Catégorie : Afrique de l’ouest

  • Côte d’Ivoire: le business rentable des femmes pleureuses [Reportage]

    Côte d’Ivoire: le business rentable des femmes pleureuses [Reportage]

    Au Ghana ou en Côte d’Ivoire, il est possible de louer des femmes pour pleurer un être cher disparu. Rencontre avec des pleureuses qui évoquent leur métier.

    La pratique peut paraître bizarre. Elle est pourtant développée dans quelques pays de la sous-région ouest-africaine. Comme en Côte d’Ivoire où des femmes en font leur métier. Des pleureuses professionnelles rencontrées au centre du pays ne cachent pas leur pratique. Ces dernières peuvent même se livrer à des démonstrations pour convaincre de potentiels clients. « C’est mon métier. Je le fais parce que j’aime le faire », affirme l’une d’entre elles. Comment cela se passe-t-il ? Pour s’attacher leur service, une famille endeuillée peut directement prendre contact avec elles ou passer par leur manager. « On nous parle du défunt. Et nous savons après comment le pleurer », confie Delphine, 40 ans, pleureuse professionnelle depuis quinze ans.  Avec quatre prestations certains mois, elle peut se retrouver avec près de 500000 FCFA. Ce qui lui permet de payer son loyer et de s’occuper de ses enfants. Il faut dire que depuis le décès de son mari en 2010, Delphine ne vit que de son métier.

    A l’est de l’autre côté de la frontière, Doris, une de ses connaissances est également pleureuse. Dans ce pays où les enterrements sont très bien organisés et rythment parfois à des moments festifs, enterrer un mort avec la présence des pleureuses est entré dans les réflexes. Cette Ghanéenne excelle aussi dans son métier. Elle peut ainsi parcourir en un mois près de 1000 kilomètres, sillonnant les régions du pays, et pleurant aux funérailles auxquelles elle est invitée. « Chaque week-end je suis dans une localité pour faire mon travail. C’est parfois fatigant, mais j’aime faire ça », rappelle Doris. Avec ses amies, elles peuvent par prestation toucher jusqu’à 300000 FCFA avec d’autres avantages. On leur prépare à manger et elles sont parfois logées. Pour Doris qui est également commerçante, il s’agit de perpétuer une pratique familiale. « Ma maman était pleureuse professionnelle ».

    Pleurer comme il faut

    Dans l’autre bout de son quartier situé à la périphérie de la capitale, Doris voit son métier s’éteindre. Certaines de ses amies ont en effet choisi de raccrocher, de ne plus exercer le métier. Incapable de supporter les critiques et les interrogations au bout de quelques années. Certaines familles préférant aussi d’abandonner les grandes cérémonies funéraires pour des enterrements plus simples. Malgré sa longévité, la pratique n’est pas toujours considérée par certains comme un « métier normal ». « Il faut respecter les morts. On ne peut pas faire du faux avec eux », explique Enock qui s’est opposé, malgré son jeune âge, à la décision de sa famille d’engager des pleureuses après le décès de sa mère. « Je ne conçois pas qu’on puisse simuler. Elles n’avaient jamais connu ma mère. Elles ne peuvent pas la pleurer », ajoute-t-il. Avant de lâcher : « C’est devenu un jeu pour elles ».

    Ce n’est pourtant pas ce qu’estime Kwesi Adams. Pour ce sociologue qui s’intéresse depuis dix ans à la pratique, il est important de comprendre ce que c’est que pleurer un mort. « Les familles ne décident pas au hasard de faire appel aux pleureuses », justifie-t-il. Le chercheur explique que certains morts ont besoin d’être pleurés « comme le font ces femmes ». Selon lui, les chants, les pleurs sont destinés à vanter le défunt. Ce qui permet au disparu de « bien se reposer ». La pratique n’est pas constatée dans certains pays de la sous-région. Mais il n’est pas exclu qu’elle s’exporte et se généralise. Elle devra dans ce cas faire face à des obstacles avant de « définitivement s’installer ». Les pleureuses pour alors se faire remarquer.

  • Coup d’État: ces 40 pays africains où la tradition est légion [Grand Angle]

    Coup d’État: ces 40 pays africains où la tradition est légion [Grand Angle]

    Ce 15 novembre, les Zimbabwéens se sont réveillés, face à une situation qui dans ce pays dirigé par le vieux Robert Mugabé (93 ans) depuis l’indépendance du pays en 1980, est la première : une prise de pouvoir par les militaires. Pourtant, sur le continent l’initiative est légion.

    La force de défense zimbabwéenne (ZDF) a pris le contrôle du radiodiffuseur d’Etat et a assigné à résidence le dirigeant Robert Mugabe et sa famille. Dans une allocution télévisée, la ZDF a pris soin de souligner qu’elle n’avait pas fait de coup d’État, mais qu’elle avait plutôt agi pour apaiser les tensions suite au limogeage du vice-président. Mais les camions militaires stationnés menaçants dans les rues de Harare laissent penser le contraire. L’opération se veut une purge, visant principalement, même si cela ne se dit pas, la première dame, Grace Mugabé.

    En réalité, cette séquence d’événements s’est déroulée plusieurs fois dans différents pays à travers le continent africain. En effet, depuis les années 1960, année des indépendances, l’Afrique a connu au moins 200 coups d’État réussis et ratés. Quelques-uns d’entre eux ont inspiré des films hollywoodiens comme Tears of the Sun qui mettait en vedette Bruce Willis et dépeignait un renversement sanglant d’un président nigérian.

    Quid des pays les plus touchés

    Contrairement à d’autres parties de l’Afrique, les coups d’État militaires ont été rares dans l’histoire postindépendance de l’Afrique australe. En réalité, seul le Lesotho en a eu deux. Les coups d’État sont généralement devenus rares à travers l’Afrique à mesure que la démocratie s’impose ces dernières années, avec une participation citoyenne bienveillante et des sociétés civiles garantes et actives.

    Depuis 1952, année du premier coup d’État en Afrique perpétrée en Égypte par Nasser contre le roi Farouk beaucoup de choses se sont passées. Sur le continent, c’est le Burkina Faso, terre de Thomas Sankara, qui bat les records. Après avoir été témoin de 10 tentatives, le pays enregistre le plus haut score en Afrique. Six d’entre eux sont survenus dans les années 1980 avec deux de ces tentatives menées par Blaise Compaoré qui, ayant pris le pouvoir en 1987, a régné pendant 27 ans jusqu’en octobre 2014, date à laquelle il a été renversé lui-même par un autre coup d’État. Selon bien de spécialistes, la fréquence des coups d’État signifie que le Burkina Faso n’a pas assisté à un transfert pacifique du pouvoir à travers des élections.

    De même en Guinée-Bissau, aucun président n’a achevé un mandat complet depuis l’indépendance du pays en 1974. Ces coups d’État sont souvent sanglants avec plus de trente premiers ministres et présidents en Afrique tués par des coups de force et des coups d’État.

