Auteur/autrice : Emmanuel Vitus

  • Loterie Visa: quand les Togolais ne rêvent que des États-Unis

    Loterie Visa: quand les Togolais ne rêvent que des États-Unis

    Les loteries visa de cette année sont ouvertes. L’engouement déjà accordé par la population à cet exercice fortuit est remarquable. Les Togolais sont désormais génération confondue, à la quête de ce visa pour quitter le Togo.
    Cette « aubaine » offerte aux Africains par L’Amérique semble intéressée plus d’un. Ou alors, elle vide le Togo de ses hommes. Depuis des années, la loterie visa reçoit la complicité de la population bénéficiaire. Pour ceux qui caressent le rêve de quitter le pays, la loterie représente la meilleure passerelle qui mène à bien à cette avidité.

    Engouement

    Chaque année, nombreux sont ceux qui restent attentifs à l’événement. Ouvert tous les ans pour une durée d’un mois, le délai imparti pour faire le jeu semble trop éphémère pour donner cette chance à tous ceux qui veulent quitter du Togo. Et chaque année ainsi, le visa américain est accordé à environ 500 Togolais. Au point où, certains se demandent si cette offre n’est plus qu’un moyen pour vider le Togo, et par ricochet l’Afrique de ses têtes pensantes ?
    « Les conditions d’admission à cette loterie semblent en dire long », reconnait un cyber man auprès duquel se fait le jeu, témoin de l’ampleur dudit événement, surtout de cette année. Alors que l’occasion se montre propice aux jeunes désireux de poursuivre leurs études et recherches universitaires, loterie Visa n’est plus comme avant qu’un jeu banal, où, les étudiants éprouvent leur chance. Elle est plutôt devenue un jeu sur lequel parasite le bonheur de certaines familles entières. Entre temps, ceci était l’apanage des chômeurs avant de connaître l’adhésion de tout le monde.

    Pourquoi quitter le Togo ?

    Beaucoup se sont fiés au hasard du jeu de cette année. Selon Edem, un étudiant inscrit en Droit à l’Université de Lomé, la loterie est l’occasion on ne plus idéale, pour sortir des « difficultés liées à l’étude à l’université de Lomé ». Le mieux-être est sans doute la première proie de nombreux joueurs. Mais selon encore certains, l’essentiel n’est pas d’offrir à leur famille une vie des Américains, mais plutôt une qualité de vie qu’on ne retrouve pas aussi facilement au Togo.

    En effet, aux États-Unis, le secteur privé est développé. Au Togo, l’entrepreneuriat reste un domaine à promouvoir. Quand les USA comptent les meilleures universités au monde, celles du Togo manquent encore d’équipements et de laboratoires pour les recherches poussées. Par ailleurs, l’opinion parfois mythique reçue sur le pays de l’Oncle Sam selon laquelle l’idéal de vie reste là-bas a beaucoup d’effets.

    Condamnée à combattre chaque fois la faim et les maladies qui envahissent une population vulnérable, celle-ci veut un endroit où le manger ne fera plus partie de ses anxiétés quotidiennes. Une sorte de terre promise. Certains voient cette opportunité sous un prisme simplement commercial. Alors que conscient de l’éventuel traitement discriminatoire et raciste auxquels ils peuvent se frotter, une quarantaine révolue regrette avant tout : « Personne ne quitte son pays pour le plaisir de le faire. Il s’agit d’une situation compliquée ». D’autres encore ambitionnent bénéficier de cette opportunité pour se procurer une nationalité américaine au profit de leurs progénitures.

    Voir Oncle Sam et mourir

    Outre la France, la Belgique, l’Allemagne ou l’Espagne qui regorge beaucoup de Togolais, les États-Unis constituent un autre pôle attractif. Sur environ les deux millions de Togolais qui vivraient à l’étranger, les USA devraient absorber une partie importante, d’autant que la migration « légale » offerte sur fond de chance a déjà permis à plus de 5000 Togolais de quitter le pays sur un espace de moins de vingt ans. Depuis toujours, bon nombre de Togolais ont souhaité aller, sinon visiter ces pays dont l’image est sauve. Comme le dit Edem, autant le faire aujourd’hui avant que Donald Trump ne ferme les portes.

