Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Kwadwo Safo Kantanka, l’inventeur autodidacte des 4X4 au Ghana

    Kwadwo Safo Kantanka, l’inventeur autodidacte des 4X4 au Ghana

    Il y a en Afrique, d’excellents ingénieurs qui ont su, malgré les difficultés, déployé leurs génies. Kwadwo Safo Kantanka en est un exemple vivant.

    Au Ghana, Kwadwo Safo Kantanka n’est pas un inconnu, même si sur le continent sa réputation semble ne pas être à la hauteur de ses réalisations.

    Né en 1948 à Bekwai dans la région d’Ashanti, Safo Kantanka était passionné depuis son enfance de la science et la technologie. Il était habitué, après les cours, à faire son travail à la maison et se précipiter à la ferme pour obtenir des bois pour la conception de voitures, hélicoptères, avions, etc. Il conçut des machines et des automobiles qui n’avaient jamais été vues en ville.

    Après les cours élémentaires, il s’était inscrit à l’Institut des travaux techniques du Ghana à Kumasi. Il a ensuite travaillé pendant trois ans comme soudeur à la Volta Aluminium Company (VALCO).

    Réalisations

    En tant que passionné de musique, ce pasteur a commencé avec la fabrication de batteries électriques avec des unités cérébrales, des haut-parleurs, une console de mixage professionnelle, des amplificateurs, des préamplis et des guitares basses à sept cordes, tout seul.

    Il s’est ensuite tourné vers la fabrication de machines à coudre et à broder, moulins à maïs, moissonneuses, batteuses, des tunnels solaires, des dispositifs anti-gravités, machine mobile bloc de moulage polyvalent capable de produire 16 à 18 blocs à la fois, les téléviseurs de capteurs humains, etc.

    Fabricant de la première automobile « Made in Ghana », sa première réalisation, le Kantanka Saloon remonte en 1998 et une traction intégrale Kantanka Onantefo I en 2006. En juin 2007, il a sorti un modèle perfectionné de la kantanka Onantefo, la Kantanka Onantefo II qui, comme toutes ses voitures, était testée dans la plupart des régions du pays.

    La même année, l’apôtre a rendu public son véhicule de Crosscountry de 26 pieds de long, appelé Kantanka Obrempon, lors de la 27ème Foire annuelle de Charité et de Technologie de l’église Awoshie à Accra au Ghana. Il a lancé le même jour une excavatrice.

    Il revient également à celui qui se dit assigné d’une mission divine d’autonomiser l’Afrique par l’application de la science et de la technologie, l’invention du KTK 02, un hélicoptère défensif armé de missiles, de même que le jet Kantanka, un avion à quatre places climatisé.

    L’année 2012 lui étant prolifique, le génie ghanéen a lancé un véhicule utilitaire sport et un autre véhicule 4X4, Kantanka Daasebre, qui est alimenté et conduit par… une montre-bracelet. Cette même année, il a sorti une voiture berline non motorisée fonctionnant à l’énergie solaire.

    Kwadwo Safo Kantanka est aussi l’auteur des variétés de machinerie industrielle, notamment des collecteurs d’ordures, des machines à souder par points, des w.c. et des robinets automatisés, des grues, des robots médicaux et industriels capables de répondre aux commandes programmées, des lance-missiles, des véhicules blindés, et beaucoup plus. Le tout, produit avec des matériaux locaux.

    Par ces multiples travaux, l’homme de Dieu compte élever l’image engloutie du continent africain et le rendre économiquement indépendant, restaurer la gloire perdue de ce continent d’où la civilisation a commencé. Lui et sa famille s’appliquent ensemble dans cette mission.

