroup portent sur « la pensée non conventionnelle des responsables de la société ». Pour bénéficier de cet investissement, James Townsend-Rose, le responsable de BabyGroup n’a pas convaincu Mbwana Alliy avec l’argument habituel qui est d’être côté en bourse ou d’être acheté par une autre compagnie. « Il veut devenir un acteur reconnu sur le marché — Baby City, une grande entreprise de vente au détail de briques et de mortier en Afrique du Sud », ajoute Mbwana Alliy.

    La société de capital-risque est surtout disposée à investir dans des startups où les entrepreneurs ont suffisamment d’expérience dans le domaine dans lequel ils opèrent. Une startup de soins de santé bénéficierait d’avoir quelqu’un avec une expérience médicale dans son équipe, conseille Mbwana Alliy. Ce dernier indique d’ailleurs que le Fonds Savannah mise aussi sur les entrepreneurs qui connaissent le fonctionnement de l’environnement d’entreprise et qui sont en mesure de réformer leurs industries.

  • Qui est Arsène Tema Biwole,  le Camerounais  de 25 ans à la NASA?

    Qui est Arsène Tema Biwole,  le Camerounais  de 25 ans à la NASA?

    À moins de trente ans, ce jeune chercheur est l’un des plus brillants de sa génération. Le Camerounais pose ses pas de scientifique à la NASA.

    Il a le regard vif, le sourire captivant et à la dégaine de ces jeunes chercheurs que l’on rencontre dans les couloirs de laboratoires universitaires. Arsène Tema Biwole est un passionné de sciences physiques. Né en juin 1992 au Cameroun, c’est à Bafoussam que ce jeune brillant fait ses premiers pas. Sa naissance prématurée l’oblige tout de même à passer une enfance maladive. Au sein d’une famille sans grands moyens, Arsène Tema Biwole a grandi sous la protection de ses frères et de sa mère « pauvre et célibataire ». « Je me souviens encore d’elle, luttant pour nous nourrir tous les jours », explique-t-il.

    Au Cameroun, Arsène Tema Biwole confie avoir vécu dans des « conditions désastreuses ». Mais cela ne l’a pas empêché d’avoir des ambitions. « J’ai rêvé de devenir un jour physicien », se rappelle-t-il. Lui qui a passé des nuits à étudier la physique newtonienne près du feu de cuisine, à cause du manque d’électricité dans la maison. Ses efforts se sont révélés payants lorsque l’ambassade d’Italie au Cameroun le sélectionne pour étudier dans une université italienne. Ça a été le tournant dans sa vie et aussi une fierté pour toute la famille, témoigne l’un de ses proches. « J’avais promis à ma mère que je la rendrais fière de moi », se réjouit celui qui est diplômé en ingénierie nucléaire à l’Université Polytechnique de Turin.

    Partager avec la jeune génération

    En Italie, il a été le seul étudiant camerounais inscrit en science nucléaire. Son travail lui a permis d’avoir un brillant parcours dans la prestigieuse université turinoise. Au point où le jeune scientifique considère lui-même avoir réussi un pari. Celui « d’aller le plus loin possible et de prouver que n’importe qui peut faire de son rêve une réalité, quel que soit son parcours ».

    En avril dernier, Arsène Tema Biwole s’est installé aux États-Unis pour continuer ses études. Le jeune camerounais fait des recherches à General Atomics (GA) pour sa thèse de maîtrise parrainée par le ministère de l’Énergie des États-Unis. « J’ai vécu l’expérience la plus excitante et la plus satisfaisante de ma vie en travaillant avec le groupe de théorie de la fusion de GA », résume le chercheur.

    Fin octobre, Arsène Tema Biwole est devenu le premier camerounais à participer à la réunion annuelle de la Division de Physique Plasma.