    D’autres pays aussi ont connu cette situation. Le Nigeria, première puissance économique et démographiquement plus grand pays du continent a connu au total 8 reversements militaires. Le pays a passé plus de 57 ans d’indépendance sous un régime militaire. Des pays comme le Burundi, le Tchad, le Ghana, les Comores, le Mauritanie et le Soudan ont connu quant à eux 6 coups d’Etats depuis leurs indépendances. L’Ethiopie, la Libye, la République centrafricaine la sierra Leone ou encore le Bénin ont enregistré au moins 5 renversements militaires.

    Parmi les 40 pays africains ayant connu des coups d’État, le Maroc, le Kenya et le Cameroun sont les trois pays où aucun n’a réussi. Dans 12 de ces 40 pays, des coups d’État ont eu lieu dans les cinq ans suivant l’indépendance. Au total, 23 pays africains ont vu au moins trois coups d’État. En effet, seulement 14 pays sur les 54 que compte l’Afrique n’ont pas encore connu un coup d’État militaire. Toutefois, il faut préciser que l’absence de coup d’État réussi ne garantit pas toujours la paix. Le Soudan du Sud par exemple, l’un des pays les plus jeunes du monde, a été embourbé dans la violence pendant une grande partie de son existence, les groupes rebelles cherchant une plus grande part du pouvoir.

    Renversement militaire: une tradition ?

    À bien des égards, beaucoup de pays africains possèdent un cocktail d’ingrédients qui remuent les coups, avec des leaders qui s’accrochent dans la majorité des cas au pouvoir au détriment des institutions affaiblies. Les citoyens agités, qui sont souvent victimes d’injustices et d’inégalités sociales, sont probablement plus ouverts au changement de régime et prêts à croire aux promesses de l’armée de réparer les choses et de faire place à un gouvernement civil en un rien de temps. Cependant, l’histoire a montré que les dirigeants du coup d’État ne tiennent pas toujours cette promesse : le Nigeria, en est un exemple.

    Au-delà de la reprise probable des violations des Droits de l’Homme et des droits constitutionnels, les coups d’État tendent aussi à anéantir la croissance économique. Étant donné l’incertitude entourant les interventions militaires au sein du gouvernement, les investisseurs ont tendance à hésiter à investir de l’argent dans des économies dirigées par les caprices d’un dictateur. L’effet probable est souvent un manque de croissance économique, une inflation accrue et le chômage (comme au Zimbabwe), certains des choses que les militaires citent souvent comme la raison pour laquelle ils ont pris le pouvoir en premier lieu.

    Selon l’universitaire Ivoirien Kouassi Yao, spécialiste de l’Histoire contemporaine il y a une distinction importante à faire entre les coups d’État pro-démocratiques, les coups d’État antidémocratiques et les coups d’État à caractère subversif. Les premiers, explique-t-il, ont pour objectif de créer les conditions de l’essor de la démocratie, les deuxièmes ne favorisent pas l’épanouissement de la démocratie, au contraire mettent fin au processus démocratique en cours, les troisièmes étant le fait de pays voisins, de multinationales ou de grandes puissances. Selon celui-ci, les coups d’État et les guerres civiles favorisent toujours l’instabilité politique. « Le meilleur ami du développement, c’est la démocratie », est-il persuadé.

  • Le richissime Ghanéen Patrick Awuah désigné lauréat du WISE Prize

    Le richissime Ghanéen Patrick Awuah désigné lauréat du WISE Prize

    Le Ghanéen Patrick Awuah, fondateur et président de l’université Ashesi, basée à Accra, a été désigné lauréat du prestigieux WISE Prize pour l’éducation 2017, en récompense pour son travail accompli pour la promotion de l’éducation dans son pays natal et sur tout le continent africain. Il est de fait le premier Africain à gagner ce prix.

    C’est Son Altesse Sheikha Moza bint Nasser, présidente de la Fondation du Qatar, qui a remis le WISE Prize pour l’éducation à Patrick Awuah, lors de la session plénière d’ouverture mercredi du Sommet mondial de l’innovation pour l’éducation (WISE) à Doha, au Qatar, devant quelque 2.000 participants venus de plus de 100 pays.

    Le directeur général de WISE, Stavros N. Yiannouka, a déclaré que Patrick Awuah, sixième lauréat du WISE Prize pour l’éducation, rejoignait un groupe de personnalités qui partagent une passion commune pour l’éducation comme moteur de l’émancipation.

    « Tous les Lauréats du WISE Prize ont identifié des besoins qui les ont poussés à agir. Et tous ont réussi à rassembler et fédérer autour de leur vision, » a ajoutee M. Yiannouka. L’histoire de Patrick Awuah est unique, par sa prise de conscience du rôle du leadership éthique dans la transformation sociale, notamment en Afrique.

    Sous sa direction, Ashesi a mis en place plusieurs programmes d’études reposant sur les piliers des arts libéraux. Il a compris que les outils pour acquérir et interpréter les connaissances sont tout aussi importants que les connaissances elles-mêmes. En plaçant le leadership au cœur de son engagement, Patrick Awuah est devenu un modèle dans la promotion de l’éducation comme moteur de l’émancipation.

    En effet, le grand le mérite de Patrick Awuah est que tous les diplômés de l’université Ashesi ont trouvé un emploi après leurs études et presque tous sont restés en Afrique où beaucoup ont créé les entreprises nécessaires au développement du continent.

    L’innovation de Patrick Awuah dans l’enseignement supérieur est exceptionnelle à plusieurs titres : non seulement elle donne aux étudiants les moyens pour réussir, mais elle a également le potentiel de transformer le Ghana et d’autres pays africains en créant une nouvelle génération de dirigeants et d’entrepreneurs.

    Le WISE Prize pour l’éducation est la distinction la plus importante récompensant un individu (ou une équipe de six personnes) pour sa contribution exceptionnelle et mondiale à l’éducation. Le lauréat reçoit une médaille en or, symbole du WISE Prize, ainsi que la somme de 500 mille dollars américains.

    Institué en 2009 par Son Altesse Sheikha Moza bint Nasser, WISE est une plate-forme internationale et multidisciplinaire destinée à encourager la réflexion, la créativité, le débat et l’action concrète. Cette année, l’évènement s’est tenu à Doha du 14 au16 novembre autour du thème « Co-exister, co-créer : Apprendre à travailler et vivre ensemble ».

    Qui est Patrick Awuah ?

    Patrick Awuah a quitté le Ghana en 1985 avec 50 dollars en poche et une bourse pour étudier au Swarthmore College, en Pennsylvanie, aux États-Unis. Ses quatre années d’études en arts libéraux lui ont prouvé le pouvoir de la pensée critique, ce qui contrastait grandement avec ce qu’il avait précédemment appris. Après l’obtention de son diplôme, il a fait une brillante carrière chez Microsoft, où il a notamment dirigé la conception de l’accès Internet par ligne commutée.

    Désireux de contribuer à donner un souffle nouveau à son pays, il est rentré au Ghana avec l’intention de créer une entreprise de logiciels. Au Ghana, il a vite compris que la mise en place d’un leadership éthique était fondamentale pour former une génération capable d’apporter des changements positifs en Afrique. Il a décidé de reprendre des études, à l’université de Berkeley cette fois, pour comprendre comment s’y prendre pour créer une université qui favorise le leadership et l’intégrité.

