Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Togo: 12.300 ménages ruraux seront électrifiés à partir de 2018      

    Togo: 12.300 ménages ruraux seront électrifiés à partir de 2018    

    Le pays a inauguré le 10 novembre dernier une centrale solaire photovoltaïque pour renforcer l’éclairage public dans des zones rurales sur le territoire. Cela permet aussi au pays d’accroître sa capacité énergétique.

    La nouvelle centrale solaire s’inscrit dans le développement des énergies renouvelables dans le pays. Le Togo compte améliorer son efficacité énergétique à travers le Programme régional de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (PRODERE). Plus de 2 milliards ont été consacrés par l’État dans l’électrification de 22 localités par un système solaire photovoltaïque.

    Une vingtaine de mini systèmes d’adductions d’eau potable ont été également installés dans trois régions du pays. La centrale photovoltaïque inaugurée début novembre à Bavou dans la préfecture de l’Ogou va permettre de desservir plusieurs zones rurales. La centrale dispose d’une capacité de 150 KWc avec un réseau de distribution de basse tension de 5 km. À Bavou près de 65 lampadaires d’éclairage public et des compteurs de branchements ont été installés. Les populations vont ainsi avoir accès à l’électricité grâce à une énergie renouvelable.

    D’autres centrales seront aussi implémentées dans trois autres localités du pays. À Takpapiéni dans la préfecture de l’Oti, une centrale solaire photovoltaïque de 100 KWc avec un réseau de distribution basse tension de 8 Km sera construite. Les populations bénéficieront de près de 80 lampadaires d’éclairage public et des compteurs de branchements. Par contre, c’est une centrale de 100 KWc avec un réseau de distribution de 3 km qui sera implémentée à Koutoum dans la préfecture de Bassar. « 38 lampadaires d’éclairage public et des compteurs de branchements des clients seront mis à la disposition des populations », confie une source du ministère des Mines et de l’Énergie.

    Électrifier 12 300 ménages

    L’État prévoit aussi installer une centrale de 250 KWc à Assoukoko dans la préfecture de Blitta. L’ouvrage qui aura un réseau de distribution de basse tension couvrira plus de 8 Km. 115 lampadaires d’éclairage public seront mis à la disposition de la population. Par ailleurs, trois mini adductions d’eau potable de capacité 20 min 3 s chacune devront également être construites dans la localité. Grâce au PRODERE le Togo s’assure « d’augmenter le taux d’accès à l’électricité dans les zones rurales », selon Abli Bidamon, ministre des Mines et de l’Énergie.

    Pour disposer d’une grande capacité énergétique, le pays devra redoubler d’effort. À ce jour les efforts d’électrification restent faibles. Cela, même si le taux d’électrification est passé de 18 % à 30 % en dix ans. En milieu rural, le taux d’électrification est passé de 2 % à 6 % sur la même période. L’État compte malgré tout mettre de l’électricité à la disposition de 12 300 ménages ruraux à partir de 2018. Ce sera grâce à des centrales photovoltaïques à base du solaire, rappelle Abli Bidamon.

  • Pornographie en Afrique, silence ça tourne! [Enquête]

    Pornographie en Afrique, silence ça tourne! [Enquête]

    S’appeler acteur de la pornographie en Afrique, pratique qui, cela va de soi, rebute la morale, n’est pas chose aisée. Le sexe en général d’ailleurs reste un sujet interdit. Une omerta.

    Phase de croisière : la pornographie, contre vents et marée, se démocratise en Afrique. Le marché d’écoulement des produits X reste charitablement spacieux. A Dakar, c’est la mise en ligne d’un site web, censé faire la promotion des films X made in Sénégal qui a suscité le courroux auprès des évangélistes de la morale. A Lagos ou à Abuja, ces genres d’entreprises ne font plus l’apanage d’une tranche de personnes dévouées, conscientes du risque et de la menace socioculturelle qu’ils encourent, et qui l’assument comme une tendance « fiers d’être ».

    En Afrique, la pornographie se fait dans tous les coins, à l’aide de quelques moyens fort peu onéreux. Douala, Kinshasa, Brazza, Abidjan, Accra, Johannesburg… on ne le dira jamais assez. Aussi longtemps qu’il est improbable d’arriver à une société sans prostitution, il est difficile de combattre la pornographie.

    Entre ces deux mondes, existe juste une passerelle. Les choses sont peut-être liées au développement. Pour Amély-James Koh qui milite contre la prostitution, « le secteur de la pornographie est en « développement constant » sur le continent. C’est aussi le cas à l’international où l’on remarque de plus en plus de noirs dans « les produits X ». Cela « répond à un culte du corps noir, à un désir d’exotisme », explique Amély-James Koh. Comme quoi, la perle est nègre, la prééminence est hellène. On n’est pas loin d’une Porn Valley en Afrique.

    Industrie pornographique en Afrique : la success story

    « Il existe une industrie de production pornographique en Afrique. Mais c’est difficile de quantifier avec précision ses succès », confie un chercheur sud-africain auteur d’un livre à paraître sur la question. « La pratique reste encore souterraine. La plupart de ses barrons sont inconnus », poursuit-il.

    Sur Internet, plus de 35% des téléchargements effectués contiennent de la pornographie. Les sites pour adultes occupent 4,41 % de l’ensemble des visites mondiales, et les plus importants comptabilisent jusqu’à 4,4 milliards de pages vues par mois. En Afrique, « il existe à Douala et Abidjan des jeunes femmes qui suivent des leçons pour découvrir les différentes techniques du porno. Et naturellement, les « instructeurs » n’hésitent pas à donner des cours pratiques aux femmes tout en évaluant les capacités des hommes qui veulent être ‘hardeurs’ », témoigne Koh Bela. Une étude menée par le site TheNextWeb.com a révélé le classement des pays ayant le plus de sites pornos hébergés sur leur territoire. Ce classement dévoile en deuxième position, un pays africain : l’Egypte, un pays malgré tout, très conservateur. Mais l’Afrique du Sud reste un leader sur le continent. L’industrie du sexe représenterait dans le pays près de 60 millions de rands.