     

  • Cet ingénieur nigérian produit de l’électricité grâce au tonnerre

    Cet ingénieur nigérian produit de l’électricité grâce au tonnerre

    Il s’appelle Obayagbona Emmanuel Imafidon. Il y a un an, cet ingénieur nigérian a trouvé une solution pour résoudre les problèmes de pénurie d’électricité au Nigéria. Diplômé en génie électrique à l’Institut de gestion et de technologie d’Enugu, Obayagbona Emmanuel Imafidon a en effet inventé un appareil capable de générer de l’électricité à partir du tonnerre. Il explique avoir commencé ses recherches depuis plus de dix ans. Selon lui, cette énergie peut alimenter le Nigéria et tout le continent pendant plus de cinquante ans.

    « On peut penser que ce n’est pas possible et si c’est possible pourquoi le monde occidental n’a pas converti la foudre en électricité, mais ce que j’ai développé jusqu’ici est un prototype. Il y a cinq chambres, y compris la zone de piégeage qui est faite de parafoudre », prévient le Nigérian. Il ajoute que son invention dispose de zones de stockage et de conversion qui convertissent l’énergie statique en électricité et transmettent l’énergie dans la zone de transmission.

    Pour l’ingénieur les zones de transmission réduisent la puissance à partir de 50 mégawatts et les cinq zones de stockage de son appareil peuvent stocker plus de 25 mégawatts de puissance. L’ingénieur veut dépasser l’étape de prototype. A cet effet, il compte sur l’appui de la Nigeria Society of Engineers (NSE) pour réaliser un grand projet d’électrification. Obayagbona Emmanuel Imafidon explique que pour piéger la foudre, des condensateurs de stockage industriels à haute énergie doivent être construits dans des endroits spécifiques du pays.

     

  • Farida Bedwei, femme Tech la plus influente du Ghana malgré son handicap

    Farida Bedwei, femme Tech la plus influente du Ghana malgré son handicap

     

    S’il est vrai qu’invalidité n’est pas forcément un désavantage, la Ghanéenne Farida Bedwei, ingénieure logicielle, en est une preuve vivante.

    Née en 1979, une paralysie cérébrale a été identifiée chez Farida Bedwei à l’âge d’un an. Mais déjà jeune, celle-ci a fermement refusé de laisser son handicap affecter son éducation et sa carrière.

    Aujourd’hui, cofondatrice et directrice technique d’une société de logiciels, Farida Bedwei est considérée comme l’une des femmes les plus puissantes de la technologie financière sur le continent.

    En 2013, le magazine CEO d’Afrique du Sud a nommé Bedwei la femme la plus influente du monde des affaires et des gouvernements.

    Son plus grand accomplissement est le développement d’une plateforme de logiciel de cloud qui est utilisé par près de 300 compagnies de microfinance à l’échelle nationale. Ces institutions administrent des prêts à leurs clients en envoyant un code à leurs téléphones mobiles par SMS. Ce code peut être échangé contre de l’argent dans n’importe quelle succursale, rendant les petits prêts disponibles immédiatement et sans protocole.

    Première vie

    Bedwei a vécu une enfance nomade grâce au travail de son père au Programme des Nations Unies pour le développement. En conséquence, la famille résidait à la Dominique, à la Grenade et au Royaume-Uni avant de s’installer définitivement au Ghana lorsque Bedwei avait neuf ans.

    Bedwei a été scolarisée à domicile jusqu’à l’âge de 12 ans, puis a poursuivi ses études dans une école publique. À cet âge déjà, Bedwei commençait par manifester une affinité pour les objets électroniques et l’ordinateur. Bedwei sautera alors le lycée afin de s’inscrire à un cours d’informatique d’un an au centre de technologie de l’information de rue Michael. À 15 ans, elle était l’une des plus prometteuses jeunes de la classe.

    Après son diplôme, la programmeuse passionnée a commencé à chercher du travail et a trouvé son poste de rêve chez Soft, une société de logiciels de premier plan dans la région. « Je suis un modèle pour beaucoup d’enfants handicapés et c’est très important pour moi de montrer au monde que … Oui … Vous pouvez avoir un enfant handicapé et ce n’est pas la fin du monde. Il y a tellement de choses qu’on peut finir par faire avec les bonnes ressources » pense l’ingénieure, grande défenseure des droits des personnes handicapées.

