Auteur/autrice : La Rédaction

  • Niger : vers la reconstitution de la réserve alimentaire

    Niger : vers la reconstitution de la réserve alimentaire

    Le Niger a lancé le 11 octobre dernier pour trois mois une campagne d’achats de céréales. La campagne qui se déroulera sur toute l’étendue du territoire s’inscrit dans le cadre de la reconstitution de la réserve alimentaire du pays jusqu’en 2018.

    C’est une initiative qui vise à assurer à l’Etat nigérien une sécurité alimentaire et une bonne gestion des récoltes. Le pays s’est en effet engagé à promouvoir le secteur agricole. Pour y parvenir la campagne lancée va permettre d’acheter des céréales moyennant des prix rémunérateurs. Selon Sadou Seydou, ministre du commerce et de la promotion du secteur privé, l’objectif de l’Etat est également de garantir aux producteurs nationaux un marché. Il s’agit, selon le ministre, d’un moyen sûr d’éviter en période de campagne agricole excédentaire « les bradages des récoltes ».

    Concrètement, l’Etat nigérien envisage jusqu’en 2018 reconstituer sa réserve alimentaire. Sur la période 2017-2018, la campagne devrait permettre au pays de disposer d’une réserve alimentaire de près de 100000 tonnes de céréales, notamment 50000 tonnes de mil, 25.000 tonnes de sorgho, 15000 tonnes de maïs et 10000 tonnes de riz paddy.

    60000 tonnes de céréales en décembre

    Pour reconstituer sa réserve alimentaire, le gouvernement va dépenser une somme de 24 millions de FCFA. Elle sera consacrée à l’achat, au transport, et à la conservation des céréales. Ainsi que d’autres charges connexes, selon le ministère du Commerce et de la Promotion du secteur privé.  Sur toute l’étendue du territoire, les producteurs agricoles ont été sensibilisés sur le déroulement de la campagne. Cette dernière qui a commencé sera gérée par l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN). L’Office va en effet acheter dans les villes et localités du pays les céréales des producteurs ruraux.

    Un comité technique a été mis en place pour coordonner le déroulement de la campagne. Composé de représentants du ministère du commerce, des producteurs, du Dispositif National de Prévention et de Crises Alimentaires, ce comité a mis en place un répertoire national pour identifier les producteurs ruraux qui mettront en vente leurs céréales. Au terme de la campagne en décembre, le Niger devrait disposer de 60000 tonnes de céréales, soit 50000 tonnes pour la « Réserve Alimentaire stratégique » et 10000 tonnes pour le Stock National de sécurité (SNS).

     

  • Yacouba Sawadogo, le « monsieur écolo » burkinabé

    Yacouba Sawadogo, le « monsieur écolo » burkinabé

    L’homme a une silhouette et des rides qui renseignent aisément sur sa génération. Il a 80 ans. Pourtant il a une réputation qui tend vers le miraculeux : le stoppeur du désert.

    À 184 km de Ouagadougou, une forêt du nom de « Gouga » d’une vingtaine d’hectares s’est faite célèbre par sa végétation dans une zone frappée d’aridité.

    Plus tôt, depuis les années 1970, le Nord du Burkina Faso s’était confronté à une désertisation sans précédente. Dans cette région, les longues sécheresses des années 1970 ont provoqué un désastre écologique sans précédent. Brousse ravagée, animaux décimés, pluies raréfiées. Les résultats étaient inquiétants et selon l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD), en juin 2011, la région est l’une des trois zones du pays où la dégradation des sols était la plus forte, avec un indice de 3,1 sur 5, et le rythme de dégradation des terres y est élevé… Avant qu’un certain Yacouba Sawadogo ne s’invite dans la zone.

    Un messie burkinabé

    « À la fin des années 1960, des prédicateurs ont annoncé que nous ferions face à une sécheresse sans pareille dans notre localité. Face à ce malheur annoncé, j’ai décidé de laisser tomber mon commerce de pièces détachées afin de me mettre à l’agriculture. Afin de comprendre comment la nature se régénère, j’ai mis deux ans à sillonner les terres de mon village, souvent à pied, parfois à cheval » dit-il.

    Le contraste entre sa première vie de commerçant de pièces détachées et cette dernière de héros salvateur d’un territoire hostile à toute vie végétale fait de lui un héros. Yacouba n’est diplômé d’aucune grande école. Il est illettré. « Dès le début, j’étais convaincu que les terrains désertiques deviendraient un jour une forêt. Mais les villageois me traitaient de fou ! », se souvient-il.

