Catégorie : Burkina Faso

  • Burkina Faso : deux jours pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin

    Burkina Faso : deux jours pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin

    Le ministère burkinabè en charge de la femme organise les 20 et 21 juin 2019 à Ouagadougou, la toute première édition des rencontres d’affaires dénommées « 48 heures d’opportunités d’affaires et de financement des femmes entrepreneures ». L’évènement vise à promouvoir l’entrepreneuriat féminin qui peine toujours à décoller au Burkina Faso.

    Les chiffres publiés par la Maison de l’entreprise sont révélateurs. De 2015 à 2017, le nombre d’entreprises créées par les femmes au Burkina Faso est en chute libre (respectivement, 21%, 19% et 18%). Cette absence des femmes dans l’univers entrepreneurial s’explique en partie l’ignorance des mécanises de financement existants.
    « Il s’agira au cours des deux jours de travaux d’informer les participantes sur les mécanismes d’accès aux financements, les garanties bancaires, de renforcer des liens commerciaux avec des promoteurs, de tisser des partenariats, de partager leurs expériences en matière d’entrepreneuriat et de modèle d’affaires.

    En somme, cette rencontre se veut être une plateforme d’échanges, de co-création pour l’innovation et la culture entrepreneuriale », détaille Marie Laurence Ilboudo, la Ministre en charge de la femme au Burkina Faso.

    Des conférences, partages d’expériences et expositions sont au programme de cette première édition dénommées des « 48 heures d’opportunités d’affaires et de financement des femmes entrepreneures ». La femme d’affaire Adja Mamounata Vélegda et la présidente du groupement des acteurs de la filière karité, Ténin Traoré ont été invitées pour la circonstance pour partager leurs expériences avec leurs sœurs.

  • Electricité pour tous : le défi de la startup burkinabè Votatic

    Electricité pour tous : le défi de la startup burkinabè Votatic

    En Afrique, plus de 700 millions d’habitants n’ont pas accès à l’électricité. L’absence  de l’énergie affecte négativement le développement des pays. Au Burkina Faso, la startup Votatic propose  de l’énergie propre à bas prix aux populations en manque d’électricité.

    Votatic met à la disposition des communautés rurales du Burkina Faso, des kits solaires. Ces équipements sont loués ou vendus aux populations. Suivant  le mode de paiement convenu avec la startup, l’utilisateur paie (de manière journalière, hebdomadaire ou mensuelle) ses redevances.  A la fin du contrat, l’utilisateur devient le propriétaire du matériel.

    Les kits de l’entreprise peuvent éclairer plusieurs ampoules, recharger des téléphones portables et faire fonctionner les appareils électroménagers.

    Au-delà de faire du commerce, Voltatic accompagne également ces populations rurales à plusieurs niveaux (juridique, technique…). La startup veut également lutter contrer le réchauffement climatique tout en participant au développement des communautés de base.

    « L’électricité permet d’accéder à l’information et de communiquer avec le monde entier. La radio et la télévision sont des outils encore très utilisés dans les zones rurales pour la diffusion des informations à caractère sanitaire à destination de la population. Les outils technologies modernes permettent également de réaliser un suivi efficace de la production d’énergie électrique de faciliter la distribution », peut-on lire sur le site de l’entreprise.

    Voltatic a bénéficié en 2015, du soutien de la Fondation de Coopération Scientifique Campus Paris-Saclay. Bénéficiaire du programme d’entrepreneuriat de la Fondation Tony Enumelu 2017, la startup a reçu la même année, le deuxième prix  de l’Entrepreneur Social au Burkina Faso organisé par la société Orange.  Voltatic fait partie des  100 startup africaines innovantes  selon le dernier classement MyAfricanStartUp 100.

  • Burkina Faso : Qui est Ima Hado, vainqueur du Marley d’or 2019 ?

    Burkina Faso : Qui est Ima Hado, vainqueur du Marley d’or 2019 ?

