Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Funke Opeke, la femme qui contrôle l’internet en Afrique de l’ouest

    Funke Opeke, la femme qui contrôle l’internet en Afrique de l’ouest

    Cette Nigériane est l’une des personnalités les plus connues du secteur de la Data économie dans le monde. La cinquantaine, Funke Opeke a fondé MainOne, une société de fourniture de solutions de connectivité et Datacenter qu’elle dirige. Diplômée de l’université de Columbia, elle a fait des études en génie électrique.

    La carrière de cette brillante cheffe d’entreprise a commencé aux États-Unis où elle a travaillé pendant une vingtaine d’années en tant que directrice générale, consultante et ingénieure dans différentes entreprises. Lorsqu’elle décide de rentrer au Nigéria, Funke Opeke occupe d’abord les fonctions de directrice technique chez MTN Nigéria avant de faire ses preuves à la direction de l’exploitation de la société nationale de télécommunication, Nitel.

    Mais Funke Opeke entreprend rapidement de révolutionner le secteur. Elle décide donc de créer MainOne. Pour parvenir à cet objectif, Funke Opeke a mobilisé des fonds nécessaires pour construire le premier câble sous-marin privé. Le câble sous-marin qui s’étend du Portugal est construit sur une distance de 7 000 kilomètres. Estimés à plus de 200 millions de dollars, les travaux de construction permettent désormais à MainOne de fournir plusieurs opérateurs de téléphonie du pays, notamment MTN et Airtel. L’avantage de MainOne est de fournir à sa clientèle une bonne connexion internet.

    Depuis, son entreprise fait ses preuves. Réussissant en dix ans à se positionner comme un leader dans le secteur de Data economy dans la sous-région ouest-africaine. Funke Opeke est considérée comme l’un des chefs d’entreprises les plus influents du continent. L’entrepreneure confie pour sa part ne s’être jamais découragée et avoir surmonté des difficultés pour atteindre ses objectifs. « Il faut persister pour réaliser une vision », affirme-t-elle.

  • Elle renonce à son emploi pour lancer des jeux pour enfant ‘made in Nigeria’

    Elle renonce à son emploi pour lancer des jeux pour enfant ‘made in Nigeria’

    Après des années d’expérience dans les secteurs du commerce, de l’hôtellerie et du divertissement, cette Nigériane a choisi d’entreprendre.

    Titilope Adewusi a créé 9ijakids, une plateforme de divertissement en ligne qui apprend aux enfants à connaître le Nigéria. « J’ai commencé à développer une passion pour le Nigeria et à aider nos enfants à mieux connaître notre pays. Ils en savent moins sur notre pays parce qu’ils sont plus exposés à l’éducation occidentale que nous ne l’étions en grandissant », explique l’entrepreneure. Grâce à 9ijakids, les enfants sont également formés sur les avantages de l’entrepreneuriat. La Nigériane ajoute que les enfants sont des apprenants visuels et que les jeux sont un moyen de leur apprendre beaucoup de choses.

    Si Titilope Adewusi se consacre surtout aux affaires commerciales de son entreprise, elle peut compter sur le savoir-faire de l’une de ses sœurs, diplômée en génie informatique et qui est développeur en chef de 9ijakids. Une seconde sœur est responsable de la gestion extérieure de la plateforme, notamment en Grande-Bretagne où 9ijakids est très bien accueilli.

    Pour développer un jeu sur la plateforme en ligne, Titilope Adewusi confie utiliser un logiciel qui nécessite un codage minime. « Une fois que nous trouvons une idée pour un jeu, nous développons du contenu autour de celui-ci, choisissons un cadre et construisons le jeu, un processus qui prend entre une et deux semaines. Mes enfants, mes sœurs et mes amis sont nos sujets de test », détaille l’entrepreneure.

    Relever des défis

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    Depuis la création de 9ijakids, la réception des jeux par le public a été bonne. La plateforme est utilisée par des écoles et même des églises. Titilope Adewusi envisage créer autant de jeu que possible, notamment des jeux traditionnels pour permettre aux enfants de mieux apprendre sur le Nigéria. L’année passée, « notre thème était l’indépendance du Nigeria et nous avons donc développé environ huit nouveaux jeux pour enseigner aux enfants notre riche histoire et notre culture », se rappelle-t-elle.

    Grâce à son expérience, Titilope Adewusi dispose d’un large réseau de personnes à qui elle peut avoir accès pour promouvoir sa plateforme. Mais elle déplore le coût élevé des données mobiles dans le pays. Outre la disponibilité des jeux en ligne, certains utilisateurs souhaitent qu’ils soient téléchargeables.