  • L’Afrique et l’économie verte en question

    L’Afrique et l’économie verte en question

    La quête insatiable et effrénée du « développement » des grandes puissances a conduit à une dégradation de l’environnement et à des conséquences pas des moindres. L’économie verte, sans pour autant être à même d’apporter des réponses à l’ensemble des défis auxquels nos sociétés sont confrontées, se veut une démarche permettant d’améliorer les modes de production et de consommation dans une perspective de développement durable. L’Afrique trouve-t-elle une logique avec l’économie verte ?

    La pollution, l’émission des gaz à effet de serre ou toutes autres conséquences liées à l’industrialisation des pays ne pointe pas d’emblée l’Afrique. Il est une évidence, le monde est désormais confronté à son modèle de développement qui est l’industrialisation. Lequel modèle s’est principalement basé sur la recherche d’une croissance économique à tout prix, une énergie fossile peu chère et disponible et qui a eu pour conséquences l’augmentation exponentielle des émissions de gaz à effet de serre, une dégradation rapide et parfois irréversible de l’environnement, une accentuation des disparités sociales, du sous-emploi, des migrations de populations, etc.

    L’économie verte veut conjuguer à la fois croissance, développement sociétal et protection des ressources naturelles. Dans cette perspective, elle a été définie comme une nouvelle approche permettant de revisiter les modèles économiques traditionnels de croissance. Alors que sa définition a suscité des débats, l’économie verte s’impose de plus en plus clairement comme une solution pertinente, sinon la seule afin de mobiliser le secteur privé dans l’atteinte des objectifs du Développement Durable. Si l’Afrique est à la croisée des défis et des potentiels d’actions, il est alors pertinent de s’interroger sur la conjoncture que représente l’économie verte pour cette terre : la reprise économique ; la réduction de la pauvreté ; et la réduction des émissions de carbone et de la dégradation des écosystèmes.

    L’économie verte en question

    La notion de l’économie verte est l’un des nombreux concepts étroitement liés à la mise en œuvre du développement durable qui visent à renforcer la convergence entre trois piliers : économique, social et environnemental. Par ailleurs,  le capital naturel reste pour le continent africain, une ressource vitale qu’il convient de préserver. Que ce soit pour des questions de sécurité alimentaire ou de création de richesse. Ceci étant, force est de constater qu’elles sont soumises à de très fortes pressions et dégradations que ce soit pour alimenter le marché international ou pour répondre aux besoins d’une population en rapide et forte augmentation qui aspire légitimement à des conditions de vie sans cesse meilleures : accès à l’énergie, à l’eau, à la nourriture, à la santé, etc.

    Cependant, malgré l’urgence de la situation, il y a actuellement trop peu de connaissances sur les politiques les plus efficaces à mettre en œuvre pour soutenir l’émergence d’une économie verte en Afrique. Pour autant, de plus en plus d’initiatives, de programmes et de projets sont mis en œuvre sur cette question afin d’accompagner l’ensemble des acteurs publics et privés et les différentes composantes de la société civile à identifier et mettre en place les réponses les plus appropriées pour soutenir l’émergence d’une économie verte en Afrique.  

    De la réalité d’une économie verte en Afrique

    L’économie verte apparaît comme un des principaux trésors pour le développement des pays Africains et participerait sans aucun doute à la stabilité de la zone au service de la construction d’un espace de paix et de prospérité. En effet, le continent africain se retrouve au cœur des défis que l’on se trouve en milieu rural ou urbain.

    Selon une quinzaine d’entretiens réalisés par Kempf en 2014 auprès d’entrepreneurs actifs dans les domaines de la transformation agro-alimentaire, de la gestion des déchets, de l’eau et de la santé au Congo Brazzaville, il ressort que les entreprises « vertes » cherchent à mettre en avant des circuits courts de commercialisation (CCC) et des modes de production plus intégrés.

