Catégorie : Togo

  • Togo: la difficile éclosion des startups du numérique

    Togo: la difficile éclosion des startups du numérique

    Les brises de l’entrepreneuriat qui soufflent sur les pays émergents asiatiques ont fini par avoir raison de l’Afrique. Exposé à un taux de chômage très élevé et qui ne cesse de croitre de manière exponentielle à cause d’un taux de natalité relativement fort face à des politiques d’emploi non efficaces et à des économies qui n’évoluent que lentement, les jeunes sont presque condamnés à une alternative d’auto-emploi.

    Au Togo, après une longue période caractérisée par des cycles de stagnation et de récession liée à plus de quinze ans de crise sociopolitique, l’économie togolaise est marquée, durant les huit dernières années (2005 à 2012), par des signes d’une reprise progressive. Ainsi, le taux de croissance économique qui a été en moyenne de 2,4% sur la période 2005 à 2007 s’est progressivement et de manière régulière engagée sur une trajectoire ascendante jusqu’à atteindre 5,9 % en 2012.

    Si cette performance économique est louable, son impact sur les conditions économiques et sociales des populations est resté mitigé. Toutefois, cette situation globalement précaire est adossée un taux du chômage et de sous-emploi au Togo relativement très élevé. Au grand nombre de chômeurs, s’est ajouté le développement d’un secteur informel, laissé jusque-là à lui-même, dont le niveau de sous-emploi apparaît aujourd’hui comme une pesanteur quant à la création d’emplois décents et durables.

    Dès lors, des initiatives naissent sur le terrain. Le Togolais Dona Etchri a été primé à Paris au programme de Connexions Citoyennes 2017 organisé par CFI, avec sa nouvelle application dénommée Doomevi, « une application qui va améliorer la participation citoyenne dans la vie active de la nation togolaise en stimulant le sérieux et la promptitude dans la réparation et l’entretien des infrastructures publiques ». D’autres jeunes Togolais comme Sam Kodo s’illustre dans la robotique, comme Limpio Studio qui s’est fait connaitre avec le premier jeu vidéo togolais.

    Le grand assaut

    Au Togo, la situation n’est pas tout autre. Le marché de l’emploi consomme très peu de jeunes que les universités n’en produisent. Le chômage est galopant.

    Si le gouvernement s’aperçoit fébrile face aux politiques d’emplois des jeunes, il a néanmoins des approches de solution, en passant par la création d’un ministère du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes. Depuis, des structures ont été créées ayant pour mission d’accompagner les jeunes à faire éclore leur leadership et à s’engager dans l’auto-emploi.

    Depuis la création du Fonds d’appui à l’initiative économique des jeunes (FAIEJ), le bilan est sans doute mitigé, mais l’Etat est tout de même satisfait de faire sortir de son laboratoire des jeunes entrepreneurs. Cette initiative qui forme des jeunes de 18 à 35 et finance leurs projets se veut un système de prêt permettant de financer à hauteur de 95% le coût total de projet. Le taux applicable est de 4,5% avec un différé maximum de 6 mois, et ce, selon la nature de l’activité, sur une durée maximale de 36 mois.

    Dispositif d’accompagnement technique et financier opérationnalisé en 2013, le FAIEJ dans le cadre de sa mission, soutient les jeunes porteurs d’initiatives d’entreprises. A ce jour, plus de 1 500 projets sont structurés dont un millier financé à hauteur de 1 700 000 000 F CFA, selon les responsables.

    Difficultés

    Au Togo, nombre sont les difficultés liées au secteur de l’entrepreneuriat. S’il est vrai que le Centre de formalités des entreprises est de plus en plus opérationnel et simplifier, d’autres contraintes subsistent encore.

    Le Togo mise en effet sur le secteur du numérique pour doper son économie. Depuis la mise en place du ministère des Postes et de l’Économie numérique, des initiatives dans le sens de l’innovation numérique intéressent et les occasions pour les primer ne font pas défaut.

    Toutefois, pour les startups spécialisées dans le numérique et dans la technologie, les coupures régulières et intempestives de l’électricité ajoutées aux censures sur internet que le pays a connu lors de la crise sociopolitique constituent un réel manque à gagner pour les jeunes entrepreneures. « Déjà que la qualité de la connexion internet est médiocre, mais chère, cela ne facilite pas les choses. Ensuite, les coupures de la connexion bouleversent les prévisions et nous mettent dans l’incertitude constante » a confié un jeune entrepreneur digital.