    Afin de ne pas trop exposer les enfants à Internet, 9ijakids a lancé une application mobile. Mais le grand défi est d’emmener les Nigérians à préférer des jeux made in Nigeria. « Mais je ne suis pas inquiet puisque notre produit est encore nouveau; Je suis confiant qu’il sera accepté parce qu’il répond à un besoin, même pour moi en tant que parent », assure-t-elle.

  • Cacao: le Ghana et la Côte d’Ivoire veulent maîtriser le marché mondial

    Cacao: le Ghana et la Côte d’Ivoire veulent maîtriser le marché mondial

    Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont décidé de relever les défis du secteur du cacao, dans le cadre de la mise en œuvre d’un accord de partenariat stratégique qui lie les deux pays, en signant la « Déclaration d’Abidjan ».

    Les deux chefs d’État du Ghana et de la Côte d’Ivoire ont tenu une réunion en début de semaine consacrée à l’économie de cacao, produit agricole dont les deux pays assurent 60% de la production mondiale. À l’issue de cette réunion, Nana Akufo-Addo et Alassane Ouattara ont signé la « Déclaration d’Abidjan ».

    Cet accord vise à « mieux défendre les intérêts des producteurs de cacao et des économies des deux pays », selon les termes d’Alan Kyerematen, ministre ghanéen du Commerce et de l’Industrie. En clair, l’accord veut améliorer le prix d’achat de la fève aux producteurs et lutter contre la contrebande.

    Principalement, Accra et Abidjan se sont engagés à harmoniser leur politique de commercialisation du cacao et se sont convenu d’annoncer chaque année de manière concomitante et avant le début de la campagne, le prix au producteur.

    Réguler pour mieux régner

    Cette déclaration intervient à un moment où des millions de cacaoculteurs des deux pays ont connu des pertes significatives l’année dernière, causée par une chute d’environ 20% des prix de ces produits qui participent d’une partie importante aux PIB des deux plus grands producteurs.  Cette perte a donc pesé sur les recettes budgétaires des deux pays.

    En effet, il faut considérer que la contrebande est souvent alimentée par la différence des prix du cacao entre ces deux pays limitrophes. En termes d’exemple, pour la saison 2017-2018, la tonne du cacao a coûté 1 735 dollars au Ghana contre 1 270 dollars en Côte d’Ivoire.

    En outre, le Ghana et la Côte d’Ivoire ont également convenu d’intensifier la collaboration dans le domaine de la recherche scientifique pour la production de plants de cacao, l’amélioration des variétés végétales. Ils vont mettre en œuvre un programme régional de lutte contre la pousse.

    Akufo-Addo et Alassane Ouattara veulent aussi désormais promouvoir conjointement la consommation de cacao sur les marchés locaux, régionaux et émergents et sont convenus que les consultations entre le Ghana et la Côte d’Ivoire sur la gestion de leurs filières cacaoyères devraient être faites sur une base régulière.

    L’engagement des deux pays à transformer une grande partie du cacao et l’invitation du secteur privé, notamment du secteur privé africain, à investir massivement dans la transformation du cacao en Afrique ont également été réitérés.

     

  • Donald Donissen, pionnier de la caricature togolaise

    Donald Donissen, pionnier de la caricature togolaise

    Né au Togo, Aklassou-Gana Kossi Donald est caricaturiste. C’est dans ce domaine que cet artiste talentueux s’est taillé une reconnaissance. Il fait partie du cercle restreint et très fermé des célèbres caricaturistes du pays. Depuis plus de dix ans, celui que l’on surnomme Donald Donissen caricature, aborde plusieurs sujets, tourne en dérision les thématiques les plus importantes. Mais surtout l’artiste fait rire. Jugé calme et travailleur par ses proches, il collabore depuis 2008 avec des journaux. Ses services sont demandés par des quotidiens, des bihebdomadaires et des bimensuels.

    Dans les journaux d’information générale et ceux satiriques, il est fréquent de retrouver des caricatures signées de Donald. Il arrive que ces caricatures soient parfois à la une du quotidien Liberté, journal d’opposition au pouvoir du Togo. Et toujours c’est avec un style unique teinté d’humour que l’artiste s’arrange à faire comprendre à sa façon le sujet dont il traite. Dans Sika’a ou Viva, deux journaux de la « bonne humeur » très vendus dans le pays, des pages entières sont souvent confiées au caricaturiste. Ce dernier tient par exemple en haleine des lecteurs avec des feuilletons comiques. Ces dessins sont scrutés par des lecteurs. Avec ce caricaturiste, même les détails les plus simples accrochent et font rigoler.