    Si on considère les activités menées par les « entrepreneurs verts », il en ressort qu’il existe de réelles opportunités à saisir dans l’émergence de l’économie verte en Afrique, en particulier dans l’agriculture biologique.  En réalité, l’Afrique dispose d’énormes atouts dans la production des produits d’agriculture biologique compte tenu de la qualité de ses terres agricoles et de leur disponibilité. De plus, le continent dispose encore d’énormes superficies de terres agricoles non encore exploitées. En 2010, seulement 40% des terres agricoles en Afrique sont cultivées.

    En Ethiopie l’agriculture biologique a permis d’améliorer les rendements agricoles dans une région souffrant de sécheresse et de la désertification.  En ce qui concerne gestion des déchets, un rapport de la Banque Mondiale montre que l’Afrique ne représentait que 5% de la production mondiale de déchets. Plus de la moitié (57%) de sa production est constituée de déchets organiques, donc valorisables sans trop de difficultés. De ce fait, croire en une économie verte en Afrique est possible. Loin des actions contre-nature qui menacent l’Homme, l’Afrique peut (re)lancer son processus de développement en le fondant sur l’économie verte.

  • EcoJogging: du sport pour sauver l’environnement au Togo

    EcoJogging: du sport pour sauver l’environnement au Togo

    Association légalement enregistrée depuis le 1er août 2017, EcoJogging est un mouvement mondial éco citoyen qui consiste à courir tout en ramassant les déchets, en priorité les plastiques et à les recycler. Le Togolais Felix Tagba est le promoteur de ce mouvement.

    Le concept est nouveau dans un pays qui a ratifié lui aussi l’Accord de Paris et soucieux de la préservation de l’environnement. Entretenir sa santé et préserver l’environnement en faisant du jogging.

    En effet, les sacs en plastique durent entre 500 et 1000 ans dans la nature. Selon certains chercheurs, depuis 1950, l’homme a fabriqué 8,3 milliards de tonnes de plastiques et seuls 9 % ont été recyclés, 12 % ont été incinérés et 79 % accumulés dans des décharges ou dans la nature. Ces plastiques sont à l’origine de plusieurs maux dont souffre la planète, les changements climatiques par exemple.

    C’est pour rétablir le tir qu’un jeune Togolais lance le mouvement Ecojogging. « Un 2 janvier 2017, j’étais parti courir à 4 h du matin comme à mon habitude sur un terrain. Et arrivé sur le terrain, je remarque qu’il y avait beaucoup de déchets, les plastiques surtout qui trainaient. Ça m’a choqué et je me suis dit qu’il faut agir pour stopper ce phénomène. » Témoigne le concepteur. C’est à la suite de ce constat que celui-ci invitera toute la population pour le premier écojogging à la plage de Lomé le 28 janvier 2017. Pour ce premier essai, 10 kg de sachets ont été ramassés et recyclés.

    Depuis, ce sport inscrit dans un esprit fort écologique fait son chemin. Tout récemment, le ministre de l’Environnement du Togo s’est invité dans cette course pour le ramassage des ordures. L’ambition est de faire l’Ecojogging sur toute l’étendue du territoire togolais et dans le monde entier pour sauver la planète.

    Recyclage

    Les joggers ramassent en moyenne 10 kg de déchets plastiques à chaque course. Les plastiques recueillies sont ensuite recyclées et utilisées dans la fabrication des sacs, porte-monnaie et d’autres outils. « Actuellement nous avons notre propre laboratoire qui fabriquera des choses à base de ces déchets collectés pendant Ecojogging » a confié le concepteur.

    Ensuite, les populations sont sensibilisées sur les dangers des déchets non biodégradables. Ces populations contribuent à la fois à leur propre bien-être à travers le jogging et participent à la protection de l’environnement.

    Depuis un moment, EcoJogging se fait au Togo, au Ghana et en France. « Ça se fera dans beaucoup d’autres pays s’il plaît à Dieu. Nous recevons les demandes de beaucoup de citoyens qui nous sollicitent pour faire de l’Ecojogging dans leurs pays », confie Félix Tagba. Pour celui-ci, la prochaine étape est ambitieuse : faire le tour du monde d’Ecojogging.