    En effet, ce problème est souvent relevé, mais pas que. D’autres pointent, sans être contre le principe au fond, le fonctionnement de l’Office togolais des Recettes qui ne favorise pas la bonne croissance des startups, mais plutôt les « étouffe ».

    Autre point souvent ressorti : le manque de financement. « Le Togo fait un effort, mais il reste beaucoup à faire. Pour un pays qui a besoin de compter sur les compétences locales pour, à la fois relever l’économie du pays et contribuer à la résolution des problèmes de chômages, c’est encore insuffisant », nous confie un entrepreneur. Conséquence, les jeunes cerveaux préfèrent aller se faire valoriser sur d’autres marchés comme en Europe, en Asie, en Amérique voire en Afrique de l’Est et australe, ces régions hautement fertiles aux innovateurs.

    Pour autant, bien de jeunes entrepreneurs ne désarment pas. Ils sont plus d’un à être persuadés, tout comme la ministre togolaise de l’Économie numérique, que le Togo représente une terre d’opportunité pour quiconque veut entreprendre en numérique, tant que le rêve de faire de Lomé un hub numérique n’est pas encore mort.

  • Cyclisme: un sport en quête de repères au Togo

    Cyclisme: un sport en quête de repères au Togo

    Ce n’est pas exagéré : à 23 ans, Raouf Akanga est au cyclisme togolais, ce qu’a été Mère Térésa aux orphelins.

     Demandez au jeune Raouf Akanga, le maillot jaune et pionnier du cyclisme au Togo un entretien pour parler explicitement de cette discipline pour laquelle il voue un culte, vous-vous rendrez compte de deux choses à la fois : l’endurance et la foi des pratiquants de ce sport malgré les moyens presque inexistants. Ensuite, un drôle de professionnalisme.

    Stade omnisport de Lomé. Sous l’ombre imposant de l’hôtel Radisson Blu 2 février git un vieux bâtiment de 5 pièces de chambres au maximum, aux badigeons salis, sans enseigne. Rien en commun avec cette grande villa non loin du stade de Kégué, avec une grande cour au milieu de laquelle trône un épervier posé sur un ballon de football. Le siège de la fédération du cyclisme lui, n’a pas de réputation.  En effet, en général, l’histoire même du cyclisme togolais, c’est cette histoire intéressante à sa genèse et ennuyeuse à la fin. Cette histoire a un début : 1962, avec des pages écrites par d’inlassables coureurs comme Anani Koffi, Morera Komi ou encore Rodriguez Amavi. Et ce n’est pas le président de la Fédération togolaise du Cyclisme, le très franc Monsieur Anani  Assiongbon qui dira le contraire. Le dernier tour cycliste du Togo illustre à perfection la situation: Vainqueurs au début, loosers à la fin.

    Descente aux enfers

     Le tour cycliste international organisé depuis 1989 à l’endroit des amateurs pressentait pourtant un bon avenir. L’objectif était de révéler les nouveaux talents togolais. Bilan de la mission, mitigé.

    En effet, au Togo, c’est à l’approche d’une compétition qu’on connait les cyclistes. Ils ne sont pas formés au siège. En réalité, à en croire certaines personnes de cette fédération, cette dernière et les pratiquants de ce sport sont victimes de ce qu’on peut appeler de l’injustice ou de la discrimination. Cette discrimination, elle vient du fait que les dernières aides de l’État togolais à la fédération du cyclisme datent de quelques années. Elles sont sporadiques. Et les fois qu’elles ont été reçues, rarement elles ont dépassé le cap de 10 millions, selon une source interne. Autrement, moins que le salaire mensuel du sélectionneur de l’équipe nationale togolaise de football. Alors qu’en marge de cela, le vélo professionnel offert par l’Ambassade de France pour le dernier tour cycliste a coûté un peu plus de 3 millions F CFA.

    Cette fédération se nourrit des miettes amassées après l’organisation du tour cycliste togolais dont le français Francis Ducreux se veut garant. Ou parfois, des aides du Comité olympique du Cyclisme. Raison de plus, il est difficile de former de nouveaux cyclistes au Togo.

    Seulement quelques clubs, 10 au total à Lomé, Kpalimé et ailleurs, font ce titanesque travail de perpétuation de la discipline. Sur ce coup, Raouf Akanga est encore présent avec son projet Kpalimé Cycling Project. Une association qui a pour vocation de promouvoir le cyclisme auprès des jeunes, en faisant des dons des matériels. A savoir la source de financement, elle vient des bonnes volontés, surtout de l’étranger. Et rien d’autres, ni de la fédération, ni de l’État via le ministère tutélaire.

