Catégorie : RD Congo

  • Jeanine Mabunda : première femme élue présidente de l’Assemblée Nationale en RDC

    Jeanine Mabunda : première femme élue présidente de l’Assemblée Nationale en RDC

    Avant d’entamer sa carrière politique, Jeannine Mabunda Lioko a passé la majeure partie de sa vie professionnelle dans le monde de la finance. La première femme élue présidente de l’Assemblée Nationale de la RD Congo avait occupé plusieurs postes de responsabilité dans diverses banques au Congo.
    Diplomée en droit et détentrice d’une licence en sciences commerciales de l’Institut catholique des hautes études commerciales (ICHEC), Jeannine Mabunda Lioko a débuté sa carrière à Citibank Congo comme account officer, chargée des relations avec les grands comptes et analyste crédit en 1988.

    En 1997, elle devint conseillère au cabinet du gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC). En 2002, elle fut nommée administratrice-déléguée générale (ADG) du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) avant de faire son entrée au gouvernement le 05 février 2007. Elle occupe le portefeuille du ministre d’Etat, chargée de la réforme des entreprises publiques. L’ancien président Congolais Joseph Kabila avait décidé de faire de Jeannine Mabunda Lioko sa conseillère spéciale en matière de lutte contre les violences sexuelles en 2012. Ce poste qui sortait totalement des compétences de Lioko était sensible car plusieurs organisations dénonçaient régulièrement des actes de violences sexuelles sur les minieurs en RD Congo.

    La député de la circonscription de Bumba depuis 2011 est la première femme élue président de l’Assemblée Nationale. Elle succède depuis le 24 avril 2019 à Aubin Minaku. Elle n’est cependant pas la toute première femme présidente de l’Assemblée Nationale. Avant elle, Philomène Omatuku avait été nommée à ce poste par intérim

  • La Congolaise Phylicia Wissa : une étoile montante à Hollywood

    La Congolaise Phylicia Wissa : une étoile montante à Hollywood

    Phylicia Wissa a fait son entrée dans l’univers cinématographique très jeune. A l’âge de 13 ans, la petite Californienne d’origine Congolaise fut inscrite à la Hollywood High School où elle s’initie à l’actorat. En parallèle, elle suit des cours de théâtre. En 2009, elle obtient son diplôme et participe à plusieurs tournages. Phylicia wissa Nson a déjà joué dans 25 films aux USA dont trois en 2019.

    Phylicia wissa Nson a perdu son père alors qu’elle avait 2 ans. Elle fut élevée par sa mère qui l’a accompagnée dans le choix de sa carrière. Avant de s’inscrire à la Hollywood High School, la jeune Congolaise rêvait d’être une journaliste présentatrice télé. Cependant sa passion pour le cinéma a pris le dessus.

    Après l’obtention de son diplôme en 2009, Phylicia wissa Nson a eu du mal à intégré l’univers cinématographique des USA. Elle a été rejetée sur plusieurs projets de films. Désespérée, sa mère a décidé de l’inscrire à un programme d’académie de police pour jeunes cadets. Elle déménage par lui suite à New York où elle améliore son art d’actrice en obtenant le diplôme du Conservatoire d’art dramatique de New York (NYCDA).

    De retour à Los Angeles, elle a participé à plusieurs programmes télé et web. Phylicia Wissa a joué dans « Criminal minds » (Esprits criminels) de Jeff Davis diffusé sur CBS et son réseau. En 2012, elle a joué le rôle principal dans « Color of Beauty », un cour métrage qui évoque la problématique de la peau noire en occident. Le film fut sélectionné au « Black Film Festival » de San Francisco la même année.

    Sur le cour métrage « XXV » qui retrace le parcours de 7 jeunes en quête de leurs identités, Phylicia wissa Nson a porté la casquette co-réalisatrice, actrice et co-scénariste . En 2019, elle déjà joué dans : « Overbooked », « The Obituary of Tunde Johnson et « The Office is Mine ». La congolaise apparait également dans l’épisode 20 de la saison 2 de la série « Swat ».

  • RD  Congo : la justice annule la condamnation de l’opposant Moïse Katumbi

    RD  Congo : la justice annule la condamnation de l’opposant Moïse Katumbi

     

    Le jugement du 21 juin 2016 condamnant l’ex président du club de footaball TP Mazembe à trois ans de prison vient d’être annulée par la cour de cassation. Cette condamnation avait contraint en exil, l’ancien gouverneur du province du Katanga. Plus rien ne s’oppose désormais au retour en République Démocratique du Congo  de Moïse Katumbi.

    Le riche homme d’affaire et homme politique a dirigé le prestigieux club « Tout Puissant Mazembe » depuis 1990. Sous sa présidence le club a remporté cinq championnats d’Afrique et fut finaliste en 2010 à la Coupe du monde des clubs.

