Catégorie : Togo

  • SafeBoda : l’application qui réinvite le taxi-moto en Ouganda  

    SafeBoda : l’application qui réinvite le taxi-moto en Ouganda  

    Apparus au Bénin dans les années 90, les taxi-motos  sont devenus au fur des années l’un des principaux moyens de transports dans plusieurs pays africains. Moins couteux, accessibles et rapides, les taxi-motos livrent une rude concurrence aux taxis ordinaires. Malgré les avantages qu’offre ce moyen de transport, il n’est pas sans danger. Mal formés, souvent imprudents, les conducteurs de ces engins à deux roues causent des accidents parfois mortels. En Ouganda, une jeune startup dénommée SafeBoda se lance dans la modernisation du secteur.

    Ricky Rapa Thomson est un jeune entrepreneur de 30 ans. Faute de moyens, il fut contraint à abandonner les études pour se lancer dans le Boda Boda (appellation des taxi-mots en Ouganda). Il fut affecté par le décès tragique d’un de ses amis également conducteur du Boda Boda. Il décide alors de porter désormais un casque. Mieux, il en achète un second pour ses passagers. Bien que sa démarche fût diversement appréciée par ses clients, Ricky Rapa Thomson ne se décourage pas pour autant.

    En 2014, il fait la rencontre Max et Alastair avec qui il crée l’application SafeBoda.  Ils forment les conducteurs au code de la route et améliorent leurs conditions de travail. Désormais mieux équipés, les conducteurs sont inscrits sur une plateforme mobile qui permet de les identifier plus facilement. Les passagers depuis leurs positions peuvent faire appel à un Boda boda en un clic.  La plateforme enregistre en 2017, 1000 conducteurs et son promoteur  fait partie des 30  jeunes entrepreneurs africains les plus prometteurs en 2018 selon le Le Monde Afrique.

    La startup de Ricky Rapa Thomson et ses amis a contribué à réduire les cas d’accident de circulation à Kampala. Une étude menée à l’hôpital national de référence Mulago à Kampala par des chercheurs de l’Université Makerere a révélé qu’environ 40% des traumatismes crâniens survenus à l’hôpital étaient dus à des accidents  impliquant des boda-bodas.

    L’identification des conducteurs inscrits sur la plateforme rassure les passagers. En cas de désagréments les clients peuvent se plaindre devant les responsables de la plateforme et le conducteurs indélicats sera facilement repéré et sanctionné.

    Gozem

    Au Togo et au Bénin, la startup Gozem a également développé une plateforme mobile similaire  au SafeBoda avec des prestations quasi identiques. « Gozem est une plateforme technologique de transport pour l’Afrique de l’Ouest Francophone. Notre objectif est d’offrir la simplicité, la sécurité, et la fiabilité de nos services aux passagers et aux conducteurs locaux, en commençant par les motos-taxi (ou «zemidjans») au Togo et au Bénin », peut-on lire sur leur site.

  •  Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

     Paradigm Initiative inquiet de l’état de la liberté numérique en Afrique [Étude]

    C’est un rapport accablant et sans complaisance qu’a rendu public, il y a quelques jours, l’ONG Nigériane Paradigm Initiative sur les droits du numérique en Afrique. Le rapport rendu public lors du Forum Mondiale sur la gouvernance de l’Internet à Paris, dresse un tableau sombre de la dégradation de ces droits en Afrique. Parmi les mauvais élèves de ce rapport, on note entre autres les pays comme : l’Ouganda l’Égypte et le Cameroun.

    Selon Paradigm Initiative, la répression des Droits numériques et les violations à travers le continent ont revêtu une nouvelle dimension juridique et sophistiquée. Les dictateurs et les régimes répressifs avec l’avènement d’internet ont adopté la tactique dite de « l’État de droit » pour faire taire la dissidence, la mobilisation des citoyens et le discours civil en ligne. Cette tactique de « l’État de droit » est une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l’espace pour la liberté d’expression, la vie privée, la liberté de réunion et d’association et d’autres Droits numériques en ligne.

    Le rapport en question explique, dans un premier, que les régimes de Tanzanie, d’Ouganda de Zambie d’Égypte du Maroc du Bénin et du Togo se sont inspirés du registre des dictateurs pour mettre en péril l’avenir des sociétés démocratiques, ouvertes et inclusives à travers le continent. Puis regrette le fait que ces états refusent de donner suite à des appels en faveur de la promulgation de lois protégeant les droits numériques ou retardent tout simplement l’adoption de ces lois et politiques.

    Le rapport Paradigm Initiative indique par ailleurs que seuls 23 pays ont mis en place une législation sur la protection des données sur le continent (15 autres avec un projet de législation), alors que la protection des données est devenue un fondement essentiel de la vie à l’ère numérique et du bon fonctionnement de l’économie numérique. Un nombre insuffisant au regard des réactions des militants des droits de l’homme sur le continent. Lesquels s’inquiètent du fait que plusieurs lois importantes nécessaires à la protection des Droits numériques n’existent pas ou sont à l’état de projet.

    En Afrique, des arrestations de citoyens pour des commentaires anodins faits en ligne, une surveillance illégale des citoyens et même des fermetures d’Internet sont effectuées dans des contextes où la constitution et la législation nationales déclarent de tels actes illégaux. Dans de tels scénarios, il est souvent devenu habituel pour les acteurs étatiques d’extraire littéralement des sections de la législation existante et de les utiliser comme justification légale d’actes illégaux.

    Des coupures d’internet fréquentes.

    Au cours des trois dernières années, les coupures d’Internet ont eu lieu avec une régularité remarquable en Afrique, généralement autour des manifestations de citoyens et d’autres événements politiques. Le rapport de 2016 sur les Droits numériques en Afrique rendu public par Paradigm Initiative a fait état de 11 incidents des fermetures d’Internet sur le continent alors que le rapport de 2017 traitait de 8 incidents. En 2018, des interruptions ou des perturbations de l’Internet ont eu lieu en Éthiopie, au Mali, en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, au Cameroun et au Tchad. Dans le monde entier, de nombreuses personnes se souviendront de la fermeture de l’Internet au Cameroun, qui a duré 93 jours.