    Par ailleurs, ces quelque 18 cyclistes togolais qui ont actuellement une licence ne vivent pas de ce métier. Ils ne sont pas « nourris par la fédération ». De même, leurs matériels leur appartiennent. Ils s’enregistrent eux même auprès des clubs où ils s’occupent de leurs formations et des frais que cela peut engendrer. Les seules choses qu’ils bénéficient de la fédération, ce sont les primes de sélections pour les compétitions.  Ou alors, à la veille d’une compétition, la fédération aide les jeunes sélectionnés avec « quelques pièces détachées » pour ceux qui ont besoin. « Nous sommes dans l’amateurisme encore. » Reconnais monsieur Émile Olympio. Pris isolément, la fédération n’a pas de matériels à proposer. Elle n’a pas un vélo. Et Raouf Akanga en a encore fait les frais lors d’un récent tour de Bénin, où son vélo a été cassé sans qu’il n’ait pas de vélo secours, alors même qu’il était en tête de course. Mais il n’en meurt pas de remords. « Nous devons nous réveiller athlètes et dirigeants, nous mettre sérieusement au travail pour faire progresser le cyclisme, » a-t-il confié.

    Alerte

      « Autrefois, les coureurs étaient dociles. Entretemps, les pays voisins nous craignaient. Mais maintenant, nous sommes arrivés à un niveau zéro », selon le secrétaire de la fédération. Ce niveau zéro est marqué par l’organisation du tour cycliste qui revient onéreuse à une fédération, actuellement en quête de repères. L’organisation d’un tour cycliste revient à plus de 40 millions de F CFA. Parfois, il arrive même qu’aux derniers moments, les choses soient modifiées. Un peu comme de la broderie, faite dans l’intention de trouver à chaque participant, de quoi ne pas rentrer au bercail bredouille.

    Le cyclisme est un peu mal vu au Togo. C’est en réalité beaucoup de choses qui échappent à ce public hilare que les cyclistes dépassent dans leurs épreuves. Un manque de soutiens alarmant. Le secrétaire avoue chaque fois déposer des demandes de sponsoring qui restent toujours sans suite. N’eût été l’amour-passion d’un enseignant cycliste français du nom d’Henry Ducreux, à l’endroit de cette épreuve sportive, devenu par le temps promoteur du cyclisme togolais, cette histoire aurait déjà écrit sa dernière page. Puisqu’en fait, c’est lui qui cherche chaque fois à la veille de la compétition, du financement.

    Mais le haut de cette histoire c’est aussi, un futur imminent, que marqueront probablement encore plus les noms comme Akanga Raouf, Mensah Walter ou encore Abino Amen, de jeunes protégés de la fédération. Elle ne jure que sur leurs talents. Soit eux, soit la fédération n’a plus d’espoirs. Même si les moyens mis à leur disposition restent très insuffisants. Le maillot jaune togolais le sait, et il nous l’a confié : « je vais toujours me battre pour trouver les moyens et représenter valablement le Togo ». Soit !

     

  • BForum: les Togolais réinventent le e-learning

    BForum: les Togolais réinventent le e-learning

    Disponible sur la toile depuis 2015, le site web BForum (Big Forum) est développé et coordonné par des Togolais qui se donnent pour mission de répondre à plusieurs préoccupations des populations.

    L’équipe en charge de ce site web est composée de DJOMATIN Boris, BAITE Thierry et de BOULEY Kossigan. Ces derniers sont partis du constat selon lequel il existe au sein de la population et au niveau de chaque couche, un manque d’information, d’orientation et de partage sur de multiples sujets. Face à leur constant, les trois entrepreneurs ont ainsi réalisé leur projet de mettre en place un site web qui servira de mettra à la disposition de la population des solutions aux différents problèmes. Le site web BForum contribue à l’éradication de ces différents problèmes. Il est réservé à tous ceux qui ont envie de « découvrir, de comprendre et d’échanger ».

    Le site web a pour but premier de former toutes personnes désireuses d’apprendre davantage. Il constitue ainsi un moyen d’éducation. Il sert aussi de canal pour former des désireux en développement personnel. BForum participe à la création d’une communauté de personnes qui vont s’aider et se soutenir en partageant les uns avec les autres leur connaissance et expérience. Une communauté dans laquelle « toutes les personnes membres se complètent pour permettre l’évolution des uns et des autres et ainsi faire évoluer le monde ».

    Disponible sur la toile depuis bientôt deux ans, www.bforum.net constitue déjà une grande plateforme de communication. Ses développeurs et coordonnateurs comptent améliorer ses offres au fil du temps.