    Le cultivateur a utilisé une technique naturelle : la régénération naturelle assistée (RNA). Cette pratique d’agroforesterie vise à protéger les plantules qui poussent naturellement sur un champ, en y appliquant divers paquets technologiques de conservation des eaux et des sols.

    Le Zaï

    Le Zaï consiste à creuser de petits trous de quelques centimètres, dans lesquels on met de la fumure organique avant les semis. Ces petits carrés permettent aussi de retenir l’eau, mais aussi à construire des cordons pierreux, un sytème qui nécessite d’attacher des cailloux à l’aide d’un grillage afin d’empêcher le ruissellement de l’eau. Cette technique permet de ralentir l’érosion des sols et de garder l’humidité pendant les périodes de sécheresse : : voilà comment Yacouba y est arrivé.

    Après une quarantaine d’années de travail de récupération et d’ensemencement de graines d’arbre et d’herbe, Yacouba Sawadogo a créé une véritable forêt au milieu d’une brousse éparse. « C’est un travail passionnant », explique le cultivateur. Si aujourd’hui, il déclare modestement ne pas être l’inventeur de la RNA, il a fortement contribué à sa mise en valeur.

    Yacouba Sawadogo travaille ainsi tout au long de l’année, en saison pluvieuse comme en saison sèche. La forêt créée par « l’homme qui arrête le désert » constitue, par ailleurs, un véritable patrimoine écologique, utile sur le plan de la médecine traditionnelle. Elle permet aussi de pratiquer l’agriculture… tout en gardant les arbres.

  • Assurance : un terrain fertile en Afrique

    Assurance : un terrain fertile en Afrique

    La plupart des pays africains connaissent un dynamisme économique. Une situation qui permet au marché de l’assurance de se développer sur le continent malgré quelques difficultés.

    En dix ans sur le continent plusieurs pays ont vu leur croissance économique augmentée chaque année. Certains pays de la sous-région ouest-africaine se sont ainsi placés derrière d’autres pays asiatique en terme de croissance économique marquée par différents politiques de développement. Le secteur de l’assurance connaît également un essor. Sur un continent où un Africain dépense en moyenne moins de 70 dollars  par an pour s’assurer, contre 1 000 dollars en Afrique du Sud et plus de 2700 dollars en Europe de l’Ouest.

    Les conditions de vie difficile ne permettent pas toujours aux populations de s’assurer. Pour un expert du domaine, les populations sont par exemple plus préoccupées de trouver un emploi. L’assurance est toujours considérée comme « un truc de riches ». Dans ces conditions, difficile que le secteur des assurances connaisse une croissance rapide. Mais avec l’émergence d’une classe moyenne africaine de plus en plus grandissante, le secteur se développe.

    Présence de régulateurs

    L’émergence des classes moyennes et le développement de nouveaux modes de distribution permettent au secteur de l’assurance de mieux s’implanter dans certains pays en Afrique de l’ouest. Plus encore on assiste dans les pays à des interventions des régulateurs qui permettent de mieux contrôler le secteur. Selon le directeur d’une société ivoirienne d’assurance, le régulateur ne se soucie plus seulement de la solvabilité de la compagnie d’assurance, mais il édicte également des règles de bonne gouvernance.

    Des groupes régionaux d’assurance sont créés et tentent d’occuper un marché encore vaste. Parmi eux, Saham Assurance, Sunu Assurance ou NSIA Assurance. Mais il existe désormais un atout qui permet d’accélerer l’essor du secteur. Il s’agit de la stabilisation politique progressive avec des alternances sans heurts, et aussi le renforcement des dispositions réglementaires sur l’ensemble des marchés africains de l’assurance. A ce jour, des pays comme l’Egypte, la Tunisie, le Maroc, le Kenya ou l’Ethiopie connaissent une assez forte pénétration de l’assurance. En Afrique de l’ouest on peut citer la Côte d’Ivoire ou encore le Sénégal.

  • Togossimé: une startup e-commerce  pour consommer local

    Togossimé: une startup e-commerce pour consommer local

    L’idée, c’est de promouvoir les produits locaux et leurs consommations. Rencontre avec la directrice fondatrice de la startup Togossimé, Lucia Allah-Assogbah.