    L’opposant au régime de l’ancien président Joseph Kabila est considéré par le Magazine anglais The Economist comme « le deuxième homme le plus puissant en République démocratique du Congo après le président Joseph Kabila ».

    En 2018, son retour en RDC a été empêché par les autorités congolaises. L’homme avait saisi le conseil d’Etat pour être autorisé à pénétrer sur le territoire congolais et déposer sa candidature pour la présidentielle, sans suite.

  •  Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

     Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

    C’est un rapport accablant et sans complaisance qu’a rendu public, il y a quelques jours, l’ONG Nigériane Paradigm Initiative sur les droits du numérique en Afrique. Le rapport rendu public lors du Forum Mondiale sur la gouvernance de l’Internet à Paris, dresse un tableau sombre de la dégradation de ces droits en Afrique. Parmi les mauvais élèves de ce rapport, on note entre autres les pays comme : l’Ouganda l’Égypte et le Cameroun.

    Selon Paradigm Initiative, la répression des Droits numériques et les violations à travers le continent ont revêtu une nouvelle dimension juridique et sophistiquée. Les dictateurs et les régimes répressifs avec l’avènement d’internet ont adopté la tactique dite de « l’État de droit » pour faire taire la dissidence, la mobilisation des citoyens et le discours civil en ligne. Cette tactique de « l’État de droit » est une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l’espace pour la liberté d’expression, la vie privée, la liberté de réunion et d’association et d’autres Droits numériques en ligne.

    Le rapport en question explique, dans un premier, que les régimes de Tanzanie, d’Ouganda de Zambie d’Égypte du Maroc du Bénin et du Togo se sont inspirés du registre des dictateurs pour mettre en péril l’avenir des sociétés démocratiques, ouvertes et inclusives à travers le continent. Puis regrette le fait que ces états refusent de donner suite à des appels en faveur de la promulgation de lois protégeant les droits numériques ou retardent tout simplement l’adoption de ces lois et politiques.

    Le rapport Paradigm Initiative indique par ailleurs que seuls 23 pays ont mis en place une législation sur la protection des données sur le continent (15 autres avec un projet de législation), alors que la protection des données est devenue un fondement essentiel de la vie à l’ère numérique et du bon fonctionnement de l’économie numérique. Un nombre insuffisant au regard des réactions des militants des droits de l’homme sur le continent. Lesquels s’inquiètent du fait que plusieurs lois importantes nécessaires à la protection des Droits numériques n’existent pas ou sont à l’état de projet.

    En Afrique, des arrestations de citoyens pour des commentaires anodins faits en ligne, une surveillance illégale des citoyens et même des fermetures d’Internet sont effectuées dans des contextes où la constitution et la législation nationales déclarent de tels actes illégaux. Dans de tels scénarios, il est souvent devenu habituel pour les acteurs étatiques d’extraire littéralement des sections de la législation existante et de les utiliser comme justification légale d’actes illégaux.

    Des coupures d’internet fréquentes.

    Au cours des trois dernières années, les coupures d’Internet ont eu lieu avec une régularité remarquable en Afrique, généralement autour des manifestations de citoyens et d’autres événements politiques. Le rapport de 2016 sur les Droits numériques en Afrique rendu public par Paradigm Initiative a fait état de 11 incidents des fermetures d’Internet sur le continent alors que le rapport de 2017 traitait de 8 incidents. En 2018, des interruptions ou des perturbations de l’Internet ont eu lieu en Éthiopie, au Mali, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, au Cameroun et au Tchad. Dans le monde entier, de nombreuses personnes se souviendront de la fermeture de l’Internet au Cameroun, qui a duré 93 jours.

    Le plus long arrêt d’Internet de l’histoire du continent a montré que le respect des Droits numériques désespérément faible en Afrique était en baisse. En plus de la souffrance humaine, les arrêts d’Internet occasionnés causent également des pertes économiques comme l’ont montré certaines études. Il existe déjà des signes encourageants indiquant que le sujet est abordé dans les principaux forums internationaux. Cependant, il reste encore beaucoup à faire dans le contexte de l’Union africaine pour mettre un terme à la situation entourant les fermetures d’Internet en Afrique.

    Les mauvais élèves

    L’Ouganda a attiré l’attention de la Communauté internationale en raison de sa stricte position juridique et sociale à l’égard de la communauté LGBTQI. L’économie ougandaise a connu une croissance de 4,5 % au cours des deux dernières années. Cependant, la croissance économique a été plus rapide en raison de la forte croissance de l’agriculture et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

    La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie en 2017, cette année a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés, comme le montrent les exemples ci-dessous.

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    Le gouvernement a fermé plusieurs journaux et attaqué plusieurs dirigeants, y compris des groupes minoritaires et des adolescentes enceintes. En avril, deux musiciens tanzaniens ont été arrêtés pour avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux. Le chanteur primé âgé de 28 ans, Nassib Abdul, également connu sous le nom de Diamond Platnumz, a été arrêté le 16 avril pour avoir partagé un clip vidéo avec ses 4,5 millions de followers sur Instagram le montrant en train d’embrasser une fille.

