Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Isizwe, le WiFi gratuit qui fait rêver toute Afrique

    Isizwe, le WiFi gratuit qui fait rêver toute Afrique

    Face aux coûts élevés des données mobiles, le projet Isizwe met à la disposition des municipalités sud-africaines un réseau de Wi-Fi gratuit.

    En Afrique, le taux de pénétration élevé du mobile se conjugue avec l’élévation des coûts des données dans la plupart des pays. Une situation qui empêche une bonne partie de la population de naviguer convenablement. En réalité la Banque mondiale estime que pour chaque pénétration de 10 % de l’accès à Internet, le PIB d’un pays augmente de 1,28 %.

    Dans certains pays, la téléphonie mobile n’est d’ailleurs pas accessible à une bonne partie de la population. En Afrique du Sud par exemple, l’achat des données mobiles n’est pas toujours chose aisée. Les données sont disponibles à des prix qui vont de 10 centimes à 2 rands. A l’heure où le pays subit encore des transformations numériques avec des services proposés par différentes startups, les populations de certaines régions se voient incapables de payer des données.

    Dans la plupart des cas, certaines régions restent en marge des services disponibles grâce à la connexion mobile. Le projet Isizwe initié par Alan Knott-Craig Jr, ancien PDG de Mxit, veut emmener les États à « considérer le Wi-Fi comme un service de base ». « L’accès à Internet devrait être un service essentiel, comme l’eau ou l’électricité. Et tout comme l’eau et l’électricité, il devrait être accessible à tous, peu importe les circonstances, » sont convaincus les porteurs du projet.

    Il s’agira de mettre à la disposition du continent de l’Internet sous la forme d’un Wi-Fi gratuit. Pour les responsables du projet, c’est un moyen alternatif de connecter les populations à Internet. « Isizwe permet de combler la fracture numérique et donne accès à internet, mais aussi accès à l’information, à l’empowerment, au reste du monde », explique Duduzile Mkhwanazi PDG de Isizwe.

    Un réseau gratuit et rapide

    « Notre rôle est de travailler avec l’État et de l’aider à déployer le Wi-Fi et offrir un accès à internet. Nous aidons notre pays », rappelle Duduzile Mkhwanazi. Isizwe vient combler les efforts du gouvernement sud-africain dans les télécommunications. Le projet est réalisé depuis 2013 dans la ville de Tshwane qui compte plus de 3 millions d’habitants. Plus de 1000 zones WiFi publiques ont été mises en place. Les écoles, les bibliothèques et les parcs ont été couverts par le réseau. Plus de 25 % de la population navigue désormais grâce à une connexion internet gratuite.

    En plus de permettre aux utilisateurs 500 Mo par jour sur Tshwane Free WiFi, Project Isizwe a développé un portail de contenu. Tobetsa est conçu pour donner aux utilisateurs l’accès à du contenu curé non plafonné. Ce contenu est axé sur l’éducation, le développement des compétences et l’emploi, et donne aux communautés locales le pouvoir d’accéder à l’information, à l’éducation et aux emplois en ligne, leur permettant de participer à l’économie comme jamais auparavant.

    Le coût du déploiement de la première phase de Isizwe à Tshwane a été payé par la municipalité. La phase 2 porte sur l’installation, l’exploitation et la maintenance de plus de 200 points d’accès (d’une capacité de 5 000 utilisateurs chacun) pendant trois ans. La municipalité va payer près de 53 millions de rands aux responsables du projet.

    L’avantage du projet et son déploiement réussi à Tshwane ont forcé l’admiration d’autres municipalités qui envisagent offrir les réseaux de Wi-Fi gratuit à leurs populations. Pour l’heure le projet n’est réalisé qu’en Afrique du Sud. D’autres pays anglophones de l’Afrique australe devraient tout de même en bénéficier. Viendra ensuite le tour d’autres municipalités africaines sur le continent.

     

  • Où sont passés Eto’o, Drogba, Kanouté, Essien et les autres ?

    Où sont passés Eto’o, Drogba, Kanouté, Essien et les autres ?

    Ils font partie des meilleurs de leur génération et ont marqué de leur empreinte l’histoire du football africain.

    Avec de carrières brillantes, ces talents africains n’évoluent plus dans les cinq majeurs européens et sont moins présents dans l’actualité sportive. D’autres parmi eux ont raccroché les crampons et se donnent à d’autres activités. Afrotribune vous donne des nouvelles de ces anciens internationaux du continent.

     Frederic Omar Kanouté

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    Depuis qu’il s’est retiré, l’ancien joueur de FC Séville envisage une reconversion en tant qu’entraîneur. En 2015, l’équipe jeune de FC Séville lui a été confiée. Il a d’ailleurs bouclé sa formation de Licence A. Le Ballon d’or africain 2007 est pressenti comme futur sélectionneur des Aigles du Mali. Selon les informations il devrait succéder à Alain Giresse qui a démissionné en février dernier.

    El Hadji Diouf

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    Il y a quinze ans, El Hadji Diouf illuminait de tout son talent la participation du Sénégal à la coupe du monde 2002. L’ancien joueur des Reds a depuis quitté les terrains. Celui qui a été deux fois ballon d’or africain et finaliste de la CAN 2002 profite de sa retraite à Dakar. Selon les informations, El Hadji Diouf est conseiller sportif du président Macky Sall et ambassadeur de bonne volonté du gouvernement sénégalais.