    Il y a également le Nigéria et d’autres pays comme le Cameroun qui sont des pôles de production de films X. Pornographie C’est ainsi que le Nigéria qui abrite l’une des plus importantes industries cinématographiques de la planète a décidé d’exporter des vidéos et d’élaborer différents types de contenus. Ces contenus « sont diffusés en ligne sur divers portails Web », affirme Philippe Di Folco. Ce dernier, auteur du célèbre « Dictionnaire de la Pornographie », confirme que « la demande est forte chez les classes moyennes supérieures et inférieures qui se sont équipées en matériel vidéo ».

    Pour évoluer, l’industrie de la pornographie tente de résister et de contourner les piratages vidéos et la législation. La production ou la diffusion de pornographie étant interdites dans plusieurs pays, les équipes rusent. Elles dissimulent leurs réelles intentions pour décrocher des autorisations de tournage, procédé machinal au Maroc, destination prisée, ou elles font jouer leur réseau d’influence.

    Le co-fondateur du réseau pour adultes Sondeza, Tau Morena, a révélé que l’industrie du sexe représente un volume de 6,1 millions d’euros, des chiffres qui restent encore néanmoins à vérifier. Selon toujours ses données, l’Afrique du Sud en 1990 écoulait environ un million de productions chaque année contre actuellement 150.000 en moyenne. Loin de parler d’un désintérêt des consommateurs, cette situation s’explique plutôt par une révolution numérique forte en Afrique.

    La pornographie est délocalisée des CD traditionnels, exposés à des risques de censures, vers le web où le contrôle est difficile, et où la pudeur et la morale sont (dorénavant) foulées au pied.

    Devenir un(e) pornographe n’est plus soumis en Afrique à un exercice de casting. Un smartphone et une connexion internet, suffisent pour attirer beaucoup de consommateurs sur un ébat sexuel nouvellement mis en ligne. De l’autre côté, la consommation devient plus facile. Pas la peine de débourser une somme (souvent comprise entre 500 F CFA et 6.000 F CFA) pour s’offrir un CD. Geste mal en vue d’ailleurs…

    Faire ou ne pas faire : en Afrique, que disent les lois ?

    La pornographie est de plus en plus présente dans le quotidien des Africains grâce au web et les chaines de télévision aussi étrangères que locales. Cependant les lois de certains pays ne l’autorisent pas.

    Un grand nombre de pays réglementent strictement la liberté de publication des œuvres pornographiques en contrôlant l’âge minimum, les lieux d’accès ou le type d’images qui peuvent être représentées. Au Nigeria, les autorités de Lagos ont fini par demander aux parents de surveiller strictement leurs enfants.

    Dans la même veine, le Sénégal a adopté en 2007 une loi portant sur la Cybercriminalité. Un accent particulier est mis sur la pornographie infantile, définie selon cette loi comme « toute donnée quelle qu’en soit la nature ou la forme représentant de manière visuelle un mineur se livrant à un agissement sexuellement explicite ou des images réalistes représentant un mineur se livrant à un comportement sexuellement explicite ». La constitution prévoit d’ailleurs une peine d’emprisonnement de cinq (5) à dix (10) ans et d’une amende de 5.000.000 à 15.000.000 de francs CFA

    Au Togo, même son de cloche. Le pays n’est pas encore comme un grand producteur cinématographique, encore moins des films X. La pornographie rentre dans les infractions de proxénétisme et des actes contre nature. Elle est donc punie. La peine peut être un emprisonnement de 3 ans à perpétuité.  En Ouganda, autre nouveau pôle émergent de cette « activité illégale », une loi adoptée en 2014 prévoit une peine pour les pratiquants. D’ailleurs, les autorités y vont jusqu’à interdire d’ailleurs les mini-jupes jugées comme… « signe annonciateur ». Le Soudan du Sud, pays caractérisé par une instabilité politique, prévoit dans son code pénal trois ans de prison.

    Selon un jeune pornographe béninois, la pornographie en Afrique « favorise l’émancipation de la communauté noire ». Peut-être pas faux. Selon Koh Bela « en Côte d’Ivoire, au Cameroun… les acteurs pornos sont adulés et présentés comme des modèles de réussite pour la jeunesse, qui ne se fait pas prier en cas de sollicitation ». On l’ignore peut-être, être pornographe en Afrique, c’est aussi entreprendre. Mais demandez aux défenseurs de la morale, ils vous diront naturellement le contraire : la pornographie est autant ignoble vis-à-vis de la religion que de l’éthique.

  • Afrique: le juteux business des ‘coaches motivateurs’ [Enquête]

    Afrique: le juteux business des ‘coaches motivateurs’ [Enquête]

    La présence de nombreux experts en développement personnel n’enchante pas toujours sur le continent. Les nouveaux maîtres du « potentiel et de l’optimisme » tentent malgré tout de convaincre leurs clients.

    Dans la sous-région ouest-africaine, le coaching a le vent en poupe. Les séminaires de formations en développement abondent. Et sur les médias des spécialistes en développement personnel tentent de faire adhérer un auditoire à leur « discours plein d’optimisme ». Au Togo et au Bénin, d’autres spécialistes ont choisi de sillonner des sociétés privées du Togo pour proposer ses formations aux responsables. « Réussir dans ses entreprises », « comment avoir confiance en soi », « comment créer son entreprise à partir de 0 F ».