    En outre, Faustina Charles, âgée de 26 ans, connue sous le nom de Nandy, a également été arrêtée le même jour pour avoir publié un clip vidéo d’elle-même et d’un autre musicien via WhatsApp. Les autorités tanzaniennes ont estimé que la vidéo était « indécente ».

    Le Règlement de 2018 sur les communications électroniques et postales (contenu en ligne), entré en vigueur en avril 2018, introduit une série de restrictions radicales à la liberté d’expression, notamment en exigeant : La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie, et 2018 a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés.

    En Afrique blanche, l’Égypte et Maroc se sont illustrés négativement dans ce rapport. Depuis la prise du pouvoir en Égypte par le général Abdel Fattah El-Sisi, le contexte de répression brutale des voix dissidentes s’est accru ; y compris en 2018. L’Égypte dispose par exemple d’un des réseaux de surveillance les plus étendus ciblant les groupes d’opposition, les militants, les organisations de défense des droits humains, les blogueurs et les journalistes. Surtout sur les médias sociaux et autres plateformes de communication, cette réalité a créé un climat de peur au sein de la communauté activiste égyptienne.

    À cet égard, il y a eu un certain nombre d’arrestations et de détentions de voix dissidentes sur des plateformes numériques en Égypte. Le 23 mai 2018, l’éminent blogueur et journaliste égyptien Wael Abbas, l’un des blogueurs les plus populaires du monde arabe, a été arrêté par la police égyptienne, mais pas avant de publier « Je suis en train d’être arrêté » sur sa page Facebook. Wael Abbas a été un blogueur pionnier et influent en Égypte, connu pour ses critiques sur la corruption, les brutalités policières et le recours à la torture en Égypte.

    Dans un autre incident qui témoigne du climat répressif qui règne dans le pays, une touriste libanaise, Mona El-Mazbouh, a été condamnée par un tribunal du Caire le 7 juillet à huit ans d’emprisonnement. Sa peine concernait une vidéo de 10 minutes qu’elle a postée sur Facebook dénonçant le harcèlement sexuel et les conditions de vie en Égypte.

    Toujours en Égypte, depuis le 14 août 2018, les autorités égyptiennes ont ordonné la détention de quatre journalistes dans le cadre d’une affaire où plusieurs journalistes, militants et universitaires étaient accusés d’appartenance à un groupe interdit et de diffusion de fausses informations. Parmi eux, Islam el-Refai, également connu sous le nom de Khorm, un blogueur satirique qui gérait également un compte satirique sur Twitter avec 75 000 abonnés.

    Le 11 mai 2018, Amy Fathy et Mohamed Lotfy, son mari, ont été arrêtés pour avoir publié une vidéo sur Facebook dans laquelle elle parlait de harcèlement sexuel en Égypte et du manque de protection du gouvernement envers les femmes. La police a fait irruption chez elle au Caire et les a conduits au poste de police avec leur enfant de 3 ans. Sa vidéo de 12 minutes a également abordé la dégradation de la situation des droits de l’homme et de la situation socio-économique en Égypte.

    Au Maroc par contre malgré l’existence de l’article 25 de la Constitution marocaine de 2011 garantissant les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes. Plusieurs web journalistes ont été inquiétés. C’est le cas en juin 2018, du web -video-journaliste et éditeur marocain, Mohamed al-Asrihi condamné à 5 ans de prison et à une amende de 2 000 dirhams marocains (environ 210 $), dont le travail porte sur la corruption, les droits de l’homme et la politique, un autre cas plus palpant est celui du journaliste et rédacteur en ligne sur Internet, Hamid al-Mahdaoui, qui couvre la corruption, la politique et les droits de l’homme.

    Il a été arrêté le 20 juillet 2017 par la police marocaine alors qu’il se rendait dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, pour couvrir des manifestations organisées par le Mouvement populaire. Le même mois, il a été condamné par le tribunal pénal à trois mois d’emprisonnement et à une amende de 20 000 dirhams marocains (2 200 dollars) pour « avoir commis des délits par des discours et des cris dans des lieux publics ». À cette liste vient s’ajouter un manifestant du non d’El Mortada Lamrachen ; lui a été arrêté chez lui le 10 juin 2017 après avoir utilisé sa page Face book pour appeler à des manifestations pacifiques lors des troubles qui se sont déroulées dans la région de Hoceima, au Maroc, d’octobre 2016 à juillet 2017. Une situation moins reluisante similaire à la situation qui prévaut en Afrique centrale et de l’ouest.

    Dans cette partie du continent africain les restrictions liées au des Droits numériques ont également été enregistrés dans les pays comme : le Cameroun la République démocratique du Congo, le Nigéria et le bénin.