    Patrick Awuah a expliqué qu’il avait décidé de créer une nouvelle université au Ghana non parce qu’il manquait des universités, mais parce qu’il manquait des universités qui enseignent aux étudiants les compétences du 21e siècle. « On se focalisait trop sur l’apprentissage par cœur et la mémorisation, beaucoup moins sur la pensée critique ou autonome, sur l’éthique ou la coopération. J’ai donc décidé d’ouvrir une université qui offrirait aux jeunes ghanéens et africains l’opportunité d’exceller et de devenir les meilleurs pour résoudre les challenges de notre époque », a relevé M. Awuah.

    En 2002, l’université Ashesi (qui signifie « début » en akan, une langue parlée au Ghana) a ouvert ses portes dans une maison louée pour l’occasion, avec une première promotion de 30 étudiants. Actuellement, l’université Ashesi possède un campus de plus de 40 hectares à Berekuso, sur les hauteurs d’Accra, la capitale du Ghana, et accueille 900 étudiants.

    Elle propose des cursus de quatre ans en ingénierie, administration des affaires, informatique et gestion des systèmes d’informations. La formation repose sur un programme interdisciplinaire, en insistant sur le leadership, l’éthique et l’entrepreneuriat. Avant d’obtenir leur diplôme, tous les étudiants prennent part à des activités de services pour la communauté.

    L’université Ashesi accorde une place importante à la diversité culturelle, économique et du genre : 50 pour cent des étudiants bénéficient de bourses partielles ou complètes, la moitié des étudiants sont des femmes, et plus de 20 pays sont représentés sur le campus. Par ailleurs, en 2008, les étudiants d’Ashesi ont mis en place un Code d’honneur par lequel, ils s’engagent à faire preuve d’un comportement éthique, une première dans les universités africaines.

    Après avoir reçu le Prix, Patrick Awuah a déclaré que celui-ci va lui permettre de poursuivre le travail initié au sein d’Ashesi, pour continuer à inspirer et à éduquer les nouvelles générations, afin de leur donner les moyens de naviguer dans la complexité de la croissance de l’Afrique et devenir un exemple pour le reste du monde.

  • Ghana: Nana Akufo-Addo a triplé la croissance en 6 mois [Zoom]

    Ghana: Nana Akufo-Addo a triplé la croissance en 6 mois [Zoom]

    Élu à la tête de son pays il y a quelques mois, Nana Akufo-Addo repose ses actions sur de multiples projets qui doivent faciliter le développement économique du Ghana.

    Arrivé au pouvoir dans une situation économique difficile le président ghanéen tente de faire revivre le pays en augmentant le niveau de vie des populations. Pour atteindre cet objectif, Nana Akufo-Addo s’est entouré d’homme de confiance. Dans son équipe gouvernementale, les portefeuilles importants ont été confiés à des ministres expérimentés. Comme Anthony Akoto Osei chargé de la Surveillance et de l’Évaluation des actions de tous les ministères. L’exécutif compte ainsi réduire la dette au PIB durant son mandat. Il s’agit de la faire passer de 71 % à 50 %. En quelques mois, le nouveau chef de l’État a pris des mesures urgentes visant à améliorer la situation du pays.

    Pour renforcer la croissance économique du pays, le président a par surprise choisi de tourner le dos au FMI. Nana Akufo-Addo a décidé que le programme d’aide du FMI dont bénéficie le Ghana ne soit pas reconduit après avril 2018. Le Ghana ne devrait plus d’ailleurs recourir à des financements extérieurs pour financer son budget. Le pays mise sur l’industrie et le secteur privé pour renforcer la croissance économique. Contre le chômage, Nana Akufo-Addo a pris des mesures incitatives avec des appuis financiers en faveur du secteur privé et de l’entrepreneuriat des jeunes. Mais le président s’emploie aussi à assainir le secteur minier et à promouvoir une bonne gouvernance. Les investissements en faveur des infrastructures ont été augmentés. Et le chef de l’État en est convaincu, ses décisions vont favoriser une croissance inclusive et une création d’emplois. Pour un économiste ghanéen, la réussite du mandat du président sera jugée à la réduction ou non de la pauvreté et des disparités sociales dans le pays. D’ailleurs la croissance économique des six premiers mois de son mandat tourne autour de 9,5 % selon le bureau national des statistiques, soit le triple de 2016 sous le gouvernement du président John Mahama.

    Miser sur l’agriculture, le numérique et l’éducation

    Dans sa quête de transformation de l’économie ghanéenne, le président a annoncé la réduction des dépenses du pays aux importations alimentaires qui coûtent aux finances publiques plus de 2 milliards chaque année. En contrepartie, l’État va lancer des projets agricoles dont peuvent bénéficier des agriculteurs. 200 000 agriculteurs ciblés vont recevoir un soutien en intrants, engrais, insecticides, en plus du support d’agents chargés de la vulgarisation. En parallèle à l’industrialisation annoncée, Nana Akufo-Addo veut faciliter l’accès à des financements à moyen ou long terme à faibles taux d’intérêt. Des initiatives stratégiques d’ancrage industriel sont déjà introduites. Un parc industriel et une zone économique spéciale dans les dix régions économiques vont aussi être construits. Si la situation s’annonce dure avec un déficit qui devrait atteindre 6,5 % du PIB à la fin de l’exercice en cours, Nana Akufo-Addo s’engage à réduire les impôts. Comme il l’avait promis durant les campagnes, des projets de construction d’usines dans les 216 districts du pays ont été initiés. Ils sont complétés par l’ambition du gouvernement de construire des barrages dans les villages.

    Le nouvel exécutif mise aussi sur le numérique pour booster l’économie du pays à travers des projets numériques de développement. Le Ghana est d’ailleurs devenu le premier pays de la sous-région ouest-africaine à lancer un permis de conduire numérique. Un projet d’adresses numériques pour les rues et les immeubles a également été initié. À cela s’ajoute le grand bond effectué dans le secteur de l’éducation qui devrait contribuer au développement du pays. L’État a en effet décidé de rendre gratuite l’éducation dans le secondaire, notamment au lycée. Dans ce cadre, 400 millions de Cedis (88 millions d’euros) ont été alloués au budget 2017. Cette décision du gouvernement permet à de nombreuses filles d’avoir accès à une éducation de qualité. Au Ghana près de 85 % des enfants sont scolarisés en primaire. Mais ce pourcentage diminue au secondaire où on enregistre 44 % de filles et 48 % de garçons. Les enfants ghanéens sont peu nombreux à terminer le lycée. Mais avec la gratuité voulue par Nana Akufo-Addo, « le taux d’abandon va essentiellement diminuer au secondaire », analyse un consultant sur les questions de l’éducation.

     

     

     

     

     

  • Hervé Renard, cet apprenti qui a volé les amulettes de Claude Le Roy

    Hervé Renard, cet apprenti qui a volé les amulettes de Claude Le Roy

    Quand en ce samedi 11 novembre 2017, Hervé Renard qualifiait le Maroc pour la coupe du monde Russie 2018, il réalisait un exploit que bon nombre d’autres sélectionneurs n’ont pas pu faire en Afrique.