    Didier Drogba

    Image result for Didier DrogbaA 39 ans, celui qui a l’un des palmarès les plus attrayants joue désormais en deuxième division américaine. Didier Drogba, troisième meilleur buteur mondial de la décennie entre 2001-2010 (83 buts) est actuellement en contrat avec le club Phoenix dont il est copropriétaire. L’ancien joueur de Chelsea a indiqué il y a quelques semaines mettre un terme à sa carrière l’année prochaine. Drogba envisage se consacrer à ses multiples projets, notamment l’acquisition d’une franchise en MLS, la ligue américaine de football à l’horizon 2020. L’ancien joueur marseillais devrait également lancer sa marque de chaussure dénommée « JAD ». En novembre, Didier Drogba a fait partie des joueurs africains qui ont condamné « l’esclavage en Libye ».

    Samuel Eto’o

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    Quadruple ballon d’or africain, l’attaquant camerounais est le meilleur buteur de l’histoire de la coupe d’Afrique des nations. Samuel Eto’o qui a déjà évolué dans de nombreux grands clubs européens, notamment au FC Barcelone n’a pas encore arrêté sa carrière malgré son âge avancé (36 ans). L’ancien barcelonais évolue désormais en Turquie avec le club d’Antalyaspor. Souvent intéressé par les questions qui touchent au développement du continent, Samuel Eto’o s’était également indigné contre la vente de migrants africains en Libye.

    Michael Essien

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    L’ancien Black star continue de jouer loin de l’Europe où il a évolué dans des grands clubs comme Chelsea, le Real Madrid ou le Milan AC. A 34 ans, Michaël Essien, celui qui a été élu dans le onze type de la CAN 2008 évolue désormais au Persib Bandung, un club de première division indonésienne.

    Mido

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    C’est sans doute l’un des meilleurs talents de sa génération. Malgré son énorme potentiel, Mido n’a jamais réussi à confirmer durant sa carrière tout le bien qu’on pensait de lui. Sulfureux, l’Égyptien a évolué dans plusieurs clubs européens où il n’a pas fait fortes impressions. Désormais en retraite, l’ancien joueur de Marseille et de Tottenham intervient en tant que consultant sur certaines chaînes de son pays. Mido est surtout entraîneur du club Wadi Degla.

    Seydou Keita

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    Ancien capitaine emblématique des Aigles du Mali, Seydou Keita est le joueur le plus titré de l’histoire du football malien. Mais depuis quelques années, le milieu de terrain n’est plus visible sur les terrains européens. L’ancien joueur du FC Barcelone évolue désormais à El Jaish SC au Qatar et se dirige progressivement vers la fin de sa carrière.

    Mohamed Aboutrika

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    Mohamed Aboutrika est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du football africain. L’Égyptien a dans sa carrière, remporté Coupes d’Afrique des nations (CAN) d’affilée. Il a également gagné cinq Ligues des champions et quatre super coupes d’Afrique. L’attaquant a également été sacré sept fois champion de son pays avec le Al Ahly. Celui qui a pris sa retraite internationale depuis 2013 reviendra-t-il en sélection ? La qualification de l’Égypte à la prochaine coupe du monde a fait naître dans le public sportif l’envie de « revoir Aboutrika reporter le maillot national ».

     

     

  • Coton: l’Afrique de l’Ouest exporte 95 % de sa production [Gand Angle]

    Coton: l’Afrique de l’Ouest exporte 95 % de sa production [Gand Angle]

    Malgré les hausses régulières de la production cotonnière, l’Afrique de l’Ouest n’arrive pas encore à combler le déficit de transformation au plan local.

    La production du coton augmente dans la sous-région ouest-africaine. Le secteur du coton et du textile concentre d’ailleurs près de 10 millions de producteurs et plus d’un million de salariés. Les pays producteurs rencontrent des difficultés, mais continuent de produire du coton bio. C’est le cas du Burkina Faso et du Mali qui sont les deux premiers producteurs de l’Afrique de l’Ouest. Ils ont enregistré ces deux dernières années une hausse de leur production.

    Cela n’a pas toujours été le cas dans pays. Comme au Bénin où l’on a constaté de faibles rendements. Au cours de la même période, le Sénégal a quant à lui fait face à des problèmes d’accès aux semences, à de faibles précipitations. Les taux de rendement augmentent en Afrique de l’ouest, selon un expert de TextileExchange.

    Durant la campagne 2016/2017, les productions de la sous-région ont encore augmenté avec « une amélioration du rendement de chaque pays », ajoute l’expert. Avec de bonnes précipitations, les deux premiers producteurs ont enregistré des hausses respectives de 25 % et 26 % sur leur production. Mais il se pose un problème de transformation.

    Le Mali par exemple ne transforme que « 2 % de sa production, », admet Mohamed Aly Ag Ibrahim, ministre de l’Industrie. À cela s’ajoutent l’insuffisance d’usines et un déficit énergétique. Le constat est amer. En réalité, l’Afrique de l’Ouest ne compte désormais qu’une dizaine d’unités de transformation. En moins de vingt ans, plus de trente usines ont été fermées.

    Des pertes économiques

    Une étude réalisée par la BOAD avait indiqué que plus de 90 % du volume de production du coton est exporté pour transformation. Pourtant, selon plusieurs spécialistes du secteur, les pays de la région se développeraient s’ils parviennent à transformer au moins 20 % de leur production. Autant dire que l’Afrique de l’Ouest perd beaucoup. Sa faible transformation porte sur le filage, première étape de transformation du coton.

    « Nous ne maîtrisons pas encore le tissage, le tricot ou la confection », déplore un producteur burkinabé. Les États tentent en vain de corriger cette insuffisance. Il y a deux ans, les autorités sénégalaises ont dû rouvrir à Thiès l’usine NSFT-FTT. « Cela nous a coûté plus de 400 millions de FCFA. C’est grâce à une garantie du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) », explique une source du ministère de l’Agriculture.