    L’artiste en est convaincu. Il a réussi à se créer un univers à lui. « Le rire est une thérapie. Et avec une caricature, on peut parler de tout, même des sujets qui fâchent », explique-t-il. S’il considère qu’en une dizaine d’années il a réussi dans la caricature, Donald Donissen veut mieux s’imposer. L’année dernière, il a lancé Cari-Actu, le tome 1 d’un recueil de caricatures qui traitent de plusieurs sujets. Le livre porte sur ses dessins qu’il a faits en cinq ans, entre 2012 et 2017, et dispose des rubriques comme « politologie, connexiologie, diplomatologie, transportologie », fait-il savoir. Dans ce recueil, le caricaturiste aborde la politique togolaise, les relations internationales et lance des piques à l’endroit de personnalités politiques. Donald Donisen y évoque également l’économie, la santé ou encore l’éducation, toujours avec un style décalé.

  • Tourisme religieux:  les coups de cœur et les bonnes adresses  en Afrique

    Tourisme religieux: les coups de cœur et les bonnes adresses en Afrique

    Les dernières années ont vu une prolifération rapide des institutions religieuses à travers l’Afrique, à mesure l’urbanisation devient importante. Bien que cela puisse brosser un tableau caricatural d’un continent nouvellement religieux, la vérité est que l’Afrique a longtemps été un continent imprégné de religion. Ceci est non seulement démontré par les croyances indigènes trouvées à travers le continent, mais aussi par les lieux de culte historiques qui ont résisté à l’épreuve du temps pour raconter l’histoire des croyances du continent dans toute sa diversité vibrante.

    Les célèbres édifices sacrés de l’Afrique sont une source de grande fascination à visiter. De l’histoire riche à l’architecture unique, il y a beaucoup qui donne de l’allure à ces structures.

    La Grande Mosquée de Djenné, Mali

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    La Grande Mosquée de Djenné au Mali est l’un des édifices les plus emblématiques au monde. La mosquée, qui est considérée comme l’une des plus grandes créations de l’architecture sahélienne, a été entièrement construite à partir de la boue, ce qui en fait le plus grand bâtiment en briques de boue du monde.  En fait, toute la ville de Djenné est composée de maisons construites à partir d’une architecture de boue depuis le 14e siècle.

    Au cours des décennies, la Grande Mosquée s’est effondrée deux fois, et celle qui existe aujourd’hui a été achevée en 1907. Pour éviter que le bâtiment ne s’effondre à nouveau, un festival annuel d’une semaine est organisé, où les résidents viennent en nombre pour le recouvrir et le réparer.

    Basilique de Yamoussoukro, Côte d’Ivoire

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    La ville de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire abrite l’une des églises les plus importantes du monde : la basilique de Yamoussoukro, également connue sous le nom de Notre-Dame de la Paix de la basilique de Yamoussoukro. À 158 mètres de haut et avec une capacité de 18 000 personnes à l’intérieur et 300 000 dans la cour, l’imposant édifice est la plus grande église chrétienne du monde, ayant dépassé Saint-Pierre au Vatican à son achèvement en 1989.

    Cette basilique été construite avec du marbre importé d’Italie et 5 000 teintes de vitraux de France. Chacun des 7 000 sièges de l’église a son propre système de conditionnement. L’église a été commandée par l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny. Malgré l’ironie de la population chrétienne du pays, ce temple est devenu une fierté nationale et l’un des plus importants sanctuaires catholiques d’Afrique et du monde.

    La construction de la basilique de Yamoussoukro a duré cinq ans et a coûté 300 millions de dollars.

    Mosquée de Nizamiye, Côte d’Ivoire

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    Situé à Johannesburg, en Afrique du Sud, Nizamiye est considéré comme le plus grand complexe de mosquées de l’hémisphère sud. Ce centre religieux a été construit par l’homme d’affaires et philanthrope turc, Ali Katircioglu en 2012. Nizamiye est façonné d’après la mosquée Selimiye du 16e siècle en Turquie, un bâtiment qui présente un design ottoman spectaculaire.

    La mosquée possède 21 dômes, dont le principal est encadré par quatre minarets imposants. Plus de 200 vitraux ornent le bâtiment. L’intérieur est un spectacle à couper le souffle, avec des motifs complexes peints à la main.

    Le complexe comprend des installations communautaires telles qu’une école qui accueille 800 élèves, une clinique, des salles de conférence, des magasins, une boulangerie, une librairie et un restaurant.