    « Personnellement j’aimerais affronter la France. J’aimerais être dans le groupe de la France ». C’est en ces mots que Hervé Renard s’enflait, quand il a réussi ce que beaucoup appellent par une grande victoire en battant les Éléphants de la Côte d’Ivoire chez elle par 2 buts à 0. Le lendemain, Claude Le Roy a dû se fier à son chapelet pour une mission qu’on voit au Togo, comme suicidaire : battre les Dodos de l’Ile Maurice, 158e du classement mondial de la FIFA. S’il est vrai que le match était sans enjeu, à plus forte raison avec une formation au demeurant docile, Claude, Le Roy avait un défi, et nombre de Togolais l’attendaient à ce tournant.

    Hervé Renard, le nouveau sorcier

    Depuis que Hervé Renard s’est séparé de son mentor, celui semble chiper à son père spirituel, celui qui était toujours considéré comme le « sorcier blanc », ses meilleurs gris-gris.

    Dans la presse marocaine au lendemain de la qualification du Maroc, les mots pour affubler le renard du football africain ne sont pas rares. « Génie », « sorcier », « l’imbattable », « magicien »… Dans le royaume chérifien, il est adulé. Et si nul ne sait les mots que le roi Mohammed lui a glissés au téléphone à quelques minutes après le coup de sifflet final du match contre la Côte d’Ivoire, on sait au Maroc, combien le roi tient à cette participation du Maroc à la coupe du monde, et pourquoi il compte sur Hervé Renard.

    Mais il faut se le rappeler : Hervé Renard mettant tout un pays africain en liesse est une situation qui revient à intervalles réguliers. Depuis qu’il s’est senti prêt à poursuivre son chemin en quittant Claude Le Roy, chaque aventure de cet entraîneur à la tête d’une équipe de ce continent semble être jalonnée de succès. Hervé Renard en Zambie : la sélection nationale gagne la CAN en 2012 pour la première fois de son histoire. Hervé Renard en Côte d’Ivoire : l’une des meilleures générations des Éléphants, jusque-là en disette, remporte enfin ce même titre continental en 2015 avec lui sur le banc. Deux exploits le conduisant à être le seul coach à avoir brandi le trophée avec deux nations différentes. Hervé Renard a bâti en l’Afrique, un vrai empire et y installe une suprématie sans concurrence. L’homme tisse au fil des temps les cordes qui le mènent vers son propre succès. Tout ce qu’il touche devient de l’or.

    Après un passage non réussi en Ligue 1 français en tentant sa chance avec Lille, les défaites cumulées au bout d’une dizaine de journées de la saison 2015-2016 lui a valu un licenciement. On pouvait alors penser que le cercle vertueux Hervé Renard allait se rompre, que l’intéressé retomberait un peu de son piédestal pour rejoindre la grande famille des entraîneurs oubliés après une entame de carrière tonitruante. Il a plutôt préféré sortir un troisième album — Hervé Renard au Maroc — dans lequel les Lions de l’Atlas se qualifient pour la Coupe du monde, une première depuis 1998, en s’extirpant d’un groupe composé du Mali et de la Côte d’Ivoire.

    Pendant ce temps, rongé par l’âge et confronté à un cas particulier comme celui du Togo, Claude le Roy continu, l’air parfois indifférent, d’essuyer des critiques et des remontrances des Togolais. Lui prophète ou sorcier ailleurs, comptabilise un bilan médiocre depuis sa venue au Togo sur invitation personnelle du président togolais en avril 2016.

    Au point où le Mouvement Martin Luther King commence par réclamer sa tête, au regard du salaire spécial qu’on lui fait, forte d’une bagatelle de 25 millions de FCFA, meilleure offre dont on peut rêver en tant que sélectionneur du Togo. Toutefois, il faut aussi souligner qu’à la tête de la sélection togolaise, Le Roy n’a pas encore échoué. La mission qui lui avait été confiée quand il arrivait au Togo est de faire participer le pays à la CAN 2019. Sur ce terrain, l’homme a devant lui des occasions pour se racheter.

    Mais comparé à Renard, le Roy, recordman de participation à la Coupe d’Afrique des nations (9 participations au total), c’est seulement une fois champion d’Afrique en 1988, avec le Cameroun après trois décennies passées à fureter le continent. Le Sénégal, la République Démocratique du Congo, le Ghana et le Congo Brazzaville ont tous profité de l’âge de 68 ans du sorcier blanc. Renard, c’est en 2008 qu’il s’est séparé de son mentor. Lorsque Le Roy entraînait 2008 les Black Stars du Ghana et était médaillé de bronze en Afrique, son assistant Renard était encore inconnu.

    Secret de parrain

    Le Roy peut envier à Renard ce qu’il n’a jamais pu réussir sur le continent africain.

    Dans le magazine So Foot, Claude Le Roy, l’homme qui a lancé Renard dans le métier en le prenant comme adjoint au début des années 2000 disait : « Lorsque j’ai emmené Hervé avec moi à Shanghai en 2001, alors que je recherchais un staff, je lui ai dit que l’une des conditions à la réussite du job d’entraîneur en Asie ou en Afrique n’avait rien à voir avec le foot de chez nous. Si vous n’êtes pas au fait de la culture locale, de la géopolitique, de l’histoire ou que vous ne maîtrisez pas leur langue, ça ne le fera pas. Il ne suffit pas d’être bon sur le terrain. Si vous allez au Congo et que vous ne connaissez rien de Patrice Lumumba ou de la sécession du Katanga, si vous allez au Cameroun et êtes étrangers à l’UPC ou aux pluies acides de l’armée française durant la quête de l’indépendance, si vous allez à Shanghai et n’êtes pas au fait des relations sino-japonaises, vous n’y arriverez pas. » Le conseil semble être écouté.

    Âgée aujourd’hui de 49 ans, la méthode Hervé Renard semble marcher quasiment à chaque fois sur le sol africain, mais ne présente rien de surnaturel. Il use des recettes communes, presque standards : jeu défensif, construction d’un esprit commando pour juguler la pression, et beaucoup de pragmatisme. Hervé Renard n’a rien de dogmatique. Ses idées tactiques ne révolutionneront pas le football. Il n’a pas à réinventer le foot, et il le sait.

    Mais l’Afrique paraît privilégier les pragmatiques, ceux qui font passer les contextes avant leurs idées. Pour vaincre la Côte d’Ivoire samedi soir sur son propre terrain à Abidjan, il a fallu prendre la dimension du côté traquenard de ce match. Il ne s’agissait pas d’une partie d’échecs cérébrale contre son homologue Marc Wilmots. Il a fallu mobiliser ses troupes pour un combat où chaque duel sur le terrain se devait d’être gagné par les joueurs marocains pour assurer le triomphe final. Avec les Lions de l’Atlas, Hervé Renard a des limites tactiques. Le Maroc n’est pas aussi garni que la Côte d’Ivoire qu’il a eu à coacher juste quelque année en arrière. Avec le Maroc, Renard a eu l’intelligence de miser sur la motivation de ses hommes. Si son équipe n’a encaissé aucun but lors de ces éliminatoires, ce n’est pas un hasard : l’abnégation défensive, au détriment de la technique, est l’une des clefs de voûte de la méthode Renard.