    Au Burkina Faso, Ima Hado inspire plusieurs jeunes artistes qui souhaitent embrasser la tendance reggae.  Résidant en Europe (Italie) depuis 1991, Ima Hado s’est distingué par ses instruments de musiques atypiques. Il parvient à moderniser les instruments traditionnels comme le kundé qu’il rebaptise le « Kundé bass ». Ima Hado est le lauréat de l’édition 2019 du Marley d’or.

    Que ce soit en Italie, en Californie ou au Jamaïque, Hado ne se déplace jamais sans son Kunde bass. Ce grand instrument qui mésure deux mètres (2m) de long fait la fierté du burkinabè.

    « Quand on écoute mon son « fight in the morning », on ne se rendrait pas compte que c’est le kundé bass qui est joué. Ce kundé groove, épate les gens sur les scènes d’Europe » raconte-t-il fièrement avant d’inviter la nouvelle génération à l’adopter.

    Artiste chanteur, auteur et compositeur, Ima Hado joue également à plusieurs instruments. Il est à la fois guitariste et percussionniste. Il a sorti  plusieurs albums dont « Liberté » (1989), « Aminata »(2003), « Héritage » (2005), « Tumi » (2007), « Esperance » (2011), « Source » (2012) et  « Revolution_Time » en  2016.

    Issu d’une famille assez modeste, Ima Hado a fréquenté jusqu’en classe de 3ème avant de raccrocher. Il fut initié à la musique par son père qui fut lui-même artiste.

    « Mon papa était artiste musicien. Paix à son âme, il a vécu 110 ans. Depuis l’âge de 5 ans, je jouais la musique traditionnelle avec lui dans les cabarets, les champs, les baptêmes, les funérailles », se rappelle-t-il.

    C’est peut-être son passé difficile qui l’a amené à s’investir dans le social. Ima Hado soutient les initiatives des femmes vulnérables en milieu rural.

    « J’ai trouvé à une centaine de femmes, plus de 6 ha. J’ai réalisé des forages, des plaques solaires et chacune se débrouille. Je n’ai pas besoin de leur donner de l’argent, mais je leur apprends à se prendre en charge. En même temps, j’interviens dans l’éducation. J’ai construit une école. Beaucoup d’enfants ne fréquentaient pas, ce n’est pas joli, à quelques 20 km de la capitale », raconte-t-il modestement.

  • Angéline Yougbaré : la burkinabè qui transforme le pagne traditionnel en accessoires de mode

    Angéline Yougbaré : la burkinabè qui transforme le pagne traditionnel en accessoires de mode

    Diplômée en pharmacie, Dr Angéline Yougbaré n’a pas choisi entre sa carrière et sa passion. Elle cumule les deux. Appuyée par sa famille, elle a lancé en avril 2019 Fénel, la nouvelle marque d’accessoires de mode faits à base du tissu traditionnel, Faso dafani.

    A l’université (à Dakar), Angéline Yougbaré fabriquait des perles qu’elle proposait à ses camarades qui en raffolaient. Après l’obtention de son diplôme en 2012, elle rentre au Burkina Faso et exerce son métier de pharmacienne tout en continuant par proposer ses bijoux à ses potentielles clientes.
    Elle constate que le marché des perles est saturé et décide après plusieurs mois de réflexion de se reconvertir en fabrication d’accessoires de mode faits en pagnes tissés.

    « Étant à Dakar, j’ai remarqué que le pagne tissé du Burkina était très prisé par les autres communautés. J’ai commencé alors à fabriquer des pochettes et des chaussures que je vendais », explique-t-elle dans un entretien accordé à site faso.net.
    Dr Angéline Yougbaré se fait former dans ce nouveau secteur et avec l’appui de son mari, elle lance le 13 avril 2019 Fenel.