    La Synagogue Ben Ezra, Égypte

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    L’Égypte abritait autrefois une communauté juive florissante de plus de 100 000 membres. Suite à leur exode massif vers Israël après 1948, les chiffres ont diminué à moins de 50.000. Mais, les rappels physiques de la riche histoire juive du pays nord-africain demeurent. Le pays est parsemé de synagogues qui attestent de son passé juif. L’une de ces maisons de culte est la 9e synagogue Ben Ezra, à l’origine, une église chrétienne au 9e siècle.

    Située au Caire, la synagogue serait construite à l’endroit où la fille du pharaon aurait trouvé Moïse dans les roseaux. Le bâtiment a été rénové de nombreuses fois au cours des siècles. Au 12e siècle, il a été restauré par Abraham Ben Ezra, rabbin de Jérusalem. En 1890, un trésor de documents historiques a été découvert dans la synagogue, révélant l’histoire de la communauté juive d’Afrique du Nord.

    Église de Saint George, Éthiopie

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    La ville de Lalibela, en Éthiopie, est connue pour ses extraordinaires églises creusées dans le roc. Créées entre les XIIe et XIIIe siècles, les onze églises médiévales ont été taillées dans un tuf volcanique, chacune étant littéralement taillée dans la pierre, avec le toit au niveau du sol. Les églises témoignent du niveau suprême de l’architecture ancienne de l’Éthiopie.

    Le plus beau de ces sites chrétiens est l’église de Saint-Georges, à environ 12 mètres de haut. Il possède un toit en forme de croix, trois portes, un intérieur décoré avec des peintures murales et des sculptures remarquablement réalisées, ainsi que plusieurs fenêtres en forme d’arc. Certaines de ces fenêtres présentent des motifs croisés. L’église a été construite par le roi Gebre Mesqel Lalibela, qui a régné de 1181 à 1221.

    Monastère de Saint Antoine, Égypte

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    C’est en Égypte que se trouve le monastère le plus ancien du monde: le monastère de Saint Antoine. Plantée au fond des montagnes de la mer Rouge, l’église remonte au 4e siècle.

    Le monastère a été fondé par les disciples de Saint Antoine, le premier moine chrétien. À l’âge de 34 ans, Anthony a choisi de consacrer sa vie à Dieu et a commencé à vivre une vie d’ascèse. Il a donné sa richesse et ses possessions aux pauvres et s’est retiré dans le désert où il vivait dans la solitude comme un ermite. Après environ neuf ans de réclusion, le saint est sorti de sa retraite. En 313, quand la persécution chrétienne a pris fin, il a déménagé dans une grotte dans une montagne dans le désert oriental, où le monastère de Saint-Antoine a été établi.

    Au fil des années, le monastère a été agrandi. Aujourd’hui, les parties principales comprennent l’église de Saint-Antoine, l’église des Apôtres, l’église de la Vierge, la nouvelle église, le fort et une maison d’hôtes. Il y a aussi une bibliothèque, qui abrite un immense ensemble de manuscrits, et un musée qui raconte l’histoire du site.

    Mosquée Jummah Masjid, Maurice

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    Il y a plus à Maurice que des plages, des lagunes et des récifs magnifiques. L’un des édifices religieux les plus importants de l’île de l’océan Indien est la mosquée Jummah Masjid, incontournable dans la capitale Port-Louis.

    Anciennement connu comme la mosquée des Arabes, l’édifice a été construit dans les années 1850, combinant l’architecture indienne, créole et islamique. Comme la population musulmane a grandi à Port-Louis, une plus grande mosquée était nécessaire. Ainsi, en 1857, plus de terres ont été achetées par les marchands musulmans, ce qui a conduit à l’expansion de la mosquée Jummah Masjid.

  • Cote d’Ivoire: Narcisse Aman, plus de 30 hectares de banane plantain!

    Cote d’Ivoire: Narcisse Aman, plus de 30 hectares de banane plantain!

    Après des années études universitaires et une courte vie professionnelle, il a préféré se lancer dans ses propres activités. Narcisse Aman est un entrepreneur agricole ivoirien. Depuis bientôt trois ans, il est pépiniériste de banane plantain dans son pays dans la sous-préfecture d’Arrah. Diplômé de l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, Narcisse Aman est ingénieur des techniques agricoles. La trentaine, cet ancien employé d’une société agro-industrielle construit désormais sa propre histoire de réussite.

    Le début de son initiative privée, Narcisse Aman le doit d’abord à sa volonté d’entreprendre. Mais l’entrepreneur a aussi compté sur le programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAO/WAAPP) lancé en Côte d’Ivoire. Il a bénéficié d’une formation sur la « Technique de Plant Issus de Fragments de Tige (PIF) ». « Après la formation, j’ai commencé avec 3 germoirs pour une production de 25 000 plants. La première année a été difficile vu que je n’avais pas d’importantes ressources financières », explique-t-il.