    Ce pragmatisme, c’est ce qui achève de convaincre que Hervé Renard a beau faire des miracles en Afrique, la coupe du monde reste un défi hors de portée des gris-gris. Renard n’attend pas aujourd’hui remporter une coupe du monde pour prouver son hégémonie, même si l’homme est constamment attiré par des défis à la limite fous. C’est clair, le Maroc à la coupe du monde, ce sera une mission suicide.

    Du reste, Renard est conscient qu’il a dépourvu son mentor de son auréole de sorcier en seulement moins d’une décennie. Mais il ne tarit pas d’éloges envers celui-ci : « Il m’a tellement donné dans ma vie. Pas seulement sur le football, mais aussi sur la façon d’évoluer en tant qu’homme », a déclaré Renard quand il se préparait à défier pour la première fois son maître en phase de groupe à la CAN 2017. Le Roy a été aussi tout à fait élogieux à propos de l’homme qu’il a encadré et qui est devenu l’autocar le plus recherché en Afrique, son filleul. « Herve sait diriger un groupe et aime ses joueurs », a-t-il déclaré, sans humeur. Pour ce match-là, Renard s’était sans surprise imposé. Le Maroc a battu le Togo 3-1. Une ultime preuve qui avait déjà achevé de convaincre que Renard a volé les amulettes du Roy. Cela va de soi.

  • Togo: les contours du dialogue se dessinent [Synthèse]

    Togo: les contours du dialogue se dessinent [Synthèse]

    Au Togo, le dialogue finalement annoncé par le gouvernement est attendu comme solution à la crise qui secoue le pays depuis trois mois. Ce mardi, l’opposition a rencontré un émissaire du Chef de l’État ghanéen, Albert Kan-Dapaah pour, dit-il, « discuter des contours du dialogue ».

    C’est au détour d’un conseil des ministres tenu ce 6 novembre que le gouvernement togolais a dû, par un communiqué annoncer des mesures prises visant à apaiser la tension palpable depuis presque 3 mois. Au rang de ces mesures prises et qui « pousseront les acteurs politiques à la retenue et au sens des responsabilités afin de sauvegarder la paix et la cohésion nationale », il y a la libération de 42 personnes interpellées jugées et condamnées par diverses juridictions du pays. De même que la restitution des motocyclettes saisies, la levée du contrôle judiciaire contre Jean-Pierre Fabre dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara.

    La principale décision saluée principalement par les chancelleries étrangères qui suivent de près cette crise est l’annonce de l’ouverture prochaine d’un dialogue inter togolais. Depuis ce mardi, si on ne connait toujours pas la date du dialogue, un pas vers ce dialogue a été fait. Pour le ministre ghanéen Albert Kan-Dapaah dépêché à Lomé pour amorcer les travaux, il est convaincu qu’après discussion avec le pouvoir, il trouvera un consensus sur le « quand, comment et où » du dialogue.

    Inévitable dialogue

    Ce dialogue réclamé de façon « immédiate » par la France à travers son ambassade peut en effet ne pas être proche. L’ambassadeur Marc Vizy avait pourtant salué l’acte qui devrait contribuer à une décrispation de la situation politique, alors que l’opposition en étant en général favorable au dialogue ne se désarme pas. « On a noté avec satisfaction le communiquer que le gouvernement. On espère que tout le monde saisira cette main tendue et que le dialogue s’instaurera pour sortir de cette crise. On espère qu’à l’issue du dialogue qui va s’instaurer, une solution sera trouvée pour mener à bien les révisions constitutionnelles de la manière la plus souple possible », avait déclaré le diplomate à l’issue d’une rencontre avec le premier ministre.

    Dans le camp du gouvernement, certaines sources annoncent que celui-ci opte pour un dialogue « inclusif et ouvert ». Un cadre qui pourrait donc être élargi aux autres partis qui ne sont directement pas impliqués dans la crise. Une stratégie qui pourrait permettre au parti au pouvoir de voir les partis de l’opposition se mordre entre elles.

    Quid des différentes positions

    D’un côté, depuis l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi sur les réformes introduite par le gouvernement, le parti UNIR semble être inébranlable sur la tenue dans un bref délai du référendum à l’issu duquel le peuple devrait se prononcer sur les modifications apportées à la loi fondamentale du pays. Une position partagée par le gouvernement qui s’est activé pour la mise en place d’une CENI. Une position qui si elle n’est pas revue à la baisse peut frustrer l’opposition et être source de blocage du dialogue annoncé, étant donné que les 47 amendements faits par les députés de l’opposition lors de l’étude de ce projet de loi ont été simplement balayés du revers de la main.

    Toutefois, le ministre de la Communication, Guy Lorenzo s’est exprimé sur la question du dialogue. Il s’est montré fier à l’idée que l’opposition ait accepté la proposition du gouvernement pour la tenue du dialogue.

    Mais en réalité, selon les les cadres du parti présidentiel campent sur leur décision de voir celui qu’ils appellent leur « Champion » briguer à nouveau deux mandats après l’adoption du nouveau texte constitutionnel, sur fond du principe juridique qui stipule que « la loi dispose pour l’avenir ». Des prises de position qui irritent certains leaders de l’opposition et qui pourraient plomber les ailes des discussions.

    De l’autre côté, des préalables qui ont l’allure des injonctions ne sont pas de nature à faciliter les choses. Jean-Pierre Fabre a exigé entre autres avant l’ouverture d’un dialogue qu’il veut « sincère », la libération des militants de l’opposition arrêtés « injustement » dans l’affaire des incendies des marchés et lors des manifestations récentes avant qu’il y ait un dialogue.

    Pour le Chef de file de l’opposition, le dialogue qui s’ouvrira dans les prochains jours sera une occasion pour négocier avec le pouvoir en place les conditions de son départ. Une question sur laquelle le leader du PNP, Tchikpi Atchadam ne s’est ouvertement pas encore prononcé. Mais Jean-Pierre Fabre tient toujours le même langage ? Les prochains jours en diront davantage.

  • L’Afrique veut se défaire du joug de l’importation du riz

    L’Afrique veut se défaire du joug de l’importation du riz

    L’Afrique continue d’importer du riz malgré la forte production sur le continent. Une situation qui oblige les États à améliorer la promotion des riz locaux.

    L’Afrique se positionne à ce jour comme un grand producteur du riz. Sur les 600 millions de tonnes de riz décortiqué durant l’année, la FAO a indiqué que la part de l’Afrique est importante. En Afrique de l’Ouest, les pays producteurs ont vu leurs récoltes augmentées de 6 %. Il faut dire que les plus importants producteurs du riz en Afrique se situent en Afrique de l’Ouest. Près de 11 millions de tonnes de riz y sont produites ; ce qui représente la moitié de la production du continent.

    L’augmentation de la production est la conséquence d’une politique de développement du secteur rizicole mise en place par la plupart des États. Elle permet au pays « d’éviter une dépendance à l’égard du marché international », soutient un ingénieur agronome, enseignant chercheur ivoirien. Ce dernier explique que les Etats créent de plus en plus les conditions nécessaires pour une économie agricole. « Il y a un marché prêt à consommer du local. Les Etats ne doutent plus », justifie-t-il. Les pays producteurs ont surtout augmenté leur investissement. Au Togo où la production a atteint près de 800 000 tonnes, des soutiens sont apportés aux producteurs locaux. C’est également le cas en Côte d’Ivoire et au Sénégal où les autorités subventionnent les semences et offrent des engrais et des machines aux producteurs.