    En 2013, alors qu’elle était encore étudiante, Lucia Allah-Assogbah assiste à la mort d’un proche. Elle raconte que ce fut un évènement qui l’amena à poser beaucoup de questions sur l’alimentation et la consommation des produits étrangers. « Toutes ces questions m’ont poussé à mener une enquête. Après les enquêtes, j’ai constaté que notre alimentation est à l’origine de nos maladies à plus de 90%. De ce constat, il convient de s’interroger sur l’alimentation appropriée. J’ai donc poursuivi mes enquêtes et je me suis dit pourquoi ne pas manger ce que nous avons chez nous au Togo ?» a-t-elle confié.

    Le constat est alors fait : mieux vaut consommer les produits dont nous avons la possibilité de veiller sur les conditions dans lesquelles ils ont été produits que les aliments importés, parfois l’on se nait d’où. C’est là qu’est née l’idée de mettre en place une structure, une sorte de vitrine qui fait la visibilité des produits togolais. C’est ce qui a conduit la jeune entrepreneure à mettre en place le 25 novembre 2013, Togossimé qui veut dire le marché du TOGO. Le financement de cette startup a été fait par le Fond d’Aide aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAEIJ). Le projet a été porté en fait parmi les dix premiers projets pour compétir à l’international après une formation organisée par le FAEIJ. Togossimé a eu la chance d’être retenu et le projet a bénéficié d’une aide pour la mise en place de la structure.

    « Combien de togolais mangent local ? »

    « Lorsque je rédigeais le projet, mon business plan, j’avais eu beaucoup de propos tels que : « combien de togolais mangent local ? ». J’avais eu beaucoup de réticence mais je me disais en ce moment, que mon projet a de l’avenir. » Une vraie affaire de découragement mêlé de doute au début. « Aujourd’hui, je peux dire que ça va. C’est une bataille que nous menons. J’affirme aujourd’hui que la bataille, nous la gagnons. Le pari n’est pas totalement gagné mais on est satisfait de ce que nous faisons aujourd’hui. »

    La jeune entrepreneure s’est fixée une mission, celle d’amener la population à la consommation locale. Pour se faire donc, il faut mener des activités. Au nombre de ces activités, des journées portes ouvertes, les séances de dégustation, la sensibilisation axée sur les enfants car ayant souvent un impact important sur le choix des parents. C’est à partir de ce constat que  les enfants sont principalement ciblés pour suivre des cours sur la consommation produits locaux. A côté des enfants, ils sensibilisent également les adultes au cours des ateliers animés par des nutritionnistes, « parce qu’il faut amener la personne à voir les bienfaits de ce qu’il mange. Nous avons aussi les émissions radio, télé et les forums sur Whatsapp et les autres réseaux sociaux. Notre ambition est donc de voir toute la population être moulée dans le processus de la consommation locale.

    Les difficultés se résumaient au départ, au scepticisme de la population vue que la culture de la consommation locale n’est pas encrée dans les habitudes au Togo. Aujourd’hui, par contre, les problèmes relèvent plus du domaine de la logistique du fait que les livraisons à domicile sont préférées et les matériels de transport actuellement ne répondent pas efficacement. « Nous avons besoin d’accentuer la sensibilisation sur les médias de fait que chaque jour qui passe, il faut qu’il puisse avoir au moins une personne qui soit informé sur les bienfaits de manger local. Tout ceci parce que les produit de Togossimé sont analysés et suivis pour garantir la qualité que nous voulons. »

    Selon la fondatrice de Togossimé, des études et analyses conditionnent la réception des produits vendus dans son marché. Sur cet espace foraine, on y retrouve pratiquement toutes les gammes de produits comme les boissons, les produits cosmétiques, les viandes, de nos fruits, du riz local, le vin de palme, les huiles (de palme, de soja, de coco, de coton, etc.), les farines (de foufou, de manioc), du sucre, du miel naturel, des biscuits, … tout ce dont l’on a besoin au quotidien.

    L’approvisionnement de la maison se fait de deux manière : Certains fournisseurs qui vont directement à Togossimé et ou alors ce sont des maisons Togossimé qui se déplacent pour le ravitaillement. Avec l’augmentation de la clientèle, le problème de ravitaillement se pose encore avec ce second cas de figure. En phase embryonnaire, la directrice affirme que les affaires marchent même si tout le bénéfice est réinjecter dans l’entreprise. « Le bénéfice va dans la sensibilisation,  nos activités pour pouvoir toucher le plus grand nombre de clientèle », ambitionne-t-elle. A Togossimé, on ne mange que local.