    En 2010, elle a rejoint G-Life Financial Services en 2010. Le système adopté par la société n’était pas efficace pour le micro financement, alors avec un collègue de l’entreprise, ils ont commencé à construire leur propre plateforme de logiciel cloud appelée gKudi.

    La tête sur les épaules, la Ghanéenne est toujours fière de son parcours. « Je suis fière de beaucoup de choses. Le numéro un est le fait que j’ai été capable d’aller aussi loin. Car même pour un homme, diriger une entreprise de technologie dans cette partie du monde n’est pas facile » confie-t-elle.

     

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  • Adama Traoré, peintre né sans bras mais pas sans talent

    Adama Traoré, peintre né sans bras mais pas sans talent

    Adama Traoré, c’est la parfaite illustration d’un jeune africain qui se refuse l’option de se créer des barrières à cause de sa difformité. Celui qui a été désigné en février 2016, mascotte de la tendance « l’Ivoirien nouveau » est un symbole vivant de ce concept, à reprendre les termes de Maurice Bandaman, ministre de la Culture et de la Francophonie.

    Rencontrez-le, à l’entrée de Sococé II Plateaux où il vend habituellement ses tableaux, il vous dira : « je pouvais aussi mendier comme le font la plupart des handicapés, mais j’ai décidé de me battre malgré mon infirmité pour me tailler une place au soleil. »

    Peintre âgé de 38 ans, celui qui est mieux connu sous le nom d’Adamo, est pourtant un manchot et infirme des membres inférieurs. Sa dextérité à un art dans lequel a priori tout lui échappe est impressionnante. Sans bras, Adamo est très habile avec son pinceau dans la bouche.

    Né à Treichville, Adama a été une charge pour ses parents qui ne l’ont pas scolarisé jusqu’à 9 ans, à cause de sa difformité. C’est quand son chemin croise celui de la Française Marie Odile Bilberon, alors directrice de La Providence, un centre pour enfants handicapés, qu’il sera accueilli dans ce centre qui accepte de s’occuper de sa scolarité. « Nous étions près de 200 pensionnaires que je m’initie au dessein grâce à Marie Odile qui m’a appris à mettre les couleurs, à les harmoniser avec de la gouache », se souvient le peintre. La Providence lui trouvera plus tard un manager.

    Inspiré par Dame Nature

    Le pinceau entre le menton et le bout des bras qui lui reste, Adamo a une précision hors pair, si bien que le voir en train de peindre un tableau est avant tout, un art.

    L’Ivoirien tire son inspiration de la nature qui, selon lui, « se dégrade aujourd’hui à cause des actions » de l’homme. Adama voudrait que par son art, la conscience collective soit éveillée sur la nécessité de préserver l’environnement.

    En août 2016, le peintre a été lauréat du Prix d’Excellence du gouvernement ivoirien, qui lui permet de toucher une enveloppe de 10 millions F CFA et un diplôme pour l’ensemble de ses œuvres malgré son handicap.

    Mais à vrai dire, même si Adama travaille beaucoup, il est confronté à divers problèmes, principalement financiers. « Je vends un tableau chaque deux semaines. C’est vraiment difficile, car je n’arrive pas à joindre les deux bouts en dépit de mes efforts » déclare-t-il. Mais il ne baisse pas les bras. À qui veut l’entendre, il dit toujours qu’il reste confiant pour la suite de sa carrière.

     

  • Akua Obenewaa Donkor, pionnière du chocolat artisanal au Ghana

    Akua Obenewaa Donkor, pionnière du chocolat artisanal au Ghana

    Au Ghana, cette entrepreneure est très connue sous le nom de Chocolate Lady. Akua Obenewaa Donkor dirige une chocolaterie à Ashongman, dans la banlieue d’Accra. Depuis plus de cinq ans, cette trentenaire fabrique des chocolats faits à la main.