     

  • Taekwondo: Abdoulrazak Alfaga, l’étoile du Niger à 23 ans

    Taekwondo: Abdoulrazak Alfaga, l’étoile du Niger à 23 ans

    Vice-champion olympique de Rio 2016 et champion d’Afrique de Taekwondo, Abdoul Razak Issoufou Alfaga s’était encore imposé en juin dernier en finale face au Britannique Mahama Cho et a remporté la médaille dans la catégorie des plus de 87 kilos lors du  Championnat du monde de taekwondo en Corée du Sud. Retour sur le parcours impressionnant du colosse nigérien (2.07 m, 98 kg).

    Depuis la révélation d’Issoufou Alfaga Abdoul Razak (23 ans), les couleurs nationales du Niger ne sont plus absentes lors des grandes compétitions internationales de taekwondo à travers le monde entier. Et son pays est en train d’écrire ses plus belles pages dans l’histoire mondiale de cet art martial née en Corée du Sud.

    De ses premiers pas sur le tatami en 2001, Abdoul Razak ne garde sûrement plus qu’un vague souvenir sur le nom de son club du quartier Jangorzo. L’accablante blessure d’un cousin qui lui a inspiré cet art au cours d’un combat et le décès de celui-ci quelques semaines plus tard avaient poussé le père du jeune sportif à interdire la pratique du Taekwondo à ses enfants. Trois ans plus tard, Abdoul Razak s’est retrouvé au Togo. Étant à quelques pas seulement de la frontière ente le Togo et le Bénin, il s’inscrit dans un club béninois et s’engage dans le championnat local. La même année, il remporte la médaille d’or. Par amour pour sa patrie le Niger, il déclinera ensuite une offre de sélection dans l’équipe nationale de taekwondo du Bénin.

    « J’ai tout gagné au Niger »

    De retour dans son pays en 2009, Abdoul Razak intègre le club « ‘CHO »’ à Niamey. Il débute alors une carrière des plus prometteuses. Champion national nigérien à plusieurs reprises, il accumule les trophées et les distinctions. « J’ai tout gagné au Niger au point où la fédération de taekwondo m’a conseillé, en mars 2015, de ne plus participer aux compétitions nationales, pour me consacrer uniquement aux tournois internationaux », a-t-il confié.

    En décembre 2011, il remporte la médaille d’argent pour sa première participation à une compétition internationale à Ouagadougou au Burkina Faso. Un an plus tard, il participe à la coupe du monde francophone de Taekwondo à Abidjan en Côte d’Ivoire et remporte encore une médaille d’argent. Sa première médaille d’or remonte à 2013, compétition Open d’Abuja. L’année suivante, à l’occasion du Championnat d’Afrique de Taekwondo à Tunis, Issoufou Alfaga Abdoul Razak se classe 2ème. En novembre de la même année, il participe à Dakar à la coupe du monde francophone où il remporte la médaille d’or.

    En janvier 2015, le jeune taekwondo participe à l’US Open de Floride aux États-Unis. Il livre six combats contre 2 Américains, 1 Polynésien, 1 Brésilien, 1 Canadien et 1 Anglais. Il remporte ces six combats en infligeant un KO à l’un des deux Américains, avant de battre en finale son adversaire anglais. Il en sort avec une prestigieuse médaille d’or.

    Si le jeune misait secrètement sur une autre médaille d’or lors de sa participation aux Jeux olympiques de Rio, il n’a finalement pu avoir que la deuxième place du podium. Il est de fait le premier Nigérien à participer aux épreuves de taekwondo aux Jeux olympiques, la deuxième médaille olympique du Niger après le bronze obtenu par le boxeur Issaka Dabore aux Jeux olympiques de 1972. Abdoul Razak est désormais à lui seul, l’histoire moderne du sport nigérien et l’espoir de tout un pays sur l’échelle mondiale.