     

     

     

     

  • Dokita Eyes: l’application santé pour les patients de Lomé

    Dokita Eyes: l’application santé pour les patients de Lomé

    Conçue pour rendre plus accessibles les soins de santé aux populations, l’application Dokita Eyes est équipée de 4 interfaces pour le patient, le pharmacien, le laborantin et le personnel soignant. 

    La conception de cette application constitue une alternative pour l’utilisation de carnet de santé, la rédaction de l’ordonnance par le médecin. Ce dernier peut grâce à l’application conseiller son patient. Dokita Eyes donne la possibilité aux patients de commander différents services de santé. Il peut s’agir de « l’achat d’un produit à la pharmacie, d’une analyse médicale ou encore d’une course pour son assurance santé ». Madzé Agbetiafa, le concepteur de l’application explique qu’une équipe a été mise en place pour satisfaire les commandes des populations. Selon lui, les produits commandés sont directement livrés à l’adresse de livraison indiquée.

    Toujours grâce à l’application les laborantins peuvent sous forme d’alertes envoyer directement à des médecin-soignants les résultats des analyses de leurs patients. Dokita Eyes est mis gratuitement à la disposition de la population. L’équipe en charge de l’application a également signé une collaboration avec l’hôpital de Bè, un centre de santé de la capitale togolaise. Madzé Agbetiafa indique également qu’un carnet de santé virtuel a été mis en place. Pour l’utiliser, les patients doivent « payer une carte numérisée « Dokita Eyes Card » au prix de 3500 F CFA pour une validité de 12 mois ».

    Plateforme d’échanges

    Cette solution mobile innovante d’E-santé, Dokita Eyes App, apporte une célérité à la prise en charge des malades à Lomé. Parce qu’elle sert à la fois de plateforme d’échanges pour le personnel soignant, de carnet de santé numérique, de canal d’accès aux services de santé pour gagner du temps. Dokita Eyes constitue un important apport dans le domaine de l’E-santé.

    L’application a d’ailleurs été finaliste du concours RFI Challenge App Afrique qui récompense les innovations numériques permettant d’améliorer la qualité des services de santé sur le continent. Fort de son succès, Dokita Eyes a également été nominée à la première édition de l’Africa Global Telecom Business (GTBM) Awards destiné à récompenser les innovations et les acteurs du monde du numérique.

     

     

  • The Boy In Savannah, le premier jeu vidéo togolais cartonne

    The Boy In Savannah, le premier jeu vidéo togolais cartonne

    Conçu sur l’initiative de jeunes togolais, le premier jeu vidéo togolais a reçu en deux ans l’adhésion de plusieurs utilisateurs.

    C’est en décembre 2015 que de jeunes togolais réunis sur le label LimPio Studio lancent la première version du jeu « The Boy in Savannah », premier jeu vidéo entièrement réalisé au Togo. Quelques mois plus tard, une version améliorée du jeu est mis en ligne « The boy in the Savannah Advanced Edition », plus innovant et dynamique.

    Tout est parti de la startup LimPio Studio, cofondé par deux jeunes togolais, Gérard Limpiyè Pana, étudiant en programmation et Pio Jules Tchédou, étudiant en architecture. Un troisième (KPANOU Loyimon Ferry) s’est occupé des sons sur la première version du jeu mais c’est une équipe de cinq personnes qui a travaillé sur la version avancée du jeu.

    Promouvoir la faune et la flore

    Le principe du jeu « The boy in Savannah » ou « le garçon dans la savane » en français est simple. Il s’agit d’un périple d’un jeune homme dans la savane. Un jeu de type runner dont l’objectif est d’atteindre le score le plus élevé tout en évitant les animaux sauvages. Au-delà de son aspect ludique, le jeu vidéo veut faire la promotion non seulement de la faune et de la flore de l’Afrique, mais aussi de sa culture.

    Selon Tchédou Pio, un des promoteurs du jeu, la phase de promotion a permis de faire accepter au sein de la population « cette création togolaise ». La prochaine étape ? Concevoir un jeu en Réalité Virtuel. « Pour cela, nous sommes à la recherche de partenaires car il nous faut du matériel de dernière génération et logiquement des casques de réalité virtuelle », explique Tchédou Pio.

     

  • Togo: quand Brigitte Améganvi montre à Michaëlle Jean ses repères

    Togo: quand Brigitte Améganvi montre à Michaëlle Jean ses repères

    La Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, s’est exprimée sur la crise socio-politique au Togo ce mercredi. Une opinion que Mme Brigitte Améganvi ne semble pas totalement apprécier.