    Le plus long arrêt d’Internet de l’histoire du continent a montré que le respect des Droits numériques désespérément faible en Afrique était en baisse. En plus de la souffrance humaine, les arrêts d’Internet occasionnés causent également des pertes économiques comme l’ont montré certaines études. Il existe déjà des signes encourageants indiquant que le sujet est abordé dans les principaux forums internationaux. Cependant, il reste encore beaucoup à faire dans le contexte de l’Union africaine pour mettre un terme à la situation entourant les fermetures d’Internet en Afrique.

    Les mauvais élèves

    L’Ouganda a attiré l’attention de la Communauté internationale en raison de sa stricte position juridique et sociale à l’égard de la communauté LGBTQI. L’économie ougandaise a connu une croissance de 4,5 % au cours des deux dernières années. Cependant, la croissance économique a été plus rapide en raison de la forte croissance de l’agriculture et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

    La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie en 2017, cette année a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés, comme le montrent les exemples ci-dessous.

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    Le gouvernement a fermé plusieurs journaux et attaqué plusieurs dirigeants, y compris des groupes minoritaires et des adolescentes enceintes. En avril, deux musiciens tanzaniens ont été arrêtés pour avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux. Le chanteur primé âgé de 28 ans, Nassib Abdul, également connu sous le nom de Diamond Platnumz, a été arrêté le 16 avril pour avoir partagé un clip vidéo avec ses 4,5 millions de followers sur Instagram le montrant en train d’embrasser une fille.

    En outre, Faustina Charles, âgée de 26 ans, connue sous le nom de Nandy, a également été arrêtée le même jour pour avoir publié un clip vidéo d’elle-même et d’un autre musicien via WhatsApp. Les autorités tanzaniennes ont estimé que la vidéo était « indécente ».

    Le Règlement de 2018 sur les communications électroniques et postales (contenu en ligne), entré en vigueur en avril 2018, introduit une série de restrictions radicales à la liberté d’expression, notamment en exigeant : La dégradation de la situation des droits de l’homme en Tanzanie se reflète également dans la liberté de l’Internet et les Droits numériques. Bien que, comme indiqué précédemment, de nombreux organes de presse aient été fermés en Tanzanie, et 2018 a été marquée par une nouvelle répression de la liberté d’expression en ligne dans le pays. Les citoyens ordinaires ont également été touchés.

    En Afrique blanche, l’Égypte et Maroc se sont illustrés négativement dans ce rapport. Depuis la prise du pouvoir en Égypte par le général Abdel Fattah El-Sisi, le contexte de répression brutale des voix dissidentes s’est accru ; y compris en 2018. L’Égypte dispose par exemple d’un des réseaux de surveillance les plus étendus ciblant les groupes d’opposition, les militants, les organisations de défense des droits humains, les blogueurs et les journalistes. Surtout sur les médias sociaux et autres plateformes de communication, cette réalité a créé un climat de peur au sein de la communauté activiste égyptienne.

    À cet égard, il y a eu un certain nombre d’arrestations et de détentions de voix dissidentes sur des plateformes numériques en Égypte. Le 23 mai 2018, l’éminent blogueur et journaliste égyptien Wael Abbas, l’un des blogueurs les plus populaires du monde arabe, a été arrêté par la police égyptienne, mais pas avant de publier « Je suis en train d’être arrêté » sur sa page Facebook. Wael Abbas a été un blogueur pionnier et influent en Égypte, connu pour ses critiques sur la corruption, les brutalités policières et le recours à la torture en Égypte.

    Dans un autre incident qui témoigne du climat répressif qui règne dans le pays, une touriste libanaise, Mona El-Mazbouh, a été condamnée par un tribunal du Caire le 7 juillet à huit ans d’emprisonnement. Sa peine concernait une vidéo de 10 minutes qu’elle a postée sur Facebook dénonçant le harcèlement sexuel et les conditions de vie en Égypte.

    Toujours en Égypte, depuis le 14 août 2018, les autorités égyptiennes ont ordonné la détention de quatre journalistes dans le cadre d’une affaire où plusieurs journalistes, militants et universitaires étaient accusés d’appartenance à un groupe interdit et de diffusion de fausses informations. Parmi eux, Islam el-Refai, également connu sous le nom de Khorm, un blogueur satirique qui gérait également un compte satirique sur Twitter avec 75 000 abonnés.

    Le 11 mai 2018, Amy Fathy et Mohamed Lotfy, son mari, ont été arrêtés pour avoir publié une vidéo sur Facebook dans laquelle elle parlait de harcèlement sexuel en Égypte et du manque de protection du gouvernement envers les femmes. La police a fait irruption chez elle au Caire et les a conduits au poste de police avec leur enfant de 3 ans. Sa vidéo de 12 minutes a également abordé la dégradation de la situation des droits de l’homme et de la situation socio-économique en Égypte.

    Au Maroc par contre malgré l’existence de l’article 25 de la Constitution marocaine de 2011 garantissant les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes. Plusieurs web journalistes ont été inquiétés. C’est le cas en juin 2018, du web -video-journaliste et éditeur marocain, Mohamed al-Asrihi condamné à 5 ans de prison et à une amende de 2 000 dirhams marocains (environ 210 $), dont le travail porte sur la corruption, les droits de l’homme et la politique, un autre cas plus palpant est celui du journaliste et rédacteur en ligne sur Internet, Hamid al-Mahdaoui, qui couvre la corruption, la politique et les droits de l’homme.

    Il a été arrêté le 20 juillet 2017 par la police marocaine alors qu’il se rendait dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, pour couvrir des manifestations organisées par le Mouvement populaire. Le même mois, il a été condamné par le tribunal pénal à trois mois d’emprisonnement et à une amende de 20 000 dirhams marocains (2 200 dollars) pour « avoir commis des délits par des discours et des cris dans des lieux publics ». À cette liste vient s’ajouter un manifestant du non d’El Mortada Lamrachen ; lui a été arrêté chez lui le 10 juin 2017 après avoir utilisé sa page Face book pour appeler à des manifestations pacifiques lors des troubles qui se sont déroulées dans la région de Hoceima, au Maroc, d’octobre 2016 à juillet 2017. Une situation moins reluisante similaire à la situation qui prévaut en Afrique centrale et de l’ouest.