    D’autres pays comme le Mali ont rouvert leurs usines, mais ont fini par les refermer faute de moyens. Un plan d’action régional de développement des entreprises de la filière coton-textile a d’ailleurs été pensé par les acteurs. Ce plan porte sur la transformation et la commercialisation des produits issus du coton. Le but est de permettre aux populations de la sous-région de bénéficier des retombées de la culture du coton.

    Les États membres de l’UEMOA ont même adopté un programme ambitieux qui devrait faciliter la transformation de 25 % de la production de coton de la sous-région. Le programme n’a pas fonctionné comme cela se doit. Sa mise en œuvre a été handicapée par des contraintes institutionnelles et financières. Le Burkina Faso a aussi adopté un document de planification stratégique pour soutenir les producteurs. Un appui a été aussi apporté à la libéralisation de la filière avec surtout la création d’un fonds de lissage et d’un fonds intrant.

    Augmenter la transformation locale

    Pour révolutionner le secteur, les États comptent développer des entreprises industrielles. Ces dernières vont s’occuper de la transformation et développer également des services de commercialisation compétitifs. La réorganisation de la production de l’or blanc passe aussi par le renforcement de la coopération entre les États. Les pays peuvent ainsi bénéficier des « complémentaires industries-artisanat et des économies d’échelle ».

    Il s’agit pour les pays de la sous-région d’avoir accès aux tissus écrus, au coton-fibre, aux fils de coton et d’autres produits textiles. Pour transformer localement de la fibre de coton, les pays producteurs comptent opérer des réformes dans le secteur sans impacter le revenu des producteurs. Cela va de la réduction du déficit de compétitivité à une décote sur le prix de cession du coton aux filatures de la zone UEMOA. « La transformation locale est plus que nécessaire. Les États doivent se donner les moyens », souligne un membre de l’Organisation professionnelle des industries cotonnières et textiles (Opict).

    Les pays de la région misent aussi la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. « Il nous faut former les producteurs, mais également créer des centres de formation aux métiers du textile », concède le directeur d’une filature ivoirienne. Les pays producteurs comptent opérer ces réformes qui doivent développer le secteur et créer de milliers d’emplois. L’Organisation professionnelle des industries cotonnières et textiles prévoit en effet la création de 50 000 postes directs et 500 000 emplois indirects au sein de l’UEMOA.

     

  • Éperviers du Togo: la nouvelle vie des ténors du mondial 2006

    Éperviers du Togo: la nouvelle vie des ténors du mondial 2006

    Plus de dix ans après sa première participation à la coupe du monde, le Togo a baissé de niveau. Sur les six dernières CAN, les Éperviers en ont disputé deux. Le Togo a raté les coupes du monde de 2010 et 2014 et ne disputera pas Russie 2018. La sélection qui est désormais dirigée par le Français Claude Le Roy a entamé une reconstruction sur fond de résultats mitigés.

    De quoi rendre nostalgique le public sportif qui ne cesse de se rappeler les périodes de gloire de l’équipe nationale. À Lomé, la brillante qualification à la coupe du monde alimente encore les discussions. L’occasion de revenir sur ce que sont devenus quelques acteurs de la campagne 2006 en Allemagne. La sélection qui est désormais dirigée par le Français Claude Le Roy a entamé une reconstruction sur fond de résultats mitigés.

    Abalo Dosseh

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    Il a porté les maillots de l’équipe nationale à 67 reprises et a inscrit un but. L’ancien défenseur a surtout été le capitaine du Togo durant la coupe du monde 2006. Celui qui a joué à Amiens SC en France est devenu entraîneur. Abalo Dosseh est depuis 2016 coach adjoint de l’équipe nationale. Il s’est également vu confier la gestion de l’équipe locale avec laquelle il pose essentiellement ses premiers pas d’entraîneurs.

    Nibombé Daré

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    Stoppeur, Nibombé Daré a fait partie de l’aventure coupe du monde 2006 en Allemagne. L’ancien joueur de l’AS Douanes de Lomé (devenu OTR) a été l’un des plus capés de l’équipe nationale. À part le mondial, Daré a également participé à des coupes d’Afrique des nations. Depuis avril 2017, le longiligne défenseur central est devenu entraîneur de l’AFC Tubize un club de deuxième division belge. Le Togolais qui s’est formé pour l’obtention du diplôme d’entraîneur UEFA-A s’occupe de l’équipe espoir du club. À 37 ans, Nibombé Daré envisage un jour prendre les rênes de l’équipe nationale. L’ancien joueur de Timisoara suit d’ailleurs de près les résultats des Éperviers du Togo.

    Mohamed Abdel Kader Coubadja Touré

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    Il est sans doute l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du Togo. En 84 sélections, Kader Coubadja totalise 53 buts et est le meilleur buteur de l’histoire de la sélection du Togo. Artisan de la qualification du Togo pour Allemagne 2006, l’ancien attaquant de Parme en Italie est d’ailleurs entré dans l’histoire le 13 juin 2006 en marquant le premier but du Togo à la coupe du monde. Ancien joueur de Sochaux, Kader Coubadja côtoie l’équipe de formation de jeunes du club depuis qu’il a raccroché les crampons.

    Olufadé Adekambi

    C’est en 2010 que Olufadé Adekambi a pris sa retraite internationale après une quarantaine de sélections avec le Togo. L’ancien Épervier a participé à la CAN 2006 et a été l’un des acteurs clés de la première qualification du Togo à la Coupe du monde en Allemagne. Olufadé Adekambi s’est reconverti en entraîneur. Il dirige actuellement au Togo Semassi de Sokodé, un club de première division avec lequel il a terminé vice-champion de la saison 2016-2017. L’ancien attaquant de l’OGC Nice a également créé un centre de développement sportif dans son pays.