    Des conditions favorables

    Mais au Nigéria les producteurs bénéficient d’un appui plus conséquent. Le pays a presque augmenté de 10 % sa production en 2016. Plus de trois millions de tonnes de riz ont été décortiqués cette année dans ce pays où les surfaces de production ont augmenté. D’autres pays comme la Guinée et le Ghana connaissent la même situation. Leur production est estimée à près de deux millions de tonnes. Pourtant, les décisions politiques et les réformes économiques ne semblent pas être les seuls avantages du secteur. Selon un fonctionnaire de la FAO, l’Afrique de l’Ouest bénéficie également depuis quelques années de bonnes conditions climatiques. « Les insuffisances techniques sont parfois compensées par une bonne pluviométrie », rappelle l’expert onusien.

    Les producteurs sont confrontés aux difficultés des marchés nationaux. « Le riz local est souvent délaissé au profit de l’extérieur », regrette un commerçant sénégalais. Cette situation entraîne la baisse de production dans les régions de quelques pays. Les États se voient ainsi obliger d’importer des millions de tonnes de riz. L’importation du riz par l’Afrique est considérable. La FAO a déjà annoncé que cela devrait encore être le cas en 2018. Le Nigéria devrait aussi rester deuxième importateur mondial de riz malgré son important volume de production. Toutefois, certains pays commencent par envisager une diminution de l’importation des grains blancs. Le Sénégal a commencé par demander aux entreprises qui importateurs de payer aussi un volume du riz local.

    Promouvoir le riz local

    C’est désormais sur une valorisation de la production locale que les pays misent. Les riz locaux sont de qualité et il est important que chaque État renforce leur promotion auprès de la population. Après, c’est à l’aspect prix que les décideurs politiques comptent s’attaquer. « C’est le nœud du problème, soulève-t-on au ministère togolais de l’Agriculture. Comment convaincre les populations d’acheter du local même si c’est plus cher que ce qui vient de l’Asie ». Un agent de l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA) affirme qu’il est nécessaire de faire comprendre aux populations qu’elles peuvent faire confiance à ce qui est produit au plan local.

  • L’Afrique et ses chances pour remporter le mondial 2018

    L’Afrique et ses chances pour remporter le mondial 2018

    Dans quelques mois le continent africain sera représenté par cinq équipes à la coupe du monde. Avec des parcours différents durant les éliminatoires, les cinq qualifiés ont tous terminé premier de leur poule respective. Parmi elles, seul le Nigéria était présent à la dernière coupe du monde au Brésil. Le Sénégal, l’autre représentant de l’Afrique de l’Ouest, est de nouveau au mondial après son parcours exceptionnel en 2002. Les trois autres pays viennent du Maghreb. Le Maroc, l’Égypte et la Tunisie ne seront tout de même pas à leur première participation.

    Le Nigeria reconstruit

    Les Super Eagles se sont reconstruits. Champions d’Afrique en 2013 avec le regretté Stephan Keshi, les Nigérians ont traversé de longs mois de léthargie avec des absences aux deux dernières éditions de la CAN. Mais ils ont disputé les éliminatoires de la coupe du monde avec beaucoup de maîtrise. C’est une équipe réorganisée avec des joueurs plein de talents couvés par l’expérimenté capitaine Mikel Obi. A la coupe du monde, le sélectionneur Gernot Rohr pourra compter sur d’autres joueurs comme Victor Moses de Chelsea ou le Gunner Iwobi. Présent en 2014 au Brésil, le Nigéria avait été éliminé en huitième de finale par la France.

    Le Sénégal attendu

    C’est une équipe talentueuse. Dynamique avec beaucoup d’individualités, l’équipe sénégalaise est pressentie depuis deux ans comme l’un des effectifs qui doivent jouer les premiers rôles sur le continent. Éliminé de façon inattendue à la dernière CAN, le Sénégal a moyennement négocié ses matches des éliminatoires de la coupe du monde. Le match rejoué contre l’Afrique du Sud a néanmoins permis à Aliou Cissé et son groupe d’assurer leur qualification. Reste maintenant à savoir si Sadio Mané et ses coéquipiers feront mieux que la génération 2002.

    Le solide Maroc

    Les poulains de Hervé Renard ont réussi un parcours impressionnant. C’est la meilleure défense des éliminatoires. Le Maroc n’a encaissé aucun but en six matches. Plus que tout, c’est un collectif qui sait faire déjouer ses adversaires. L’équipe est surtout composée de joueurs talentueux à l’instar de Youssef Belhanda, Sofiane Bouffal ou encore Hakim Ziyech. Vingt ans après leur dernière participation, les lions de l’Atlas retrouvent à nouveau la coupe du monde. En Russie, les coéquipiers de Medhi Benatia tenteront de faire mieux que la génération Naybet, Hadji, Bassir qui avait manqué de peu pour sortir de leur poule en 1998.

    La Tunisie combative

    Les Aigles de Carthage ont mis fin au rêve des Léopards de la RDC avec lesquels ils étaient dans le même groupe. La Tunisie est même à ce jour une des équipes les plus solides du continent. Le match renversant qu’elle a réalisé à Kinshasa alors qu’elle était menée 2-0 l’a prouvé. La combativité de la Tunisie emmenée par des joueurs remuants comme Msakni constitue un atout. Et peut-être que les Aigles feront en Russie un meilleur parcours que celui de leur dernière participation en 2006.

    L’Égypte organisée

    L’Égypte a souvent enchaîné de bonnes performances sur le continent en remportant plusieurs CAN mais a toujours manqué les occasions d’être à la messe mondiale du football. Logée durant les éliminatoires dans une poule avec le Ghana, l’Ouganda et le Congo, elle a su tirer son épingle du jeu, voyageant bien et négociant avec maîtrise ses rencontres à domicile. Le septuple champion d’Afrique a cette fois-ci obtenu son ticket pour Russie 2018. En 1990, lorsqu’ils participaient à leur deuxième coupe du monde, les Pharaons avaient tenu en échec les Pays-Bas, champion d’Europe 1988, réussissent aussi un nul contre l’Eire mais se sont fait battre 1-0 par l’Angleterre. Dans quelques mois l’Égypte va tenter de faire bonne figure en Russie. Et elle peut compter sur Mohamed Sallah un de ses meilleurs éléments. Le joueur de Liverpool a d’ailleurs fini meilleur buteur des éliminatoires.

     

  • Homosexualité: malgré les efforts, l’Afrique reste toujours inaccessible

    Homosexualité: malgré les efforts, l’Afrique reste toujours inaccessible

    Vouloir parler de l’homosexualité sur une terre qui se targue d’être fort attachée à la morale parait démesuré. Cependant, il est difficile de nier d’une manière ou d’une autre la présence de l’homosexualité en Afrique, même si on préfère en parler avec un mépris provocateur sur le continent.