    Son entreprise est dénommée « Decokraft » avec un capital de 1000 dollars.
    À base de liqueur de cacao, plus de 300 kg de chocolat sont fabriqués par Decokraft chaque mois. L’entrepreneure s’approvisionne auprès des cultivateurs du pays et d’autres sociétés spécialisées.

    La Ghanéenne explique s’être intéressée à la production du chocolat après avoir lu un magazine contenant des informations sur les chocolatiers, les différents types de chocolat. Akua Obenewaa Donkor a suivi des cours en ligne pour devenir chocolatière. L’entrepreneure a également été formée par la Cocoa Processing Company (CPC) du Ghana.

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    Les produits sont après vendus dans des boutiques en ligne et durant des grands événements comme les fêtes d’anniversaires, les mariages ou les festivités au sein des entreprises. Chocolate Lady est diplômée en Communication Design (Design Graphique) de l’Université des Sciences et Technologies Kwame Nkrumah (KNUST).

    Elle mise ainsi sur des touches personnelles comme les techniques de fabrication à la maison, l’image de marque, la finition et l’emballage pour mieux faire connaître son produit. La Food and Drugs Authority (FDA) a d’ailleurs certifié les produits de Akua Obenewaa Donkor.
    Grâce au succès de son entreprise, la jeune entrepreneure a déjà formé près de cinquante personnes dans la fabrication de chocolat.

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  • Akin Alabi: l’ex-vendeur de poulets au Nigéria, devenu PDG grâce au sport

    Akin Alabi: l’ex-vendeur de poulets au Nigéria, devenu PDG grâce au sport

    Cet entrepreneur nigérian est le premier à faire fortune dans les partis sportifs en ligne dans la sous-région ouest-africaine. Spécialiste en marketing, Akin Alabi dirige a fini par créer NairaBet, sa société de pari sportif. Son objectif était de réussir et gagner de l’argent. Petit, « je voulais juste être aussi riche que légalement possible », explique-t-il. « Je m’en fous si je devais être un médecin riche, un riche vendeur ou un riche. Je voulais juste être riche », se disait-il.

    Akin Alabi n’a pourtant pas réussi ses études comme il le souhaitait, manquant à plusieurs reprises de s’inscrire à l’université. Autodidacte, Akin Alabi s’est formé grâce aux livres et à ses lectures. « J’ai consommé beaucoup de connaissances, que ce soit à partir de livres, de matériel audio, de sessions de formation et de séminaires », se rappelle-t-il.

    Puis il se lance dans les affaires. Il vend du poulet dans les rues d’Ibadan et fais ses premiers pas dans l’exportation et l’importation de cultures commerciales et d’autres matériaux. Ses connaissances lui ont permis de finalement préparer une maîtrise en marketing à l’université de Liverpool.

    Touche-à-tout

    En 2002, il se tourne vers Internet et le marketing de l’information. « Je n’avais pas besoin de trop de capital pour lancer mes affaires », affirme-t-il. L’entrepreneur crée alors son premier produit d’information, un programme d’immigration canadien, qu’il met en vente sur Internet. Akin Alabi lance surtout d’autres produits d’information dans le marketing d’affiliation, des séminaires et l’enregistrement d’un nom d’entreprise.

    Akin Alabi rappelle avoir misé sur les campagnes de publicité en ligne. « J’avais aussi commencé à publier des articles en ligne sur le marketing de l’information et à publier les opportunités d’affaires. J’ai dirigé une entreprise d’édition sportive qui a finalement échoué aussi. Cela ne m’a pas empêché d’essayer plusieurs autres choses », confie l’entrepreneur.

    Depuis la création de NairaBet, l’entrepreneur estime avoir réalisé ses rêves. Mais son ambition est désormais de créer de l’emploi, de contribuer au développement de l’économie de son pays. « Je veux surtout toucher les vies », avoue-t-il.