    Thomas Dossevi

    Il a passé près de dix ans en sélection nationale. Thomas Dossevi a participé à la coupe du monde 2006 alors qu’il était joueur à Valenciennes. Le Franco-Togolais qui a raccroché il y a quelques années est devenu recruteur du Standard de Liège. Thomas Dossevi est également consultant sportif de la chaîne cryptée Canal+.

     

  • Musique: le style Afrobeats  fait des millionnaires à Lagos

    Musique: le style Afrobeats  fait des millionnaires à Lagos

    Le Nigeria représente ces dernières années, le pays le plus attirant du point de vue musical. Sur la scène continentale, elles sont nombreuses, ces stars de musique nigériane à exporter leurs musiques aux quatre coins de l’Afrique et partout dans le monde. La musique a fabriqué plusieurs millionnaires dans le pays, avec une méthode de distribution des produits musicaux assez rare : les téléchargements mobiles.

    La musique, c’est l’un des business qui fait des millionnaires au Nigeria. Pour l’année 2015 par exemple, les revenus provenant des ventes de chansons dans ce pays ont atteint les 56 millions de dollars, selon Pricewaterhouse Coopers, un cabinet d’audit. Ce cabinet prévoit même une évolution atteignant le pic de 88 millions de dollars au cours des 3 prochaines années. Ce succès est imputable selon certains, à la montée du style Afrobeats devenu la marque culturelle du pays et porté par des artistes qui assure la « révolution » comme Yemi Alade. L’afrobeat, genre musical initié dans les années 1970 par Fela Kuti, se retrouve ainsi mêlé à la musique électronique, au rap, à la trap, pour un résultat que le Nigéria exporte sur tout le contient.

    Asa, l’artiste internationale d’origine nigériane s’est exprimée sur la production de son pays. Cette artiste reste convaincue que l’industrie musicale nigériane doit être beaucoup plus au service du développement du Nigéria. « Les artistes peuvent payer des impôts. Les taxes serviraient à aider à la construction de routes, la création de l‘électricité. Vous savez que vous devez établir une société de gestion collective, de sorte que lorsque les stations de radio jouent les chansons, elles paient. Lorsque les produits, les marques, utilisent votre musique pour leurs pubs, elles peuvent payer l’artiste, tout comme le gouvernement, pour aider à construire un bon pays, » a-t-elle déclaré.

    En effet, tout comme l’industrie cinématographie nigériane qui s’est finalement démocratisée pour devenir la deuxième plus grande production mondiale, la musique nigériane fait des exploits sur un continent où, en règle générale la vie des artistes ne ressemble en rien d’enviable. Au Nigéria, c’est le contraire. Et le pays s’invite même aux États-Unis, auprès des stars mondiales. En exemple, le chanteur Wizkid a collaboré sur le titre « One Dance » du Canadien Drake. Mais pas que. Il travaille aussi avec Tyga, l’un des patrons du gansta rap west coast. Tout comme, le duo de hip-hop P-Square qui s’est associé au rappeur Rick Ross, ou encore D’banj à Kanye West, alors que Davido s’est associé quant à lui à Meek Mill.

    Au-delà de la piraterie

    Au Nigéria, un problème persiste. Le manque de structures pose un réel problème de protection des œuvres. Comme dans la grande majorité des pays africains, les artistes sont depuis longtemps livrés à eux-mêmes faute de marché structuré, fébrile face à l’affluence des piratages devenus la mode. A Abuja ou à Lagos, les copies de CD piratés ne sont pas rares. Dans cette situation, les artistes nigérians se sont frayé des méthodes pour assurer des revenus de façon particulière : les revenus de l’industrie musicale proviennent beaucoup plus des téléchargements en ligne, des opérateurs de téléphonie, de la publicité de marque. Au Nigéria, les revenus issus de la musique sont dépendants des sonneries et des tonalités d’attente.

    En effet, les opérateurs de téléphonie donc principalement le géant sud-africain MTN, se sont intéressés au potentiel du Nigeria, pays de 190 millions d’habitants. Avec ses 60 millions d’abonnés dans le pays, l’opérateur MTN se veut le plus grand distributeur de musique au Nigeria, à travers la vente de sonneries (à 50 nairas, 0,25 dollar l’unité), et via sa plateforme de téléchargement MTN Music Plus, plateforme, même si elle n’est pas très réputée en dehors du pays, se présente comme un concurrent des leaders mondiaux de la musique en ligne comme iTunes en terme de nombre de téléchargements. « Il y a beaucoup de musiciens talentueux sur le marché — (…) qui peinaient à vendre leur musique. Nous leur avons permis de rentabiliser leur travail », a déclaré Richard Iweanoge, directeur général du marketing de MTN Nigeria.

    Aussi original et particulier que ça puisse paraître, cette méthode n’est pas utilisée que par des artistes en herbes. Au contraire. D’immenses stars de l’afropop au Nigeria ont largement profité de ce nouveau marché comme D’banj, ou encore Davido. Ce ne sont pas des miettes que les Nigérians tirent de cette nouvelle forme de distribution de leurs produits. Selon les chiffres de PWC, le seul téléchargement de sonneries peut leur rapporter jusqu’à 350.000 dollars par an. De quoi rêver faire des riches en quelques années.

  • Nigéria: voici les artistes les plus riches de l’année 2017

    Nigéria: voici les artistes les plus riches de l’année 2017

    En Afrique, l’hégémonie nigériane va au-delà de l’économie. En production cinématographie, le pays se positionne comme une masse mondiale et depuis quelques années, le Nigeria exporte sa musique sur tout le reste du continent, aux États unis et en Europe.