    Depuis le début de la crise socio-politique au Togo, les diverses prises de positions de la communauté internationale semblent être favorables à un camp, à en croire les leaders de l’opposition. La CEDEAO, dont la commission est dirigée par Marcel de Souza, l’Union Africaine et l’UNOWAS se sont prononcés en faveur du référendum comme voie de sortie de la crise.

    Quant à l’OIF, une nébuleuse existe encore autour de sa position. L’organisation joue à la carte d’une neutralité qui parait a priori stérile, en essayant d’envoyer une médiatrice, la nigérienne Aichatou Mindaoudou, qui ne viendra finalement plus, réfutée par l’opposition togolaise au regard des propos qu’elle a tenus lors de la crise de 2005.

    Jusqu’ici restée peu impliquée dans ce bras de fer entre l’opposition et le parti au pouvoir, Mme Michaëlle Jean s’est exprimée ce matin, premier des deux jours de marches annoncés par l’opposition, via le réseau social Twitter.

    https://twitter.com/MichaelleJeanF/status/920528861082849280

    Des propos que ne digèrent pas certains Togolais, qui trouvent désormais l’occasion de lui coller une étiquette de « favorable à la dictature des Gnasingbé ».

    C’est en tout cas ce qu’exprime Mme Brigitte Améganvi, sœur de l’opposante politique Isabelle Améganvi et présidente de Synergie-Togo. En réponse au tweet de la secrétaire de l’OIF, Mme Brigitte Améganvi fait allusion à la dictature de la famille des Duvalier en Haïti dont est originaire Mme Michaëlle Jean.

    En effet, l’histoire contemporaine de Haïti est intimement liée au règne de la dynastie des Duvalier, commencé par le père, « Papa Doc », en 1957 et poursuivi par le fils, « Bébé Doc », jusqu’en 1986, qui ont gouverné Haïti d’une main de fer durant près de trente ans. La famille de Michaëlle Jean avait été dès lors contrainte à l’exile au Québec pour des évènements politiques.

    Des repères qui devraient normalement faire balancer l’ancienne Gouverneur général du Canada en faveur du camp de l’opposition, à en croire le tweet de Brigitte Améganvi.

    L’OIF a sorti un communiqué en fin de journée pour appeler les acteurs à consolider la paix et à trouver au plus vite des solutions pour le retour à un climat apaisé.

    Pour l’heure, le gouvernement est plus campé sur l’option de référendum qu’un retour en arrière pour le dialogue.

     

  • A la découverte de Sodabi, le Whisky togolais vieux de plusieurs siècles

    A la découverte de Sodabi, le Whisky togolais vieux de plusieurs siècles

    Le Sodabi, ce spiritueux traditionnel très réputé dans la sous-région ouest-africaine, n’a pour autant pas une réputation saine. Au Togo, sa fabrication reste discrète et un secret gardé par un nombre restreint d’artisans.

    Il n’est de boisson qui ait gardé une grande popularité dans la sous-région ouest-africaine que cette eau-de-vie ancestrale obtenue à partir de la distillation du vin de palme. Il prend des noms différents. Au Togo et au Bénin, il est connu sous le nom de Sodabi. Au Ghana, il est plutôt appelé Akpétéshie comme les Nigérians le connaissent sous l’appellation d’Agoro.

    Réputé pour son mérite apéritif, au Togo comme partout ailleurs, le Sodabi a d’autres vertus, surtout quand il est mélangé avec d’autres ingrédients étrangers ou adjuvants tels des racines, écorces de plantes ou des herbes servant aussi d’arôme. Le Kasabréko ghanéen, a après analyse faite dans les laboratoires au Togo, suite à la saisie d’un stock par la police togolaise, révélée les vertus en virilité des quatre plants sur sept utilisés pour faire cette boisson. Même si la consommation de cette liqueur locale moins chère a franchi le cap de la différence de classe sociale, ou même s’il revêt un caractère socioéconomique non négligeable dans les sociétés traditionnelles, les distilleries sont souvent installées dans les brousses et la fabrication du Sodabi garde son caractère secret. Un fait lié à l’histoire selon l’enseignant-chercheur à l’Ecole Supérieure de Techniques Biologiques et Alimentaires, ingénieur en Industrie agro-alimentaires M. Elolo Osséi.

    En effet, la fabrique du Sodabi avait été interdite depuis les temps coloniaux, taxés d’avoir des inconvénients sur la santé dans le dessein de faire passer les liqueurs d’origines européennes. Une interdiction qui est restée en vigueur jusqu’au temps de l’ancien président Gnassingbé Eyadema.