    Les thèmes de formation sont légion. Et pour les formateurs, « tout individu a besoin d’un développement personnel ». Parmi eux, certains sont critiqués et il arrive que leurs propositions de formation soient refusées. « Y en a qui ne nous croient pas. Ils pensent que nous vendons de l’illusion », explique l’un d’entre eux. Mais pour ceux qui sont convaincants, ils animent des formations qui coûtent plus de 2000 FCFA. C’est le cas de Dodji Agbeko, expert en développement personnel, qui forme plus de vingt fonctionnaires au Bénin. Ces formations, il les « facture à 40 000 FCFA ».

    Le coaching pèse aujourd’hui de tout son poids. Il constitue une ouverture pour chaque personne qui se voit « bloqué dans son élan », justifie Dodji Agbeko. Pour une pratique qui rentre peu à peu dans les habitudes africaines, beaucoup s’interrogent sur ses réels impacts. Patrick Armand Pognon, président mondial des Ambassadeurs du développement — Président de l’Autorité du Coaching Africain, explique qu’il y a en tout être humain des talents qui sommeillent et qui peuvent être réveillés grâce au coaching. Pour lui, on peut « Passer de chercheur d’emploi au statut de chef d’entreprise en 6 mois ».

    Illusion

    Les nombreuses critiques sur le coaching indiquent que les habituelles formations s’apparentent à des séances où l’on bassine les oreilles des participants avec « les mêmes phrases ». « Il m’était impossible de suivre la dynamique. Au bout de trois jours, j’ai dû arrêter », nous confie, Gérard, diplômé sans emploi pour qui la plupart des séances de coaching s’apparente à de l’arnaque. « Nous étions 15 pour une formation de 5 jours qui coûtait 100 000 FCFA. Le coach ne faisait que nous répéter les mêmes choses. Croire en soi, persévérer, prononcer régulièrement certaines phrases. C’était décevant ».

    Des études ont aussi été menées sur la question. La sociologue Hélène Stevens explique que les techniques utilisées par les différents coaches sont un mélange de pratiques qui découlent de la programmation neurolinguistique ou de l’hypnose. Utilisées par les coaches pour décrypter les personnalités, pour améliorer les performances en négociation et pour développer la cohésion d’équipe, ces techniques ne garantissent pas un succès pour les personnes formées. D’où la question du coût parfois exorbitant de ces formations. « J’avais compris que malgré la somme payée, la garantie d’un bon résultat à la fin de ma formation n’était pas une chose acquise », explique Gérard. Le psychanalyste Roland Gori indique pour sa part que le coaching puise parfois dans les neurosciences pour expliquer les comportements, les motivations, les émotions. Ce qui peut aggraver les risques de mauvaises interprétations ».

    Aubaine

    Même si la pratique essuie des critiques, elle a malgré tout convaincu d’autres personnes. C’est le cas d’un jeune entrepreneur togolais qui se dit content des formations auxquelles il participe. « Mon coach m’a aidé à découvrir mes talents », résume-t-il. Avant d’ajouter que l’idée de se lancer dans l’entrepreneuriat lui est venue au cours d’une des formations. « Le coaching est la clé de plusieurs portes.

    Tout le monde a besoin d’être coaché à un moment donné », argumente Patrick Armand Pognon tout en citant en exemple la plupart de ses clients qui ont réussi grâce à ses formations. Sur les questions d’arnaque, un de ses collègues togolais, expert en développement personnel fait court. « Tous les coaches ne font pas de l’arnaque. Il y a des gens qui prétendent être coach et qui sont mal intentionnés », reconnait-il tout en lâchant : « les vrais coachs cherchent le bien de leur client. Nous formons entre nous un grand regroupement et nous obéissons à des règles pour éviter des abus ».

     

  • Tina Kunakey: l’icône togolaise qui a foulé le tapis rouge de Cannes

    Tina Kunakey: l’icône togolaise qui a foulé le tapis rouge de Cannes

    La vingtaine dépassée, l’Italienne d’origine togolaise, connait une grande carrière professionnelle dans le monde du mannequinat.

    Malgré son jeune âge, Tina Kunakey est convoitée par plusieurs agences de mannequins. Née à Toulouse d’un père d’origine togolaise et d’une mère italienne, celle qui s’est très tôt installée à Madrid pour des études au lycée français de la capitale espagnole s’habitue depuis ses 15 ans à la vie de stars. Polyglotte, Tina Kunakey parle bien l’anglais, le français, l’espagnol et maîtrise un peu l’italien.

    En France où elle est née et a vécu quelques années à Toulouse et Biarritz, la Togolaise d’origine s’est fait remarquer à travers des apparitions dans le clip de la chanson Danjé du rappeur français Kalash et celui de la chanson Belinda de Mat Pokora.

    Vie de stars

    Tina Kunakey vit à Londres et est mannequin dans une agence espagnole. Très suivie sur les réseaux sociaux, la mannequin compte plus de 70 000 followers sur son compte Instagram. Celle qui est déjà apparue dans « Vogue Italie » ne cache pas son admiration pour d’autres femmes plus connues. « J’aime Irina Shayk, Cindy Bruna, Joan Smalls, et Bella Hadid ».

    Tournant remarquable dans sa vie depuis 2016, sa relation avec l’acteur et réalisateur français Vincent Cassel. Ce dernier plus âgé qu’elle de 30 ans a officialisé leur histoire d’amour en s’affichant avec elle sur le tapis rouge lors du défilé Victoria’s Secret en novembre 2016. Une union avec le célèbre acteur français dans laquelle le mannequin de Mad Model Mana­ge­ment et SUPA Model Mana­ge­ment confie être heureuse. L’Italo-Togolaise a encore une longue carrière devant elle.