    Organisée par la Société américaine de Physique, cette grande rencontre voit chaque année la participation de nombreux scientifiques. Arsène Tema Biwole y a fait une présentation d’une quinzaine de minutes sur la régression multivariée non linéaire par intelligence artificielle pour les applications de fusion nucléaire. « Je suis profondément honoré et heureux d’être le premier », affirme le Camerounais pour qui la mission est de « m’assurer que je ne serai pas le dernier ».

    À 25 ans, Arsène Tema Biwole fait désormais ses marques à la NASA où il a déjà réussi à trouver « une formule permettant de dévier les turbulences nucléaires ». Il espère surtout grâce à ses connaissances et son expérience « apporter de l’espoir aux jeunes du monde entier ». Mais son objectif ultime est de retourner dans son pays pour enseigner aux jeunes générations la physique. En attendant, le jeune chercheur se consacre aussi à sa famille, notamment sa fiancée qui le soutient avec amour. Arsène Tema Biwole appelle aussi régulièrement son frère aîné qui s’est engagé dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram au nord Cameroun.

  • Mercy Kitomari quitte la banque pour se lancer dans la production de crèmes

    Mercy Kitomari quitte la banque pour se lancer dans la production de crèmes

    Elle s’appelle Mercy Kitomari, tanzanienne. En 2013, elle a quitté son emploi bancaire pour poursuivre sa vision de faire des déserts de glaces. Aujourd’hui, elle est la fondatrice et PDG de Gelato, une entreprise de crème glacée opérant à Dar es-Salaam, la capitale de la Tanzanie.

    Son intérêt pour la crème glacée a commencé pendant qu’elle étudiait pour un MBA au Royaume-Uni. Elle travaillait à temps partiel comme guide touristique, et après chaque visite touristique, elle emmenait des visiteurs dans des salons de crème glacée à Leicester Square, au cœur de Londres. « Il y avait des glaciers partout », se souvient-elle. « En Tanzanie, nous buvons beaucoup de thé et d’alcool. Mais ma vision est d’influencer une culture de desserts glacés. Je veux que les desserts glacés soient une indulgence normale, pas un luxe. Et je veux voir des glaciers partout » ajoute la jeune entrepreneure.

    Après avoir terminé ses études, Kitomari a trouvé un emploi dans une banque en Tanzanie. En 2012, elle a commencé à faire de la crème glacée dans la cuisine de sa mère et a finalement quitté son emploi pour gérer son entreprise à temps plein.

    Aujourd’hui, elle a un point de vente à Dar es-Salaam. Elle fournit ses produits aux hôtels et restaurants, et effectue également des livraisons à domicile. Mais vu que Kitomari ne peut actuellement se permettre d’ouvrir de nombreux points de vente, elle s’est aussi associée à des boulangeries pour élargir sa portée. Elle fournit des congélateurs à des boulangeries indépendantes, qui lui achètent ensuite de la crème glacée.

    « Si je vois que l’endroit a un bon trafic, je leur donne juste mon congélateur de marque et je leur apprends à faire des gaufres et des milkshakes, et à faire de la crème glacée. C’est la plus grande image. Lorsque nous atteindrons le niveau d’usine, nous approvisionnerons uniquement ces entreprises. Cela me permettrait d’avoir une plus grande portée géographique en Tanzanie et en Afrique. Cela correspond bien à mon objectif d’avoir des glaciers partout — exactement comme je les ai vus à Leicester Square », explique-t-elle.