    Dans cette partie du continent africain les restrictions liées au des Droits numériques ont également été enregistrés dans les pays comme : le Cameroun la République démocratique du Congo, le Nigéria et le bénin.

    Le Cameroun n’a pas encore de loi spécifique sur les médias sociaux et Internet. La loi n ° 2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité est utilisée, le cas échéant, et « régit le cadre de sécurité des réseaux de communication électroniques et des systèmes d’information, définit et sanctionne les infractions liées à l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication au Cameroun ». Bien que cette loi soit appliquée pour contenir la menace croissante de la cybercriminalité, les fausses informations et les discours de haine restent critiqués pour leur manque de précision sur les Droits.

     

    Le pays a enregistré une fermeture d’Internet de 93 jours en 2017 dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions en conflit depuis 2016. Le 6 décembre 2017, l’écrivain camerounais Patrice Nganang a été arrêté dans la région du Littoral camerounais avant son voyage au Zimbabwe. L’arrestation a eu lieu après plusieurs publications sur son compte Facebook critiquant le président Paul Biya et son gouvernement.

    Le 20 janvier 2018, une lettre circulaire du ministre de la Justice enjoignait aux magistrats de « s’engager, après identification précise par les services de sécurité, à poursuivre juridiquement toute personne résidant au Cameroun qui utilise les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations ».

    Cette circulaire est considérée par les activistes comme un prétexte pour le contrôle de l’Internet. En 2018, la RD Congo a enregistré plusieurs perturbations et fermetures d’Internet. L’accès aux médias et aux réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype a été interrompu à plusieurs reprises pour entraver la communication entre les manifestants de l’opposition dans plusieurs régions du pays.

    En 2017, la Collaboration sur la Politique internationale relative aux TIC en Afrique Orientale et Australe (CIPESA) estimait que la République Démocratique du Congo perdait 2 millions de dollars par jour à cause de ces perturbations. Le 30 décembre 2017, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Information a demandé par lettre officielle au Directeur général d’Africell Congo de suspendre totalement les fournitures Internet et SMS dans le pays. Cette fermeture de trois jours a eu lieu après le début des manifestations de l’opposition.

    La République du Bénin a quant à elle maintenu un bilan décent en matière de droits de l’homme au cours de la dernière décennie. Malheureusement, la décision du gouvernement d’imposer une taxe sur les services payants dans le pays a gâché ce record. Le gouvernement, par le décret 218-341 du 25 juillet 2018, a imposé une taxe sur l’utilisation des médias sociaux. Le décret prévoit le paiement d’une redevance de 5 FCFA par mégaoctet utilisé par l’utilisateur des services Over the Top (OTT) tel que Facebook, WhatsApp, Twitter, Viber et Telegram. Cela s’est traduit par une augmentation de 400 % du prix d’un mégaoctet dans le pays.

    Outre cette mesure Le Bénin a un bilan moins que remarquable en matière de liberté de la presse et est actuellement classé 84e sur 180 pays dans un classement de Reporters Sans Frontières. La menace de fermer des publications en ligne non enregistrées dans un pays sans procédure connue d’enregistrement devrait être considérée dans le contexte plus large d’un pays qui a montré une tendance à fermer à volonté les médias.

    Au Nigéria les cas de restrictions et de violations des droits numériques. Depuis l’instauration du nouveau gouvernement au Nigéria en 2015, on a le sentiment que la situation des droits de l’homme s’est détériorée. La liberté d’expression, la liberté d’association et les voix dissidentes ont été mises à rude épreuve, une situation qui a désillusionné des millions de Nigérians qui espéraient une vie meilleure. Les actions, les politiques et les déclarations du gouvernement fédéral et de certains gouvernements d’États ont porté atteinte aux droits de l’homme, y compris les Droits numériques.

    3Le 1er janvier, Daniel Elombah, l’éditeur de elombah.com, a été arrêté à l’aube avec son frère Timothy dans sa résidence dans l’État d’Anambra au Nigéria par des agents de la sécurité, sur un article qu’il avait écrit et jugé offensant pour l’inspecteur général de la police du Nigéria, publié sur le site Web privé Opinion Nigéria. Les deux hommes ont été traduits devant la Haute Cour d’Abuja le 1er mars 2018 et ont plaidé « non coupables » à dix chefs d’accusation de diffamation. Bolouere Opukiri, une employée du bureau de l’amnistie présidentielle, a été relevée de ses fonctions pour avoir critiqué le vice-président et la première dame sur Twitter.

    En réponse à des plaintes de partisans du président ayant une présence en ligne, ses supérieurs au travail ont lancé une enquête qui a abouti à son licenciement. Ibrahim Garba Lawal, communément appelé IG Lawal, a été arrêté par des agents de sécurité pour avoir partagé des détails sur des allégations de corruption, le président de la Commission nigériane du Hadj sur Facebook M. Lawal a été traduit en justice mercredi devant une haute cour d’Abuja à Jabi pour trois chefs d’accusation de diffamation de caractère criminel, d’incitation publique et d’exploitation d’une organisation illégale (CATBAN).

    Au cours des trois dernières années, l’espace des Droits numériques a évolué assez rapidement en Afrique. Cependant, une chose est clairement apparue : la lutte pour le contrôle d’Internet n’a fait que s’intensifier et les acteurs étatiques du continent ont mis au point de nouvelles méthodes pour étouffer les Droits numériques.

    Bien que les coupures d’Internet, les arrestations de citoyens et de blogueurs/journalistes, la surveillance illégale, le déploiement de logiciels malveillants et de logiciels espions sophistiqués demeurent des instruments d’atteinte aux droits numériques, les acteurs étatiques du continent adoptent de plus en plus de voies légales pour promulguer des lois portant atteinte à la vie privée, liberté d’expression, liberté d’association et autres Droits numériques.