    En 1989, M. Osséi a dirigé un mémoire d’un étudiant (DJATO Kanfoutiny) sur le Sodabi à l’issue duquel l’étudiant est arrivé à la conclusion selon laquelle le Sodabi n’a pas un impact négatif important sur la santé ; même si l’enseignant affirme que les machines utilisées moins sophistiquées n’avaient pas permis d’identifier le méthanol dans la liqueur. Actuellement, une thèse en cours dont les travaux de recherches ont été faits en Belgique dirigée par le même enseignant révèle la présence du méthanol (une substance qui a une conséquence sur la santé) dans le Sodabi, mais à une dose insignifiante.

    Si le procédé de fabrication de la boisson était, jusque-là, resté identique à celui des origines, d’autres procédés, moins « alambiqués » sont utilisés aujourd’hui pour obtenir ce nectar local.

    A consommer comme un Whisky

    Le discrédit jeté sur la liqueur, fondé parfois sur des observations très souvent erronées, est plus que devenu normal, même si rares sont les travaux basés sur cette eau-de-vie. Considérée comme ayant un impact direct et à coup sûr sur la santé, les recherches du doctorant Tagba démontrent (à quelque exception près) le contraire. En réalité, le suivi de sa production auprès d’une vingtaine de producteurs a permis d’identifier de différentes méthodes de production. Les résultats ont permis d’identifier les différentes composantes de cette boisson. La plupart des molécules mises évidence ne sont pas différentes dans d’autres spiritueux commercialisés comme le très consommé Whisky.

    Selon le maître de mémoire, aucun composé toxique majeur n’a été retrouvé hormis des traces insignifiantes de méthanol, des quantités qui ne constituent aucun risque de toxicité sérieux sur l’organisme. Selon l’enseignant, même le Sodabi fait avec des éléments comme les métaux qui ne servent qu’à dynamiser la fermentation de l’alcool, est en réalité sans effet nocif « puisqu’avec cette méthode de préparation, c’est la vapeur obtenue à partir des chauffages qui constituent le produit fini alors que les microbes ou la rouille ne peuvent pas se transformer en vapeur. La vapeur, c’est l’eau et l’alcool ». Dans ce cas de figure, si problème il devrait avoir, c’est la qualité potable de l’eau utilisée à la fin.

    En réalité, au Togo le Sodabi est présent lors de toutes les cérémonies importantes. Servant parfois de liaison entre le monde invisible et visible à en croire les producteurs et consommateurs, il devient quasi impossible de prohiber son breuvage. Mais puisque l’abus de tout alcool fut-il d’Europe, est nuisible, l’abus du Sodabi peut faire agir le méthanol sur la santé avec pour premier risque, la cécité.

    S’il est vrai que la présence des bars ou bistros dans un pays fait montre des soucis de la population, au Togo se sont les rideaux blancs qui foisonnent.

  • Loterie Visa: quand les Togolais ne rêvent que des États-Unis

    Loterie Visa: quand les Togolais ne rêvent que des États-Unis

    Les loteries visa de cette année sont ouvertes. L’engouement déjà accordé par la population à cet exercice fortuit est remarquable. Les Togolais sont désormais génération confondue, à la quête de ce visa pour quitter le Togo.
    Cette « aubaine » offerte aux Africains par L’Amérique semble intéressée plus d’un. Ou alors, elle vide le Togo de ses hommes. Depuis des années, la loterie visa reçoit la complicité de la population bénéficiaire. Pour ceux qui caressent le rêve de quitter le pays, la loterie représente la meilleure passerelle qui mène à bien à cette avidité.

    Engouement

    Chaque année, nombreux sont ceux qui restent attentifs à l’événement. Ouvert tous les ans pour une durée d’un mois, le délai imparti pour faire le jeu semble trop éphémère pour donner cette chance à tous ceux qui veulent quitter du Togo. Et chaque année ainsi, le visa américain est accordé à environ 500 Togolais. Au point où, certains se demandent si cette offre n’est plus qu’un moyen pour vider le Togo, et par ricochet l’Afrique de ses têtes pensantes ?
    « Les conditions d’admission à cette loterie semblent en dire long », reconnait un cyber man auprès duquel se fait le jeu, témoin de l’ampleur dudit événement, surtout de cette année. Alors que l’occasion se montre propice aux jeunes désireux de poursuivre leurs études et recherches universitaires, loterie Visa n’est plus comme avant qu’un jeu banal, où, les étudiants éprouvent leur chance. Elle est plutôt devenue un jeu sur lequel parasite le bonheur de certaines familles entières. Entre temps, ceci était l’apanage des chômeurs avant de connaître l’adhésion de tout le monde.