  • L’Angola lance très bientôt son satellite

    L’Angola lance très bientôt son satellite

    Dans un souci d’indépendance et de contrôle des dépenses de communication, l’Angola va probablement lancer dans en cette fin d’année 2017, son premier satellite dénommé Angosat1.

    Le Satellite en question a été construit par des entreprises russes, et sera géré sur le sol angolais par des citoyens angolais qui ont depuis suivi des formations dans ce sens.

    Avec une durée de vie de 15 ans, le satellite pourrait être utilisé par des pays allant de l’Afrique du Sud au Sud de l’Europe.

    Selon les responsables angolais, le satellite et le centre qui sera dédié à son contrôle sont déjà prêts. « Les 45 techniciens qui seront en charge du décodage des signaux d’Angosat1 sont actuellement en formation. Le centre de contrôle sera basé dans la municipalité de Caruaco» ont-ils déclaré. Ce satellite permettra à l’Angola de le substituer aux autres satellites régionaux pour l’acquisition de la bande passante et de payer ce service en devise locale.

    L’Angola va être ainsi le quatrième pays africain à disposer de son propre satellite, après le Nigéria et l’Egypte et plus récemment le Ghana.

    La RDC est actuellement à l’étude aussi pour acquérir son propre satellite.

  • Togo: des logements sociaux pour contenir l’explosion démographique

    Togo: des logements sociaux pour contenir l’explosion démographique

    Façon à une population galopante, l’Etat togolais s’est engagé à promouvoir l’habitat social. Un projet de construction de logements a été ainsi initié à Lomé la capitale.

    Les réalités sociales et la croissance rapide de la population exigent plus de logements sociaux. Au Togo, les acteurs du domaine se penchent sur la question depuis près de dix ans. L’objectif étant de mettre à la disponibilité des populations, quel que soit son rang social, un logement décent. L’Etat togolais a longtemps tergiversé avant de lancer en 2015 un projet de construction dénommé « cité Mokpokpo » après des études et des enquêtes foncières.

    Il s’agit de construire, avec la participation de l’UEMOA, 1000 logements sociaux destinés aux fonctionnaires à Adidogomé, banlieue de la capitale togolaise. Pour mener à bien le projet, les travaux de construction des logements sur les 12 hectares retenus ont été confiés à la Société ivoirienne de promotion immobilière et la société marocaine Abri 2000. La fin des travaux est prévue pour 2018.

    Etendre le projet

    Dans le cadre de la construction de la cité Mokpokpo, le gouvernement togolais prévoit aussi construire dans la banlieue retenue une école avec des espaces verts aménagés. Les logements sont estimés entre 7 à 17 millions Francs CFA. Les fonctionnaires désireux de s’offrir ces logements peuvent le faire à travers des crédits immobiliers échelonnés sur une quinzaine d’années. Plusieurs banques se sont engagées à aider les fonctionnaires grâce à des plans de financement adaptés. Plusieurs Togolais critiquent le fait que le projet soit uniquement destiné à une partie de la population. Mais l’Etat togolais envisage comme réponse lancer des programmes de construction de logements à l’endroit d’autres couches.