    Le Cameroun n’a pas encore de loi spécifique sur les médias sociaux et Internet. La loi n ° 2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité est utilisée, le cas échéant, et « régit le cadre de sécurité des réseaux de communication électroniques et des systèmes d’information, définit et sanctionne les infractions liées à l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication au Cameroun ». Bien que cette loi soit appliquée pour contenir la menace croissante de la cybercriminalité, les fausses informations et les discours de haine restent critiqués pour leur manque de précision sur les Droits.

     

    Le pays a enregistré une fermeture d’Internet de 93 jours en 2017 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions en conflit depuis 2016. Le 6 décembre 2017, l’écrivain camerounais Patrice Nganang a été arrêté dans la région du Littoral camerounais avant son voyage au Zimbabwe. L’arrestation a eu lieu après plusieurs publications sur son compte Facebook critiquant le président Paul Biya et son gouvernement.

    Le 20 janvier 2018, une lettre circulaire du ministre de la Justice enjoignait aux magistrats de « s’engager, après identification précise par les services de sécurité, à poursuivre juridiquement toute personne résidant au Cameroun qui utilise les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations ».

    Cette circulaire est considérée par les activistes comme un prétexte pour le contrôle de l’Internet. En 2018, la RD Congo a enregistré plusieurs perturbations et fermetures d’Internet. L’accès aux médias et aux réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype a été interrompu à plusieurs reprises pour entraver la communication entre les manifestants de l’opposition dans plusieurs régions du pays.

    En 2017, la Collaboration sur la Politique internationale relative aux TIC en Afrique Orientale et Australe (CIPESA) estimait que la République Démocratique du Congo perdait 2 millions de dollars par jour à cause de ces perturbations. Le 30 décembre 2017, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Information a demandé par lettre officielle au Directeur général d’Africell Congo de suspendre totalement les fournitures Internet et SMS dans le pays. Cette fermeture de trois jours a eu lieu après le début des manifestations de l’opposition.

    La République du Bénin a quant à elle maintenu un bilan décent en matière de droits de l’homme au cours de la dernière décennie. Malheureusement, la décision du gouvernement d’imposer une taxe sur les services payants dans le pays a gâché ce record. Le gouvernement, par le décret 218-341 du 25 juillet 2018, a imposé une taxe sur l’utilisation des médias sociaux. Le décret prévoit le paiement d’une redevance de 5 FCFA par mégaoctet utilisé par l’utilisateur des services Over the Top (OTT) tel que Facebook, WhatsApp, Twitter, Viber et Telegram. Cela s’est traduit par une augmentation de 400 % du prix d’un mégaoctet dans le pays.

    Outre cette mesure Le Bénin a un bilan moins que remarquable en matière de liberté de la presse et est actuellement classé 84e sur 180 pays dans un classement de Reporters Sans Frontières. La menace de fermer des publications en ligne non enregistrées dans un pays sans procédure connue d’enregistrement devrait être considérée dans le contexte plus large d’un pays qui a montré une tendance à fermer à volonté les médias.

    Au Nigéria les cas de restrictions et de violations des droits numériques. Depuis l’instauration du nouveau gouvernement au Nigéria en 2015, on a le sentiment que la situation des droits de l’homme s’est détériorée. La liberté d’expression, la liberté d’association et les voix dissidentes ont été mises à rude épreuve, une situation qui a désillusionné des millions de Nigérians qui espéraient une vie meilleure. Les actions, les politiques et les déclarations du gouvernement fédéral et de certains gouvernements d’États ont porté atteinte aux droits de l’homme, y compris les Droits numériques.

    3Le 1er janvier, Daniel Elombah, l’éditeur de elombah.com, a été arrêté à l’aube avec son frère Timothy dans sa résidence dans l’État d’Anambra au Nigéria par des agents de la sécurité, sur un article qu’il avait écrit et jugé offensant pour l’inspecteur général de la police du Nigéria, publié sur le site Web privé Opinion Nigéria. Les deux hommes ont été traduits devant la Haute Cour d’Abuja le 1er mars 2018 et ont plaidé « non coupables » à dix chefs d’accusation de diffamation. Bolouere Opukiri, une employée du bureau de l’amnistie présidentielle, a été relevée de ses fonctions pour avoir critiqué le vice-président et la première dame sur Twitter.

    En réponse à des plaintes de partisans du président ayant une présence en ligne, ses supérieurs au travail ont lancé une enquête qui a abouti à son licenciement. Ibrahim Garba Lawal, communément appelé IG Lawal, a été arrêté par des agents de sécurité pour avoir partagé des détails sur des allégations de corruption, le président de la Commission nigériane du Hadj sur Facebook M. Lawal a été traduit en justice mercredi devant une haute cour d’Abuja à Jabi pour trois chefs d’accusation de diffamation de caractère criminel, d’incitation publique et d’exploitation d’une organisation illégale (CATBAN).