  • À la rencontre de Renaud Dossavi, ce littéraire togolais [24 ans] qui rêve les États-Unis d’Afrique 

    À la rencontre de Renaud Dossavi, ce littéraire togolais [24 ans] qui rêve les États-Unis d’Afrique 

    Lauréat du premier prix du concours de la Banque africaine pour le développement (BAD) « l’Afrique de mes rêves », Ayi Renaud Dossavi, jeune de 24 ans, est avant tout un panafricain afroptimiste, qui trouve demeure dans un afrofuturisme comme au Wakanda, et peut-être inspiré du « I have a dream » de Martin Luther King.

    S’il est un admirateur de la réalisation du studio américain Marvel, Black Panther, le jeune écrivain togolais a peut-être mieux fait en matière de projection pour le continent afin de décrocher le meilleur prix du concours de la BAD.

    Être lauréat d’une compétition d’une grande institution africaine aussi symbolique comme la BAD sur plus de 2000 candidatures est d’abord un grand succès aux yeux du Togolais, mais celui-ci est beaucoup plus enchanté par le fait d’avoir été récompensé pour un sujet qui, plus que de le passionner, le hante : le développement de l’Afrique. Dans la production avec laquelle Renaud Dossavi est lauréat, il expose une Afrique qui fait effectivement rêver.

    ‘Cette Afrique-là’…

    Nous sommes en 2058, sur l’île de Gorée, au Sénégal, à l’ouest dans les États-Unis d’Afrique. Cet État-continent avait trouvé il y a quelques années en arrière,  la parfaite harmonie entre l’industrie, la technologie et l’énergie sur fond d’une croissance verte. Cette Afrique avait réalisé d’importants progrès. Entre autres, le bassin industriel du Congo est devenu le deuxième cœur de l’industrie mondiale, alimenté par une énergie propre et abondante.

    Les États-Unis d’Afrique ont réussi à produire beaucoup plus qu’ils ne consomment, grâce notamment à une irrigation de l’immense Sahara. Les habitants et la quasi-totalité des moteurs de la planète sont alimentés à base d’une énergie obtenue à partir de l’eau, via un processus chimique de « scission moléculaire à basse énergie ». Les guerres fratricides et la famine n’ont plus droit de cité.

    La science y est aussi développée. Pour couronner ce succès, l’État-continent avait déjà enregistré des prix Nobel en chimie et en médecine.

    « Parfois, je crois que je pense l’Afrique avant moi-même… »

    Aussi disert qu’un entretien peut être avec Renaud Dossavi, il ne perd pas pour autant un de ses objectifs : produire pour être utile à l’Afrique. C’est en effet ce leitmotiv qui l’a conduit à publier cette année même « Nous et l’Histoire », une analyse sur le passé, le présent et l’avenir ; un essai sur l’histoire africaine vue par un jeune intellectuel qui est en même temps l’auteur. Dans ce livre, ce dernier jette les bases d’une réflexion sur le futur de l’Afrique.

    Et quand il s’agit de se mettre au service de l’Afrique, le jeune auteur le prend particulièrement pour mission. Il en est convaincu, au point de le répéter devant le parterre de leaders africains présents lors du sommet de la BAD en Corée du Sud. Pour lui, la solution pour le développement de l’Afrique n’est pas dans une quelconque négociation. Mais plutôt, dans le travail. Le jeune Africain doit vaincre ou périr, sans métaphore, sans hyperbole. « Sans quoi, nous risquons de nous retrouver sans terre, sans souveraineté, sans liberté, sans fierté, sans dignité si nous ne faisons pas le sacrifice ultime et total en ce début de siècle pour rattraper les 500 ans de retards économique, civilisationnel et technique que nous avons accusés par rapport aux autres,» estime Renaud.

    Pour cet auteur de 5 ouvrages, la génération passée et celle qui l’a précédée ont échoué. Puisqu’ils n’ont pas réussi à assurer la croissance du continent, cette dernière génération n’a pas le choix. À cet effet, tout comme le penseur panafricain Edem Kodjo auteur du livre « Et demain l’Afrique », Renaud Dossavi estime que l’Africain doit travailler deux fois plus que les autres, afin, d’une part, de comprendre son passé et sa propre histoire, et d’autre part maitriser le présent pour « être au rendez-vous ». La renaissance africaine n’est plus à cet effet un choix, c’est une mission pour tout Africain.

    « Vive l’Afrique, vit la beauté »

    De ses années sur le campus de Lomé où Renaud Dossavi a pu obtenir son diplôme d’analyste biologiste, le jeune togolais a pris congé des tubes à essai, pour vouer un amour aux essais littéraires. Renaud fait également de la poésie, aime le beau, et ne saurait parler de sa littérature en l’exemptant. « La beauté avec un ‘’ B majuscule’’ » insiste-t-il.

    Réduire donc le beau de Renaud Dossavi à l’esthétique, c’est la biaiser. Il ouvre le concept à un sens philosophique, aussi bien largement qu’il englobe « le beau, le bien et le vrai, une parfaite adéquation entre la forme et le fond, le mot juste, la pensée exacte pour exprimer la bonne idée » a-t-il pris le soin de conclure…

     

     

  • Dans les coulisses de  Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    Dans les coulisses de Nahêni, le batik togolais qui cartonne [Grand Angle]

    À Lomé, dans la capitale togolaise, se positionne une marque de vente du batik, moyen d’un retour au tissu traditionnel et de valorisation de l’artisanat.