  • La BRVM comme baromètre économique de l’UEMOA dès 2020

    La BRVM comme baromètre économique de l’UEMOA dès 2020

    Depuis près de vingt ans, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières occupe une place importante dans les politiques économiques des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.
    La création de l’UEMOA en 1998 a été prévue depuis 1973 lors du Traité instituant l’UEMOA. Depuis, l’institution régionale finance les huit pays de l’Union. Membre de l’African Stock Exchanges Association (ASEA), la Bourse compte plus de 70 titres cotés, avec une quarantaine de sociétés et de lignes obligataires. A ce jour, la contribution des marchés de capitaux et leur rôle dans le financement de la croissance de l’Afrique n’est plus à démontrer.
    La BRVM est devenue un instrument majeur de financement de développement pour l’ensemble des pays de l’UEMOA. Depuis sa création, la Bourse a déjà mobilisé plus de 4000 milliards de ressources sous forme d’emprunts obligataires et d’émissions d’actions. Les performances de la BRVM lui ont permis de participer au redressement économique et à la stabilité sociale dans la plupart des pays de l’UEMOA. Ces derniers ont en effet émis sur le marché financier régional, des emprunts obligataires pour financer leurs projets de développement.
    Relever les défis
    Malgré son apport à la croissance économique dans l’UEMOA la BRVM fait encore face à des défis. Il s’agit par exemple du défi de la liquidité et de l’attractivité, l’admission de nouvelles sociétés à sa cote, et mieux promouvoir la culture boursière au sein des pays de l’Union. Pour relever les défis, la BRVM envisage jusqu’en 2020 se positionner comme un véritable baromètre des économies des pays de l’UEMOA.
    La Bourse compte ouvrir un troisième compartiment dédié aux PME et aux entreprises à fort potentiel de croissance, moteurs de la croissance dans les économies. Pour Edoh Kossi AMENOUNVE, directeur général de la BRVM, d’autres actions majeures seront posées. Entre autres, l’admission à la cote de la BRVM de nouvelles sociétés issues des secteurs de la finance, de la distribution, des télécommunications et de l’industrie à travers les privatisations ou la sortie des Fonds de Private Equity. A ces actions s’ajouteront l’intensification de la promotion du marché à travers des sensibilisations et des communications axées sur l’accélération de la diffusion de la culture boursière au sein de l’Union.
  • Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    Coliba, une startup ivoirienne lutte contre les déchets plastique

    L’Afrique, surtout sub-saharienne est confrontée à des défis énormes de gestion de ses déchets, tant les politiques de gestion de ces déchets sont défaillantes et les populations restent souvent en marge de cette tâche. Coliba, une startup ivoirienne se propose de pallier ce problème en recyclant les déchets plastiques.

    En Côte d’Ivoire, l’entreprise COLIBA tente de revaloriser les déchets plastiques à l’aide d’un support web et mobile. A travers une plateforme numérique, les utilisateurs-clients ont accès à leur compte mobile et peuvent facilement programmer des collectes d’ordures. Ces ordures converties en points, deviennent alors des bonus. En complément, les usagers reçoivent des conseils sur l’environnement. L’entreprise effectue alors le tri des déchets et offre aux utilisateurs la possibilité d’en tirer profit (argent, matériels de tri d’ordures, kits scolaires). L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet ville durable initié par le gouvernement ivoirien.

    En effet, Coliba part d’un constat simple : « nous avons effectué un voyage en Afrique de l’Ouest dans 7 pays et ce pour un concours organisé par Ampion (Association allemande). Ce concours recommandait donc de présenter des projets dans le domaine du développement durable. Notre constat était simple, comment réduire les déchets plastiques qu’on voyait un peu partout avec une innovation technologique ? C’est de là qu’est venu le projet COLIBA. Après, on s’est bien rendu compte que ce défi était assez important dans la mesure où en Côte d’Ivoire, on produit 5 millions de tonnes de déchets/an » a déclaré le co-fondateur Yaya Koné.

    Vaste marché

    Le marché du recyclage des déchets plastiques en Côte d’Ivoire est estimé à plus de 120 milliards de FCFA soit plus de 180 millions d’euros, selon l’Agence nationale de la salubrité urbaine (ANASUR). L’entreprise prévoit de capturer 300 tonnes de déchets plastiques/mois. Soit 15% des déchets plastiques dans la ville d’Abidjan. L’objectif est d’implanter la solution partout dans le pays.

    Avec plus d’une tonne de déchets collectés chaque mois et environ mille clients, cette startup travaille exclusivement avec des femmes dans son centre de tri. Un choix justifié par le fait que ce sont des personnes vulnérables, plus exposées à la pauvreté et moins aux systèmes de production et financiers.

    Avec une capture de 300 tonnes de déchets par mois sur 10 communes de la ville d’Abidjan, les 3 ans à venir verront une marge de croissance de plus 20 % de l’activité.

     

  • Togo: le lent progrès vers la couverture sanitaire universelle

    Togo: le lent progrès vers la couverture sanitaire universelle

    Conformément à la constitution togolaise et aux engagements du protocole d’accord du dialogue social, le Togo s’est nourri d’ambition d’octroyer à toute la population, un minimum de protection sociale. Il en sort l’Institut National de l’Assurance Maladie (INAM). Même si la couche la plus fragile de la population n’est pas encore atteinte, il y a lieu de reconnaitre l’efficacité de premiers engagements de ce service.