    Changer le comportement du client 

    Kitomari note qu’il y a plusieurs facteurs qui font de Dar es-Salaam un bon endroit pour construire une entreprise de crème glacée. Pour commencer, la ville côtière a un temps chaud et humide pendant la majeure partie de l’année. En outre, elle remarque que la capitale tanzanienne connaît une croissance économique rapide et que de nombreux consommateurs peuvent désormais se permettre d’acheter plus que leurs besoins élémentaires. Pour cela, chez Gelato, une tasse de crème glacée est vendue pour un peu moins de 2 dollars, et Kitomari affirme que des clients en achètent tous les jours. « La Tanzanie produit également beaucoup de fruits de différentes variétés. Au lieu de simplement faire des jus, nous avons aussi la possibilité de faire de beaux desserts. Nous fabriquons même des glaces aromatisées à la vigne et au jacquier — qui ne sont pas des arômes communs ailleurs. »

     Concurrencer les grandes marques 

    Toutefois, pénétrer le marché de la crème glacée de la Tanzanie n’est pas chose aisée. Pour cause, les concurrents étrangers sont de taille. « Il existe de grandes marques telles que Azam et Fairy Delights. Il y a aussi d’autres entreprises qui sont installées dans des centres commerciaux où je ne peux pas me permettre de louer de l’espace pour le moment », dit Kitomari. Parmi ses concurrents, Kitomari craint beaucoup plus Azam. « En Tanzanie, les gens disent Azam quand ils veulent des glaces. C’est une marque très forte. Pour percer dans un tel marché, vous devez vraiment engager les consommateurs », confie-t-elle.

    L’entreprise est également confrontée à des difficultés d’accès aux matières premières en raison d’une pénurie de produits tels que le lait écrémé, la saisonnalité des fruits et les faiblesses générales de la chaîne d’approvisionnement. « Je ne suis pas ce que je veux être à l’avenir, mais j’ai appris à travailler avec ce que je dois faire pour atteindre ma vision », explique Kitomari.

    Pour cette dernière, le conseil envers ses compatriotes est clair. « N’attendez pas que les investisseurs viennent vous donner de l’argent pour que vous puissiez commencer votre rêve », lance-t-elle.

     

  • Elle quitte l’UNICEF au Canada pour entreprendre chez elle en Ouganda

    Elle quitte l’UNICEF au Canada pour entreprendre chez elle en Ouganda

    Il y a sept ans, alors qu’elle rendait visite à sa famille dans la ville de Gayaza, dans le centre de l’Ouganda, Lucia Bakulumpagi-Wamala ne pouvait s’empêcher de remarquer les déchets dans les rues. Ayant grandi au Canada, c’était un spectacle inhabituel pour elle.

    Dans une première vie, Lucia Bakulumpagi-Wamala avait été employée chez UNICEF Canada et a également travaillé comme agent dans l’industrie de la mode et du divertissement pendant plusieurs années, avant que l’idée de l’entrepreneuriat ne survienne.

    Bakulu Power a surgi dans l’esprit de l’entrepreneure il y a des années, mais l’idée a pris forme en novembre 2015. « Quand je suis allé en Ouganda il y a sept ans, j’étais enceinte. Il est très commun pour les femmes dans cette condition de regarder les choses différemment. Je pense que cela a également contribué à la création de l’entreprise. »

    En effet, au départ, Lucia voulait se concentrer uniquement sur la production d’énergie à partir de déchets, mais après avoir parlé à un ami, elle a commencé à penser à l’énergie solaire. « Quand j’ai remarqué l’abondance de ces ordures, je suis devenue curieuse. Quelque chose à propos de tous ces déchets m’a vraiment frappé. C’est ainsi que j’ai démarré Bakulu Power », explique Lucia. Bakulu Power qui est une société d’énergie renouvelable basée en Ouganda conçoit, installe et exploite des systèmes pour les clients résidentiels et commerciaux.

    Selon la fondatrice, son entreprise opère pour le moment au niveau micro et macro. « Au niveau micro, nous concevons des systèmes pour les maisons, les hôtels ou les entreprises manufacturières afin de réduire leur dépendance au carburant ou au réseau, ce qui est techniquement peu fiable dans notre pays. Au niveau macro, nous développons des mini-réseaux et vendons l’électricité à l’ensemble de la communauté par unité » explique Lucia.