    À la tête de cette marque Ayoko et Ayélé Gabiam, deux sœurs aux parcours différents. Nahêni (grandeur d’âme en Akposso, une langue parlée à l’ouest du Togo) créé en 2016 a démarré ses activités l’année passée. « Quand ma sœur et moi avions eu l’idée de créer cette marque pour valoriser le pagne batik authentique togolais, le nom qu’elle devrait porter était une évidence. Pour nous c’était important de mettre les femmes au sein de cette aventure », raconte Ayoko Gabiam, 27 ans. Puis d’une voix posée, celle pour qui entreprendre est devenu « si naturel » explique avec la gestuelle adéquate : « Nahêni, c’est le prénom de notre grande mère maternelle. Elle était une femme de cœur, mais de très fort caractère. N’ayant eu qu’un seul enfant, elle en a adopté une cinquantaine. C’est grâce à elle que nous sommes aujourd’hui des femmes conscientes de notre valeur et de nos capacités à réaliser nos rêves ».

    Cette « présence » de leur grand-mère, les deux sœurs la conjuguent avec détermination depuis qu’elles ont décidé de lancer leur marque. Leurs diplômes en poche, elles effectuent un voyage touristique à travers le Togo et tombent, disent-elles, sous le charme de ce tissu vivant, 100 % coton, fait main, authentique Togolais qu’elles ne connaissaient pas : le Batik. Elles s’assignent alors une mission. « Quand tu redécouvres ton pays pour la première fois et que tu tombes sous le charme de son textile fait main surtout le BATIK, qui est original, en colorie variée et unique, mais méconnue, tu prends l’engagement de le vulgariser dans ton pays ainsi que dans le monde », résument-elles.

    Craft women

    Après sa création Nahêni suit une période d’incubation d’un an à Innov’up Togo, un incubateur dédié aux femmes. Depuis huit mois, l’entreprise peut également compter sur l’accélérateur Youth CDC qui lui a offert un financement en fonds propres d’un million de FCFA avec une levée de fonds en préparation. Les deux responsables se sont entourées d’une équipe de vingt personnes parmi lesquelles on trouve essentiellement de femmes membres de coopératives d’artisans.

    Ayoko, la plus jeune a plutôt un parcours « atypique ». Passion pour l’artisanat depuis la tendre enfance, ingénieure de conception en Réseaux Télécommunication, business développer depuis bientôt quatre ans. Mais aussi diplômée en langue et culture chinoise. Cette touche-à-tout qui parle couramment l’anglais affirme : « Moi je suis plus axée sur le côté marketing, vente, développement et gestion de nos plateformes en ligne ». Quant à la création des modèles, des motifs et des colories appropriées, c’est Ayélé, la sœur ainée, styliste de formation qui s’en charge.

    Du batik, du bio… de la valorisation

    Mais dans un secteur qui reste encore à développer, Ayoko Gabiam soulève de réelles contraintes, notamment « quand on est femme ». « Être jeune entrepreneure est un premier défi en soi parce que les gens n’ont pas automatiquement confiance en ce que tu fais », confie-t-elle. « Vous pouvez imaginer qu’en ce jour où nos voisins frontaliers ont pris acte de valoriser leur textile, le Togo est encore à l’étape de découverte », clarifie pour sa part Ayélé Gabiam. Les deux sœurs s’attèlent donc à faire connaître ce qu’elles font. « La majorité des Togolais qui nous contactent veulent d’abord savoir ce qu’est le Batik », affirment-elles.

    Le batik togolais est d’une qualité enviable dans la sous-région. Contrairement au batik ghanéen marqué par des symboles Adrinké, le tissu togolais utilise des représentations d’animaux comme motifs. Nahêni insiste sur l’authenticité. « Notre batik diffère dans le processus de fabrication. Nous utilisons des produits bio, des colorants à base d’écorces d’arbre. Le batik togolais dégage une authenticité plus marquée sur les valeurs », explique Ayélé Gabiam.

    La dernière collection homme et femme de Nahêni a été lancée il y a quelques mois. Dénommé SEN’KA (visionnaire), elle valorise des motifs et des colories qui décrivent « le contraste de mondialisation de la mode et l’importance de valoriser notre héritage artisanal », fait savoir Ayoko Gabiam.

    Afrikrea

    Il faut dire que depuis son lancement, la marque propose du pagne batik unique à partir de deux yards. Nahêni offre surtout des T-shirts originaux, du prêt-à-porter homme femme, mais aussi des accessoires. Des produits dont les prix d’achat sont fixés de 2500 à 50000 FCFA. Quand elles ne sont pas en l’intérieur du pays, les deux sœurs occupent différemment leur journée. Entre autres, des réunions avec collaborateurs ou des ventes et livraisons de commande. Pour le moment, Nahêni vend ses produits en ligne grâce à sa boutique Afrikrea. Les deux entrepreneures misent également sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Pinterest, Twitter) et sur du bouche-à-oreille.

    En 2017, Nahêni a reçu des commandes de l’Amérique et de l’Europe. L’entreprise a vendu près de 600 articles et compte cette année vendre plus de 4000. Mais aussi, la marque envisage de mieux se faire connaître au plan local pour deux raisons. Mieux faire face à une concurrence qui paraît « inexistante » et convaincre une population qui préfère encore les tissus importés qui coûtent moins chers.

    En attendant, les sœurs Gabiam travaillent sur l’ouverture de leur première boutique physique au Togo. « Nous voulons qu’elle représente nos valeurs sociales et l’identité de Nahêni », annoncent-elles. Nahêni gravira alors un nouvel échelon qui devrait l’aider à s’implanter dans des capitales étrangères. Le couronnement pour cette marque qui se veut particulièrement africaine.

     

  • Donald Donissen, pionnier de la caricature togolaise

    Donald Donissen, pionnier de la caricature togolaise

    Né au Togo, Aklassou-Gana Kossi Donald est caricaturiste. C’est dans ce domaine que cet artiste talentueux s’est taillé une reconnaissance. Il fait partie du cercle restreint et très fermé des célèbres caricaturistes du pays. Depuis plus de dix ans, celui que l’on surnomme Donald Donissen caricature, aborde plusieurs sujets, tourne en dérision les thématiques les plus importantes. Mais surtout l’artiste fait rire. Jugé calme et travailleur par ses proches, il collabore depuis 2008 avec des journaux. Ses services sont demandés par des quotidiens, des bihebdomadaires et des bimensuels.