    « On a l’habitude de dire des mots très importants, des mots très durs pour dire les choses très simples, l’INAM se situe dans le cadre général de la protection sociale » avait, en substance, signifié le ministre togolais de travail, de l’emploi et de la sécurité sociale John Agloh. L’institut national de l’assurance maladie, lancé officiellement le 05 septembre 2011, s’est effectivement donné la mission sociale d’aider la population sur le plan sanitaire, en lui garantissant une assurance maladie. L’INAM a pour mission d’assurer la couverture des risques liés à la maladie, aux accidents et maladies non professionnels et à la maternité des agents publics et de leurs ayants droit.

    INAM met en œuvre, en appui au ministère chargé de la santé, les actions de prévention, d’éducation et d’information de nature à améliorer l’état de santé des populations assurées. Ainsi, depuis son lancement officiel, l’institut prend en charge en effet environ 300.000 bénéficiaires avec un réseau de 1.080 prestataires conventionnés, repartis sur l’ensemble du territoire national.

    L’INAM en question

    En effet, en érigeant en mission son vœu de préserver, autant les revenus des ménages que l’équilibre financier, INAM prend en charge 80% des dépenses sanitaires. On comprendra alors que grâce a INAM, le taux de mortalité a baissé par rapport aux années précédentes. Après 2011 où ce taux s’élevait encore de 11,28%, ce plan s’est présenté en palliatif et a pu rabaisser le taux à 10,24% selon les récents rapports de Perspective Monde.

    Néanmoins, si la population attendait cette structure depuis au moins 10 ans, sa venue n’aura pas tout régler. La portée de sa prestation reste en deçà de 20% de la population. Ce qui reste à faire et qu’on attend vivement de cette institution, c’est bien de la voir couvrir toute la population, toutes les couches rurales, comme confié par un enseignant dans le domaine privé, ne pouvant pas bénéficier de ce service. Aussi, l’assurance INAM ne concerne t-il pas les « cas compliqués » comme le déclare le Dr IHOU David, ancien ministre de la santé et de la population-promoteur de l’Assurance Maladie Généralisée (AMG). Cela semble d’autant vrai, si on devra rappeler que l’assurance maladie du Togo ne couvre pas les soins d’évacuation à l’étranger. Dr IBOU se demandait « à quoi sert qu’un fonctionnaire ne puisse pas bénéficier d’une cure chirurgicale de rétrécissement mitral ? ».

     

    Doter des structures sanitaires, d’un maillage conséquent

    Autre casse-tête est de penser au nombre de prestataires de soins. Il fallait donc, selon le ministre, « penser à adjoindre au système INAM, une politique qui puisse permettre de doter des structures sanitaires, d’un maillage conséquent du territoire par les médecins de toutes disciplines et d’assurer le transport des malades par un système performant d’ambulance fonctionnelles »

    En effet, le cas Togo n’est certainement pas le modèle. D’autres pays de la sous région ouest-africaine font mieux. Démarré seulement en 2012, le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) du Bénin a le mérite de trouver une autre manière d’assurer la population. Ce que l’INAM togolais doit envier au RAMU, c’est bien le fait que ce dernier soit déjà destiné à couvrir toute la population béninoise moyennant le paiement d’une prime individuelle variant selon les revenus. La structure est financée d’une part par ces cotisations, et d’autres parts, par l’Etat et ses collectivités locales. Au Benin, les assurés peuvent bénéficier entre 80% et 100%. 100% par exemple, si l’assuré se rend dans un centre de santé d’arrondissement ou dans un hôpital agrégé par le ministère béninois de la santé.

    Autre exemple, l’assurance maladie du Sénégal. C’était une promesse de campagne du président actuel Macky Sall. Ce programme peut se réjouir d’offrir un service gratuit déjà au moins de 5 ans, moyennant une participation que la population elle-même qualifie de « modique ». Ce programme n’est en outre pas un label du Sénégal puisqu’il a été déjà opté par plus d’une dizaine de pays d’Afrique.

    Autant s’instruire du modèle Ghana aussi qui en offre plus ample comme couverture de leur assurance, et surement plus simple dans sa réalisation.

     

  • Tennis: la bonne dynamique togolaise

    Tennis: la bonne dynamique togolaise

    Loin d’être le sport-roi au Togo et devant un passé qu’estampillent de grands tennis mens togolais, le tennis semble être dans une nouvelle dynamique au Togo.