    Le Nigéria, ce n’est plus un secret : il est l’un des pays les plus dynamiques en matière de musiques urbaines sur le continent africain. De ce pays, émane une myriade de musiciens aussi concurrents entre eux, et dont les chansons font le tour du continent. Une industrie musicale assez importante, qui, à l’image de celle américaine, fabrique des millionnaires, dont voici le top 5 des plus riches.

    Don Jazzy

    De son vrai nom Michael Collins Ajereh, Don Jazzy mélange judicieusement sa carrière d’artiste avec la production, et ce statut presque particulier a fait de lui l’acteur musical le plus riche du Nigéria de l’année en cours. Don Jazzy est le patron de MAVIN, la maison de disques qui compte des vedettes comme Tiwa Savage, Korede Bello ou encore Iyanya. Pour l’année 2017, Don Jazzy devrait valoir 6,5 milliards de nairas.

    Jidenna

    Bien qu’étant un musicien très talentueux, Jidenna est beaucoup moins connu au Nigeria, encore moins en Afrique qu’aux États-Unis. Jidenna Theodore Mobinson Al Amin est un Nigérian né aux Etats-Unis. Tout comme Don Jazzy, il combine de façon habille son rôle d’artiste avec la production musicale. Depuis qu’il s’est mis dans le domaine musical en 2012, ses chansons connaissent beaucoup de succès aux États-Unis.

    Wizkid

    Ayodeji Ibrahim Balogoum, connu sous le nom de Wizkid, est un jeune homme aux potentiels musicaux inspirants. Consacré meilleur artiste africain de l’année 2017 au festival AFRIMA, sa réputation lui a donné sans aucun doute une position honorable à l’intérieur et à l’extérieur du Nigéria. En plus de son étiquette de meilleur artiste de la maison Starboy, Wizkid a raclé ces dernières années beaucoup de récompenses internationales. Selon les estimations, sa valeur actuelle se situe autour de 2,8 milliards de nairas.

    Davido

    David Adedeji Adeleke est le quatrième artiste le plus riche du Nigéria. Lui, il est l’exemple des rares artistes qui ont bâti leurs succès sur un temps relativement court. Fils de milliardaire et filleul du plus riche homme d’Afrique – Aliko Dangote —, Davido a réussi à s’imposer au Nigéria et même à exporter sa musique hors du continent. Au point où, l’artiste a publié en juillet dernier une vidéo sur les réseaux sociaux, en train de jubiler du fait que le joueur portugais Cristiano Ronaldo s’était abonné à son compte Instagram, après une chanson composée pour celui-ci. La super star a actuellement un contrat avec la maison Sony.

    P-Square :

    De manière fascinante, la combinaison de talents des jumeaux Peter et Paul Okoye a séduit toute l’Afrique et même les États-Unis. Après avoir remporté de nombreux prix de leurs albums les plus vendus au Nigéria et à l’étranger, les deux frères ont une base de fans assez considérable sur le continent. Ils détiennent également d’importants contrats.

     

  • Canal+, Vivendi […] Bolloré à la conquête de l’Afrique 2.0  

    Canal+, Vivendi […] Bolloré à la conquête de l’Afrique 2.0  

    Bolloré, le groupe français dirigé par Vincent Bolloré entend poursuivre sa conquête du continent africain. Le groupe veut créer au moins 50 salles de spectacles sur le continent, déployer la fibre optique et poursuivre son implantation dans le vaste marché de la TNT. Grâce à ses diverses activités en Afrique, le groupe français affiche un chiffre d’affaires en hausse de 5 % au troisième trimestre 2017.

    A périmètre et taux de change constants, le chiffre d’affaires du groupe Bolloré (transport, logistique, médias, stockage d’électricité) progresse de 4,9 %, selon un communiqué diffusé jeudi soir. Cette évolution, le Groupe français la justifie par les résultats satisfaisants enregistrés dans divers domaines d’activités dans lesquels il intervient. Il s’agit principalement de la croissance de 10 % de l’activité transport et logistique qui bénéficie de la hausse des taux de fret et des volumes, et des bonnes performances des terminaux portuaires notamment en Afrique. A cela s’ajoute la progression de 10 % de l’activité logistique pétrolière consécutive à l’augmentation des prix des produits pétroliers, ainsi que la progression des activités communication (+2 %) et la hausse du stockage d’électricité et solutions (+2 %)

    En Afrique où le groupe français n’est plus à présenter, Bolloré affiche une santé de fer. Son PDG, Vincent Bolloré veut surfer sur la vague numérique qui inonde le continent africain. Depuis plusieurs mois, Vivendi et Canal+ multiplient les projets à destination d’une classe moyenne grandissante et de plus en plus connectée en Afrique, où la révolution numérique est constamment prometteuse. Cette forme du groupe français semble imputable à l’intégration de Vivendi dans ses comptes, et la stabilisation de l’activité de Canal+, qui était en recul l’an dernier.

    Dans cette « réforme » du groupe qui vise à conquérir le territoire africain de plus en plus démographiquement grand, la télévision payante. Depuis 2016, la chaîne cryptée propose des offres disponibles sur la télévision numérique terrestre (TNT) dans certains pays comme la République démocratique du Congo (Kinshasa et Lubumbashi) et au Congo Brazzaville (Pointe-Noire). Et en 2017, Canal+ vise la Côte d’Ivoire. « La TNT nous permet d’aller chercher des clients moins fortunés avec des tarifs d’abonnement de 4.000 francs CFA (environ 6 euros) pour 30 chaînes, précise David Mignot, le Directeur général de Canal+ Afrique. C’est une technologie de transition en attendant l’essor de l’ADSL, la fibre optique, la 4G et la 5G ». Et Canal+ compte bien accélérer cette transition.