    Le cliché d’un homme tenant la main d’un autre ou d’une femme trop collée à une autre est mal apprécié. Il est question d’une pratique qui n’est pas en odeur de sainteté en Afrique. Parler de l’homosexualité sur le continent comme une pratique de jouissance peut sembler en amont débile. Beaucoup la présente comme un mal à évincer du continent noir tel l’impérialisme. Le débat sur cette pratique qui consiste à sceller une union entre deux personnes du même sexe fait couler beaucoup d’encre et donc, suscite beaucoup d’émotions. En Afrique, quand on est homosexuel, on l’assume et on la subit, ou on le tait jusqu’à jamais. Au point où, l’homophobie est un sentiment partagé.

    Absence de virilité des hommes, sorcellerie, mauvais esprit, passage obligé pour devenir riche ou pour avoir beaucoup de pouvoirs, tous les stéréotypes y passent dans ces sociétés où, le moindre acte taché d’un strict minimum d’anormalité est souvent d’ordre spirituel. Chez certains chrétiens, du fait que les relations sexuelles entre deux hommes soient aussi considérées dans la Bible comme immorales incite les évangélistes à scruter l’homosexualité comme un comportement purement satanique.

    D’autres voient en l’homosexualité, un malaise introduit dans les sociétés africaines par les médias, surtout la télé. Mais pour nombre de chercheurs, l’origine de l’homosexualité en Afrique ou ailleurs, n’est pas un phénomène nouveau. Elle a toujours existé. Elle a pour autant connu une propension fulgurante dans les centres carcéraux et les couvents.

    « Pure Abomination »

    Dans beaucoup de pays africains, la loi contre l’homosexualité est rédigée presque avec les mêmes mots.

    Considérée alors comme résidu du colonialisme, l’homosexualité est traitée comme un délit voire un crime. Entre cause maléfique et biologique, les homosexuels sont parfois vus en Afrique en rapport avec une volonté des Occidentaux de réduire le taux de natalité.

    En effet, les gouvernements postcoloniaux se sont appuyés sur cet héritage pour consolider la criminalisation de l’homosexualité en Afrique. Ainsi, au Sénégal par exemple, l’article 319 du Code pénal adopté le 21 juillet 1965 condamne à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 100 000 à 1 000 000 de francs CFA (de 150 à 1 500 euros) les personnes présumées homosexuelles ; tant, il faut le préciser, si la vie privée peut être du ressort de la famille, la morale publique est du ressort de l’État. Cette interdiction s’exprime de façon explicite, soit par un biais plus implicite : la condamnation de la sodomie.

    Selon l’association Africagay, 38 des 84 pays ayant des législations interdisant des rapports sexuels entre personnes de mêmes sexes sont africains.

    Au Zimbabwe par exemple, un gay encourt une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans de travaux forcés. Même situation en Ouganda, où l’actuel Chef d’État, Yoweri Museveni a demandé publiquement en 1999 à la police l’emprisonnement de tous les gays. Au Nigeria, précisément dans les 12 États du Nord, la situation est encore plus difficile du fait de l’application de la loi coranique qui prévoit la peine de mort. Tout comme en Ouganda.

    Frein à l’aide publique des pays récalcitrants

    Entre homophobie et discrimination raciale qu’ont connue les États-Unis par le passé, l’ancien président américain, Barack Obama avait trouvé juste comparaison, quand son successeur, Donald Trump lui, parait de ce point de vue beaucoup plus « humaniste » aux yeux des Africains, en s’affichant contre le mariage pour tous.

    Mais, alors que l’homosexualité ne semble pas avoir un avenir clair en Afrique, légalement bien-sûr, la pression des puissances occidentales n’est pas à négliger. En effet, l’homosexualité reste un point de discorde entre les dirigeants africains et les puissances pourvoyeuses du continent noir. Alors que la majorité des pays africains répriment l’homosexualité, les États-Unis affirment toujours leur volonté de faire fléchir l’Afrique en utilisant comme arme, les incontournables institutions de Brettons Woods. De ce fait, associant la pénalisation de l’homosexualité au non-respect des Droits de l’homme, nombre d’aides se refusent aux pays africains.

    Homosexualité, halte ?

    Beaucoup de religions voient d’un mauvais œil le « mariage pour tous ». En juillet 2015, après la tournée du président américain Barack Obama au Kenya au cours de laquelle celui-ci a réclamé l’égalité des droits pour les homosexuels, l’épiscopat africain s’est montré rébarbatif face aux vœux d’Obama. Des camouflets et des semonces ont alimenté la riposte. Il y était allé de qualifier la proposition du président américain tantôt d’« anti-humain » ou encore « d’impérialisme culturel ».

    Si d’une part, les religions en Afrique condamnent à l’unisson l’homosexualité, d’autre part, il est aussi question des conséquences qui en découlent comme l’adoption d’enfants. En effet, l’église juge qu’il est quasi impossible aux homosexuels d’élever un enfant pour qu’il soit responsable dans la société.

    « Nous vivons dans un monde où ces choses sont maintenant devenues presque acceptables. Cependant, ce n’est pas parce qu’elles sont acceptables qu’elles sont justes. », a signifié le Cardinal John Onaiyekan, l’archevêque d’Abuja lors d’une interview accordée à la News Agency of Nigeria.

    Même son de cloche chez les prêtres traditionnels. Ceux-ci la prennent également comme non conforme aux valeurs religieuses et donc, passible de « courroux des dieux ». Un prêtre avait expliqué qu’en réalité, l’homosexualité affaiblit et « tue » les dieux de fécondité.

    Cependant, il n’y a pas que la morale religieuse qui attaque l’homosexualité. Barack Obama, au nom de la liberté, a clamé la situation des homosexuels en Afrique. « Quand vous commencez par traiter les gens différemment parce qu’ils sont différents, vous vous engagez sur un terrain où la liberté s’érode », avait-il déjà déclaré en 2015, lors de sa venue dans son Kenya natal. Mais ce postulat ne semble pas préoccuper les dirigeants africains.

    Lors de cette tournée, le président hôte Uhuru Kenyatta n’avait pas prêté attention à la proposition du président américain. Il n’en a guère fait un sujet, puisque selon lui, « il y a des choses que nous ne partageons pas, que nos cultures et nos sociétés n’acceptent pas. » Bien avant, le président zimbabwéen Robert Mugabe avait alors quant à lui ironisé la situation aux dépens de l’homosexualité en déclarant qu’il est nécessaire qu’il se rende à Washington, qu’il se mette à genou pour « demander la main » d’Obama.

    L’île Maurice et l’Afrique du Sud, les bons élèves

    Sur le continent, il n’y a pas que les institutions étrangères qui luttent pour la liberté des homosexuels. Contre vents et marées, des associations de défenses des droits des homosexuels naissent également, principalement à Maurice, en Afrique du Sud ou encore au Zimbabwe. En 2007, suite à un atelier à Ouagadougou, l’association française AIDES crée l’Africagay, une association visant à informer sur le droit des homos. Dans certains pays, ces genres d’associations sont légion. En Côte d’Ivoire, après la crise de septembre 2002, la capitale était devenue une ville où les homosexuels peuvent s’afficher sans grande crainte.

    Dans cet état d’interdiction presque généralisée, l’Afrique du Sud est l’un des rares pays du Sud, avec les îles Maurice, à célébrer la Gay pride, journée de la fierté homosexuelle. Toutefois, le chemin est encore long.