    Trois ou quatre bureaux; en face, deux terrains de jeux superposés, et une tribune. C’est le siège de la fédération togolaise de Tennis, un petit bâtiment au sein du stade omnisport de Lomé. Cela reflète peu une fédération nationale, même si elle n’a pas grand-chose à envier à d’autres fédérations voisines.

    Au sein de cette fédération, les activités se déroulent à l’abri des projecteurs. Conséquence, même si la FTT est l’une, sinon la seule fédération à respecter son chronogramme annuel, beaucoup ignore ce qui se fait, et toutes les compétitions, même d’envergure internationale qui s’y déroulent sont banales aux yeux de l’opinion.

    On a à peine endossé l’année 2008 où le plus réputé tennis man togolais Komla LOGLO a participé aux Jeux Olympiques. Même si visiblement plus personne ne compte sur le tennis pour faire parler du Togo à l’extérieur des frontières-ci, M. Romain Tagba, président de la fédération assure que « la FTT a joué pleinement sa partition dans l’agenda sportif des instances nationales et internationales. » Le tennis togolais ne souffre d’aucun mal aux yeux de celui-ci, si ce n’est l’épidémie du sport togolais en général.

    Formation des jeunes : un défi de taille

    A la FTT, les activités se déroulent toujours et la fédération ne compte actuellement pas moins de 17 clubs affiliés. La FTF se réclame, plus à raison qu’à tort, la fédération qui se soucie mieux de la relève. La preuve, cette fédération est l’une des rares disposants d’un centre de formation, géré par elle-même. Un Centre National d’Entrainement Sport et Etudes. Un espace qui loge environ 18 joueurs de Tennis, disposant de 3 cours de Tennis aux normes internationales, d’une tribune de 1500 places, d’un réfectoire, d’un bus de pour le transport des joueurs, et surtout d’un bâtiment technique.

    Au rez-de-chaussée, deux grandes salles équipées de casiers individuels. A l’étage, une grande salle polyvalente entièrement climatisée et connectée, d’une capacité de plus de 40 places. « Un centre conçu pour un encadrement de haut niveau des jeunes joueurs, avec le souci de répondre à la politique de développement du Tennis Togolais qui cadre avec celle tracée par le ministère en charge du sport » à en croire le président de fédération. La politique du développement du Tennis au Togo inspire confiance : encadrer depuis la base afin de toujours révéler de nouveaux talents.

    Néanmoins, à en croire monsieur Albert Lamboni, Administrateur à la FTT, « la Fédération Togolaise de Tennis souffre du même mal que les autres sports au Togo, si mal il y a : l’insuffisance des subventions. » Selon lui, le tennis est le bouc émissaire devant les récents problèmes qui ont miné le Football au Togo.

    Révélation

    La FTT se veut garant de cette discipline et croit incarner sa renaissance. Le président Romain Tagba ne dira pas le contraire. Il s’est déjà félicité d’ailleurs, sur le bilan de l’année 2015. Dotsé Viana avait été retenue l’année dernière et a participé au circuit des 8 meilleures benjamines tenu au Maroc durant le mois d’aout, et Daniel Goudjinou a quant à lui, participé au tournoi des dix meilleurs minimes d’Afrique en Novembre, également au Maroc, tous retenus par la Fédération Internationale de Tennis.

    Dans la catégorie Junior, Antoine Gbadoé a fait des performances remarquables à l’occasion du circuit Junior Ouest Africain tenu en trois étapes dont l’une à l’une à Cotonou, et les deux autres à Lomé et ce devant le numéro 1 béninois Félix Houkpévi. Ce qui lui a valu une amélioration fort considérable de son classement mondial, passant de 1400e au 514e mondial l’année dernière. 2015 a révélé les talents de Jacques Sewavi, joueur de catégorie cadette, surclassé lors du circuit junior, et malgré tout, a pu gagner 15 points.

    Antoine Gbadoé, un nom qui revient souvent, en interrogeant les dirigeants de la FTT.  Le jeune togolais d’à peine 16 ans ne cesse selon M. Albert Lamboni, de faire des progrès, de participer à de grandes compétitions et d’enchaîner des victoires. Au total, 14 jeunes joueurs ne serait-ce qu’au centre d’entrainement de Lomé, sur les quelques 900 pratiquants du sport sur toute l’étendue du territoire, promettent l’avenir du tennis au Togo. Autrement, les Raphael Nadal et la Serena Williams Togolais ne sont plus loin.