    Depuis, Narcisse Aman contribue à la mise en place « dispositif formel de production et distribution de matériel végétal de banane plantain ». C’est surtout un pépiniériste qui arrive à écouler ses produits grâce à des soutiens. Ses plans de banane plantain sont commercialisés grâce au contrat de partenariat entre le réseau des pépiniéristes de banane plantain et le Conseil du Café-Cacao. En trois ans, l’Ivoirien a même créé son entreprise dénommée « CANAAN Agriculture » qui emploie près de vingt personnes.

    CANAAN Agriculture produit de plants de bananes plantain sur une trentaine d’hectares. L’entreprise œuvre également dans la création et la gestion des plantations. Narcisse Aman ajoute que CANAAN Agriculture forme aussi aux métiers agricoles grâce à une collaboration avec une école régionale.

  • Fintech: le Togolais Edem Adjamagbo pose des jalons

    Fintech: le Togolais Edem Adjamagbo pose des jalons

    Créée en 2017, cette société s’est spécialisée dans la fabrication des bornes électroniques multiservices destinées à la vente sur les marchés d’Afrique subsaharienne. Semoa veut également s’imposer dans le payement mobile.

    À la tête de Semoa (Service mobile for Africa), Edem Adjamagbo. Ce Togolais s’est donné pour objectif, avec d’autres collaborateurs, de dématérialiser des moyens de paiement en Afrique subsaharienne. En réalité, la sous-région reste encore dominée par le payement comptant. « Seulement 23 % de la population dispose d’un compte en banque, et le taux de pénétration de la carte bancaire n’est aujourd’hui que de 7 % », explique Edem Adjamagbo.

    Pour ce diplômé en informatique à Polytech Nantes, en Afrique subsaharienne, « régler une facture d’électricité ou renouveler son crédit de téléphone mobile se fait généralement en espèces, avec souvent des files d’attente très longues aux guichets. Cette situation freine aussi considérablement le développement du e-commerce ». Autant dire que le marché est vaste et inoccupé.

    Différents services

    Comme solution, l’entreprise d’Edem Adjamagbo propose aux populations l’utilisation de téléphones mobiles. Il faut dire que le transfert mobile est déjà présent dans les pays de la sous-région. Mais Semoa compte installer dans des centres de commerce des bornes électroniques indoor sécurisées. Grâce à ces bornes, les populations vont bénéficier d’un système pouvant leur permettre de payer leur achat sur des sites e-commerce. Selon Edem Adjamagbo, ce système appelé « Cashpay » peut être déployé sur des sites de ventre en ligne.

    À travers ses bornes, Semoa gagnera une commission de 8 % sur les transactions effectuées par les utilisateurs. « Lorsqu’un internaute effectue une commande, il reçoit sur son portable un code qu’il peut ensuite rentrer sur nos bornes, avant de régler alors son achat par cash, au moyen du lecteur de billets », précise le responsable de Semoa. Avant d’ajouter que les populations peuvent aussi acheter des crédits de téléphonie mobile ou effectuer du transfert d’argent grâce aux bornes de Semoa.

    Installation

    Pour parvenir au lancement de cette « solution Semoa », Edem Adjamagbo et ses collaborateurs mobilisent des fonds. Ils ont déjà rassemblé près de 60 000 euros et comptent atteindre environ 1,5 million d’euros durant l’année. Ces fonds vont permettre à Semoa de recruter sept personnes à Nantes où l’entreprise est incubée par Village by CA du Crédit Agricole. Une douzaine de personnes devrait également être recrutée au Togo où Edem Adjamagbo souhaite pérenniser la fabrication et la maintenance des bornes, mais également le développement logiciel ».

    Semoa a remporté en janvier dernier à Casablanca le prix « Fintech Africa of the Year 2018 ». Avant le lancement de sa solution au Togo, l’entreprise a déployé dans le pays quelques terminaux pour le compte de quelques opérateurs. Jusqu’en 2020, Semoa ambitionne déployer plus de cent terminaux dans le pays. Année à laquelle Edem Adjamagbo compte lancer les services de son entreprise en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Le « PayPal de l’Afrique » devrait tout de même s’installer au Bénin un an avant.