  • Banque en Afrique: les grandes tendances de l’année 2017

    Banque en Afrique: les grandes tendances de l’année 2017

    L’Afrique est devenue en quelques années, la terre des grandes affaires, et dans la mêlée les banques s’y sont invitées. Le domaine de la bancarisation en Afrique présente pour autant un double visage.

    Mieux vaut établir le contraste en même temps : on a beau chercher dans les classements des plus grandes banques de la planète, l’évidence s’impose : aucun établissement africain ne fait partie du Top 100 mondial. Pas même les poids lourds sud-africains que sont Standard Bank, Barclays Africa et FirstRand.

    Cependant, en termes de profitabilité, les banques africaines s’en sortent la tête haute. En Afrique, selon le magazine Forbes, des ratios-bénéfices sur fonds propres supérieurs à 20 % ne sont pas rares. Des marges à faire saliver tous les dirigeants de banque d’Amérique du Nord et d’Europe. Les établissements financiers parvenant à dégager 10 % de retour sur capital restent l’exception plus que la norme.

    Si l’Afrique n’a pas de très grandes banques, les quelques-unes qui s’appliquent ont retour sur investissement.

    Pile et Face

    En dépit d’une détérioration très marquée de l’économie de ses fers de lance (Nigéria, l’Afrique du Sud, Maroc) le secteur bancaire africain tient bon contre vents et marées. La valeur totale des 100 premières banques en Afrique, selon l’actuel classement de The Banker, a atteint 93,1 milliards de dollars, contre 99,4 milliards $ l’an dernier ; un chiffre déjà en baisse par rapport à celui de 2014.

    Une tendance qui résulte essentiellement des dévaluations dans de nombreux pays africains. De nombreuses banques africaines ont souffert de la fluctuation des devises au cours des 18 derniers mois. Bien que leurs revenus et réserves aient augmenté dans leur monnaie nationale, leurs résultats se sont détériorés une fois exprimés en dollars.

    Un cas qui s’illustre également par le fait qu’il a fallu 177 millions $ de fonds propres à l’algérienne Arabe Banking Corporation pour se positionner au 100e rang l’an dernier, tandis qu’une autre banque Algérienne, la Housing Bank for Trade & Finance, s’est hissée cette année à la même position avec seulement 159 millions $.

    Suprématie sud-africaine et marocaine

    En effet, selon ce classement de The Banker, Standard Bank, avec 14,8 milliards $, s’offre la place de la première banque d’Afrique. Sa division sud-africaine à elle seule enregistre des fonds propres supérieurs à 5 milliards $, plus que toute autre banque d’Afrique. La part du résultat de Standard Bank généré ailleurs en Afrique continue de croître d’année en année : à 29 % au 1er semestre 2015, elle représente début 2017, 31 % de son résultat total.

    La société a prévenu des répercussions de l’incertitude économique : « Les pays d’Afrique subsaha­rienne qui dépendent de leurs exportations de pétrole et de matières premières continuent d’accuser les effets de la chute des prix provoquée par l’offre excédentaire et le déclin de la demande chinoise. Le rythme des réformes structu­relles, nécessaires pour promouvoir la diversification et la croissance économique, est lent. En outre, la sécheresse prolongée et étendue due au réchauffement climatique a porté préjudice à beaucoup de pays. »

    Toutefois, Standard Bank ne s’est pas montrée si pessimiste quant à la situation en Afrique du Sud, même si les difficultés du secteur minier et agricole associées au faible coût des matières premières et à la sécheresse persis­tante ont encore nui à l’économie en général cette année.

    FirstRand se maintient au deuxième rang du classement. Cette banque, avec des fonds propres de 4,9 milliards $, a annoncé qu’elle avait alloué 7,5 milliards de rands (537 millions $) à l’acquisi­tion de banques d’affaires et commerciales au Nigeria et au Kenya. FirstRand compte également étendre ses activités d’assurance pour les particuliers, notamment par le biais de FirstRand Life et sa participation dans MotoVantage.

    L’an dernier, la banque marocaine Attijariwafa avait enfin mis fin à la suprématie des quatre géants sud-afri­cains en tête du classement en s’octroyant la troisième place. Elle conserve ce rang cette année et est suivie d’une autre banque marocaine, Banque Centrale Populaire, reléguant Nedbank et Absa aux cinquième et sixième rangs.

    Cette banque marocaine qui appartient en partie à la famille royale marocaine a enregistré au 1er semestre 2016, une augmentation de 7,9 % de son résultat, qui se chiffre à 2,49 milliards de dirhams (260 millions $), soit un peu plus que les prévisions.

    Attijariwafa bank attribue cette augmentation à son expansion sur d’autres marchés africains et à la diminution des coûts associés aux prêts irrécouvrables accordés à des particuliers. Elle possède aujourd’hui 3 376 agences dans 23 pays, y compris au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Mali, en Mauritanie, au Sénégal et en Tunisie, et vient de racheter la filiale de Barclays Bank en Égypte, un marché en pleine expansion.

    En ce qui concerne Absa, filiale de Barclays Africa, son avenir demeure incertain. La société mère Barclays Plc a vendu une partie de sa participation dans Barclays Africa début mai, afin d’obtenir des liquidités et rembourser ses dettes ; elle détient à présent 50,1 % de la société. Une autre vente ferait d’elle un actionnaire minoritaire.

    Toutefois, Absa et Barclays ont depuis révélé qu’elles avaient engagé des discussions pour éventuellement créer ensemble une banque d’investissement.