  • Afrique: voici les villes où prospèrent mieux les multimillionnaires

    Afrique: voici les villes où prospèrent mieux les multimillionnaires

    L’Afrique s’est montrée ces dernières années ouverte aux grands projets économiques, et favorable à l’épanouissement du secteur privé. Cet état de fait a conduit à l’émergence d’un grand nombre de millionnaires dans les principales métropoles africaines.

    Selon le magazine Forbes qui a établi ce classement, l’environnement favorable aux affaires a été très bénéfique au secteur privé. Certes, les réussites ne sauraient se résumer à des facteurs externes. Toutefois, dans la grande majorité des cas, ces millionnaires apparaissent d’abord comme les bénéficiaires d’un cadre propice à la création d’entreprises et à l’investissement : un écosystème pour startups solide, un vaste marché de consommateurs, la présence de multinationales, la stabilité politique ou la capacité des tribunaux à trancher rapidement des litiges commerciaux, relève le magazine.

    Parmi ces espaces favorables aux grands patrimoines africains, huit villes du continent se détachent par le nombre de High Net Worth Individuals (HNWI) qu’elles abritent. Pour rappel, dans le jargon financier, les HNWI correspondent aux personnes disposant d’actifs équivalant à au moins 1 million de dollars US, sans compter leur résidence principale et les biens de consommation. Florilège.

    Nairobi

    En l’an 2016, d’après l’African Wealth Report (AWR), on dénombrait 5,771 HNWI dans la capitale kényane. Depuis un moment, Nairobi est devenue la capitale de rêve des grands investisseurs. Doté d’infrastructures de classe mondiale pour le tourisme d’affaires, Nairobi attire les talents de tous horizons et sert de quartier général aux grands noms du web et de l’informatique tels que Microsoft, IBM ou Google pour leurs opérations en Afrique de l’Est. La ville s’affirme du reste comme un hub numérique bouillonnant, au point que l’écosystème technologique kenyan est surnommé la « Silicon Savannah ».

    Casablanca

    La capitale du Maroc, une ville au sein de laquelle une grande partie des près de 5000 millionnaires en dollars du royaume chérifien seraient concentrés. La proximité géographique de la métropole avec l’Europe constitue sans conteste un atout, qui permet aux entrepreneurs de conquérir d’autres marchés de consommation. Première fortune du pays, l’homme d’affaires Othman Benjelloun (Fortune : $1.9 milliard selon Forbes US) y a pour sa part implanter le siège social de BMCE Bank of Africa.

    Le Bloomberg Innovation Index 2017 place quant à lui le Maroc dans le top 50 des économies les plus innovantes au monde et le Global Entrepreneurship and Development Institute (GEDI) considère que le pays offre un bon savoir-faire en matière de TIC. En tant que centre financier, Casablanca a détrôné la ville de Johannesburg, devenant 1ère du classement en Afrique en termes d’attractivité selon le Global Financial Centers Index, l’indice de référence du secteur.

    Lagos

    La capitale économique de la première puissance mondiale, fort de ses 12,5 millions d’habitants, compterait selon l’AWR 8024 millionnaires. Une ville où les grandes enseignes internationales se ruent pour conquérir les classes moyennes, malgré les problèmes d’insécurité qui perdurent dans de nombreuses zones. Les secteurs porteurs y sont nombreux, parmi lesquels le transport, l’agroalimentaire, le textile, la téléphonie mobile et le BTP. Figure tutélaire du monde des affaires local, Aliko Dangote (fortune : $12.4 milliards selon Forbes US) a de son côté su profiter de cet immense marché intérieur pour bâtir son empire industriel, axé autour du ciment et faire avancer ses autres intérêts.

    Johannesburg

    L’African Wealth Report en 2015 a recensé 25.535 HNWI à Johannesburg, la plus forte concentration de millionnaires pour une ville africaine. On y trouve parmi eux Patrice Motsepe ($1.1 billion) et sa sœur ainée Bridgette Radebe qui ont investi, chacun de leur côté, dans l’or et le platinum. La « Cité de l’Or » demeure le poumon économique de l’Afrique du sud, un pays où il est facile d’obtenir un crédit bancaire pour lancer son activité.

    Gaborone

    Gaborone est la capitale du Botswana, un pays salué dans le monde entier comme une démocratie au fonctionnement exemplaire. D’après l’étude « New World Wealth Report », l’on y dénombrerait 1200 millionnaires, parmi lesquels Kagiso Mmusi, fondateur de Pula Holdings, un véhicule d’investissements constitué de participations dans les TIC, la publicité, l’énergie et la grande distribution. Avec un système financier développé, Gaborone offre l’un des environnements les plus favorables aux affaires du continent (3e), selon le dernier rapport Doing Business de la Banque mondiale. Ajouté à cela le fait que le délai concernant le règlement des litiges né d’une activité commerciale est relativement court par rapport à la moyenne dans les autres métropoles du continent. D’une manière générale, le Global Peace Indexconsidère que le Botswana figure parmi les pays les plus pacifiques du monde, un critère qui peut influe à coup sûr les super riches dans leur décision d’investir au Botswana.

    Le Caire

    Naguib Sawiris, actionnaire principal de l’opérateur de téléphonie Orascom Telecom Holding, dont la fortune est estimée à 3,8 milliards de dollars selon Forbes US fait partie des 13,426 HWNI recensés au Caire selon l’AWR. En Égypte, Internet a un poids grandissant dans l’économie. Le taux de pénétration d’Internet en Égypte avoisine les 40 %, selon le site « Internet World Stats » et il est fort à parier que le commerce électronique et la téléphonie mobile constitueront des opportunités d’investissement prometteuses, particulièrement dans la capitale égyptienne, qui représente le deuxième marché de consommateurs le plus important sur le continent africain après celui de Lagos (environ 10 millions d’habitants).

    Cape Town

    Raymond Ackerman (fortune : 545 millions de dollars selon Forbes US), fondateur de Pick N Pay Group, une chaine de supermarché fait partie des 9,846 millionnaires se trouvant à Cape Town (Source : AWR). Selon une enquête du cabinet Ernst & Young datée de 2014, le marché des médias et le tourisme seraient des secteurs particulièrement porteurs. La « Cité-Mère » se distingue également par un écosystème entrepreneurial performant, la ville représentant notamment un hub pour le high-tech sud-africain. D’où la création de Silicon Cape, une association qui est censée contribuer à l’amélioration du climat des affaires, et susceptible de faire émerger des start-ups à fort potentiel de croissance.

    Accra

    Accra est la capitale d’un pays qui figure parmi les nations les plus stables sur le plan politique, un critère pris en compte par les aspirants entrepreneurs et les investisseurs potentiels. En 2015, Accra comptait 2303 millionnaires selon le cabinet New World Wealth. Kwabena Duffuor, propriétaire de Star Assurance Company Limited, le groupe de médias « EIB Network Ghana » et uniBank Ghana y a installé le siège principal de ses affaires. L’édition 2014 de Doing Business indiquait par exemple que le « Ghana présente le meilleur environnement des affaires en Afrique de l’Ouest » et le « Global Entrepreneurship and Development Institute » a récemment placé le pays dans le top 5 des meilleurs écosystèmes entrepreneuriaux en Afrique subsaharienne.