  • Diplômée de biochimie en Écosse, elle devient maître chocolatière au Nigeria

    Diplômée de biochimie en Écosse, elle devient maître chocolatière au Nigeria

    Après des études en biochimie en Écosse, cette Nigériane a travaillé dans le domaine de la confiserie et du maquillage avant de finalement renoncer à son dernier emploi aux ressources humaines dans une organisation. Femi Oyedipe déclare avoir cédé à son « esprit d’entreprise ». « J’ai toujours rêvé avoir ma propre entreprise, avoir une carrière réussie en tant que diva corporative intelligente », souligne Femi Oyedipe. Il y a trois ans, lorsque Femi Oyedipe décide d’entreprendre, elle est d’abord guidée par la volonté de faire rayonner son pays et son continent. La jeune entrepreneure explique s’être intéressée à la production du cacao.

    Très vite, « j’ai été surpris par les réalités du secteur », commente-t-elle. « Nous n’avons pas de chocolatiers locaux. La majeure partie de notre cacao est exportée et nous importons ensuite des chocolats », explique Femi Oyedipe. Avant d’ajouter : « Savoir que mon pays et d’autres de la sous-région sont les plus grands producteurs est une fierté. Mais se rendre compte que ce sont les pays étrangers qui tirent plus de profit de cette industrie est inquiétant ».

    Production locale

    La Nigériane dirige depuis 2015 LoshesChocolate. Son objectif est de produire du chocolat de bonne qualité. L’entrepreneure s’est surtout engagée à faire confiance à ses compatriotes producteurs. Elle achète essentiellement des fèves de cacao produit dans des régions du Nigéria, notamment dans les États d’Oyo et d’Ondo.

    Après sa création, les premiers produits de LoshesChocolate ont été offerts. En retour, Femi Oyedipe a tenu compte des remarques et des commentaires des « potentiels clients ». LoshesChocolate a d’ailleurs eu ses premiers clients sur les réseaux sociaux grâce à des photos de chocolats que Femi Oyedipe a partagées sur Facebook, Twitter et Instagram. « Les médias sociaux nous ont aidés à faire connaître la marque avant que nous commencions à explorer d’autres canaux de marketing », souligne-t-elle.

    Augmenter la production

    « Nous nous sommes concentrés sur la création d’une marque et l’entrée dans le marché, nous avons donc dû modifier un grand nombre de nos processus », confie l’entrepreneure. Depuis trois ans, LoshesChocolate maîtrise la torréfaction de toutes les fèves qu’elle reçoit. L’entreprise améliore régulièrement son emballage.

    Femi Oyedipe ambitionne augmenter sa production. L’entrepreneure veut à cet effet disposer de moyens pour broyer des fèves de 36 à 48 heures dans son entreprise. Alors qu’elle ne dispose pas encore d’une main-d’œuvre qualifiée, l’entreprise manque également de machines de fabrication. Pour autant, Femi Oyedipe ne se décourage pas. « Nous prévoyons de créer plus de choses en utilisant des chocolats. Notre objectif est de présenter le Nigeria comme un pays chocolaté », affirme-t-elle.

  • Guinée: qui est Abdoulaye Banire Diallo, le ‘Einstein’ Africain?

    Guinée: qui est Abdoulaye Banire Diallo, le ‘Einstein’ Africain?

    Lauréat au dernier Next Einstein Fellow #NEF de l’Institut Africain des Sciences Mathématiques tenu en fin du mois dernier à Kigali, dans la capitale rwandaise, Abdoulaye Banire Diallo a séduit par la qualité de ses recherches dans le domaine de la bio-informatique. Ce scientifique travaille sur les apports des big data à la génomique, et en particulier sur la prédiction des mutations génétiques des microbes.

    Si en Afrique il est peu connu, le professeur Abdoulaye fait partie d’une génération restreinte de scientifiques, recherché ailleurs pour sa maîtrise de l’informatique et de l’intelligence artificielle.

    Directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ce Guinéen est également cofondateur et scientifique en chef de My Intelligent Machines (MIMs), une start-up intégrant la Génomique, la Bio-informatique et l’Intelligence Artificielle (IA).  La technologie MIMs a été classée 8e sur plus de 250 au Canada en 2017. « L’outil met en contexte toutes les données publiques, y compris celles des bio banques. L’idée est de fournir une plate-forme de données à destination de la santé de précision » explique-t-il.

    Parti étudier l’informatique à Montréal en 2000 avant de poursuivre par une thèse à l’université de McGill, Abdoulaye Banire Diallo pu y développer des techniques d’apprentissage permettant de prédire l’évolution des génomes ancestraux des mammifères. Puis de fil en aiguille, celui du génome humain.

    Il s’intéresse aussi aux plus petits génomes du vivant, celui des virus et des bactéries. « J’ai conçu des modèles statistique permettant de décoder l’évolution du génome des microbes », a confié celui qui est devenu professeur d’université à seulement… 26 ans.

    Vie de chercheur

    Dans un passé récent, Abdoulaye Banire Diallo a occupé un poste de chercheur à l’Université du Québec à Montréal, à l’Université McGill, au Broad Institute du MIT / Harvard et au Laboratoire d’informatique du MIT.

    Le chercheur a la particularité d’exploiter la bio-informatique et l’IA pour accélérer les solutions génomiques éclairées en médecine personnalisée, en biovigilance, en surveillance, etc.

    Avec plus de 60 publications et divulgations d’invention à son actif, Abdoulaye Banire Diallo a donné plus de 30 conférences aux MIT, Oxford, UCSF, Institut Pasteur, IRESSEF…  Il a reçu plus de 20 prix de recherche. En Afrique, il dirige plusieurs projets dont une plateforme des pathogènes en Afrique de l’Ouest, le Acces Omic Sénégal.

    En été dernier, le professeur et son stagiaire postdoctoral, Wajdi Dhifli, avaient remporté le Prix du meilleur article et de la meilleure présentation décernés dans le cadre de la conférence internationale en apprentissage automatique et fouille de données (International Conference on Machine Learning and Data Mining), qui avait lieu à New York.

    En effet, le professeur Diallo et son stagiaire ont proposé un nouvel algorithme de classification, nommé « Galaxy-X », qui solutionne bien de  problèmes. «Contrairement aux algorithmes de classification existants, Galaxy-X se base sur l’hypothèse d’un ‘’ensemble ouvert’’, dans lequel la présence de classes qui n’ont pas été vues durant l’apprentissage est possible. Notre approche représente chaque classe par une hyper sphère. Par conséquent, l’espace de données d’apprentissage se transforme en une galaxie de classes dans un univers ouvert de possibilités, d’où le nom de l’approche » a expliqué le chercheur. Et d’ajouter que « l’’efficacité de Galaxy-X a été démontrée dans plusieurs domaines d’application comme la reconnaissance faciale, l’écriture manuscrite et les classifications fonctionnelles de protéines en bio-informatique », a-t-il conclu.

  • Theodora Isola, figure de proue de l’assistance virtuelle au Nigéria

    Theodora Isola, figure de proue de l’assistance virtuelle au Nigéria

    Après ses études supérieures, c’est dans l’assistance administrative que Theodora Isola décroche son premier emploi. Diplômée de l’université de Port Harcourt, cette Nigériane a également exercé dans des entreprises en tant que gestionnaire administratif et responsable des ressources humaines. Mais il y a deux ans, elle décide d’entreprendre et se tourne vers la technologie. Theodora Isola a créé en 2016 Tiva Creatives, une société qui offre des services d’assistant virtuel et une automatisation du marketing de croissance pour les startups et les petites entreprises.

    Elle explique avoir entrepris dans ce domaine grâce à sa passion et pour répondre à la nécessité de soutenir les petites entreprises. « J’ai été initié au monde virtuel lorsque je me suis inscrit à l’Université de Liverpool pour un programme de maîtrise en ligne sur les systèmes d’information et la technologie », justifie-t-elle. Theodora Isola précise avoir travaillé sur plusieurs projets avec des gens dans d’autres parties du monde sans les rencontrer, « ce qui m’a aidé à développer de solides compétences en communication ».