  • Le Ghanéen Virgil Abloh nommé directeur artistique chez Louis Vuitton [Portrait]

    Le Ghanéen Virgil Abloh nommé directeur artistique chez Louis Vuitton [Portrait]

    Virgil Abloh, fondateur de la marque de haute surette Off-White et directeur artistique de longue date de l’artiste américian Kanye West, sera le prochain directeur artistique des vêtements pour hommes de Louis Vuitton, l’une des maisons européennes les plus anciennes et les plus puissantes du luxe.

    Virgil Abloh devient le premier directeur artistique afro-américain de Louis Vuitton et l’un des rares designers noirs au sommet d’une maison patrimoniale française.

    « Cette opportunité de réfléchir à ce que le prochain chapitre du design et du luxe signifiera pour une marque qui représente le summum du luxe a toujours été un objectif dans mes rêves les plus fous », a déclaré le designer, qui ajoute qu’il prévoit de déménager avec sa famille à Paris pour prendre le poste chez la plus grande marque de l’écurie LVMH.

    « Virgil est incroyablement bon pour créer des ponts entre le classique et les tendances », a déclaré Michael Burke, directeur général de Louis Vuitton. Les deux hommes se sont rencontrés il y a environ 12 ans lorsque M. Abloh a passé six mois à Fendi chez Kanye West, où M. Burke était alors le directeur général.

    Qui est Virgil Abloh ?

    Virgil Abloh est directeur créatif de Off-White et consultant pour Kanye West.

    A 37 ans, cet américain d’origine ghanéenne de première génération, élevé dans l’Illinois, est largement considéré comme l’un des grands acteurs de mode; un maître de l’utilisation de l’ironie, de la référence et du clin d’œil (plus la célébrité, la musique, le digital et le hype), pour recontextualiser le familier et lui donner une aura de monnaie culturelle.

    En dépit de l’absence d’éducation formelle à la mode, M. Abloh architecte de formation, a fondé Off-White, une référence à sa croyance selon laquelle les vieilles barrières tombent en panne. Une décennie après sa première rencontre avec M. West, Virgil Abloh est devenu son partenaire créatif.

    En 2015, Off-White était finaliste du prix LVMH Young Designers. M. Abloh sera le premier finaliste de LVMH à assumer un rôle majeur dans la conception d’une marque LVMH. L’année dernière, M. Abloh a reçu le prix Urban Luxe lors des British Fashion Awards.

    Champion de la collaboration croisée, M. Abloh a travaillé avec des noms aussi variés que Nike, Jimmy Choo, Moncler et, avec un projet à venir, Ikea. Plus récemment, il a fait équipe avec Takashi Murakami, un collaborateur fréquent de Vuitton, pour un spectacle à la galerie Gagosian à Londres. «D’une certaine manière, tout mon travail a consisté à me convaincre d’assumer un rôle comme celui-ci», a déclaré M. Abloh.

    Il est vraisemblable que M. Abloh pourrait être l’homme qui rendra les vêtements pour hommes de Louis Vuitton plus pertinents pour la génération du millénaire.

    Abloh a également déclaré qu’il allait se concentrer sur la façon dont la marque communiquait avec ses consommateurs, notamment la sortie des produits, le défilé et la façon dont elle interagissait avec l’atmosphère politique mondiale.

    Certainement, Vuitton lui donnera une plateforme plus grande que celle qu’il a eue. Les vêtements pour hommes ne sont actuellement vendus que dans environ 150 des 450 magasins Vuitton dans le monde, bien que l’entreprise prévoie de les augmenter de 25 à 28 magasins. Il y a également 13 magasins pour ‘’hommes autonomes’’, et six autres sont prévus cette année, selon M. Burke.

    Bien que LVMH n’étale pas la performance spécifique de la marque, M. Burke a déclaré que le secteur des vêtements pour hommes avait connu une croissance à deux chiffres et «connu une excellente année 2017».

    Toutefois, M. Abloh va continuer à diriger Off-White. « Off-White, c’est 17 ans de moi-même, alors que Vuitton est pour la 37e année », at-il confié.

  • À la rencontre de Yemi Alade, l’épitomé du 4e art africain

    À la rencontre de Yemi Alade, l’épitomé du 4e art africain

    2017 a été une gloire pour la superstar nigériane Yemi Alade. D’une tournée mondiale à la sortie d’un nouvel album, l’année dernière n’a eu que de bonnes choses pour l’artiste de vingt-neuf ans, pourtant découverte il y a juste quelques années.

    Entre ses nombreuses réussites sur les scènes et sur YouTube, tourner sa nouvelle vidéo musicale et participer à la production de la version nigériane de l’émission de télé à succès The Voice, Yemi Eberechi Alade traverse une période d’apogée.