    La nouvelle marque propose une gamme diversifiée de produits allant des coiffes pour les cheveux, boucles d’oreilles assortis aux coiffes, bracelets, écharpes perlées aux sacs.
    Les hommes ne sont pas du reste. Fenel leur propose des boutons de manchettes et pinces à cravate assortis.
    Ces produits Fenel ont été bien accueillis par le public et la marque est fière de recevoir déjà des commandes internationales.

    Mariée et mère de deux enfants, Angéline Yougbaré trouvent toujours du temps pour ses différentes activités et sa famille.
    « J’ai l’avantage de travailler avec mon mari. On est un couple, des partenaires et des amis. Ça aide beaucoup, la compréhension est de mise », explique-t-elle.

  • Maïa : la pommade anti-moustique qui pourrait sauver l’Afrique du paludisme

    Maïa : la pommade anti-moustique qui pourrait sauver l’Afrique du paludisme

    Deux entrepreneurs ; le Burundais Gérard Niyondiko, et le Français Franck Langevin ont mis sur pied au Burkina Faso une pommade anti-moustique dénommée « Maïa ».  Leur objectif est de lutter contre le paludisme sans changer le mode de vie des populations. La commercialisation du produit débutera en septembre 2019.  Maïa  fait partie des 30 innovations africaines célébrées lors du 2ème  forum de la santé de l’OMS tenu au Cap Vert en mars 2019.

    « Maïa » est une pommade fabriquée à base du beurre de Karité, une huile dont les vertus ne sont plus à démontrer. Gérard Niyondiko l’un des porteurs de ce projet avait déjà travaillé en 2014 sur un projet similaire Faso Soap ; un savon anti-moustique. Il avait constaté les utilisateurs des savons passaient d’autres produits cosmétiques après le bain, ce qui réduit l’effet du savon. C’est la raison pour laquelle, il a décidé de travailler sur la pommade qui est généralement passée en dernière position après les toilettes.

    La boite de « Maïa »  de 200 ml sera vendue à  1000 fcfa. Au-delà de sa fonction de lutte contre les moustiques, le produit est une véritable pommade qui hydrate la peau.

    « Maïa »   ne sera pas qu’une simple pommade. Les porteurs du projet s’évertuent pour une reconnaissance de leur invention par l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS).  Selon lefaso.net, 250 tests anti-moustiques ont été effectués au laboratoire en collaboration avec le Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP).

    « Notre idée est d’arriver à convaincre la communauté scientifique qui travaille sur la question du paludisme que notre produit est une solution complémentaire »,explique Franck Langevin.

    « Maïa »   peut être utilisé par toutes les couches de la société. Une fois passé sur le corps, le produit a un temps d’action de 4 heures. Pour cela il est recommandé de l’utiliser les soirs.

    En 2017, l’OMS a enregistré 219 millions de cas de paludisme dans 87 pays. La Région africaine de l’OMS supporte une part disproportionnée de la charge mondiale de paludisme.  92% des cas de paludisme et 93% des décès dus à cette maladie sont survenus dans cette Région.

     

     

  • Marie Korsaga : La première astrophysicienne du Burkina Faso

    Marie Korsaga : La première astrophysicienne du Burkina Faso

    Titulaire d’un Doctorat en Astrophysique, Marie Korsaga devient depuis ce 19 avril 2019, la première astrophysicienne de son pays, le Burkina Faso. Cette jeune dame a fait la majeure partie de son cursus universitaire à l’Université de Ouagadougou (jusqu’au DEA), avant de s’envoler pour la France où elle a préparé son doctorat au laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM) puis à l’Université de Cape Town en Afrique du Sud.

    Toute petite, Marie Korsaga se posaient les mêmes questions qui turlupinent tous les gamins de son âge : « De quoi l’univers est-il composé ? Comment la vie est-elle apparue sur terre ? » Marie Korsaga savait qu’elle n’aura pas les réponses à toutes ses questions au Burkina Faso. Dans son pays, l’astronomie n’était pas enseignée à l’époque. Elle décide alors d’embrasser la physique pour devenir ingénieure en génie civil. Son choix a été diversement apprécié par ses proches.