    Au cours des trois dernières années, l’espace des Droits numériques a évolué assez rapidement en Afrique. Cependant, une chose est clairement apparue : la lutte pour le contrôle d’Internet n’a fait que s’intensifier et les acteurs étatiques du continent ont mis au point de nouvelles méthodes pour étouffer les Droits numériques.

    Bien que les coupures d’Internet, les arrestations de citoyens et de blogueurs/journalistes, la surveillance illégale, le déploiement de logiciels malveillants et de logiciels espions sophistiqués demeurent des instruments d’atteinte aux droits numériques, les acteurs étatiques du continent adoptent de plus en plus de voies légales pour promulguer des lois portant atteinte à la vie privée, liberté d’expression, liberté d’association et autres Droits numériques.

  • En RDC, le Blockchain pour suivre le cobalt de la mine jusqu’à son utilisation    

    En RDC, le Blockchain pour suivre le cobalt de la mine jusqu’à son utilisation    

    Au Congo et pour la première fois, le Blockchain va être utilisé afin de suivre le parcours du cobalt depuis les mines artisanales jusqu’aux produits utilisés dans les smartphones et les voitures électriques.

    Des sources proches d’un projet pilote qui devrait être lancé cette année indiquent que l’objectif est de donner aux fabricants un moyen de s’assurer que le cobalt contenu dans les batteries lithium-ion pour des produits tels que iPhone et Teslas n’a pas été exploité par des enfants.

    Le projet pilote prévoit de donner à chaque sac scellé de cobalt produit par un mineur artisanal, une étiquette numérique qui entre sur blockchain à l’aide d’un téléphone portable, avec le poids, la date, l’heure et peut-être une photo.

    Le projet impliquera des organisations dans toute la chaîne d’approvisionnement, des observateurs sur le terrain vérifiant que les sites n’utilisent pas enfants, à travers le processus d’affinage pour les utilisateurs finaux, selon les personnes aidant à développer le système.

    En effet, le suivi du cobalt présente de nombreux défis, car il faudrait surveiller un grand nombre de sites miniers informels, tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement devraient adhérer au système, et des données électroniques précises devraient être transmises depuis des régions reculées. Le tout, dans un vaste pays en proie à la corruption.

    Mais les utilisateurs subissent une pression croissante de la part des consommateurs et des investisseurs pour prouver que le cobalt qu’ils utilisent provient de chaînes d’approvisionnement sans abus de droit, tout comme les minéraux utilisés dans l’électronique tels que le tantale, l’étain, le tungstène et l’or.

    Confiance

    La technologie Blockchain est déjà utilisée dans l’industrie du diamant. Les pierres précieuses reçoivent une empreinte numérique qui est ensuite suivie par la blockchain au fur et à mesure que les pierres précieuses sont vendues, ce qui donne un enregistrement infalsifiable de l’origine des pierres.

    Toutefois, la chaîne d’approvisionnement en cobalt est beaucoup plus complexe, mais les développeurs du projet pilote espèrent que la blockchain peut au moins suivre certaines des étapes qui inquiètent les utilisateurs finaux.

    Amnesty International, qui a détaillé l’ampleur du travail des enfants dans les mines de cobalt au Congo dans un rapport publié en 2016, a déclaré qu’elle étudiait la blockchain, en particulier en vue de rechercher les paiements aux intermédiaires.

    « Vous devez vous méfier des solutions technologiques à des problèmes qui sont aussi politiques et économiques, mais la blockchain peut aider. Nous ne sommes pas contre », a déclaré le chercheur d’Amnesty Mark Dummett.

    Il faut noter que la RD Congo détient la moitié des réserves mondiales de cobalt et la demande pour la principale composante minérale des batteries lithium-ion devrait augmenter à mesure que les voitures électriques proliféreront. En 2016, le Congo a extrait 54% des 123 000 tonnes de cobalt produites dans le monde.

     

     

  • En RDC, WapiMED allie santé et transfert d’argent pour guérir   

    En RDC, WapiMED allie santé et transfert d’argent pour guérir   

    Si la RDC est peut-être un terrain difficile pour l’éclosion des startups technologiques, la société d’e-santé WapiMED est lui, en train de monétiser sa plateforme, qui combine soins de santé et paiements.

    Lancé en 2016, WapiMED est un répertoire géolocalisé pour les fournisseurs de soins en Afrique, aidant les utilisateurs à trouver et à accéder aux professionnels de la santé répertoriés. Mais pas que. La startup développe aussi MEDpay, considéré par les promoteurs comme le «  Western Union ou MoneyGram pour les dépenses de santé en Afrique ».

    A en croire José Zefu Kimpalou, co-fondateur de WapiMED, le service proposé par la startup combine les paiements en ligne, les services bancaires mobiles et les cartes de paiement dans le but de faciliter les transferts de fonds entre les expéditeurs d’argent de la diaspora africaine et les prestataires de soins de manière simple, rapide et sécurisée dans leurs pays d’origine.