    Tant d’opportunités incroyables sont arrivées à la Nigériane de moins de 30 ans, si bien que selon elle, les énumérer est une tâche en soi. « J’ai fait ma toute première tournée [internationale] l’année dernière. Ce fut définitivement un énorme point de repère pour moi », commence-t-elle.

    2017 de succès

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    En avril dernier, Yemi était devenue la première artiste africaine à se produire sur la scène de Le Trianon à Paris, devant un public francophone que ses compatriotes comme P-Square ou encore Wizkid semblent zapper. Suite à cela, Yemi Aladé a travaillé avec cinq autres artistes internationaux sur l’initiative Gravity Light de Shell, comme  Jennifer Hudson et Steve Aoki (États-Unis), Luan Santana (Brésil), Pixie Lott (Royaume-Uni), Tan WeiWei (Chine). Un projet qui a sans doute élargi son attrait international.

    En 2017 également, Yemi était l’artiste choisie pour représenter l’Afrique dans une campagne vue par des millions de personnes à travers le monde. « C’était un énorme projet », se souvient-elle. «L’idée était de rejoindre les gens qui ont des idées innovantes sur la façon de fournir une énergie verte, propre et durable sans aucune substance toxique. J’étais très excitée de faire partie de celui-là », confie-t-elle.

    «L’année dernière, j’ai été la femme africaine la plus regardée en ligne», confie Yemi avec enthousiasme. Actuellement, elle a plus de 87 millions de vues pour Johnny, beaucoup plus 6 millions que la vidéo la plus regardée qui soit pour Personally de P Square.

    Le portfolio Eberechi

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    En effet, l’ascension de Yemi a été progressive. Après avoir remporté un spectacle de talent dans son pays natal en 2009, elle a publié un certain nombre de chansons, qui ont connu un succès modéré.  C’était sa vie d’avant 2013, année où elle sort le tube à succès Johnny.

    Johnny, c’est le meilleur titre, le plus joué en une année dans plus de 5 pays africains. Sa formule gagnante est un mélange d’Afro-pop, avec un soupçon d’âme, une « High Life » et tout ce qui va avec.

    De ses vidéos à son sens du style, Yemi est fièrement africaine. Même ses paroles dépeignent habituellement des dialogues quotidiens qui ont lieu en Afrique. Là où la plupart des artistes africains ont choisi de tourner leurs clips musicaux à l’étranger pour le rendre plus attrayant pour un public plus diversifié, Yemi a été une véritable championne du made in Africa, choisissant de tourner ses vidéos principalement dans un contexte autochtone. C’est une formule qui lui a bien servi. Aujourd’hui, elle est considérée comme l’un des artistes africains les plus authentiques sur la scène. « Se produire à Lagos, c’est une atmosphère différente que de se produire à New York », dit-elle.

    Après ces moments, Yemi se rappelle souvent aussi du tournage de la vidéo Tumbum de son album Mama Africa. Intéressant, amusant, excitant… Les adjectifs pour qualifier ce moment ne souffrent d’aucune incompréhension. Et il y a en réalité plus de raisons d’être excité. Après la sortie de l’album Mama Africa (sorti en 6 langues, dont le portugais, le swahili et le français), sa chanson Tumbum accompagnera Rihanna et Katy Perry dans le jeu Just Dance…

    Black Magic, le dernier bébé

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    À vouloir mieux comprendre son dernier album Black Magic, Yemi commence d’abord un peu tout flou. « C’est la version intrépide de quiconque », dit-elle. « La magie est la manifestation de l’incroyable. J’ai mis du noir devant ce mot, parce qu’il a été utilisé si négativement. Le mot noir ne signifie pas toujours quelque chose de gentil. Mais je vois tellement de beauté en noir. Black Magic est un potentiel brut et non coupé » détaille la superstar.

    Cet album, son auteure le veut comme un lien entre elle et mes fans. « J’ai mis tellement d’émotions là-dedans; ma douleur, ma lutte et ma réalité. J’ai essayé de peindre un reflet de chaque émotion que je ressentais à chaque chanson. Vous ne pouvez pas dire non à la bonne musique. C’est exactement ce que cet album est. C’est bon pour l’âme et pour le corps, » conseille la Nigériane.

    Yemi Alade considère sa mère comme l’une de ses plus grandes sources d’inspiration, même si elle prend pour modèle l’Américaine Beyonce.