    Marketing et conseils

    Tiva Creatives s’illustre également dans la gestion de crise au sein des entreprises. La société aide également sa clientèle dans la définition de nouvelles perspectives. « Nous aidons ainsi les entreprises à gérer les processus de travail, à gérer les tâches de routine et les programmes de marketing en utilisant la technologie pour une excellente représentation, une visibilité accrue et des ventes », confie Theodora Isola qui est également analyste.

    Deux ans après le début de ses activités, Tiva Creatives compte des clients au Nigéria et à l’extérieur, notamment dans la sous-région ouest-africaine. Cependant, « de nombreux Nigérians ne comprennent pas encore comment fonctionnent les services d’assistance virtuelle », souligne Theodora Isola. L’entrepreneure estime que « s’ils comprennent comment cela fonctionne, ils réaliseront à quel point c’est rentable ».

    Sensibilisation et formation

    Depuis quelques mois, une communication est faite autour de Tiva Creatives pour sensibiliser les propriétaires d’entreprise. « Je forme également des clients qui ont besoin d’aide pour réaliser ces services, en particulier dans les tâches d’administration et de soutien à la clientèle, la gestion des médias sociaux, le marketing par courriel et la gestion de sites Web et de blogs », déclare Theodora Isola.

    L’entrepreneure veut surtout inciter les femmes à s’intéresser à la technologie. En septembre 2017, Theodora Isola a ainsi organisé une rencontre sur les femmes et la technologie. L’objectif selon elle est de leur montrer que la technologie ne se limite pas au codage et à la programmation. En parallèle, l’entrepreneure forme également de jeunes filles en programmation. « J’ai l’intention de former plus de femmes dans le domaine de l’aide virtuelle afin que nous puissions avoir plus de gens qui soutiennent les entreprises », annonce-t-elle.

  • Dans les coulisses de  Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    Dans les coulisses de Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    À Lomé, dans la capitale togolaise, se positionne une marque de vente du batik, moyen d’un retour au tissu traditionnel et de valorisation de l’artisanat.

    À la tête de cette marque Ayoko et Ayélé Gabiam, deux sœurs aux parcours différents. Nahêni (grandeur d’âme en Akposso, une langue parlée à l’ouest du Togo) créé en 2016 a démarré ses activités l’année passée. « Quand ma sœur et moi avions eu l’idée de créer cette marque pour valoriser le pagne batik authentique togolais, le nom qu’elle devrait porter était une évidence. Pour nous c’était important de mettre les femmes au sein de cette aventure », raconte Ayoko Gabiam, 27 ans. Puis d’une voix posée, celle pour qui entreprendre est devenu « si naturel » explique avec la gestuelle adéquate : « Nahêni, c’est le prénom de notre grande mère maternelle. Elle était une femme de cœur, mais de très fort caractère. N’ayant eu qu’un seul enfant, elle en a adopté une cinquantaine. C’est grâce à elle que nous sommes aujourd’hui des femmes conscientes de notre valeur et de nos capacités à réaliser nos rêves ».

    Cette « présence » de leur grand-mère, les deux sœurs la conjuguent avec détermination depuis qu’elles ont décidé de lancer leur marque. Leurs diplômes en poche, elles effectuent un voyage touristique à travers le Togo et tombent, disent-elles, sous le charme de ce tissu vivant, 100 % coton, fait main, authentique Togolais qu’elles ne connaissaient pas : le Batik. Elles s’assignent alors une mission. « Quand tu redécouvres ton pays pour la première fois et que tu tombes sous le charme de son textile fait main surtout le BATIK, qui est original, en colorie variée et unique, mais méconnue, tu prends l’engagement de le vulgariser dans ton pays ainsi que dans le monde », résument-elles.