    J’étais confrontée à des propos du genre, -La physique est trop compliquée pour une femme, Ce sera difficile pour toi de t’en sortir là dedans – Et que je risquais même de devenir folle par la suite », se souvient-elle.
    Arrivée en année de maitrise, l’astronomie venait d’être introduite au programme comme matière optionnelle. Marie Korsaga saisit la chance de sa vie pour réaliser ses rêves. « Je vous assure que j’ai tout de suite été éblouie par ce que j’avais appris pendant le cours et c’est là que j’ai découvert que notre connaissance de l’univers était encore jeune et évoluait avec le temps ».

    Après l’obtention de son Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en Physique appliquée, elle poursuit ses études doctorales en France où elle intègre le programme « Physique des galaxies » (PDG) du Laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM).

    Passionnée de sa matière, Marie Korsaga peut passer des heures à plonger ses interlocuteurs dans son univers. Et seuls les amoureux de l’astronomie arrivent à la suivre. « Je réduis les données brutes (données observationnelles) obtenues avec des grands télescopes observant dans le visible, je les analyse, j’obtiens des cubes de données et des champs de vitesse, j’en déduis des courbes de rotation ».

  • Qui est Habibata Gansgné, la seule conductrice de taxi à Ouagadougou ?

    Qui est Habibata Gansgné, la seule conductrice de taxi à Ouagadougou ?

    À Ouagadougou, elle fait objet de curiosité dans un métier qui était jusqu’ici l’apanage des hommes. Habibata Gansgné, 32 ans, est conductrice de taxi, et la seule femme dans le domaine dans la capitale burkinabè.

    Au bord de sa petite Citroën vert et rose, celle qui est appelée « Biba » a, avant de devenir aujourd’hui ‘taxiwoman’, une grande histoire derrière elle.  En effet, rien ne prédestinait cette femme à ce métier. Biba, c’est avant tout une femme dévouée et passionnée par tout ce qu’elle entreprend.

    N’ayant pas eu la chance d’aller au collège, Biba a été dans sa première vie, coutrière. Mais sur un coup de tête, elle décide en 2009 de conduire un taxi. « J’ai pris cette décision parce qu’après les périodes de fêtes, la couture ne marchait plus. Je voulais faire quelque chose qui allait me procurer des revenus pendant toute l’année » explique cette femme au foyer, mère d’un garçon de 6 ans.

    Depuis, les journées de travail sont longues pour Biba. Réveil à 5h30 pour commencer la journée avec les travaux domestiques, puis conduits jusqu’en soirée, parfois tard, tant qu’il y a des clients. Depuis qu’elle s’est fait connaitre, Biba a du mal à respecter l’heure de la fin des travaux qu’elle s’était fixée : 18h normalement.  «  Si vous êtes chaque fois en retard, vos clients ne peuvent pas vous faire confiance », dit-elle.

    Le taxi lui rapporte environ 250.000 francs CFA (150 à 380 euros) par mois, un revenu plutôt correct au Burkina Faso.

    Ambitieuse

    Au début, Biba a commencé par déposer ses cartes de visite dans les complexes touristiques. Au fil du temps, elle s’est constitué une clientèle fidèle en travaillant régulièrement avec les ONG, les hôtels et les maisons d’hôtes. La conductrice ne compte pas s’arrêter là. Secrètement, elle rêve d’avoir une société de taxis, dans laquelle elle compte embaucher des femmes comme chauffeurs.

    En attendant de pouvoir monter sa société, Biba économise pour acheter un nouveau véhicule. À l’en croire, ce taxi devra être climatisé, afin de satisfaire sa clientèle pendant les périodes de fortes chaleurs, et tout-terrain, pour amener ses clients dans tout le Burkina.