    3 millions d’abonnés

    Autre projet impulsé depuis la reprise en main de Vincent Bolloré : la construction de 50 à 100 salles de cinéma et de spectacles en Afrique subsaharienne dans les prochaines années. La première a ouvert ses portes en juin 2016 à Yaoundé (Cameroun), s’en est suivies d’autres dans certaines capitales comme la salle de Lomé inaugurée octobre 2017. Accra (Ghana) et surtout Lagos (Nigeria), la plus grande ville du continent avec ses 22 millions d’habitants, sont dans la mire. Ce projet baptisé Canal Olympia est dédié à la projection de films, mais aussi à l’organisation de concerts d’artistes africains et étrangers, ainsi qu’à l’accueil de stand-up d’humoristes. « Chaque salle doit permettre de détecter des talents locaux, de les faire connaître et valoriser ainsi la culture africaine » selon David Mignot.

    Canal+, qui a aussi lancé en octobre 2014 la chaîne de divertissement 100 % africaine, A+, a fait depuis 2011 du continent un axe majeur de son développement à l’international. La branche du groupe en charge de l’Afrique est ainsi passée en six ans de 300 à environ 1.500 salariés. En 2011, le média avait 400.000 abonnés en Afrique, précise David Mignot. Aujourd’hui il ne compte pas moins de 2,5 millions d’abonnés actifs.

    Un succès qui s’explique notamment par la multiplication des offres proposées par Canal+. La chaîne a par exemple signé des accords de diffusion avec Walt Disney et la Fédération ivoirienne de football. Depuis, Canal+ dispose presque saine en Afrique. Des émissions dédiées au continent, à l’instar de The Voice, l’Afrique a un incroyable talent font les choux gras du groupe de médias.

    En position d’attaque

    Lorsque Vincent Bolloré reprend en main la chaîne en 2015, il demande à ses équipes de favoriser les synergies entre Vivendi et Canal+. L’un de ces rapprochements vise à construire un réseau de fibres optiques en Afrique subsaharienne. L’idée est de déployer la fibre en aérien, le long des poteaux électriques.

    Une technique jugée moins coûteuse que le creusement de tranchées pour enfouir la fibre dans le sol. L’industriel breton s’appuie notamment sur le succès de GVT, l’ex-filiale de Vivendi revendue à prix d’or au groupe espagnol Telefonica (7,5 milliards d’euros) en 2015 et connu pour avoir bâti un réseau haut débit de qualité au Brésil.

    L’empire Bolloré en Afrique

    Vincent Bolloré a développé son empire comme personne d’autre. Françafrique, influence politique, propagande, censure, tout y passe. En Afrique et en France, l’influence du milliardaire est connue. Bolloré Africa Logistics est incontournable sur le continent. Il est présent dans une quarantaine de pays africains.

    Il contrôle la manutention, seul ou en partenariat avec d’autres sociétés, de 14 ports en Afrique ainsi que 23 ports secs. Parfois, Bolloré Africa Logistics contrôle également le réseau ferroviaire et routier. Dans certaines régions d’Afrique, on peut même parler d’omniprésence de Bolloré qui jouit par exemple d’un quasi-monopole sur les ports du golfe de Guinée.

    En 2016, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption avaient soupçonné le groupe Bolloré d’avoir utilisé Havas, son bras publicitaire, pour obtenir des concessions. Deux ports avaient été pointés du doigt : Conakry et Lomé. En Guinée, Havas s’est occupée en 2010 de la campagne électorale d’Alpha Condé. En 2011, le président fraîchement élu débarquait Getma, la compagnie qui gérait le port depuis 2008 pour confier la concession à Bolloré.

    Même scénario au Togo. En 2010, le groupe Bolloré obtient la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour 35 ans. La même année, Faure Gnassingbé, conseillé par Havas, était réélu.

    Bolloré est présent en Afrique dans les activités logistiques depuis les années 1980. Mais c’est dans les années 1990, quand la Banque mondiale et le FMI incitent les pays africains à privatiser les concessions portuaires, qu’il se taille la part du lion.

    Entre-temps, le groupe Bolloré a diversifié ses activités sur le continent. Outre le rail, Bolloré assure aussi la logistique pour des groupes pétroliers comme Total en Angola. Le groupe possède également des plantations d’hévéa et de palmiers à huile, à travers sa filiale Socfin présente au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Libéria ou encore en RDC.

    Le secret de la réussite du groupe, selon Olivier de Noray, directeur des ports et terminaux chez Bolloré Africa Logistics : une stratégie entièrement centrée sur l’Afrique.

     

     

     

     

  • Énergie éolienne: point sur les grands chantiers chinois en Afrique

    Énergie éolienne: point sur les grands chantiers chinois en Afrique

    En Afrique où les pays essaient de jouer leur partition face aux défis du changement climatique, les entreprises chinoises ont une position privilégiée en ce qui concerne les contrats en matière d’énergies.

    Autrefois considérées comme un luxe, la Chine a rendu abordable dans le monde les énergies éoliennes. Sur le continent africain, le pays investi une grande fortune pour fructifier cette technologie.

    En Afrique, les problèmes liés à l’électricité sont devenus des casse-têtes ces dernières années. Selon le PNUE, Programme des Nations unies pour l’environnement, l’Afrique est l’un des marchés les plus prometteurs pour les énergies renouvelables au cours des 10 à 20 prochaines années.

    Raisons évoquées : ses ressources potentielles abondantes en termes d’ensoleillement, d’énergie géothermique, de vent, etc. En 2015 par exemple, l’Afrique de l’Est était la zone de toutes les convoitises. Le Kenya avait attiré des investissements de 316 millions de dollars, l’Ouganda de 134 millions de dollars et l’Éthiopie n’avait pas moins de 100 millions de dollars.