    En outre, compte tenu de la taille de l’industrie des services financiers en Afrique du Sud, il paraît surprenant de voir que seules six banques de ce pays figurent parmi les 100 meilleures.

    Malgré les difficultés économiques qu’il connaît, le Nigeria compte six banques parmi les 20 premières places, plus que tout autre pays. Avec la notable exception de la panafricaine Ecobank International, dont le siège social se trouve au Togo, le Nigeria est le seul pays hors de l’Afrique du Sud et des pays d’Afrique du Nord à figurer dans le Top 20.

    Tendances géographiques

    La répartition géographique des 100 premières banques d’Afrique a évolué depuis l’an dernier. L’Afrique australe, avec 24 établissements, compte trois banques de moins au classement. L’Afrique de l’Ouest et centrale perdent de leurs côtés trois entrées.

    Néanmoins on remarque, la progression de l’Afrique de l’Est. La région a longtemps été sous-représentée par rapport à la taille de sa population, mais, depuis 2013, deux nouvelles banques entrent au classement chaque année. Dans ce nouveau classement, 16 banques y figurent. La valeur totale des banques d’Afrique de l’Est est passée de 4,1 milliards $ à 4,7 milliards $ cette année. C’est le Kenya qui domine dans cette région.

    Doté d’un secteur des services financiers sophistiqué, il compte aujourd’hui dix banques dans le Top 100. Seuls le Nigeria et l’Égypte font mieux. De fait, la montée de l’Afrique de l’Est isole encore davantage l’Afrique centrale. Et la région ne compte qu’une seule banque dans le classement, la Gabonaise BGFI Bank.

    L’Afrique du Nord et l’Afrique australe sont les mieux représentées dans le tableau. L’Afrique australe dominait l’an dernier avec un total de fonds propres de 38,7 milliards $ dans notre Top 100, contre 36,4 milliards $ pour l’Afrique du Nord. Bien que l’Afrique du Nord affiche aujourd’hui un total de seulement 33,3 milliards $, elle est toujours au coude-à-coude avec l’Afrique australe, à 36,2 milliards $.

    L’Afrique de l’Ouest, quant à elle, s’est bien maintenue. Ses fonds propres, à 18,8 milliards $ cette année, n’ont perdu que 600 millions $ depuis l’an dernier. Dans cette partie de l’Afrique, une banque fait figure de proue : Ecobank.

  • En Afrique, le gri-gri et le maraboutage ‘assurent’ encore le football

    En Afrique, le gri-gri et le maraboutage ‘assurent’ encore le football

    Il faut croire que le résultat final d’un match de football ne dépend pas toujours des vingt-deux acteurs sur la pelouse. Tout n’est pas que football et sur les stades africains on croit souvent à l’irrationnel.

    On ne badine pas avec la sorcellerie quand il s’agit du foot. Sur le continent, aux portes des vestiaires, on entend parfois des incantations, des mantras récités avec détermination et même des animaux sacrifiés la veille des rencontres fatidiques.

    À la dernière CAN, le Tunisien Ferjani Sassi n’a pas hésité à accuser le Sénégal de faire usage de la magie « boukhoukhou ». « Joueur j’avais toujours une chaine au cou. Les joueurs qui faisaient le pressing sur moi quand j’avais le ballon voyaient des serpents » témoigne de son côté Benjamin Diboué, footballeur camerounais.

    Des équipes nationales disposent d’ailleurs des marabouts pour « la préparation spirituelle ». La pratique est également récurrente au Sénégal où des marabouts peuvent selon les informations « changer le cours d’un match ».

    En 2002, pour s’être qualifié à la CAN et la Coupe du monde, le pays aurait ainsi dépensé près de 90 millions de FCFA pour des pratiques mystiques auprès des marabouts. Si toutes les conditions sont réunies « je peux décider du sort d’un match », s’enorgueillit l’un d’entre eux rencontré à Dakar. Avant de rappeler dans un éclat de rire : « C’est quand même chez nous que la France s’est préparée pour être championne du monde en 1998 ».

    Du talent et des sacrifices

    La pratique est restée dans les habitudes et reprise par la jeune génération. En finale de la dernière Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans, Ibrahim Ndiaye, attaquant sénégalais, a tenté de jeter un sort à ses adversaires zambiens en déposant dans le but adverse un gri-gri. Un comportement que n’ont pas apprécié les Zambiens. Le gri-gri sera finalement enlevé. Le Sénégal a d’ailleurs perdu 2-0. Dans d’autres pays comme le Bénin ou le Mali, l’on dénombre des marabouts ou des féticheurs fortunés.

    Leur travail consiste à « préparer » des équipes et des joueurs moyennant de grosses sommes. Au Nigéria, ils arrivent que deux marabouts se fassent une guerre spirituelle sur l’issue d’un match. Chacun ayant rassuré son équipe de « tout faire pour qu’elle gagne ». Mais la situation est différente au Congo où des joueurs de certains clubs sont parfois emmenés à laver leurs maillots dans « des liquidés offerts par des marabouts ».

    En Côte d’Ivoire, un ancien joueur de la ligue 1 n’a pu digérer un week-end une défaite contre une rivale historique. « Nous avons pourtant, affirme-t-il, fait tout ce que demandait le préparateur spirituel ». Même les plus grands joueurs du continent n’y échappent pas, notamment de récents ballons d’or africains. Parmi eux, Samuel Eto’o et Didier Drogba, serials buteurs avec leurs clubs et héros dans leurs pays respectifs. En dehors de leur talent, il leur faut « travailler et se préparer spirituellement ».