     

  • Dona Etchri, une passion dévorante pour le Web au Togo

    Dona Etchri, une passion dévorante pour le Web au Togo

    Il est l’un des jeunes entrepreneurs régulièrement primés dans son pays. Depuis plus de cinq ans, Dona Etchri multiplie les innovations qui le mettent au-devant de la scène. Voici cinq choses que vous ignoriez sur cet entrepreneur qui veut toujours répondre aux besoins de sa communauté.

    Passionné de Tics

    Dona Etchri est avant tout un passionné du numérique. Il le revendique sans cesse. Web entrepreneur, il est directeur de la société CLIN SARLU. Geek, il aime passer des heures à écrire des codes informatiques. Ce qui ne l’empêche pas de « tester des technologies folles ». Il rêve de bâtir dans le numérique des entreprises modèles.

    Autodidacte

    À plus de trente ans, Dona Etchri a eu un parcours académique particulier. Il a eu un baccalauréat scientifique, mais n’a jamais terminé son parcours licence en Gestion et en Anglais. Il avoue qu’il n’avait plus envie de continuer les études sur le campus universitaire pour « la forme ». Conséquence, il s’est donc formé en multimédia grâce à des cours téléchargés sur le NET. « Je détestais l’ennui. Je voulais mettre à profit chaque seconde ». À ce jour, il compte plusieurs certifications en sécurité informatique.

    Serial entrepreneur

    Le jeune entrepreneur est l’auteur de plusieurs initiatives. Parmi elles, Edzeprocom info sa première entreprise qu’il a créée en 2011 avant de lancer quelques mois après le E-Orga qui reste le premier système de sécurisation de tickets, de billets et de documents au Togo. Grâce à cet outil, Dona Etchri a même été sollicité dans l’organisation des matches de l’équipe nationale de football en 2013, et de la 10e foire internationale de Lomé.

    Dona Etchri est le créateur de MIABETOGO MARKET, une plateforme de E-commerce qui offre de la visibilité aux entreprises. Il a aussi mis en place WassaSMS qui est une plateforme de SMS marketing qui permet aux entreprises de communiquer avec leur clientèle.

    Plusieurs fois primés

    Le Togolais a déjà été primé à plusieurs reprises.  Premier prix de l’émergence professionnelle de l’ANPGF (Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME/PMI) en 2014, Dona Etchri est également lauréat des concours Apps Togo en 2016. Cette année, ce jeune entrepreneur a reçu le premier prix Hackaton AgriPME organisé par le ministère togolais des Postes et de l’Économie numérique. En septembre dernier, Dona Etchri a été récompensé par CFI dans le cadre du programme de Connexions Citoyennes 2017. Ceci grâce à sa dernière trouvaille dénommée Doomevi, une application de géolocalision des infrastructures communautaires défectueuses et dangereuses.

    Son intérêt pour le secteur agricole

    Il a beau créer innover dans d’autres domaines, Dona Etchri ne peut cacher son intérêt pour l’agriculture. Selon lui c’est un secteur qui présente de nombreuses opportunités. « La jeunesse devrait plus s’intéresser aux métiers de l’agriculture ». Il avoue réfléchir régulièrement à des moyens pour contourner les difficultés liées au secteur agricole. En mai 2017, Dona Etchri a concrétisé un de ses projets. Il a lancé l’application e-agribusiness destinée à transformer le secteur agricole dans son pays en tenant compte des besoins des populations.

     

  • Paul Kagamé ou l’histoire controversée de la renaissance du Rwanda

    Paul Kagamé ou l’histoire controversée de la renaissance du Rwanda

    Au Rwanda, après prestation de serment ce 18 août, le président réélu Paul Kagamé, président depuis 2000, amorce en toute tranquillité un nouveau mandat.

    Réélu avec plus de 98% des voix lors de l’élection du 4 août passée, c’est devant un parterre de Chefs d’Etats africains et environ 30.000 Rwandais que Paul Kagamé a prêté serment ce 18 août, au stade Amaro. Le Rwandais peut s’enorgueillir, rares sont les prestations de serments qui connaissent un tel ballet de Chefs d’Etats.