    Mais avec une si haute préséance déjà établie, qu’apportera une autre année ? « J’espère vraiment être en vie », lâche-t-elle. « J’espère que les chansons de mon album seront les meilleures. J’aimerais l’opportunité d’explorer d’autres genres musicaux. Je fais toujours de mon mieux pour traduire et inclure les stimuli que je reçois de mon environnement dans ma musique. Je veux faire plus d’efforts pour m’assurer que cette représentation n’est pas perdue. En fin de compte, je veux aussi être plus impliquée dans les organismes de bienfaisance » confie Yemi qui ne compte pas se contenter que des succès que l’année écoulée lui a présentés. « Je prie aussi pour avoir plus d’entreprises. J’aimerais travailler sur de super collaborations internationales et être plus haut que ce que je suis en ce moment », conclut-elle.

  • Nigeria: il quitte son métier de banquier pour servir les enfants défavorisés

    Nigeria: il quitte son métier de banquier pour servir les enfants défavorisés

    Pour le jeune entrepreneur nigérian Otto Orondaam, donner aux enfants une bonne éducation vaut plus que de gagner des millions.

    L’histoire de Orondaam Otto est celle d’un jeune nigérian promis à un destin fort opulent, qui a finalement renoncé à être un médecin et un banquier pour suivre son cœur. « J’allais devenir médecin, mais à un moment donné, je me suis rendu compte que ce n’était pas seulement par la médecine que l’on pouvait avoir un impact sur la société », confie M. Orondaam.

    L’entrepreneur social âgé de 30 ans est le fondateur de Slum2School Africa, une initiative sociale qui fournit des services d’éducation et de santé aux enfants défavorisés. « J’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de problèmes qui nous affectaient. Je ne me sentais pas à l’aise de voir et de me plaindre de ces réalités sans rien y faire », dit-il.

    De la banque aux rues nigérianes

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    Après avoir obtenu son premier diplôme en anatomie humaine à l’Université de Port Harcourt au Nigeria, Otto Orondaam a poursuivi avec une maîtrise en gestion de projet du SCFP, au Royaume-Uni. Il a également obtenu un certificat en changement social, innovation et entrepreneuriat social de l’Université pour la paix, mandatée par les Nations Unies, au Costa Rica. Mais, c’est en travaillant dans une grande institution financière qu’Otto a découvert son amour pour l’entrepreneuriat social.

    « J’avais regardé un documentaire sur la BBC intitulé » Welcome to Lagos « et il représentait le Nigeria d’une manière négative, ce qui me faisait tellement mal. Je me suis demandé : “Pourquoi la BBC ferait-elle un documentaire sur Lagos et le seul endroit qui leur convenait était un bidonville à Makoko ?” se demande Otto.

    Mais c’est en se rendant dans cette localité que le Nigérian se rend à l’évidence des difficultés dans cette zone. “J’ai vu des élèves sans vêtements et la plupart des enfants n’allaient pas à l’école et c’était une journée d’école”, décrit-il.

    En effet, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Nigéria compte environ 10,5 millions d’enfants non scolarisés, soit le nombre le plus élevé au monde. Le pays compte également 71 % de la population qui vit avec moins d’un dollar par jour. Otto savait qu’il devait prendre des mesures drastiques.

    L’entrepreneur décide alors de démissionner de son travail et de prendre ce fléau à bras le corps. Depuis, il a travaillé avec plus de 3000 jeunes dans plus de 25 pays et a pu fournir des bourses d’études à 650 jeunes et plusieurs autres programmes de soutien médical et psychosocial à plus de 4000 élèves.

    L’année dernière, la startup a lancé une campagne de collecte de fonds, le #1000Dreams, afin de soutenir les enfants déjà inscrits pour les garder à l’école et veiller à ce qu’ils reçoivent une éducation de bonne qualité. L’objectif poursuivi est de scolariser chaque année environ 1000 élèves.

    Slum2School a commencé avec 118 enfants dans sa première année, soutenue avec des économies propres de l’initiateur du projet.

    Depuis le lancement de Slum2School Africa en 2012, l’organisation a remporté plus de 15 prix nationaux pour ses stratégies novatrices, son orientation vers le développement communautaire, son style de leadership, sa motivation pour les jeunes et son impact social.  Slum2School a aussi obtenu environ 5 000 bénévoles.

    L’initiative a déjà valu à Otto d’être reconnu par l’ancien gouverneur de l’État de Lagos, Babatunde Fashola, comme le membre le plus remarquable du corps de l’État de Lagos pour l’impact social créé dans l’État en 2011/2012.

    Toutefois, l’entrepreneur ne veut pas encore appeler cela un succès. « Le succès pour moi n’est pas une destination, mais le voyage lui-même. Cela fait que la vie de quelqu’un d’autre vaut la peine d’être vécue tous les jours », soutient-il.