    Pour être meilleur, Didier Drogba sacrifierait ainsi des animaux. Prescription de son marabout. Eto’o de son côté travaillerait ses qualités naturelles par des préparations spéciales. Il a même été accusé par son ancien coéquipier Bernard Tchoutang d’avoir envoûté Joseph-Désiré Job pour prendre sa place de titulaire et finir meilleur buteur de la CAN 2000. Lui réfute cette accusation et affirme que sa « vraie magie reste le travail ».

    Gangrène pour le foot africain ?

    Au Togo, beaucoup ont tenté d’expliquer l’impressionnant parcours réalisé par Emmanuel Adebayor en 2005 durant les éliminatoires de la coupe du monde 2006. Ses buts inattendus, son passage dans les clubs du Premier League jusqu’à son arrivée au Real Madrid. « On ne réalise pas ce qu’il a fait en étant un homme simple. C’est quelqu’un qui se prépare », considère un de ses supporters. Quand en 2016 Emmanuel Adebayor sans club n’apparaît plus sur les terrains d’un championnat étranger, « l’histoire de son marabout est évoquée ». Le joueur togolais serait entré en brouille avec son directeur spirituel nommé Alpha Abrangao.

    C’est à ce dernier que revenait la tâche d’effectuer des sacrifices pour permettre à l’ancien joueur d’Arsenal de briller. Les bonnes performances des joueurs seraient donc liées à leurs amulettes et préparations ? « Parfois il n’y a rien. J’en connais qui restent profondément attachés à Dieu. Mais le public veut toujours trouver explication à tout », tempère un responsable de centre de formation de football à Lomé. Un but marqué, une célébration « bizarre », un coup franc envoyé en pleine lucarne dans les dernières minutes d’un match. Mais également des mimiques habituelles ou phrases marmonnées avant le début d’une rencontre. Qu’ils jouent ou qu’ils se blessent, les supporters tentent d’y voir une explication.

    Ce ne que ne réfute pas un ancien joueur béninois. « Quand on tape dans une balle et quand on ne vit que de ça, il vous faut être solide spirituellement », justifie-t-il. « Ce n’est pas quelque chose de mauvais », ajoute un de ces anciens coéquipiers togolais. Tous deux avouent avoir eu besoin d’un marabout dans leur courte carrière. « Il nous fallait des amulettes pour nous protéger. Tu as vite fait d’être poussé sur le banc par ton propre coéquipier. Pour une blessure inexplicable. Le foot va vite ». Pourtant, la forte présence du maraboutage sur le continent n’enchante pas Joseph-Antoine Bell.

    Pour l’ancien gardien camerounais, la pratique plombe les équipes africaines. « On ne compte plus que sur ça. La préparation psychologique est négligée », regrette-t-il. Si pour l’heure aucune disposition n’est prise pour mettre fin à la pratique les pays s’emploient à la combattre. La Fédération rwandaise a par exemple été obligée d’interdire officiellement la sorcellerie.

    Dépitée de constater sur les terrains certains comportements et des arbitres qui se voient obligés d’interrompre les matches pour « régler des problèmes de gri-gri ». Pour le secrétaire général de la fédération, « nous avons constaté que le simple fait de voir des gris-gris déstabilise les équipes et les joueurs adverses ».

    Des sanctions ont été mises en place pour tout usage de la magie. « Environ 115 euros d’amende pour les joueurs, et jusqu’à 3 380 euros pour les clubs ». Un exemple que d’autres pays du continent ne semblent pas être à suivre.

  • Le Ghana lance le premier permis de conduire électronique en Afrique de l’Ouest

    Le Ghana lance le premier permis de conduire électronique en Afrique de l’Ouest

    Resté longtemps l’apanage des pays occidentaux, le Ghana vient de lancer les permis de conduire numériques. Le pays devient ainsi le premier pays d’Afrique de l’Ouest à adopter cette technologie.

    L’Autorité ghanéenne en charge des immatriculations de véhicules et des permis de conduire (DVLA) a lancé mardi 7 novembre 2017, les permis de conduire électroniques, considérés comme l’un des plus sécurisés au monde. Le lancement a été effectué par le vice-président ghanéen Dr Mahamudu Bawumia.

    Le nouveau permis de conduire utilisera une technologie d’impression d’identité sécurisée qui peut être facilement intégrée à d’autres systèmes de la DVLA. La licence de pilote intelligent dispose d’une puce sans contact pour promouvoir un bon stockage des données biographiques et personnelles. Il utilisera également la technologie la plus récente pour l’impression sécurisée d’ID.

    Selon les responsables de la DVLA, la nouvelle carte électronique va accélérer l’acquisition de nouveaux permis de conduire. Il permettra aux demandeurs de l’obtenir dans les deux à quatre semaines suivant la demande.

    En outre, les nouveaux permis permettront à améliorer les revenus décroissants de la DVLA.

    L’adoption de ce nouveau permis fait partie des mesures du gouvernement ghanéen visant à supprimer les personnes intermédiaires communément appelés, « gorro boys » dans processus de délivrance de nouveaux permis de conduire.

    Ce nouveau processus aura également une incidence sur le processus d’immatriculation des véhicules. La demande et le traitement des dossiers s’effectueront en ligne, et le transfert de propriété des véhicules immatriculés dans une autre juridiction peut également être automatisé, ce qui élimine le besoin de rédiger des lettres de transfert.

    Il y a quelques mois, le GhanaCard…

    En septembre dernier, le président ghanéen Nana Akufo-Ado a lancé une nouvelle carte d’identité nationale baptisée GhanaCard. Cette carte utilise une technologie de pointe qui intègre plusieurs couches de fonctions de sécurité de la plupart des documents électroniques d’identité avancés, consolidant ainsi l’évolution du pays dans le monde numérique.