    Pour celui qui est connu pour avoir redressé l’économie du Rwanda et d’être l’homme fort de son développement, sa mission ne fait que commencer. « Le Rwanda revient de loin, très loin et veut aller loin, très loin », a prononcé la ministre rwandaise des Affaires Etrangères, Louise Mushikiwabo, lors de cette cérémonie.
    Paul Kagamé pour le meilleur et pour le pire

    La Banque Africaine de Développement et le FMI considèrent le Rwanda comme un des pays les plus prometteurs sur le plan économique du continent africain. Avec une croissance de 7,9 % de 2010 à 2015, le pays a considérablement réduit le taux de pauvreté, de 56 % en 2005 à 39 % en 2014. De fait, l’impressionnant redressement du Rwanda après le génocide de 1994 fait du pays un modèle en Afrique. Et Paul Kagamé est devenu une référence en ce domaine, chéri par les Occidentaux. Tony Blair, ancien Premier-Ministre du Royaume-Uni n’avait pas du mal à le décrire comme « un visionnaire » et Bill Clinton, comme « l’un des meilleurs dirigeants de notre époque ».

    Un homme  indétrônable malgré tout 

    Cependant, si les Rwandais se montrent visiblement favorables à un nouveau mandat de Kagamé, nombre sont les critiques qui lui sont adressées. Taxé d’autoritaire et de diriger le pays de main de fer, l’homme ne se voit pas lui-même comme tel. Un bilan beaucoup moins positif dans le domaine de la liberté de la presse, où le Rwanda arrive au 159e rang sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse (RSF, 2017).

    Aussi, de nombreuses ONG déplorent-ils les assassinats politiques et une situation « inquiétante » des droits de l’Homme.
    Cependant, dans son discours d’allocution avant de prendre officiellement fonction, le président Paul Kagame a critiqué des tentatives d’ingérence dans la politique de son pays. Le président s’en est également pris aux critiques qui dénoncent l’absence de liberté d’expression dans son pays.

    « Chaque pays africain doit faire face aux efforts destinés à nous faire vivre en des termes fixés par d’autres. Ils demandent que nous remplacions des systèmes qui fonctionnent bien pour nous par des dogmes dans lesquels leurs propres peuples perdent rapidement foi », a déclaré le chef de l’Etat, âgé de 59 ans.
    En 2015, Kagamé réécrit la Constitution, approuvée par référendum, qui lui permet de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034.

  • Journée FIFA: deux matches amicaux pour les Eperviers

    Journée FIFA: deux matches amicaux pour les Eperviers

    Dans le cadre de la prochaine journée FIFA prévue du 28 août au 5 septembre, l’équipe nationale du Togo effectue un stage au Maroc qui sera soldé par deux matches amicaux.

    Deux mois après sa dernière sortie en Algérie pour le compte de la première journée des éliminatoires de la CAN 2019, les Eperviers du Togo vont à nouveau retrouver le terrain de jeu. Claude Le Roy et ses poulains seront en stage à Agadir au Maroc où ils affronteront le 31 août le Niger et le Malawi le 4 septembre. 23 joueurs ont été ainsi retenus.

    Outre la présence du capitaine Emmanuel Adebayor, les autres convoqués évoluent sur le continent ou dans le championnat local. Le sélectionneur a pour la première fois fait appel au défenseur Steve Lawson qui évolue à Neuchatel Xamax en Suisse. Le milieu de terrain Mathieu Dossevi absent lors des derniers regroupements pour cause de blessure, est de nouveau convoqué. Toutefois, certains cadres n’ont pas été retenus. C’est le cas d’Alaixys Romao et de Floyd Ayité ou du défenseur Ouro-Akoriko Sadate.

    Entraîné depuis plus d’un an par Claude Le Roy, le Togo qui a été éliminé au premier tour de la dernière CAN au Gabon, s’est lancé dans une dynamique de reconstruction avec plusieurs locaux. Selon les responsables de la Fédération togolaise de football, les différents matches amicaux et les stages de préparation devront permettre au sélectionneur de bâtir une équipe compétitive pour bien disputer les éliminatoires de la CAN 2019.