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    « En utilisant MEDpay, l’expéditeur d’argent sait exactement comment l’argent sera utilisé pendant que les prestataires de soins reçoivent des patients pour lesquels les factures sont prépayées. C’est une expérience gagnant-gagnant » rassure José Zefu Kimpalou

    Kimpalou a été inspiré pour lancer WapiMED après avoir découvert la plateforme américaine de réservation de rendez-vous Zocdoc. L’objectif est d’améliorer la façon dont la diaspora africaine soutient les membres de la famille lorsqu’ils ont besoin d’un traitement dans leur pays d’origine.

    WapiMED est autofinancé, mais a été sélectionné pour participer au programme d’entrepreneuriat Tony Elumelu (TEEP), lui donnant accès à une subvention de 5 000$ US.

    Bien que fonctionnant uniquement en RDC pour le moment, WapiMED a également des prestataires de soins enregistrés dans plusieurs autres pays, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Cameroun.

  • Sandrine Mubenga, la Congolaise inventrice de la voiture hybride

    Sandrine Mubenga, la Congolaise inventrice de la voiture hybride

    Sandrine Mubenga, c’est l’une des rares Congolaises qui marquent de leur nom l’histoire de son pays. Avec un Q.I de 120, la diplômée en génie électrique à l’université de Toledo a de quoi surprendre.

    Pourtant, à 17 ans,  Sandrine a frôlé la mort. Suite à une maladie qui l’a contrainte de subir une intervention chirurgicale, Kikwit, la ville où elle vivait avait malheureusement un problème d’électricité. Cette expérience que la Congolaise a du mal à oublier constitue pour elle désormais une source intarissable de motivation. Elle prend conscience de la nécessité de l’électricité et décide de faire des études dans le domaine des énergies. Avec un peu de génie, Sandrine a pensé à de l’énergie fiable, moins polluante et d’un coût relativement bas.

    C’est après qu’elle et ses parents vont s’installer aux États-Unis, précisément dans l’État de Ohio, où elle obtient en 2005 sa licence en génie électrique dans l’université de Toledo avec mention honorable. Et ce n’est qu’après cela que son génie éclate véritablement.

    Génie inventeur

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    A ses débuts, Sandrine a travaillé sur un système solaire portable qui permet de fournir de l’électricité à partir d’un panneau solaire. En travaillant pour Advanced Distributed Generation, le plus grand installeur de système solaire dans le Midwest américain, elle a eu l’occasion de faire le design et installer plusieurs systèmes solaires à Toledo.

    Elle poursuit ensuite avec une Maîtrise en Génie électrique, sous l’aile de Dr Stuart, un professeur connu dans le domaine. À côté de cet éminent scientifique et pour sa recherche, Sandrine Mubenga fait une démonstration sur les technologies d’énergie alternative.

    Mais de toutes ses inventions, celle de la voiture hybride reste la plus frappante. En effet, en  2009 la jeune scientifique conçoit un système qui permet à une voiture de rouler à l’hydrogène.

    En effet, elle rend une voiture électrique hybride en y intégrant une pile à combustible à hydrogène. La voiture créée roule en utilisant l’hydrogène comme carburant et le courant direct. Avec une vitesse maximale de 67 km/h au départ, le prototype est passé à une vitesse de 191 km/h grâce au système inventé par la Congolaise. Une autre caractéristique de cette voiture est qu’elle est silencieuse et ne produit que de l’eau comme déchet.

    Sandrine a également conçu une station-service à hydrogène qui fonctionne à l’énergie solaire. Cette station a la particularité de décomposer l’eau (H2O) en Hydrogène et Oxygène, puis recueillir l’hydrogène dans des réservoirs. La station est alimentée par un système solaire qui produit de l’électricité.

    L’année de l’invention de ce système, elle reçoit le Nkoyi Mérite, qui est un prix de l’Etat congolais pour ses prouesses.

    Son génie, Sandrine Ngalula souhaite également le mettre au service de son pays, le Congo. Aussi, a-t-elle commencé à développer un plan d’électrification des villages en RDC. Ce plan est essentiellement conçu autour de la technologie solaire.

     

  • Bénédicte Kuvuna [25 ans], revalorise les produits locaux en RDC

    Bénédicte Kuvuna [25 ans], revalorise les produits locaux en RDC

    À moins de trente ans, Bénédicte Kuvuna est très connue dans son pays. En 2015, le Forum économique mondial a sélectionné cette entrepreneure comme l’une des trois jeunes femmes qui veulent développer le continent à travers leurs initiatives privées. Pour comprendre la détermination de Bénédicte Kuvuna à réussir dans son entreprise, il faut remonter à son enfance.

    À moins de quinze ans, elle s’était déjà habituée à vendre des jus de fruit et d’autres produits naturels. L’entrepreneure explique avoir développé une passion pour « une alimentation saine ». C’est à juste titre qu’au lycée technique, elle a opté pour le parcours hôtelier. « Je rêvais sans cesse d’avoir un jour une grande entreprise dans le secteur alimentaire », affirme-t-elle.