    Une carte qui répond à tous les besoins biométriques de base du pays et permettant l’harmonisation et l’intégration de tous les autres services de données au Ghana, tels que l’assurance maladie nationale, passeport, sécurité sociale.

    GhanaCard a marqué une nouvelle ère dans la gestion de l’identité biométrique au Ghana et met fin à la prolifération des systèmes biométriques par d’autres agences gouvernementales.

    Aussi, la carte a-t-elle été améliorée pour tirer parti des nouvelles technologies telles que les éléments tactiles pour aveugles, la technologie d’intégration de puce et les capacités d’iris, en plus de prendre les 10 empreintes digitales d’un candidat.

    Le déploiement de la GhanaCard est une collaboration entre l’Autorité nationale d’identification (NIA) et les systèmes de gestion d’identité (IMS), une filiale du Groupe Margins, un fournisseur local de solutions d’identité, de sécurité et de transactions.

    De plus, l’exercice d’enregistrement de la GhanaCard implique des enfants de 0 à 5 ans, ce qui donnera au pays une occasion unique d’assainir et de rationaliser sa certification de naissance afin d’assurer l’inclusion sociale dès la naissance.

     

  • La Cote d’Ivoire lance son plus grand barrage hydroélectrique à Soubré

    La Cote d’Ivoire lance son plus grand barrage hydroélectrique à Soubré

    Début novembre, la Côte d’Ivoire a inauguré le barrage hydroélectrique de Soubré censé augmenter de 10% la capacité énergétique du pays.

    Le nouveau barrage de Soubré est désormais le plus important du pays. Le coût des travaux est estimé à plus de 300 milliards de francs CFA. Les travaux de construction ont duré près de quatre ans. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un projet énergétique financé à plus de 80% par la Chine à travers l’Exim Bank. Construite sur le fleuve Sassandra, l’infrastructure hydroélectrique va contribuer au renforcement énergétique de la Côte d’Ivoire. Le pays envisage doubler sa capacité énergétique en 2020, soit 2000 mégawatts.

    En février 2013, le chef de l’Etat ivoirien évoquait l’importance pour le pays d’avoir une importance énergétique. Il nous faut suffisamment d’énergie pour illuminer nos foyers, nos villes et villages, pour faire fonctionner nos industries, nos hôpitaux, nos écoles, nos universités », avait déclaré Alassane Ouattara. Le secteur énergétique de la Côte d’Ivoire est dépendant à 80% de la production de centrale thermique au gaz naturel. L’Etat mise donc sur de nouveaux projets énergétiques pour électrifier les villages de plus de 500 habitants.

    Indépendance énergétique

    Thierry Tanoh, ministre du pétrole de l’énergie et du développement, s’est félicité de la coopération sino-ivoirienne à l’origine de la réalisation de ce projet énergétique. La ville de Soubré qui abrite ce barrage hydroélectrique a par ailleurs vu « sa capacité en eau potable triplée », selon le ministre. Il a également indiqué que le barrage va permettre d’électrifier plus de dix villages. Des forages seront également construits.

    Pour renforcer son indépendance énergétique, la Côte d’Ivoire envisage construire d’autres barrages hydroélectriques. Ces dernières devront permettre au pays d’augmenter la part de l’hydraulique dans la fourniture d’électricité qui est estimé à ce jour à moins de 50%. Alassane Ouattara a déjà à cet effet lancé les travaux de construction du barrage hydroélectrique de Gribo Popoli. Située à 7 km en aval de la ville de Soubré, la localité de Gribo Popoli devrait abriter en 2020, après plusieurs mois de travaux, un barrage d’une puissance de 112 mégawatts. Les travaux seront financés par la Chine à hauteur de 173 milliards de francs CFA. Deux autres chantiers devraient ensuite être lancés, confie-t-on au ministère du pétrole de l’énergie et du développement.

  • L’université d’Oxford honore son premier diplômé Africain après 144 ans

    L’université d’Oxford honore son premier diplômé Africain après 144 ans

    En mémoire à un homme « exceptionnel », la prestigieuse Université d’Oxford a rendu hommage à son premier étudiant noir, du nom de Christian Cole.

    L’histoire du premier diplômé noir d’Oxford a été célébrée après qu’une plaque ait été dévoilée la semaine dernière au University College. Christian Cole, qui s’est inscrit en 1873, a quitté Oxford pour devenir une figure marquante dans les tribunaux anglais en tant que premier Africain noir à exercer le Droit.

    La plaque a été installée grâce aux efforts de Pamela Roberts, une grande praticienne du patrimoine culturel et du directeur du projet, Black Oxford : Untold Stories, qui vise à promouvoir l’héritage historique des étudiants noirs d’Oxford. Le Collège universitaire a été choisi comme lieu de résidence de la plaque parce que Cole, qui a obtenu son diplôme d’étudiant non collégial, est devenu membre du Collège un an plus tard, en 1877.

    Le Dr Robin Darwall-Smith, archiviste du collège, a déclaré : « je pense qu’il est très important que nous nous souvenions de Christian Cole, car il était un grand pionnier en tant que premier Africain noir à obtenir un diplôme d’Oxford. Il avait une ambition énorme : il est venu à Oxford pour les cours sur les lettres classiques, le plus dur de l’université, mais il a tout de même obtenu son diplôme.  J’espère maintenant que les gens vont regarder sa plaque et se sentir inspirés par son exemple. »

    Le Dr Rebecca Surender, vice-chancelier pour l’égalité et la diversité à Oxford, a déclaré : « La place de Christian Cole dans l’histoire d’Oxford comme premier diplômé noir est celle qui mérite d’être reconnue et célébrée. La plaque nous rappellera à quel point nous avons progressé depuis que Cole a obtenu son diplôme d’Oxford.