    Rappelons que dans la course à la prochaine CAN, les Eperviers sont logés dans la poule D en compagnie des Fennecs d’Algérie, des Ecureuils du Bénin et des Scorpions de Gambie.

  • Burkina-Faso: qui était  le ‘faiseur de rois’ Salif Diallo?

    Burkina-Faso: qui était le ‘faiseur de rois’ Salif Diallo?

    Salif Diallo, le président de l’Assemblée nationale burkinabè, est décédé dans un hôpital de la banlieue parisienne en France ce samedi des suites d’une longue maladie. Il s’était rendu récemment à Tunis pour se soigner, avant de rejoindre la capitale française pour un « repos médical », selon ses proches. Retour sur la vie de celui qui était surnommé « Gorba ».

    A 60 ans, le président de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso s’en est allé ce jour. A Ouagadougou, le charisme de cet homme politique et diplomate fait sa popularité, mais pas que. Son engagement politique, d’une part aux côtés de l’ancien président Blaise Compaoré, ensuite de Roch Kaboré font de sa personne, un politicien qui reste pour le moins historique.

    Né le 9 mai 1957 à Ouahigouya, dans la province du Yatenga, Salif Diallo, dans sa première vie, a été un étudiant expulsé de l’université de Ouagadougou pour avoir participé à des grèves et des manifestations avec le Parti communiste révolutionnaire voltaïque (PCRV). Il était déjà une figure connue dans pays, un enfant terrible, un orateur effroyable dans son université.

    Passé ensuite par l’université Cheik Anta-Diop de Dakar où il obtint une maîtrise en Droit à l’université de Dakar, et finalement nanti d’un doctorat en droit public sur « Les transformations de l’État en Afrique » à l’université de Perpignan dans le sud de la France, l’homme revenu au pays, a croisé les chemins de Blaise Compaoré. Considéré comme le plus fidèle « élément » de l’ancien président Burkinabé depuis les années 1990, Diallo a été le directeur de cabinet de Blaise Compaoré alors ministre sous la révolution « sankariste » (1983-1987).

    Il a été plusieurs fois nommé dans divers gouvernements de Compaoré lorsque ce dernier est devenu président, avant de tomber en disgrâce. Le 6 janvier 2014, il démissionne du CDP s’illustre comme opposant à la réélection de Compaoré. Il fonde alors avec Roch Marc Christian Kaboré et Simon Compaoré le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) avec lequel ils ont remporté les élections présidentielle et législatives fin novembre 2015, alors qu’il était Vice-Président du parti. Depuis, il est devenu président de l’Assemblée nationale burkinabè.

    Aujourd’hui, Blaise Compaoré le considère plus que jamais comme le principal responsable de sa chute. Celui qui était désigné comme étant le bras droit de l’ancien Président Blaise Compaoré, au temps de la pluie et du beau temps de leurs relations, est cité dans plusieurs témoignages du livre de Valère Somé, Les nuits froides de décembre, l’exil ou… la mort, où il est présenté comme le tortionnaire en chef.

    « Salif Diallo, à l’époque, Directeur de cabinet du Président Blaise Compaoré, dirigeait personnellement les séances de tortures, y prenant même une part active ; lui un civil», peut-on lire dans ce livre. Pour d’autres, cela est une évidence : il a joué un rôle important dans la mort de Sankara.

     

  • Angola: une nouvelle brasserie pour briser le monopole

    Angola: une nouvelle brasserie pour briser le monopole

    Grupo Sun Ocean a signé le 16 août dernier un accord de financement avec l’Unité technique d’investissement privé (UTIP). Estimé à 50 millions de dollars, cet accord de financement s’inscrit dans le cadre de la construction d’une usine de boisson.

    Une usine de production de boisson va bientôt émerger à Luanda. C’est dans le cadre d’un projet porté par un groupe de sociétés (Ocean Holding Ltd, Envasadora de Bata S.A et Quantum Global Group) réuni dans le consortium Grupo Sun Ocean.