    Dans les journaux d’information générale et ceux satiriques, il est fréquent de retrouver des caricatures signées de Donald. Il arrive que ces caricatures soient parfois à la une du quotidien Liberté, journal d’opposition au pouvoir du Togo. Et toujours c’est avec un style unique teinté d’humour que l’artiste s’arrange à faire comprendre à sa façon le sujet dont il traite. Dans Sika’a ou Viva, deux journaux de la « bonne humeur » très vendus dans le pays, des pages entières sont souvent confiées au caricaturiste. Ce dernier tient par exemple en haleine des lecteurs avec des feuilletons comiques. Ces dessins sont scrutés par des lecteurs. Avec ce caricaturiste, même les détails les plus simples accrochent et font rigoler.

    L’artiste en est convaincu. Il a réussi à se créer un univers à lui. « Le rire est une thérapie. Et avec une caricature, on peut parler de tout, même des sujets qui fâchent », explique-t-il. S’il considère qu’en une dizaine d’années il a réussi dans la caricature, Donald Donissen veut mieux s’imposer. L’année dernière, il a lancé Cari-Actu, le tome 1 d’un recueil de caricatures qui traitent de plusieurs sujets. Le livre porte sur ses dessins qu’il a faits en cinq ans, entre 2012 et 2017, et dispose des rubriques comme « politologie, connexiologie, diplomatologie, transportologie », fait-il savoir. Dans ce recueil, le caricaturiste aborde la politique togolaise, les relations internationales et lance des piques à l’endroit de personnalités politiques. Donald Donisen y évoque également l’économie, la santé ou encore l’éducation, toujours avec un style décalé.

  • Fintech: le Togolais Edem Adjamagbo pose des jalons

    Fintech: le Togolais Edem Adjamagbo pose des jalons

    Créée en 2017, cette société s’est spécialisée dans la fabrication des bornes électroniques multiservices destinées à la vente sur les marchés d’Afrique subsaharienne. Semoa veut également s’imposer dans le payement mobile.

    À la tête de Semoa (Service mobile for Africa), Edem Adjamagbo. Ce Togolais s’est donné pour objectif, avec d’autres collaborateurs, de dématérialiser des moyens de paiement en Afrique subsaharienne. En réalité, la sous-région reste encore dominée par le payement comptant. « Seulement 23 % de la population dispose d’un compte en banque, et le taux de pénétration de la carte bancaire n’est aujourd’hui que de 7 % », explique Edem Adjamagbo.

    Pour ce diplômé en informatique à Polytech Nantes, en Afrique subsaharienne, « régler une facture d’électricité ou renouveler son crédit de téléphone mobile se fait généralement en espèces, avec souvent des files d’attente très longues aux guichets. Cette situation freine aussi considérablement le développement du e-commerce ». Autant dire que le marché est vaste et inoccupé.

    Différents services

    Comme solution, l’entreprise d’Edem Adjamagbo propose aux populations l’utilisation de téléphones mobiles. Il faut dire que le transfert mobile est déjà présent dans les pays de la sous-région. Mais Semoa compte installer dans des centres de commerce des bornes électroniques indoor sécurisées. Grâce à ces bornes, les populations vont bénéficier d’un système pouvant leur permettre de payer leur achat sur des sites e-commerce. Selon Edem Adjamagbo, ce système appelé « Cashpay » peut être déployé sur des sites de ventre en ligne.

    À travers ses bornes, Semoa gagnera une commission de 8 % sur les transactions effectuées par les utilisateurs. « Lorsqu’un internaute effectue une commande, il reçoit sur son portable un code qu’il peut ensuite rentrer sur nos bornes, avant de régler alors son achat par cash, au moyen du lecteur de billets », précise le responsable de Semoa. Avant d’ajouter que les populations peuvent aussi acheter des crédits de téléphonie mobile ou effectuer du transfert d’argent grâce aux bornes de Semoa.

    Installation

    Pour parvenir au lancement de cette « solution Semoa », Edem Adjamagbo et ses collaborateurs mobilisent des fonds. Ils ont déjà rassemblé près de 60 000 euros et comptent atteindre environ 1,5 million d’euros durant l’année. Ces fonds vont permettre à Semoa de recruter sept personnes à Nantes où l’entreprise est incubée par Village by CA du Crédit Agricole. Une douzaine de personnes devrait également être recrutée au Togo où Edem Adjamagbo souhaite pérenniser la fabrication et la maintenance des bornes, mais également le développement logiciel ».

    Semoa a remporté en janvier dernier à Casablanca le prix « Fintech Africa of the Year 2018 ». Avant le lancement de sa solution au Togo, l’entreprise a déployé dans le pays quelques terminaux pour le compte de quelques opérateurs. Jusqu’en 2020, Semoa ambitionne déployer plus de cent terminaux dans le pays. Année à laquelle Edem Adjamagbo compte lancer les services de son entreprise en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Le « PayPal de l’Afrique » devrait tout de même s’installer au Bénin un an avant.

  • À la découverte de Kris Miranda, l’étoile montante du make up au Togo

    À la découverte de Kris Miranda, l’étoile montante du make up au Togo

    À 26 ans,, Anoko Miranda Christopha Sitsofé Lawson-Placca, s’est forgé une réputation dans le make-up au Togo. La Togolaise dirige Kris MakeUp, une structure de maquillage professionnelle et artistique. Après des études universitaires en économie, elle prend la décision de devenir une maquilleuse professionnelle. Une occupation en déphasage avec ses études supérieures, reconnait celle  qui a obtenu un baccalauréat scientifique. Mais c’est avec passion qu’elle dirige sa structure.

    Plus connue dans la capitale togolaise sous le nom de Kris Miranda, l’entrepreneure a appris seule son métier. Sans formation professionnelle dans le domaine, elle est devenue une référence en suivant des techniques de maquillage en ligne. Depuis, sa structure est présente sur les réseaux sociaux, canaux par lesquels elle gagne de nouveaux clients.