    Qui est Christian Cole ?

    Christian Cole est né en Sierra Leone en 1852, alors que le pays était encore une colonie britannique. Petit-fils d’esclaves, il a été adopté par le révérend James Cole avant d’aller à Oxford à vingt et un ans.

    À l’université, Cole a été soutenu par une allocation de son oncle et de l’argent des cours de musique qu’il donne en marge de ses études. Il était une figure bien connue à Oxford, et sa présence est mentionnée dans des journaux intimes Anna Florence Ward, qui décrit l’avoir aperçu lors d’une visite à son frère, qui était au Magdalen College, en juin 1876 et des dessins animés de l’époque. Après la mort de son oncle, ses camarades ont lancé un appel pour recueillir des fonds afin de l’aider financièrement.

    Le jeune noir a publié un poème attaquant la politique britannique dans la guerre de Zoulou sous le nom d’un “Un Nègre, BA, de l’université universitaire”, en 1879. Le texte a été adressé à WE Gladstone MP, qu’il décrit comme son “Maître et Père en politique”. En 2006, University College a acheté ce travail pour 1000 livre sterling.

    Cependant, malgré ses réalisations et son statut de premier étudiant noir de l’université, le nom de Cole n’est pas très connu. L’Université a déclaré qu’ils espéraient que cette commémoration du premier diplômé noir d’Oxford souligne la position inclusive de l’Université envers les candidats de tous les horizons.

    Toutefois, un siècle et demi après le passage de Cole, Oxford est toujours confronté à la critique selon laquelle il est institutionnellement biaisé contre les étudiants noirs. De nouveaux chiffres ont révélé que 10 des 32 collèges d’Oxford n’ont pas attribué de place à des élèves britanniques noirs avec des niveaux A en 2015.

    Malheureusement, il semble que Cole ait eu du mal à trouver du travail après être devenu avocat et il est parti en Afrique de l’Est. Les informations sur sa vie en Afrique restent méconnues. Cole est mort en 1885 à Zanzibar de la variole, âgé de 33 ans.

    Lors du dévoilement de la plaque, et coïncidant avec le Mois de l’histoire des Noirs, le maître du Collège universitaire, Sir Ivor Crewe, a rendu hommage aux “réalisations remarquables” de Cole et a déclaré qu’il espérait que la plaque serait “un symbole de reconnaître et soutenir les étudiants les plus brillants quels que soient leurs antécédents”.

    Cette commémoration coïncidait également avec le lancement du réseau Oxford Black Alumni, une plateforme pour les futures générations d’individus. Objectif : se connecter et collaborer.

  • À 16 ans, le Ghanéen Abraham Attah  foule les tapis rouges de Hollywood

    À 16 ans, le Ghanéen Abraham Attah  foule les tapis rouges de Hollywood

    Il est sous les feux des projecteurs depuis deux ans. À moins de vingt ans, Abraham Attah est promu à une longue carrière cinématographique.

    Il ressemble à l’un de ces jeunes collégiens que l’on rencontre sur le continent, tentant entre persévérances et de réussir. À le voir, difficile d’imaginer la réussite qu’il connaît avec son jeune âge. Abraham Attah est déjà à 16 ans l’un des acteurs les plus brillants de sa génération. Le succès d’Abraham Attah s’est dessiné de façon inattendue. Vendeur à la sauvette le jeune homme ne s’imaginait pas une carrière cinématographique. Mais son destin bascule un soir. Alors qu’il joue au football avec ses amis, Abraham Attah est repéré par un recruteur qui lui propose un casting pour le tournage de « Beats of Nation » de Cary Fukunaga.


    Pour quelqu’un qui était à son premier rôle, il a fait montre d’une maîtrise


    Le Ghanéen est choisi à l’issue du casting et se fait remarquer à la sortie du film en 2015. « Pour quelqu’un qui était à son premier rôle, il a fait montre d’une maîtrise », révèle un membre de l’équipe de tournage du film. Lui explique avoir eu « un peu peur pour sa première fois ». Dans le long métrage le jeune ghanéen incarne le rôle d’un enfant soldat. « C’était une expérience incroyable », se rappelée-il.

    Récompensé à Venise

    Aux côtés de l’acteur Idris Elba, Abraham Attah surnommé Agu impressionne dans son rôle « d’enfant africain enrôlé dans une armée de mercenaires ». Pour le directeur du film, le jeune ghanéen n’avait aucune expérience cinématographique, mais est devenu « un acteur professionnel incroyable à regarder ». À la sortie du film, les critiques se montrent positives sur le talent de ce jeune ghanéen arrivé au cinéma par hasard. « Je ne pensais devenir acteur », résume celui qui a également incarné en 2016 un rôle dans le court métrage « Out of Village » de Jonathan Stein.


    Il envisage se positionner comme le futur porte-étendard du septième art sur le continent africain


    Depuis, les récompenses tombent. Pour son rôle dans « Beats of Nation », Abraham Attah remporte le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir à la Mostra de Venise. Le jeune acteur obtient également le prix du meilleur acteur lors des Independant Spirit Awards. Vivant aux États-Unis, celui qui est originaire de la région du Grand Accra confirme tout son talent. En juillet dernier, il est apparu dans Spider-Man : Homecoming de Jon Watts, un film de science-fiction. Le jeune ghanéen espère incarner d’autres rôles à Hollywood pour enrichir sa jeune carrière. Convaincu de sa « célébrité précoce », il envisage se positionner comme le futur porte-étendard du septième art sur le continent africain. Mais il aimerait surtout « offrir des chances de réussite à des enfants déshérités », rassure son entourage.