    Fruit de différentes négociations entre Grupo Sun Ocean et l’Unité technique d’investissement privé (UTIP) du ministère angolais de l’Industrie, ce projet va permettre au pays de produire et de conditionner près de 80 millions de litres de boissons chaque année. Selon Martin Bachma, responsable de Quantum Global Group, société spécialisée dans le private equity, la signature de cet accord avec l’UTIP constitue une étape décisive dans la réalisation du projet. « Nous sommes excités à l’idée d’investir dans un projet qui contribuera significativement au renforcement du secteur des boissons et à la diversification de l’économie angolaise », a-t-il ajouté.

    Précisons que Quantum Global Group qui est situé à Maurice va essentiellement s’occuper du financement des travaux de construction de l’usine de production de boisson. Pour atteindre ces objectifs, l’usine de production devrait employer près 400 personnes, selon les responsables de Grupo Sun Ocean.

     

  • Transport aérien: l’Afrique en pleine progression

    Transport aérien: l’Afrique en pleine progression

    Après une période de vache maigre causée principalement pas « la crise Ebola », le marché africain de l’aéroportuaire reprend sa croissance. Une croissance qui s’illustre par une augmentation du nombre de passagers sur le continent.

    La concurrence des compagnies aériennes, chacune dans l’objectif de créer un hub dans son pays, est au bénéfice de l’économie des pays. En 2016, le continent a battu tous ses records. Selon les chiffres du Conseil International des Aéroports en Afrique (ACI), le continent africain devra accueillir d’ici vingt ans, au moins 300 millions de passagers chaque année. En 2015, 111 millions de passagers avaient été accueillis.

    Concurrence en plein air

    Sans surprise, c’est l’actuel leader de l’économie africaine qui mène la danse. Avec ses 21 millions de passagers, l’aéroport international Olivier Reginald Tambo de l’Afrique du Sud a connu sur tout le continent, le plus important trafic en 2016 avec une croissance de 3,62 %. Si Le Caire fait mieux en termes de croissance, l’aéroport égyptien aura comptabilisé beaucoup moins que celui de Johannesburg. Le Caire, c’est 16,4 millions de passagers, pour une croissance de 4 %.

    ACI dénombre environ 9 millions de passagers à l’aéroport de Bole d’Addis-Abeba, hub de la compagnie Ethiopian Airlines, pour une croissance estimée à 12,78 %. L’aéroport Mohammed VI de Casablanca occupe la dernière place du Top 5 africain, avec 8,9 millions de passagers, avec une croissance annuelle de 5,33 %.
    Cependant, la meilleure progression de l’Afrique revient à l’Aéroport Houphouët-Boigny d’Abidjan. L’aéroport ivoirien a enregistré le record de croissance de 20 %, atteignant la barre de 1,8 million de passagers. Une performance qui s’explique, à en croire le directeur de l’aéroport, notamment par le retour de la compagnie française Corsair. Pour un objectif fixé à 2 millions de passagers cette année et 2,4 d’ici 2020, le pays s’est engagé dans un plan de modernisation de 42 milliards de FCA sur la période 2015 à 2019. Ce plan consiste à construire une deuxième piste parallèle à la voie d’atterrissage et de décollage, l’augmentation du nombre de places de parking, le triplement des surfaces de l’aérogare, etc.

    Le continent africain de plus en plus connecté

    Les aéroports africains connaissent une véritable croissance ses dernières années. D’importants travaux de constructions et de rénovations des infrastructures aéroportuaire, roturière et même hôtelière sont à l’avantage de cet accroissement, qui frôle par ailleurs une saturation. Un fait qui explique l’ouverture future de l’aéroport international Blaise Diagne, cinq fois plus grand que celui de Dakar et capable d’accueillir 3 millions de passagers. Au Togo, la construction de la nouvelle aérogare, inaugurée en 2016, a permis d’avoir une croissance de 9 %, le nombre total de passagers étant estimé à environ 750.000. On peut aussi d’ores et déjà noter la création prochaine d’une nouvelle compagnie commune au Bénin et au Rwanda, compagnie dont les accords de création ont été signés en début ce de mois d’août.