    En attendant d’ouvrir un salon, l’entrepreneure reste persuadée que ses clientes préfèrent des services à domicile. Elle offre donc ses services en se déplaçant. Kris Miranda reçoit « des appels, discuté avec ses clientes et leurs livre quand il le faut leur make up ». La jeune femme précise qu’elle maquille également lors des défilés de mode et des shootings artistiques. Parfois, lors des tournages vidéo, « on me fait appel. C’est aussi le cas durant d’autres événements artistiques ».

    Cette passionnée d’art rêve grand pour sa structure. Kris Miranda envisage mieux s’implanter dans son pays. Et réfléchir ensuite sur l’élargissement de ses services. Faire connaître davantage Kris MakeUp dans la sous-région ouest-africaine.

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  • À la découverte de VT-BOT, le robot-enseignant du Togolais Sam Kodo

    À la découverte de VT-BOT, le robot-enseignant du Togolais Sam Kodo

    Sam Kodo est un inventeur qui bouscule tout. Avec sa nouvelle invention, ce passionné de robotique qui a pourtant étudié les lettres s’invite dans le secteur de l’éducation avec sa nouvelle trouvaille. Le Togolais a conçu un robot-enseignant dénommé VT-BOT (Virtual Teacher-Robot) avec lequel il entend apporter un soutien à l’enseignement. Début mars à Casablanca, Sam Kodo a ainsi séduit les participants lors de la première édition du festival FUTUR.E.S in Africa. L’inventeur a été distingué avec le « Prix coup de Cœur » de FUTUR.E.S in Africa 2018.

    Sam Kodo a conçu ce robot de façon particulière. En plus de vieux ordinateurs, l’inventeur a utilisé des canettes et des plastiques pour avoir le VT-BOT. Le VT-BOT dispose d’un écran, d’un haut-parleur et d’une webcam. A cela s’ajoute un « nano-ordinateur Raspberry Pi dotée d’une intelligence artificielle ».

    Premier dans ce domaine dans son pays, il confie que le VT-BOT va contribuer à l’évolution du secteur de l’éducation. Pour Sam Kodo, ce robot humanoïde est capable d’interagir à distance. Le Togolais soutient que son invention peut suppléer un enseignant en cas d’absence de ce dernier. Mais le VT-BOT peut également être une solution pour l’insuffisance d’enseignant dans certaines écoles. Pour y parvenir, le Togolais envisage améliorer la mobilité de son invention ainsi que le design.

    Les robots d’Infinite Loop

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    Il faut rappeler que ce jeune togolais de 25 ans n’est pas à sa première invention. Depuis quelques années, il a créé la startup Infinite Loop qui est spécialisée dans la robotique et l’informatique. « Je suis devenu entrepreneur, car je crois que c`est un excellent moyen de développer technologiquement mon pays et de transformer mon continent », explique-t-il. Avec sa startup, il a déjà créé un laptop dénommé LifeBook. Sam Kodo a également mis au point SmartBag, un sac solaire ordinateur. Cela lui a valu en 2015 le Prix USADF (African Development Foundation).

    Sam Kodo a remporté d’autres récompenses. Lauréat en 2013 du premier prix du Forum des jeunes entrepreneurs au Togo, le Togolais a aussi été finaliste du Prix Anzisha. Ses inventions lui ont permis d’être sélectionné dans le cadre du YALI (Young African Leaders Initiative) initié par Barack Obama. Le jeune inventeur togolais peut également compter sur une équipe de supervision de Google qui le conseille dans ces projets. Le fondateur d’Infinite Loop collabore également avec d’autres startups africaines sur des projets de robot.

     

     

  • Six pays africains parmi les dix plus fortes croissances en 2018

    Six pays africains parmi les dix plus fortes croissances en 2018

    Selon la Banque mondiale, les pays du continent devraient encore enregistrer une forte croissance au cours de l’année 2018. C’est le cas depuis quelques années. L’institution financière indique dans ses prévisions que six pays africains feront partie des dix premiers à plus forte croissance durant l’année. Ces prévisions confirment la poursuite de la reprise économique dans les pays de l’Afrique subsaharienne.

    Il faut dire que certains gouvernements ont amorcé des réformes économiques dans le but de développer des secteurs importants dans leur pays. Ces réformes favorisent une augmentation de la croissance économique, mais aussi l’inclusion financière. Dans certains pays des conditions favorables sont créées pour lutter contre le chômage et faciliter l’emploi des jeunes.

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    En tête des pays qui sont attendus, on peut citer le Ghana. Ce pays de la sous-région ouest-africaine sera en tête des économies les plus dynamiques avec 8,3 % de croissance. « Les récents efforts entrepris par le gouvernement ghanéen sont en train de porter des fruits », analyse un expert de la Banque mondiale. Ce dernier explique surtout que la hausse de prix des matières premières est l’une des raisons qui justifient la reprise économique de la plupart des États.

    Dynamisme

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    Outre le Ghana, deux autres pays de l’Afrique de l’Ouest feront partie des économies les plus dynamiques. Il s’agit du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Le premier, selon la Banque mondiale, devrait enregistrer une croissance économique de 6,9 % et le second aura 7,2 % de croissance économique. Des économistes s’accordent en effet à reconnaître au Sénégal et à la Côte d’Ivoire de véritables avancées sur le plan économique.

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    L’Afrique de l’Est est également représentée dans le dynamisme économique du continent. L’Éthiopie (8,2 %), Djibouti (7 %) et la Tanzanie (6,8 %) verront ainsi leurs croissances économiques augmentées. Les prévisions de la Banque mondiale font remarquer que ce dynamisme économique peut être pérenne. Le fait est que ces « pays dynamiques » s’emploient à développer des secteurs comme l’agriculture, l’élevage ou les infrastructures. Beaucoup estiment cependant que les gouvernements devraient faire plus d’efforts pour faire bénéficier les fruits des croissances aux populations.

  • Quel héritage, Calestous, l’apôtre de l’innovation laisse-t-il à l’Afrique ?