    Pourquoi quitter le Togo ?

    Beaucoup se sont fiés au hasard du jeu de cette année. Selon Edem, un étudiant inscrit en Droit à l’Université de Lomé, la loterie est l’occasion on ne plus idéale, pour sortir des « difficultés liées à l’étude à l’université de Lomé ». Le mieux-être est sans doute la première proie de nombreux joueurs. Mais selon encore certains, l’essentiel n’est pas d’offrir à leur famille une vie des Américains, mais plutôt une qualité de vie qu’on ne retrouve pas aussi facilement au Togo.

    En effet, aux États-Unis, le secteur privé est développé. Au Togo, l’entrepreneuriat reste un domaine à promouvoir. Quand les USA comptent les meilleures universités au monde, celles du Togo manquent encore d’équipements et de laboratoires pour les recherches poussées. Par ailleurs, l’opinion parfois mythique reçue sur le pays de l’Oncle Sam selon laquelle l’idéal de vie reste là-bas a beaucoup d’effets.

    Condamnée à combattre chaque fois la faim et les maladies qui envahissent une population vulnérable, celle-ci veut un endroit où le manger ne fera plus partie de ses anxiétés quotidiennes. Une sorte de terre promise. Certains voient cette opportunité sous un prisme simplement commercial. Alors que conscient de l’éventuel traitement discriminatoire et raciste auxquels ils peuvent se frotter, une quarantaine révolue regrette avant tout : « Personne ne quitte son pays pour le plaisir de le faire. Il s’agit d’une situation compliquée ». D’autres encore ambitionnent bénéficier de cette opportunité pour se procurer une nationalité américaine au profit de leurs progénitures.

    Voir Oncle Sam et mourir

    Outre la France, la Belgique, l’Allemagne ou l’Espagne qui regorge beaucoup de Togolais, les États-Unis constituent un autre pôle attractif. Sur environ les deux millions de Togolais qui vivraient à l’étranger, les USA devraient absorber une partie importante, d’autant que la migration « légale » offerte sur fond de chance a déjà permis à plus de 5000 Togolais de quitter le pays sur un espace de moins de vingt ans. Depuis toujours, bon nombre de Togolais ont souhaité aller, sinon visiter ces pays dont l’image est sauve. Comme le dit Edem, autant le faire aujourd’hui avant que Donald Trump ne ferme les portes.

  • Togossimé: une startup e-commerce  pour consommer local

    Togossimé: une startup e-commerce pour consommer local

    L’idée, c’est de promouvoir les produits locaux et leurs consommations. Rencontre avec la directrice fondatrice de la startup Togossimé, Lucia Allah-Assogbah.

    En 2013, alors qu’elle était encore étudiante, Lucia Allah-Assogbah assiste à la mort d’un proche. Elle raconte que ce fut un évènement qui l’amena à poser beaucoup de questions sur l’alimentation et la consommation des produits étrangers. « Toutes ces questions m’ont poussé à mener une enquête. Après les enquêtes, j’ai constaté que notre alimentation est à l’origine de nos maladies à plus de 90%. De ce constat, il convient de s’interroger sur l’alimentation appropriée. J’ai donc poursuivi mes enquêtes et je me suis dit pourquoi ne pas manger ce que nous avons chez nous au Togo ?» a-t-elle confié.

    Le constat est alors fait : mieux vaut consommer les produits dont nous avons la possibilité de veiller sur les conditions dans lesquelles ils ont été produits que les aliments importés, parfois l’on se nait d’où. C’est là qu’est née l’idée de mettre en place une structure, une sorte de vitrine qui fait la visibilité des produits togolais. C’est ce qui a conduit la jeune entrepreneure à mettre en place le 25 novembre 2013, Togossimé qui veut dire le marché du TOGO. Le financement de cette startup a été fait par le Fond d’Aide aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAEIJ). Le projet a été porté en fait parmi les dix premiers projets pour compétir à l’international après une formation organisée par le FAEIJ. Togossimé a eu la chance d’être retenu et le projet a bénéficié d’une aide pour la mise en place de la structure.