    Grâce à des formations en leadership et en entrepreneuriat, ses ambitions sont renforcées. En 2013, elle crée Surprise tropicale avec l’intention de pour mission de promouvoir les produits alimentaires locaux. Depuis cinq ans, l’entreprise fabrique de jus et chips vendus dans le pays. « On a beaucoup de matière première ici. Mais on manque de denrées alimentaires. Tout ce qu’on trouve au supermarché est importé », fait remarquer Bénédicte Kuvuna, pour qui « nos fruits et nos légumes sont récoltés ici, mais ils sont transformés ailleurs et des conservateurs y sont souvent ajoutés. Puis ils sont réimportés par notre pays et vendus à des prix très élevés ».

    Efforts

    L’entrepreneure ajoute que « c’est la pauvreté alimentaire dans mon pays qui a motivé mon projet ». Mais, elle a surtout fait grandir son entreprise en développant « une attitude ‘just do it’ toujours positive ». Diplômée en communication à l’université catholique du Congo, l’entrepreneure s’est démenée pour faire accepter ces jus de fruit par ses compatriotes. Ces derniers méfiants, il fallait « les rassurer et les convaincre des bienfaits d’une alimentation naturelle ».

    Bénédicte Kuvuna s’est surtout formée en innovation alimentaire pendant une année à Reggio Emilia en Italie. Un séjour d’étude marqué par une activité professionnelle au sein de l’entreprise agro-industrielle Barilla. Surprise tropicale vend également des légumes locaux. En plus de faire des repas à emporter, l’entreprise a surtout choisi d’offrir des services de livraison à domicile à ses clients. Surprise tropicale dispose également d’une boutique en ligne où sont commandés des produits d’agriculteurs congolais. Les clients payent à la livraison de leurs commandes.

    Modèle

    Avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 7000 dollars, Bénédicte Kuvuna qui prévoit ouvrir des magasins dans d’autres villes du pays collabore avec plusieurs agriculteurs et producteurs. Elle compte également instaurer le payement par virement bancaire ou par PayPal. Dans sa dynamique de réussite, Bénédicte est devenue un modèle pour les jeunes. Un statut qu’elle assume en venant en aide bénévolement à des jeunes filles issues de milieux défavorisés.

    Pour celle qui estime que la réussite n’est pas à chercher dans un quelconque eldorado, les jeunes doivent se battre pour leur rêve. Elle veut qu’ils changent de mentalité et qu’ils arrêtent de croire que la vie est meilleure à l’étranger. « En RDC et en Afrique, il y a plus d’opportunités que partout ailleurs », rappelle Bénédicte Kuvuna.

  • RDC: Découverte du plus grand puits de carbone au monde

    RDC: Découverte du plus grand puits de carbone au monde

    C’est une grande découverte. Une grande tourbière. C’est dans la région de la Cuvette-Centrale située entre la République démocratique du Congo et le Congo-Brazzaville que des chercheurs britanniques ont fait la découverte de ce grand stock de carbone. Selon les informations, la quantité du stock de carbone découvert est comparable à des émissions d’énergies fossiles d’une durée de trois ans. La découverte a été faite par des chercheurs de l’université de Leeds en collaboration avec Greenpeace.

    Le stock de carbone s’est formé il y a plus de 10000 ans forme une couche épaisse de 2,4 mètres en moyenne. Sa surface est de 145500 km2, ce qui fait d’elle la plus grande tourbière du monde. « Cette tourbière couvre une surface colossale. Elle est 16 fois plus large que les précédentes estimations, c’est la plus grande jamais trouvée sous les tropiques. Nous y avons trouvé 30,6 gigatonnes de carbone, jusqu’alors ignorées de tous », a expliqué l’un des chercheurs.

    Un enjeu climatique

    Mais déjà, les spécialistes appellent à une protection de ce stock de carbone qui constitue un grand atout pour les pays de la région. « La protection de cette tourbière, ainsi que celle des forêts, pourrait constituer la plus grande contribution de l’Afrique centrale au problème mondial du changement climatique », affirme un enseignant chercheur de l’université Marien Ngouabi. Le chercheur ajoute que cette découverte devrait appeler à un sens de responsabilité de la part des États, notamment les deux Congo. Au risque de se précipiter sur ce carbone et dégrader aussi la biodiversité de la Cuvette-Centrale. En effet, on trouve dans cette région de l’Afrique centrale des éléphants et des gorilles, des espèces menacées.

    « Cette zone joue un double rôle. La forêt stocke le carbone et la tourbe aussi. Or il n’y a pas de tourbe sans la forêt. Ce qui veut dire que si vous rasez cette zone, vous émettez doublement du CO2 dans la nature », rappelle Corneille Ewango, botaniste à l’université de Kisangani. Les populations qui exploitent les forêts du bassin du Congo devront dans ce cas arrêter leurs activités qui risquent de faire disparaitre la zone de la tourbière.