    Craft women

    Après sa création Nahêni suit une période d’incubation d’un an à Innov’up Togo, un incubateur dédié aux femmes. Depuis huit mois, l’entreprise peut également compter sur l’accélérateur Youth CDC qui lui a offert un financement en fonds propres d’un million de FCFA avec une levée de fonds en préparation. Les deux responsables se sont entourées d’une équipe de vingt personnes parmi lesquelles on trouve essentiellement de femmes membres de coopératives d’artisans.

    Ayoko, la plus jeune a plutôt un parcours « atypique ». Passion pour l’artisanat depuis la tendre enfance, ingénieure de conception en Réseaux Télécommunication, business développer depuis bientôt quatre ans. Mais aussi diplômée en langue et culture chinoise. Cette touche-à-tout qui parle couramment l’anglais affirme : « Moi je suis plus axée sur le côté marketing, vente, développement et gestion de nos plateformes en ligne ». Quant à la création des modèles, des motifs et des colories appropriées, c’est Ayélé, la sœur ainée, styliste de formation qui s’en charge.

    Du batik, du bio… de la valorisation

    Mais dans un secteur qui reste encore à développer, Ayoko Gabiam soulève de réelles contraintes, notamment « quand on est femme ». « Être jeune entrepreneure est un premier défi en soi parce que les gens n’ont pas automatiquement confiance en ce que tu fais », confie-t-elle. « Vous pouvez imaginer qu’en ce jour où nos voisins frontaliers ont pris acte de valoriser leur textile, le Togo est encore à l’étape de découverte », clarifie pour sa part Ayélé Gabiam. Les deux sœurs s’attèlent donc à faire connaître ce qu’elles font. « La majorité des Togolais qui nous contactent veulent d’abord savoir ce qu’est le Batik », affirment-elles.

    Le batik togolais est d’une qualité enviable dans la sous-région. Contrairement au batik ghanéen marqué par des symboles Adrinké, le tissu togolais utilise des représentations d’animaux comme motifs. Nahêni insiste sur l’authenticité. « Notre batik diffère dans le processus de fabrication. Nous utilisons des produits bio, des colorants à base d’écorces d’arbre. Le batik togolais dégage une authenticité plus marquée sur les valeurs », explique Ayélé Gabiam.

    La dernière collection homme et femme de Nahêni a été lancée il y a quelques mois. Dénommé SEN’KA (visionnaire), elle valorise des motifs et des colories qui décrivent « le contraste de mondialisation de la mode et l’importance de valoriser notre héritage artisanal », fait savoir Ayoko Gabiam.

    Afrikrea

    Il faut dire que depuis son lancement, la marque propose du pagne batik unique à partir de deux yards. Nahêni offre surtout des T-shirts originaux, du prêt-à-porter homme femme, mais aussi des accessoires. Des produits dont les prix d’achat sont fixés de 2500 à 50000 FCFA. Quand elles ne sont pas en l’intérieur du pays, les deux sœurs occupent différemment leur journée. Entre autres, des réunions avec collaborateurs ou des ventes et livraisons de commande. Pour le moment, Nahêni vend ses produits en ligne grâce à sa boutique Afrikrea. Les deux entrepreneures misent également sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Pinterest, Twitter) et sur du bouche-à-oreille.

    En 2017, Nahêni a reçu des commandes de l’Amérique et de l’Europe. L’entreprise a vendu près de 600 articles et compte cette année vendre plus de 4000. Mais aussi, la marque envisage de mieux se faire connaître au plan local pour deux raisons. Mieux faire face à une concurrence qui paraît « inexistante » et convaincre une population qui préfère encore les tissus importés qui coûtent moins chers.

    En attendant, les sœurs Gabiam travaillent sur l’ouverture de leur première boutique physique au Togo. « Nous voulons qu’elle représente nos valeurs sociales et l’identité de Nahêni », annoncent-elles. Nahêni gravira alors un nouvel échelon qui devrait l’aider à s’implanter dans des capitales étrangères. Le couronnement pour cette marque qui se veut particulièrement africaine.