    Sur le continent, nombre d’experts pensent que les pays doivent développer des politiques fortes permettant d’adopter l’énergie solaire. Un fait qui n’échappe pas à la Chine qui compte étendre son hégémonie sur le continent africain.

    En effet, depuis 2014, année où les capitaux engagés dans les énergies vertes ont augmenté de 16 % après deux années de baisse, la Chine s’est perchée en position du pionnier, en dépassant principalement les États-Unis. Poursuivant ses objectifs visant à se libérer d’une dépendance du charbon, l’empire du Milieu a consacré 89,5 milliards de dollars l’an dernier aux énergies vertes, enregistrant ainsi une hausse spectaculaire de 32 % sur un an. Et l’Afrique en a également bénéficié.

    Aujourd’hui, cinq des six plus grandes entreprises de fabrication de modules solaires à travers le monde sont chinoises. Ces entreprises ont de manière significative commencé par s’intéresser à l’Afrique, surtout sub-subsaharienne en 2012 via l’Afrique du Sud où JinkoSolar a investi dans une usine photovoltaïque d’une capacité annuelle de 120 MW.

    Depuis, les projets de ce genre sont légion dans ce pays ; en 2016, notamment en Afrique du Sud avec la centrale solaire de 150 MW réalisée par GCL-Poly, ou encore le projet de centrale solaire au Northern Cape remporté par JA Solar, ou celui annoncé au Sénégal en novembre dernier pour CGN, la Chine se prépare activement à renforcer sa présence dans le domaine de l’énergie en Afrique en particulier.

    En effet, ce 17 novembre encore, le projet d’énergie éolienne Longyuan Mulilo De Aar, centrale éolienne d’Afrique à investissements chinois ayant bénéficié d’un financement total de 2,5 milliards de Yuans (377 millions de dollars) a été mis en service. Construit par Longyuan South Africa, une entreprise dépendant de China Guodian Cooperation (CGC), ce projet en cours d’exécution prévoit construire une centrale en deux phases dans la région de Northern Cape, en Afrique du Sud.

    Cette nouvelle centrale aura une capacité installée totale de 244,5 MW. Selon Zhang Guohou, vice-président exécutif de la CGC, le projet permettra, tout en économisant 215 800 tonnes de charbon standard et en réduisant la quantité de dioxyde de carbone de 619 900 tonnes, de générer chaque année 644 millions de kWh d’énergie verte pour l’Afrique du Sud. Il devrait répondre à la demande d’électricité de 85 000 ménages de la région.

    L’Afrique, une terre fertile à la Chine

    S’il est vrai que le continent est absent des 5 premières destinations des investissements chinois à l’étranger dans le domaine des énergies renouvelables entre 2002 et 2015, l’Afrique devient de plus en plus présente à partir des années 2010 ; une période qui a coïncidé avec la multiplication des plans nationaux d’énergie renouvelable dans nombre de pays. Selon le dernier rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), plus de 13 milliards de dollars de contrats ont été réalisés en Afrique l’année dernière et les entreprises chinoises construisent actuellement 30 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne, soit plus de deux cents projets entre 2010 et 2020.

    Les deux tiers de ces investissements sont dirigés vers le sud et l’est de l’Afrique, contre 26 % pour l’Afrique de l’Ouest et seulement 8 % pour l’Afrique centrale. Pour résumer, David Bénazéraf, responsable du programme Chine à l’IEA et auteur dudit rapport a déclaré qu’un mégawatt sur deux est chinois. « Si on met à part les investissements réalisés en Afrique du Sud, c’est même 46 % des nouvelles capacités électriques en Afrique subsaharienne qui sont construites par des entreprises chinoises avec une large place faite aux barrages », a-t-il ajouté.

    En effet, avec près de 90 milliards de dollars consacrés aux énergies renouvelables chaque année depuis 2014, la Chine domine le classement des plus gros investisseurs dans les filières renouvelables, et dirige une large part de ses fonds vers les pays africains. La majorité des projets en cours sont prévus pour alimenter le réseau électrique national. La Chine joue donc également un rôle important dans l’électrification des pays africains. Selon les statistiques, près de 635 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Avec ces projets réalisés par la Chine, ce sont 120 millions de personnes qui auront accès à l’énergie, selon les chiffres avancés par les responsables chinois.

    Aussi, depuis que le pays le plus peuplé au monde a débarqué en Afrique, près de 60 % de ses projets chinois sont financés par l’Exim bank of China. La banque chinoise apporte des prêts bonifiés et confessionnels et propose des offres intégrées avantageuses pour des pays en manque cruel de liquidités. Conséquence, les groupes publics chinois sont plus attrayants et remportent de nombreux contrats sur le continent.

    Cependant, la Chine n’est pas la seule puissance à investir en Afrique. D’autres pays comme la France, l’Italie ou la Suisse sont également présents, mais peinent à concurrencer la puissance asiatique, en raison de la taille des financements des entreprises chinoises dans des infrastructures hydrauliques généralement très onéreuses.

     

  • Ghana: deux adolescents produisent l’électricité grâce au manioc

    Ghana: deux adolescents produisent l’électricité grâce au manioc

    La nouvelle génération de jeunes entrepreneurs ghanéens s’illustre dans différents secteurs de développement avec des innovations remarquables.

    Au Ghana, un soutien proactif est apporté à l’entrepreneuriat depuis quelques années. Cela a facilité la naissance de nouvelles entreprises. Les inventions sont également constatées dans plusieurs secteurs. Parmi elles, on peut citer une voiture trois places ou un appareil qui génère de l’électricité grâce au manioc.

    Deux jeunes ont en effet mis en place un appareil d’une tension de 12 volts capable d’alimenter une dizaine d’ampoules à économie d’énergie et un poste de radio. Pour faire fonctionner l’appareil, du manioc mélangé est mis dans un réservoir d’un litre. « Les tuyaux dans le dispositif absorberont alors le manioc mélangé du réservoir et l’utiliseront ensuite pour produire de l’électricité », expliquent-ils.