    Bakulu Power, parce que l’énergie précède le développement

    Bakulu Power développe actuellement trois mini-réseaux solaires dans le district de Buvuma en Ouganda qui apporteront de l’électricité à plus de 8 000 personnes. L’entreprise coopère également avec une usine de production de combustible de cuisine propre (biomasse) dans un camp de réfugiés dans l’ouest du pays.

    Pour démarrer l’entreprise Bakulu Power, Lucia a dû faire dans un premier temps avec ses propres économies et quelques soutiens de la famille. Aujourd’hui, la société n’a pas encore d’investisseurs externes. Selon la fondatrice, la moitié de son temps est désormais consacrée à des actions visant à courtiser ses bailleurs de fonds afin de « croire en son rêve entrepreneurial ».

    « Dans le monde que nous sommes maintenant, les gens comprennent le besoin d’électrification rurale. Ce n’est pas comme si je proposais quelque chose qui n’existe pas déjà. Mais, c’est toujours un défi quand vous êtes nouveau. Nous sommes tous très jeunes dans mon équipe et nous sommes une entreprise locale. C’est un grand défi pour certains investisseurs » explique Lucia. Pour elle, ce n’est pas aisé de faire affaire avec de grandes sociétés multinationales ou des donateurs qui peuvent considérer la nouveauté comme une lacune.

    Mais toute la difficulté ne se résume pas là. Un autre défi consiste à maintenir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée de l’entrepreneure. « Je suis une mère et mon rôle de PDG et de fondatrice prendra un certain temps pour que je m’y habitue », dit-elle.

    « J’apprends de l’expérience »

    Ayant grandi au Canada, Lucia a été habituée à la façon dont les choses se passent en Occident. Cependant, elle a dû modifier son approche pour l’aligner sur l’environnement opérationnel en Ouganda. « Au début, j’ai essayé de faire les choses comme je le faisais en Occident, mais j’en ai souffert. Maintenant, j’essaie consciemment de ne pas négliger la façon dont les choses sont faites localement », confie-t-elle.

    Lucia pense que cela peut arriver à tous ceux qui ont vécu en dehors du continent pendant une longue période. « Quand nous avons grandi dans le monde occidental, nous supposons que… c’est comme ça que les choses devraient être et que c’est ce que tout le monde veut ».

    Bien que Bakulu Power ait moins de deux ans, l’entreprise attire déjà l’attention. Cette année, Lucia a été sélectionnée comme l’un des 30 entrepreneurs africains à surveiller par le magazine Forbes. Son directeur technique a également été sélectionné pour le programme d’entrepreneuriat de la Fondation Tony Elumelu.

    Pour les entrepreneurs en herbe, Lucia conseille : « suis ton cœur. Apprenez tout ce que vous pouvez et restez ouvert à l’apprentissage. Ne pense jamais que tu sais tout parce que tu ne le sais pas. »

     

  • En Tanzanie, Fahad Awadh se fait champion de la noix de cajou

    En Tanzanie, Fahad Awadh se fait champion de la noix de cajou

    Deux ans après le début de son activité, Fahad Awadh a été nommé l’un des 30 entrepreneurs à surveiller en Afrique par le magazine Forbes, et a également reçu une subvention de 500.000 USD du Africa Enterprise Challenge Fund. En Tanzanie où il est connu pour son intérêt pour les noix cajou, le jeune a une entreprise plutôt prospère.

    En 2014, Awadh a commencé à rechercher une activité dans laquelle il pourrait investir. « Je suis tombé sur la noix de cajou en constatant que la Tanzanie en produit beaucoup et de bonnes qualités », dit Awadh, dont la première grande initiative privée, étaient une entreprise de vêtements qu’il a fondée avec des amis. En effet, la Tanzanie est l’un des plus grands producteurs de noix de cajou au monde. Environ 90 % de ses noix de cajou sont exportées en Inde et au Vietnam et réexportées vers les marchés développés.

    Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette industrie, Awadh a quitté le Canada pour la Tanzanie afin d’y mener des recherches. Il voulait, selon ses dires, comprendre l’offre sur le marché intérieur et le commerce mondial de la noix de cajou. Awadh s’est également rendu au Vietnam, l’un des plus gros exportateurs de noix de cajou au monde. Dans ce pays, il a visité des fabricants d’équipements de traitement et l’usine d’un producteur de noix de cajou de réputation. Ces visites l’ont exposé aux meilleures pratiques mondiales, qu’il a plus tard mises en œuvre dans sa propre entreprise.

    Pour Awadh, comprendre le marché mondial et ce que veulent les consommateurs a été important pour prendre des décisions éclairer sur la façon dont il devrait traiter ces noix de cajou. « Je savais que si je devais traiter en Tanzanie, il fallait qu’il soit mécanisé, automatisé et efficace. Je me suis rendu compte que si je voulais être le meilleur transformateur, je devais mécaniser le processus et opérer selon les normes les plus rigoureuses en assurant la salubrité et la traçabilité des aliments et en donnant de la valeur à l’agriculteur » rassure l’entrepreneur.

    C’est au bout de ces différentes étapes que Awadh décide enfin de créer YYTZ Agro-Processing, une société de production de noix de cajou qui se concentre sur l’exportation de noix de qualité supérieure de Tanzanie, tout en travaillant étroitement avec les agriculteurs locaux pour s’assurer qu’ils sont suffisamment inclus dans la chaîne de valeur.

    Défis de financement

    Alors qu’il était finalement satisfait des connaissances qu’il avait acquises, Awadh écrit un plan d’affaires complet et a commencé à demander des prêts auprès de banques en Tanzanie pour financer l’équipement de traitement. Malheureusement, la réponse par défaut à ses demandes était : « Non, nous ne soutenons pas les nouvelles entreprises ». « Les banques ont toujours été négatives parce qu’elles pensaient que c’était impossible. Ils ne posaient pas les bonnes questions et les mois passaient », se souvient-il.

    Pour donc éviter les retards, Awadh s’est associé avec son père, un pilote commercial retraité, pour acheter l’équipement initial pour installer YYTZ sur l’île de Zanzibar (une région semi-autonome de Tanzanie), avec l’espoir qu’une fois que les banques verront une usine pour se lancer dans les affaires, ils auront plus de confiance pour le soutenir. Mais alors que cette lutte se poursuivait, YYTZ a obtenu un coup de pouce important en remportant une subvention de l’Africa Enterprise Challenge Fund en 2016, un an après l’enregistrement de l’entreprise par Awadh.

    Des partenariats gagnant-gagnant

    L’entreprise construit déjà une autre usine à Mtwara (sud de la Tanzanie) qui permettra aux agriculteurs d’avoir accès à des installations de stockage, à une machine à décorticage automatique et à des équipements de vaporisation qui leur permettront d’enlever leurs coquilles. De cette façon, l’entreprise peut acheter le produit à un prix plus élevé auprès des agriculteurs.

    « À l’heure actuelle, les noix de cajou de Tanzanie sont exportées en Inde et au Vietnam en tant que produit brut. En aidant les agriculteurs à ajouter de la valeur à leur récolte, nous sommes non seulement en mesure de leur payer plus d’argent et de les aider à obtenir plus de revenus, nous allons également augmenter les revenus du pays », rassure Awadh.

    Dans la logique de celui-ci, les agriculteurs sont des clients importants. « Vous constaterez que dans de nombreux pays comme la Tanzanie, les agriculteurs sont souvent exploités et ils n’ont rien à montrer pour le travail qu’ils ont fait. Nous, nous voulons nous assurer que toute activité que nous menons avec les agriculteurs est en mesure d’augmenter leurs moyens de subsistance. C’est important pour nous parce que sans les agriculteurs, il n’y a pas de commerce, » croit-il.