    En plus de son métier de « taxiwoman », Biba n’a pas oublié ses anciennes amours à savoir la couture. Même si elle n’est plus pratiquante, elle propose quand même de belles coupes à ses clients.

  • Oumar Cisse, le Burkinabè qui internationalise le jus de bissap

    Oumar Cisse, le Burkinabè qui internationalise le jus de bissap

    Le jus à base de la fleur d’hibiscus, bien connue en Afrique de l’Ouest sous le nom de jus de bissap est désormais disponible en France. Ce nouveau jus qui marient pomme de Touraine et fleur d’hibiscus du Burkina Faso et nommé Panamako est le fruit de deux ans de travail.

    Oumar Cisse est né et a grandi en Côte d’Ivoire avant partir étudier en France et au Canada, afin de réaliser un rêve d’enfance : devenir ingénieur ferroviaire. Après avoir passé dix ans comme ingénieur dans deux multinationales, celui-ci découvre une autre passion. Il voulait se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Si au début le jeune n’avait qu’une idée vague de ce qu’il comptait faire, il souhaitait quand même réaliser un produit représentatif de la culture africaine.

    Fabrication

    Oumar, qui a grandi avec le Bissap, décide alors de produire ce jus, mais avec une touche qui plairait aux consommateurs français. Car la recette originale du Bissap doit être adoucie.

    « Je suis parti d’une feuille blanche en commençant dans ma cuisine à faire moi-même les formulations que je faisais goûter à mes proches. Ensuite, je me suis rendu dans un centre de ressources technologiques dédié à l’agroalimentaire pour élaborer un procédé de fabrication fiable » explique-t-il.

    Alors que c’est finalement la pomme qui s’est s’imposer comme l’ingrédient mariant le mieux avec l’hibiscus, Oumar Cissé s’attaque au circuit d’approvisionnement en matières premières de sa future boisson. Il rentre en contact avec des producteurs de pommes en France et grâce à ses proches en Afrique, il a aussi pu joindre une coopérative du Burkina Faso pour la production d’hibiscus, certifiée bio et forte d’une trentaine d’années d’expérience. Les épices, elles, viennent d’Asie.

    En juin 2017, l’entrepreneur lance la production des 15 000 premières bouteilles qui vont être distribuées dans des épiceries fines, restaurants. Il dit avoir pu démarrer les activités grâce à un premier apport sa famille et des amis.

    Pour sa première gamme, Panamako (Paname et Bamako) a commencé par trois saveurs. Ensuite, les producteurs ne se sont rien interdit tant que cela respecte des valeurs auxquelles Panamako tient, à savoir la beauté du produit, la promotion du savoir-faire et le circuit court.

    « Nous pourrons élargir la gamme des jus en fonction des tendances du marché, ou proposer des en-cas sucrés. En théorie nous pourrions revisiter n’importe quel produit gastronomique africain et l’associer aux produits français », se projette Oumar Cisse.

    Il souhaite désormais démarcher des chaînes de distribution en milieu urbain ainsi que des supérettes. La bouteille de 250ml est vendue à 2,80 euros.

  • Burkina: une invention de Christian Toé va sauver des millions d’enfants

    Burkina: une invention de Christian Toé va sauver des millions d’enfants

    Au Burkina, certains compatriotes de Christian Toé voient en lui « l’espoir ». L’espoir qui pourra sauver dans quelques années des enfants. Car Christian Toé a fait grand. Diplômé en génie de système industriel, l’entrepreneur a misé sur sa startup Genuine pour se consacrer depuis quelques années à un projet santé. Le Burkinabé a donc inventé un sac réfrigérant qui permet de maintenir la température d’un vaccin pendant quatre jours. Dénommée Laafi Bag, l’invention se révèle d’une grande importance pour le secteur de la santé sur le continent.