    Ce prototype peut être mieux développé. Les jeunes inventeurs envisagent avoir du financement pour concevoir un appareil capable de générer une puissance élevée avec un plus grand réservoir. Sur ce plan, les autorités ghanéennes ont créé un environnement propice pour stimuler les investissements dans l’entrepreneuriat. L’État facilite ainsi l’accès au financement des micro — , petites et moyennes entreprises. L’initiative n’a pas encore comblé toutes les attentes. Cependant elle a déjà permis à des entrepreneurs de continuer la réalisation de leurs projets.

    Innovation

    Pour promouvoir la création d’entreprises, l’État a mis en place durant un an un programme universitaire appuyé par la Banque mondiale. Il s’agit du projet eGhana qui a permis à des jeunes entrepreneurs comme Peter Paul Akanko, PDG de la société Kente Master, qui fait du tissu traditionnel un produit chic et jeune.

    Sa société fabrique à partir du tissu Kente des cravates, des tongs, des chaussures, des cartables, mais aussi des étoles pour les cérémonies de remise de diplôme. D’autres programmes de pépinière d’entreprise sont aussi mis en place. Et le pays s’illustre par les réalisations de ses entrepreneurs.

    Sulley Amin Abubakar a par exemple créé Zaacoal qui produit du charbon à base de coques de noix de coco. Sa jeune compatriote Bernice Dapaah a réalisé un projet écologique impressionnant. L’entrepreneure a en effet fabriqué des bicyclettes en bambou. « Ces vélos n’ont pas besoin d’être remplacés tout le temps. Et s’il faut les réparer, les matériaux, les outils et les compétences sont sur place », explique la fondatrice de Ghana Bamboo Bikes qui a déjà créé des emplois.

    Dans le secteur du numérique, trois jeunes ont fondé il y a quatre ans MeQasa, un site d’immobilier et de petites annonces qui aide la population. Bright Simons a de son côté lancé MPedigree, une application mobile qui permet déceler les faux médicaments. D’autres espaces de travail comme Hub Accra ou ISpace Ghana encouragent également l’idée d’entrepreneuriat technologique.

    À côté de ce « Ghana qui bouge », l’État a décidé de conquérir l’espace. Le Ghana a lancé en juillet dernier son premier satellite, GhanaSat-1, qui va faciliter la surveillance dans la recherche scientifique et la surveillance des côtes du pays. Le satellite a été construit par des ingénieurs ghanéens de l’université All Nation de Koforidua. Un deuxième satellite devrait également être lancé pour contrôler l’exploitation illégale des minerais ou la déforestation dans le pays.

  • Ghana: 100 millions de dollars pour encourager les startups

    Ghana: 100 millions de dollars pour encourager les startups

    Pour redresser son économie, le nouvel exécutif mise sur le renforcement du secteur privé et un soutien aux entrepreneurs.

    Le Ghana veut améliorer la compétitivité et les niveaux d’emploi de ses micro — , petites et moyennes entreprises. « Nous sommes une économie portée par le secteur privé », explique Mohammed Awal, ministre du Développement des entreprises. Membre de l’équipe gouvernementale du président Nana Akufo-Addo, il est l’un des acteurs clés de la revitalisation de l’économie ghanéenne. Son rôle est de travailler à la consolidation des entreprises. En réalité, l’État mise sur une génération d’entrepreneurs ghanéens bien formés qui disposeraient surtout d’un soutien financier pour réussir. Selon une source proche de la présidence ghanéenne, l’Etat s’active à orienter l’investissement public vers le secteur privé pour stimuler l’esprit entrepreneurial au sein de la couche juvénile.

    L’appui financier au secteur privé constitue une priorité pour l’État, selon Mohamed Awal. Le ministre justifie que dans les quatre prochaines années, 100 millions de dollars seront investis dans la formation des entrepreneurs. « Il y a de l’argent au Ghana, nous devons simplement réorienter les dépenses. Nous colmatons les brèches pour mobiliser ces fonds et  nous allons les investir. La bonne volonté est là pour que le Ghana se développe. » En parallèle, l’État encourage les entrepreneurs à innover dans de nouveaux secteurs. Convaincu que cela va contribuer à la création de milliers d’emplois.

    Efforts soutenus

    Les efforts du gouvernement à l’endroit du secteur privé vont permettre de renforcer sa croissance économique. Ils sont soutenus par les acteurs de la finance qui veulent un secteur « plus solide et plus sophistiqué ». Ernest Addison explique que des mesures vont être prises pour soutenir l’intermédiation financière et l’offre de crédit pour renforcer la croissance. La Banque du Ghana a déjà déployé un plan de réforme du secteur financier afin de développer, de renforcer et de repositionner le secteur comme moteur essentiel de la croissance

    Le nouvel exécutif promeut aussi une inclusion financière. Un projet micro-finance vise à faciliter l’accès à de petits prêts financier à toute personne ou groupe souhaitant se lancer dans une activité génératrice de revenus ou une petite entreprise. Les mesures déjà prises visent à soutenir le secteur privé, mais également à faire entrer les PME dans le secteur formel.

    Mais le Ghana peut aussi compter sur l’appui de quelques partenaires, notamment la BAD avec laquelle il a finalisé un Document de stratégie par pays (CSP) pour la période 2017-2021. L’institution financière va aider le pays à développer ses filières de l’énergie pour faciliter l’industrialisation. Le CSP considère également l’agriculture comme un secteur clé dans la transformation de l’économie rurale et l’amélioration de la sécurité alimentaire.