    « Combien de togolais mangent local ? »

    « Lorsque je rédigeais le projet, mon business plan, j’avais eu beaucoup de propos tels que : « combien de togolais mangent local ? ». J’avais eu beaucoup de réticence mais je me disais en ce moment, que mon projet a de l’avenir. » Une vraie affaire de découragement mêlé de doute au début. « Aujourd’hui, je peux dire que ça va. C’est une bataille que nous menons. J’affirme aujourd’hui que la bataille, nous la gagnons. Le pari n’est pas totalement gagné mais on est satisfait de ce que nous faisons aujourd’hui. »

    La jeune entrepreneure s’est fixée une mission, celle d’amener la population à la consommation locale. Pour se faire donc, il faut mener des activités. Au nombre de ces activités, des journées portes ouvertes, les séances de dégustation, la sensibilisation axée sur les enfants car ayant souvent un impact important sur le choix des parents. C’est à partir de ce constat que  les enfants sont principalement ciblés pour suivre des cours sur la consommation produits locaux. A côté des enfants, ils sensibilisent également les adultes au cours des ateliers animés par des nutritionnistes, « parce qu’il faut amener la personne à voir les bienfaits de ce qu’il mange. Nous avons aussi les émissions radio, télé et les forums sur Whatsapp et les autres réseaux sociaux. Notre ambition est donc de voir toute la population être moulée dans le processus de la consommation locale.

    Les difficultés se résumaient au départ, au scepticisme de la population vue que la culture de la consommation locale n’est pas encrée dans les habitudes au Togo. Aujourd’hui, par contre, les problèmes relèvent plus du domaine de la logistique du fait que les livraisons à domicile sont préférées et les matériels de transport actuellement ne répondent pas efficacement. « Nous avons besoin d’accentuer la sensibilisation sur les médias de fait que chaque jour qui passe, il faut qu’il puisse avoir au moins une personne qui soit informé sur les bienfaits de manger local. Tout ceci parce que les produit de Togossimé sont analysés et suivis pour garantir la qualité que nous voulons. »

    Selon la fondatrice de Togossimé, des études et analyses conditionnent la réception des produits vendus dans son marché. Sur cet espace foraine, on y retrouve pratiquement toutes les gammes de produits comme les boissons, les produits cosmétiques, les viandes, de nos fruits, du riz local, le vin de palme, les huiles (de palme, de soja, de coco, de coton, etc.), les farines (de foufou, de manioc), du sucre, du miel naturel, des biscuits, … tout ce dont l’on a besoin au quotidien.

    L’approvisionnement de la maison se fait de deux manière : Certains fournisseurs qui vont directement à Togossimé et ou alors ce sont des maisons Togossimé qui se déplacent pour le ravitaillement. Avec l’augmentation de la clientèle, le problème de ravitaillement se pose encore avec ce second cas de figure. En phase embryonnaire, la directrice affirme que les affaires marchent même si tout le bénéfice est réinjecter dans l’entreprise. « Le bénéfice va dans la sensibilisation,  nos activités pour pouvoir toucher le plus grand nombre de clientèle », ambitionne-t-elle. A Togossimé, on ne mange que local.

  • Togo: des logements sociaux pour contenir l’explosion démographique

    Togo: des logements sociaux pour contenir l’explosion démographique

    Façon à une population galopante, l’Etat togolais s’est engagé à promouvoir l’habitat social. Un projet de construction de logements a été ainsi initié à Lomé la capitale.

    Les réalités sociales et la croissance rapide de la population exigent plus de logements sociaux. Au Togo, les acteurs du domaine se penchent sur la question depuis près de dix ans. L’objectif étant de mettre à la disponibilité des populations, quel que soit son rang social, un logement décent. L’Etat togolais a longtemps tergiversé avant de lancer en 2015 un projet de construction dénommé « cité Mokpokpo » après des études et des enquêtes foncières.

    Il s’agit de construire, avec la participation de l’UEMOA, 1000 logements sociaux destinés aux fonctionnaires à Adidogomé, banlieue de la capitale togolaise. Pour mener à bien le projet, les travaux de construction des logements sur les 12 hectares retenus ont été confiés à la Société ivoirienne de promotion immobilière et la société marocaine Abri 2000. La fin des travaux est prévue pour 2018.

    Etendre le projet

    Dans le cadre de la construction de la cité Mokpokpo, le gouvernement togolais prévoit aussi construire dans la banlieue retenue une école avec des espaces verts aménagés. Les logements sont estimés entre 7 à 17 millions Francs CFA. Les fonctionnaires désireux de s’offrir ces logements peuvent le faire à travers des crédits immobiliers échelonnés sur une quinzaine d’années. Plusieurs banques se sont engagées à aider les fonctionnaires grâce à des plans de financement adaptés. Plusieurs Togolais critiquent le fait que le projet soit uniquement destiné à une partie de la population. Mais l’Etat togolais envisage comme réponse lancer des programmes de construction de logements à l’endroit d’autres couches.