    « Il m’était particulièrement important de résoudre ce problème. Quand les vaccins ne sont plus dans les températures de conservation recommandées, ils deviennent comme des flacons d’eau. Et lorsque vous les injectez à un enfant, ils ne jouent plus leur rôle de protection », affirme Christian Toé. Laafi Bag peut notamment être utilisé par des agents de santé. Ces derniers interviennent dans la plupart des pays africains, notamment dans les zones rurales où manquent souvent des centres de santé. L’invention de Christian Toé peut également servir durant des campagnes de vaccination.

    « Des millions d’enfants africains meurent chaque année parce qu’ils ne sont pas vaccinés », rappelle un fonctionnaire de l’OMS.  « Laafi Bag va protéger les vaccins et sauver des vies humaines », ajoute-t-il. Avant de rassurer que le sac réfrigérant respecte toutes les normes de l’OMS. Pour soutenir le projet, l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE) de Ouagadougou s’est également proposé de le couver.

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    Aubaine pour le secteur de la santé

    Le ministère de la Santé et la direction de la prévention par la vaccination du Burkina Faso entendent également soutenir la réalisation de Laafi Bag jusqu’à son terme. Ils prévoient en effet installer un système de géolocalisation qui permettra de « localiser les agents afin de mieux surveiller les températures réelles de leurs vaccins ».

    Pour finaliser son invention, l’entrepreneur bénéficie de nombreux soutiens. Christian Toé devrait notamment bénéficier d’un appui financier d’une banque de son pays. Un financement estimé à plus de 100 millions de FCFA pour récompenser « un projet innovant » et une « invention vraiment utile ». Laafi Bag a déjà permis à son inventeur d’être sacré il y a deux ans lauréat du Rebranding Africa Awards. Une récompense qui lui a valu un gain de 6 millions de FCFA.

    Une fois le Laafi Bag développé, l’institution onusienne de la santé devrait l’homologuer. Selon Christian Toé, la mise sur le marché du sac réfrigérant se fera rapidement. Selon les informations, les ministères de la Santé se préparent à payer ce sac de protection des vaccins. Une situation qui réjouit l’ancien étudiant de l’université Polytechnique de Bobo-Dioulasso.

  • Burkina Faso: construction d’une épine dorsale en fibres optiques

    Burkina Faso: construction d’une épine dorsale en fibres optiques

    Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a donné le feu vert pour la construction de la première phase de l’épine dorsale nationale de fibres optiques, d’une longueur de 2 001 km du Burkina Faso. Le projet, entrepris par la multinationale Huawei, a débuté à Gaoua, dans la région de Bafuji.

    « Le gouvernement est fermement déterminé à faire en sorte que nos régions soient interconnectées et que nos collectivités soient interconnectées », a déclaré le chef de l’État burkinabé, Roc Marc Kaboré en fin d’année 2017.

    Pour ces travaux, c’est le groupe français d’ingénierie Tactis qui est chargé de superviser l’avancement du projet. Le groupe a déjà confirmé que la première phase serait achevée dans un an.

    La première phase devrait coûter 50 milliards de FCFA (environ 90 millions de dollars) et sera financée par une facilité de crédit de 12 ans, dont 60 % ont été fournis par la Banque de Chine, les 40 % restants étant fournis par BNP Paribas. Le prêt comprend une période de grâce de 3 ans, ce qui signifie que le pays a 15 ans pour rembourser sa dette.

    Hadja Fatimata Ouattara, ministre du Développement de l’économie numérique et des postes depuis février 2017, a déclaré que l’épine dorsale nationale de 2 001 km sera ajoutée aux 307 km du projet d’interconnexion Afrique de l’Ouest et aux 650 km de fibre.

    À terme, le Burkina Faso devra disposer d’un total de 2 957 km d’infrastructures en fibre optique et, au cours de la deuxième phase, 8 000 km supplémentaires d’infrastructures en fibre optique seront déployés.

    Le projet d’épine dorsale nationale reliera les 45 provinces du pays, ainsi que ses principales zones urbaines, à un coût estimé à 100 milliards FCFA (environ 180 millions de dollars).