    Des négociations seront ouvertes pour permettre à l’État d’avoir une compensation au « sacrifice des riverains ». Les chercheurs indiquent en effet que continuer par cultiver les terres de la zone peut accélérer le réchauffement climatique.

  • Il y a 57 ans, Patrice Lumumba fut assassiné [Sa dernière lettre]

    Il y a 57 ans, Patrice Lumumba fut assassiné [Sa dernière lettre]

    Plus de 57 après sa mort, Patrice Émery Lumumba reste dans les mémoires. Homme politique congolais et premier Premier ministre de la République démocratique du Congo indépendant, ce panafricaniste a été assassiné en janvier 1961, à l’âge de 36 ans.

    Ces dernières heures aux mains des soldats du chef d’État-major Joseph-Désiré Mobutu, qui prendra plus tard le pouvoir à la suite d’un coup d’État, a été filmée. Dans l’assassinat de cet esprit brillant du continent, beaucoup continuent d’indexer les États-Unis, les Nations-Unies et l’ancienne colonie belge. Pour les héritiers de Lumumba, l’ancien homme politique était un visionnaire. Lumumba a transformé le pays en trois mois dans le bureau et il a fortement plaidé en faveur d’une Afrique unie jusqu’à sa mort. Il est considéré comme l’un des pères fondateurs de l’Afrique postcoloniale et un défenseur clé dans le mouvement panafricain.

    Son combat contre le colonial et son alliance à un moment donné avec l’Union soviétique sont quelques raisons pour lesquelles les « alliés occidentaux » ont refusé de l’aide durant la crise du Congo. Il a écrit beaucoup de lettres pendant son temps en prison aux dirigeants politiques, des amis et la famille exprimant son inquiétude sur la situation de son pays et son espoir de libération. Pour se rappeler cet illustre homme politique qui avait un projet de réussite pour l’Afrique, Afrotribune vous propose la dernière lettre qu’il a écrite à sa femme Pauline en 1960 avant d’être assassiné.

    Ma compagne bien-aimée,

    Je t’écris ces mots sans savoir si tu les reçois, quand tu les recevras, et si je serai encore en vie lorsque tu les lis. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant que la cause sacrée à laquelle mes camarades et moi avons consacré toute notre vie triomphera à la fin. Mais ce que nous voulions pour notre pays — son droit à une vie honorable, à la dignité parfaite, à l’indépendance sans restrictions — n’a jamais été voulu par le colonialisme belge et ses alliés occidentaux, qui ont trouvé un soutien direct et indirect, intentionnelles et non intentionnelles chez certains hauts fonctionnaires des Nations Unies, ce corps dans lequel nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel pour l’aide.

    Ils ont corrompu certains de nos compatriotes ; ils ont acheté d’autres ; ils ont fait leur part pour déformer la vérité et souillent notre indépendance. Que puis-je dire d’autre ? « Ce mort ou vivant, libre ou en prison par ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui est importante. Ce qui est important est le Congo, notre pauvre peuple dont l’indépendance a été transformée en une cage, avec des gens qui nous regardent de l’extérieur des barres, parfois avec compassion charitable, parfois avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens dans mon cœur que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis, étrangers et nationaux, qu’il se lèvera comme un pour dire non à la honte et à la dégradation du colonialisme et retrouvera sa dignité à la pure lumière du jour.

    Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés dans tous les coins du monde resteront toujours à côté des millions de Congolais qui ne renonceront pas à la lutte jusqu’au jour où il n’y aura plus de colonisateurs et plus de mercenaires notre pays. Je veux que mes enfants, que je laisse derrière moi et peut-être ne reverrai plus, disent que l’avenir du Congo est beau et que leur pays leur compte, comme l’entendent tous les Congolais ; accomplissent la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance, notre souveraineté ; car sans justice, il n’y a pas de dignité et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

    Ni les assauts brutaux, ni les mauvais traitements cruels, ni la torture ne m’ont conduit à demander grâce, car je préfère mourir avec ma tête haute, la foi inébranlable, et la plus grande confiance dans la destinée de mon pays plutôt que de vivre dans l’esclavage et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot ; il ne sera pas l’histoire enseignée dans les Nations Unies, Washington, Paris ou Bruxelles, cependant, mais l’histoire enseignée dans les pays qui se sont débarrassés du colonialisme et de ses marionnettes. L’Afrique écrira sa propre histoire et au nord et au sud du Sahara, il sera une histoire pleine de gloire et de dignité.

    Ne me pleure pas, ma compagne ; Je sais que mon pays qui souffre maintenant beaucoup sera en mesure de défendre son indépendance et sa liberté. Vive le Congo ! Longue vie à l’Afrique !

    Patrice