    Quel héritage, Calestous, l’apôtre de l’innovation laisse-t-il à l’Afrique ?

    L’éminent universitaire kényan spécialiste de la technologie et du développement, Calestous Juma est décédé à Boston, Massachusetts (États-Unis) ce 15 décembre à l’âge de 64 ans ; un décès qui provoque une vague de chagrin et d’hommages en Afrique et dans le monde.

    En Afrique, Juma est l’une des grandes têtes pensantes de son époque. Et bien entendu dans la mentalité de nombre de ceux qui le connaissent, il le restera, comme on peut le lire à travers des hommages qui ont été rendus à l’écrivain sur les médias sociaux.

    Dans sa première vie de professeur à la Harvard’s Kennedy School, Calestous Juma était connu pour son travail sur l’innovation, et son grand intérêt pour des secteurs tels que l’agriculture, l’éducation, la santé et la croissance économique. En effet, Juma était aimé par de nombreux lecteurs parce qu’il avait un don littéraire unique, selon ses lecteurs. Son langage et ses arguments passionnés permettaient non seulement de relier le discours académique aux problèmes quotidiens et aux vécus, mais aussi d’obliger les lecteurs à approfondir et à mesurer l’impact de la technologie dans leur vie. Son grand mérite, c’est aussi d’avoir rendu les histoires sur l’innovation mondiale et africaine accessible.

    Tout au long de ses livres, essais et articles, l’écrivain savait méticuleusement disséquer des systèmes complexes. Et sur un continent où le récit est presque toujours asymétrique ou unidimensionnel, ses points de vue centrés sur l’Afrique ont été remarquables dans la façon dont ils ont fait ressortir un portrait humain axé sur l’aventure, l’exploration et le but.

    Mais avant d’arriver à ce stade, il fut d’abord un étudiant curieux et brillant. Il combinait des épreuves rigoureuses avec une diligence intellectuelle, produisant un travail qui le rehaussait un peu partout où il passait.

    L’homme

    Né à Busia dans l’ouest du Kenya en 1953, Juma a travaillé comme instituteur et a ensuite été employé comme journaliste au journal Nation.

    Titulaire d’un doctorat en politique scientifique et technologique de l’Université du Sussex au Royaume-Uni, Juma a reçu une reconnaissance internationale pour son travail sur l’innovation technologique, les brevets génétiques et l’impact de la révolution verte en Afrique. Dans le cadre de son travail, il a siégé au jury de prestigieux prix, notamment le Prix Reine Elizabeth pour l’ingénierie, le Prix africain de l’innovation en ingénierie et le Prix de l’alimentation en Afrique.

    Juma, qui était un écrivain prolifique et un utilisateur avide des médias sociaux, en particulier le réseau Twitter, se concentrait sur la façon dont l’Afrique pouvait utiliser les technologies disponibles pour réaliser des résultats positifs dans des domaines de l’énergie, l’éducation, la santé, les transports et l’agriculture. Ses œuvres ont abordé la façon d’utiliser la révolution mobile pour stimuler le développement économique et numérique. Beaucoup ont défendu le commerce, les affaires, la science et la technologie, mais il a également montré l’importance des arts dans le développement du continent.

    Même s’il préconisait l’esprit d’entreprise et le progrès, Juma était également rigoureux envers gouvernements africains, affirmant que l’Afrique ne se développerait pas sans créer les bonnes politiques ou mettre en place l’infrastructure nécessaire.

    Selon le Centre Belfer de Harvard pour la science et les affaires internationales, Juma, qui a siégé au conseil d’administration de plusieurs organisations internationales et a remporté plusieurs prix internationaux pour son travail sur le développement durable, travaillait avant sa mort sur des livres sur l’intégration régionale en Afrique et l’innovation pour le développement économique.

    Ses écrits

    Juma était un homme voué à un sens presque oraculaire, écrivant sur les progrès modernes de la science et de la technologie et sur leur impact sur les pays en voie de développement. Et ce, bien avant que ces idées ne deviennent courantes.

    Dans The Gene Hunters par exemple, livre écrit en 1989, l’auteur a examiné l’éthique de la modification des espèces existantes pour créer de nouvelles plantes et animaux, et comment ce processus évolutionniste présidé par les grandes entreprises aurait un impact sur la production alimentaire et les petits agriculteurs en Afrique.

    Mais Calestous Juma a également abordé d’autres questions. Comme, la « biodiplomatie », qui, selon lui, est l’intersection de l’innovation technologique et des relations internationales. En outre, dans son livre In Land We Trust publié en 1996, il discute du concept de « jurisprudence écologique » sur la propriété foncière et l’utilisation durable des ressources naturelles, alors que dans The New Harvest (2010), l’auteur a montré comment les hausses des prix alimentaires pourraient déclencher des crises de sécurité nationale comme les manifestations du Printemps arabe, offrant un modèle pour une issue. De fait, dans ses nombreux écrits, l’homme a une source d’inspiration assez profonde.

    Dans son dernier livre Innovation and its Enemies, Calestous s’est inspiré de 600 ans d’histoire économique pour expliquer certains des obstacles et des préjugés psychologiques qui ont brisé l’adoption technologique. Il a expliqué à base d’anecdotes bien conçues pourquoi les gens résistent encore à l’innovation. Le livre a passé en examen les problèmes sous-jacents pour savoir pourquoi les innovations utiles créent des tensions sociales et comment elles sont finalement acceptées dans le courant dominant. Il a essentiellement montré comment l’entrepreneuriat et l’innovation étaient, après tout, un processus créatif : d’abord moqués, puis évités combattus et finalement acceptés.

    Pourtant, Juma était encore capable de percer et d’atteindre une reconnaissance mondiale pour son travail. À travers ses livres, il est venu à bout de montrer comment l’Internet des Objets, l’apprentissage numérique et les mouvements open-source offraient tous des opportunités d’inclusion, de collaboration et, surtout, d’amélioration des vies. Et c’était cette capacité à exprimer de manière créative, intelligente et compatissante des idées qui manqueront désormais beaucoup plus aux lecteurs.